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Contenu rédigé par Gerard Müller
Classement des meilleurs critiques: 100
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Commentaires écrits par
Gerard Müller "médicactus" (Nouvelle Caledonie)
(MEMBRE DU CLUB DES TESTEURS)    (TOP 100 COMMENTATEURS)   

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Le Réveil du silence
Le Réveil du silence
Prix : EUR 2,99

9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Mystère en Mayenne..., 6 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Réveil du silence (Format Kindle)
Voici un excellent roman dont je vais devoir ne pas trop dire car l'intrigue est si bien ficelée que le moindre indice pourrait donner le fil conducteur de la résolution de l'énigme.
En bref, imaginez que vous ayez le coup de foudre pour une maison de maître, et même plus, un petit château, ( allez ! rêvez !! ) , alors que vous venez de décider de quitter la capitale après avoir tout vendu : changer de vie, retrouver la campagne avec tout le confort quand même, les bruits et les fragrances de la nature, en bref une vie bucolique et agreste.
« Les pierres ne parlaient pas, mais elles rayonnaient ; une renaissance attendue sous l'ombre des hauts plafonds. Le réveil du silence imperceptible distillait un message fascinant à son hôte. »
C'est ce que Guillaume et Astrid accompagnés de leur jeune fille Bérénice ont décidé. Alors, bien sûr le château n'est pas tout neuf et des travaux s'imposent qui découragent un peu Astrid. Des tensions voient le jour au sein du couple.
Et puis voilà que des événements inattendus se produisent avec l'apparition d'un visiteur que cette demeure intéresse au plus au point.
Un mystère plane sur cette demeure à n'en pas douter.
Lisez et découvrez le secret du château de Métysière, « demeure insoumise brûlant d'alimenter la légende » , aux confins de la Mayenne dans le Haut-Anjou.
Un thriller tendu et culturel, tout en clair obscur à la Caravage, dans les couloirs du château, abordant avec intérêt le monde de l'art pictural, parfaitement construit, conduit et maîtrisé par Cédric Charles Antoine dans un style simple et fluide qui vous interdit de lâcher le livre avant d'avoir lu la dernière page.
Un super moment de détente, enfin si l'on veut, car le suspense est constant qui vous tient, vous angoisse et ne vous ménage pas.


La Bible au féminin
La Bible au féminin
par Marek Halter
Edition : Poche
Prix : EUR 7,40

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 "On les appelle les Hébreux, les hommes qui vient de loin et qui passent.", 3 juillet 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La Bible au féminin (Poche)
Sarah/Marek Halter
Ce roman est le premier tome de la trilogie « La Bible au féminin » dont j'ai déjà commenté le tome 3 intitulé Tsippora, (Séphora la femme de Moïse).
L'histoire commence à Ur en Chaldée (Mésopotamie) en des temps très anciens dans la somptueuse demeure de Ichbi.
On fait connaissance de Sarah (de son vrai nom Saraï dans sa jeunesse), alors qu'elle vient juste de devenir nubile. Elle a en peu plus de douze ans et elle est belle.
Fille de Ichbi Sum Usur, un riche négociant et de Taram, sœur de Nisaba et de Lillu, elle est promise par son père à un notable qui sera le maître de ses jours et de ses nuits.
Mais la belle enfant s'échappe de la demeure familiale et errant aux alentours de la ville est recueillie par un jeune pêcheur. Il s'appelle Abram, fils de Terah ; il est de suite séduit par la beauté de Saraï.
Retrouvée par les hommes de main de son père, elle retrouve sa famille est étroitement surveillée ne songe qu'à s'échapper à nouveau.
Elle est promise alors au souverain Shu-Sin.
Pour échapper à cette union, elle use d'un subterfuge que je ne dévoile pas et finalement elle devient la grande prêtresse douée à Ishtar la déesse de la guerre. Fille du temple, elle échappe ainsi à tout mariage contraint.
Elle va bien sûr cependant retrouver les bras du courageux et combatif Abram, cet homme débordant de pensées, de fougue et de révolte avec tout ce que cette mésunion comporte de danger au regard à sa famille.
Et puis un jour Abram a la révélation du Dieu unique créateur du ciel et de la Terre. Il ne le sait pas, mais il devient le principal patriarche des religions juive, chrétienne et musulmane (Ibrahim), aïeul du judaïsme et du christianisme, un des cinq prophètes de l'Islam, fondateur des peuples hébreu et arabe et père du monothéisme.
« Tu quitteras la maison de ton père. » C'est ce que lui dit son Dieu qui a nom Yhwh.
C'est ainsi que Abram quitte avec une gigantesque caravane son pays d'Harran sur les rives de l'Euphrate, pour partir vers l'ouest et gagner après des années d'errance le pays de Canaan, pays de lait et de miel, où le roi Melchisedech les accueille humainement, lui qui croit déjà en un Dieu unique.
On les appelle les Hébreux, c'est à dire les hommes qui passent et qui viennent de loin.
De loin en loin des tribus à la recherche d'une vie meilleure et d'une protection rejoignent celle d'Abram dont la renommée a franchi les frontières.
Les années ont passé et les premiers nuages s'amoncellent avec le rôle trouble de Loth le neveu d'Abram, la surpopulation, la stérilité de Saraï, la famine à cause des intempéries.
On connaît la suite : le départ pour le pays de Pharaon. Le retour en pays de Canaan, et le départ pour Hébron, la naissance d'Ismaël fils d'Abram et d'Hagar la servante de Saraï, l' Alliance d'Abram et Saraï avec Yhwh et leur nouveau nom, Abraham et Sarah, puis la naissance d''Isaac fils de Sarah et Abraham.
Avec force détails Marek Halter nous offre une magnifique reconstitution de la vie de cette époque, les coutumes alimentaires, les parfums et les goûts évoqués avec art et finesse. On ne vante plus le style de ce merveilleux écrivain. Une délicieuse sensualité émane de ce récit imaginé par l'auteur pour mettre en scène deux personnages bibliques faisant partie de la mémoire collective de trois religions.


Sophia Giustina Corri: Works for Solo Harp
Sophia Giustina Corri: Works for Solo Harp
Prix : EUR 9,59

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Une musique brillante et agréable.Amateurs de harpe, c'est pour vous., 30 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sophia Giustina Corri: Works for Solo Harp (Téléchargement MP3)
Sophia Giustina CORRI (1775-1830)Œuvres pour harpe / Floraleda Sacchi.
Née à Édimbourg de parents musiciens, Sophia fut une musicienne très précoce puisqu’elle savait jouer du piano à quatre ans. Par la suite elle devint compositrice, pianiste, harpiste et chanteuse.
Élève de Dussek elle devint sa femme. Plus tard à la mort de Dussek, elle se remaria avec le violoniste, pianiste et compositeur Moralt.
Durant le siècle d’or de la harpe qui va de 1750 à 1850, elle fut la seule compositrice. Elle a laissé environ 70 compositions pour la harpe, piano et guitare. Les sonates présentées ici furent composées vers sa seizième année.
Une musique brillante caractérise ces sonates originales.
Introduction & Walz et French air with variations ainsi que La Chasse sont des pièces composées beaucoup plus tard, plus d’avant garde, après son second mariage.
Un livret très intéressant et très complet sur S.G.Corri et sur la harpe en général accompagne ce CD. Il est rédigé par l’interprète, l’excellente Floraleda Sacchi.
Amateurs de harpe, précipitez – vous.


Seins
Seins
par Ramon Gomez de la Serna
Edition : Poche

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un livre étonnant., 30 juin 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Seins (Poche)
Seins/Ramon Gomez de la Serna (1888-1963)
« Singuliers, fragiles et éphémères, les seins sont la permanence de la Femme, mais aussi son attribut le plus sujet à l’irrémédiable outrage du temps : ils naissent, pointent, bourgeonnent, éclosent, s’épanouissent, se fanent et sèchent et ils sont le symbole fascinant et tragique de la caducité de la vie humaine.»
Ainsi s’exprime le traducteur et écrivain de la longue et très belle préface de ce livre de Gomez de la Serna, Benito Pelegrin.
Publié en 1917, et traduit seulement en 1992, ce livre évoque non seulement le fétichisme dont furent toujours l’objet les seins de la Femme, mais encore la synecdoque de la Femme réduite à ses seins, par petites histoires très courtes, amusantes le plus souvent et dans un style léché et lumineux, illustrant magnifiquement le ravissement procuré par la vue de l’organe parfois qualifié de peccamineux. Un livre évoquant la tranquille et souriante contemplation du spectacle des innombrables seins grappillés par l’auteur dans les vergers de la vie, et ce dans un style … :
« Oh ! les baies juteuses des seins, pulpeuses et pleines bien que non comestibles, et sans aucune saveur au bout, sans terme qui en épuise le goût. »
« Les seins de l’oiselle sont plus durs que jamais, durcis au fond du nid du corset…et le roi attrape cette colombe et plonge aussitôt ses mains vers les fruits de la femme qui résument en eux le pain tendre et l’œuf dur écaillé… »
« Seins alabastrins, éburnéens, fleurdelysés au fond, incandescents, flamboyants, érectiles. »
Le chapitre sur les seins de l’art est particulièrement intéressant : l’auteur compare les peintures de Botticelli, Cranach et autres Tintoret. Une étude de la morphologie des seins et de ce qu’ils veulent exprimer.
Parfois se glisse dans le propos une petite touche de perversité, mais sans aucune lubricité :
« Oh ! ce braconnage : les attraper soudain par derrière ! Pris ainsi ils s’abandonnent à la vérité… »
L’auteur enfin se tourne vers les écrits du passé.
Anacréon, grand poète grec (550 av. J.C. 464), soutenait que pour être belle, la poitrine d’une femme ne devait pas être plus volumineuse que deux œufs de tourterelles. On supposera qu’il s’agit d’une licence poétique !
Les « frères jumeaux » du Cantique des Cantiques de Salomon lui furent sans doute inspirés par ses amours avec la reine de Saba lorsqu’il lui disait :
« Ni le nard ni le cinnamone
Ni le safran du désert
Ni la myrrhe la plus suave
N’embaument plus que tes seins. »
Et puis il cite Renoir qui affirmait qu’il n’aurait jamais touché un pinceau si les seins n’existaient pas.
À lire tranquillement au fil des jours ce recueil baroque, hymne aux variations étonnantes riche de métaphores délirantes, évoquant « les seins, ces deux grandes larmes que verse la beauté sur la fugacité. »


Beethoven:Piano Concerto No.5
Beethoven:Piano Concerto No.5
Proposé par Japan-Select
Prix : EUR 123,43

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Excellentissime version., 28 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Beethoven:Piano Concerto No.5 (CD)
Ludwig van Beethoven (1770-1827) Concerto pour piano N°1 & 2/Mitsuko Uchida/Symph.Orch.Bayer. Rundfunk/Kurt Sanderling (1997)
On ignore souvent que le jeune Beethoven fut d’abord un excellent pianiste et un improvisateur de grand talent. Musicien de cour et professeur admiré, il fut amené à composer des concertos pour piano pour affirmer sa suprématie sur des concurrents tels que Hummel et Clementi. Les concertos 1 & 2 étaient prévus pour être joués par Beethoven lui-même pour se faire connaître.
Le N°1 en ut majeur op 15 fut composé en 1795. Souvent retouché au fil des exécutions par Beethoven qui ne lui trouva sa forme définitive qu’en 1800, cette œuvre fut dédiée à une des élèves les plus douées du compositeur, la Princesse Odescalchi. L’influence de Haydn et de Mozart peut être perçue comme un hommage à ses deux prédécesseurs.
Le N°2 en si bémol majeur op.19 fut écrit en 1794 et joué en 1795, donc terminé avant le N°1. Il fut créé par le Beethoven lui-même au clavier et Salieri à la baguette.
La fougue et la précision de Mitsuko Uchida apporte ici beaucoup à ce deux œuvres très connues.


Le pays du lieutenant Schreiber : Le roman d'une vie
Le pays du lieutenant Schreiber : Le roman d'une vie
par Andreï Makine
Edition : Poche
Prix : EUR 6,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un livre multiface, touchant et fort., 27 juin 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le pays du lieutenant Schreiber : Le roman d'une vie (Poche)
Le Pays du Lieutenant Schreiber/Andréi Makine
C’est à la suite de la publication en 2006 de son livre « Cette France qu’on oublie d’aimer » qu’Andréi Makine reçoit un courrier de J.C. Servan-Schreiber qui désire le rencontrer pour lui parler de sa guerre à lui, de son engagement comme officier, de son renvoi avec la Légion d’honneur en 1941 parce qu’il est Juif.
JCSS entrera à la suite dans la Résistance.
Et Makine va l’encourager à écrire son histoire…
Mais, de nos jours, les éditeurs ne sont pas franchement intéressés par la publication de mémoires de guerre.
C’est au cours de 2010 qu’Andréi Makine annonce à Jean Claude Serva-Schreiber âgé de 92 ans que ses souvenirs de la Seconde Guerre Mondiale n’ont pas connu le succès escompté.
À la suite de cet échec Makine pose des questions en évoquant un certain nombre de faits d’armes qu’a connu le lieutenant Schreiber. Mais pas seulement…
C’est un livre fort et touchant, très bien écrit, dans lequel le système en prend pour son grade.
La « littérature » française contemporaine est aussi la cible de Makine, « une littérature légère, jetable, de divertissement par des auteurs qui prostituent leur plume et encombrent les librairies…avec en prime la crétinisation des masses par les séries télévisées et les livres qui imitent ces séries…Un ignoble égout qui impose aux milliards d’humains décérébrés ce qu’ils doivent penser, , aimer, convoiter, ce qu’ils doivent apprécier ou condamner. Le seul but de cette entreprise de crétinisation est le profit. »
Et d’ajouter :
« Un pays rendu invisible derrière les frétillantes idoles d’un jour, clowns de la politicaillerie scénarisée. »
Makine , dans un autre domaine, se livre à une mise en pièces de l’existentialisme, vouant aux gémonies Sartre, Camus, Simone de Beauvoir et compagnie qui festoyaient pendant que Scheiber et ses compagnons allaient au casse-pipe :
« En 1955, presque aveugle, à la santé ravagée, Chalamov quittait le goulag pendant que Sartre succombant aux charmes du régime soviétique, déclarait que la liberté de penser, en URSS, ne connaissait aucune entrave ! »
Chacun pensera ce qu’il veut de ces règlements de compte. Dans l’ensemble je suis assez d’accord, notamment avec le jugement porté sur la « littérature » de masse, les meilleures ventes d’aujourd’hui.
Makine revient aussi sur les devoirs de celui qui choisit de vivre dans un autre pays que celui de sa naissance :
« Il faut tout simplement aimer le pays qui vous a donné l’hospitalité et pour cela il n’est pas inutile de se débarrasser de quelques oripeaux confessionnels et coutumiers. »
Un livre en bref que j’ai bien aimé, même si je n’ai pas retrouvé le registre habituel de Andréi Makine. Mais son style est toujours aussi plaisant et parfait.


Avenue des mystères
Avenue des mystères
par John Irving
Edition : Broché
Prix : EUR 22,00

7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Un récit totalement fade et décousu., 26 juin 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Avenue des mystères (Broché)
Avenue des Mystères/John Irving
En route pour les Philippines, Juan Diego Guerrero, romancier à succès, se remémore sa jeunesse au Mexique sur la décharge de Oaxaca avec sa jeune sœur Lupe . Des enfants perdus.
Parmi les ordures, des livres ! Des livres abandonnés avec bienveillance par le Frère Pepe, un jésuite de la mission, livres que Juan Diego va ramasser pour apprendre à lire tout seul. Juan Diego, ce gosse de la décharge étonne son entourage par le degré de sophistication qu’il montre dans l’acquisition du vocabulaire. Il va même apprendre l’anglais tout seul !
Aujourd’hui, Juan Diego est infirme et dépendant de médications de toutes sortes.
J’ai eu bien du mal à venir à bout de ce roman qui m’a semblé décousu, chargé de détails inutiles, et qui se disperse tous azimuts. Et puis ce leitmotiv des médications que prend Juan Diego finit par lasser.
Comme l’ont dit certains commentateurs, je me demandais sans cesse où l’auteur voulait en venir. Oui, une lecture pénible, sans plaisir, avec l’envie de tout arrêter. Une absence totale de style, de profondeur et d’unité.
Une foule de personnages et d’histoires imbriquées les unes dans les autres prive ce récit totalement baroque, de rythme et donc d’attrait.
Et puis sans prévenir on passe du présent au passé et retour au présent au moment où l’on s’y attend le moins.
En bref, profondément déçu par ce roman.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 2, 2016 12:20 AM MEST


Busoni: Piano Music, Vol. 2
Busoni: Piano Music, Vol. 2
Prix : EUR 7,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Busoni l'oublié., 25 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Busoni: Piano Music, Vol. 2 (Téléchargement MP3)
Ferrucio BUSONI (1866-1924) /Œuvres pour piano/Wolf Harden
Né à Florence, Busoni était pianiste et compositeur et sa production pianistique plutôt post-romantique est impressionnante.
Fortement influencé par Bach dans son usage du contrepoint, il fréquenta Brahms, Grieg et Mahler et s’installa en Allemagne.
Ses Variations et fugue sur un thème de Chopin (Prélude en ut mineur) opus 22 fait partie de ses compositions de la maturité demandant une grande virtuosité, alliant émotion et réflexion à des harmonies innovantes.
Sa Transcription de la chaconne pour violon solo BWV 1004 de Bach est étonnante. Tout en restant fidèle à la clarté linéaire de l’œuvre originale, on sent l’influence de Liszt et Brahms dans les textures de piano.
L’Étude en forme de variations opus 17 présente des accords rappelant l’orgue à la main gauche contrastant avec une écriture contrapuntique à la main droite. Bach n’est pas loin.
Plusieurs autres compositions toute aussi intéressantes complètent cette compilation de quelques œuvres de Busoni.
Wolf Harden est né à Hambourg en 1967. Faisant partie du trio Fontenay, il joue aussi en solo.
Un CD intéressant pour découvrir Ferrucio Busoni, pianiste virtuose un peu oublié, très célèbre en son temps.


Mars
Mars
par Fritz Zorn
Edition : Relié

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Histoire d'une névrose grave., 24 juin 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Mars (Relié)
Mars/Fritz Zorn

Fritz Zorn est le nom de plume de Fritz Angst, né le 10 avril 1944 à Meilen dans le canton de Zurich et mort le 2 novembre 1976 à Zurich, un écrivain suisse de langue allemande.
Fils d’une famille patricienne très austère, il a passé son enfance et jeunesse sur la « Rive dorée » de Zurich. Après le lycée, il a étudié la philologie allemande et les langues romanes. À l’université, il obtient le titre de docteur quoiqu’il fût un élève peu sérieux. Pendant une brève période, il a été professeur dans un lycée, jusqu'à ce que son cancer le force à abandonner cette profession. Il entame une psychothérapie et commence à écrire ses mémoires.
Il a terminé d'écrire Mars en 1976 (paru en allemand en 1977 et en français en 1979), histoire de son cancer, de sa vie névrotique, de son impossibilité à aimer et à communiquer. Il y décrit également tout l'ennui de la Suisse, lui qui était issu de la grande bourgeoisie zurichoise.
Son vrai nom de famille, Angst, signifie en français « peur », « angoisse », et son pseudonyme « colère ».
« Je suis jeune et riche et cultivé ; et je suis malheureux, névrosé et seul... » Ainsi commence ce récit inoubliable. Et plus loin :
« J’étais intelligent mais je n’étais capable de rien… »
« Mon histoire est celle d’une névrose ou du moins d’un certain nombre de ses aspects…C’est l’histoire et l’évolution d’un seul aspect de ma vie, à savoir celui de ma maladie. »
« J’ai grandi dans un monde si parfaitement harmonieux… »
« Je m’habituai à ne porter aucun jugement personnel, mais au contraire à toujours adopter les jugements des autres. »
La lecture de cette autobiographie partielle et fragmentaire qui est en somme le testament de Fritz Zorn et l’œuvre d’une vie, puisqu’il est mort un an avant la publication, est bouleversante.
Mélancolie, dépression, anamnèse (biographie), résignation, puis le cancer : c’est le récit lucide d’un mourant qui place sa dignité dans le fait qu’il exprime la souffrance la plus profonde non pas comme souffrance, mais comme « colère ». Zorn est mort de n’avoir pas appris à partager sa vie, à la communiquer.
« je m’entendais bien avec tout le monde, je n’avais pas d’ennemis, mais je n’avais pas non plus vraiment d’amis. J’étais un personnage assez falot, qui ne suscitait particulièrement ni l’aversion ni la sympathie. »
« Le cancer est un agissement asocial de la norme biologique, une évolution inconsciemment dirigée du dedans et non pas un attentat venu du dehors. La santé n’est pas une grandeur en soi, mais un rapport d’équilibre, une balance instable des échanges organiques entre la matière et l’esprit, un niveau déterminé de communication entre le dedans et le dehors, une harmonie. Le cancer est une protestation contre des conditions objectives qui rendent la vie invivable, un signal de mort que l’organisme déjà diminué se donne à lui-même en développant rien que pour soi et finalement contre soi, un accroissement compensateur. »
Trois sujets en particulier ont été au cours de l’éducation de Zorn jugés tabous par ses parents : la politique, la religion et la sexualité. Ce qui le marqua à jamais. C’étaient des sujet qui n’avaient pas lieu d’entrer en conversation car ils étaient jugés « compliqués », disharmonieux et objets de discorde :
« Manifestement la sexualité n’était pas harmonieuse, elle était au nombre de toutes ces choses inexprimables qu’il fallait bannir du petit horizon de notre harmonie domestique. »
Plus loin :
« La femme telle que je l’imaginais n’était qu’un accessoire de plus dans mon univers infantile. »
Zorn est intelligent mais il ne sait rien faire de lui-même et sa conclusion tombe sans appel :
« Je remplissais toutes les conditions pour devenir quelqu’un de très malheureux. »
Effectivement, Zorn a dix-sept ans et sombre dans une dépression sévère qui ne le quittera plus jusqu’à sa mort à trente deux ans. Il s’exprime alors ainsi :
« À présent je comprenais que ma gaieté n’avait été rien d’autre que le manteau dont je couvrais ma tristesse. »
« Je suis le fils névrosé d’un père névrosé et d’une mère névrosée ; ma famille est pour moi la quintessence de tout ce que j’abomine. »
Après une première partie dans laquelle Zorn évoque ses souvenirs, une seconde partie intitulée « Ultima necat » consiste en une réflexion, sur le bonheur notamment :
« Je me dis que le premier but des hommes est tout de même le bonheur…mais névrosé est celui qui ne peut pas être heureux… et l’expression la plus nette de cette impuissance au bonheur est assurément l’impuissance sexuelle. La destruction de mes capacités sexuelles est certainement mon plus grand dommage. »
Réflexion également sur le sens de la vie : pour Zorn sa vie n’a pas de sens :
« Mes parents névrosés ont produit en ma personne un être qui s’il n’était pas assez faible de corps pour mourir dès sa naissance, a été tellement démoli dans son âme par le milieu ,névrotique où il a grandi qu’il n’est plus apte à une existence qu’on puisse qualifier d’humaine… Cela a-t-il un sens que je ne sois pas mort dès ma naissance ? »
Dans la troisième partie, Zorn aborde l’existence hypothétique de Dieu : révolutionnaire, il affirme :
« Si l ‘on part de l’hypothèse que Dieu n’existe pas, on devrait positivement l’inventer rien que pour lui casser la gueule ! »
Le livre se termine sur une belle note volontaire dans cette lutte contre le cancer :
« Je n’ai pas encore vaincu ce que je combats ; mais je ne suis pas encore vaincu non plus et ce qui est le plus important, je n’ai pas encore capitulé. Je me déclare en état de guerre totale. »
Un livre terrifiant.


Le Moine: Roman de M.G. Lewis raconté par Antonin Artaud
Le Moine: Roman de M.G. Lewis raconté par Antonin Artaud
par Antonin Artaud
Edition : Poche
Prix : EUR 8,70

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Quand la chair est faible ou toute femme est de chair., 23 juin 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Moine: Roman de M.G. Lewis raconté par Antonin Artaud (Poche)
Le Moine/ Roman de Matthew Gregory Lewis raconté par Antonin Artaud à partir de la traduction de Wailly.(Publié en 1931)
Pour la forme :
Il s’agit là d’un roman gothique, satanique, publié en 1796, et écrit dans sa jeunesse par l’écrivain et diplomate anglais Matthew Gregory Lewis, né en 1775. Il a alors 19 ans et poursuit des études à Oxford.
Lewis est mort en 1817 à l’âge de 42 ans sur le bateau qui le ramenait de la Jamaïque.
Les thèmes abordés dans ce livre très bien écrit dans un style très classique et très bien traduit ont dû faire scandale à l’époque : viol, inceste, matricide, sorcellerie. Il fut maintes fois censuré après avoir fait sensation. Lewis fut même poursuivi et contraint d’expurger son œuvre.
La version due à Antonin Artaud est légèrement remaniée par rapport à l’original et également par rapport à la version plus proche de l’original de Léon de Wailly publiée en 1840.
La fluidité du style rend la lecture de ce roman captivant très agréable. Les 400 pages sont « avalées » sans difficulté.
Pour le fond :
Trois femmes évoluent dans ce roman fantastique qui se passe à Madrid au temps de l’Inquisition :
Antonia, nièce de Léonella, promise de Don Lorenzo, mais que convoite le moine prieur Ambrosio que le péché de chair ne rebute pas.
Agnès, sœur de Lorenzo, jeune nonne mise enceinte par Don Raymond et dont le sort funeste rend fou son frère.
Mathilde dont je ne dirai rien de plus sur l’identité pour respecter l’intrigue.
Un homme domine le scénario de cette histoire : Ambrosio, un moine pour le moins étrange, chez qui le sens moral est battu en brèche à tout coup quand par ailleurs ce religieux professe foi et vertu, et de fait est vénéré comme un exemple de probité et d’intransigeance.
Les amours interdits du prieur Ambrosio avide de chair fraiche occupent une bonne part du récit : il franchit les barrières morales et physiques allègrement uniquement porté vers l’assouvissement de ses pulsions érotiques :
« La belle impudique mit à profit son abandon, et l’aurore les surprit dans un spasme et rougit de leur impudicité…Ivre de plaisir, le moine abandonna la couche de la pécheresse. » Et Mathilde de dire : « Pour vous je me damnerai avec joie et une minute entre vos bras dans ce monde vaut bien une éternité d’expiation dans l’autre. »
Comme l’ont dit certains internautes, un bijou de la littérature classique.
Amoureux d’Halloween, de violences et d’atrocités, n’hésitez pas.


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