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Contenu rédigé par Gerard Müller
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Commentaires écrits par
Gerard Müller "médicactus" (Nouvelle Caledonie)
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Lilah
Lilah
Prix : EUR 9,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 L'exil et le retour. Un très beau roman., 3 avril 2017
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lilah (Format Kindle)
Lilah / Marek Halter
Troisième volet de la trilogie « La Bible au féminin », après Sarah femme d’Abraham et Tsippora femme de Moïse, Lilah raconte l’histoire d’une jeune juive issue de la communauté de l’exil en Perse. Nous sommes alors en 397 avant Jésus-Christ dans la ville de Suse capitale de l’Empire perse, une cité fondée vers 4000 avant J.-C.
Lilah jeune orpheline vit chez son oncle Mardochée et sa tante Sarah. Antinoès, jeune et brillant guerrier perse familier de la cour, s’est promis à Lilah dont le frère Ezra, toujours à étudier les textes de la Loi avec le vieux maître Baruch, voit cette future union d’un mauvais œil car contraire aux règles de l’Alliance avec Yhwh. Le thème du conflit est quasiment racinien. Le projet d’Ezra est de repartir à Jérusalem avec la communauté juive de Perse afin de reconstruire le Temple et redonner vie à la ville. Alors Lilah suivra-t-elle son frère ou son amant ?
Dans cette reconstitution de la vie à Suse en des temps très anciens, Marek Halter excelle à nous offrir des descriptions très colorées et parfumées en y mêlant un érotisme discret lorsque Lilah et Antinoès se retrouvent nuitamment et clandestinement. Les amants pourront-ils échapper aux griffes de la reine mère Parysatis qui ne veut pas non plus de cette union qu’elle considère contre nature et un affront au dieu Ahura Mazdâ ? Une reine cruelle dont le plus grand plaisir est de voir la peur envahir ceux et celles que son pouvoir réduit à sa merci.
La grande migration du retour au pays de Canaan vers Jérusalem est magnifiquement décrite, une immense cohorte de 20 000 âmes telle un fleuve d’hommes et de femmes formant un spectacle prodigieux à travers le désert. Illettrée par la volonté d’Artaxerxès et de ses prédécesseurs, toute cette population sous la conduite de Ezra va apprendre à lire et écrire. Un des plus beaux passages, prémonitoires, de ce livre :
« Un chant de bonheur palpitait dans les foyers, quand, après avoir appris l’alphabet, le père et la mère s’amusaient à le réciter le soir à l’enfant afin qu’il en nourrit ses rêves. Grands et petits, savants et médiocres n’existaient plus. Demeurait la volonté de tout un peuple d’être fort dans son savoir, ses mots et la grande Parole que l’Éternel lui offrait. Régnait le murmure d’une nation qui faisait glisser sur ses lèvres le chuchotement de la mémoire comme l’amoureux y glisse les pétales du nom de la bien-aimée. Nous étions ensemble, soudés par une bonne raison. Nous étions tous, hommes et femmes, vieux et jeunes déchiffrant les mêmes lettres, prononçant les mêmes mots, chacune, chacun avec le même désir de justice. »
Plus tard la radicalisation et le fanatisme d’Ezra observant à la lettre la Loi de Yhwh contenue dans le rouleau de Moïse, feront le malheur de tous ces gens que l’espoir d’une vie meilleure à Jérusalem berçait.
Un très beau roman évoquant cette période d’exil et de retour d’une partie du peuple juif.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 10, 2017 7:50 AM MEST


Climats
Climats
par André Maurois
Edition : Broché
Prix : EUR 5,10

5.0 étoiles sur 5 De la vraie littérature pour évoquer amour et jalousie. Un très grand roman., 30 mars 2017
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Climats (Broché)
Climats / André Maurois (1885-1967) /Académie française
Issu de la grande bourgeoisie limousine un peu rigide et accrochée à des principes d’un autre temps, Philippe Marcenat connaît d’abord une aventure amoureuse à Paris avec Denise Aubry. Cela ne dure que le temps d’une amourette car Philippe est un être composite et cynique qui peut être sensuel, sentimental et tendre par accès, et brutal par réaction. Il se décrit lui-même comme inhumain !
Lors d’un voyage à Florence, il s’éprend de la très belle Odile Malet et l’épouse malgré l’hostilité de ses parents.
« Regards d’une infinie brièveté, mais qui fut le grain de pollen minuscule, tout chargé de forces inconnues, d’où naquit mon plus grand amour… Je pense avec plaisir à notre amour de ce temps-là ; quand ce feu caché paraissait, c’était par flammes violentes et brèves…De même que certaine modes en dissimulant aux yeux des hommes le corps tout entier des femmes donnait jadis du prix à une robe effleurée, la pudeur des sentiments, voilant à l’esprit les signes habituels des passions, fait apercevoir la valeur et la grâce de nuances imperceptibles de langage. »
Mais la jalousie maladive, dévorante et obsédante de Philippe involontairement entretenue par Odile conduit à un désastre, une descente aux enfers et le divorce semble inéluctable.
« De même qu’elle avait la beauté d’un personnage de rêve, elle passait sa vie dans un rêve…Je la détestais et je l’adorais. Je la croyais innocente et coupable. »
La construction de ce très beau roman paru en 1928 est intéressante : dans une première partie, c’est la seconde épouse de Philippe, Isabelle de Cheverny, qui introduit une longue lettre que Philippe lui a écrit pour lui conter sa vie avant de la connaître. Par cette lettre, Philippe devient le narrateur et livre son âme à Isabelle comme une femme livrerait son corps. Dans une seconde partie, Isabelle se souvient et raconte sa rencontre, son mariage et sa vie tumultueuse avec Philippe qui a tout fait tout plus ou moins inconsciemment pour la rendre jalouse.
C’est le récit d’un double échec conjugal finement et subtilement analysé par André Maurois du point de vue psychologique. Le style est délicat et somptueux et « Climats » reste son écrit le plus représentatif de son talent.
Extrait : « On a tort de dire que l’amour est aveugle ; la vérité est que l’amour est indifférent à des défauts ou à des faiblesses qu’il voit fort bien, s’il croit trouver dans un être ce qui lui importe plus que tout et qui souvent est indéfinissable. »


Dix petits nègres
Dix petits nègres
par Agatha Christie
Edition : Poche
Prix : EUR 5,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un pur chef d'œuvre: un thriller décapant., 27 mars 2017
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Dix petits nègres/Agatha Christie
Dix personnes apparemment sans point commun sont conviées sur l’île du Nègre, une île située au large de la région du Devon en Angleterre. Une seule très belle maison se dresse sur cette île. Le jour de leur arrivée, ils découvrent avec stupéfaction que leur hôte, un certain Mr .O’Nyme est provisoirement absent. La réception est assurée par un couple de domestiques, les Rogers. Soudain, une voix s’élève qui accuse chaque invité d’un crime qu’il aurait commis par le passé. Alors se met en route une main justicière impitoyable qui les punit un par un.
Un thriller d’une remarquable efficacité pour vous donner envie de lire les 300 pages d’une traite. Un huis clos saisissant dont l’énigme paraît jusqu’au bout insoluble et où la suspicion entre les protagonistes est constante. Un chef d’œuvre d’Agatha Christie. Un grand classique du genre paru en 1939.


Petits suicides entre amis
Petits suicides entre amis
par Arto Paasilinna
Edition : Poche
Prix : EUR 8,20

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 C'est bon pour le moral !, 24 mars 2017
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Petits suicides entre amis / Arto Paasilinna
« Les plus redoutables ennemis des Finlandais sont la mélancolie, la tristesse, l’apathie. Une insondable lassitude plane sur ce malheureux peuple et le courbe depuis des milliers d’années sous son joug forçant son âme à la noirceur et à la gravité. »
Ainsi commence ce roman. Le ton est donné et d’évidence le poids du pessimisme faisant, beaucoup de finlandais rongés par la morosité voient dans la mort le seul remède à leur angoisse, « le spleen étant un adversaire plus impitoyable que l’Union Soviétique » ajoute l’auteur avec humour.
Le hasard fait se rencontrer deux suicidaires finlandais sur le lieu même où ils sont sur le point de commettre l’irréparable.
Renonçant provisoirement à leur acte, et après discussions, ils décident de créer une association. Une petite annonce invite les personnes dépressives songeant au suicide à rejoindre le groupe « Essayons ensemble » pour assister à Helsinki à un symposium de suicidologie visant à organiser un suicide collectif. À la suite de quoi va s’engager un périple infernal pour trouver l’endroit idéal et tranquille pour le saut sans retour, car « se tuer est un acte trop privé pour ne pas exiger une parfaite tranquillité…et mieux vaut ne pas agir à la légère en matière d’autodestruction, une affaire aussi vitale exigeant que l’on prenne son temps. »
« Cependant, les Finlandais sont une nation de guerriers. Ils ne capitulent pas. Ils se rebellent contre la tyrannie. » Ce qui nous promet quelques délicieux moments tout au long de ce récit où alternent des moments de dépression et des instants de grand bonheur.
Voilà un étrange roman d’action plein d’humour noir où le comique le dispute au burlesque et qui s’accompagne d’une réflexion assez drôle sur le suicide. Une critique assez violente de la société finlandaise transparait également tout au long des pages.(page 169 Folio)
Extraits :
« Rater son suicide n’est pas forcément ce qu’il y a de pire dans l’existence. On ne peut pas toujours tout réussir. »
« Il se sentait certes capable de se tuer tout seul, mais l’idée d’une collaboration dans ce domaine lui plaisait. »
« La proximité de la mort accroît le désir de vivre, c’est bien connu. »
Finalement un roman qui donne le moral malgré quelques longueurs et un style banal.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 27, 2017 12:56 PM MEST


Reste chez nous
Reste chez nous
par Pierrette Champon
Edition : Broché

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Détente et suspens en lisant: les bons ingrédients., 21 mars 2017
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Reste avec nous / Pierrette Champon
Avec ce troisième volet des aventures de Frank Grondin, on va se déplacer vers la Côte d’Ivoire avec Alisée, l’infirmière amie de Franck qui va passer quelques semaines mouvementées comme aide médicale dans l’institution religieuse où enseigne sa tante sœur Gabrielle. Frank la charge de la mission de convaincre Akissi, sa mère, de quitter le pays en proie à des troubles violents. Mais rien ne va se passer comme prévu.
Les trois romans contant les mésaventures de Frank et de son entourage sont des romans d’intrigues avec rebondissements. La brièveté des opus ne nuit pas à l’effet de surprise qui frappe le lecteur au détour d’un chapitre.
Plusieurs intrigues ainsi se mêlent dans ces romans et on peut apprécier la maîtrise et l’imagination de l’auteur pour nous presser de tourner la page du prochain chapitre. C’est bref mais c’est bien conduit et cela se lit d’une traite.
J’ai aussi particulièrement aimé les descriptions de la vie à Tiebissou au cœur du pays baoulé, un endroit que j’ai connu autrefois. Un roman plus exotique que les deux premiers. Mais retour en Aveyron pour tout le monde à la fin avec quelques surprises dans les choix de Franck.
Un bon petit moment de lecture.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 24, 2017 4:37 PM CET


La vie devant soi
La vie devant soi
par Romain Gary
Edition : Poche
Prix : EUR 6,50

5.0 étoiles sur 5 Baroque et bouleversant., 21 mars 2017
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La Vie devant soi / Emile Ajar (Romain Gary) Prix Goncourt 1975
Fait unique dans l’histoire du Goncourt, c’est Romain Gary qui se cache derrière Emile Ajar et qui obtint en 1975 pour la seconde fois le Prix Goncourt après celui obtenu avec « Les Racines du Ciel » en 1956. Le subterfuge ne fut révélé qu’après le suicide de Romain Gary en 1980.
Momo, le narrateur, est un petit garçon arabe confié –à Madame Rosa, une vieille dame juive qui garde les enfants des « putes » comme dit Momo ; elle demeure au 6e étage, une hauteur difficile d’accès à son âge. C’est une histoire d’amour et d’une immense tendresse entre deux êtres qui n’ont pas été épargnés par le destin. Comme le dit dans son langage Momo, « la vie ça ne pardonne pas » !
« Monsieur Hamil, est-ce qu’on peut vivre sans amour ? » demande Momo qui a à peu près dix ans ? Le ton est donné dès le début de ce magnifique roman. La suite : « Au début je ne savais pas que je n’avais pas de mère et je ne savais même pas qu’il en fallait une… »
Ce roman bouleversant, complètement baroque, est un merveilleux roman d’amour, et le talent de l’auteur se révèle dans son art de faire parler Momo, un garçon intelligent et sensible, plein de bon sens, lucide, qui retient des phrases toutes faites qu’il a entendues déci delà sans bien les comprendre et qui les répète à l’occasion et souvent à mal escient ou de façon déformée, aboutissant à des incongruités souvent délicieuses et tragiques parfois. L’humour n’est pas absent pour autant. Avec des mots tout simples et du style, Gary a réussi à créer une vie plus vivante que notre vie de tous les jours avec des personnages haut en couleur.
Momo est fin observateur : « J’ai souvent remarqué que les gens arrivent à croire ce qu’ils disent, ils ont besoin de ça pour vivre. »
Enfin Momo qui vit dans la crainte que Madame Rosa meure devient philosophe : » C’est quand même marrant de s’imaginer que la mort peut entrer et s’asseoir, le chapeau sur les genoux et vous regarder dans les yeux pour vous dire que c’est l’heure. » Momo a grandi, il a alors quatorze ans et comprend de mieux en mieux.
Un roman atypique inoubliable. Une performance de l’auteur.
Quelques bons mots de Momo :
« Il se marrait tout le temps car il était né de bonne humeur. »
« Il était déjà très vieux quand je l’ai connu et depuis il n’a fait que vieillir. »
« Je savais que j’avais toute ma vie devant moi mais je n’allais pas me rendre malade pour ça. »


L'Homme que l'on croyait
L'Homme que l'on croyait
par Paul Pavlowitch
Edition : Broché
Prix : EUR 20,30

5.0 étoiles sur 5 L'imposture littéraire du siècle racontée par un proche de Romain Gary., 21 mars 2017
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L’homme que l’on croyait / Paul Pavlowitch
Né en 1914 à Vilnius en Lithuanie, à l’époque faisant partie de l’URSS, Romain Gary connut la langue française dès son plus jeune âge car tout le monde parlait français dans le ghetto lithuanien. Subissant rapidement un écartèlement culturel dans l’exil et un déchirement familial, ne connaissant pas son père, Gary fut la proie d’une mère dominatrice qui ne lui dit jamais « je t’aime », mais qui exigea qu’il réussît.
« Il n‘était pas question d’aimer. Romain devait devenir « ambassadeur et écrivain ».
Romain le bâtard. Plus tard, il a pensé que son père était peut –être Mosjoukhine, un acteur aux yeux ardents ; la ressemblance était frappante.
Et Romain, cet homme de quatre pays, écrivit en français et en anglais des dizaines de romans, après avoir commencé par un livre polonais. Comme Heine, Nabokov et Conrad, « Gary dut subir l’exil et mener sa vie d’écrivain dans une langue d’adoption. »
Romain Gary choisit ce pseudonyme car « gari » en russe c’est l’impératif du verbe brûler et ce fut le nom d’actrice de sa mère. « Ce feu consuma toute sa vie et celle de ses proches. » Son autre pseudonyme Ajar signifie braise en russe. « Il inventait un nouvel auteur et devenait un autre : son propre fils naturel et le père de ses œuvres. »
Romain Gary fut un formidable acharné et obsessionnel de l’écriture. Comme son nom d’auteur le laisse supposer, Gary brûlait. Il faisait feu de tout son être et tout était bon pour alimenter son œuvre.
« C’était la comédie dont il se nourrissait, mélangeant pour le plaisir, et pour vivre, le vrai et le fictif. Il mentait pour installer de beaux décors. Le plaisir de l’écouter se confondait avec le plaisir de le croire. Vint bientôt le moment où je ne tentai plus de distinguer le vrai du faux. »
Par ailleurs il possédait une réserve nerveuse invraisemblable : « Il travaillait sur les nerfs. Engrossé par un bon sujet, il ne cessait plus de travailler jusqu’au point final. »
La rue du Bac où il demeurait parfois vit passer une multitude de figures féminines venues au secours de Romain aux prises avec l’angoisse. « Mais le désir est bien plus fort que l’assouvissement. Elles ne pouvaient pas faire long feu, puisqu’elles s’étaient données. »
Paul Pavlowitch écrit : « J’ai toujours connu Romain triste. Ses yeux le trahissaient et sa voix chaude et brisée achevait de vous bouleverser. Une douleur, une douceur. »
Diplomate et écrivain, il fut le porte-parole officiel de la délégation française à l’ONU. « Polyglotte, il nage dans toutes les eaux, goûte à toutes les femmes… Il avait l’orgueil du mal-né. Il s’est précipité vers toutes les issues possibles. » Il fut secrétaire d’ambassade en Bulgarie, puis en Suisse avant l’Amérique et l’ONU.
Sa liaison avec Jean Seberg à partir de 1958, alors qu’il est consul de France à Los Angeles, fut une manière de torture et ils divorcèrent en 1968. Cependant ils ne pouvaient vivre très loin l’un de l’autre. « Et ce fut un lent et douloureux arrachement. Jean restait proche. Romain, qui ne l’avait plus dans sa vie, la mit alors dans ses livres… Ils devaient mourir tous deux ensemble ou presque, chacun dans sa solitude. »
Comme le disait un critique littéraire américain, « Gary fut un visionnaire tragique et amer doublé d’un superbe poète romantique. » Il avait aussi quelque chose de Voltaire, pas loin d’une frontière (résident souvent à Genève), perpétuel transfuge de lui-même. « Gary était un romancier qui ne savait pas s’attarder sur son œuvre. Il travaillait vite et beaucoup…Ses œuvres obéissaient à de puissants besoins psychologiques. Elles étaient le résultat de compulsions pratiquement instantanées qu’il devait, sous peine d’asphyxie morale et de troubles très réels, évacuer d’urgence… Gary, comme souvent chez les romanciers slaves, disposait d’un grand talent à faire dialoguer son angoisse personnelle. »
Un ouvrage de 300 pages capital concernant Romain Gary, un thriller qui fourmille d’anecdotes, écrit par un proche familial, son petit-cousin ou neveu, son secrétaire également puis prête nom, pseudo auteur de « La Vie devant soi », selon les jours ( !). Les péripéties concernant Émile Ajar, l’auteur fictif de son second prix Goncourt, fait unique dans l’histoire du Goncourt est une histoire incroyable. « Mais l’image d’Ajar se mit apparemment à vivre pour son compte. Ce fut au détriment de Romain dont elle se nourrissait. » Toujours est-il que Paul a parfaitement joué le rôle de Ajar, notamment dans sa savoureuse rencontre à Copenhague avec Simone Gallimard des éditions Mercure de France.


Rester ou partir ?
Rester ou partir ?
par Pierrette Champon
Edition : Broché

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Les migrants en campagne aveyronnaise. Une bonne solution?, 13 mars 2017
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rester ou partir ? (Broché)
Rester ou partir / Pierrette Champon
Ce petit roman est la seconde partie de celui intitulé « Une semaine éprouvante » qui en comporte trois. D’une lecture toujours aussi aisée et agréable, ce récit met en scène à nouveau Franck, ce jeune médecin métis originaire de Côte d’Ivoire et qui rejoint temporairement le berceau de famille situé en Aveyron.
Alors qu’il s’interroge sur l’opportunité de rester dans ce village où les étrangers ne sont pas toujours les bienvenus, arrive un contingent de migrants suite à la décision des autorités françaises de mettre fin au problème de la zone de Calais. Songeant qu’il peut être utile à la communauté, Franck décide de rester. Hélas, il va aller de déconvenues en déceptions suite à la mauvaise volonté de la population.
Le sujet traité ici par l’auteur est très actuel et la peur de voir des terroristes se glisser parmi les migrants est dans toutes les têtes. Comment va se sortir de ce guêpier notre héros qui parfois est un peu naïf et d’autres fois affabulateur ? Deux heures de lecture facile et il ne vous restera plus qu’à lire la troisième partie.
Est évoquée aussi la question de la désertification des campagnes et le départ des jeunes vers les grandes villes, laissant les villages exsangues, les commerces fermés et les habitations vides. La venue de migrants peut donner un nouveau souffle à ces beaux villages campagnards.
À noter que chaque partie évoque un sujet différent ; on retrouve simplement les mêmes personnages face à des situations nouvelles mais toujours dans le même contexte.


Une semaine éprouvante
Une semaine éprouvante
par Pierrette Champon
Edition : Broché

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un petit moment de lecture sympa., 10 mars 2017
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Une semaine éprouvante (Broché)
Une semaine éprouvante / Pierrette Champon

Ce petit roman de 125 pages de Pierrette Champon est d’une lecture fort agréable et même si l’intrigue est assez simple, la qualité et la fluidité du style font passer deux heures bien sympathiques. Les belles descriptions des paysages vallonnés de l’Aveyron d’une part et ceux exotiques de la Côte d’Ivoire sont un régal. Voilà pour la forme.
Sur le fond, un jeune médecin métis quitte la Côte d’Ivoire pour retrouver le berceau de famille du côté de son père récemment décédé. Il n’ignore pas que les étrangers ne sont pas souvent les bienvenus en France en général et dans cette région traditionnaliste en particulier, car la couleur de sa peau en fait un étranger pour la population. Il s’installe dans la grande et belle demeure familiale sise un peu à l’écart du village à l’orée de la forêt. Au fil des jours il découvre qu’il n’est pas le bienvenu et son âme africaine sensible aux petits signes même parfois fantastiques ou irrationnels ne le trompe pas. Va-t-il pouvoir rester ou bien se débarrasser de la demeure et rentrer auprès de sa mère Akisssi qui l’attend en Afrique et à qui il a promis son retour ?
A noter que ce livre est le premier d’une série de trois avec les mêmes personnages et notamment Franck dont l’âme est partagée entre la France et L’Afrique.


Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur
Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur
par Harper Lee
Edition : Poche
Prix : EUR 6,60

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 L'unique roman de Nell Harper Lee., 8 mars 2017
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur (Poche)
Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur / Harper Lee/Prix Pulitzer 1961
L’action de ce roman à connotation autobiographique se situe dans les années 30 en Alabama, s’étalant sur trois ans, dans une petite ville où tous les habitants se connaissent.
« …Il y avait à Maycomb une forte proportion de professions libérales : on venait s’y faire arracher les dents, réparer son chariot, vérifier son cœur, placer son argent et sauver son âme…Les nouveaux arrivants étaient rares, on se mariait entre familles si bien que les habitants finirent par avoir tous une vague ressemblance. »
Il faut se souvenir que l’Alabama fut un fief des Confédérés esclavagistes lors de la Guerre de Sécession entre 1861 et 1865. La narratrice adulte, Jean Louise Finch alias Scout se remémore son enfance de garçon manqué dans ce petit bourg de Maycomb avec son père Atticus, avocat, et son frère Jem. N’oublions pas Calpurnia, la cuisinière noire et aussi en quelque sorte la tutrice des enfants, la mère étant décédée quand Scout avait deux ans, ainsi que Dill le bon copain lors des vacances et enfin Boo Radley le voisin solitaire un peu fou.
Atticus a été commis d’office pour assurer la défense de Tom Robinson, homme de couleur accusé injustement du viol d’une Blanche, ce qui lui vaut la vindicte d’une partie de la population de Maycomb. Mais Atticus, que ses enfants appellent étonnamment par son prénom, est un homme intègre, bienveillant et courageux, plein d’humanité, admirés par ses enfants, pour qui le courage c’est de savoir, partant battu, être capable d’agir quand même sans s’arrêter. Et Atticus d’ajouter que l’on gagne rarement mais cela peut arriver.
Pour comprendre le titre de l’ouvrage, il faut savoir que ce récit est construit autour de la métaphore de l’oiseau moqueur, oiseau nommé en France mime polyglotte et très répandu aux États-Unis. Il est le symbole des états du Sud. Une atmosphère religieuse baigne tout ce roman mettant en avant religion et morale, mais sans manichéisme ni moralisme, le bien et le mal se confondant bien souvent pour faire prédominer la foi en l’être humain. Tout au long du livre l’humour et l’intelligence de Scout donne un ton léger au récit qui pourtant traite de sujets graves et complexes en toute simplicité. Scout nous conte trois ans de son enfance avec ses mots, sa naïveté et sa intelligence. On notera la délicatesse extrême dans la description du passage à l’adolescence et la perte de l’innocence des deux jeunes personnages complices Scout et Jem.
Ce roman initiatique a été publié en 1960 au moment de la lutte pour les droits civiques des Noirs. Mais ce n’est pas seulement un livre sur la ségrégation ; c’est surtout un récit sur l’enfance car l’auteur fait parler la narratrice comme une enfant, une enfant certes très intelligente. Un film en a été tiré en 1962 avec Gregory Peck.
Un roman qui est un hymne à la tolérance et un plaidoyer conter l’injustice.
Ne pas manquer de lire la postface concernant l’auteur ainsi que les conditions dans lesquelles fut écrit ce livre, l’unique roman de Harper Lee.


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