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Contenu rédigé par Roger Dominiqu...
Classement des meilleurs critiques: 52
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Commentaires écrits par
Roger Dominique Maes (Bruxelles)
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 100 COMMENTATEURS)   

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Trois jours à vivre
Trois jours à vivre
DVD ~ Aimé Clariond
Proposé par dvd05 (dvd jeuxvidéos ...) Expedié le jour de la commande.
Prix : EUR 22,90

4.0 étoiles sur 5 Le prix de la vanité., 23 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Trois jours à vivre (DVD)
"Trois jours à vivre", Gilles Grangier, 1957, NB, bonne copie.

Un jeune acteur (Daniel Gélin), ambitieux mais déjà aigri, est le témoin d'un meurtre, en pleine rue. Il est penché sur le corps, quand on se précipite; il y a là un journaliste et un photographe... A-t-il vu l'assassin? Un instant de vanité idiote, et pour conserver cette attention concentrée sur lui, il dit: oui! Le voilà le doigt dans l'engrenage... car il n'a rien vu. Son besoin de célébrité, mais aussi l'entourage, cette troupe de comédiens en tournée, qui voit son nom dans les journaux, qui s'auréole de sa gloriole, et la police qui veut son coupable, tout cela le poussera à reconnaître l'homme qu'on lui présente, un malfrat (Lino Ventura), qui sera condamné. Quelques mois plus-tard, évadé, celui-ci préviendra l'acteur par téléphone qu'il n'a plus que... "trois jours à vivre".

Dans ce personnage d'acteur lâche et torturé, qui trouve dans sa lâcheté le moyen de se faire connaître, sans la racheter par son talent, pourtant certain, ou par le coeur, dont il manque cruellement, face à celle qu'il aime ou prétend aimer (Jeanne Moreau), Daniel Gélin, qui a déjà perdu sa fraîcheur de beau ténébreux, pour n'en conserver que la déplaisante noirceur, est aussi convaincant qu'antipathique, tandis que Lino Ventura n'est qu'une figure, imposante, menaçante, mais quelle figure!
L'autre intérêt du film, bénéficiant du savoir-faire de Gilles Grangier et Michel Audiard, est dans la peinture de cette troupe dramatique, comme il n'en existe sans doute plus, traînant un "Lorenzaccio" en carton pâte de théâtres de province en théâtres de banlieue, sous la férule d'un directeur opportuniste, occupant l'espace de gestes et de mots grands et creux (Aimé Clariond, superbe!),... plus cabot que toute la troupe réunie, sa large main, comme une patte d'oiseau rapace, toujours étalée sur le coeur !


Napoleon et les manuels d'histoire
Napoleon et les manuels d'histoire
par RENEE DEBURAT
Edition : Broché

5.0 étoiles sur 5 Pour l'honneur de Napoléon Bonaparte., 23 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Napoleon et les manuels d'histoire (Broché)
Renée Deburat, "Napoléon et les Manuels d'Histoire", Editions André Lavaud, 1956, broché 330 pages.

Renée Deburat, enseignante, spécialiste de l'histoire napoléonienne, s'est attachée dès la fin de la guerre à dénoncer les calomnies et la désinformation systématique dont Napoléon est victime au sein même de l’enseignement publique français. Etonnée, sinon outrée, de constater l'image déplorable que peignaient de lui les manuels scolaires, elle s'en ouvrit, dans les années 50, à un inspecteur d'académie, qui lui répondit: "Il faut faire des républicains; alors..." Quand l'amour d'un régime se substitue à l'amour de la patrie... de son histoire... et, pis que tout, à l'honnêteté intellectuelle! Gabriel Hanoteaux le constatait lui aussi, qui disait: "L'Histoire est devenue chez nous une sorte de guerre civile en permanence". Or qui aime bien son pays, l'aime tout entier, à toutes les époques de son histoire. Ce que faisait Napoléon, qui, dans une lettre à un de ses frères, écrivait: "Je suis solidaire de tout, depuis Hugues Capet jusqu'au Comité de Salut Publique." Par cette phrase simple et forte, Napoléon revendiquait sa propre légitimité, certes , mais rappelait sa volonté de cohésion nationale. Il y a, en effet, des légitimités successives, et on n'est légitime soi-même qu'en s'inscrivant dans cette succession.

Rétablir l'ordre sans perdre les acquis de la Révolution. Rétablir le christianisme, mais en préservant la liberté des cultes -si le Concordat ramenait l'Eglise dans la campagne française, il ne touchait pas à la sécuralisation des biens du clergé. Les paysans , croyants ET propriétaires de biens nationaux, en eurent une double, et durable, reconnaissance envers Napoléon-. Faire de la République un régime monarchique pour la mettre en harmonie avec les autres régimes européens, mais l'appuyer sur un suffrage national. Créer une chevalerie (la Légion d'honneur) et une noblesse, mais du mérite, non de la naissance. Concilier et réconcilier, effacer, rogner, assouplir les éléments de discorde. Remettre en marche un pays au bord de la faillite, lui donner une structure, économique et financière, juridique et judiciaire, et partout, équiper, moderniser, établir, tracer des routes, agrandir des ports, bâtir, fortifier... Oui, chez Napoléon, "le législateur, le génie civil, adapté à l'universel, était supérieur au soldat."

Mais pour accomplir cette tâche, Napoléon avait besoin de paix. Et ce besoin se heurtait à l'obstination et à la mauvaise foi adverse, pour qui il s'agissait de détruire la France de la Révolution, ses conquêtes, ses principes "dangereux"... et son économie. Seul Charles Fox, qui admirait Napoléon et comprenait son ambition européenne, voulait une paix durable entre l'Angleterre et la France. Elle semblait près d'être signée lorsqu'il mourut en 1806. "Ah! si Fox avait vécu!" disait encore Napoléon à Sainte-Hélène. Oui, Fox osait dire à ses compatriotes que "les attaques incessantes font une loi à l'attaqué de repousser toujours plus loin l'assaillant"; que si Napoléon fut conquérant, c'est parce qu'on avait "fait à la France une loi de la conquête indéfinie." Pourtant il ne faut pas s'illusionner; la volonté d'un seul homme, si juste et éclairé fût-il, ne pouvait s'opposer aux intérêts de l'économie anglaise.
Et l'Angleterre n'avouera jamais la principale cause de la rupture de la Paix d'Amiens, et des dix ans de lutte acharnée qui s'ensuivit: le relèvement économique de la France. Elle avait compté renouveler le traité de commerce de 1786, tout à son avantage, et inonder la France de ses produits. Or l'industrie nationale, par son activité et sa prospérité, était, Napoléon le savait, le seul moyen de faire reculer la misère. A titre d'exemple, en 1799, à Lyon, 13000 ateliers sur 15000 avaient disparus... Il était hors de question pour le Premier Consul d'offrir le marché français aux manufactures anglaises. Il refusa le traité. Dès ce jour, la reprise de la guerre fut décidée à Londres.
Albert Sorel, avec ce sens de la concision qui fut son génie, a résumé le but de Pitt, dès 1804 : "A force de subsides, il armera le continent; il effrayera les neutres, menacera leur ports d'incendie, leurs navires de confiscation; tout lui sera de bonne prise qui détachera de la France quelque intérêt ou quelque affection; il fomentera une coalition formidable, enchaînera Bonaparte à ce continent d'Europe où il peut vaincre mais où, à force de vaincre, il usera les moyens de la victoire; il ne lui laissera pas un jour de repos, pas une place de sûreté; il l'inquiétera, le sollicitera partout aux diversions, l'obligera à se disperser." (1)

Il est hors de question de tomber dans l'angélisme; le génie n'est pas la sainteté, et Napoléon n'a rien d'une figure évangélique, il était homme de pouvoir et d'autorité, mais dénaturer les mobiles de ses actions , ne s'attacher qu'à ses faiblesses en se taisant sur ses mérites, son courage et son labeur, l'époque, la situation et les enjeux, relève de la .calomnie. L'esprit critique n'est pas l'esprit de dénigrement. Or, "la loi punit-elle un délit plus lâche que la diffamation? Si la calomnie peut tuer un vivant, la diffamation qui traîne dans la boue la mémoire de quelqu'un (...) est-elle moins lâche?"

Certains ont dit que Napoléon a mené la Révolution au port, d'autres, avec esprit, qu'il l'a mise en cale sèche. Ni l'un, ni l'autre. Il lui a permis de prendre la mer. Et la Révolution dans ses ambitions les meilleures, codifiée, vogue... encore!
"Napoléon n'a pas travaillé pour la forme, écrit Renée Deburat, mais pour le fond. Son oeuvre s'est adaptée à toutes les formes. C'en est la meilleure preuve. Son édifice put abriter les locataires successifs et différents qui en changèrent des détails, qui l'adaptèrent à leurs désirs et à l'évolution de leurs idées, tout en gardant intact le gros oeuvre. Il a construit pour la France et non pour un régime." (2)

Oui, Renée Deburat est une admiratrice de l'oeuvre de Napoléon, je dis bien de l'oeuvre, non de la légende. "Le prestige de Napoléon n'a nul besoin de légende pour exister, écrit-elle. La réalité suffit. La grandeur de la réalité apporte avec elle sa propre poésie. La réalité est plus belle que toute légende, parce qu'étant vraie, elle est plus exaltante." Son livre éminemment respectable, et souvent passionnant, en est la preuve, qui réhabilite, face à un enseignement sectaire et réducteur, l'image du plus illustre des Français.
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(1) Albert Sorel, "L'Europe et la fondation de l'Empire français", Plon, 1906, p. 67.

(2) Et pas seulement pour la France: Napoléon dont Hegel écrivait en 1807: "Le grand maître du Droit politique réside à Paris" donna à la Westphalie la "législation alors la plus moderne d'Europe" (écrit le juriste Heiner Lück), en fit un "Etat modèle" où pour la première fois en Allemagne, était aboli le servage, garanti l'égalité devant la loi, et la liberté des cultes! En 1815, les pays voisins de la France demandèrent, "comme une grâce" d'en conserver le Code, comme le conserva la Louisiane qui, en 1954, en célébra solennellement le 150e anniversaire!


Fonteyn And Nureyev - The Perfect Partnership [DVD] [2011] by Margot Fonteyn
Fonteyn And Nureyev - The Perfect Partnership [DVD] [2011] by Margot Fonteyn
DVD ~ Margot Fonteyn

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 "An Artistic Love Affair", 22 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fonteyn And Nureyev - The Perfect Partnership [DVD] [2011] by Margot Fonteyn (DVD)
"Fonteyn & Nureyev - The perfect Partnership", Peter Barry, 1985, VO anglaise sans sous-titres, 1 DVD Beckman 2001.

Voici un excellent portrait de ceux qui ne formèrent peut-être pas un "partenariat parfait", mais un partenariat extraordinaire dans le sens tout à fois littéral et conventionnel du terme. Ils étaient trop différents pour être "parfaits", mais ils furent extraordinaires. La danseuse classique la plus pure, la plus élégante, la plus anglaise, disons-le, et la plus accomplie, et un jeune moujik -de la moitié de son âge!-, fougueux et inexpérimenté, sans style mais électrisant, prêt à se consumer sur scène avec la chaleur d'un brasero... Comme deux éléments chimiques, leur mise en présence créa une réaction imprévisible, chacun se nourrissant, s'enrichissant de l'autre.

Nous les voyons dans ce DVD, aux bonnes images, compte tenu de l'époque des enregistrements, mais avec parfois des distorsions sonores, dans des extraits des "Sylphides", du "Corsaire", de "Giselle", du "Lac des cygnes" (dans l'émission d'Ed Sullivan), de "Roméo et Juliette", version Kenneth MacMillan que Fonteyn et Noureev ont créé en 1965, de "Marguerite et Armand", de "Hamlet", ballets conçus pour eux par Frederick Ashton, et de "Lucifer" de Martha Graham.

Les témoins, dont Ninette de Valois et Frederick Ashton, ou le biographe de Margot Fonteyn, ont beau nous décrire le charisme du couple, fascinant et enflammant le public, n'importe quel public, même celui le moins préparé au langage de la danse classique, on ne peut rien ressentir de tel à la vision de ces extraits, trop courts, trop lointains... mais cela ne justifierait pas de négliger le beau récit de leur histoire, qu'un critique a appelé "An artistic Love Affair" .
Pendant les 17 années de leur partenariat, les deux danseurs interprétèrent 26 rôles, formant un couple désormais emblématique, artisan d'une sorte de renaissance de la danse classique, dans le sens qu'avec Fonteyn et Nourreev, le ballet échappa à son monde élitiste pour gagner le grand public, comme, à la même époque, grâce à La Callas, l'opéra sortit de sa gangue ...


Napoléon et les manuels d'histoire
Napoléon et les manuels d'histoire
par Renée Casin
Edition : Broché
Prix : EUR 23,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 L'honneur de Napoléon Bonaparte., 21 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Napoléon et les manuels d'histoire (Broché)
Renée Casin, "Napoléon et les Manuels d'Histoire" (1956, publié sous son nom de jeune fille Renée Deburat), édition revue et corrigée, Économica, Paris, 2008, broché, 258 pages.

Renée Casin, enseignante, spécialiste de l'histoire napoléonienne, s'est attachée depuis la fin de la guerre à dénoncer les calomnies et la désinformation systématique dont Napoléon est victime au sein même de l’enseignement publique français. Etonnée, sinon outrée, de constater l'image déplorable que peignaient de lui les manuels scolaires, elle s'en ouvrit, dans les années 50, à un inspecteur d'académie, qui lui répondit : "Il faut faire des républicains; alors..." Quand l'amour d'un régime se substitue à l'amour de la patrie... de son histoire... et, pis que tout, à l'honnêteté intellectuelle! Gabriel Hanoteaux le constatait lui aussi, qui disait: "L'Histoire est devenue chez nous une sorte de guerre civile en permanence". Or qui aime bien son pays, l'aime tout entier, à toutes les époques de son histoire. Ce que faisait Napoléon, qui, dans une lettre à un de ses frères, écrivait: "Je suis solidaire de tout, de Hugues Capet au Comité de Salut Publique." Par cette phrase simple et forte, Napoléon revendiquait sa propre légitimité, certes , mais rappelait sa volonté de cohésion nationale. Il y a, en effet, des légitimités successives, et on n'est légitime soi-même qu'en s'inscrivant dans cette succession.

Rétablir l'ordre sans perdre les acquis de la Révolution. Rétablir le christianisme, mais en préservant la liberté des cultes -si le Concordat ramenait l'Eglise dans la campagne française, il ne touchait pas à la sécuralisation des biens du clergé. Les paysans , croyants ET propriétaires de biens nationaux, en eurent une double, et durable, reconnaissance envers Napoléon-. Faire de la République un régime monarchique pour la mettre en harmonie avec les autres régimes européens, mais l'appuyer sur un suffrage national. Créer une chevalerie (la Légion d'honneur) et une noblesse, mais du mérite, non de la naissance. Concilier et réconcilier, effacer, rogner, assouplir les éléments de discorde. Remettre en marche un pays au bord de la faillite, lui donner une structure, économique et financière, juridique et judiciaire, et partout, équiper, moderniser, établir, tracer des routes, agrandir des ports, bâtir, fortifier... Oui, chez Napoléon, "le législateur, le génie civil, adapté à l'universel, était supérieur au soldat."

Mais pour accomplir cette tâche, Napoléon avait besoin de paix. Et ce besoin se heurtait à l'obstination et à la mauvaise foi adverse, pour qui il s'agissait de détruire la France de la Révolution, ses conquêtes, ses principes "dangereux"... et son économie. Seul Charles Fox, qui admirait Napoléon et comprenait son ambition européenne, voulait une paix durable entre l'Angleterre et la France. Elle semblait près d'être signée lorsqu'il mourut en 1806. "Ah! si Fox avait vécu!" disait encore Napoléon à Sainte-Hélène. Oui, Fox osait dire à ses compatriotes que "les attaques incessantes font une loi à l'attaqué de repousser toujours plus loin l'assaillant"; que si Napoléon fut conquérant, c'est parce qu'on avait "fait à la France une loi de la conquête indéfinie." Pourtant il ne faut pas s'illusionner; la volonté d'un seul homme, si juste et éclairé fût-il, ne pouvait s'opposer aux intérêts de l'économie anglaise.
Et l'Angleterre n'avouera jamais la principale cause de la rupture de la Paix d'Amiens, et des dix ans de lutte acharnée qui s'ensuivit: le relèvement économique de la France. Elle avait compté renouveler le traité de commerce de 1786, tout à son avantage, et inonder la France de ses produits. Or l'industrie nationale, par son activité et sa prospérité, était, Napoléon le savait, le seul moyen de faire reculer la misère. A titre d'exemple, en 1799, à Lyon, 13000 ateliers sur 15000 avaient disparus... Il était hors de question pour le Premier Consul d'offrir le marché français aux manufactures anglaises. Il refusa le traité. Dès ce jour, la reprise de la guerre fut décidée à Londres.
Albert Sorel, avec ce sens de la concision qui fut son génie, a résumé le but de Pitt, dès 1804 : "A force de subsides, il armera le continent; il effrayera les neutres, menacera leur ports d'incendie, leurs navires de confiscation; tout lui sera de bonne prise qui détachera de la France quelque intérêt ou quelque affection; il fomentera une coalition formidable, enchaînera Bonaparte à ce continent d'Europe où il peut vaincre mais où, à force de vaincre, il usera les moyens de la victoire; il ne lui laissera pas un jour de repos, pas une place de sûreté; il l'inquiétera, le sollicitera partout aux diversions, l'obligera à se disperser." (1)

Il est hors de question de tomber dans l'angélisme; le génie n'est pas la sainteté, et Napoléon n'a rien d'une figure évangélique, il était homme de pouvoir et d'autorité, mais dénaturer les mobiles de ses actions , ne s'attacher qu'à ses faiblesses en se taisant sur ses mérites, son courage et son labeur, relève de la .calomnie. L'esprit critique n'est pas l'esprit de dénigrement. Or, "la loi punit-elle un délit plus lâche que la diffamation? Si la calomnie peut tuer un vivant, la diffamation qui traîne dans la boue la mémoire de quelqu'un (...) est-elle moins lâche?"

Certains ont dit que Napoléon a mené la Révolution au port, d'autres, avec esprit, qu'il l'a mise en cale sèche. Ni l'un, ni l'autre. Il lui a permis de prendre la mer. Et la Révolution dans ses ambitions les meilleures, codifiée, vogue... encore!
"Napoléon n'a pas travaillé pour la forme, écrit Renée Casin, mais pour le fond. Son oeuvre s'est adaptée à toutes les formes. C'en est la meilleure preuve. Son édifice put abriter les locataires successifs et différents qui en changèrent des détails, qui l'adaptèrent à leurs désirs et à l'évolution de leurs idées, tout en gardant intact le gros oeuvre. Il a construit pour la France et non pour un régime." (2)

Oui, Renée Casin est une admiratrice de l'oeuvre de Napoléon, je dis bien de l'oeuvre, non de la légende. "Le prestige de Napoléon n'a nul besoin de légende pour exister, écrit-elle. La réalité suffit. La grandeur de la réalité apporte avec elle sa propre poésie. La réalité est plus belle que toute légende, parce qu'étant vraie, elle est plus exaltante." Son livre éminemment respectable, et souvent passionnant, en est la preuve, qui réhabilite, face à un enseignement sectaire et réducteur, l'image du plus illustre des Français.
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(1) Albert Sorel, "L'Europe et la fondation de l'Empire français", Plon, 1906, p. 67.

(2) Et pas seulement pour la France: Napoléon dont Hegel écrivait en 1807: "Le grand maître du Droit politique réside à Paris", donna à la Westphalie la "législation alors la plus moderne d'Europe" (écrit le juriste Heiner Lück), en fit un "Etat modèle" où pour la première fois en Allemagne, était aboli le servage, garanti l'égalité devant la loi, et la liberté des cultes! En 1815, les pays voisins de la France demandèrent, "comme une grâce" d'en conserver le Code, comme le conserva la Louisiane qui, en 1954, en célébra solennellement le 150e anniversaire!


Danser le XX e siecle Bejart
Danser le XX e siecle Bejart
par Bejart
Edition : Relié

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 "On ne peut pas photographier la danse", Maurice Béjart., 18 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Danser le XX e siecle Bejart (Relié)
"Danser le XXe siècle", photographies d'Alain Béjart, textes de Léopold Sedar Senghor, Maurice Béjart, Roger Garaudy, Jacques Franck, et autres - Fonds Mercator, Anvers, 1977, in 4, reliure entoilée sous jaquette, 285 pages.

On ne peut pas photographier la danse.
En effet.
La photographie, arrêtant le mouvement, est la négation du ballet.
D'où vient que les albums sur la danse sont si beaux ?
Sans doute parce que, comme Goethe, on a envie de crier au danseur: "Arrête-toi, tu es si beau!"

En suspendant le mouvement, le photographe métamorphose l'instant, fait le fugace éternel... l'insaisissable saisi.
Voyez Jorge Donn, en couverture!
Son corps rayonne!
Il nous crie: "Je suis lumière!"
Infiniment...

- Si ce n'est pas en feuilletant ce livre consacré par le photographe Alain Béjart au Ballet du XXe siècle, qu'on se fait une juste idée de l'art de Maurice Béjart, qu'importe, on y rêve... on y voit de quoi... puzzle charnel... il se compose : de "la beauté des formes et de la déformation de la beauté."


LA COLONNE DE LA GRANDE ARMEE 1804-1959
LA COLONNE DE LA GRANDE ARMEE 1804-1959
par CHATELLE ALBERT.
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Une colonne pour le 16 août 1804., 18 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : LA COLONNE DE LA GRANDE ARMEE 1804-1959 (Broché)
Albert Chatelle, "La Colonne de la Grande Armée", 1959, grand in 4, broché, 91 pages.

Au lendemain de l'anniversaire de ses trente-cinq ans, le 16 août 1804, et un mois après la distribution des premiers insignes de la Légion d'honneur aux Invalides, l'Empereur est au camp de Boulogne, devant les 120.000 hommes de l'Armée d'Angleterre qui deviendra la Grande Armée, pour une deuxième promotion. Seize maréchaux et généraux (dont Soult, Ney, et l'amiral Bruix)), quelques civiles, sont faits grands officiers, mais la cérémonie est pour ces quelques 2000 soldats qui, depuis 1792, en défendant le territoire et les lois de la République, ont reçu des armes d'honneur pour leurs actions d'éclat, et l'Empereur, qui les décore personnellement, se les attache ce jour-là de manière indéfectible.
Il faut rappeler le texte du serment demandé aux troupes par Napoléon lui-même (il rétablit des vérités trop oubliées à propos des guerres de l'Empire):
"Commandants, officiers, légionnaires, citoyens et soldats, vous jurez sur votre honneur de vous dévouer au service de l'Empire et à la conservation de son territoire dans son intégrité, à la défense de l'Empereur, des lois de la République et des propriétés qu'elles ont consacrées, de combattre par tous les moyens que la justice, la raison et les lois autorisent, toute entreprise qui tendrait à rétablir le régime féodal.
"Enfin, vous jurez de concourir de tout votre pouvoir au maintien de la liberté et de l'égalité, bases premières de nos constitutions.
Vous le jurez!"
Et ce sont 120.000 voix qui répondent avec enthousiasme : " Nous le jurons!"
Les cris de "Vive l'Empereur!" qui s'ensuivent roulent comme le tonnerre...

Une fois la cérémonie et les fêtes qui l'accompagnent terminées, l'armée veut manifester de manière durable sa reconnaissance envers l'Empereur. Le maréchal Soult, commandant en chef, sollicité de toutes parts, met dès le mois suivant à l'ordre du jour l'érection d'une colonne monumentale.
"Les troupes du Camp de St-Omer voulant offrir au Monarque dont le génie préside aux destins de la France, écrit-il dans sa proclamation du 1er Vendémiaire an XIII (23 septembre 1804), un témoignage éclatant d'amour et d'admiration, ont résolu :
D'ériger un monument capable de résister aux siècles, qui, s'alliant au souvenir de sa gloire et de sa grandeur, atteste à l'Univers, ainsi qu'à tous les âges , leur dévouement et leur fidélité au Premier Empereur des Français;
De retracer à la postérité l'institution des récompenses décernées par le Héros, à l'honneur et à la bravoure;
etc."

La colonne en marbre, mesurera 50 mètres de haut, avec au sommet un statue en bronze de l'Empereur, revêtu des ornements impériaux, ajoute la proclamation. Voilà qui est curieux puisque Napoléon, empereur des Français depuis mai 1804, n'ayant pas encore été couronné, n'a évidemment pas présidé la cérémonie ainsi revêtu, mais bien dans son uniforme de colonel des chasseurs de la Garde. La question occasionnera un tel débat que l'amiral Bruix, excédé, mit fin aux palabres en lançant (c'est du moins Madame de Boigne qui le raconte dans ses Mémoires): "Foutez-le tout nu, vous aurez plus de facilités pour lui baiser le c..." Ce qui aurait fait beaucoup rire Napoléon à qui on ne manqua pas de rapporter le propos.

L'Empereur ne verra jamais le monument achevé. Alors que la colonne dépasse à peine 20 mètres de haut, les travaux, faute d'argent, sont interrompus en décembre 1811. Elle a déjà coûté un million, et il faudrait un autre million pour la terminer. Pendant ce temps, la statue commandée à Houdon et les bas-reliefs de Lemaire attendent à Paris. Au retour des Bourbons, leur bronze, comme celui de la statue de la Colonne Vendôme, serviront à fondre le Henri IV du Pont-Neuf, ainsi peut-être que le Louis XIV de la Place des Victoires... Seuls les deux lions, qui trouveront leur place à Boulogne, de chaque côté de l'escalier, échappent à la destruction. Car en 1819 et 1820, des crédits sont alloués pour reprendre les travaux. Il n'est plus question, bien sûr, de célébrer Napoléon et la Grande Armée, mais le retour des Lys. A certains qui lui suggèrent de faire placer sa propre effigie au sommet de l'édifice, Louis XVIII répond : "Ce n'est pas une raison parce qu'il a usurpé mon trône, pour qu'à mon tour j'usurpe sa colonne." Une grosse sphère dorée et fleurdelisée, coiffée une couronne, (et d'un paratonnerre), qui trônera au sommet de la colonne jusqu'à ce que la Monarchie de Juillet fasse disparaître fleurs de lys et couronne en 1831, et commande, en 1838, à François-Joseph Bosio, une nouvelle statue de l'Empereur, toujours revêtu des ornements impériaux. Tandis que Houdon avait placé le sceptre dans la main droite de l'Empereur, Bosio, le place dans la main gauche, réservant la droite au cordon et à la croix de la Légion d'honneur, que Napoléon semble offrir d'un geste plus naturel, puisqu'il était droitier. Terminée juste à temps pour le Retour des Cendres, le 15 décembre 1840, la statue est exposée sur la rive de la Seine, avec un énorme succès publique. Elle ne quitte Paris que le 21 juillet 1841, et arrive à Boulogne cinq jours plus-tard, au milieu de l'enthousiasme de la population: de vieux soldats, qui ont fait le voyage tout exprès, se précipitent pour toucher la statue ou embrasser la main de Napoléon.

Comme Soult l'avait souhaité dans sa proclamation, la Colonne résista aux ravages du temps, et, classé monument historique en 1905, sortit même intact de la Grande Guerre. Il n'en fut pas de même en 1944. La parc avait été transformé en cimetière par la Kriegsmarine (Claus Doenitz, fils du grand amiral, mort à Boulogne, y fut même enterré), et la Colonne était régulièrement prise pour cible par les aviateurs anglais. On avance deux raisons : soit parce qu'elle servait aux Allemands de tour d'observation, soit... pour le plaisir de mitrailler Napoléon. Difficile d'opter pour l'une ou l'autre raison, mais on ne peut s'empêcher de penser que si c'était l'observatoire qui était visé, la colonne aurait été bombardée et détruite, or elle fut criblée de balles... seulement.
Toujours est-il qu'à la fin de la guerre, la statue de Bosio, décapitée, déchiquetée, -la tête de l'Empereur fut retrouvé à une centaine de mètres de l'édifice-, présentait l'aspect d'un spectre hantant le ciel boulonnais (1). L'Etat s'étant déclaré incapable d'assurer financièrement sa restauration, quoique la colonne fût classée monument historique depuis 1905, Albert Chatelle entreprit à la fin des années cinquante de recueillir les fonds nécessaires auprès des membres de l'Ordre National de la Légion d'Honneur.
Ce livre riche en documents et illustrations rares -et le seul aussi fouillé que je connaisse sur ce monument-, fut donc conçu et publié à cette fin. Et il s'achève sur des espérances. Mais il remplira amplement sa mission, puisque en 1962, le comité pour la restauration du monument put présenter au général De Gaulle, alors Président de la République, deux projets pour la statue de l'Empereur : soit en costume de couronnement, soit en habit de colonel des Chasseurs de la Garde. La logique l'emporta sur l'authenticité, et c'est le deuxième projet qui fut retenu. Oeuvre du sculpteur boulonnais Pierre Stenne, haute de 4m65, et pesant 4 tonnes, la statue est installée au sommet de la colonne le 23 mai 1962 et inaugurée le mois suivant, 24 juin, par Pierre Messmer, ministre de la Défense, devant une foule nombreuse, et un important détachement de troupes de fusilliers-marins et de parachutistes.
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- (1) Restaurée en 1984, l'oeuvre de Bosio est maintenant visible dans un des pavillons d’entrée, celui de droite.


La colonne de la grande armée.
La colonne de la grande armée.
par CHATELLE Albert
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 La Colonne du 16 août, 17 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : La colonne de la grande armée. (Broché)
Albert Chatelle, "La Colonne de la Grande Armée", 1959, grand in 4, broché, 91 pages.

Au lendemain de l'anniversaire de ses trente-cinq ans, le 16 août 1804, et un mois après la distribution des premiers insignes de la Légion d'honneur aux Invalides, l'Empereur est au camp de Boulogne, devant les 120.000 hommes de l'Armée d'Angleterre qui deviendra la Grande Armée, pour une deuxième promotion. Seize maréchaux et généraux (dont Soult, Ney, et l'amiral Bruix)), quelques civiles, sont faits grands officiers, mais la cérémonie est pour ces quelques 2000 soldats qui, depuis 1792, en défendant le territoire et les lois de la République, ont reçu des armes d'honneur pour leurs actions d'éclat, et l'Empereur, qui les décore personnellement, se les attache ce jour-là de manière indéfectible.
Il faut rappeler le texte du serment demandé aux troupes par Napoléon lui-même (il rétablit des vérités trop oubliées à propos des guerres de l'Empire):
"Commandants, officiers, légionnaires, citoyens et soldats, vous jurez sur votre honneur de vous dévouer au service de l'Empire et à la conservation de son territoire dans son intégrité, à la défense de l'Empereur, des lois de la République et des propriétés qu'elles ont consacrées, de combattre par tous les moyens que la justice, la raison et les lois autorisent, toute entreprise qui tendrait à rétablir le régime féodal.
"Enfin, vous jurez de concourir de tout votre pouvoir au maintien de la liberté et de l'égalité, bases premières de nos constitutions.
Vous le jurez!"
Et ce sont 120.000 voix qui répondent avec enthousiasme : " Nous le jurons!"
Les cris de "Vive l'Empereur!" qui s'ensuivent roulent comme le tonnerre...

Une fois la cérémonie et les fêtes qui l'accompagnent terminées, l'armée veut manifester de manière durable sa reconnaissance envers l'Empereur. Le maréchal Soult, commandant en chef, sollicité de toutes parts, met dès le mois suivant à l'ordre du jour l'érection d'une colonne monumentale.
"Les troupes du Camp de St-Omer voulant offrir au Monarque dont le génie préside aux destins de la France, écrit-il dans sa proclamation du 1er Vendémiaire an XIII (23 septembre 1804), un témoignage éclatant d'amour et d'admiration, ont résolu :
D'ériger un monument capable de résister aux siècles, qui, s'alliant au souvenir de sa gloire et de sa grandeur, atteste à l'Univers, ainsi qu'à tous les âges , leur dévouement et leur fidélité au Premier Empereur des Français;
De retracer à la postérité l'institution des récompenses décernées par le Héros, à l'honneur et à la bravoure;
etc."

La colonne en marbre, mesurera 50 mètres de haut, avec au sommet un statue en bronze de l'Empereur, revêtu des ornements impériaux, ajoute la proclamation. Voilà qui est curieux puisque Napoléon, empereur des Français depuis mai 1804, n'ayant pas encore été couronné, n'a évidemment pas présidé la cérémonie ainsi revêtu, mais bien dans son uniforme de colonel des chasseurs de la Garde. La question occasionnera un tel débat que l'amiral Bruix, excédé, mit fin aux palabres en lançant (c'est du moins Madame de Boigne qui le raconte dans ses Mémoires): "Foutez-le tout nu, vous aurez plus de facilités pour lui baiser le c..." Ce qui aurait fait beaucoup rire Napoléon à qui on ne manqua pas de rapporter le propos.

L'Empereur ne verra jamais le monument achevé. Alors que la colonne dépasse à peine 20 mètres de haut, les travaux, faute d'argent, sont interrompus en décembre 1811. Elle a déjà coûté un million, et il faudrait un autre million pour la terminer. Pendant ce temps, la statue commandée à Houdon et les bas-reliefs de Lemaire attendent à Paris. Au retour des Bourbons, leur bronze, comme celui de la statue de la Colonne Vendôme, serviront à fondre le Henri IV du Pont-Neuf, ainsi peut-être que le Louis XIV de la Place des Victoires... Seuls les deux lions, qui trouveront leur place à Boulogne, de chaque côté de l'escalier, échappent à la destruction. Car en 1819 et 1820, des crédits sont alloués pour reprendre les travaux. Il n'est plus question, bien sûr, de célébrer Napoléon et la Grande Armée, mais le retour des Lys. A certains qui lui suggèrent de faire placer sa propre effigie au sommet de l'édifice, Louis XVIII répond : "Ce n'est pas une raison parce qu'il a usurpé mon trône, pour qu'à mon tour j'usurpe sa colonne." Une grosse sphère dorée et fleurdelisée, coiffée une couronne, (et d'un paratonnerre), qui trônera au sommet de la colonne jusqu'à ce que la Monarchie de Juillet fasse disparaître fleurs de lys et couronne en 1831, et commande, en 1838, à François-Joseph Bosio, une nouvelle statue de l'Empereur, toujours revêtu des ornements impériaux. Tandis que Houdon avait placé le sceptre dans la main droite de l'Empereur, Bosio, le place dans la main gauche, réservant la droite au cordon et à la croix de la Légion d'honneur, que Napoléon semble offrir d'un geste plus naturel, puisqu'il était droitier. Terminée juste à temps pour le Retour des Cendres, le 15 décembre 1840, la statue est exposée sur la rive de la Seine, avec un énorme succès publique. Elle ne quitte Paris que le 21 juillet 1841, et arrive à Boulogne cinq jours plus-tard, au milieu de l'enthousiasme de la population: de vieux soldats, qui ont fait le voyage tout exprès, se précipitent pour toucher la statue ou embrasser la main de Napoléon.

Comme Soult l'avait souhaité dans sa proclamation, la Colonne résista aux ravages du temps, et, classé monument historique en 1905, sortit même intact de la Grande Guerre. Il n'en fut pas de même en 1944. La parc avait été transformé en cimetière par la Kriegsmarine (Claus Doenitz, fils du grand amiral, mort à Boulogne, y fut même enterré), et la Colonne était régulièrement prise pour cible par les aviateurs anglais. On avance deux raisons : soit parce qu'elle servait aux Allemands de tour d'observation, soit... pour le plaisir de mitrailler Napoléon. Difficile d'opter pour l'une ou l'autre raison, mais on ne peut s'empêcher de penser que si c'était l'observatoire qui était visé, la colonne aurait été bombardée et détruite, or elle fut criblée de balles... seulement.
Toujours est-il qu'à la fin de la guerre, la statue de Bosio, décapitée, déchiquetée, -la tête de l'Empereur fut retrouvé à une centaine de mètres de l'édifice-, présentait l'aspect d'un spectre hantant le ciel boulonnais (1). L'Etat s'étant déclaré incapable d'assurer financièrement sa restauration, quoique la colonne fût classée monument historique depuis 1905, Albert Chatelle entreprit à la fin des années cinquante de recueillir les fonds nécessaires auprès des membres de l'Ordre National de la Légion d'Honneur.
Ce livre riche en documents et illustrations rares -et le seul aussi fouillé que je connaisse sur ce monument-, fut donc conçu et publié à cette fin. Et il s'achève sur des espérances. Mais il remplira amplement sa mission, puisque en 1962, le comité pour la restauration du monument put présenter au général De Gaulle, alors Président de la République, deux projets pour la statue de l'Empereur : soit en costume de couronnement, soit en habit de colonel des Chasseurs de la Garde. La logique l'emporta sur l'authenticité, et c'est le deuxième projet qui fut retenu. Oeuvre du sculpteur boulonnais Pierre Stenne, haute de 4m65, et pesant 4 tonnes, la statue est installée au sommet de la colonne le 23 mai 1962 et inaugurée le mois suivant, 24 juin, par Pierre Messmer, ministre de la Défense, devant une grande foule, et un important détachement de troupes de fusilliers-marins et de parachutistes.
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- (1) Restaurée en 1984, l'oeuvre de Bosio est maintenant visible dans un des pavillons d’entrée, celui de droite.


Un scandale à la cour
Un scandale à la cour
DVD ~ Tallulah Bankhead

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5.0 étoiles sur 5 Comédie presque subversive, en tout cas jubilatoire., 12 août 2016
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"A Royal Scandal" (ou "Czarina"), Ernst Lubitsch et Otto Preminger, NB, 1945, VF et VOST, bonne copie.

AVERTISSEMENT: les commentaires de ce film, (en français "Scandale à la Cour"), apparaissent également, par erreur, sous celui de Michael Curtiz avec Sophia Loren et John Gavin ("A Breath Of Scandal", 1960) portant presque le même titre: "Un Scandale à la Cour".

- Un jeune sous-officier (William Eythe), convaincu qu'un complot menace la tsarine Catherine II (Tallulah Bankhead), cherche par tous les moyens à pénétrer dans le palais. Il y arrive, se jette à ses pieds, et lui expose toutes les idées dont il déborde pour le salut de la Sainte Russie, le bonheur des paysans, et la grandeur de la souveraine. Tout ce que la "Petite Mère du Peuple" voit c'est qu'il est beau garçon: il passera de lieutenant à capitaine, de capitaine à colonel, et de colonel à commandant de la garde en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, au grand dam de sa fiancée (Ann Baxter) qui se doute bien que cet avancement doit se payer "en nature"... Mais la Tsarine se lassera d'autant plus vite de ce grand gaillard, l'accablant de projets ennuyeux, qu'elle a pour veiller sur elle, et déjouer les vrais complots, un chambellan, cynique mais fidèle, intéressé mais intègre (joué à la perfection, on s'en doute, par Charles Coburn), personnage à qui les auteurs ont donné quelques unes des répliques les spirituelles de leur comédie, une comédie presque subversive, tant le pouvoir, et les misérables rouages de l'autocratisme libidineux de la Grande Catherine y sont tournés en dérision.

Ah! cette coiffure si typiquement années 40 de l'impératrice, elle est à hurler de rire!
Et ces décors, mélange de crême fouettée et de dorures, dignes des opérettes de luxe de la Mittel Europa!
Oui, ici tout est faux, artificiel, factice, la comédie crie son nom, mais avec quelle finesse, quel esprit!
Et si Lubitsch et Preminger font, sans le moindre complexe, du théâtre filmé, c'est avec une parfaite élégance, et le rythme en est si vif qu'il nous laisse à peine le temps de respirer... entre deux rires. Il faut supposer que la pièce qu'ils adaptent -"Die Zarin" (La Tsarine) des dramaturges hongrois Lajos Biró et Melchior Lengyel (le premier, fidèle collaborateur d'Alexander Korda, le second, co-scénariste de Lubitsch pour "Ninotchka", et auteur de l'intrigue de "To Be Or Not To Be")- était un choix brillant; encore fallait-il nos deux génies pour lui conserver ce brillant, ou même l'accroître. Seul le dernier quart du film, sans doute parce que la situation et les personnages ont produit tout ce qu'ils avaient à donner, s'essouffle-t-il un peu... Mais, si la scène qui prélude à la fin est prévisible -le héros retrouvant sa fiancée- , la véritable scène de clôture, la rencontre entre la tsarine et celui qui sera sa nouvelle proie, l'ambassadeur de France, joué par le gigantesque et ambigu Vincent Price, d'un pouvoir de séduction bien différent de celui de William Eythe, nous fait regretter de ne pas assister à ce qui s'ensuivra.

Une comédie presque subversive, en tout cas jubilatoire, qui mérite de figurer aux côtés des plus célèbres réussites de Lubitsch et Preminger, dont, je crois, qu'il ne faut pas séparer les mérites, même si l'on sait que Preminger ne fit "que" remplacer Lubitsch malade...


L'Année sainte
L'Année sainte
DVD ~ Jean Gabin
Prix : EUR 11,29

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 L'Adieu de Monsieur Jean..., 11 août 2016
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"L'Année Sainte", Jean Girault, 1976, couleur, bonne copie

- Evadés de prisons, Max Lambert (Jean Gabin) et son codétenu (Jean-Claude Brialy), ancien séminariste, profitent de l'Année Sainte décrétée par Paul VI, pour, déguisés en ecclésiastiques, aller récupérer le magot d'un casse enterré près d'une église dans les faubourgs de Rome... C'était compter sans des "pirates de l'air"!

"L'Année Sainte" n'est qu'un film de divertissement avec la marque d'une époque, celle des détournements d'avions, mais il n'est pas mal bâti, et surtout il nous permet de revoir face à face, pour la quatrième fois de leur carrière, Danielle Darrieux et Jean Gabin, lui en faux évêque, elle en lady de contrefaçon, échangeant des regards complices et canailles, illuminés de leur passé inavouable...
Quant au duo Gabin - Brialy, le jeune truand obéissant au vieux briscard, mais le faux évêque à l'écoute de l'ancien séminariste, il est aussi inattendu que jubilatoire.

Sans l'avoir voulu (qui se doutait que ce serait le dernier film de "Monsieur Jean" ?), le plan final du film nous montre "Le Vieux", bougon, voûté, s'en allant le long de la place Navone à Rome. Ironie, lui qui détestait voyager, qui n'aimait que la France, le sort a voulu qu'il ait fait mine de nous tourner le dos de l'étranger... Il mourra sept mois après la fin du tournage.

Adieu Monsieur!

Des 80 films tournés par Jean Gabin en vedette, 65 sont, pour la première moitié, d'authentiques chefs-d'oeuvre et, pour la seconde, des films sans prétentions mais réussis et délectables: connus de tous, toutes générations confondues, ils conquièrent en DVD autant de spectateurs qu'ils en ont réunis en salle ou lors de leur passage à la télévision.
Quel acteur peut afficher un tel palmarès ?

Jean Gabin
Toujours le même jamais pareil
Toujours Jean Gabin
Toujours quelqu'un.

(Jacques Prévert, "Solstice de mars", 1954)


Secret de femme
Secret de femme
DVD ~ Maureen O'Hara
Proposé par TVserieshop
Prix : EUR 21,75

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 L'une par l'autre... mais sans nous., 7 août 2016
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"Woman's Secret", Nicholas Ray, 1949, NB, VF et VOST, copie correcte.

Dans sa présentation, Serge Bromberg a beau essayer de nous vendre -après tout il est payé pour cela- ce "polar de femmes, chose rarissime à Hollywood dans les années 40", on sent qu'il n'y croit guère, lui, si souvent débordant d'enthousiasme: il se réfugie dans l'éloge des deux actrices Maureen O'Hara, Gloria Grahame, et du réalisateur Nicholas Ray... oubliant de nous dire que ce dernier avait détesté le scénario et s'était senti piégé lorsque le producteur Dore Schary, qu'il pensait avoir convaincu d'oublier ce drame filandreux, l'obligea, par contrat, à le réaliser.

Adaptée d'un roman de Vicky Baum -prolixe auteur de romans policiers ou exotiques, encore célèbre grâce à "Grand Hôtel" avec Greta Garbo-, c'est l'histoire d'une excellente chanteuse (Maureen) qui, ayant perdu sa voix, forme une sorte de "remplaçante" (Gloria), un double, qu'elle mène au succès, pour briller à travers elle. L'opposition entre ces deux femmes très différentes de tempérament, d'éducation, de morale, dont l'une n'existe plus que par procuration, dont l'autre se sent utilisée, dépersonnalisée, cette opposition quoique factice, aurait pu avoir de l'intérêt, si le scénariste Herman J. Mankiewicz (frère de Josef) avait su définir leur psychologie respective avec plus de finesse et de force, ensuite dégager l'intrigue de personnages inutiles et d'épisodes gratuits, à Paris, à Alger, ou sur le paquebot du retour...

N'étaient donc le travail du réalisateur, essayant avec probité de donner une réalité à l'intrigue, de l'opérateur (George E. Diskant, fidèle au style RKO), et des comédiennes -même si on a vu Maureen O'Hara et Gloria Grahame plus attachantes-, entourées de Melvyn Douglas, de l'excellent Jay C. Flipper (l'inspecteur Fowler), et de Mary Philips (sa pince-sans-rire d'épouse), n'étaient encore quelques répliques spirituelles -mais qui ont quand même l'air de flotter sur ce drame comme des cheveux sur la soupe-, on détournerait les yeux de ce "film rare et méconnu" dont l'intérêt s'épuise vite... Car "un film, c'est d'abord une histoire, ensuite une histoire, enfin une histoire", comme disait Monsieur Gabin.


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