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Tornado (Provence Côte d'Azur)

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CIVIL WAR : PRELUDE
CIVIL WAR : PRELUDE
par Collectif
Edition : Relié
Prix : EUR 29,00

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 La poule aux œufs d’war, 23 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : CIVIL WAR : PRELUDE (Relié)
Ce recueil de la collection "Civil War", intitulé "Civil War : Prélude", est le tome 0 d'une série de sept (à suivre : les tomes 1, 2, 3, 4, 5 et 6).
Comme cet "Event Marvel" a connu beaucoup de succès (un "event" est un événement majeur réunissant la totalité des séries sur un crossover prétexte), Panini Comics n'a cessé d'ajouter des tomes et aura fini par publier tout et n'importe quoi, assimilant la franchise Civil War a une véritable poule aux œufs d’or. Ce dernier tome en date, alors qu'il est en réalité le prologue à toute la saga, regroupe néanmoins des épisodes assez intéressants pour les lecteurs passionnés par la chose...
L'essentiel des épisodes compilés ici a été publié initialement entre 2005 et 2006, juste avant que ne commence réellement l'event. Ils étaient à l'époque réunis sous la bannière "Road to Civil War"...

L'album se divise en quatre parties distinctes :
1) Amazing Spiderman #529 à 531 (scénario de J.M. Straszynski, dessins de Tyler Kirkham et Ron Garney).
2) New Avengers Illuminati (scénario de Brian M. Bendis, dessins d'Alex Maleev).
3) Fantastic Four #536 et 537 (scénario de J.M. Straczynski, dessins de Mike McKone).
4) New Warriors (Vol.3) #1 à 6 ((scénario de Zeb Wells, dessins de Skottie Young).

- Amazing Spiderman : Voyage à Washington (☆☆☆ et demi).
Il était temps ! Panini Comics s'est enfin décidé à intégrer dans sa collection le VERITABLE prologue au crossover "Civil War", qui envoie Peter Parker et Tony Stark en voyage à Washington (d'où le titre). C'est effectivement avec ces trois épisodes que l'éditeur Marvel a réellement introduit les prémices de la saga. On voit les personnages "affronter" les membres du parlement et tenter de négocier la future loi sur le recensement des surhumains, loi qui aboutira au déclenchement de la "Guerre Civile des super-héros". C'est également dans ces épisodes que Tony Stark offre à Spiderman son costume high-tech copié sur celui d'Iron Man. Ces épisodes n'ont rien d'exceptionnels (les dessins sont très fonctionnels) mais, entant que réel prologue au crossover à venir, ils sont indispensables pour le complétiste souhaitant contempler les événements liés à "Civil War" dans leur ensemble.
A noter que ces trois épisodes complètent le run de JMS en librairie (à 5 épisodes près). Cela commence avec les trois tomes de la collection "Spiderman par J.M. Straczynski" (Tome 1, Tome 2 et Tome 3). La suite reprend dans Spiderman : L'Autre (épisodes #525 à 528), Civil War : Prélude (épisodes #529 à 531), Civil War tome 2 : Vendetta (épisodes #532 à 538) et Spiderman : Un Jour de Plus (épisodes #539 à 545). Panini n'a pas souhaité publier de tomes 4 et 5 à sa collection "Spiderman par J.M. Straczynski" car tous les épisodes suivants sont des crossovers (en relation avec d'autres sagas, notamment "Civil War")...

- New Avengers Illuminati (☆☆☆).
Le one-shot "Illuminati" sert également de prologue à "Civil War", ainsi qu'à Planète Hulk (une autre grande saga du moment). Ce récit en huis-clos use de rétro-continuité en révélant que, depuis la première guerre Krees / Skrulls, les plus grands super-héros de la planète (au sens intellectuel du terme, heureusement que les autres ne le savent pas !!!), à savoir Dr Strange, Iron Man, le Professeur X, le Prince Namor (ce dernier n'est peut-être pas si intellectuel que ça, finalement...), Flèche Noire et Mr Fantastic, se réunissent en secret afin de prévenir le monde des dangers qui le menacent. Ces quelques pages n'ont rien de particulièrement transcendant et se contentent de servir de prologue à deux des grandes sagas Marvel à venir. Maleev réalise un travail assez original, où les super-héros dans leur version old-school sont traités en mode réaliste !
La chose a déjà été publiée dans tous les coins. Notamment dans un recueil deluxe de la série navrante de Brian M. Bendis du moment : New Avengers tome 3.

- Fantastic Four : Un objet Céleste (☆☆☆).
Entre 2001 et 2007 (l'âge d'or du Marvel moderne pour votre serviteur !), le scénariste J.M. Straczynski fait feux de tout bois. Il conduit parfois trois séries majeures de concert, à savoir "Amazing Spiderman", "Thor" et "Fantastic Four". Le fait est que, à l'époque de "Civil War", "Thor" est mort ! En effet, on a vu le dieu nordique trépasser dans la (superbe) saga Ragnarok, en 2004. Et c'est notre scénariste (JMS pour les intimes) qui doit s'occuper de sa résurrection dans la série dédiée au personnage (ben oui hein, vous ne pensiez tout de même pas que le "Thor" allait rester mort...). Il profite ainsi de cette période de transition menant à "Civil War" afin de préparer ce retour dans les pages de la série "Fantastic Four". Car, oui ! "L’objet céleste" annoncé dans le titre n'est rien d'autre que "Mjolnir", le marteau de "Thor", qui tombe du ciel et échoue dans le désert de l'Oklahoma où, telle l'épée Excalibur, git sans que personne ne puisse l'en déloger !
C'est alors que l'infâme "Fatalis" entreprend de convoiter le dit-marteau, envoyant derechef une armée de "fatalibots" affronter les "quatre Fantastiques"...
Ceux qui se demandaient ce qu'il s'était passé entre "Ragnarok" et Renaissance doivent donc lire ces deux épisodes de la série "Fantastic Four", qui ne servent pas à grand chose dans la perspective de "Civil War" (enfin, si, ils servent à rappeler que "Thor" est mort !), mais qui expliquent comment et pourquoi (bien que de manière un peu nébuleuse...), "Mjolnir" a atterri en Oklahoma, future terre d'accueil du royaume d'Asgard...
Pour le reste, ces épisodes en eux-mêmes ne sont pas d'un niveau intellectuel très élevé et l'on y voit surtout la "Chose" ratatiner un maximum de "fatalibots"...

- New Warriors (Vol. 3) : Dure Réalité (☆☆☆).
Aïe aïe aïe ! C'est vraiment à reculons que je me suis engagé dans la lecture de cette mini-série, qui compose tout de même le plat de résistance de ce recueil puisqu'ils occupent la moitié de sa pagination.
Ce n'était pas gagné d'avance : Une équipe de super-héros adolescents (le genre de postulat qui peut vite tomber dans le racolage), un super-héros infantile que je hais ("Speedball", l'ado qui rebondit sur les murs !!!) et, pour finir, le dessinateur de comics que je déteste le plus au monde, à savoir Skottie Young !).
Les premières pages m'ont vite mené à l'exaspération la plus totale : Humour de m****, dessins hystériques, super-héros caricaturaux insupportables. La cata.
Oui, je sais, tout le monde aime Skottie Young sauf moi. A moi, il me rappelle les dessins racoleurs que les ados adorent sur les graffitis, avec des pantalons baggy et des grosses baskets (car Young dessine vraiment ses personnages comme ça). Une esthétique qui côtoie l'idolâtrie religieuse, qui crée l'émeute par sa simple connotation. C'est-à-dire que le dessin en lui-même déclenche une attraction fétichiste chez le lecteur, qui se délecte uniquement de l'état d'esprit de ce qu'il lit, et non du contenu (ce que ça raconte). Enfin, pour moi, Skottie Young c'est du fétichisme régressif. Ce sont des fans de comics qui veulent retomber dans leur état larvaire, c'est le retour des super-héros dans leur sphère infantile, d'où il a été si difficile de les extraire à coup de Watchmen.

J'ai ainsi franchi courageusement, j'allais dire héroïquement les deux premiers épisodes. En grande partie par admiration pour le scénariste Zeb Wells, dont j'apprécie énormément le travail en règle générale. Et j'ai quand même bien fait, car il aura fallu trois épisodes au duo Wells/Young pour trouver le bon équilibre.
Le troisième épisode est effectivement un petit bijou. Là, les auteurs se calment et Zeb Wells s'intéresse de près à ses personnages, auxquels il apporte un regard sensible en revenant sur les origines de la formation de l'équipe. En plus d'épaissir la personnalité de ses héros, l'épisode est également l'occasion de développer enfin le sous-texte de la série, qui explore les arcanes de la téléréalité (car les "New-Warriors", c'est une équipe de super-héros formée par une chaine de téléréalité afin de surfer sur la fascination du jeune public pour les héros en slip !), développant ainsi une passionnante toile de fond sociétale.
Les trois épisodes suivants sont très sympathiques, puisqu'ils permettent encore de développer les personnages en les confrontant à des supervilains de seconde zone particulièrement bien utilisés dans le script (respectivement le "Penseur fou" et le "Corrupteur"). Hélas, l'action reprend vite le dessus et, surtout, la fin de la série est précipitée, coupant net cet élan au moment où ça devenait intéressant. Car l'éditeur Marvel, à ce stade, décide que les "New Warriors" seront les déclencheurs de "Civil War" en étant responsable, involontairement, de la catastrophe de la ville de Stamford, causant la mort de 600 personnes et conduisant à la loi sur le recensement des surhumains. D'où la présence de cette mini-série dans ce tome 0.
Ce dernier récit est donc relativement réussi mais gâché par un arrêt prématuré, ce qui va devenir la spécialité de l'éditeur Marvel pour toutes les bonnes séries à venir, les réorientant systématiquement sur un crossover ou un event banquable !
Je dois enfin avouer que le graphisme de Skottie Young, en définitive, est plutôt bien adapté à la tonalité des personnages, dont l'état d'esprit immature fait écho au style cartoony du dessinateur. Si l’on excepte les insupportables tics racoleurs relevé plus haut, on peut effectivement trouver un rapport harmonieux entre le fond et la forme dans cette perspective de développer les aventures d’une bande de super-héros juvéniles, qui au passage en prennent plein la poire !
On est toutefois loin de la réussite exceptionnelle d'autres séries Marvel centrées sur des héros adolescents, comme Les Fugitifs ou les Young Avengers.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 24, 2016 1:04 PM CET


Le Hobbit
Le Hobbit
par d'après J.R.R. Tolkien
Edition : Relié
Prix : EUR 16,95

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 L'unique est mon précieux..., 15 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Hobbit (Relié)
Pour les novices, rappelons que "Le Hobbit" raconte la jeunesse de "Bilbon Sacquet", lorsqu'il accompagne une bande de nains à la reconquête de leur royaume, aux griffes d'un puissant dragon, et qu'il prend l'Anneau au perfide "Gollum".

Etrangement, alors que le medium de la bande-dessinée se prête plus que les autres à l'exercice de l'adaptation (le dessin en images fixes permettant des effets spéciaux illimités pour un budget quasiment nul), il y a eu très peu d'auteurs de bande-dessinées qui se sont risqués à l'adaptation des récits de la "Terre du milieu".
Nul doute que l'idée d'adapter Le Seigneur des Anneaux a du titiller plus d'un dessinateur ou scénariste (tiens, quand j'étais gamin et que voulais faire de la BD, je rêvais de faire ça plus tard !). Mais tous, apparemment, se sont découragés avant même de se lancer dans une telle entreprise !
En réalité, une seule bande-dessinée, en l'occurrence un comic book, s'est pleinement chargé de la mission : "Le Hobbit" de Chuck Dixon (scénario) et David Wenzel (Illustrations), réalisé en 1989.

Il suffit de lire quelques pages de ce comic book pour comprendre ce qui a obligé tous les éventuels prétendant à rebrousser chemin su le terrain de l'art séquentiel : Tolkien était bavard ! Ce n'était pas Balzac, mais presque !
Dixon & Wenzel ne disposent pas d'une infinité de sources narratives et optent pour une solution intermédiaire entre l'image et le texte. Chuck Dixon reprend ainsi les mots de Tolkien, dans les phylactères lorsqu'il s'agit de dialogues, et dans les encarts de texte pour le reste. Il cesse de reprendre le texte originel dès que les images de Wenzel viennent compléter les mots en évitant de décrire ce qui est montré par le dessin. Cette solution offre un résultat fluctuant selon que certaines planches nécessitent plus ou moins de texte (deux exemples opposés dans les images ci-dessous), mais elle a le mérite de réaliser une adaptation extrêmement fidèle, presque exhaustive du roman.
Evidemment, la gigantesque "Bataille des Cinq armées" qui, chez Peter Jackson, occupera un film entier de près de trois heures, nécessite ici des coupes drastiques et une surabondance d'explications écrites, compressant le dernier quart du comic book en noyant le lecteur sous une avalanche de didascalies.

Certaines séquences sont en revanche fort bien restituées, comme celle dévolue aux aigles après la fuite des "Monts brumeux". Dans les livres de Tolkien, on comprend bien pourquoi les aigles n'interviennent que très peu souvent : Ce sont des animaux qui n'éprouvent aucune amitié pour les autres créatures, et surtout pas pour les humanoïdes. Mais ils apprécient beaucoup "Gandalf", qui a un jour guéri leur seigneur "Gwaihir". Donc, le magicien sait qu'il ne peut leur demander leur aide que très peu de fois, raison pour laquelle il ne le fait qu'en cas d'extrême nécessité !
Un détail appréciable qui fait défaut dès qu'il n'est pas exposé, faisant apparaitre ces animaux (notamment dans les films de Peter Jackson), comme un bien pratique Deus Ex-machina...

Il s'agit en définitive d'une adaptation à la fois rigoureuse et académique, presqu'un modèle standard. Un exercice visant à sélectionner le texte qu'il s'agit de garder, et de le compléter par les images à chaque fois que l'on peut éviter d'écrire ce que l'on voit.
Le résultat est plutôt réussi. Ce n'est pas toujours très fluide et pas toujours très fun, certainement pas très original. Mais c'est très efficace et, pour peu que l'on aime l'univers de Tolkien, il s'agit d'une adaptation d'excellente qualité, dont le rapport entre le contenant (l'histoire de "Bilbon le Hobbit") et le contenu (les dessins de David Wenzel), opère un plaisir manifeste, qui passe largement au dessus de toutes les contraintes scénaristiques inféodées à un tel exercice.

Evidemment, les planches de David Wenzel, grand spécialiste de l'univers graphique médiéval, sont au diapason de cette transposition presque littérale réalisée depuis le premier livre de la Terre du milieu : Plume délicate, aquarelles diffuses, imagerie universelle, tout concoure à faire de cette illustration séquentielle une parfaite adaptation de "Bilbon le Hobbit", dans son imagerie la plus classique...
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 15, 2016 10:02 PM CET


Le Hobbit - La trilogie [Version longue - Blu-ray + Copie digitale]
Le Hobbit - La trilogie [Version longue - Blu-ray + Copie digitale]
DVD ~ Ian McKellen
Prix : EUR 64,99

28 internautes sur 30 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Return of the King Size, 14 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Hobbit - La trilogie [Version longue - Blu-ray + Copie digitale] (Blu-ray)
Il n'y aura rien dans mon commentaire sur la qualité des blu-ray, entendu que de toute manière ils sont au top du top.
Du côté du packaging, certains ont déjà bien commenté la chose, mais soit : Le boitier est honorable. En carton entièrement vernis, il s'ouvre comme un coffre et dévoile, sous le couvercle, la carte dessinée par Tolkien lui-même que l'on trouve à l'origine dans le roman. A l'intérieur du coffret, trois boitiers DVD individuels dans leur emballage d'origine (les mêmes que lors des achats distincts), contenant chacun trois disques (sauf le DVD du premier film qui contient 5 disques, avec la version DVD du film séparée en deux parties). En tout, 6 disques de bonus numérotés de 7 à 12 (suite à ceux du Coffret Trilogie Le Seigneur des Anneaux - Intégrale Versions longues - 15 disques [Blu-ray] [Version Longue - Édition spéciale]).

Je propose à présent un tour d'horizon sur le film lui-même, afin de relever ses caractéristiques sur le terrain de l'adaptation par rapport au roman de J.R.R. Tolkien. Nous survolerons uniquement les versions longues des trois films, à savoir "Un Voyage Inattendu", "La Désolation de Smaug" et "La Bataille des Cinq Armées". Cette nouvelle adaptation se situe dans la continuité du Seigneur des Anneaux, dont elle constitue une préquelle.

Pour les novices, rappelons que "Le Hobbit" raconte la jeunesse de "Bilbon Sacquet", l'oncle de "Frodon", lorsqu'il accompagne une bande de nains à la reconquête de leur royaume, aux griffes d'un puissant dragon, et qu'il prend l'Anneau au perfide "Gollum". Nous retrouvons, outre le charismatique "Gandalf", les peuplades qui nous sont désormais familières (elfes, hobbits et autres orques), tout en en découvrant de nouvelles. Mais ce sont surtout les nains qui tiennent ici le haut de l'affiche. Treize nains, en ce qui concerne l'essentiel du récit, emportés par la fureur de leur quête et leur soif de vengeance. C'est ainsi très complémentaire, dans la mesure où ce fut la race de la Terre du milieu la moins exposée dans les événements du "Seigneur des Anneaux".

D'un point de vue formel, je serais intransigeant malgré l'opinion générale : "Le Hobbit" est encore plus fluide et plus équilibré que "Le Seigneur des Anneaux". Les effets spéciaux ont gagné en précision et en ampleur. L'humour y est plus diffus et naturel, davantage inféodé à la mythologie concernée (pas d'elfe qui fait du surf sur un bouclier. Pas de lancer de nain...). A noter que la musique, y compris les chansons du générique de fin, avec leurs accents celtes et écossais, sont également au diapason de cette mythologie, mettant l'accent sur les objectifs d'une adaptation d'une honnêteté artistique optimale.

Certaines critiques négatives ont néanmoins reproché à cette seconde adaptation son trop plein d'action. Non que je veuille contester à tout un chacun sa liberté de penser, mais le livre de Tolkien regorge d'action ! L'écrivain éprouvait le besoin manifeste de lancer ses personnages dans un récit plein de bruit et de fureur, et Peter Jackson n'a fait que le transposer à l'écran.

Les nombreux rajouts, les différences au niveau des descriptions et personnages ("Thorin Ecudechêne" est nettement rajeuni, la jolie elfe "Tauriel" n'existe pas dans les romans..) et la durée ostentatoire de l'ensemble (à peu-près neuf heures en tout) ont également été largement critiqués.
Effectivement, que pouvaient nous raconter trois longs films sachant que le livre originel ne comporte pas plus de 370 pages ? Car par comparaison, Le Seigneur des anneaux en impose tout de même plus de 1600 !

Peter Jackson a en effet choisi d'aller à l'envers de la précédente adaptation en nous offrant un scénario qui, non seulement n'oublie pas une ligne du roman originel, mais qui en plus l'étire, le développe, le complète ! Là où la trilogie précédente faisait table rase d'un nombre conséquent de chapitres entiers issus des trois tomes du "Seigneur Des Anneaux", "Le Hobbit" est à la fois une adaptation exhaustive de son matériau et un large prolongement des écrits du maître. Ainsi, de nombreuses séquences s'emploient à combler les trous et à creuser les fondations qui mènent du "Hobbit" au "Seigneur Des Anneaux" !
A commencer par les quelques évocations distillées dans le livre originel, qui sont ici directement montrées (notamment lorsque "Gandalf" retrouve "Thrain", le père de "Thorin Ecudechêne" prisonnier du "Necromancien", alias "Sauron" en personne !).

Peter Jackson et ses gentes dames co-scénaristes ont également développé tout ce qui a été évoqué plus tard de manière rétro-continue dans "Le Seigneur des Anneaux", au cours du très long chapitre intitulé "Le Conseil d'Elrond" (lorsque "Gandalf" parlait des événements contemporains du livre de "Bilbon le Hobbit" afin de remonter aux origines du retour de "Sauron" en "Terre du milieu"). Mais ils ne se sont pas contentés de nous montrer ce que racontait alors le magicien. Ils ont aussi imaginé tout ce qu'il avait omis, mais qui, entre les lignes, était probable, comme la participation au combat de personnages aussi puissants que "Saroumane" (bien avant sa future trahison), "Galadriel", "Elrond" ou encore "Radagast". Autant de figures majeures de la mythologie consacrée qui, à l'origine, n'existaient pas encore lorsque Tolkien rédigea les lignes de son premier roman !

En ajoutant toutes ces séquences, formidables pour les fans, les scénaristes ont véritablement creusé dans le terreau mythologique du "Troisième âge" et ont prolongé sans jamais le trahir le récit jadis rédigé par l'écrivain. Et comme dans "Le Seigneur des Anneaux", ils ont privilégié le spectacle en montrant directement ce qui n'était que suggéré. Un véritable trip de geek, dont les nombreux fantasmes ("Saroumane" combattant les "nazguls" ou "Galadriel" affrontant "Sauron" avec son anneau "Nenya" !) sont désormais matérialisés en écran large !

Sur le terrain des nombreux changements, notons que l'histoire d'amour entre le nain "Kili" et l'elfe "Tauriel" n'a jamais existé dans le roman originel, et telle idylle n'a d'ailleurs jamais été évoquée par Tolkien dans aucun de ses écrits. Mais il s'agit d'un parti-pris tout à fait acceptable qui fait écho à l'histoire de "Beren & Luthien" et à celle d'"Aragorn & Arwen", et qui redonne une certaine noblesse au peuple des nains après leur traitement dans "Le Seigneur des Anneaux". Et comme le manque de présence féminine a toujours été montré du doigt dans ce type d'aventure, il est évident que le trio de scénaristes a voulu contrebalancer un peu le taux de testostérones...

Certes, la dramaturgie de cette préquelle est beaucoup plus légère que celle de la quête de l'Anneau, mais elle véhicule toutefois les mêmes thèmes (tels le "Renoncement" ou le "poids de l'Héritage"), tout en construisant une solide architecture mythologique, baignée de noblesse chevaleresque et de références séculaires.

En revanche, on peut regretter un certain compromis commercial qui culmine avec un trop plein de séquences pyrotechniques et, comme dans l'adaptation du "Seigneur des Anneaux", des combats beaucoup trop aseptisés où de petites créatures viennent à bout de plus grosses et plus fortes avec trois cabrioles infantiles.
A ce titre, chaque film possède trois ou quatre de ces scènes d'action pyrotechniques (la poursuite dans les mines des "Monts brumeux" avec les gobelins, la cavalcade sur les tonneaux le long de la "Forest river", le combat contre le dragon "Smaug", et l'attaque du charriot blindé dans la version longue de "La Bataille des Cinq Armées"). Ce sont pour ma part des scènes exaspérantes, désincarnées, infantiles, vulgaires et idiotes. Du video-game donné en pâture aux spectateurs avides de scènes d'action bourrines.
Pour autant, ces extraits ne semblent pas déplaire à tout le monde et certaines critiques, chez Mad Movies par exemple, louent la chose comme "les morceaux de cinéma les plus virtuoses jamais chorégraphiés par Jackson". Mouais... J'aurais largement préféré des scènes de combat plus réalistes et crédibles, naturalistes et viscérales, dans le genre de celles de Braveheart. Maintenant, je me souviens d'un entretien avec Peter Jackson dans les bonus des DVD, où il expliquait qu'afin de trouver le financement nécessaire à la genèse de son projet, il s'était engagé à réaliser un spectacle grand-public, et donc le résultat devait contenir son lot de scènes d'action grand-public...

Pour les amoureux de la précédente adaptation de Peter Jackson, disons que tout y est, de la musique d'Howard Shore (qui reprend le thème de l'Anneau et en développe des nouveaux) aux sublimes paysages de la Nouvelle-Zélande ; du casting (identique aux films précédents lorsqu'il s'agit des mêmes personnages, avec de nouveaux acteurs formidables) ; de la construction narrative aux récits de batailles homériques, le tout est gargantuesque, homérique et roboratif.
Maintenant, contrairement au "Seigneur des Anneaux", on peut-être déçu au final car au lieu de progresser dans la dramaturgie avant tout, Le Hobbit étouffe cette dernière composante en privilégiant l'action pyrotechnique AVANT TOUT, pour un résultat, hélas, beaucoup plus désincarné en définitive.

Peter Jackson poursuit néanmoins sa destinée en s'imposant comme le cinéaste miraculeux qui aura offert au monde l'illustration de la "Terre du milieu" sous le medium total du cinématographe. Il ne nous reste plus qu'à attendre, comme il l'a suggéré, qu'il s'attaque au Silmarillion ou à d'autres récits du "Premier ou du Deuxième âge"...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : May 24, 2016 11:34 PM MEST


Spider-man: Les incontournables, n° 6 -Le retour du bouffon vert
Spider-man: Les incontournables, n° 6 -Le retour du bouffon vert

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Toute première fois..., 13 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Spider-man: Les incontournables, n° 6 -Le retour du bouffon vert
Ce recueil de la collection "Spider-man les incontournables" regroupe quelques épisodes dédiés, comme la plupart des autres tomes (huit numéros au total), à l'un des pires ennemis de "l'Homme-araignée". Il s'agit du célèbre "Bouffon vert", alias "Norman Osborn", le père de son meilleur ami "Harry" !
Nous trouvons ici le fascicule (fac-similé) de l'épisode "Amazing Spider-Man" #99 de 1971 intitulé "Panic In The Prison !", réalisé par Stan Lee (scénario) & Gil Kane (dessin).
Le recueil en lui-même regroupe les épisodes "Amazing Spider-Man" #96-98 (1971 : Scénario de Stan Lee, dessins de Gil Jane) et #121-123 (1973 : Scénario de Gerry Conway, dessin de Gil Kane).
Ce sixième tome assure le prolongement de Spider-man les incontournables N°4 : La Menace du Bouffon vert, puisqu'il reprend à la suite du précédent les épisodes historiques marquant le combat entre Spiderman et son pire ennemi.

- "Amazing Spider-Man" #96-99 : C'est le retour du Bouffon vert !
Alors que Norman Osborn recouvre peu à peu la mémoire (il se souvient qu'il est le Bouffon vert et que Peter Parker est Spiderman), son fils Harry sombre dans la dépendance à la drogue. Heureusement, une fois encore, le combat qui l'oppose à l'Homme-araignée le laissera... amnésique...
Face à cet élément dramatique, Peter Parker et Gwen Stacy vont tout de même effectuer leurs retrouvailles après une certaine traversée du désert, et nouer définitivement leur relation amoureuse exclusive.

- "Amazing Spider-Man" #121-123 : C'est le retour du Bouffon vert !
Cette fois, l'éditeur franchit un pas décisif et commet l'irréparable : Un personnage majeur de la série décède. C'est la mort historique de Gwen Stacy ! Le Bouffon vert meurt à son tour dans l'épisode suivant. Pas d'amnésie cette fois-ci.

Evidemment, ce recueil vaut surtout pour le double épisode de la mort de Gwen Stacy et du Bouffon vert. Si Osborn reviendra en 1996 dans La Saga du Clone, la jolie Gwen connait la première mort définitive de l'univers Marvel depuis celle de l'oncle Ben, dans le premier épisode de la même série.
C'est une étape majeure pour l'histoire des comics de super-héros, qui mettent ici un pied dans la sphère adulte. D'ailleurs, la série est à l'époque particulièrement sombre (pour une série relativement enfantine), et les épisodes #96-98, qui composent la première partie de notre recueil, commencent déjà très fort avec un Harry Osborn accroc au LSD, qui se fait plaquer par Mary-Jane Watson dans des conditions assez sordides !

A cette époque, Stan Lee passe le relai de la série à d'autres auteurs, à commencer par Gerry Conway. Le premier geste fort de la nouvelle équipe artistique, qui est chapeautée de près par John Romita Sr (le dessinateur précédent qui passe également le relai tout en gardant un œil attentif sur la suite des événements en assurant l'encrage) est de se débarrasser de la jeune Gwen. Une inspiration de Romita, à ce qu'il parait, qui avait créé le personnage de Mary-Jane Watson et qui souhaitait lui offrir une importance croissante auprès du héros.
Stan Lee, alors grand ponte de la Marvel, regretta ce choix et tenta de faire revivre le personnage à l'occasion de la "première saga du clone" (disponible dans la même collection : Spider-man - les incontournables n°7 Face-À-Face Avec Le Clone). Mais, étonnamment, le public avait apprécié le choix de ce décès et s'opposa au retour factice de la jeune femme ! Une manière de démontrer que, en ce milieu des année 70, le dit-public accédait en douceur à une ère plus mature.

Pour l'essentiel, ces épisodes souffrent toujours du poids de l'âge et affichent une réelle lourdeur formelle, accentuée par un script d'une très grande naïveté (les fameux statuquos systématiques en fin d'arc narratif lorsque Norman Osborn redevient systématiquement amnésique !). Mais l'ensemble se laisse lire avec un réel plaisir notamment grâce à l'intensité de ces événements particulièrement sombres. A noter que la série connait ici un pic, et qu'elle va malheureusement retomber dans les aventures infantiles pour encore quelques années.
Aujourd'hui, ces épisodes sont entrés dans la légende et sont devenu très importants pour la continuité.
Attention, il ne s'agit pas d'une importance de fond, car le personnage du Bouffon vert a depuis tellement évolué que le fait de relire ces épisodes prête à sourire tant sa personnalité actuelle ne reflète en rien celle qui était la sienne à cette époque (une sorte de "victime" de la science. Un homme bon rendu fou par ses expériences). On est effectivement bien loin du psychopathe de l'époque des Thunderbolts ou du Dark Reign. En revanche, on peut parler d'une importance éditoriale car il s'agit d'événements sans cesse rappelés dans la série au cours des années, et qui ont marqué les lecteurs entant que période phare de la mythologie consacrée.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 13, 2016 10:36 PM CET


Marvel collector 5 : Spider-Man & Wolverine
Marvel collector 5 : Spider-Man & Wolverine
par Collectif
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Un fauteuil pour deux, 13 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Marvel collector 5 : Spider-Man & Wolverine (Broché)
"Spiderman / Wolverine : Deux Contre Le Monde Entier" ("Stuff Of Legends") est une mini-série de quatre épisodes réalisée en 2003 par le scénariste Brett Matthews et le dessinateur Vatche Mavlian (avec une mise en couleur de Paul Mounts).

Spiderman et Wolverine se retrouvent à l'autre bout du monde dans des circonstances peu communes, avant de parcourir plusieurs continents... Ils devront déjouer une énigme particulièrement complexe impliquant le S.H.I.E.L.D. et Nick Fury en personne !
Action, espionnage et conspiration à grande échelle se télescopent au programme d'une aventure menée à cent à l'heure, pleine de rebondissements et d'humour.
L'intérêt principal du récit se situe dans l'opposition des caractères entre les deux personnages principaux. C'est une composante très classique que l'on retrouve très souvent dans les comics de super-héros, mais cela fonctionne à plein régime entre un Spiderman altruiste, roublard et racoleur, et un Wolverine teigneux et rustre comme un animal sauvage. Finalement, le scénario tombe presque comme un cheveux sur la soupe tant il est évident que l'ensemble n'a été imaginé qu'afin de mettre en avant cette dualité savoureuse.
L'histoire n'est pas inintéressante pour autant, car c'est rythmé et bourré de rebondissements, avec deux ou trois "twist" qui viennent pimenter une trame de l'ordre du pur et simple divertissement.

Mais le scénariste et le dessinateur réalisent un travail fluctuant. Que ce soit au niveau du script, du découpage, des dialogues ou des dessins, l'ensemble est franchement très inégal. De nombreuses maladresses, tant au niveau du texte que de la mise en scène, côtoient ainsi des vignettes où le superbe et l'affreusement bâclé sont à égalité. Sauf pour Paul Mounts, qui réalise une mise en couleur impeccable.
Du comicbook léger et inoffensif. Sympa pour se divertir. Dispensable pour les lecteurs exigeants sur la qualité picturale et scénaristique. De toute manière, qui se souvient aujourd'hui de ce récit et de ce duo d'auteurs ? ☆☆ et demi.
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Spider-man les incontournables N°4 : La menace du bouffon vert
Spider-man les incontournables N°4 : La menace du bouffon vert
par Collectif
Edition : Cartonné

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 En vert et contre tous, 12 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Spider-man les incontournables N°4 : La menace du bouffon vert (Cartonné)
Ce recueil de la collection "Spider-man les incontournables" regroupe quelques épisodes dédiés, comme la plupart des autres tomes (huit numéros au total), à l'un des pires ennemis de "l'Homme-araignée". Il s'agit du célèbre "Bouffon vert", alias "Norman Osborn", le père de son meilleur ami "Harry" !
Nous trouvons ici le fascicule (fac-similé) de l'épisode historique "Amazing Spider-Man" #14 de 1964 intitulé "The Grotesque Adventures Of The Green Goblin", réalisé par Stan Lee (scénario) & Steve Ditko (dessin). Il s'agit de la première apparition du personnage du "Bouffon vert" dans les pages de la série et dans l'univers Marvel.
Le recueil en lui-même regroupe les épisodes "Amazing Spider-Man" #39-40 (1966) et #50 (1967), ainsi que le très long épisode (60 pages) "Spectacular Spider-Man Magazine" #2 (1968), le tout réalisé par Stan Lee (scénario) & John Romita sr. (dessin).

Dans le premier épisode (Amazing Spider-Man" #14), Spiderman fait donc la connaissance de son nouvel ennemi qui l'amène à Los Angeles afin qu'il participe à un film sur sa propre vie. Il s'agit en réalité d'un piège tendu par le "Bouffon" et le gang des "Exécuteurs", d'autres ennemis de "l'Araignée". L'affrontement sera interrompu par la présence de "Hulk", que tous les personnages vont venir enquiquiner alors qu'il végète tranquillement dans une caverne...
Qu'est-ce c'est que ce scénario sans queue ni tête ? C'est à se demander ce qu'il se passait dans l'esprit de Stan Lee en cette époque reculée !
Scénario comme dessin sont plutôt mauvais. Et bien que l'on puisse estimer le talent des deux auteurs, avouons qu'ici ils ne tirent pas le meilleur d'eux-mêmes... A lire pour le côté historique de la première apparition d'un personnage important dans la continuité...

Les épisodes #39 et 40 opèrent un bon en avant. Par le biais des dialogues, encarts de texte et autres bulles de pensées, le lecteur apprend que les deux ennemis se sont affrontés un bon paquet de fois et qu'il est temps, à présent, de mettre un terme à ces affrontements. C'est ainsi que le "Bouffon vert" met au point un plan afin de découvrir l'identité secrète de Spiderman, à savoir "Peter Parker". Il parvient à ses fins et emprisonne notre héros dans l'une de ses cachettes secrètes. Là, le "Bouffon" révèle également à Peter son identité : Celle de Norman Osborn, le père de son meilleur ami ! S'ensuit un combat, d'abord psychologique, puis physique, au terme duquel Spiderman remporte la victoire. Heureusement pour lui, une explosion de produits chimiques rend Norman Osborn amnésique, oubliant qu'il était le "Bouffon vert" !

Dans le très long épisode "Spectacular Spider-Man Magazine" #2, deux années se sont écoulées au cours desquelles Norman Osborn est redevenu l'homme d'affaire affable et le bon père de famille qu'il était jadis. Mais le bonhomme commence à ressentir un trouble persistant, notamment lorsqu'il pense à Spiderman et, surtout... au "Bouffon vert" ! Peter Parker, de son côté, craint que le père de son meilleur ami ne retrouve la mémoire, sachant qu'il se souviendrait alors de son identité secrète...

Ces épisodes sont nettement meilleurs que celui de 1964. Les dessins de John Romita Sr. sont superbes et délicieusement rétro. Et la montée en puissance mise en scène lors des affrontements psychologiques (sait-il qui je suis ? Connait-il mon identité secrète ? Se souvient-il de moi ? A-t-il recouvré ses souvenirs ?) est particulièrement intense pour une histoire au départ pensée pour un très jeune public.
D'ailleurs, on peut noter que les combats physiques (souvent infantiles), sont ici contrebalancés à égalité par ces fameux affrontements psychologiques, ainsi que par le relationnel entre les divers protagonistes de la série (Peter Parker, Harry et Norman Osborn, Gwen Stacy, Tante May, J.Jonah Jameson, Liz Allen et Flash Thompson), fouillé comme dans un feuilleton façon "soap". Le parfait équilibre entre ces trois éléments tire l'ensemble vers le haut et l'on comprend aisément, avec le recul, pourquoi cette période est considérée comme l'apogée de la série dans sa facture classique.

Evidemment, le temps a fait son office et l'ensemble souffre de pas mal de lourdeurs, notamment au niveau des dialogues et des bulles de pensées. Mais le pire se situe au niveau du dénouement de chaque arc narratif, systématiquement suivi d'un confortable statuquo. C'est ainsi que, dans l'épisode "Spectacular Spider-Man Magazine" #2, alors qu'il venait de retrouver la mémoire, le "Bouffon vert" termine son combat par... une nouvelle amnésie... jusqu'à la prochaine fois !
Soit un côté répétitif et franchement naïf, difficile à supporter aujourd'hui.
Ces épisodes sont toutefois importants pour les lecteurs soucieux de connaitre la continuité de la série. Ils seront gorgés de souvenirs pour les nostalgiques les ayant découverts à l'époque de Strange dans les années 70 (Strange N°36 et 37). Et ils sont dans le haut du panier des classiques du point de vue du scénario et du dessin.

L'épisode Amazing Spider-Man #50 est un bonus puisqu'il n'a rien à voir avec les précédents. Il s'agit d'un épisode très connu (Strange N°47) dans lequel Peter Parker décide de jeter son costume à la poubelle afin de reprendre une vie normale, avant d'être rappelé à son devoir par les responsabilités qu'incombent ses pouvoirs...
Cet épisode sera repris dans le film Spider-Man 2 de Sam Raimi. Une opportunité saisie par l'éditeur panini Comics puisque la collection "Spider-man les incontournables" a été lancée à l'occasion de la sortie du film en 2004...

Cette collection demeure très intéressante. D'abord pour ses compilations choisies. Ensuite pour sa qualité d'impression, le papier mat servant nettement mieux les comics old-school que le papier glacé de la très aseptisée collection des Intégrales. La traduction est en revanche assez calamiteuse, notamment lorsqu'elle est effectuée par Geneviève Coulomb.
A noter que ce tome bénéficie d'une "suite" prestigieuse, puisque le recueil Spider-man: Les incontournables, n° 6 - Le retour du Bouffon vert ramène le vilain sur le devant de la scène dans une des plus importantes sagas de toute la série dédiée à "l'Homme-araignée" : La mort de Gwen Stacy !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 13, 2016 6:37 AM CET


Sans issue, Bienvenue à Christmasland
Sans issue, Bienvenue à Christmasland
par Joe Hill
Edition : Relié
Prix : EUR 19,90

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le Voyage à Travers l'Impossible, 11 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sans issue, Bienvenue à Christmasland (Relié)
"Sans Issue, Bienvenue à Christmasland" est une mini-série en sept épisodes réalisée en 2015 par le scénariste Joe Hill et le dessinateur Charles Paul Wilson III.
L'éditeur Milady a réalisé un travail de sape particulièrement navrant dans la traduction du titre de l'album (et par extension, du texte en entier). Le titre original de la mini-série est : WRAITH: Welcome to Christmasland , parfois stylisé de manière à apparaitre comme WRA1TH: Welcome to Christmasland, dont le "WRA1TH", qui est la marque de la Rolls Royce mise en avant sur la couverture (et accessoirement l'un des "personnages" principaux de l'histoire) est une transposition phonétique du mot "wraith", qui signifie "spectre".
Cette précision de taille étant établie, nous pouvons à présent entrer dans le vif du sujet...

C'est l'histoire de "Charlie Manx", chauffeur de la Rolls Royce immatriculée NOS4A2, qui conduit les enfants à "Chrismasland", un parc d'attraction d'où l'on ne revient jamais.
Au départ, il y a le roman Nosfera2 (là aussi une piètre traduction française du NOS4A2 originel), écrit par Joe Hill en 2014. On y trouve déjà "Charlie Manx". Ce dernier croise la route d'une jeune femme qui possède le même pouvoir que lui, "la faculté d'extrospection", qui consiste à donner corps à son imagination dans le réel. Mais tous deux ne l'utilisent pas de la même manière...
Le comicbook "Sans Issue, Bienvenue à Christmasland" est ainsi un "spin-off" du roman précité. Une exploration du même univers. Un prolongement. Et avant tout une préquelle. Joe Hill l'a présenté comme "le sordide film d'horreur 80's que j'ai toujours voulu faire" !
On commence par découvrir les origines de "Charlie Manx" le temps d'un épilogue. Puis le bonhomme est lié à une histoire originale, où les passagers d'un véhicule pénitencier (deux policiers et trois détenus), échouent à "Christmasland". Pour terminer, une nouvelle originale, écrite en prose mais toujours illustrée par Wilson III, développe les origines d'un autre personnage entraperçu dans le prologue.

Il était attendu au virage (c'est le cas de le dire) Joe Hill, après la réussite extraordinaire de la série Locke & Key, sans doute l'une des toutes meilleures séries de comics des années 2010.
La présente mini-série avait au départ tout pour déplaire : Un spin-off de l'un de ses romans (sommes-nous obligés de le lire ?). Une histoire apprêtée à mi-chemin entre le one-shot et la série. Un dessinateur pas forcément attirant...
A l'arrivée, pas de soucis. Joe Hill reste lui-même, et cette nouvelle création, toute inféodée qu'elle est à la mythologie de "NOS4A2", est d'une qualité optimale en termes de réussite artistique.

Le scénariste imagine ici une histoire dont il a le secret, une histoire que ne ressemble à aucune autre. Un conte horrifique à la fois réellement terrifiant, horrible, parfois malsain, mais toujours profond et enlevé, lyrique, soutenu par une étonnante poésie macabre et enfantine.
Côté horreur, il n'y va pas par quatre chemins en transformant les enfants innocents de "Christmasland" en monstres sanguinaires, dont l'innocence immaculée souligne encore davantage le côté monstrueux. Face à eux, de réels psychopathes tout aussi monstrueux côtoient des personnages plus complexes, aux failles humaines composant des personnalités aux multiples facettes.
Comme il le suggérait en présentant son comic book comme "le sordide film d'horreur 80's que j'ai toujours voulu faire", il distille également quelques notes d'horreur glauque semblant sortir d'un Halloween version Carpenter ou d'un Vendredi 13 (et même d'Un Massacre à la tronçonneuse plus 70's).
Côté poésie, Joe Hill tisse une toile de fond dont l'esthétique gothique évoque souvent Tim Burton, mais avec une méchanceté communicative et un art des dialogues qui lorgnerait également du côté de chez Tarantino ! Evidemment, le tout est saupoudré d'un petit quelque chose en plus qui en fait du Joe Hill !

Comme il l'avait fait avec "Locke & Keys", Hill prouve une fois encore qu'il s'est complètement approprié le médium de la bande-dessinée comme un moyen d'expression propre, qui ne ressemble à aucun autre et qui permet de développer une imagerie à part. Par exemple, dans "Locke & Keys", afin de montrer ce qu'il y avait dans la tête du jeune "Bode", il n'hésitait pas à ouvrir le crâne du petit garçon (grâce à une clé spéciale) pour que le lecteur puisse regarder à l'intérieur et découvrir le contenu dans une forme d'illustration frontale aux confins de l'imagerie enfantine. Un procédé casse-gueule qui ne supporte pas la demi-mesure et qui ne peut fonctionner qu'avec un sens de l'équilibre virtuose dans le cadre d'un récit destiné aux adultes ! Le lecteur retrouve pleinement ce procédé dans "Sans Issue, Bienvenue à Christmasland", notamment lors d'un dénouement où tout le parc d'attraction se met en marche dans une accumulation d'attractions à la fois dangereuses et complètement surréalistes, qui évoque autant les toiles de Dali que les films de Méliès ! Soit un art consommé de la poésie visuelle, à nul autre pareil...

Une fois encore, on peut regretter la traduction à côté de la plaque de l'éditeur Milady, qui prive le lecteur de passage (pas assez curieux pour chercher à se documenter sur les sources du récit) de toute la dimension métaphorique, j'allais dire métaphysique de la voiture appelée WRAITH. Issue de l'esprit et de la faculté surnaturelle de "Charlie Manx", l'auto s'impose comme une réminiscence des clés magiques de "Locke & Keys" et sert de passage vers l'autre monde, ne faisant qu'un avec son conducteur tels Caron et sa sinistre barque...

Avec cette nouvelle création, Joe Hill entérine sa position d'auteur et prouve d'une manière définitive à quel point il maitrise l'art séquentiel.
Comme de bien entendu, le récit distille une fois encore toute une toile de fond aux multiples facettes. Et c'est là que l'on retrouve le fils de son père.
Je ne m'abaisserais pas à chercher systématiquement à comparer Joe Hill à son illustre géniteur comme le font la plupart des commentateurs tant cette comparaison est stérile. Aujourd'hui, l'authenticité du fils n'est plus à prouver et son talent lui est propre. En revanche, je trouve passionnant de relever le nombre de thèmes récurrents identiques qui parsèment l'œuvre des deux écrivains. Car si l'on décortique attentivement la toile de fond de "Sans Issue, Bienvenue à Christmasland", on va y trouver les thèmes de l'enfant possédant des pouvoirs psychiques, de l'horreur tapie dans les éléments de l'enfance (la comptine, le parc d'attractions, les fêtes de Noël et autres clowns...), de la dissolution de la cellule familiale, de la voiture douée d'une volonté propre (l'objet doté d'une âme), ainsi que celui du passage entre les univers des morts et des vivants (et entre les divers univers entre eux). Soit certains des thèmes principaux de l'œuvre de Stephen King !
Entre hommage révéré et héritage littéraire, et après avoir tué le père au moins à deux reprises (en renonçant à son propre nom et en commençant "Locke & Keys" par l'assassinat du père de la famille "Locke"), Joe Hill embrasse son bagage littéraire afin de mieux le prolonger, tout en le colorant de ses propres tonalités et de son propre univers.

Le dessin de Charles Paul Wilson III est moins séduisant que ne l'était celui de Gabriel Rodriguez sur "Locke & Keys" (qui illustre ici la couverture). Il possède néanmoins suffisamment de personnalité pour apporter un joli supplément d'âme au récit de son scénariste. Epousant les délires enfantins et surréalistes de ce dernier, le dessinateur donne corps à son histoire et lui offre un visuel tout aussi original et unique en son genre. Soit un graphisme semi-réaliste, à la fois classique dans le registre du comic book, et distinctif dans son traitement des visages et des expressions.
Le temps d'une double-planche de poursuite époustouflante, les deux auteurs nous offrent une traversée de labyrinthe mémorable, en une seule image qui fonctionne comme un plan-séquence cinématographique, chaque recoin du labyrinthe s'apparentant à une vignette de bande-dessinée ! Du grand art.
On regrettera tout au plus un certain sentiment de frustration à l'idée que le récit en lui-même n'est qu'une infime partie d'un tout (à lire dans le roman Nosfera2 et, très probablement, dans d'autres romans et nouvelles à venir dressant toute une mythologie étendue). Mais en l'état, "Sans Issue, Bienvenue à Christmasland" est une petite œuvre d'une puissance, d'une profondeur et d'une inventivité qui la tire vers le haut et la dispose très largement au dessus de la masse.

La nouvelle illustrée qui clôt cet album et qui s'intitule "Fantômes" vaut également largement le détour. Explorant la vie entière d'un personnage secondaire de "Bienvenue à Christmasland", le récit est découpé de manière à former un entre-deux entre la nouvelle en prose illustrée et la bande-dessinée. Joe Hill réussit à intégrer un conte macabre dans une atmosphère naviguant de Charles Dickens à Jack London, en passant par Les Contes de la Crypte. Au gré d'un hasard illusoire, le tout parvient, au bout du compte, à retomber sur ses pieds et à s'imbriquer parfaitement dans la mini-série ! Le résultat est magistral et, une fois encore, Hill parvient à injecter, grâce à un sens du détail pittoresque et truculent, une densité et une profondeur étonnante à une histoire qui ne paie pas de mine au premier abord. Le bonhomme est bel et bien un redoutable conteur...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 15, 2016 6:25 PM CET


La Vie est belle (It's a Wonderful Life)
La Vie est belle (It's a Wonderful Life)
DVD ~ James Stewart
Prix : EUR 14,51

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Politic art, 10 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Vie est belle (It's a Wonderful Life) (DVD)
"La Vie Est Belle" ("It's A Wonderful Life") est un film réalisé en 1946 par Frank Capra. Faux contes de noël, vrai film politique, il est devenu avec le temps l'un des grands classiques de l'histoire du cinéma.

Le synopsis : A "Bedford Falls", dans l'État de New York. La vie de "George Bailey", directeur d'une association de construction et de prêts, qui permet aux personnes modestes de devenir propriétaires, depuis son enfance jusqu'au jour où notre homme décide de mettre fin à ses jours. C'est à ce moment que "Clarence", un ange sans ailes, est désigné pour le remettre sur les rails...

"La Vie Est Belle" est vraiment un faux conte de noël !
Semblable, par moment, au conte de Charles Dickens Un chant de Noël, le récit met bien en scène un ange venu sur terre afin de sauver un homme la nuit de Noël. Mais il s'agit avant tout d'un décorum servant de métaphore à une véritable fable politique...
Car "La Vie Est Belle" est un vrai film politique !
Durant toute la durée du film, le spectateur voit "George" affronter le cynique "M. Potter". Ce dernier, qui souhaite qu'un maximum d'habitants restent locataires afin de leur imposer des loyers élevés, est l'âme damnée de Bedford Falls. Il incarne le capitalisme primaire, le libéralisme forcené, qui impose la loi du profit aux dépends des plus démunis. Face à lui, "George" incarne le communisme, qui défend les citoyens en leur permettant l'accès à la propriété.

Il est plus qu'étonnant qu'avec une telle toile de fond, Capra n'ait pas fait l'objet d'une chasse aux sorcières alors que "La liste Noire de Hollywood" a été mise en place l'année suivante ! A croire que son aura d'auteur indépendant l'a protégé du maccarthysme !
A bien y regarder, néanmoins, le message politique dissimulé dans le sous-texte n'a rien de choquant et apparait avec le temps davantage socialiste que communiste. Un véritable socialisme à la Jaurès, où les gens sont avant tout des travailleurs qui méritent estime et respect, et non des assistés béats. En gros, une véritable brèche démocrate face à une frange républicaine plus agressive. Mais trêve de discours politisé, puisque le film se regarde et s'apprécie aujourd'hui pour son ambiance merveilleuse, avant d'en décrypter les multiples niveaux de lecture...

Les presque centre trente minutes de "La Vie Est Belle" sont ainsi portées par la grâce. Incroyablement rythmé et énergique (égratignant avec une agressivité communicative la bienpensance bigote à chaque fois que c'est possible, et ce malgré son aspect de conte de noël tout en foi chrétienne !), le film bénéficie d'un montage impressionnant de maitrise et les décors de cette petite ville provinciale fictive (et entièrement réalisée en studio pour devenir, avec ses 16 000 m2, l'un des plus grands décors de cinéma jamais construit !) sont de toute beauté.
Avec le temps, les spectateurs se sont manifestement détournés du discours politique afin de profiter avant tout de l'atmosphère unique de ce "faux" conte de noël, au point qu'il devienne, avec Le Magicien d'Oz, le film de noël par excellence !
L'interprétation exceptionnelle de James Stewart est évidemment l'un des principaux facteurs de séduction d'un film dont l'aura ne s'est jamais démentie depuis qu'il a gagné ses galons de film culte. Sachant qu'il fut, à sa sortie au cinéma en 1946, un cuisant échec commercial...

S'il fut le plus important représentant de la filmographie de Frank Capra, "La Vie Est Belle" fut son unique film ouvertement fantastique. Le volet "fantastique" est d'ailleurs très discret et s'apparente surtout à la "fable". Il opère dans le prologue, lors d'une scène parodique où des étoiles discutent entre elles (il s'agit en réalité des anges qui veillent sur nous), tout en vibrant dans un décor de dessin animé. Et il se manifeste dans le final, lorsque "George" évolue soudain dans un monde tel qu'il aurait été si lui-même n'avait pas existé, reprenant ainsi goût à la vie en prenant conscience de tous les malheurs que son existence, ses choix et ses actions sont parvenu à éviter. Et l'on perçoit, une fois encore, à quel point cet aspect fantastique est plus un moyen qu'une fin en soi, afin de dresser une toile de fond aux multiples pistes de réflexion.

Dans le rôle du cynique "Mr Potter", on retrouve le grand Lionel Barrymore, second rôle emblématique de l'âge d'or hollywoodien, ainsi que l'actrice Donna Reed, particulièrement célèbre pour ses premiers rôles féminins dans "La Vie Est Belle", Le Portrait de Dorian Gray et Tant Qu'il Y Aura des Hommes.
A noter qu'il existe la version blu-ray qui propose une restauration HD de toute beauté, avec VF et VOST : It's a Wonderful Life [Blu-ray]. Un écrin idéal pour l'un des films phares de l'histoire du cinéma, dont la façade "American Way of Life" se dédouble de l'une de ses plus virulentes critiques internes...
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Les vampires de salem
Les vampires de salem
DVD ~ David Soul
Prix : EUR 7,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Nosferatu & Hutch, 8 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les vampires de salem (DVD)
Le pitch : L'écrivain Ben Mears est de retour à Jerusalem's Lot, sa ville natale, dans le Maine. Il compte écrire un roman autour de la maison des Marsden, un vieux manoir abandonné, isolé sur la colline qui surplombe la ville. Mais il apprend que la maison vient d'être vendue par un promoteur à deux étrangers : Richard Straker & Kurt Barlow, des antiquaires.
Lorsqu'il était enfant, Ben était entré dans la maison alors qu'elle était encore habitée par ses propriétaires. Et il avait assisté, par un incroyable concours de circonstances, à la mort de ces derniers. Comme pour exorciser ses vieux démons, Ben entreprend l'écriture de son roman afin de tirer un trait définitif avec ces douloureux souvenirs.
Peu à peu, tandis que le mystérieux Kurt Barlow n'a pas encore fait son apparition, certains enfants de Jerusalem's Lot commencent à disparaitre dans des conditions étranges. Le mal serait-il de retour à Marsden House ?

Comme ce fut le cas pour Shining (Shining), Les Vampires de Salem (Salem's Lot en VO) a connu deux adaptations. Soit deux téléfilms fleuves, le premier (ici présent) datant de 1979, et le second de 2004, tous-deux initialement diffusés en deux parties.
La première version à laquelle nous nous intéressons aujourd'hui est réalisée par un Tobe Hooper encore auréolé de son Massacre à la Tronçonneuse qui s'implique dans une adaptation très ambitieuse, de même que ses deux stars, James Mason et David Soul, notre Hutch bien aimé !
Au départ prévue pour durer quatre heures, cette adaptation est réduite à une durée de 184 minutes, souffrant au final d'un montage donnant au film un aspect un peu incomplet. Sans doute très effrayant lors de sa première diffusion, notamment grâce à des maquillages et des effets horrifiques saisissants, il souffre désormais du poids de l'âge et affiche une patine kitsch qui risque de déplaire aux jeunes générations. A noter un étrange parti-pris pour le vampire en chef, qui apparait ici sous la forme d'une goule muette à la Max Shreck dans le Nosferatu de Murnau; et non comme un aristocrate bavard tel qu'il était présenté dans le livre de Stephen King...

Pour autant, cette première version demeure relativement fidèle au roman initial et elle bénéficia à l'époque de l'adoubement de Stephen King, l'élevant au rang des meilleures adaptations des œuvres de l'écrivain.
Replacé dans son contexte, le film est effectivement très honorable et se regarde avec plaisir. Bien qu'il y manque un certain nombre d'éléments en provenance du roman (notamment tous les souvenirs d'enfance de Ben Mears), il bénéficie d'une production ample (décors impressionnants, bande-son de grande qualité) qui lui permit d'ailleurs d'être diffusé dans les salles de cinéma (notamment en France), hélas dans une version tronquée de 112 minutes assez calamiteuse, qui resta la seule visible jusqu'à la sortie du DVD en 2007, offrant au film la mauvaise réputation qu'il ne méritait pas !
Pour l'essentiel, Les Vampires de Salem version 1979 demeure un modèle pérenne puisqu'il va initier le principe des mini-séries télévisées, servant de terrain idéal aux adaptations des plus longs romans de Stephen King. Un modèle toujours utilisé de nos jours. ☆☆☆ et demi.
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The Return Of The King [Import USA Zone 1]
The Return Of The King [Import USA Zone 1]
DVD ~ Orson Bean

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 La suite mystérieuse, 7 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Return Of The King [Import USA Zone 1] (DVD)
Ce DVD est encodé "zone 1". Il sera impossible de le lire avec un lecteur "zone 2" européen. En revanche, pour ceux qui possèdent un lecteur "zone 1", il propose une version sous-titrée en français.

En 1977, Jules Bass et Arthur Rankin, deux créateurs spécialisés dans les téléfilms d'animation et autres contes de noël, réalisaient The Hobbit, soit la toute première adaptation de l'œuvre de J.R.R. Tolkien sur un écran. Un an plus tard, le réalisateur Ralph Bakshi nous offrait Le Seigneur des Anneaux, un autre dessin-animé sellant cette fois la première adaptation cinématographique du plus célèbre roman de l'écrivain.
Le film de Bakshi soufra au final d'un manque de moyens (pourtant considérables) et de choix artistiques parfois étranges. Le résultat ne plut pas à la critique qui descendit le film en flèche. Et malgré le succès commercial de ce premier essai cinématographique, le studio refusa d'en produire la suite. Et ainsi, "Le Seigneur des Anneaux" ne devait jamais connaitre de suite ni de fin. C'est sans doute ce postulat qui a dû motiver les compères Jules Bass & Arthur Rankin de rempiler dans les adaptations de Tolkien en choisissant le dernier livre de la saga inachevée par Ralph Bakshi.
Ce téléfilm réalisé en 1980 est-il pour autant la suite du film de 1978 ? On pourrait dire oui et non, selon comme on regarde le verre à moitié rempli.

"Le Seigneur des Anneaux" selon Bakshi devait être découpé en deux films et le premier reprend ainsi les éléments d'un livre et demi sur trois, soit la totalité de "La Communauté de l'Anneau" et la moitié des "Deux Tours". En ce sens, "Le Retour du Roi" par Bass & Rankin ne commence pas par la seconde moitié des "Deux Tours" mais bel et bien par le début du troisième livre. Ceux qui désirent regarder les deux films comme un tout devront donc faire l'impasse sur de nombreux éléments de cette "deuxième moitié". La mort de "Saroumane", le re-forgeage de l'épée des rois et le départ d'"Aragorn" pour les montagnes hantées, la rencontre de "Frodon" et de "Sam" avec "Faramir" et leur combat contre l'araignée sont donc autant de séquences qui manqueront dans cette perspective.

Entant que tel, "Le Retour du Roi" est, tout comme "Le Hobbit" de 1977, une belle tentative de donner corps aux récits du Troisième Âge de la "Terre du milieu". Les personnages et les décors sont au diapason du premier téléfilm qui connait ainsi une véritable suite.
Par rapport au film de 1978, notre téléfilm ne joue donc pas non plus la copie servile et se situe ainsi davantage dans la continuité du "Hobbit". Il n'y a que les personnages de "Frodon Sacquet & Samsagace Gamegie" qui, il faut bien le reconnaitre, ressemblent furieusement à ceux du film de Ralph Bakshi !
Côté mise en forme, on est en revanche un ton au dessus du "Hobbit" et l'on profite de reconstitutions plus ambitieuses avec la "Bataille des champs de Pélennor" (magnifique interprétation de la cité de "Minas Tirith") et la traversée du "Mordor". Certaines scènes sont très réussies et surpassent même la future version de Peter Jackson sur le terrain de l'adaptation. Par exemple, la scène de "Cirith Ungol" dans laquelle "Sam" récupère l'anneau et va sauver "Frodon" emprisonné dans les geôles des orques, est clairement plus inspirée et plus cohérente que celle de Jackson.

Afin d'en mettre un maximum (le film dure 97 minutes) et de communiquer le plus d'éléments possible au spectateur, Bass & Rankin utilisent le même procédé que pour "Le Hobbit" en le renforçant davantage. Ce sont ainsi trois sources d'information qui se superposent : La narration des images, la voix-off de "Gandalf", et les chansons du "Ménestrel", un personnage inventé pour l'occasion qui ponctue le récit de tout un tas de chansons. Comme le ferait une bande dessinée avec ses multiples procédés narratifs (découpage, phylactères, encarts de textes et bulles de pensées), la réalisation opère ainsi une compression assez impressionnante d'informations et parvient à restituer l'essentiel du livre originel tout en y ajoutant des éléments permettant d'établir des liens avec le récit précédent ("Le Hobbit"). C'est ainsi que le film commence par la fin, avec une réunion entre "Gandalf", "Bilbon" (vieux et somnolent), "Elrond", "Merry", "Pippin" et le "Ménestrel", les personnages se remémorant leurs aventures par le truchement des chansons de de dernier.
En définitive, cette adaptation méconnue mérite d'être redécouverte, ne serait-ce que pour son charme un brin suranné et ses quelques scènes faisant preuve de belles idées quant à la transposition de certains éléments brillamment restitués.
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