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Contenu rédigé par Antoine
Classement des meilleurs critiques: 1.807
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Commentaires écrits par
Antoine (France)

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L'Ile des esclaves, texte intégral
L'Ile des esclaves, texte intégral
par Pierre de Marivaux
Edition : Poche

2.0 étoiles sur 5 Un grand sketch, 23 juillet 2017
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Voilà l'oeuvre parfaite: pas trop longue pour ne pas ennuyer le lectorat lycéen ou salarié qui n'a plus le temps, démocrate et républicaine avant l'heure pour bien flatter notre pouvoir et libérée de toutes contraintes d'écriture avec sa prose déliée. Marivaux se moque ici à la fois du vocabulaire des nantis et des exploités en reprenant la préciosité des uns et les maladresses de langage des autres. Malheureusement sur quarante pages le développement est un peu pauvre et si la pièce a pu amuser les gens de cour à sa parution dans sa farce et dans sa morale, elle apparait comme un banal document d'époque aujourd'hui. C'est vraisemblablement le genre de pièces à regarder plutôt qu'à lire.


Johan et Pirlouit, tome 13 : Le sortilège de Maltrochu
Johan et Pirlouit, tome 13 : Le sortilège de Maltrochu
par Peyo
Edition : Album
Prix : EUR 10,95

5.0 étoiles sur 5 La dernière, 8 juillet 2017
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Dernière aventure de Johan et Pirlouit par Peyo ou plutot son studio dans ce treizième tome qui parut dans la douleur. Fort du succès des Schtroumpfs Peyo ne s'y intéressait guère plus. Une belle épopée de 15 ans (de 1954 à 1970) qui aura eu le mérite de présenter des aventures qui ne se sont pas essoufflées au fil des parutions. C'est en adulte que je les relis avec le même plaisir, elles sont pleines de fraicheur et nous rappelle ce qui savait nous fasciner avant la grande invasion des jeux vidéos. Peyo a su poser une identité singulière et joviale à la bande dessinée. Elle représente le trait typique de l'école franco-belge des années 60. Indémodable!


Soumise
Soumise
Prix : EUR 9,99

2.0 étoiles sur 5 Un texte qui a mal vieilli, 5 juillet 2017
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Très peu de choses à retenir dans ce triste échange virtuel période 90 qui nous fait douter de la véracité des évènements tant ils sombrent dans les clichés et la banalité. Et ces pseudos de Mastermint et Ptite nana... Cela rappelle les pseudos Caramail des trentenaires que nous sommes. Bref, c'est assez froid et immature, quant au style c'est le néant, on est clairement pas dans la romance et c'est peut-être un parti-pris mais cela ne donne aucune force et aucune exaltation supplémentaire au récit. Le résultat donne quelque chose d'assez sordide, genre BDSM du pauvre, très kitch, très surfait avec les odeurs...

Il faut donner de la romance à tout et l'éviter demande aussi du talent. Préferez-lui Dolorosa Soror, autrement plus subtile et subversif.


Lolita [Français]
Lolita [Français]
par Vladimir Nabokov
Edition : Poche
Prix : EUR 9,30

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Pélléas et Melissande en Amérique, 29 juin 2017
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Peut-être un des livres les plus tristes qu'il m'a été donné de lire. Des années que cette lecture me faisait signe: ici pédophilie, ici Alizée, ici scandale, ici sucette et regard nymphétique dans l'obscurité de lunettes solaires. Mais aucun mot sur le drame de cet homme qui n'a jamais grandi, qui est resté l'adolescent meurtri et pétrifié devant son unique amour de jeunesse disparu. Et pourtant c'est bien la clé de voute pour comprendre cette oeuvre.

Nabokov n'a pas mis de méchant dans son oeuvre au grand damne des moralistes que sont devenus les lecteurs. Il n'a pas donné l'innocence à la petite Dolorès Haze au grand damne des pervertis. Il a fait naitre de grands personnages, des vrais personnages de littérature plein de complexités avec leur lot d'angélisme et de failles. Le road-trip de Humbert Humbert est un lent suicide, la lente décomposition d'un rêve dont les fils cèdent peu à peu jusqu'à la chute. Humbert à travers cette prose, fait se superposer deux niveaux de réalité dans cette relation malsaine et suicidaire: la vision hallucinée et fantasmée de son amour qu'il croit revivre quand il avait quinze ans. Il y consacre sa vie, il met son lourd destin entre les mains fragiles d'un amour tombé en poussière qu'il voudrait ressusciter. Le lecteur vit la psychose, l'obsession, la paranoia de Humbert Humbert qui n'est désormais plus qu'un affreux pantin, une âme morte et destructrice en errance dans le monde des vivants qui n'a plus rien à perdre ni à gagner; Lolita s'émancipe, c'est le réveil au milieu du rêve extatique, lui qui avait bravé tous les dangers pour s'offrir cet amour guérisseur que le monde entier veut à présent détruire. Mais il ira jusqu'au bout de son rêve pour donner à cette aventure tout l'héroïsme nécessaire.

Aussi présomptueux que cela puisse paraitre, il faut être un lecteur aguerri pour saisir au delà de cette prose aveuglée par l'extase, toute la dose de drame qui se déploie et gonfle tout au long du récit. Les longues descriptions des visions laissent s'exprimer toute l'imagerie, toute la délicatesse d'écriture de Nabokov qui nous fait vivre toute l'intériorité du personnage, son innocence, sa candeur, sa faiblesse, sa sensibilité aiguë et inadaptée. C'est une véritable performance inégalée quant aux scènes amoureuses et intimes qui volent à un vocabulaire rare et plein de virtuosités. Sans parler de la raillerie lascive du rêve américain que Nabokov érige en vaste décor cinématographique fait de toc et de carton-pâte. Inutile d'en dire plus c'est à lire pour comprendre. Nabokov a fait de ce tabou une véritable plaidoirie. Lolita n'est pas un livre à scandale ou le fantasme horrible qu'on veut lui attribuer, il est l'amour incompris et interdit de notre époque. Le même que Roméo et Juliette en leur temps, le même qui est chanté depuis Dante et sa Béatrice ou l'inaccessible Diane qui le conjuguèrent avec la douleur, l'interdit et la mort.


Nouvelle encyclopédie du savoir relatif et absolu
Nouvelle encyclopédie du savoir relatif et absolu
par Bernard Werber
Edition : Poche
Prix : EUR 8,90

1.0 étoiles sur 5 Jubilantes imbécilités, 28 juin 2017
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Une sorte de Le saviez-vous façon journal de Mickey mêlé à un positivisme hasardeux et gratuit. C'est le livre typique qui circule dans les cours de lycées... et qui ne devrait jamais en sortir! Cependant on rit beaucoup, ça vaut bien son étoile.


Propos d'un jour
Propos d'un jour
Prix : EUR 9,99

4.0 étoiles sur 5 Savoureux, 26 juin 2017
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Propos d'un jour, un recueil sorti en 1947 réunissant trois parutions antérieures:

- Amour, un recueil d'aphorismes sur le thème amoureux et du couple plutôt drôles et désabusés.
- Notes retrouvées, des notes retrouvées donc qui vont de 1927 à 1933, l'auteur ne peut pas nous dire si elles furent publiés dans ses célèbres journaux. Elles couvrent une cinquantaine de pages.
- Marly le roy, des notes ressemblant aux Notes retrouvées.

L'ensemble est savoureux et tout à l'image du personnage qu'on entend dans les entretiens avec Robert Mallet. Un sacré personnage dur et sec, anti-bourgeois et amoureux du classique à qui il ne manque peut-être que la dimension spirituelle. Il m'a convaincu de m'intéresser à son journal littéraire.


Au régal des vermines
Au régal des vermines
par Marc-Edouard Nabe
Edition : Broché

5.0 étoiles sur 5 Le livre total, 22 février 2017
Ce commentaire fait référence à cette édition : Au régal des vermines (Broché)
Le livre de l'embrasement total. Au régal des vermines est un véritable lance-flammes sur le monde des lettres, des religions, de la musique, de l'art, de l'occident de tout ce qui a construit la modernité. C'est une déclaration de guerre adressée à l'humanité.

Ce livre rend fanatique. Il éblouit d'une incandescence sacrée et pétrifiante. C'est un trône majestueux où se posent vos haines et vos obsessions les plus enfouies. Un édifice de lettres baroque empli de mélodies et de syncopes jazz que l'auteur manie à merveille et qui fait corps avec son écriture. Nabe n'est pas un écrivain ni un artiste; c'est un mystique qui pétrifie "de sa gerbe d'or" et qui vous redonne la foi. C'est une redéfinition totale de l'écriture. Après ça vous ne pouvez plus regarder la littérature comme avant. Tout simplement parce qu'il vous vire ce ramassis de complexes qu'une multitude de générations d'auteurs soignés (séniles), poétiques (bourgeois), révoltés (gateux) vous ont mis dans la tête pour définir ce qui faisait l'écrivain. Vous direz que l'écrivain c'est le style? Nabe en fait une démonstration exemplaire. Et ce torrent stylistique ne s'arrête jamais. Chaque phrase s'enchainant resplendit d'une lumière nouvelle; un style pur et des pensées baignées d'un indéniable absolu. Car oui! Enfin! un écrivain qui ne roule pour personne, qui ne veut plaire à personne et qui ne croit en personne. Voilà la vraie liberté et non pas ce marécage putréfié rabâché par nos contemporains. La haine de Nabe est métaphysique, elle est une pluie qui s'abat sur le monde. Elle inonde et emporte les édifices de la modernité, toutes les idoles qu'elle a engendré, toute une civilisation et son cortège de mensonges, de lacunes et de perversions. Mais elle fait fleurir aussi les champs des oubliés, les grands écrivains en particulier comme Léon Bloy auquel est consacré tout un chapitre. On y trouve également Suarès, Rebatet, Céline et confrères; tout ce que notre siècle a recouvert de sa boue pompéienne. Et cette pluie apparait comme une bénédiction tant elle soulage la sclérose morale qui vous bouchait tous les artères.

Il n'y a rien à perdre à cette lecture, que vous aimiez ou non. C'est ici que l'on commence à parler de révolte, pas ailleurs. Rares sont les auteurs qui ont su sacrifier de leur personne pour offrir les livres libérateurs du 20ème siècle. Il y a eu Kerouac, Céline, Bloy et quelques autres. Leurs points communs? Le dénuement, l'isolement, la diabolisation. L'introspection et l'anti-matérialisme triomphant que la caste des écrivains voit désormais comme une tare. Il reste cependant une incompréhension: comment un livre d'une telle lucidité et d'une telle distance critique peut-elle surgir d'un cerveau de 25 ans? Est-ce la déchéance de notre siècle ou le vent du génie que Marc-Edouard Nabe a eu le privilège de respirer? Plus de trente ans après sa parution, ce roman n'a rien perdu de sa vérité. Pire, il resplendit encore plus aujourd'hui. Il n'y a alors plus qu'une solution: l'interdire. Consécration ultime.


Enfer en bouteille (l')
Enfer en bouteille (l')
par Suehiro Maruo
Edition : Broché
Prix : EUR 13,95

5.0 étoiles sur 5 Sublime et mystique, 18 février 2017
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Enfer en bouteille (l') (Broché)
Loin du manichéisme post-adolescent chère à la bande dessinée franco-belge, Maruo nous invite à aborder la question du mal et ses racines. Elle est centrée sur celle de la sexualité. Celle d'une jeune fille en proie à la prostitution dans le japon de l'après-guerre. De deux jeunes frères et soeurs tout à fait seuls sur une ile déserte. D'un moine en proie aux pires visions de la tentation dans le spectacle pornographique de la modernité. La dernière quant à elle est une fable sur la cupidité.

Maruo ne s'embarrasse ni de textes ni de précautions car sa maitrise graphique laisse tout deviner du caractère et des pensées de ses personnages. C'est par cette maitrise et ses intentions finales qu'il devient légitime à représenter sans retenue l'handicap, l'inceste et des scènes sanglantes qui relèveraient facilement de l'immoralité et du délit ailleurs. Maruo emprunte autant au manga dans son gout pour le grotesque et un découpage caractéristique qu'à l'esthétique européenne dans son trait et ses représentations. Nul besoin d'avoir le coeur bien accroché, ces histoires restent tout à fait soft au regard du reste de son oeuvre. L'auteur nous amène à regarder dans le miroir des désirs et des penchants qui nous sont très familiers et nous concernent tous et c'est à tous ceux qui le renie que ces histoires ne plairont pas.

Dire que Moebius ait pu être influencé par Maruo, partiellement et peut-être inconsciemment à partir des années 90 est même tout à fait envisageable. Quoiqu'il en soit c'est un recueil d'une profondeur réelle qui relève presque de la mystique. Une leçon de bande-dessinée!


Entre ciel et terre
Entre ciel et terre
par Jon Kalman Stefansson
Edition : Poche
Prix : EUR 7,70

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 De l'âme islandaise, 9 février 2017
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Entre ciel et terre (Poche)
Voilà une lecture qui ne pourra pas plaire à tout le monde. On rangerait Stefansson parmi les auteurs de la littérature scandinave mais comment définir un territoire, une langue, un peuple qui s'épanouit depuis plus d'un millénaire sur un ilot à la même latitude que le Groenland? L'Islande et son histoire pourra nous paraitre autant banale qu'insignifiante mais il y en a pour qui elle demeure une fascination. Et qui mieux que la littérature pourrait nous en dire plus sur ces insulaires qui, comme tout insulaire, n'ont pas la langue des plus déliées?

L'histoire se déroule dans un 19ème siècle rude, où chaque homme semble promis à la seule destinée de marin. Stefansson nous plonge dans le contexte détaillé de ce que pouvait être la vie dans les villages de pêcheurs. Car c'est bien sur les côtes que la vie s'épanouit, l'intérieur de l'île évoquant plutôt un no man's land inhabité et hostile. Une condition de marin où les retours sur la terre ferme quotidiens sont vécus comme des bénédictions, où l'achat d'une paire de bottes équivaut à un mois passé sur des déferlantes soufflant la mort et l'odeur d'amis disparus. Une époque où un livre équivaut à un objet de curiosité inutile et coûteux et qui fera précisément le malheur de Barour pour qui le livre du Paradis perdu de Milton s'apparente à La perle de Kino. Tout ce monde nous évoque des couleurs froides et éteintes. Du gris, pour des ciels tourmentés et des mers agitées, du blanc pour de la neige qui frappe même en avril, et l'obscurité des baraquements des villages noyés dans des vents glacés. Et tout cela dans la plus parfaite solitude au bout du monde, où personne ne va et où personne ne reste. Un sentiment d'isolement qui évoque plus l'abandon d'un dieu vengeur que la béatitude touristique qui n'y voit que le dépaysement nécessaire et bénéfique à son bien-être.

Quant à l'écriture de Stefansson elle est plutôt dure à appréhender. A moins que ce ne soit le choix du traducteur, cette prose aux virgules continues est difficile à digérer. Fort heureusement, elle se découpe au fil du récit et devient très fluide. Il faut souligner également la quasi-absence de dialogues, les guillemets sont absents, l'auteur voulant vraisemblablement évoquer l'idée de solitude et d'introspection. Malgré tout, ce sont de belles images que nous amène Stefansson dans une contemplation toute scandinave habitée d'une magie qui évoque parfois les frères Grimm. Une poésie des plus mélancoliques où il faudra oublier toute idée de luxuriance, de printemps ou de volupté mais qui peut se targuer de passages remarquables où le vent du génie semble s’immiscer. L'Islande a forgé durement cette prose brute de nature où le sceptre de la mort fondu dans le paysage accouche d'une beauté désespérée qui donne une force immense au récit.

La lacune du roman réside peut-être dans le fait qu'il y manque une dimension épique, un évènement qui transcenderait cet univers fantomatique où aucun des personnages ne se détache vraiment. Le gamin, héros de cette saga, laisse un peu froid. Mais il faut concevoir que notre idée du roman est sans doute établie différemment en Islande qui a sa propre tradition littéraire (voir les Sagas, Halldor Laxness, Olafur Gunnarsson) et une identité qui ne semble pas si éloignée de ce que pouvaient être nos premières légendes avec Chrétien de Troyes et les récits de la Table ronde qui mêlent naïveté, héroïsme et magie.


Black Cherry
Black Cherry
Proposé par A ENTERTAINMENT
Prix : EUR 6,19

4.0 étoiles sur 5 Maudit..., 13 janvier 2017
Ce commentaire fait référence à cette édition : Black Cherry (CD)
Et pourtant. C'est un album injustement relégué dans l'electro-kitch d'une époque (2003) qui cherchait, et cherche encore, à faire le plus de bruit possible. Goldfrapp a choisi un entre-deux qui a jeté la suspicion sur les inconditionnels du premier album et la raillerie des "kiffeurs de vibes" électroniques. Il est difficile de comprendre pour le commun des fans qu'un groupe de musique n'est pas une entreprise d'automates noyée dans le capitalisme des chiffres. Un groupe de musique est mû par des cerveaux de musiciens qui entendent souvent explorer le plus de chemins possibles en s'affranchissant de toutes catégories, n'en déplaise au plus grand nombre.

C'est comme cela qu'il faut envisager le virage du groupe et pour qui a vraiment écouté cet album, la touche de Will Gregory est toujours ronronnante et pleine de saveur derrière les paillettes volontairement distillées et la voix libérée de Alison Goldfrapp. Cependant il faut bien avouer que certaines envolées électriques sont parfois exagérées et moins inspirées comme dans Twist et Train. Mais que dire des poésies de Deep Honey ou celle de Forever? Et comment ne pas apprécier les douceurs vocales de Tiptoe après l'orage un peu long du début? Et qui n'a pas apprécié cette basse à faire décoller les moquettes de Strict Machine? (Kasabian en fera un joli plagiat dans Shoot the runner). Cet album est à recommander à tous les nostalgiques de New order ou de Visage par ses timbres certifiés eighties. L'album finit sur une performance quasi-pornographique avec Slippage: l'art du strip-tease à base de claviers à circuits imprimés. Ce morceau transpire les clubs de pool-dance baignés dans des fumées bleues. Une réussite il faut bien l'avouer.

Malgré tout, cet album, coincé entre les deux purs joyaux que sont Felt Mountain et Seventh Tree mérite son titre d'enfant maudit du groupe au vu de son esthétique facile en apparence et d'une pochette... moche! Mais il n'est certainement pas un faux pas.


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