Cliquez ici Cliquez ici cliquez_ici. Cloud Drive Photos nav_Renewed Cliquez ici En savoir plus Achetez Kindle Paperwhite cliquez_ici cliquez_ici
Profil de Zarak > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Zarak
Classement des meilleurs critiques: 1.352
Votes utiles : 4974

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Zarak (Saintry-sur-Seine, Essonne, France)

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20
pixel
Cent ans de solitude
Cent ans de solitude
par Gabriel Garcia Marquez
Edition : Poche
Prix : EUR 8,20

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Macondo, 20 mai 2017
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cent ans de solitude (Poche)
Livre culte, livre unique, magistralement conté mais totalement irracontable.

Mais livre pas facile aussi pour ceux qui comme moi aiment la respiration dans la musicalité d'une oeuvre. Ici, pas le temps de s'arrêter : une seule double page peut contenir deux guerres civiles, trois épidémies, une histoire d'amour, quatre incestes et trois naissances. Et c'est tout le long comme ça. Une cavalcade, une furie littéraire où la psychologie tient peut de place, qui vous embarque dans le vortex infernal d'une lignée condamnée dès ses origines par les parchemins d'un gitan prophétique.

Pas facile non plus lorsque 460 petites pages doivent contenir 7 générations où chaque progéniture se tape le même prénom que le géniteur - culture oblige - histoire de bien marquer l'Éternel Retour de la malédiction ; des Arcadio, des Aureliano et des José à toutes les sauces, tous les chapitres, quasiment toutes les pages. On finit par ne plus très bien savoir à quelle génération appartient untel. On est moins perdu dans les 2000 pages et 500 personnages de Guerre et Paix...

Mais ne serait-ce que pour le style, fleuron du réalisme magique à la sauce sud-américaine, bourré de trouvailles et de perles narratives, et une fin aux petits oignons (le bouclage de boucle le plus étourdissant de l'histoire de la littérature), cette oeuvre restera un passage obligé pour tout lecteur digne de ce nom.


Tu ne tueras point
Tu ne tueras point
DVD ~ Andrew Garfield
Prix : EUR 9,99

10 internautes sur 47 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 La Lumière de la vi... ctoire, 5 mars 2017
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tu ne tueras point (DVD)
Une Bible et des boyaux : pas de doute possible, on est bien dans un film de Mel Gibson.

On notera les références très appuyées de Mel à quelques maîtres difficilement accessibles à son cortex imbibé d'eau bénite et de rouge qui tâche : Full Metal Jacket, Soldat Ryan, et une pincée d'Apocalypse Now. Mais avec Mel, c'est une autre cuisine bon sang : ça défouraille sec, ça pète à mort, les viscères valsent et la lumière spirituelle jaillit des entrailles à coups de lance-flammes et de sermons sur le Mont Fuji. Il faut dire que l'enjeu est de taille : pulvériser ces put*** d'hara-kiris qui ont attaqué Pearl Harbor !

Mention spéciale à l'une des scènes finales, où les fantassins, statufiés de respect devant le prêtre-infirmier-messie (dont la grandeur morale, rappelons-le, consiste à aller à la guerre sans toucher une arme) attendent qu'il ait fini de prier (et non de pisser comme on pourrait le croire) - et donc sa bénédiction - avant de lancer l'assaut final... qui sera bien entendu victorieux, bien qu'ils se soient fait royalement botter le cul la veille, faute de soutien du Tout-Puissant !

Autrement dit : la guerre, c'est plus efficace avec les Évangiles.

Merci Mel.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (11) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 15, 2017 12:58 AM MEST


The Room
The Room
Proposé par Paragon OS
Prix : EUR 30,98

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le film qui venait d'ailleurs, 6 janvier 2017
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Room (DVD)
Objet cinématographique non identifié, "The Room" est un nanar qui ne vient probablement pas de notre monde. Joué, écrit, dirigé et produit par un simple d'esprit (une sorte de narcisse boursouflé visiblement dans un sale état et complètement à côté de ses pompes), ce film est une expérience unique dans la vie de tout cinéphile, même le plus aguerri.

Comment le résumer ? Au départ, cette histoire de triangle amoureux commence comme un téléfilm érotico-nunuche à côté duquel même les pires soaps américains passent pour des monuments de rythme et d'écriture. Mais le vide fondamental de ce projet circonscrit dès le départ son hypothétique expansion, c'est un objet mort-né qui vire rapidement vers la comédie involontaire.

Répertorier ses défauts est impossible, il faudrait sortir 3 tomes : acteurs calamiteux, dialogues débiles, incohérences innombrables. Les personnages sont si vides qu'on se demande comment ils parviennent à mettre un pied devant l'autre, et si l'on accepte ce fait, c'est ensuite pour se demander comment ils font pour ne pas se suicider sur-le-champ tellement ils ont l'air trépanés. Ont-ils subi une ablation du cerveau ? Sont-ils tous défoncés ? Est-ce San Francisco (dont les plans sont si redondants qu'on se croirait devant un film promotionnel commandé par la ville pour attirer les touristes) qui leur est monté à la tête ? Même l'affiche du film est complètement insensée : quel rapport entre cette tronche crépusculaire de vieux hard-rockeur défoncé à la Ozzy Osbourne (Tommy Wizeau himself) et le contenu du film, plus proche de vieux rushes moisis des plus mauvais épisodes des Feux de l'Amour que de David Lynch ? Et pourquoi "The Room" ? On ne saura probablement jamais.

Le plus dément dans tout ce désastre restant quand même les incohérences et les absurdités : certains personnages peuvent dire tout et son contraire en l'espace de quelques secondes, et c'est la même chose pour les comportements. D'autres rentrent dans une pièce et en sortent sans que l'on comprenne pourquoi. Certaines répliques semblent s'être trompées d'univers et cherchent à retourner de toute urgence dans le trou noir mental dont elles sont issues, tout comme certains plans semblent s'être perdus au milieu du montage et cherchent désespérement la sortie du tunnel. Quand tout ce beau monde ne sait plus quoi faire, le réalisateur les fait jouer à la baballe comme des gamins attardés. Et tout ça est fait avec un sérieux terrifiant, malgré les dénégations peu convaincantes du réalisateur après que le film soit devenu super cuculte. L'apocalypse cinématographique est si totale pour qu'on finit par nourrir une sorte de compassion irrépressible pour l'état de santé mentale de ce dernier, malgré toutes les souffrances qu'il nous inflige.

Amis cinéphiles masochistes, si vous n'avez jamais vu cette chose de l'espace, attachez votre ceinture de sécurité et lancez-vous, ça n'arrive qu'une fois dans une vie.


Dunlopillo Natur'Duv Oreiller Blanc 50 x 70 cm
Dunlopillo Natur'Duv Oreiller Blanc 50 x 70 cm
Prix : EUR 35,89

12 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 L'attaque des plumettes sauvages, 16 décembre 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dunlopillo Natur'Duv Oreiller Blanc 50 x 70 cm (Housewares)
Après quelques mois d'utilisation, je déconseille fortement cet achat. Au début, ça sent la bonne affaire, le bon oreiller naturel pas cher, puis assez rapidement, vous commencez à retirer une plumette qui traverse le tissu, puis deux, puis trois... et bientôt, c'est toutes les nuits comme ça, un vrai rituel, rapidement tout aussi "gonflant" que l'oreiller. Et le pire, c'est que ça traverse même une housse de protection + taie d'oreiller... coriaces les plumettes ! Et quand une plumette traverse, c'est pas côté plume... je finis même par penser qu'il est possible de se blesser avec cet oreiller, ce qui est tout de même un comble. Y'a pas de service qualité chez Dunlopillo ?

J'en avais acheté 2 (20 € l'unité - attention, il fut un temps affiché à 30 !), ils sont aujourd'hui devant ma porte, en partance pour le local à poubelles. Vous voilà prévenus.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 28, 2017 11:54 PM MEST


Suicide Squad [Blu-ray + Blu-ray Extended Edition + Copie digitale UltraViolet]
Suicide Squad [Blu-ray + Blu-ray Extended Edition + Copie digitale UltraViolet]
DVD ~ Margot Robbie
Prix : EUR 14,99

20 internautes sur 34 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Suicide Couac, 30 novembre 2016
Ratage industriel complet.

Objet pseudo-pop totalement soumis aux codes hollywoodiens, scénario nullissime, super vilains immondes, pseudo anti-héros sans charisme, répliques de m****, blagues qui font plouf, visuellement moche, clipesque comme pas permis (un classique du rock sacrifié toutes les 10 minutes sur l'autel du vide cinématographique), début insupportable, milieu sans intérêt, fin grand-guignolesque.

Des mois de matraquage marketing abrutissant pour aboutir à deux heures de métrage qui s'oublient cinq secondes après le générique.

Chapeau les gars, continuez comme ça !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 9, 2016 12:59 PM CET


Divines [Blu-ray]
Divines [Blu-ray]
DVD ~ Oulaya Amamra
Prix : EUR 14,99

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un film qui a du clito !, 26 novembre 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Divines [Blu-ray] (Blu-ray)
Nouveau "film de banlieue" à la mode, Divines fut considéré à sa sortie comme la divine surprise de l'année 2016 (Caméra d'Or à Cannes), avec une espèce de mélange gagnant : ses actrices rageuse et débutantes (mais étonnantes), sa folle énergie, son ambition, sa violence, ses quelques envolées lyriques et esthétiques plutôt maîtrisées, pas trop de lourdeurs (mais quelques-unes quand même, surtout dans l'utilisation de la musique), un récit bien travaillé et ce petit cachet social omniprésent, réaliste, sans détours, pas trop moralisateur, pas trop victimaire.

Une cuvée réellement différente dans ce domaine surexploité ?

Pas vraiment en fait. Divines, en bon film moderne (et d'une modernité très française) se révèle plus doué pour séduire que pour convaincre. Car au final, une fois terminé le beau manège tragique, une fois que le flux d'énergie s'est estompé, que reste-t-il ? Un film en réalité assez confus, brassant tout un tas de thèmes mal agencés (déterminisme social, éveil de la sensualité, amitié, famille, morale, religion...), faute d'une ligne directrice claire. Entre un caillassage et deux bastons, on a même droit à une histoire quasi-platonique, faussement salvatrice, entre la beurette énervée de bidonville et le bel animâle blanc danseur qui serait en même temps agent de sécurité au Super U de Grigny. Bon, ok pour le fantasme... mais au final, ça aura servi à quoi ? C'est là le problème : ça part un peu dans tous les sens à force de vouloir tout dire, les hypothèses sont lancées dans le vide sans jamais parvenir à des conclusions, et le film s'avère aussi paumé que son héroïne, incapable de choisir son identité et son destin. Alors oui, à force de nous en mettre plein les synapses, on en sort avec un léger tournis, mais on ne sait pas trop quoi en retenir, au final.


Hardwired...to Self-Destruct
Hardwired...to Self-Destruct
Prix : EUR 9,99

15 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Metallica, les Darwin du Metal, 20 novembre 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hardwired...to Self-Destruct (CD)
Ils n'ont pas sorti un seul classique depuis 25 piges, mais ils sont toujours là...

Ce groupe n'aura de cesse de me fasciner. Leur rage de survie est impressionnante, et il y a fort à parier qu'ils ne lâcheront l'affaire que lorsque le déambulateur s'imposera à eux. Ils ont tout connu : une ascension irrésistible à coups de chef-d'oeuvres dans les années 80, les sommets de la gloire au début des 90's après avoir parachevé l'entreprise de démocratisation ultime du métal (Black album), et ensuite... la recherche plus ou moins foireuse d'une nouvelle identité musicale (chemin commencé par le correct "Load" pour se terminer par cette catastrophique imitation de nu-métal qu'est "Saint-Anger"), la dépression, les crises, la psychothérapie de groupe (voir le délirant "Some Kind of Monster" qui en dit long sur les gouffres d'un groupe au bord de l'implosion), et de nouveau un bassiste à rechercher et à éduquer à la culture d'entreprise Metallica...

Et après ? Et bien après, nos Four Horsemen ne prendront même plus la peine de chercher une nouvelle voie, ils se contenteront de revenir aux fondamentaux (mais la foi en moins), avec des prods bien dans les clous, du pépère-métal en veux-tu en voilà, une même formule appliquée sans état d'âme et quelques floppées de doubles-croches pour satisfaire le chaland (Hetfield pourrait en débiter pendant des heures à une seule main, à cloche-pied sur un tapis roulant tout en sifflotant "Le Pont de la rivière Kwaï", alors pourquoi se priver).

La particularité des nouveaux albums de Metallica ? On n'en retient absolument rien. Ils ne sont pas mauvais, mais comment prétendre qu'ils sont bons quand on passe son temps à en rechercher, en vain, l'originalité ? Des albums-fantômes, comme ce qu'est devenu Metallica : le fantôme d'un autre groupe, disparu en 1991.

Metallica ne meurt pas.

Metallica ne peut pas mourir.

Car Metallica a réussi ce grandiose tour de passe-passe : faire croire à sa survie. Une illusion entretenue par une hénôrme fanbase (dans laquelle on trouve paraît-il pas mal de petits jeunes même pas nés quand sortait le Black Album), une grosse réserve de classiques immortels dans laquelle puiser à l'envi, une présence scénique pas trop entamée, et une place en or au Panthéon du hard-rock.

Voilà c'est ça, Metallica : 4 cavaliers de l'Apocalypse devenus 4 statues figées au sommet de l'Olympe.

Vous m'excuserez, je retourne m'envoyer un petit No Remorse (1983).
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (9) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 22, 2016 10:31 AM CET


The VVitch [Blu-ray + Copie digitale]
The VVitch [Blu-ray + Copie digitale]
DVD ~ Anya Taylor Joy
Proposé par Play Recycle
Prix : EUR 11,99

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Burn the witch, 12 novembre 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : The VVitch [Blu-ray + Copie digitale] (Blu-ray)
Ne soyons pas trop durs, pour un premier film, c'est pas dégueulasse du tout. Le jeune Robert Eggers (34 ans) a tenté de faire revivre le "film de sorcière" en misant sur le sérieux et la reconstitution d'époque : pourquoi pas ?

Côté mise en scène, pas de soucis : crépusculaire à souhait la nuit, sépia comme on aime le jour, superbe photo d'intérieur lorgnant du côté de Rembrandt. Beau travail, pour ne pas dire très beau.

Mais le film est parfois empesé... par une phraséologie religieuse excessive et omniprésente qui finit par sonner faux. Par quelques excès typiques des premières œuvres, notamment dans la direction d'acteur. Par un scénario pas toujours inventif qui use jusqu'à la corde toute la mythologie de la sorcière, malgré une fin que j'ai trouvée plutôt sympa (mais tout le monde n'est pas de cet avis).

Par contre il ne faut pas s'attendre à un cours d'histoire ou à une quelconque forme de démythification : le film joue à fond le jeu du colon anglais bigot voire complètement illuminé. C'est de l'horreur fantastique totalement assumé avec sa bonne petite sorcière bien visible (et bien bonnasse d'ailleurs) et certains des tics habituels propres au genre (bande-son stridente, hurlements et autres jumpscares) qui font de The VVitch un film un peu hors-catégorie suscitant le malentendu, ni blockbuster abêtissant, ni film d'auteur, quasiment un exercice de style en fait...

Réalisateur à suivre.


Macadam à deux voies
Macadam à deux voies
DVD ~ James Taylor

4.0 étoiles sur 5 Point mort, 2 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Macadam à deux voies (DVD)
De tous les grand road-movie hallucinés de l'époque fin 60's/début 70's, c'est de loin le plus curieux, le plus fascinant, les mauvais esprits dironts également "le plus ennuyeux". Même Easy Rider devient tout à coup un truc facile et commercial, presque pompeux. Seul Vanishing Point sorti à peine 4 mois plus tôt peut lui être comparé, et encore : Vanishing Point possédait des trucs, des ficelles. Two-Lane Blacktop, lui, ne possède rien : c'est un objet filmique lancé dans le vide, préprogrammé pour la banqueroute commerciale. Son semblant d'intrigue, son objet pour ainsi dire (la course) s'évapore en cours de route, ses protagonistes sont tous des demi-fous (soient ils parlent trop, soit pas assez) ; les uns ne rêvent pas, les autres s'accrochent à des rêves débiles pour ne pas sombrer ou terminer en orbite. Les rares paroles relèvent du méta-langage prisonnier de la vaine cosmogonie motorisée, véritable novlangue pour les profanes.

Le dernier plan est indicible, comme la totalité du film. De ce dernier se dégage un parfum d'huile de vidange et de suicide mental qui hantera durablement les esprits perméables au vertige.


Anomalisa [Blu-ray]
Anomalisa [Blu-ray]
DVD ~ Charlie Kaufman
Prix : EUR 14,99

4 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Lost in anomaly, 27 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Anomalisa [Blu-ray] (Blu-ray)
Anomalisa, le nom de la nouvelle idée folle de Charlie Kaufman, a connu un sacré emballement médiatique lors de sa sortie, avec sa ribambelle très convenue de superlatifs : profond, grandiose, bouleversant, etc... Personnellement, le dernier film en stop motion m'ayant procuré ces émotions s'appelle Mary and Max.

Cet emballement était-il tant justifié ? Il faut dire que le projet a de quoi séduire : travail de longue haleine - extrêmement bien réalisé il est vrai - qui va raconter une nuit "révélatrice" connue par un quinqua grisonnant (de toute évidence dépressif, le film tout entier n'est sans doute d'ailleurs qu'une grande métaphore de sa dépression) et paradoxalement grand gourou de ce fameux "développement personnel" tant prisé par les américains. Au milieu de visages et de voix uniformes, notre homme va tomber sur une "anomalie" très humaine venant remettre en cause le système et insinuant en lui la résurgence du sentiment (ou son illusion) amoureux.

Anomalisa fustige le conformisme de nos sociétés postmodernes, certes, mais la critique même du conformisme peut se révéler conforme si elle n'apporte pas d'eau fraîche au moulin. Kaufman s'en sort plutôt bien grâce à une idée ingénieuse, mais on attend surtout la suite de la démonstration... qui ne sera qu'un bref rai de lumière au milieu d'une longue nuit sans remède. Et surtout, une question qui hante le film et dont une scène très réussie (dont sera tirée l'affiche du film) apportera la réponse : la société est-elle si uniforme ou n'est-elle qu'une déformation de notre insidieuse dépression existentielle ? Côté écriture et réalisation, le film prend son temps et apporte un soin tout particulier aux détails, et surtout aux personnages, que Kaufman a voulu rendre plus vrais que nature ; louable intention que de faire un film d'animation quasi "naturaliste", au risque de se complaire un peu trop dans l'ennui et la banalité.

Au final, Anomalisa m'a laissé un goût un peu amer, presqu'un goût d'inachevé... si j'étais méchant, je dirais que c'est plus un gadget sentimentalo-existentiel bien bricolé qu'une véritable oeuvre née des profondeurs de l'âme. Un projet ambitieux et courageux, c'est certain, mais trop rapidement expédié, trop peu exploité, et une histoire d'amour (enfin, "histoire d'amour", le mot est fort) dont le réalisme forcené m'a personnellement un peu laissé sur la touche. Dommage.


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20