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Contenu rédigé par BMR
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BMR "Les coups de coeur de BMR" (Paris, France)
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La Rose de fer
La Rose de fer
Prix : EUR 14,99

4.0 étoiles sur 5 [...] Le passé n’est pas enterré., 29 août 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La Rose de fer (Format Kindle)
Encore une belle occasion de voyager, cette fois jusqu'en Australie avec La rose de fer de Peter Temple.
Un polar ou un roman noir qui se passe en Australie, du côté de Melbourne : mais le décor down under n'est pas vraiment dépaysant (hormis le fameux footy) et l'histoire s'avère finalement très 'américaine', tout comme le style de cet auteur ... né en Afrique du Sud.
Mac Faraday battait tranquillement le fer jusqu'à ce qu'il découvre Ned, son meilleur ami et voisin, pendu dans sa grange. Pour notre forgeron, il ne peut s'agir d'un suicide et nous voici à enquêter sur le passé d'un étrange manoir, Kinross Hall, un pensionnat où des jeunes filles auraient maltraitées ...

[...] C’est quoi, Kinross Hall ?
– Un foyer d’accueil pour jeunes filles, un centre de détention, Dieu seul sait quel nom on attribue aujourd’hui à ces institutions.
[...] Ç’aurait pu être un hôtel de campagne onéreux, mais l’ensemble avait ce caractère commun à tous les lieux de résidence forcée : silence, odeur de désinfectant, apparence très ordonnée de chaque chose, impression de soudaine froideur dans l’air.

Qu'avait donc découvert Ned le pendu ? Qui voulait le faire taire à jamais ?

[...] Une jeune fille nue, à la nuque brisée, jetée dans un puits de mine, peu après 1984. Une jeune fille nue, battue, sur le bord d’une route déserte en octobre 1985. Ned avait travaillé à Kinross Hall en novembre 1985. Et n’y avait plus jamais remis les pieds. Jusqu’à quelques jours avant d’être assassiné.

Mais il n'y pas que Kinross Hall à être hanté par des fantômes, Mac Faraday a lui aussi un lourd passé : c'est un ancien agent fédéral qui a quitté les stups avec pertes et fracas.
Et comme l'Australie est un petit pays (bon d'accord : un grand pays, mais quand même très peu habité) les deux histoires pourraient bien finir par s'entremêler ...
Peter Temple possède l'art et la manière de raconter une histoire et même plusieurs, de camper de solides et nombreux personnages, d'enrichir son roman de détail et d'anecdotes, ... peut-être au risque de perdre un lecteur éventuellement peu concentré.
C'est là un de ses premiers romans, récemment traduit en français, après le succès des suivants.
Et l'on assiste là sans doute à la naissance de ce que seront les thèmes de prédilection de l'auteur : le souvenir d'un père regretté, l'absence d'une épouse, la difficulté de comprendre ou retenir les jeunes, la corruption d'une ville gangrenée, l'impunité des riches et des puissants, ...
Pour celles et ceux qui aiment les australiens.


Dust
Dust
Prix : EUR 7,99

1.0 étoiles sur 5 [...] La mauvaise réputation des yellow men, 26 août 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Dust (Format Kindle)
À éviter !
Avec ce Dust situé au Kenya, l'auteure franco-serbe Sonja Delzongle réussit à nous massacrer une bonne idée.
Une idée de départ plutôt bien vue qui mettait en scène la 'chasse aux albinos' telle qu'elle peut se pratiquer en Afrique, région où cette maladie génétique a été 'découverte' et où elle est le plus répandue.

[...] Dans de nombreux pays d’Afrique, dont le Kenya, l’albinos est considéré comme un être aux pouvoirs surnaturels ou, parfois, comme une créature maléfique.
[...] Les sorciers diffusaient ces croyances auprès de la population en promettant longue vie, richesse et pouvoir à qui consommerait des poudres et des substrats obtenus à partir des membres, des organes ou des cheveux d’albinos, qui se vendaient à prix d’or.
[...] La fabrication et la vente de poudres d’origine humaine. De la poussière d’homme aux vertus magiques. La miraculeuse poudre d’albinos, aussi chère et précieuse que la cocaïne.

Malheureusement c'est tout et la bonne idée tourne court.
Ou plutôt s'étire au fil des pages d'un thriller qui traîne en longueur pour se terminer dans un délire apocalyptique digne de la fin du régime nazi.
Et pour faire bonne mesure, l'écriture de ce navet est bâclée (avec même encore des fautes de français et des tournures de phrase vraiment approximatives). On n'en dira donc pas plus.
Reste, on l'a dit, la mise en lumière du trafic autour de ces malheureux albinos. Décidément le trafic humain est à la mode et nous voici quelque part entre Lagos Lady pour le côté africain et Fabrika pour l'indigence du style et de l'intrigue.


Les maraudeurs
Les maraudeurs
par Tom Cooper
Edition : Broché
Prix : EUR 22,00

4.0 étoiles sur 5 [...] Au mauvais endroit au mauvais moment., 25 août 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Les maraudeurs (Broché)
Belle découverte que Les Maraudeurs de Tom Cooper.
On ne peut pas vraiment parler de polar, plutôt un roman noir, un roman qui nous plonge dans le bayou de Louisiane (décidément un décor propice aux aventures), après Katrina et après Deepwater.

[...] Tu es inquiet pour la marée noire ? » demanda Villanova. Lindquist répondit que oui. Tout le monde à Jeanette était inquiet. Ou plutôt carrément pété de trouille. « C’est peut-être pas aussi grave que ce qu’on raconte, dit Villanova. Mais j’ai comme le pressentiment que c’est peut-être pire. ».

Malgré les destructions de l'ouragan, malgré la marée noire de BP, dans le bayou de Barataria quelques pêcheurs s'obstinent à vivre comme avant et chaluter les crevettes de plus en plus rares.

[...] C’était le bon temps alors, pour tous les habitants de la Barataria. Avant que le bayou ne se mette à recracher de moins en moins de crevettes. Avant la marée noire. Avant Katrina.
[...] Combien les marais avaient changé depuis que les compagnies pétrolières avaient débarqué avec leurs pelleteuses et s’étaient mises à bouffer la terre. Aujourd’hui, les pêcheurs s’estimaient heureux de gagner de quoi payer leurs factures et nourrir leur famille.

Le talent de cet étonnant romancier qu'est Tom Cooper (ce n'est là que son premier roman), c'est d'abord la peinture de ces personnages hauts en couleurs, que l'on dirait tout droit sortis d'un film des frères Coen ou de Tarentino.
Sans pour autant tomber dans la caricature facile, l'auteur nous emmène faire la connaissance d'un manchot shooté aux médocs et aux blagues vaseuses (normal dans le bayou ...), d'une paire de jumeaux un brin déjantés qui cultivent la marie-jeanne de façon intensive sur les îles cachées des marais, de deux losers sortis de prison pour quelques travaux d'intérêt général, d'un fils du pays revenus arnaquer ses anciens voisins pour le compte de la BP et surtout de la famille Trench, père et fils, symboles de ces générations malmenées par les crises et catastrophes successives.
Il faut se laisser porter par les histoires de ces personnages (les chapitres alternent à la façon d'un roman choral, centrés sur un ou deux personnages qui s'entrecroisent), par cette ambiance de fin du monde où l'on se dit que c'est mal parti et que ça va forcément mal finir ...
Le manchot (quelque part entre Don Quichotte et le Capitaine Crochet) parcourt les îles à la recherche d'un trésor, peut-être celui du pirate Jean Lafitte. Les jumeaux cultivent et trafiquent leur magot aux herbes, ...

[...] Il se plaisait à imaginer le jour où enfin il rapporterait un véritable trésor sur son bateau. Une pièce d’or espagnole. Un collier de pierres précieuses, une bague en diamant. Il aimait imaginer la tête qu’ils feraient tous quand ils verraient ces merveilles briller dans la paume de sa main.

Chacun cherche fortune et le moyen d'échapper à sa condition, chacun tourne autour du pot, se croise et se recroise au détour d'une île ou d'un chenal, jusqu'à ce que ...

[...] Il était désespéré. Désespéré et, il fallait bien l’avouer, curieux. Curieux de voir comment toute cette histoire allait se terminer.
[...] Parfois, il faut laisser les gens faire leurs conneries jusqu’au bout, dit son père. Parce que, quoi qu’il arrive, ils les feront.
[...] Parce qu’ils s’étaient trouvés au mauvais endroit au mauvais moment.
[...] Il lâcha : « C’est le plus gros bordel de foirade que j’aie jamais vu de ma vie.

Dépaysement garanti avec cette virée aux confins du monde, portée par une écriture facile et un rythme agréable.
Seule la poursuite finale, apocalyptique et hallucinatoire, s'enlise un peu dans les marais pour quelques pages de trop : Tom Cooper s'est un peu laissé emporté par son enthousiasme !
Pour celles et ceux qui aiment les crevettes.


Le livre des Âmes: Inspecteur McLean, T2
Le livre des Âmes: Inspecteur McLean, T2
Prix : EUR 12,99

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 [...] On ne lit pas le Liber Animorum. C’est lui qui vous lit !, 10 août 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le livre des Âmes: Inspecteur McLean, T2 (Format Kindle)
Séries écossaises : celle (excellente) de Gordon Ferris et de son journaliste-détective d'après-guerre, et celle (plus étrange) de James Oswald, à la fois éleveur de moutons et auteur ayant fait ses débuts dans le fantastique avant de s'attaquer au rayon polar.
Après une savoureuse Mort naturelle, voici la nouvelle enquête de l'inspecteur Tony McLean : Le livre des âmes ... tout un programme !
Ça commence plutôt bien avec l'enterrement d'un tueur en série, trucidé en prison après avoir été coffré par McLean il y a quelques années. Celui qu'on surnommait Le tueur de Noël repose désormais six pieds sous terre. De quoi se réjouir.
Sauf que ...
De nouveaux meurtres sont commis, similaires en tous points ...

[...] — Le Tueur de Noël…, lâcha-t-il soudain.
— C’est impossible, Bob. Il est mort. Je viens d’assister à ses funérailles.
Vraiment ? Si fou que ce fût, McLean avait comme un doute…

Le tueur de Noël est-il vraiment mort et enterré ? A-t-il fait un adepte ? Était-il finalement innocent ?
Ou bien serait-ce ce sulfureux Livre des âmes, le liber animorum qui aurait pris possession d'un nouveau serial-killer ?

[...] On ne lit pas le Liber Animorum. C’est lui qui vous lit ! Il soupèse votre âme et, s’il lui trouve des défauts, il la dévore. Ce qui reste ensuite, c’est le mal à l’état pur. Une personne insensible aux remords.

Je ne sais si c'est imputable au manque d'attention des lectures estivales, mais cet épisode m'a paru plus pesant que le précédent : l'intrigue principale tarde à se structurer et surtout, les démêlés de l'inspecteur McLean avec sa hiérarchie se font un peu trop insistants.
Même le petit côté fantastique, marque de fabrique de l'auteur, semble moins subtilement dosé que dans Mort naturelle, comme si Oswald lui-même n'y croyait qu'à moitié.
Pour celles et ceux qui aiment les grimoires.


Béliers
Béliers
DVD ~ Sigurður Sigurjónsson
Prix : EUR 19,99

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Blizzard, cette histoire de moutons ..., 7 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Béliers (DVD)
Dans la famille Béliers, je voudrais Rams, le film islandais de Grímur Hákonarson celui qui réunit plein de noms en -dottir et -sson sur son affiche (à la fin du film, les spectateurs restent debout dans la petite salle pour voir défiler le générique !).
Et tout d'abord ces deux trognes de trolls islandais : Sigurður Sigurjónsson et Theodór Júlíusson. Tous deux dotés d'un système pileux digne des toisons de leurs moutons.
Le bélier héros du film, Garpur, est lui-même crédité au générique !
Les deux -sson incarnent des frères ennemis, Gummi et Kiddi, vieux garçons fâchés depuis plus de 40 ans : ils vivent à cinquante mètres l'un de l'autre au fin fond d'une vallée reculée mais ne s'adressent plus la parole (si tant est que les éleveurs islandais ne soient pas taiseux de nature !). Ils ne se passent que de rares messages par le truchement de leur chien (le facteur aboie toujours deux fois).
Ce vieil équilibre de haine silencieuse va se trouver chamboulé lorsqu'on découvrira que les troupeaux de la région sont atteints de la tremblante ...

On vous laisse découvrir la suite et notamment quelques spécialités islandaises comme le tractopelle-ambulance ou encore le réveillon de Noël du vieux-garçon-éleveur-de-moutons-au-fond-de-sa-vallée-fâché-avec-son-seul-voisin (une scène tellement amusante que le réalisateur a été obligé de la couper au montage pour éviter que le film vire à la farce).
On en apprendra beaucoup en quelques minutes sur la vie des éleveurs : Grímur Hákonarson vient du documentaire et réussit à nous raconter beaucoup de choses avec peu d'images et encore moins de mots. Ce n'est pas le Tarantino islandais et son film lent, poétique et rude est à l'image des paysages austères de l'île.
On sera aussi surpris par cette façon de filmer les corps vieux et flasques, blêmes et tremblotants : même s'il s'agit évidemment de préparer la très belle scène finale, il y a là un certain regard sur les corps nus auquel nous ne sommes guère habitués.
Mais le film vire bientôt au drame avec la chevauchée fantastique des moutons dans la tempête de neige : et là on se dit que aïe, ça tourne à cette tragédie fraternelle typiquement islandaise à laquelle tous les bouquins d'Indridason nous ont longuement préparés ...
Un conte de Noël parfois drôle, souvent tragique, toujours profondément humain ... même s'il y est question de bêtes !

Pour celles et ceux qui aiment les moutons, y compris en gigot.


Au plus près
Au plus près
Prix : EUR 14,99

3.0 étoiles sur 5 [...] Une histoire qui pourrait m'exploser dans les mains., 4 août 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Au plus près (Format Kindle)
Comme promis Après le déluge, voici le second roman de l'américaine Joy Castro : Au plus près.
On retrouve donc la jeune latina Nola Céspedes, journaliste d'origine cubaine au Times-Picayune de La Nouvelle-Orléans.
Toujours très ancrée dans son décor social, la série permet de découvrir la Nouvelle-Orléans post-Katrina : son racisme, ses noirs, ses latinos et ses blancs, son passé historique, son présent pas toujours très glorieux, son exploitation forcenée du pétrole du golfe, les dégâts de l'ouragan passé et ceux de la crise actuelle, ...
Cette fois-ci Nola découvre, lors de son jogging matinal, le cadavre d'une prof de journalisme. Un meurtre mis en scène pour faire croire à un serial-killer.
Et série il y aura : le jeune amant de la prof cougar, un autre cadavre encore ... Il semble bien que l'on cherche à faire disparaître quelques preuves d'une affaire compromettante ...

[...] — Nola, tu te rends compte de ce que tu dis ?
— J'en ai bien peur. Le sénateur est dans le coup. Ou la police. Et ça fait quand même une sacrée série noire. Joe Shorter, Judith Taffner, Cory Brink.
— Et maintenant toi, potentiellement du moins.
— Maintenant oui. Mais il reste des zones d'ombre.
— Nola, tu n'as aucune envie d'être la suivante sur cette liste. Cette histoire est énorme. Un peu trop grosse, même. Tu dois faire attention à toi.
— Ce qu'il me faut, c'est des preuves.

Cette fois-ci l'intrigue sera presque décevante et si l'on aime bien la série de Joy Castro c'est plus pour son parti pris résolument féminin (pour ne pas dire féministe) qui nous change agréablement des flics virils et avinés habituellement fréquentés.

[...] Mes talons hauts me font mal, ce qui m'évite de penser à des concepts aussi abstraits que l'amour.

Une série polar au ton inhabituel, façon polar and the city : Nola et ses ami(e)s, c'est beaucoup de féminité et de légèreté sur une toile de fond pourtant grave.
Pour celles et ceux qui aiment les journalistes.


Les Justiciers de Glasgow
Les Justiciers de Glasgow
Prix : EUR 15,99

4.0 étoiles sur 5 [...] Qui serait le prochain ?, 4 août 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Justiciers de Glasgow (Format Kindle)
Après La cabane des pendus, retrouvons à nouveau l'écossais Gordon Ferris pour un nouvel épisode des aventures et enquêtes de Douglas Brodie, mi-journaliste mi-détective privé.
Avec toujours cette ambiance très particulière (et fort bien décrite), d'un passé pas si lointain, dans l'immédiat après-guerre, lorsque la Grande-Bretagne se remet à peine de ses blessures et que les valeureux soldats de Sa Majesté retrouvent un pays qui n'a plus grand chose à leur offrir.
Dans ce Glasgow post-industriel qui se relève à peine des bouleversements de la guerre - celle qui apporta richesse pour quelques uns et misère pour beaucoup d'autres - une étrange épidémie frappe la ville ...

[...] La peste bubonique commence par une piqûre de puce. La grippe espagnole par un éternuement. À Glasgow, la vague de meurtres et de mutilations commença de façon assez banale et, à l’instar d’une piqûre de puce, fut à peine remarquée sur le moment.
[...] Ces lettres, cet avertissement… vous pensez qu’on devrait prendre ça au sérieux ? Que j’aurais intérêt à creuser la question ?
– Oui. Il se passe quelque chose. Peut-être même quelque chose de gros.
[...] Elles ne semblaient viser que des ordures notoires, ce qui les rendait populaires – sauf dans le camp de ceux qui en faisaient les frais.
[...] Des individus avaient décidé de contourner l’usante bureaucratie des tribunaux pour châtier directement les malfaisants.
[...] Se faire justice soi-même était mal. Sauf quand cela apparaissait comme la meilleure solution.

Un petit gang cagoulé joue les Robins des bois écossais et signe ses forfaits salutaires Les marshalls de Glasgow.
Au cœur de l'enquête on retrouve donc l'ex-flic Brodie, mi-journaliste, mi-détective, accompagné de son amie avocate Samantha.
L'impertinent Brodie mène l'enquête avec une longueur d'avance sur les flics : Les justiciers de Glasgow utilisent le journaliste comme tribune publique.

[...] Vous êtes d’une insolence rare, Brodie. Elle vous tuera un jour.
[...] Vous ne seriez pas un genre de doublure de la Faucheuse, Brodie ? Partout où la mort frappe, hop ! vous apparaissez.
[...] « On dirait que vous avez le don de vous attirer des ennuis, Brodie. » À force de me l’entendre répéter, j’allais finir par y croire.
[...] En fait, vous avez réussi à énerver tout le monde, Brodie. À ce point-là, ça confine au génie.

Mais tout cela n'est pas aussi simple qu'il y paraît et il ne suffit pas de laisser les Marshalls nettoyer la ville de sa pègre. Brodie se retrouve bientôt embringué dans une affaire qui sent la corruption à plein nez.

[...] À Glasgow – où des décennies de surpopulation avaient donné naissance aux pires quartiers de taudis de l’Europe –, les pères de la ville nourrissaient des rêves grandioses. Ayant entendu dire que les Français avaient du style, ils voulaient rendre hommage au Corbusier ici, dans le Nord.
[...] On va transformer cette ville en paradis des travailleurs. On va raser les taudis et construire des appartements ultra-modernes.

Cette série d'enquêtes de Gordon Ferris est sans hésitation notre préférée du moment.
Le décor d'après-guerre, la description de l'Écosse, l'ambiance journalistique, l'arrière-plan social, font de ces polars des bouquins diablement intéressants.
La plume de Ferris (manieur de mots et visiblement frère d'encre de son héros) est toujours aussi vive, mordante, fluide et c'est un plaisir de lire sa prose qui prend parfois des accents naïfs de Rouletabille pour citer ensuite les poètes écossais.
Une série à découvrir sans tarder et sans hésiter, à savourer dans l'ordre, de préférence, car même si les histoires sont indépendantes, l'évolution des personnages et notamment celle des relations complexes entre Sam et Brodie y gagne en épaisseur.
Pour celles et ceux qui aiment les journalistes.


Scalpel
Scalpel
Prix : EUR 9,99

4.0 étoiles sur 5 [...] Quand poser les questions et quand écouter., 21 juillet 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Scalpel (Format Kindle)
Troisième épisode de la série Charles Resnick du britannique John Harvey (série qu'on avait débutée il y a quelques mois avec les Cœurs solitaires puis Les étrangers dans la maison).
On connait désormais bien l'inspecteur Charles Resnick de Nottingham, ses origines polonaises, ses vinyles de jazz, ses sandwiches et ses aristo-chats, un inspecteur qui aurait comme des airs de Colombo ...

[...] Lui en tenue de ville, avec son pantalon trop serré à la taille et légèrement en accordéon sur ses chaussures, sa veste dont il ne parvenait à fermer qu’un seul bouton.
[...] – Derek vous a décrit comme un gros, fagoté comme l’as de pique et frisant la cinquantaine.
– Normal que vous ne m’ayez pas reconnu tout de suite.
– C’est parce que vous n’êtes pas vraiment gros.
– Merci.

[...] Resnick avait appris quand poser les questions et quand écouter. Il attendit.

La recette est également connue : une intrigue policière minimaliste, une écriture fluide et bien travaillée et surtout une attention toute particulière portée aux différents personnages, flics et civils, gentils et moins gentils, héros principaux et figurants secondaires.
Ce mois-ci, les toubibs et infirmières semblent se faire poignarder un peu plus souvent qu'à leur tour ...
Voilà qui donne du piment à l'intrigue policière puisque cela ressemble bien à un serial-killer !
Comme d'habitude, plusieurs histoires (et donc autant de personnages) vont se croiser et s'entremêler pour notre plus grand plaisir, jusqu'au dénouement des toutes dernières pages.
L'air de rien, John Harvey nous a même pondu là une histoire des plus glaçantes, digne des thrillers les plus angoissants : une histoire qui changera à jamais votre regard sur les salles d'opération !
À ne surtout pas lire avant une intervention bénigne !
Pour celles et ceux qui aiment les toubibs.


La Peine capitale
La Peine capitale
Prix : EUR 13,99

3.0 étoiles sur 5 [...] Tout cela est trop grand pour toi., 20 juillet 2016
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Dans les années 70, les dictatures d'Amérique Latine mettent au point la tristement célèbre Opération Condor avec la bienveillance des États-Unis.
En 1978 a lieu la coupe du monde de football en Argentine.
Cette année-là, le Pérou ne sera pas champion du monde de foot, pas plus qu'il ne sera très actif parmi les condors. Ce petit pays se prépare même à des élections démocratiques !
Cette année-là, c'est dans ce décor, vu côté cour en quelque sorte, que nous assistons à l'éveil du héros conçu par Santiago Roncagliolo (héros qui trouvera sa pleine mesure dans l'opus suivant : Avril rouge) : un anti-héros plutôt, Félix Chacaltana Saldivar est aide archiviste, dans un sombre sous-sol du palais de justice. Gentil gratte-papier, bureaucrate zélé, il vit toujours chez sa mère et n'a pas encore embrassé de fille. Sans grande conscience politique et complètement dépourvu du sens de l'humour, maniaco-obsessionnel, il sera le grain de sable qui va venir gripper la belle mécanique des militaires.

[...] Au début, tout lui parut en ordre. Mais une lecture attentive révéla le problème. Un grave problème : il avait archivé des procès-verbaux sur des sujets familiaux dans la section des Atteintes à la Propriété privée.
[...] J'ai repris le dossier du procès-verbal d'irrégularité administrative migratoire mineure. Vous vous rappelez ? Celui que je ne peux pas archiver parce qu'il est incomplet. Je vais adresser une requête au troisième étage.

Comme les supérieurs de Félix, on pense avoir affaire à un imbécile un peu borné. Le simplet de service.

[...] Je n'arrive pas à décider si vous êtes très malin ou très bête.
' Je' je ne suis qu'un humble fonctionnaire, monsieur. Mon seul désir est que la loi soit respectée.
[...] Prends bien soin de toi, Félix, dit-elle en déposant un baiser sur sa joue. Tout cela est trop grand pour toi.

Et puis petit à petit, pas à pas, l'obstination procédurière du méprisable gratte-papier fera trembler la dictature. Son entêtement à classer le fameux procès-verbal d'irrégularité administrative migratoire fera vaciller les militaires. Qui est donc ce migrant irrégulier ?
Au rythme des matches de la coupe du monde, au pas pesant de la bureaucratie, on progresse lentement mais inexorablement dans la compréhension de l'intrigue construite par le péruvien.
Une intrigue où l'on retrouvera une fois de plus les enfants volés ...
Un livre grinçant et un point de vue original (par le petit bout de la lorgnette en quelque sorte) sur les dictatures sud-américaines de l'époque.
Pour celles et ceux qui aiment les bureaucrates.


Dedans ce sont des loups
Dedans ce sont des loups
par Stéphane Jolibert
Edition : Poche
Prix : EUR 19,00

4.0 étoiles sur 5 [...] Si les hommes ne s’en mêlent pas, il murmura pour lui seul., 18 juillet 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Dedans ce sont des loups (Poche)
Homo homini lupus est ...
Ces lettres latines, Stéphane Jolibert en a fait son premier roman : Dedans ce sont des loups.
Si le roman est noir, le décor est blanc, canis lupus oblige : peut-être une steppe sibérienne, peut-être une bourgade du grand nord américain, un décor sans lieu ni date qui semble sorti tout droit des films de Tarentino, de Jeunet ou des frères Coen. Dans ce bled paumé, un lieu : le Terminus, qui fait office d'un peu de tout, de bar bien sûr mais surtout de bordel pour le repos des bûcherons. Un bordel tenu d'une main de fer par un mystérieux 'Grand Patron' que l'on ne connait que par le téléphone du Terminus.

[...] Tu es en train de me dire que personne ne connaît le propriétaire du Terminus ?
[...] D’après la rumeur et d’après ce que certains clients m’ont confié, il existe un endroit nommé le Terminus. Une zone franche où les malfrats condamnés de ce côté-ci s’installent pour être tranquilles.

Un far-north sans foi mais avec une loi, celle de cet énigmatique Patron, une loi qui permet à tout un chacun de venir jusqu'ici faire oublier (si ce n'est oublier) un passé trop pesant.
Dedans ce sont des loups ... sans qu'on sache trop si ce dedans désigne le Terminus ou peut-être les âmes violentes des clients du lieu.
Autour du Terminus, quelques fermes isolées, quelques bûcherons et une galerie de personnages, les damnés de la terre : un bootlegger cul de jatte, une trop jolie rousse, un garagiste amateur de levrette, et Nats (Natsume pour les intimes), le héros au dos boursouflé d'anciennes cicatrices qui tient le rôle de garde-putes au Terminus.
Un affreux jojo va venir troubler la neige, réveiller un passé douloureux, bouleverser l'ordre établi par le Grand Patron.
Que la blancheur neigeuse ne vous cache pas la sombre réalité car on est là comme dans tout bon roman noir : la rencontre des personnages ici réunis, les passés trop pesants, les violences trop rentrées, les haines trop contenues, tout cela ne peut que conduire au drame ...
Voilà un roman (un premier roman !) aux accents très américains et l'on se demande où le frenchy est allé tremper sa plume. Certainement pas dans ses voyages qui le menèrent en Afrique ou dans le Pacifique, des lieux où neige et loups sont tout à fait inconnus. Un mystère de plus donc.
Pour celles et ceux qui aiment les loups et la neige.


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