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Contenu rédigé par traversay
Classement des meilleurs critiques: 87
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Commentaires écrits par
traversay (Orléans, France)
(MEMBRE DU CLUB DES TESTEURS)    (TOP 100 COMMENTATEURS)   

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Mariachi Plaza
Mariachi Plaza
par Michael Connelly
Edition : Broché
Prix : EUR 21,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 De vieilles affaires remontent, 14 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mariachi Plaza (Broché)
Vous êtes prévenus : aussitôt que vous aurez plongé dans l'univers de Michael Connelly et de son flic Hieronymus Bosch, vous ne pourrez vous plus vous en défaire et vous attendrez d'avoir chaque année votre dose policière. On appelle cela une drogue dure. Mariachi Plaza, sans être une découverte bouleversante, représente plutôt un bon millésime, sans temps morts, dans le cadre de ces "Cold Cases" qui font remonter de vieilles affaires à la surface. En l'occurrence, Bosch et sa nouvelle partenaire vont mener de front deux enquêtes (voire trois) qui ne seront pas sans conséquences du point de vue politique. La trame policière est solide, les rebondissements incessants et la fluidité du récit indéniable, incluant des ressorts psychologiques pertinents (le côté franc-tireur de Bosch et l'imminence de sa retraite, le passé tragique de son acolyte). Tout roule pour une lecture tranquille (trop peut-être) avec un dénouement inattendu concernant le personnage principal dont on se demande quel sera l'avenir. De l'art de Connelly de ménager le suspense et d'aggraver le manque en attendant son prochain livre.


On dirait nous
On dirait nous
par Didier van Cauwelaert
Edition : Broché
Prix : EUR 20,90

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Amoureux fous, 5 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : On dirait nous (Broché)
Deux couples d'amoureux fous, l'un en version jeune, l'autre plus âgée ; un violoncelle très précieux ; une réincarnation programmée ; une indienne de la tribut des Tlingits (Alaska) ; des pissenlits dont on peut tirer du caoutchouc. Mais qu'est-ce donc que cet inventaire à la Prévert ? Le nouveau roman de Didier van Cauwelaert bien sûr, lequel est synonyme de lecture d'été au même titre que chaque opuscule d'Amélie kivousavez annonce la rentrée littéraire. Dans les livres de van Cauwelaert, l'amour est toujours passionné mais semé de quelques embûches, sinon ce ne serait pas drôle. Lecture facile diront ses contempteurs et ils n'auront pas tort mais doit-on nécessairement s'infliger ad libitum des lectures ardues tout au long de l'année et n'a t-on pas droit, de temps à autre, à une petite récréation ? Les romans de l'auteur niçois commencent toujours par une mise en bouche exquise et se poursuivent ensuite dans un développement qui tire parfois à la ligne (cela vous rappelle Nothomb ?). Nonobstant, le passage dans les pages de On dirait nous reste d'un commerce agréable même si notre auteur a du mal à maintenir une vitesse constante dans les lignes droites. Les virages sont plutôt bien négociés et l'arrivée à bon port est assurée. A l'heure qu'il est, van Cauwelaert doit déjà avoir le "scénario" de son prochain bouquin en tête. Il est fort probable qu'il y soit question d'un couple d'amoureux fous qui va vivre des aventures effrénées. Mais n'anticipons pas ...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 11, 2016 7:06 PM MEST


Avec joie et docilité
Avec joie et docilité
par Johanna Sinisalo
Edition : Broché
Prix : EUR 22,80

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Le piment de la vie, 29 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Avec joie et docilité (Broché)
Dans son roman Les assoiffées, Bernard Quiriny imaginait la Belgique sous une dictature féministe avec la population mâle reléguée a l'état de sous-citoyens. A l'opposé, la dystopie eugéniste de Johanna Sinisalo, intitulée Avec joie et docilité, décrit une société où le terme même de "femme" a disparu, ne subsistant que des eloïs ("domestiquées" et soumises depuis l'enfance) et des morlocks (indépendantes et stérilisées). Dans cette Finlande, les "Virilos" ont tous les pouvoirs et toute la considération. Sur un thème proche de La servante écarlate de Margaret Atwood, le livre de Johanna Sinisalo ne fait pas de la dentelle pour montrer un pays ravagé par l'obscurantisme et isolé du monde comme une vulgaire Corée du Nord. Son héroïne est une Morlock déguisée en Eloï qui, au-delà de son combat individuel, cherche à retrouver la trace de sa soeur disparue. Avec son compagnon, elle évolue dans un milieu secret qui cultive le piment, denrée qui n'est pas recherché pour ses vertus médicinales ou gustatives, mais parce qu'il est devenu une drogue bannie sous sa forme de capsaïcine. Avec joie et docilité est un thriller redoutable et excessif comme tout roman prenant pour cadre un état totalitaire. Sa forme, déroutante au début, est assez remarquable en conjuguant les carnets de ses deux protagonistes avec des extraits de la nouvelle constitution finlandaise qui expliquent comment la "domestication" de la femme s'est opérée au fil des années. Johanna Sinisalo, dont a pu apprécier la plume avec trois traductions ces dernières années chez Actes Sud, démontre une puissance d'évocation et une fluidité narrative impressionnantes. Avec joie et docilité est un roman brillant, inquiétant et haletant jusqu'à sa dernière ligne.


La Diaspora des Desrosiers, Tome 9 : La Traversée du malheur
La Diaspora des Desrosiers, Tome 9 : La Traversée du malheur
par Michel Tremblay
Edition : Broché
Prix : EUR 20,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Des jours de disette et de deuil, 23 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Diaspora des Desrosiers, Tome 9 : La Traversée du malheur (Broché)
La fin d'un cycle, c'est toujours un peu triste. D'autant plus chez un auteur comme Michel Tremblay qui n'a pas son pareil pour nous faire vivre au plus près de ses personnages, avec leurs joies et leurs tourments. La traversée du malheur est le neuvième et dernier volet de La diaspora des Desrosiers pendant laquelle nous avons suivi une famille, au sens très large, de 1913 à 1941. Un point final à une saga où les sentiments font office d'effets spéciaux, le style flamboyant et intimiste à la fois de l'auteur québecois valant bien, sur le plan littéraire, la débauche pyrotechnique des blockbusters hollywoodiens. Ce dernier tome est objectivement le plus faible de la "collection" Desrosiers, se reposant sur des événements souvent déjà contés et ne faisant que tricoter sur des thématiques largement évoquées par ailleurs. Qu'importe pour le lecteur assidu de Tremblay, il y retrouvera le bon goût d'un écrivain qui n'est jamais, quoiqu'en dise le titre du roman, complètement dans le malheur, l'humour et le droit à l'espoir constituant sa marque de fabrique. Edouard, Albertine, Victoire, Nana, Thérèse, Gabriel ... Ils sont tous là, en ces temps difficiles à Montréal, synonymes de restrictions et de pauvreté alors que la guerre fait rage de l'autre côté de l'Atlantique. Pour notre plaisir malgré l'amertume palpable des jours de disette et de deuil. Michel Tremblay a bien joué le coup : notre tristesse à la fin du livre est aussi bien celle que l'on éprouve devant la détresse de ses protagonistes que celle de devoir désormais vivre sans nos cousins canadiens.


The Night
The Night
par Rodrigo Blanco Calderón
Edition : Broché
Prix : EUR 24,00

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Anagrammes et palindromes, 19 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Night (Broché)
Malheureux est le chroniqueur qui souhaiterait résumer la trame de The Night : même la quatrième de couverture du roman de Rodrigo Blanco Calderon ne lui sera de (presque) aucune utilité. Ce livre monstrueux et polyphonique est de ceux qui s'avèrent aussi difficiles à lire qu'à synthétiser. Le personnage principal en est le Venezuela et ses années de dictatures et de tortures, de morts violentes et de coupures d'électricité qui ont plongé le pays dans les ténèbres voire vers un nouvel âge de pierre. Trois protagonistes sont au premier plan : un psychiatre, un écrivain et un publicitaire. Mais ils sont loin d'être seuls dans une déferlante narrative qui nous fait remonter le temps et voyager de Varsovie à Paris, de Caracas à Athènes. Les personnages du livre apparaissent puis disparaissent au fil des pages, réels ou de fiction dans ce roman qui est un mélange de policier et de gothique violenté par la musique du groupe de rock atypique Morphine. C'est à une sarabande nocturne que nous convie Blanco Calderon où la littérature, la peinture, la politique, le crime, la psychanalyse et les jeux vidéos alimentent la grande chaudière délirante entretenue par l'auteur. De mises en abymes en failles temporelles, The Night est aussi complexe et diffus que parfois divertissant, notamment quand il s'amuse avec les mots : anagrammes et palindromes en tête (au passage, chapeau pour la traduction). Dans ce labyrinthe littéraire il n'y a pas d'autre choix que de s'abandonner au récit fragmenté et erratique sans chercher où le romancier nous entraîne. Une expérience douloureuse pour le lecteur cartésien que nous sommes tous peu ou prou mais qui se révèle finalement gratifiante, au moins par instants.


Un bref mariage
Un bref mariage
par Anuk Arudpragasam
Edition : Broché
Prix : EUR 20,00

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 La guerre et la survie, 14 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un bref mariage (Broché)
Il n'est point besoin d'écrire Guerre et paix ou Tandis que j'agonise (par exemple) pour toucher du doigt, le plus profondément qui soit, la précarité et en même temps la complexité de la condition humaine. Le jeune auteur sri lankais Anuk Arudpragasam réussit ce prodige dans une histoire simple, sur vingt-quatre heures , dont la densité et l'épaisseur laissent pantois. Le récit ne quitte pas d'une semelle Dinesh, 20 ans, qui depuis des mois n'en finit pas de fuir la guerre, passant d'un camp de réfugiés à un autre, côtoyant l'horreur au quotidien, et perdant peu à peu son humanité et tout sentiment. Il suffit de la proposition d'un vieil homme de contracter un mariage avec sa fille, afin de protéger celle-ci, pour que, l'espace d'un temps réduit, Dinesh oublie l'animalité qui prenait possession de lui. Un bref mariage n'est pas un livre qui se dévore avec avidité, il se déguste par petites lampées dans une narration hypnotique et hantée comme un film de Weerasethakul. Le meilleur exemple est le chapitre où le héros du roman se lave nuitamment près d'un puits. Sur trente pages, il n'y a rien d'autre que la description de ce bain qui symbolise le retour à la vie et au désir d'un homme accablé par le malheur et l'inéluctabilité de son sort. Peu après, à l'opposé de la tendresse qui se dégageait de ce passage, un nouveau chapitre relate un bombardement d'une violence infinie qui dit toute la sauvagerie d'une guerre aveugle. Tout l'art de Arudpragasam est contenu dans ce mélange de sensations narrées de façon subtile et lumineuse, lente aussi, il faut le dire, raison pour laquelle il convient de faire montre de patience pour déguster le livre à sa juste valeur. Et pourtant, le style de l'auteur n'est pas exempt de répétitions avec un usage systématique d'adverbes. Le terme "Evidemment" revient à peu près toutes les cinq pages et cela ne peut être une simple coïncidence. Il est comme intrinsèque à la voix intérieure de Dinesh qui, sans arrêt, remet en question tous ses actes, même les plus banals, à l'aune d'une existence dont le passé a cédé à l'oubli et où l'avenir semble inexistant. Le lecteur se trouve immergé dans les pensées du jeune garçon et n'a d'autre choix que de le suivre dans ces heures tragiques puis douces, pour seulement un instant, où le seul acte de survie demande une énergie incommensurable. Inutile de dire que le nom (difficile) de Arudpragasam est à retenir pour tous les amateurs de littérature.


La vie commence vendredi
La vie commence vendredi
par Ioana Parvulescu
Edition : Broché
Prix : EUR 21,50

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Dans la sémillante Bucarest, 12 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : La vie commence vendredi (Broché)
Que se passait-il fin 1897 à Bucarest ? La réponse, très détaillée, est dans La vie commence vendredi, le premier roman de Ioana Pârvulescu, qui se déroule du 19 au 31 décembre de cette année-là. La capitale roumaine, que l'on appellera plus tard, entre les deux guerres, le Petit Paris, bruisse alors de mille intrigues et jouit d'une vie culturelle et mondaine effervescente. L'auteure, admirablement documentée, s'attèle à une évocation très vivante d'une Bucarest frivole et vif-argent. On y côtoie journalistes, policiers, médecins et de jeunes ambitieux qu'ils soient issus de la classe bourgeoise ou populaire. En adoptant la forme chorale sur un laps de temps aussi court, La vie commence vendredi réussit un véritable portrait urbain et social. En revanche, en dépit des promesses de son démarrage, le livre est loin d'être aussi convaincant dans son aspect policier voire fantastique. Il y est question d'un voyageur temporel que l'on prend un temps pour Jack l'Eventreur, pas moins, mais le personnage est assez peu présent, si ce n'est dans les conversations, et son mystère reste entier. Il y une vraie frustration dans ce que l'intrigue principale soit autant diluée dans les faits et gestes d'une multitude d'acteurs dont la quantité excessive fait que le roman souffre parfois d'une certaine confusion et manque d'une ligne narrative claire. Peut-être que Ioana Pârvulescu reviendra à un récit plus resserré dans ce qui s'annonce comme une suite au livre, parue en 2012 en Roumanie, et intitulée La vie commence lundi ?


Call boy
Call boy
par Ira Ishida
Edition : Broché
Prix : EUR 19,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Un stakhanoviste heureux, 8 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Call boy (Broché)
Ryô a 20 ans. Ne lui dites pas que c'est le plus bel âge, il vous assassinerait de son mépris. Il s'ennuie, Ryô. Beaucoup. Ne trouve aucun intérêt à ses études à l'université et pas davantage à son petit boulot de barman. Quant aux filles, elles ne trouvent pas grâce à ses yeux. La proposition de la patronne d'un club très privé qui souhaite l'engager comme escort lui parait d'abord incongrue et puis, légèrement curieux, il va tout de même plonger dans une vie de prostitué pour femmes de 30 à 70 ans sans imaginer que son parcours initiatique vient de commencer et va changer sa vie. Call-Boy, signé Ishida Ira, est un roman japonais, ce qui devrait déjà alerter les lecteurs de ce livre sur la bizarrerie de son intrigue et l'inconfort qu'il procure quoique contrebalancés par une douceur de ton et une propension à philosopher sur le sens de l'existence. Les familiers d'Ogawa et des deux Murakami, tout comme du cinéma d'Oshima ou de Masumura ne devraient pas être en terre inconnue. Cependant, si le livre séduit par son écriture et par ses phases tendres, il est également très explicite et d'une crudité parfois embarrassante dans de nombreux passages que l'on qualifiera d'érotiques et c'est un euphémisme. On peut aisément lui reprocher de donner de la prostitution, mâle en l'occurrence, une image angélique, eu égard à l'imperturbable stakhanovisme heureux de son héros. Lequel, on s'en doute, n'en a cure de la morale. Le roman se veut aussi un hymne au désir et aux fantasmes féminins. Voire. C'est aux lectrices de donner leur sentiment sur ce point sujet à caution. Nonobstant quelques réserves énoncées plus haut, Call-Boy dégage une sorte de grâce innocente liée à la personnalité empathique de Ryô. Un livre à conseiller aux femmes de 30 à 70 ans ? Certes non, si sa qualité littéraire est indéniable, son caractère libertin et parfois pervers n'en fait pas un objet véritablement acceptable par tout un chacun.


Ce qui désirait arriver
Ce qui désirait arriver
par Leonardo Padura
Edition : Broché
Prix : EUR 18,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Les notes d'un boléro suranné (Ce qui désirait arriver), 5 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ce qui désirait arriver (Broché)
Il y a la vie que l'on mène et celle que l'on aurait pu avoir. Meilleure ? Qui sait ? Quizás, Quizás, Quizás ! Leonardo Padura n'est pas seulement un grand auteur policier, un torréfacteur de romans au long cours (Hérétiques), il sait aussi rédiger d'exquises nouvelles comme celles écrites entre 1985 et 2009 qui figurent dans Ce qui désirait arriver. 13 récits qui disent la nostalgie et la mélancolie avec pour bande originale les notes d'un boléro suranné et pour carburant quelques rasades d'un rhum carta blanca. Le recueil égrène des histoires de destins ratés, d'espoirs déçus, d'illusions flétries. Mais il respire aussi l'amour d'un pays, Cuba, que l'on souhaite quitter pour s'échapper de la pauvreté et de la fin d'un idéal et que l'on tient chaud dans son coeur quand on est loin de lui. Tour à tour sombres, sensuelles, désabusées et vibrantes, les nouvelles de Padura sont de petites pépites de tendresse et d'ironie, de rage et de fatalisme, serties dans une langue poétique et chamarrée. En passant par l'Angola et l'Italie, mais le plus souvent dans les quartiers populaires de La Havane, Ce qui désirait arriver raconte des moments charnières dans des existences profondément ancrées dans le contexte cubain mais aux résonances universelles. Avec élégance, toujours, même si c'est la plupart du temps celle du désespoir.


Dans les jardins du Malabar
Dans les jardins du Malabar
par Anita Nair
Edition : Broché
Prix : EUR 23,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Le voyageur ténébreux, 3 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dans les jardins du Malabar (Broché)
Forcément, on n'attendait pas Anita Nair dans le registre du roman d'aventures historique. Mais à l'instar d'une Isabel Allende ou d'une Elif Shafak, la romancière indienne montre que le genre peut-être rehaussé quand ce ne sont pas des spécialistes qui choisissent cette voie nouvelle. Cependant, le début de Dans les jardins du Malabar peut apparaître un peu confus. Il l'est de moins en moins au fil des pages se concentrant sur le personnage d'Idris le somalien et ses pérégrinations, ce qui n'empêche pas les digressions, les descriptions fascinantes du sud de l'Inde au milieu du XVIIe siècle et, dans sa deuxième partie, du Sri Lanka. Récolte de perles sous-marines, affaires commerciales, recherche de diamants : la vie d'Idris n'est pas un long fleuve tranquille. Sa quête est celle d'un rêveur actif, le genre de héros ténébreux, à la Corto Maltese, qui aime la tranquillité et gober les étoiles la nuit venue, mais dont le statut d'étranger partout où il se rend l'oblige souvent à prendre ses responsabilités et des risques jamais inconsidérés. D'autant qu'il s'est découvert un fils aussi noir de peau que lui et sur lequel il doit veiller. Ajoutons pour compléter le portrait que Idris est un être sensuel qui aime les femmes et est aimé d'elles. Anita Nair réussit à maintenir un équilibre entre les scènes épiques (modérément) et contemplatives sans oublier le thème fondamental de son livre : la liberté. Celle des femmes que rencontre le héros de Dans les jardins du Malabar et celle d'Idris lui-même. A une échelle plus grande, il s'agit de celle des peuples, avec la présence oppressante des occidentaux et au sein même de la société indienne, marquée par les castes. Si le roman est avant tout historique, il n'est pas interdit d'y voir plus que des références à la société indienne d'aujourd'hui. Riche et dense, Dans les jardins du Malabar contourne assez aisément les clichés de l'exotisme grâce à une écriture ample et poétique qui semble toutefois se méfier de la flamboyance. Dans les jardins du Malabar se termine par une conclusion ouverte : ce n'est que le premier tome d'une trilogie annoncée. On ne demande qu'à lire la suite des aventures d'Idris, le voyageur (presque) sans bagages.


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