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Classement des meilleurs critiques: 8.305
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Commentaires écrits par
My Inner Shelf "Blogueuse littéraire" (Perpignan)

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Les Décharnés: Une lueur au crépuscule
Les Décharnés: Une lueur au crépuscule
Prix : EUR 4,99

5.0 étoiles sur 5 Que font les éditeurs ???, 26 avril 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Décharnés: Une lueur au crépuscule (Format Kindle)
On entre immédiatement dans le vif du sujet via le point de vue de Patrick, agriculteur de son état, un peu aigri, très misanthrope et légèrement cynique. Son aisance verbale révèle un homme instruit et on devine ici et là des indices d’un lourd passé.

La plume de Paul Clément est à la fois fluide et recherchée, le récit rythmé et l’intrigue digne du meilleur épisode de The Walking Dead (la série télé) avec la survie immédiate, la fuite, l’élagage de zombies, la recherche d’un abri, de nourriture, etc. Ma connaissance de l’univers zombie reste encore limitée à ce jour, hormis The Walking Dead et quelques lectures zombiesques, je suis loin d’être une spécialiste, contrairement à l’auteur, qui n’est rien de moins que le fondateur de My Zombie Culture. Donc ma comparaison vaut donc ce qu’elle vaut, mais c’est pour moi un point positif. L’auteur sait de quoi il parle, et il manie les codes du genre avec brio.

L’aspect psychologique des personnages est prédominant dans ce roman, ils sont finement décrits et très réalistes. Patrick est un anti-héros complètement asocial, avec peu voire pas d’empathie pour son prochain, on a même la vague impression qu’il lui voudrait presque du mal, parfois. L’arrivée des zombies dans ses champs et le siège qui en résulte vont pourtant peu à peu le contraindre à se remettre en question, surtout lorsqu’il recueille en catastrophe une petite fille dont il ne sait pas quoi faire, à part qu’il ne peut pas l’abandonner. Malgré ses premières réticences à prendre en charge une autre personne, sa misanthropie commence à battre en retraite face à sa nouvelle responsabilité. S’ensuit alors pour le drôle de duo une lutte pour la survie, une fuite en pleine nature où les zombies sont partout tout le temps, et où même rencontrer des survivants ne garantit pas la sécurité absolue, où la confiance en l’autre reste un problème récurrent. La méfiance chez Patrick c’est une seconde nature, et la menace zombie n’arrange rien, les relations entre les protagonistes n’en sont que plus compliquées, seul le lien entre Patrick et sa protégée semble fiable et profond. Suffisamment profond pour faire de cet agriculteur entre deux âges un héros attachant qui évolue au fil des pages. Et quelle évolution ! Au lieu de se préoccuper de son petit confort dans sa maison isolée au milieu des champs, le voilà en cavale et bien décidé à préserver cette vie dont il a la charge.

Il n’y a rien de spectaculaire, à part les dégoulinades de boyaux, mais ça c’est le minimum syndical pour un livre sur les zombies. Pas de coup de théâtre invraisemblable ni de grosses incohérences, pas plus de coquilles ou de maladresses que chez n’importe quel éditeur, bref, un excellent roman qui n’affiche aucune tare de l’auto-édition. À se demander ce que font les éditeurs, ils devraient s’enlever les doigts d’où je pense et faire profiter l’auteur d’une bonne vraie promo, saperlotte ! (oui parce que le reste du boulot est déjà fait, et très bien fait !). La version papier s’apprête à rejoindre ma bibliothèque récemment rafraîchie.


Poweradd Autoportrait extensible sans fil Bluetooth Selfie Stick Télescopique Professional Pôle Selfie -Noir
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Proposé par Poweradd
Prix : EUR 29,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Léger et pratique, 4 juin 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Petit, léger, d'utilisation ultra-simple et surtout une fixation solide, un excellent rapport qualité/prix, bouton déclencheur sur le manche (pas encombré par une télécommande !) que demander de plus ?


Les Chiens de l'Aube
Les Chiens de l'Aube
par Blanc a-Catherine
Edition : Broché

5.0 étoiles sur 5 Le retour d'Anne-Catherine Blanc, 5 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Chiens de l'Aube (Broché)
Les plus fidèles d’entre vous se souviendront peut-être de mon engouement pour les précédents livres d’Anne-Catherine Blanc. Bien que différents l’un de l’autre sur bien des points, L’astronome aveugle et Moana Blues avaient été d’énormes coups de cœur. Avec Les chiens de l’aube, l’auteur nous administre une nouvelle baffe littéraire dans la tronche. Si j’osais, je dirais que ce dernier-né est un poil de nez au-dessus des deux autres. Oui, carrément, et je reste sobre.

Le narrateur, petit septuagénaire boiteux issu des bidonvilles, travaille comme homme à tout faire dans une maison close d’Amérique du Sud. Depuis quinze ans, il fait office d’esclave dans le couvent administré par la Mère Sup’, envers laquelle il voue une fidélité et une reconnaissance sans borne. Homme humble, il se satisfait de son sort, bénéficiant du gîte et du couvert dans un confort relatif mais inédit pour lui, il sait néanmoins que la sécurité de ses vieux jours dépend de succès du commerce de la Mère Sup’. Si cette dernière gère son bordel sans trop de scrupules, le narrateur, surnommé Hip Hop, ferme également les yeux sur la nature des affaires de sa patronne et se contente de ce qu’il a, espérant le conserver le plus longtemps possible. Jusqu’au jour où l’arrivée d’une petite nouvelle commence à réveiller en lui des souvenirs aussi lointains que refoulés, et qu’une rivalité entre la Mère Sup’ et son Abbesse menace la pérennité de l’entreprise.

Dans l’atmosphère moite de ce pays sud-américain jamais nommé et affligé d’une dictature particulièrement sévère, on pénètre dans la vie du « couvent », on y devine des secrets et des scandales glauques. On fait la connaissance des travailleuses de la nuit, de leur misère sociale, affective et de leur soumission, de leur passé dans les bidonvilles, mais aussi de leur chance d’officier dans une maison close et non dans la rue. La Mère Sup’ ne fait pas dans la légalité, seuls ses appuis haut placés lui permettent de faire fonctionner son affaire, notamment la partie la plus lucrative et la moins honnête, mais la vigilance reste malgré tout de mise, car un faux pas, une erreur de jugement, et tout peut basculer. Lorsqu’une transaction d’un genre spécial est mise en place, le narrateur sort discrètement de sa routine pour mener sa petite enquête, conscient du danger potentiel en cas d’échec, au vu des personnes impliquées.

Dans le même temps, on en découvre progressivement un peu plus sur Hip Hop, au fur et à mesure que ses souvenirs resurgissent, lui dévoilant au compte-goutte un passé qu’il s’est efforcé d’oublier. L’arrivée de la Faena, petite dernière de la maison, et la gentillesse de la Chiquitita vont lui ouvrir les yeux sur bien des choses. Double intrigue donc, qui partage la curiosité du lecteur entre le personnage du narrateur et l’issue de la dangereuse transaction. Tout ce petit monde est très attachant, Hip Hop est un vieux bonhomme attendrissant dans sa soudaine prise de conscience et sa sentimentalité renaissante. Son langage, d’un style aussi coloré que vivifiant est tout à la fois cru et poétique, teinté d’humour et d’auto-dérision. Le rythme est égal et soutenu, sans temps morts, on entre dans le récit dès le premier paragraphe. Le personnage de Hip Hop incarne le courage, l’humilité, la hargne de vivre malgré tout, d’aller jusqu’au bout même si rien n’a jamais beaucoup joué en sa faveur. L’auteur ne nous épargne pas les coups de théâtre, l’imminence du dénouement est l’occasion de quelques scènes d’action aussi inattendues qu’efficaces. Quant au dernier chapitre (voire l’avant dernier si vous êtes perspicace et attentif), il nous apporte la dernière clé à la compréhension du pourquoi du comment, et clôt magistralement un récit déjà fort. Un grand moment que ce final tout en émotion !


Simon's Cat
Simon's Cat
par Simon TOFIELD
Edition : Broché

5.0 étoiles sur 5 hilarant, 12 avril 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Simon's Cat (Broché)
Je suis tombée récemment sur une vidéo de Simon Tofield mettant en scène un chat plus vrai que nature, et je ne pouvais naturellement pas résister à la tentation d’acheter le livre qui en a découlé. Alors bien sûr, la bande son, hilarante, manque, mais les dessins évoquent si bien le quotidien du chat qu’on se fait vite une raison. LE chat est très expressif, effectivement prêt à tout pour sa gamelle. Mais le chat n’est pas le seule héros des saynètes, son propriétaire est lui aussi troublant de réalisme, et je pense que tous les amoureux des chats s’y reconnaîtront : un flegme sans borne face aux frasques de son chat, une zen attitude exemplaire, confinant au fatalisme. L’air souvent désabusé du personnage est franchement très drôle.


Simon's Cat se fait la belle
Simon's Cat se fait la belle
par Simon TOFIELD
Edition : Broché
Prix : EUR 15,10

5.0 étoiles sur 5 hilarant, 12 avril 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Simon's Cat se fait la belle (Broché)
Je suis tombée récemment sur une vidéo de Simon Tofield mettant en scène un chat plus vrai que nature, et je ne pouvais naturellement pas résister à la tentation d’acheter le livre qui en a découlé. Alors bien sûr, la bande son, hilarante, manque, mais les dessins évoquent si bien le quotidien du chat qu’on se fait vite une raison. LE chat est très expressif, effectivement prêt à tout pour sa gamelle. Mais le chat n’est pas le seule héros des saynètes, son propriétaire est lui aussi troublant de réalisme, et je pense que tous les amoureux des chats s’y reconnaîtront : un flegme sans borne face aux frasques de son chat, une zen attitude exemplaire, confinant au fatalisme. L’air souvent désabusé du personnage est franchement très drôle.


Cette chère Sylvia
Cette chère Sylvia
par Dawn French
Edition : Broché
Prix : EUR 19,95

4.0 étoiles sur 5 belle plume, 12 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cette chère Sylvia (Broché)
Quand on me propose de lire le roman de l’une de mes comédiennes favorites, je saute sur l’occasion, d’autant plus que je pensais y retrouver l’humour qui a fait le succès de son duo avec Jennifer Saunders. Que nenni ! Humour il y a, certes, mais le tragique l’emporte largement.

Dawn French nous parle donc de Sylvia Shute, sexagénaire dans le coma, laissant ex-mari, enfants, sœur, femme de ménage et meilleure amie dans l’affliction. Ou pas. Car Sylvia, pauvre chose désormais sans défense doit écouter les doléances de ses proches, encaisser la rancune et l’incompréhension. On rigole franchement par moment, les portraits de personnages sont saisissants et certains sont hauts en couleurs, néanmoins, plus on avance dans la découverte du personnage de Sylvia, moins on a envie de rire. Qu’a-t-elle fait pour éveiller de tels sentiments dans sa propre famille ? Le lecteur se prend à détester cette saleté de Sylvia, et a de la sympathie pour les autres personnages, jusqu’au moment où des indices nous poussent à revoir notre jugement. Au-delà de l’humour, présent mais subtilement dosé, Cette chère Sylvia propose une galerie de personnages en souffrance, que le poids du secret a détruits et laissés dans l’ignorance. La plume de French est épatante, elle retranscrit parfaitement les émotions des personnages, plus vrais que nature. Si certains passages, comme les envolées lyrico-champêtres d’Ed, l’ex-mari toujours perplexe, sont parfois un peu longs, l’ensemble se lit avec un plaisir croissant. Alors que les premiers chapitres donnaient l’impression d’une sympathique galerie de personnages, les suivants ont rapidement dévié vers la tragédie humaine, nous préparant à un final poignant. De quoi faire pleurer dans les chaumières, certes, mais tellement bien vu !


Le Projet Morgenstern
Le Projet Morgenstern
par David S Khara
Edition : Broché
Prix : EUR 20,00

5.0 étoiles sur 5 action et émotion, 19 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Projet Morgenstern (Broché)
Voilà c’est fait ! Nous voici avec la suite et la fin des aventures du « Géant vert », sur-homme créé par la folie des hommes. Les deux premiers tomes nous avaient distillé pas mal d’indices et de révélations sur l’origine de Morgenstern, mais le mystère restait bien entretenu et des zones d’ombres étaient encore à découvrir. Nous retrouvons donc notre héros pour une ultime mission et non des moindres, puisqu’il s’agit non seulement de préserver sa propre liberté mais la vie de ses amis Jeremy et Jacky. Lorsque ces deux derniers sont directement menacés, se sentant responsable d’eux et à l’origine de leurs déboires, Morgenstern vole à leur secours. Les personnages m’ont paru encore plus poussés dans ce volume, les relations entre eux sont fortes, une famille se créé autour de Morgenstern. Ce dernier a peu d’attache, il s’efforce de préserver une certaine solitude malgré les événements. Ses origines, sa nature, et le fait qu’il reste un spécimen très convoité l’a poussé à choisir une vie loin de toute contrainte sentimentale. Sa relation avec Eli est très particulière, car si ce dernier est en quelque sorte un fils adoptif, il est plus âgé et pris la place d’un père. Père et fils interchangeables, leur relation reste vraiment troublante et poignante. Leur attachement réciproque ne fait pas de doute, et si Eli a grandi, vieilli, est devenu père et grand-père, Eytan est resté jeune, et seul, prisonnier de sa condition. Ce dernier tome, toujours aussi rythmé par une action omniprésente et parfaitement maîtrisée, met l’accent sur les relations entre les personnages. Si leurs précédentes aventures les avaient rapprochés, leurs liens vont se consolider face à l’ennemi.


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5.0 étoiles sur 5 Parfait, 6 juin 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Un étui à prix raisonnable et parfaitement adapté aux dimensions de la tablette, ce qui n'est pas toujours le cas avec des étuis bons marchés et non "officiels". Je ne jurerais pas de la durée de vie des pliures (plastique) mais en prenant soin de l'engin il n'y a pas de raison.


Doglands
Doglands
par Tim Willocks
Edition : Broché
Prix : EUR 16,95

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 pour les jeunes ET les autres aussi ^^, 2 août 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Doglands (Broché)
En 2010, La Religion de Tim Willocks m'avait fortement impressionnée, l'occasion de lire autre chose du même auteur s'est présentée lors du FIRN de Frontignan, où j'ai eu la chance de rencontrer Tim Willocks. Oui, mesdames et messieurs, lui-même en personne en chair et en os. Joie ! L'occasion donc de faire dédicacer mon pavé exemplaire de La Religion ainsi que Bad City Blues, sans oublier son dernier roman, Doglands, lisible par nos morveux jeunes à partir de 12 ans. Pour écrire Doglands, Tim Willocks s'est inspiré de son propre chien Feargal, malheureusement « parti courir avec les vents » il y a un peu plus de deux mois. Autant dire que cette info rend la lecture du livre d'autant plus émouvante.

Le jeune Furgul, né dans un élevage de lévriers de course, parvient à fuir la cruauté de maître des lieux, Dedbone, un méchant pas beau à tendances sadiques qui n'hésite pas à supprimer les chiens les plus faibles. Le chiot va vivre de sacrées aventures, tout en se promettant de retourner un jour à la Fosse de Dedbone pour délivrer sa mère et tous les autres chiens maltraités et exploités de l'élevage. Plusieurs personnages croisent la route de Furgul, qui, devenu adulte, n'oublie pas sa promesse. L'histoire est entièrement racontée du point de vue du chien, qui a bien du mal à cerner les motivations de humains et à donner un sens à leurs comportements.

De péripéties en rencontres, Furgul va apprendre à mieux comprendre les humains ainsi que sa propre nature de chien. Le début du roman m'a paru un poil violent pour un jeune lectorat, certaines scènes de bagarre et de combat sont assez sanguinolentes, et le réalisme (relatif) de ces affrontements suffit à purger l'histoire d'un aspect qui aurait pu être enfantin. Car n'oublions pas que ce sont des chiens qui parlent, il aurait été facile de tomber dans la niaiserie, mais non, Willocks s'en sort à merveille et nous livre une très belle fable initiatique. Furgul est un maraudeur, comme son père, il est épris de liberté, et tend à retrouver ses racines et sa véritable nature de chien, tel qu'il aurait pu être avant la domestication par l'Homme.

Si le roman s'adresse à la jeunesse, il est parfaitement lisible par les adultes, qui verront là un conte plein d'humour et de poésie, d'amour et de sensibilité. Il faut bien connaître les chiens et les aimer pour en parler d'une façon aussi belle et émouvante. Tim Willocks est un auteur à lire absolument ! (je le dis pour ceux qui ne le sauraient pas encore).

À noter, Doglands est le premier volume d'une trilogie, et la suite de La Religion est en cours de traduction par Benjamin Legrand.


La Religion
La Religion
par Tim WILLOCKS
Edition : Broché
Prix : EUR 23,00

18 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 énorme !!, 6 novembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Religion (Broché)
Je n'avais rien lu des polars de Willocks avant de m'attaquer à ce pavé de plus de 800 pages. Ce titre me faisait envie depuis longtemps, et il a comblé mes plus folles espérances.
C'est mirifique, épique, grandiose, sanglant, cruel, dégueulasse, violent, puant, chatoyant, apocalyptique, véhément, échevelé, passionné, trépidant, viril, sensuel, sexuel, animal, tendre, sauvage, poétique, tumultueux, puissant, cinématographique, hypnotisant, envoûtant, obsédant, émouvant.
C'est énorme.
L'introduction nous dévoile le passé de Mattias Tannhauser, et plante le décor de ce que sera le reste du récit, horreur, mort et amour.
L'auteur situe son action en 1565 à Malte, sur le point d'être attaqué par l'Empire ottoman. Les Chevaliers de l'ordre de Malte vont devoir affronter un siège historique. L'islam et la chrétienté s'apprêtent à se déchirer sur ce petit bout de terre perdue en méditerranée, mais dont la localisation stratégique risque de causer la perte.
Un contexte déjà lourd, où le fanatisme religieux tient le premier rôle. Mattias Tannhauser, saxon et turc à la fois, ancien janissaire, actuel marchand d'armes et homme à femmes, a bien roulé sa bosse. Devenu athée d'en avoir trop vu et trop fait au nom de Dieu ou d'Allah, il semble être un homme très demandé. Son expérience de l'armée ottomane en fait un allié et un conseiller de choix pour la Religion. Sollicité à la fois pour œuvrer à une cause qui lui paraît désormais étrangère, et par une comtesse française, Tannhauser va voir ses projets compromis.
Carla de La Penautier, jeune veuve d'origine maltaise, souhaite retourner à Malte afin de retrouver un fils qu'elle ne connaît pas. Accompagnée d'Amparo, jeune Espagnole étrange un peu devineresse qu'elle a prise sous son aile, Carla n'a aucun mal à convaincre Tannhauser de les escorter jusqu'à Malte et de passer outre les évacuations de rigueur.
Tannhauser et son ami Bors de Carlisle, géant anglais fidèle et belliqueux, s'engagent donc auprès de Carla et de sa protégée mystérieuse et sensuelle. Le périple commence, de nouveaux personnages tout aussi attachants ou répugnants vont faire leur entrée en scène. L'intrigue se noue subtilement, les événements se précipitent, le lecteur est submergé et envoûté.
Les armées ottomanes débarquent à Malte, la violence, la mort, l'Enfer débarque avec elles.
Les descriptions sont d'un réalisme saisissant. Ça tranche, ça décapite, ça éventre, ça vomit et ça se chie dessus, avant de pourrir et de nourrir les vers. Chez Willocks la guerre ressemble à une guerre, dans tout ce qu'elle a de plus abject et de barbare, il ne nous épargne rien. La religion en prend plein la poire, l'endoctrinement, le fanatisme, la croyance bête, tout y est, mais l'auteur a assez de délicatesse et d'intelligence pour ne pas prendre parti, à l'image de Tannhauser, qui n'agit que dans un seul but, mais jamais celui qu'on lui prête. Son regard sur les événements est celui d'un sage, d'un philosophe désabusé qui a une mission à accomplir. Mais le philosophe est aussi un homme, et le charme de ses deux protégées aura sur lui un effet des plus inattendu, dans un environnement digne des pires enfers.
L'auteur nous promène entre des scènes barbares et sanguinaires et des purs moments poésie et de tendresse, tout en développant ses personnages avec finesse et profondeur, avec une maîtrise parfaite de l'action, de l'intrigue et des rebondissements. Du très grand roman historique, des très grands personnages, et une histoire magnifique.
La Religion est le premier volume d'une trilogie, mais peut se suffire à lui-même, à moins de tomber sous le charme de l'écriture de Willocks comme je l'ai été.


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