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Contenu rédigé par le dernier carré
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le dernier carré

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La Chouette aveugle
La Chouette aveugle
par Sadegh Hedayat
Edition : Broché
Prix : EUR 17,00

5.0 étoiles sur 5 Kafka oriental, 16 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Chouette aveugle (Broché)
Ainsi commence La chouette aveugle :

"Il est des plaies qui, pareilles à la lèpre, rongent l'âme, lentement, dans la solitude. Ce sont là des maux dont on ne peut s'ouvrir à personne. Tout le monde les range au nombre des accidents extraordinaires et si jamais quelqu'un les décrit par la parole ou par la plume, les gens, respectueux des conceptions couramment admises, qu'ils partagent d'ailleurs eux-mêmes, s'efforcent d'accueillir son récit avec un sourire ironique. Parce que l'homme n'a pas encore trouvé de remède à ce fléau. Les seules médecines efficaces sont l'oubli que dispense le vin et la somnolence artificielle procurée par la drogue et les stupéfiants. Les effets n'en sont, hélas, que passagers : loin de se calmer définitivement, la souffrance ne tarde pas à s'exaspérer de nouveau."

Je suis revenu à Hedayat après Boussole (Mathias Enard), dont c'est avec Pessoa, en passant par Omar Khayyam, l'un des piliers mentaux. A-t-on dit combien Enard devait à Hedayat ? Je ne crois l'avoir lu ? A-t-on (suffisamment) dit que Hedayat était le Kafka oriental ? Ils étaient d'ailleurs contemporains, puisque La chouette, publié en 1951 en France, était originalement paru en 1936 (édition confidentielle à' Bombay). Hedayat a d'ailleurs traduit Kafka en persan.

La chouette est une seule et unique hallucination, faite de ressassements (« La mort fredonnait doucement sa chanson, comme un bègue qui se reprend à chaque mot, et qui, à peine arrivé à la fin d'un vers, doit recommencer. », p. 184) et d'un désespoir qui s'est débarrassé de la moindre certitude (excepté la mort : « Seule la mort ne ment pas. », p. 153). Comme chez Kafka, c'est ici le récit d'une métamorphose, en chambre, où le fantastique côtoie l'absurde, dans un adieu torturé à la vie.


De nos frères blessés
De nos frères blessés
par Joseph Andras
Edition : Broché
Prix : EUR 17,00

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Homme libre, mon frère, 5 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : De nos frères blessés (Broché)
La mémoire se porte bien. Que de baume au cœur que de savoir que la nouvelle génération recèle des hommes généreux et tenaces, talentueux de surcroît, qui n’ont pas perdu le sens de la mémoire et qui sont là, porteurs de lanterne, pour continuer à éclairer notre chemin en ces temps où l’hypocrisie de notre démocratie ne nous éclaire que pour nous aveugler, nous dans le noir du doute, dans ce noir de plus en plus obscur.

D’un lyrisme sec et nerveux, Joseph Andras ravive la mémoire d’un homme oublié, devenu plus anonyme que le soldat inconnu, mort sinon pour la France (comme le sous-entendait cyniquement le président de la République alors en exercice, en mal de grâce présidentielle) du moins mort pour la justice. Et ce petit livre indispensable est une magnifique contribution à la littérature que les hommes, certains, continuent inlassablement, obstinément, contre l’injustice, contre le déni de justice, contre cet aveuglement qui croit consacrer la loi du plus fort et qui ne fait que mener tout droit au prochain désastre. Honneur de la littérature.


La bibliothèque de Hans Reiter: Collection littéraire dirigée par Martine Saada
La bibliothèque de Hans Reiter: Collection littéraire dirigée par Martine Saada
par Jean-Yves Jouannais
Edition : Broché
Prix : EUR 17,00

3.0 étoiles sur 5 Les fadaises de marbre, 8 mai 2016
C’est l’exergue qui m’a convaincu d’acquérir (et de lire toutes affaires cessantes) cet ouvrage. Commençons donc par celle-ci :

« Si, dans les derniers jours de juillet 1914, un seul homme en Europe avait eu la présence d’esprit d’éclater de rire, c’en était fait de la farce absurde qui se préparait. Le charme était rompu : les hommes se seraient tordus devant l’affiche de mobilisation, acheminés en rigolant vers leurs centres d’appels, étouffés de joie en revêtant leurs brillants uniformes de guerre, et l’on n’eût jamais pu achever la distribution des fusils matriculés, ornés de baïonnettes, à des réservistes convulsés de fou rire. » C’est signé Gus Bofa, paru en 1928 dans Le Crapouillot, qui était alors une revue satirique, littéraire et artistique après avoir été lancée en 1915 comme « journal des tranchées ». La citation ne s’arrête pas là, j'y reviendrai un peu plus loin.

« La guerre est une farce qui tourne mal », tel est le credo de Hans Reiter, qui a rassemblé une imposante bibliothèque pour étayer sa thèse. Hans Reiter est le personnage qui habite en creux ce livre de Jean-Yves Jouannais qui se lance très vite dans les pas de son exergue, puisqu’on reconnaît très vite l’esprit farcesque qui a présidé à sa rédaction. Une farce élégante, mais une farce – point commun entre la guerre (Hans Reiter dixit) et la littérature, sans doute. Défilent les mots spécialisés, les anecdotes apocryphes ou véridiques, les personnages pittoresques tel ce Faustin Soulouque, empereur de Haïti (1849-1859), un prédécesseur de Bokassa en quelque sorte.

Le narrateur, dans un Paris où il se passe de drôle de choses, se laisse embarquer par un certain Ernest Gunjer (suivez mon regard) dans un périple qui le mènera au secret de cette bibliothèque.

Une farce a cependant ses limites, que j’ai vite atteintes. On sourit à des séquences comme celle-ci : « Attablé devant un café, il lisait une revue de stratégie militaire que je ne connaissais pas. Le contraire m’eût étonné, ne connaissant aucune de ces publications. » Le fou rire appelé de ses vœux par Jean-Yves Jouannais et par Le Crapouillot a été couvert par le rire fou de ceux qui n’ont pas vu l’aspect farcesque de la chose.

Le livre se lit agréablement, mais je suis un peu passé à côté de la farce, je le crains. Les fadaises m’ont laissé… de marbre.

Il est temps de terminer notre exergue : « Mais la chose avait terminé si sérieusement, que tout le monde y fut pris – au moins pendant les premiers temps. Après, on n’osa plus rire. Il y avait des morts dans la maison. »


La Scie patriotique
La Scie patriotique
par Nicole Caligaris
Edition : Broché
Prix : EUR 15,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Une réédition très pertinente, 30 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Scie patriotique (Broché)
Une guerre. La soldatesque. Une compagnie de combattants stationnés à l’arrière-garde. Ils pourraient s’en satisfaire mais l’odeur de la poudre, du sang, des pillages s’est propagée, ils veulent en être, ils veulent leur part des combats, du butin, leur part du sang.

C’est du Céline, du Buzzati, une Forêt des Tartares en quelque sorte. C’est surtout une claque. Et c’est une femme qui en est l’auteur(e), qui a su si bien restituer la folie des hommes, la barbaresque contemporaine, la guerre de toujours mais surtout celle d’aujourd’hui, de ces temps dits civilisés, quelque part entre les tranchées de la Première (le texte est daté un 11 novembre) et le conflit en ex-Yougoslavie qui l’a inspiré.

Les dessins de Denis Pouppeville accompagnent formidablement le texte, inspirés par le trait expressionniste allemand (Grosz surtout) mais aussi par Ensor.

A un moment où les guerres, moins tangibles car sous d’autres latitudes, continuent de se succéder avec leurs exactions et la folie des hommes toujours renouvelée, cette nouvelle édition (bravo au Nouvel Attila) mérite la reconnaissance.

Paix à l’âme de tous ceux dévastés par les guerres.


Les derniers jours de Muhammad
Les derniers jours de Muhammad
par Hela Ouardi
Edition : Broché
Prix : EUR 19,50

9 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Toute icône appelle l'iconoclaste, 17 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les derniers jours de Muhammad (Broché)
Si l’histoire officielle ne s’appuie pas sur des éléments et une documentation tangibles et vérifiables, ce n’est qu’une fiction. En tant que telle et en tant qu’histoire officielle, elle appelle des contre-fictions. Contre-fiction ne veut alors dire contre-vérité que dans le sens où la vérité n’a de vérité que le nom. Tout autre fiction est alors apte à présenter une autre vérité tout aussi plausible que celle à laquelle elle se réfère, qu’elle vient contredire, narguer, chahuter.

L’authenticité de la contre-fiction vaut bien celle de la fiction.


Equateur
Equateur
DVD ~ Barbara Sukowa
Proposé par laurius
Prix : EUR 19,90

4.0 étoiles sur 5 Alanguis dans la moiteur africaine, 2 avril 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Equateur (DVD)
Un homme descend d'un rafiot rongé par la rouille, aborde une terre africaine également immobile sous la corruption des esprits, une corruption qui touche Africains comme Européens et qui s'appelle colonialisme.

Du roman de Simenon qu'il adapte, Le coup de lune, Gainsbourg a conservé l'essentiel de l'intrigue, l'ambiance et l'esprit. Avec peu de moyens sinon les corps (Francis Huster et Barbara Sukowa, cette dernière tout droit sortie de chez Fassbinder ' Lola, une femme allemande -, d'une beauté étourdissante et à l'apogée d'une carrière commerciale qui la conduisit jusqu'à Cronenberg, en 1991), avec peu de moyens, donc, Gainsbourg traite admirablement de la fascination exercée par la terre africaine, de l'enlisement du colonialisme dans son propre marécage, putréfaction et folie. Il avance avec sensualité, la sensualité des corps et de leurs ébats, mais aussi celle de la pirogue s'avançant sur le fleuve, ou encore celle, révolue, de ces troncs d'arbres abattus, comme les ruines du désir.

Le mot de la fin (n'y voyez aucune allusion au dénouement du récit) : « L'Afrique, c'est le tombeau des Blancs. »

A rapprocher dans un autre registre et dans un autre univers, du film de Danièle Arbid, Beyrouth Hotel.


Metaphysique de la Putain
Metaphysique de la Putain
par de Sutter Laurent
Edition : Broché
Prix : EUR 16,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Métaquoi ?, 17 janvier 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Metaphysique de la Putain (Broché)
Il m'est arrivé de penser que l'on pouvait comparer les livres à des putains. Tous ces ouvrages bien rangés sur les rayonnages de la bibliothèque seraient alors comme des putains qui se succèdent sur le même trottoir, chaque tranche hélant le passant : « prends-moi ! », « lis-moi », « je fais ceci », « je fais cela ». Il est cependant des livres comme des putains : certains promettent plus qu'ils ne donnent. C'est justement le cas de l'ouvrage de Laurent de Sutter.

Contrairement à ce qu'indique la quatrième de couverture (texte de présentation ci-dessus), il s'agit bel et bien d'un bavardage, pédant de surcroît, où Godard, Wedekind, Joyce ou encore Genet sont cités pour, avec force préciosités creuses (« la rue, cette forme urbanisée de l'extériorité » ; « la putain provoque l'implication parce qu'elle est le guide vers l'intériorité »), « démontrer » que la putain est l'expression de la vérité ( ? ' « il n'y a de vérité que dans l'affolement d'un ordre ' et il n'y a de vérité que lorsque le moteur de cet affolement est le désir »).

Et lorsque l'on pérore, même la pédanterie peut y laisser des plumes : « Malgré que Millie fût sans doute plus « intéressante »' " Au secours !

De quelle métaphysique s'agit-il réellement ? Laurent de Sutter ne peut y accéder puisqu'il n'est capable de considérer la prostitution que sous l'angle du client, jamais celui de la putain.

On se passera donc aisément de ces quelque 140 pages en découvrant les textes de Grisélidis Réal ou encore en regardant sur son lecteur DVD de vraies approches métaphysiques, non mentionnées par l'auteur : La fille offerte de Helma Sanders-Brahms ou, ô paradoxe blasphématoire, la sublime Jeanne d'Arc de Dreyer.

Et c’est un autre, un ultime paradoxe que de souscrire in ultima res à l’auteur : « les putains sont les plus métaphysiques de tous les êtres humains. Et peut-être même sont-elles les seuls. C’est pourquoi nous leur causons tant de mal. » Mais la démonstration en est ailleurs…


Prophéties/Philosophie/Aphorismes
Prophéties/Philosophie/Aphorismes
par Léonard de Vinci
Edition : Poche
Prix : EUR 3,50

3.0 étoiles sur 5 A minima, 10 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Prophéties/Philosophie/Aphorismes (Poche)
Ces extraits des Carnets de Léonard de Vinci, joliment traduits, sont souvent passionnants. La partie intitulée Prophéties – apocalyptique - est particulièrement fascinante (je ne connaissais personnellement pas cette facette de Vinci). Il est cependant fort dommage qu’ils n’aient pas été introduits par quelque spécialiste. C’est là une présentation minimale, une édition a minima qui plutôt inciterait à retrouver une édition plus intégrale qu’elle ne se suffit à elle-même.


Trois chevaux
Trois chevaux
par Erri De Luca
Edition : Poche
Prix : EUR 5,90

5.0 étoiles sur 5 De l'entretien du sourire, 9 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Trois chevaux (Poche)
"Du bord des ongles et de la pointe des cheveux m’arrive le contrôle permanent de la frontière barbelée entre le monde et moi."

Chose étonnante, voire prodigieuse : un texte à la fois rude et délicat. Derrière la rusticité se cache (à peine) une âme sensible qui atteint un raffinement de la pensée, affiné par l’expérience de vie et par un hédonisme (mais aussi une vision de l’humanité) né(s) de la souffrance et de l’instinct de survie.

« Une vie d’homme dure autant que celle de trois chevaux et tu as déjà enterré le premier. » lui a dit un homme naguère, alors qu'il fuyait les loups. Aujourd'hui jardinier, le narrateur partage le présent (la belle Laila) et le passé (l'Argentine d'une dictature qui lui a arraché son premier amour), cultive la basilic, la sauge et de belles amitiés.

En peu de pages, voici un récit dense et beau, certainement un des plus beaux de son auteur.

"Si moi aussi je suis un autre, c’est que les livres, plus que les années et les voyages, changent les hommes."

PS : Quant au titre ce ce commentaire, c'est bien sûr un clin d'oeil à ce jardinier magnifique.


Naguima
Naguima
DVD ~ Aidar Mukhametzhanov
Prix : EUR 15,10

5.0 étoiles sur 5 Un grand petit film, 30 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Naguima (DVD)
Il faut avoir le cœur bien accroché pour voir certains films, même parmi ceux qui ne payent pas de mine. Tel est le cas de ce film kazakh. Ces films d''Asie centrale qui nous parviennent de loin en loin ont des accents de vérité à faire pâlir bien des productions d''Outre-Atlantique gonflées aux hormones.

Qu''est-ce qui d''emblée nous accroche ? L''usage parcimonieux des mouvements de caméra, de la musique extra-diégétique, du montage. Tout est austérité, sécheresse. Mais aussi, mais surtout on nous laisse le temps de voir, d''observer, de ressentir, d''éprouver non pas une émotion facile et passive, subie, mais une compassion réelle.

On pourrait résumer le film en une phrase : comment deux jeunes filles sont devenues sœurs et ce qui s'ensuit. C'est un peu rapide, mais on pourrait se contenter de cela.

Mais on pourrait aussi en dire un peu plus, livrer quelques détails. Par exemple celui-ci : Naguima, l''une des deux jeunes filles en question, 18 ans, retrouve sa mère biologique qui l''a abandonnée à sa naissance. Elle raconte ses retrouvailles à son amie Nina : « Elle m'a rejetée / encore une fois. » Déchirant.

Alors, une histoire simple, racontée simplement ? Oh, bien davantage. Les apparences sont ' on le sait ' trompeuses. On est bien ici devant un grand film, de la trempe d''un Allemagne Année Zéro, par exemple. Un film qui se pose de grandes questions, des questions déchirantes, définitives.

« A quoi bon vivre ? Pour souffrir ? De toute façon, tu mourras un jour. » En ai-je trop dit ? Pas suffisamment ? J''espère que vous aurez envie de trancher par vous-mêmes.


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