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Contenu rédigé par Lavanne
Classement des meilleurs critiques: 682
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Commentaires écrits par
Lavanne (Paris, France)
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Riven earth
Riven earth
Prix : EUR 16,68

4.0 étoiles sur 5 Pagan Death Metal, 9 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Riven earth (CD)
Après sa démo Forgotten Lands (2012) et un premier album, Resist Fatality (2014), les Tourangeaux de DRAKWALD persiste dans la voie de l'autoproduction pour leur second opus, Riven Earth. Pour autant, il est difficile de trouver la moindre trace d'amateurisme dans cet album et dans ses atours promotionnels. On ne peut que saluer la qualité de l'artwork, la puissance de la production et la clarté du mixage.

Quant à la partie strictement musicale, elle témoigne d'un gain de professionnalisme mais également d'un ressaut d'énergie. En effet, DRAKWALD œuvre fondamentalement dans le genre du Death Metal mélodique et le fait avec une pugnacité qui n'a d'égale que la précision dans l'exécution. Propulsées par une section rythmique à la fois très mobile et impitoyable de force et de sévérité, les riffs offrent un profil ciselés, bien découpés pour trancher. Qui plus est, les solos de guitare, à la fois mélodiques et techniques, relèvent de la meilleure influence Heavy Metal. Le chant guttural et grave demeure toujours très dynamique et articulé et cohabite parfois avec un registre plus aigre relevant du Black Metal.

Jusque-là, DRAKWALD ressemblerait à une synthèse idéale entre AMON AMARTH et DARK TRANQUILLITY, entre saine brutalité et souffle épique, ce qui serait déjà savoureux. Mais, ce serait oublier une autre dimension fondamentale propre au groupe, à savoir les très nombreux arrangements Folk (principalement flûte, voire cornemuse, guitare acoustique...) qui concourent pleinement à l'accomplissement des morceaux. Ils ajoutent un relief particulier, les airs retenus s'avérant très dansants et dynamiques (on n'évolue pas là dans le Folk atmosphérique !).

Au total, Riven Earth s'impose comme une bourrasque fraîche et extrêmement plaisante, portée par la qualité des compositions et par une interprétation équilibrée entre maîtrise et une envie palpable d'en découdre.


Sangrar Hasta Lograrlo
Sangrar Hasta Lograrlo
Prix : EUR 17,99

3.0 étoiles sur 5 Carré de chez carré, 9 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sangrar Hasta Lograrlo (CD)
Avouez qu'il n'est pas courant qu'une formation helvétique choisisse pour s'exprimer de chanter en Espagnol ! C'est le cas du quartette de Genève CARDIAC dont le chanteur s'exprime donc dans ce qui doit vraisemblablement être sa langue natale. D'ailleurs, c'est l'ensemble du concept propre au groupe depuis ses débuts - Sangrar Hasta Lograrlo est tout de même le cinquième album du groupe – qui tourne autour autour de l'univers sud-américain. Pour autant, le résultat ne verse à aucun moment dans je ne sais quelle posture folklorique, même si le chant en espagnol apporte de facto d'autres sonorités que le chant en anglais.

Par contre, musicalement, CARDIAC opère une synthèse de musiques typiquement anglo-saxonnes et foncièrement énervées. Adeptes des formats courts et percutants, les quatre musiciens semblent avoir énormément emprunté au Hardcore tel que le conçoivent des formations établies comme MADBALL, SICK OF IT ALL ou HATEBREED. Non pas que CARDIAC en soit une copie conforme mais les Suisses ont en commun avec les groupes susnommés un goût avéré pour les rythmiques ultra carrées et musclées et pour les vocaux rauques, colériques, virils au possible.
Cela dit, le côté abrasif des riffs s'accompagne d'un groove permanent que n'aurait certainement pas renié PANTERA.

Histoire d'aérer l'atmosphère et de varier quelque peu le propos, CARDIAC se fend de temps à autre de compositions au tempo un peu plus posé, à l'approche subtilement plus mélodique. Tendance pour laquelle le groupe revendique la filiation avec le Stoner Rock de QUEENS OF THE STONE AGE. Une chose est certaine, les harmonies vocales qui rehaussent certains passages, même dans les morceaux les plus rugueux, constituent un aspect positif.

Sans être révolutionnaire, Sangrar Hasta Lograrlo n'en demeure pas moins un album réjouissant, donnant envie de slammer et de jumper. Avec un tel répertoire, il m'est avis que CARDIAC doit sérieusement déménager sur scène !!!


A Lament
A Lament
Proposé par inandout_france
Prix : EUR 19,16

4.0 étoiles sur 5 Excellent Doom helvète, 9 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : A Lament (CD)
A un rythme régulier (le premier qui évoque l'horlogerie suisse est prié de sortir) depuis 2004, PYLON publie des albums (et deux split) et A Lament se présente comme le septième sur la liste. Ces fans de BLACK SABBATH dont ils reprirent le fameux Paranoid sur l'album The Harrowing Of Hell en 2012 s'adonnent fort logiquement à un Doom Metal très classique, digne héritier des précurseurs majeurs que nous venons de citer mais également des géniteurs du genre, à savoir SAINT VITUS et THE OBSESSED. Il faut comprendre que PYLON cultive la lenteur, la pesanteur, les ambiances crépusculaires, mais avec une certaine modération, sans prétendre le moins du monde aux envolées du Doom épique, ni aux excès des sous-genres extrêmes du Doom.

Les riffs seront charbonneux, la batterie laconique, la basse austère et ventrue, les solos mélodiques et mélancoliques. Quant au chant nasal, il évoquera forcément Ozzy (dans sa jeunesse) mais plus encore, les lignes de chant très modulées me rappellent les grandes heures de COUNT RAVEN, trio suédois qui sut dans les années 90 trouver le juste milieu entre l'austérité presque terre à terre du Doom classique et un certain sens lyrique. Le fait est que, combiné avec des guitares lancinantes, ce chant simple tisse une toile subtilement mélodique qui happe l'auditeur par un effet hypnotique.

Tout ceci ne serait qu'habiletés d'interprétation si les compositions n'étaient classiquement mais solidement structurées et intelligemment arrangées. Donnons quelques exemples d'arrangements qui font la différence. L'introduction du titre d'introduction, Cosmik Lizard, voit le chant s'avancer seul, simplement soutenu par des claviers planants : impression cosmique, presque psychédélique. Toujours dans le registre vocal, les chœurs qui s'imposent dès le début de Desolation Is Divine créent une atmosphère presque liturgique. Le magnifique Pantodynamos et le court A Lament qui conclut l'album se voient rehaussés de choeurs grandioses dosés avec tact.

Résultat des courses, l'écoute de A Lament s'avère rapidement addictive, l'austérité consubstantielle au style pratiqué se trouvant sublimée par ce savoir-faire palpable sans jamais paraître roublard.


Potop
Potop
Prix : EUR 27,09

3.0 étoiles sur 5 Pagan Black Metal symphonique, 9 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Potop (CD)
NEOHERESY est un projet solitaire de F (qui succède à HELLVETO), un Polonais qui a énormément de choses à exprimer si l'on en juge par l'appréciation stylistique exprimée dans la biographie et retenue ici.

Or, il ne s'agit pas d'une surenchère de qualificatifs puisque ce troisième album du projet démontre que l'inspiration de F est multiple et que son expression artistique ne saurait se limiter à un genre précis.

Du Metal symphonique, il y en a, notamment par le truchement de choeurs grandioses et de chant féminin. Du Pagan certes aussi dans les mélodies Folk et dans ces percussions obsédantes. Du Black Metal par moments, surtout via des vocaux écorchés et indistincts ainsi que ces sempiternels riffs bourdonnants. Ajoutons que les éléments vocaux féminins et masculins (en registre clair), des guitares plus claires et surtout des atmosphères franchements mélancoliques développent une dimension gothique qui n'est pas à négliger.

La particularité de NEOHERESY réside certainement dans l'agencement de ces apports en provenance de différents univers musicaux. Là où la plupart des groupes construisent une alternance de séquences reprenant chacune tel ou tel registre, NEOHERESY semble déterminé à tout produire en même temps, souvent sur le même plan. Le résultat devient paroxystique, presque suffocant, l'attention étant simultanément sollicitée par une foultitude de propositions impérieuses. C'est souvent déstabilisant et le mixage n'aide pas forcément à fixer des priorités.

Cela dit, le résultat final révèle une marque suffisamment personnelle pour que la démarche vaille le coup. Autant être prévenu, « Potop » est un album qui se mérite et qui n'est pas destiné au premier venu.


Senescent Signs
Senescent Signs
Prix : EUR 23,76

3.0 étoiles sur 5 Doom Death, 9 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Senescent Signs (CD)
Le groupe britannique THE DROWNING mène une carrière discrète mais « Senescent Signs » est tout de même son quatrième album depuis la deuxième partie de la décennie 2000.
Pour autant, cet album fait suite à un hiatus de quatre longues années qui ont vu la formation perdre son chanteur initial, James Moore, au profit du nouveau venu Matt Small. Lequel s'avère une recrue de choix puisque ses lignes de chant, particulièrement mises en avant par le mixage, alterne avec maîtrise et naturel un registre majoritairement grave et caverneux, typique du Death Metal, avec des éructations plus aigres et haineuses, relevant davantage du Black Metal. Sans révolutionner quoique ce soit, sa performance s'avère on ne peut plus convaincante, dynamique et expressive.

Musicalement parlant, on assiste à quelque chose de plus évolué que du classique Doom Death. L'instrumentation s'avère en effet nettement moins pesante qu'à l'accoutumée, quand bien même la lenteur relative des tempos et les ambiances mélancoliques garantissent la part d'identité Doom. Dans le cadre de compositions relativement longues (la plupart durent entre sept et onze minutes), le groupe multiplie les séquences variées et contrastées qui voient s'entremêler des moments assez rugeux, d'autres plus pesants, d'autres enfin émettant une aura atmosphérique de bon aloi (claviers, piano, chant féminin occasionnel).
De même, de nombreuses et pertinentes interventions de la guitare solo relêvent de la meilleure tradition mélodique et technique du Heavy Metal, celle qui cherche à exprimer des sentiments, à créer des iamges mentales plutôt qu'à impressionner par une avalanche de notes.

Reste à évoquer l'aspect rythmique qui me pose question. En effet, la section rythmique et les riffs de guitare me paraissent relativement desservis par la production qui les prive d'une certaine épaisseur. A titre de comparaison, on est bien loin des rythmiques écrasantes d'un MY DYING BRIDE, formation étalon du Doom Death. Du coup, cette relative clarté rythmique accentue la dimension mélodique, voire le tranchant des riffs. Ce n'est ni incongru ni désagréable mais on aimerait que THE DROWNING bénéficie d'un son un peu plus épais et puissant.

Mis à part ce bémol, on prend plaisir à se laisser guider dans cette promenade labyrinthique dans les arcanes de la mélancolie et de la noirceur.


Theories of Flight
Theories of Flight
Prix : EUR 19,68

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Vol parfait, 1 août 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Theories of Flight (CD)
Les débuts discographiques de FATES WARNING furent marqué par une grande régularité puisque la trilogie de Heavy Metal épique avec le chanteur John ARCH (Night On Bröcken, The Spectre Within, Awaken The Guardian) vit le jour de 1984 à 1986. Ouvrant la voie vers un Metal nettement plus progressif, les trois albums suivants (No Exit en 1988, Perfect Symmetry en 1989 et Parallels en 1991) parurent de manière également rapprochée, avant que la périodicité de s'accroisse ; il fallut ainsi attendre trois ans pour découvrir Inside Out (1994), puis A Pleasant Shade Of Grey (1997), et enfin Disconnected (2000). Quatre années supplémentaires séparèrent ce dernier de X (2004). Après quoi, un silence de neuf années s'imposa avant l'arrivée de l'excellent Darkness In A Different Light. Heureusement, trois ans seulement furent nécessaires au groupe pour accoucher d'un successeur, Theories Of Flight.

Saluons avant tout le graphisme élaboré de cet album, là où son prédécesseur attristait par des choix qui auraient pu sembler futuriste dans les années 80 ! Mais le principal est la musique. Car, en dépit de délais d'attente parfois désespérants, FATES WARNING n'a jamais commis un seul mauvais album. Certains furent mieux accueillis au moment de leur sortie, mais, rétrospectivement, chaque album du groupe présente un intérêt certain. Force est de constater que la déception n'est toujours pas au rendez-vous. FATES WARNING demeure en effet fidèle au Heavy Metal progressif mais pas démonstratif ni inutilement technique mis en place dès la fin des années 80.

Alors que le guitariste Jim MATHEOS fut le compositeur quasiment exclusif, six titres sur huit sont ici cosignés avec le chanteur Ray ALDER (le fantastique batteur Bobby JARZOMBEK apposant sa patte sur From The Rooftops). Pour autant, on devine que l'apport d'ALDER se situe essentiellement dans le domaine des paroles, tant le contenu musical apparaît en parfaite lignée avec la signature FATES WARNING.

Ainsi, l'album s'ouvre sur une pièce intimiste, douce (From The Rooftops), pas vraiment le genre de titre introductif typique, conquérant, viril et chahuteur. Par contre, la puissance du collectif s'exprime pleinement dès le second morceau, l'explosif Seven Stars, sur lequel la section rythmique – on parle tout de même de Bobby JARZOMBEK (HALFORD, JUGGERNAUT, RIOT) à la batterie et de Joey VERA (ARMORED SAINT) à la basse ! - travaille par saccades millimétrées, le chanteur Ray ALDER poussant son coffre, dans la meilleure tradition du Heavy Metal, sans les fautes de goût trop fréquentes. Et puis, il y a toutes les compositions qui combinent fortes pulsions rythmiques, riffs acérées et atmosphères plus troubles, plus mélancoliques. Dans toutes les circonstances, la guitare de Jim MATHEOS s'adapte et livre avec doigté et autorité riffs acérés et nerveux, arpèges délicats et solos mariant à la perfection technicité et sensibilité.

Certes, ce n'est pas avec Theories Of Light que FATES WARNING va atteindre les degrés de célébrité de DREAM THEATER mais cela fait belle lurette que le combo de Jim MATHEOS a renoncé à ce type d'aboutissement, au profit d'une démarche artistique intègre, n'excluant pas des évolutions subtiles. En somme, FATES WARNING trace de longue date un chemin qui lui est propre et Theories Of Flight prolonge cet auguste cheminement.


Forn
Forn
Prix : EUR 39,99

4.0 étoiles sur 5 Black Metal atmosphérique, 27 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Forn (Album vinyle)
FYRNASK fut tout d'abord le projet d'un seul homme, répondant au nom d'artiste de Fyrnd.

Dans cette configuration minimaliste, après une longue démo («Fjorvar Ok Benjar »), deux albums parurent : « Bluostar » (2011) et « Eldir Nótt » (2013). Ce troisième effort est le premier a être un effort réalisé par un collectif, même si la direction artistique demeure celle de Fyrnd. En l’occurrence, la personnalité musicale du projet combine à merveille d'une part un Black Metal farouche dans son mode d'expression, mais très varié dans son essence, d'autre part des atmosphères sombres, grandioses ou intimistes.

D'ailleurs, la première composition, « Forbaenir », (qui n'est pas seulement une introduction si l'on en juge par sa durée de cinq minutes) ne comporte pas une once de Black Metal : bruitages (vent tempétueux), percussions spartiates, orgue spectral, chœurs fantomatiques. Il pourrait très bien s'agir d'un morceau perdu du côté obscur de POPOL VUH ou bien d'un instrumental inédit des débuts de DEAD CAN DANCE. Magnifique...
« Draugr » début également de manière atmosphérique, avec des percussions sourdes et de la guitare acoustique. Mais bien vite, un déluge Black Metal épique déboule sur un tempo infernal. Le chant est aigre et haineux, parfois plus grave et déclamatoire, toujours un peu perdu dans le mix. Idem pour les guitares un peu indistinctes, à l'exception d'interventions lead mélodiques et funambulesques. Rien d'original en somme, rien qu'EMPEROR ou WOLVES IN THE THRONE ROOM n'aient déjà pratiqué il y a longtemps, mais FYRNASK fait montre d'une vivacité et d'un sens épique qui forcent l'adhésion. A la troisième minute pourtant, ce flot impérieux se tarit à la faveur d'un break plus lent, plus lourd, plus atmosphérique. Le schéma d'alternance entre trépidations presque symphoniques (des arrangements de claviers aident à cela) et plages plus tempérées va se répéter au long du morceau.

En fait, chaque composition comporte en son sein de multiples séquences, des contrastes de tempos, d'ambiances et de nombreux arrangements, parfois assez communs, plus souvent subtils. On peut sans souci évoquer une dimension progressive qui va de pair avec les axes épiques et symphoniques déjà évoqués. Les vocaux se font particulièrement versatiles, passant de l'âpreté misanthropique propre au Black Metal à des propos plus articulés et théâtraux, voire à des murmures. Chœurs et chant féminin sont également de la partie, mais avec parcimonie et bon goût. En fait, aucune variation instrumentale ou vocale n'est utilisé pour complexifier à outrance ou par pédanterie, mais bien parce que cela sert le propos général.

Par voie de conséquence, chaque titre se découvre en profondeur au fil des écoutes et l'appréhension globale de l'album s'apparente à un voyage spirituel. L'expression est sûrement galvaudée mais FYRNASK possède indéniablement cette dimension spirituelle, voire ritualiste, au service d'un Black Metal complexe mais très maîtrisé. Passionnant...


Ghost Empire
Ghost Empire
Prix : EUR 18,99

3.0 étoiles sur 5 Doom Death mais pas que..., 21 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ghost Empire (CD)
Quand Kenneth « Ripper » Olsen, chanteur du groupe de Doom Death SYRACH (dont on ne recommandera jamais assez l'écoute des deuxième et troisième albums, « Days Of Wrath » et « A Dark Burial »), lance un projet, il persiste à arpenter le territoire aux confins du Doom et du Death.
Il ne faut toutefois pas se méprendre, AMONG GODS n'est certainement pas un décalque de SYRACH. En effet, « Ghost Empire », troisième album du groupe, révèle la nature ambivalente et progressiste de AMONG GODS.

Les fondations musicales du groupe se situent clairement du côté du Death Metal scandinave originel, combinant la crasse organique des guitares, une lourdeur rythmique écrasante mais une relative clarté d'exécution. En somme, les mânes de ENTOMBED, GRAVE et UNLEASHED, de même que celles d'autres formations européennes des années 90, comme ASPHYX ou MORGOTH. C'est donc avec un plaisir pervers que nous nous replongeons dans ce Death a priori basique, porté par le chant caverneux mais articulé du susnommé « Ripper ». Ce versant-là de l'identité musicale de AMONG GODS n'est certainement pas le plus novateur mais il dénote une maîtrise réelle du sujet et une force de conviction plaisante. A cet égard, des titres comme « Deliver Us From Evil » et «Tempest » jouent parfaitement leur rôle de concasseurs de crânes.

La dimension Doom ne réside pas seulement dans la lenteur et dans la pesanteur de certaines rythmiques mais aussi dans des atmosphères rampantes comme sur le titre « Ghost Empire » et le monumental « Pandemonium » (plus de huit minutes affichées au compteur!).

A partir de ces fondations, le groupe développe des tendances nettement moins traditionnels. Prenons quelques exemples. L'atmosphère éthérée en guise de longue introduction du remarquable « Tundra », avant que celui-ci ne connaisse des développements à tiroirs dont la logique progressive ne manque pas de surprendre. Les guitares aigres et vrombissantes du début de « Wolves » apportent une touche presque Shoegaze (ou Black Metal cotonneux). De même, le break au milieu de « Pandemonium », avec ses notes de guitare simples et obsédantes, sa batterie galopante, développe une dimension Trance tout à fait inattendue.

Solide sur les fondamentaux, attractif lors des explorations stylistiques, « Ghost Empire » nous montre un groupe évoluant prudemment mais nettement. L'artwork fascinant concocté par le studio Metastazis correspond à tous points à cette cohabitation des contraires : les basiques pentacles, sang, crâne, squelette et serpent s'affichent dans des couleurs sang et or, dûment organisés selon une géométrie rigoureuse. Hormis sa trop courte durée (35 minutes, intro et outro comprises) et un son parfois un petit peu trop sec, on tient là un album solide dans sa globalité, fascinant par moments.


Arx Atlantis
Arx Atlantis
Prix : EUR 23,05

3.0 étoiles sur 5 Prog italien traditionnel, 15 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Arx Atlantis (CD)
C'est un vrai plaisir de découvrir cette formation de Rock progressif italienne qui a pourtant pas mal d'heures de vol. Formée en 1974, elle a publié pas moins de cinq albums studios (six si l'on compte la compilation de 1983 Tirando le Somme), deux albums (dont un acoustique) et un DVD captés en public. Je suis davantage familier des formations progressives transalpines les plus réputées dans les années 70 : LE ORME, BANCO DEL MUTUO SOCCORSO, PREMIATA FORNERIA MARCONI (communément appelée PFM)... C'est donc en toute humilité et plein de curiosité que j'ai découvert le septième opus studio du sextette.

Premier constat, en dépit d'une formation mêlant vétérans et musiciens plus jeunes, IL CASTELLO DI ATLANTE évolue de manière flagrante dans un registre relevant du patrimoine progressif de la décennie 70's : compositions longues (durées étagées entre six et seize minutes), structures alambiquées imbriquant de nombreuses séquences, goût pour les ambiances épiques et théâtrales (on pense à YES et GENESIS), harmonies vocales nombreuses (GENESIS et YES à nouveau), technicité affirmée. Deuxième constat, la présence d'un violon comme élément à part entière évoque plutôt KANSAS. Enfin, les aspects passablement Hard de nombreux passages renvoient aux pratiques d'autres formations progressives de la seconde partie des années 70, comme PAVLOV'S DOG, STARCASTLE ou AVIARY. En somme, il s'agit-là d'une bonne synthèse du Rock progressif des années 70, en excluant toutefois toute tendance jazzy. Par ailleurs, le chant en italien n'apparaît pas comme une incongruité ou un élément exotique, mais bien comme un élément constitutif de l'identité du groupe.

Les sonorités développées, notamment par le violon et par les claviers, excluent toute velléité moderniste. Idem pour l'imagerie et les textes, fortement ancrés dans un imaginaire foisonnant. A priori, les tenants forcenés d'une conception moderniste et évolutive du Rock progressif auront le réflexe de passer leur chemin. Pour autant, la sincérité et la maîtrise du groupe – si ce n'est le chant principal qui peine quelque peu dans les parties les plus amples et puissantes – forcent le respect et, pour quiconque acceptera l'approche vintage, un beau voyage sera au rendez-vous.


Eat'em Raw
Eat'em Raw
Prix : EUR 21,53

4.0 étoiles sur 5 Thrash underground : la réédition qui tue, 15 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Eat'em Raw (CD)
SAVAGE THRUST fut une formation new-yorkaise de Thrash qui œuvra du milieu des années 80 au tout début des années 90. Outre deux démos et un single, le groupe ne fit paraître qu'un album, Eat 'em Raw. L'album rencontra des échos positifs mais confinés à l'underground et ne rencontra pas un succès suffisant pour permettre de lancer véritablement une carrière. Il faut dire qu'il fut publié sur un petit label et surtout qu'il avait avec un temps de retard par rapport aux précurseurs du Thrash et à leurs poursuivants. En 1990, METALLICA, MEGADETH, ANTHRAX et SLAYER avaient d'ores et déjà recueilli les lauriers, voire avaient évolué au-delà du Thrash pour certains. Même EXODUS, DEATH ANGEL, TESTAMENT, FORBIDDEN et une foule d'autres combos avaient lâché leurs meilleurs coups. Pour le grand public, l'heure du Grunge allait sonner et pour l'underground Metal, le Death Metal s'imposait déjà.

Pour autant, l'intérêt des rééditions est justement de pouvoir juger d'une œuvre en dehors de son contexte initial. En l'occurrence, le label Minotauro a mis les petits plats dans les grands et ne se contentant pas de proposer à nouveau Eat 'em Raw mais bien l'ensemble des enregistrements en studio et live de SAVAGE THRUST. Le tout regroupé dans un beau format : pochette en carton dur, deux CD, un livret pour les paroles, un autre avec deux interviews et des reproductions de documents d'époque. Voilà un travail sérieux !

Musicalement, le groupe s'inscrivait pleinement dans un registre Thrash bien particulier. En premier lieu, le groupe n'aimait rien plus que la vitesse, les passages menés sur un train d'enfer étant ici légions. Pour autant, les compositions ne sombraient pas dans la linéarité car, d'une part, la section rythmique assurait une assise mobile et très dynamique, d'autre part, les structures s'agençaient en séquences successives (aux transitions parfois abruptes mais toujours bien négociées). Du coup, on passait fréquemment d'un passage frénétique à un autre, plus mesuré, qui assurait la transition vers une autre pointe de vitesse.

Accompagnant ces cavalcades, les guitares débitaient des riffs saccadés et livraient des solos mêlant des avalanche de notes et des vrilles déchirantes de vibrato. Enfin, le chant de Mike SMITH restait bloqué dans les aigus, avec des pointes hystériques dans les suraigus ; des vocaux qui sonnent aujourd'hui très typés mais qui faisaient leur effet à l'époque et qui ont conservé une forte pertinence.

Avec une telle recette, on ressent une décharge d'énergie, d'agressivité, de manière palpable. Du point de vue du style, SAVAGE THRUST était assez proche des débuts de FORBIDDEN, c'est dire la qualité. Il est évident que les sept titres originaux de Eat 'em Raw constituent l'attraction principale de cette réédition. Cela dit, les démos et les titres live constituent des compléments solides qui témoignent de la vitalité et du sérieux de ce groupe. Une vraie cure de jouvence en ce qui me concerne.


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