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Fiche d'identité

Contenu rédigé par Jean Marc Ferr...
Classement des meilleurs critiques: 1.889
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Commentaires écrits par
Jean Marc Ferrarini "JMF 46" (France)

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Honegger : Symphonies n° 1 à n° 5 - Pacific 231 - Rugby
Honegger : Symphonies n° 1 à n° 5 - Pacific 231 - Rugby
Prix : EUR 9,99

5.0 étoiles sur 5 un "Must" absolu à ce prix!!!, 10 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Honegger : Symphonies n° 1 à n° 5 - Pacific 231 - Rugby (CD)
les cinq symphonies d'Arthur Honegger avec deux mouvements symphoniques, dans des interprétations de grande classe et pour...moins de 10 euros, tout est dit...
dans les années 80, j'avais fait l'acquisition des trois CD Erato au fur et à mesure de leur parution et çà m'avait coûté la bagatelle de 400 francs soit à peu près 60 euros d'aujourd'hui, no comment. Certes, le passage de trois à deux CD nous prive de la délicieuse "Pastorale d'été" et de l'impressionnant et tragique "mouvement symphonique numéro trois" mais tant pis.
Les cinq symphonies d'Arthur Honegger sont des œuvres de maturité (il compose la première à l'âge de trente huit ans) qui constituent un ensemble assez homogène tout en ayant chacune sa personnalité: elles sont en trois mouvements, durent de vingt à trente minutes, avec un orchestre symphonique "standart" et les cordes seules (avec une trompette dans le finale) pour la seconde.
On considère en général que cette deuxième est le sommet absolu du cycle (et c'est en effet une des très grandes symphonies du vingtième siècle) mais je ne voudrais à aucun prix me passer de la première (surtout de son finale, avec une coda magique semblable à un lac de montagne ou au ciel d'un après midi d'été, pardon pour cet accès de lyrisme...) de la troisième qui fait entendre la voix de l'humanité martyrisée (1945) avec malgré tout l'espoir qu'un monde meilleur pourrait peut être émerger de "l'abîme de sang et de carnage du passé" (dixit Douglas Mac Arthur) de la cinquième en dépit de son pessimisme absolu (explicable en partie par l'état de santé du compositeur, et par ses doutes quant à l'avenir de la Musique) sans compter la délectable quatrième, son œuvre la plus détendue pour laquelle j'ai une (petite) préférence...
interprétations optimales, même s'il est sans doute possible d'aller plus loin dans le tragique pour la deuxième ou le finale de la troisième (mais quel bel orchestre!!!) à ce prix, le premier choix sans hésitation, quels que soient les mérites incontestables de Baudo et de Plasson (et sont ils encore disponibles?)


Splendeurs symphoniques françaises au XXe siècle
Splendeurs symphoniques françaises au XXe siècle
Prix : EUR 21,00

5.0 étoiles sur 5 rapport qualité prix imbattable..., 10 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Splendeurs symphoniques françaises au XXe siècle (CD)
Bon, c'est reparti pour un exercice discutable, qui devrait me valoir un certain nombre de votes inutiles mais tant pis...je vais donc recommander un coffret dont je n'ai pas fait l'acquisition, mais dont monsieur Clermont a donné la composition détaillée, et, compte tenu de son prix c'est une excellente affaire.
Tout de même, je connais toutes les œuvres, et la plupart des interprétations (Debussy, Ravel, Kœchlin, Dutilleux) Pour Debussy et Ravel, les Boulez "première mouture" restent des références, les Dutilleux dirigés par Hans Graf à Bordeaux sont tout à fait satisfaisants à défaut d'être des références absolues et pour Kœchlin, j'aurais préféré voir ici "Le Buisson ardent" ou un des grands poèmes symphoniques du "Livre de la Jungle" mais ne boudons pas notre plaisir de voir cet immense musicien si scandaleusement méconnu enfin associé à ses pairs. Bravo également d'avoir retenu le "Poème de la forêt" d'Albert Roussel, qui n'est peut être pas le sommet absolu de son œuvre symphonique (ce serait plutôt à chercher du côté de la troisième symphonie, de "Bacchus et Ariane" voire de la "Suite en fa") mais qui est un miracle de poésie et de subtilité presque jamais joué en concert (quel dommage...)de même, la Turangalila dirigée par le jeune Seiji Ozawa avec Yvonne Loriod reste encore aujourd'hui une référence dans la discographie pléthorique de cette œuvre, et je pense qu'on peut faire totalement confiance à Charles et Lennie dans les œuvres qu'ils dirigent ici...
Alors hautement recommandable et chaleureusement recommandé.
Donc recommandé


Schoenberg : Gurre-Lieder. Stenz.
Schoenberg : Gurre-Lieder. Stenz.
Prix : EUR 35,50

5.0 étoiles sur 5 Stenz le Magnifique!!!, 19 juin 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Schoenberg : Gurre-Lieder. Stenz. (CD)
Après l'exceptionnelle réussite de son intégrale Mahler (Oehms) dont justement la huitième constitue un des sommets absolus, Markus Stenz nous donne ici La grande version moderne des Gurrelieder, tout simplement...
je n'ai en fait pas grand chose à ajouter au très bon commentaire de Monsieur Brissaud, qui décrit bien mieux que je ne saurais le faire ce que vous entendrez si vous faites l'acquisition de ce magnifique enregistrement. Oui; l'orchestre du Gurzenich est ici formidable, peut être même encore plus beau que dans les Mahler (les cordes sonnent encore mieux, et pourtant elles étaient déjà magnifiques), oui Markus Stenz maitrise son art à un niveau exceptionnel mais sans la moindre esbroufe, à aucun moment il ne cherche à briller bien au contraire il sert la partition avec une modestie et une ferveur admirables, oui les chanteurs sont parfaits: le Waldemar de Brandon Jovanovitch (le splendide Doctor Marianus de la huitième) pourrait bien être le plus beau de la discographie avec Jess Thomas, et les autres se situent à des hauteurs comparables, les chœurs sont excellents et la prise de son rend justice autant qu'il est possible à cette musique au foisonnement souvent extravagant et aux exigences surhumaines.
si je voulais vraiment chercher les petites bêtes, qui ne suffiront pas à remettre en question la note maximale, je dirais que le premier chœur ("Gegrüss, O König") est un peu couvert par l'orchestre, mais c'est peut être aussi un peu la faute de Schoenberg, et en tout cas cela nous permet d'entendre la partie orchestrale dans ses moindres détails...c'est tout? ben oui, c'est tout...
alors pour conclure, je dirai comme Monsieur Brissaud que la question de la discographie moderne des Gurrelieder est réglée, et sans doute pour longtemps.


Symphonies (Intégrale)
Symphonies (Intégrale)
Prix : EUR 64,31

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Mahler-Stenz: La révélation!!!, 27 mars 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Symphonies (Intégrale) (CD)
cinq étoiles pour une (énième) intégrale Mahlérienne, est ce bien justifié? et bien, après avoir écouté deux fois chacune des dix symphonies, et avec l'attention requise (dans mon auditorium, avec une bonne chaine, chaque symphonie au moins une fois in extenso) je persiste et signe, l'ensemble Mahler-Gurzenich-Stenz mérite clairement ses cinq étoiles en tant que totalité, même en considérant que chacune de ses composantes n'aurait pas forcément la note maximale: en étant sévère et en pointant les détails façon Beckmesser, je dirais que la sixième vaut huit sur dix, la huitième et la neuvième dix (mais oui!!!) et le reste neuf, un peu moins (la quatrième) ou un peu plus (la Titan)...
entendons nous bien: on pourra toujours trouver ici ou ailleurs un chanteur plus brillant (encore que le niveau d'ensemble soit vraiment exceptionnel, j'y reviendrai plus loin) un orchestre avec des couleurs plus riches ou plus typées (encore que l'orchestre du Gurzenich, peu connu en France, ne mérite ici que des éloges) un chef avec des options différentes de celles de Markus Stenz, et avec lesquelles on pourra se sentir ici ou là davantage en accord (c'est parfois le cas en ce qui me concerne) ce n'est donc pas l'intégrale "idéale" ( il n'en existera sans doute jamais, et c'est tant mieux) mais en quelque quarante ans de mahléromanie, ce que j'ai entendu ici est, pour moi, ce qui s'en rapproche le plus, tout simplement.
bon ,c'est pas tout, mais faudrait argumenter un peu, et d'abord présenter Markus Stenz: ce chef allemand qui vient tout juste de fêter son cinquantième anniversaire n'est pas très connu en France, mais il effectue une carrière particulièrement brillante en Allemagne, aux Pays Bas et dans les pays Anglo-Saxons. Il se partage actuellement entre l'orchestre de la Radio Néerlandaise et l'orchestre symphonique de Baltimore, tout en dirigeant de nombreux concerts comme chef invité en Allemagne, en Suisse, en Grande Bretagne et jusqu'au Brésil, après avoir été pendant une dizaine d'années le patron du Gurzenich de Cologne (période au cours de laquelle il a enregistré cette intégrale, entre 2009 et 2014). son répertoire est très vaste, de Bach jusqu'aux compositeurs contemporains (Lachenmann, Dusapin, Glanert, Mac Millan, Unsuk Chin) il a créé un nombre assez impressionnant d'œuvres nouvelles, en particulier de nombreux opéras. Ceci pourra en partie expliquer certains caractéristiques remarquables de son style de direction, nous y reviendrons.
alors à quoi ressemble le Mahler de Markus Stenz? pour faire bref, je dirais que parmi les "grands anciens" (les évangélistes des années soixante) c'est sans doute de Rafael Kubelik qu'il se rapprocherait le plus, tout en étant parfaitement personnel et original, sans aucune imitation "littérale": il nous donne à entendre un Mahler direct, vigoureux sans brutalité, terrien sans lourdeur, vif et dynamique, avec des tempi souvent rapides (premier temps de la "Résurrection", septième dans son ensemble) mais avec des épisodes lyriques remarquablement expressifs et "chantants" (les passages "suspendus" de la Titan, les mouvements lents des troisième, quatrième et sixième) des passages "piano" qui nous mènent doucement aux limites du silence (comme Osmo Vanska dans Sibelius) et partout un sens impressionnant de la lisibilité et de la clarté, surtout dans les passages les plus chargés et les plus sonores (ce n'est pas ce qui manque...) non pas en "zoomant" de façon plus ou moins arbitraire sur tel ou tel détail instrumental, mais au contraire en assurant une audibilité maximale des lignes instrumentales, en particulier des violons, dont on entend toutes les parties jusqu'à leur terme, y compris au sein des maelstroms orchestraux les plus délirants (la huitième en est un bon exemple, mais cela se retrouve partout). Enfin, ce chef possède un sens exceptionnel de l'architecture qui nous vaut des moments stupéfiants (premier mouvement de la neuvième, ensemble constitué par les deux premiers temps de la cinquième) dans les mouvements les plus complexes du corpus mahlérien (le seul moment ou son sens architectural me semble un peu moins affirmé sera le finale de la sixième, d'où la note).
pour ce qui est de l'orchestre, il réagit au quart de tour aux impulsions du chef, avec des contrebasses qui vrombissent (l'attaque de la Résurrection...) des cuivres aux sonorités claires (les trompettes dans la troisième, et partout ailleurs en fait) des percussions qui claquent, des cordes qui chantent (les adagios) un violon solo génial (la huitième, en particulier) et des bois d'une grande virtuosité (la cinquième) tout cela est vraiment délectable...
en ce qui concerne les voix, les chœurs sont excellents, les solistes des deuxième, troisième et quatrième symphonies sont parmi les meilleures de la discographie, et le plateau de la huitième ne présente absolument aucune faiblesse (pas si courant dans la discographie...)
enfin, les prises de son me semblent optimales (mais je ne suis pas expert en la matière, j'en conviens...) il s'agit apparemment (ce n'est pas précisé dans la notice, d'une indigence assez scandaleuse) d'enregistrements de studio, sauf peut être la deuxième, je ferai quelques recherches pour en savoir davantage.
bon, nous en resterons là pour aujourd'hui, mais je m'engage à rédiger dans les prochains jours une évaluation détaillée pour chacune des symphonies (j'entends ici et là des soupirs et gémissements, mais je serai sans pitié, qu'on se le dise...)
Voila, c'est reparti (en date du deux avril):
-La "Titan" est remarquablement réussie, dans le genre enthousiaste et juvénile, un peu comme ce qu'en faisait Rafael Kubelik avec l'orchestre de la Radio Bavaroise; Les passages de temps "suspendu" (Schleppend) sont admirables de poésie et de transparence , le second mouvement est idéal de rusticité sans excès de lourdeur, la marche funèbre du chasseur a juste ce qu'il faut d'ironie et de tristesse un rien parodique, et le finale est parfaitement conduit, même s'il démarre de façon un peu moins spectaculaire que dans d'autres interprétations (cette forme de "patience" architecturale, avec une montée en puissance progressive, se retrouvera aussi dans le finale de la "résurrection" et le "Veni Creator") avec un passage lyrique et nostalgique juste avant la coda qui est ici d'une intensité expressive et d'une beauté extraordinaires, comme Horenstein avec le London Symphony. Un des meilleurs moments de ce magnifique ensemble, auquel j'aurais été tenté d'attribuer la note maximale si la mélodie tirée des "lieder eines fahrenden gesellen" qu'on entend dans le troisième mouvement avait été jouée avec un tout petit peu plus d'expression (écoutez Giulini...)
-La "Résurrection" débute par une "Totenfeier" énergique et contrastée, avec des parties rapides qui le sont vraiment, ce qui peut surprendre mais me semble tout à fait défendable (et magistralement défendu...) les deuxième et troisième mouvements sont optimaux, l'Urlicht est sobre et émouvant, le finale monte progressivement en puissance, avec des options très personnelles (le roulement de percussions juste avant la marche du jugement dernier...) côté chanteurs rien à redire, même si je préfère pour ma part une vraie voix d'alto pour l'Urlicht, mais Michaela Schuster est remarquable par sa sobriété, son expressivité et la beauté de sa diction.
-La troisième nous promène dans une Nature plutôt accueillante, aux couleurs lumineuses, les timbres clairs de l'orchestre du Gurzenich (les bois, les cors, et surtout les trompettes dans le premier mouvement) participent de cette vision avenante et détendue, d'une grande poésie. Le "tempo di minuetto" est excellent, Le troisième mouvement est admirable avec une ambiance à la fois amusée et d'une profonde tendresse que je ne me souviens pas avoir entendue ailleurs, du moins à ce point (et le solo de posthorn avec les violons divisés est réellement magique, comme venant de l'autre monde...), les mouvements chantés sont également réussis, et le finale est d'une grande beauté. si on cherche les petites bêtes qui ne me permettent pas de donner la note maximale, je dirai que la coda du premier mouvement pourrait être plus puissante, et que les dernières mesures du finale sont un rien trop scandées et appuyées (pour moi du moins) sinon je situerais cette splendide troisième juste après Horenstein, Haitink-Amsterdam et De Waart, c'est à dire au même niveau que Bernstein, Gielen, Tilson Thomas et Martinon, et devant...tous les autres. a signaler que Stenz reprend la "tradition" discutable des glissandi de hautbois dans le quatrième mouvement, comme Gielen ou Rogner.
-La quatrième est (très légèrement) en retrait par rapport aux précédentes, avec un rien de neutralité dans le premier mouvement, et un deuxième un peu trop rapide (à mon goût) mais toujours avec la même subtilité, finesse et transparence, et avec au moins un moment de pure magie, juste avant la coda du premier mouvement. Le troisième est d'une grande beauté et d'une grande pureté, avec une "vision du Paradis" éblouissante, et une coda de rêve, qui se dissout dans l'azur (seul Klemperer a fait un tout petit peu mieux...) le lied final est joyeux et animé, limite turbulent (mais cela cadre parfaitement avec le texte du poème, vision quelque peu païenne du paradis...) Christiane Oelze est en parfaite adéquation avec cette vision, il y a même un rien de brusquerie au début ("himmlischen freuden") puis le ton s'apaise peu à peu et le dernier couplet ("Kein music ist ja") est murmuré comme en rêve, c'est tout simplement admirable.
- La cinquième est depuis longtemps un des "chevaux de bataille" de Markus Stenz, qui l'a dirigée un peu partout (entre autres à Paris avec le philharmonique de Radio France) et déjà enregistrée à Melbourne il y a une quinzaine d'années: le sommet de son enregistrement me semble être le bloc constitué par les deux premiers mouvements, architecture globale complexe (le second reprenant et développant des thèmes simplement exposés dans le premier, qui se combinent avec de nouveaux thèmes et même avec une anticipation du finale...) et que le chef maitrise ici avec une intelligence stupéfiante (difficile à décrire, il faut l'entendre pour comprendre) Les trois mouvements suivants sont tout à fait réussis, avec des options ici encore assez personnelles (adagietto assez allant, moins de neuf minutes, et avec une intensité sonore et émotionnelle un rien appuyée, mais cela se défend tout à fait si on le considère comme un chant d'amour adressé à Alma) mais parfaitement illustrées et défendues. si le passage "tombé du ciel" (le choral en ré majeur) du "Sturmisch Bewegt" avait été un rien plus fulgurant, et le début du scherzo un tout petit peu plus dansant, c'était le dix sur dix sans hésitation (je deviens difficile...)
-la sixième est la seule que je noterais à huit sur dix, en raison de quelques réserves concernant le finale, les trois premiers mouvements étant aussi réussis que possible (j'aurais juste aimé entendre un peu mieux les cloches dans le premier mouvement, c'est vraiment pour dire de pinailler...)disons que je ne retrouve pas tout à fait ici la souveraine maitrise de l'architecture et de la gestion du temps musical dont Markus Stenz fait preuve partout ailleurs: après une introduction impressionnante, l'exposition a un peu de mal à prendre son envol, le tempo s'accélère après le premier coup de marteau (absolument titanesque...) mais la violence me semble quelque peu bridée par rapport à ce qu'on pourrait attendre (c'est totalement subjectif, j'en conviens et je l'assume). tout cela ne s'anime vraiment que dans la réexposition ( les dix dernières minutes) donc pour ma part une très légère déception : disons huit sur dix, en étant sévère. signalons également que l'andante est ici en deuxième position.
-la septième est très personnelle et originale, à mon sens magistralement réussie: elle se caractérise d'abord par le choix de tempi rapides (elle dure à peine plus de 73 minutes, contre 77 à 80 pour la plupart des autres versions disponibles, sans parler des 95 de Klemperer...) ainsi que par une recherche permanente de clarté, de luminosité et de transparence qu'on peut juger discutable dans une œuvre explicitement centrée sur la thématique de la nuit : on pourrait rapprocher cette version de ce qu'a réalisé Hans Zender avec l'orchestre de Sarrebruck (CPO) ainsi que de Maderna (Arkadia) et Inbal (un des meilleurs moments d'une intégrale inégale, et à mon sens surévaluée) en particulier pour la prise en compte des subtilités et ambiguïtés de cette œuvre fascinante et insaisissable. Pour des clairs obscurs à la Rembrandt, voir Haitink ou De Waart, pour les hallucinations lovecraftiennes, écoutez Kondrachine (Melodyia) et pour la descente aux enfers osez Klemperer...le sommet absolu de la version de Markus Stenz me semble être le finale, tout simplement fulgurant.
-et nous en arrivons à la huitième, qui est avec la neuvième le sommet absolu de la série: alors liquidons tout de suite la recherche des petites bestioles (qui ne suffiront pas à empêcher l'attribution de la note maximale...): les chœurs d'enfants sont un peu timides dans le Veni Creator (mais ils se rattrapent largement dans la deuxième partie) et l'orchestre a un peu tendance à couvrir le premier chœur dans la scène de Faust. C'est tout? oui, c'est tout...sinon, le plateau soliste est sans la moindre faiblesse, les chœurs sont irréprochables, l'orchestre se surpasse du début à la fin, et le chef se montre tout simplement génial: tout serait à citer, je m'en tiendrai simplement à un exemple du génie (le mot n'est pas trop fort) de Markus Stenz: le ralentissement qui précède l'embrasement choral ("Accende lumen") avec une illumination qui nous projette subitement dans l'autre monde, la clarté absolue des passages les plus chargés qui ne saturent jamais, la beauté de l'interlude orchestral qui précède "Infirma nostri corporis"... oui, je sais, j'avais dit un seul exemple, bon j'en reste là : une des deux ou trois plus belles "huitièmes" qu'il me souvienne d'avoir entendue.
-la neuvième est également une des plus belles de la discographie, d'un niveau comparable (excusez du peu) à celles de Klemperer, Giulini, Gielen 2, Sanderling-Berlin et Ancerl (à laquelle elle ressemble beaucoup, avec une finition orchestrale supérieure, çà donne une idée du niveau: le premier mouvement avance de façon implacable jusqu'à la catastrophe ("la Mort en personne", dont parlait Alban Berg) puis s'apaise et se dissout dans la nuit avec une douceur et une tendresse bouleversantes, les mouvements centraux sont grinçants et sarcastiques, et le finale est admirable, il chante la beauté du Monde et l'amour de la Vie avec un lyrisme poignant : les dernières pages sont un moment d'émotion intense, presque lumineuses, voire souriantes : ce n'est pas la fin de tout, c'est une fenêtre qui s'ouvre sur "autre chose"...
-enfin, la dixième (l'adagio seul, Markus Stenz a cependant dirigé la version Cooke en concert, espérons qu'il l'enregistrera un jour) appelle les mêmes commentaires que la neuvième, et se situe à un niveau technique et artistique en tout point comparable...
Amis Mahlériens, j'espère avoir éveillé votre curiosité, et j'attends vos commentaires.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 2, 2016 4:05 PM MEST


Là-bas, au loin, si loin...
Là-bas, au loin, si loin...
par Jean Raspail
Edition : Broché
Prix : EUR 30,00

5.0 étoiles sur 5 Admirable, tout simplement..., 28 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Là-bas, au loin, si loin... (Broché)
pour le moment, je n'ai lu que trois des romans ici présentés: "Le jeu du Roi", "Qui se souvient des Hommes" et "La miséricorde", et je les ai littéralement dévorés...avant d'attaquer les autres, je vais prendre le temps de relire le premier, qui est peut être celui qui me touche le plus profondément.
présentons les en quelques mots:
-"Le jeu du Roi" est le récit à la première personne du singulier de la rencontre entre un jeune garçon introverti et solitaire, doté d'une imagination fertile et d'une vie intérieure d'une grande richesse, et un homme qu'on pourrait qualifier d'original, voire un peu dérangé, qui vit dans un château plus ou moins délabré, notaire de son état et par ailleurs roi autoproclamé de Patagonie, successeur lointain du "roi" Antoine de Tounens (sujet du deuxième roman). l'action se déroule en Bretagne, dans les années soixante et soixante dix, inutile de tenter de résumer en quelques lignes ce livre foisonnant, d'une richesse presque extravagante, alternant des réflexions sur la condition humaine, les sociétés, le rêve et la réalité, et des portraits extraordinaires de personnages inoubliables (Riri, le Colonel, Carmen et surtout la surnaturelle Ségolène, venue du monde des Elfes et qui ne pourra faire autrement que d'y retourner, je n'en dirai pas plus rassurez vous...) le sublime et le grotesque, le tragique et le dérisoire, le surhumain et l'humain trop humain alternent et se superposent dans une construction que je qualifierais de symphonique (c'est un grand compliment de ma part...)
-"qui se souvient des Hommes" nous fait entendre la voix d'un peuple à jamais disparu, celui des Kaweskar, les indiens "nomades de la mer" qui ont vécu pendant des milliers d'années dans un des endroits les plus inhospitaliers de la planète ( l'extrême sud du Chili actuel) hommes de l'âge de pierre dont la civilisation n'avait de toutes façons dès le départ, comme le disait le Commandant Cousteau, aucune chance dans la grande compétition entre les peuples...Jean Raspail évite tout apitoiement larmoyant et faussement humaniste, les dépeint sans complaisance ni rousseauisme "bon sauvage", et au final avec une extraordinaire empathie d'autant plus poignante qu'elle est justement dépourvue de tout sentimentalisme.
-"la miséricorde" s'inspire d'un fait divers épouvantable qui avait horrifié la France dans les années cinquante (l'affaire du curé d'Uruffe) c'est une méditation théologique et métaphysique par moments vertigineuse, et à d'autres moments d'une ironie sarcastique passablement ravageuse, qui s'interrompt brusquement à notre grand regret et frustration, Jean Raspail s'en excuse vaguement en disant "n'est pas Bernanos qui veut" à toi, ami lecteur, de construire toi même ta fin de ladite histoire.
A suivre, donc...
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Henri Dutilleux: The Centenary Edition (Coffret 7 CD)
Henri Dutilleux: The Centenary Edition (Coffret 7 CD)
Prix : EUR 31,00

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Achat prioritaire pour qui voudrait "tout Dutilleux"..., 10 février 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Henri Dutilleux: The Centenary Edition (Coffret 7 CD) (CD)
enfin presque tout, il manque quelques mélodies (j'y reviendrai plus loin) mais sinon on a ici l'ensemble des œuvres d'orchestre, la totalité de la musique pour piano et de la musique de chambre, dans des interprétations à peu près optimales (mais, a vrai dire, je n'ai pas encore entendu un enregistrement d'une œuvre d'Henri Dutilleux qui soit vraiment raté, à croire que le compositeur transmettait à ses interprètes l'exigence qui était la sienne par rapport à son travail...) et surtout avec un rapport qualité prix imbattable.
A ma connaissance, il existe actuellement quatre "éditions" Dutilleux, dont deux (celle ci et le coffret DGG) prétendent à une exhaustivité maximale (les coffrets EMI et Erato s'en tiennent aux enregistrements du catalogue "maison" et sont donc forcément moins complets) donc on s'en tiendra ici à la comparaison avec le coffret DGG.
cette "centenary edition" reprend pour l'essentiel des enregistrements Erato et EMI-Virgin, avec quelques emprunts quand c'est nécessaire à DGG (œuvres vocales) et Indesens (musique de chambre). Par rapport à DGG, il manque six mélodies, mais nous avons en revanche "le Loup", version intégrale (un enregistrement des années 50) et extraits symphoniques (direction Georges Prêtre). Pour le reste, toutes les interprétations sont différentes:
- les symphonies sont dirigées par Paavo Jarvi et Charles Munch, les Métaboles de nouveau par Jarvi," timbre-espace-mouvement" et "tout un monde lointain" sont interprétés par Rostropovitch, "l'arbre des songes" est joué par Renaud Capuçon (direction Chung) et" sur un même accord" par Christian Tetzlaff ( Jarvi), "mystère de l'instant" est dirigé par Paul Sacher, "shadows of time" par Ozawa.
- la sonate pour piano est jouée par Geneviève Joy et les pièces isolées par Anne Queffelec, et "ainsi la nuit" par le quatuor Sine Nomine...
donc pas mal de différences par rapport aux coffret Erato et EMI également...
toutes ces interprétations me semblent optimales, et l'ensemble coûte trois fois moins cher que le concurrent DGG...
alors en pratique, que conseiller?
si vous avez déjà un des trois autres coffrets, n'hésitez pas à acquérir celui ci pour compléter votre "collection Dutilleux", vous y trouverez des œuvres et des interprétations (excellentes) qui ne se trouvent pas dans le ou les albums en question, et ce pour un prix fort raisonnable.
si vous hésitez entre cet ensemble et le DGG, je vous recommanderais en priorité celui ci, d'une exhaustivité et d'une qualité comparables, mais nettement moins onéreux.
a signaler également le très bel enregistrement du "Loup" (ballet intégral) qui vient de paraître chez Bis, avec plusieurs mélodies et deux musiques de film inédites, et qui constitue un complément idéal à l'un ou l'autre de ces deux coffrets.


Mahler : Symphonies N°7, N°8, N°9
Mahler : Symphonies N°7, N°8, N°9
Prix : EUR 32,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 pour mahlériens avertis..., 10 janvier 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mahler : Symphonies N°7, N°8, N°9 (CD)
et un peu pervers. Pas grand chose à ajouter au commentaire précédent, qui décrit avec précision et objectivité ce que vous entendrez dans cet album.
alors oui, la septième (surtout le premier mouvement, et dans une moindre mesure le cinquième, les mouvements centraux adoptent des tempi plus "classiques") cultive une esthétique de la lenteur sans véritable équivalent (du moins à ma connaissance) depuis Klemperer mais de façon différente :Klemperer avait tendance à ralentir les passages rapides tout en dirigeant les passages lents de façon assez "allante", comme s'il voulait unifier un mouvement entier dans une seule et immense respiration, alors qu'avec Maazel, c'est plutôt un ralentissement global, avec par endroit des accélérations un rien perplexifiantes. Sinon le reste de la symphonie est tout à fait convaincant, même si l'élément nocturne pourrait être plus présent dans le deuxième mouvement, pour moi du moins.
Passons allègrement sur la huitième, j'avoue ne pas avoir été au delà du "Veni Creator", rien à ajouter par rapport à ce qu'en a dit mon confrère amazonaute..
.La neuvième est quant à elle assez réussie dans une optique "précis de décomposition", surtout le premier mouvement et çà marche plutôt bien me semble t'il. Les mouvements centraux avancent à un rythme assez allant, ne vous laissez pas induire en erreur par le minutage du "rondo burleske"(15 minutes, presque autant que le second) c'est du au ralentissement quasi extatique de l'épisode "céleste", les parties rapides le sont raisonnablement.
alors, en résumé, il ne faut surtout pas découvrir ces trois symphonies avec ces enregistrements, mais le mahlérien curieux est invité à tenter l'expérience, d'autant que l'orchestre est tout simplement transcendant , et en "live" qui plus est.
note finale: entre trois et quatre étoiles pour la septième et la neuvième, une pour la redoutable huitième : compte tenu du prix tout à fait raisonnable, des qualités techniques et de la forte personnalité de l'ensemble, aussi discutable qu'il puisse être, va pour trois...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 10, 2016 6:44 PM CET


Le Camp des Saints ; précédé de Big Other
Le Camp des Saints ; précédé de Big Other
par Jean Raspail
Edition : Broché
Prix : EUR 22,50

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 désespéré, mais pas désespérant..., 8 janvier 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Camp des Saints ; précédé de Big Other (Broché)
tout a déjà été dit et redit dans les quelques 200 commentaires précédents: oui, ce livre est d'un pessimisme absolu, dès le début on sait que tout cela va se terminer en catastrophe totale, aussi bien individuelle que collective (c'est en effet l'histoire d'un suicide collectif, celui de la civilisation occidentale, ni plus ni moins).
C'est un livre délibérément choquant, volontairement odieux, ouvertement raciste (il serait impubliable aujourd'hui, mais les loi Pleven, Gayssot, Lellouche et consorts ne sont pas rétroactives, qu'on le déplore ou qu'on s'en réjouisse, peu importe) radicalement violent, viscéralement anti humaniste (quoique...)clairement désespéré(j'allais dire noir, euh...)
C'est un livre féroce, grinçant, impitoyable, ordurier, mais par moments jubilatoire, d'un humour ravagé autant que ravageur, d'un cynisme réjouissant, et ( cela a été dit et redit mais il faut insister encore là dessus) d'une lucidité proprement terrifiante...
C'est un livre (hélas) visionnaire, écrit, du propre aveu de l'auteur, dans un état second aux limites de la transe (et cela se ressent par endroits avec quelques redites et lourdeurs stylistiques, mais l'auteur les assume et n'a jamais voulu les corriger à l'occasion des rééditions successives, c'est son droit et il a sans doute raison, cela contribue au caractère "brut de décoffrage" de l'ensemble).
pour conclure, je donne la parole à Jean Raspail lui même, qui a récemment déclaré (je cite de mémoire) "je viens de le relire, je n'en changerais pas une ligne, mais faut reconnaître que c'est du brutal". Vous voila prévenus.


La Conjuration primitive
La Conjuration primitive
Prix : EUR 7,99

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 le livre le plus terrifiant, 14 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Conjuration primitive (Format Kindle)
que j'ai lu depuis "Simetière" du roi King, c'est mon premier Chattam, je l'ai commencé vendredi soir et terminé dans la nuit de samedi à dimanche, çà vous donne une idée de la façon dont j'ai été "accroché". C'est beaucoup plus qu'un thriller, c'est aussi une réflexion quasiment métaphysique sur le Mal, sur l'humanité, sur les civilisations (ou ce qui nous en tient lieu...) qui aboutit à des conclusions assez effrayantes sur ce qui nous attend si nous sommes incapables de tirer les leçons de l'Histoire, récente ou plus ancienne.
Attention, Il faut avoir le coeur bien accroché pour suivre la traque de ces tueurs qui frappent simultanément (et en concertation) dans plusieurs pays (France, Pologne, Espagne, Ecosse...) avec des modes opératoires aussi atroces que possible (c'est presque inquiétant en ce qui concerne la personnalité de l'auteur, on se demande forcément ou il va chercher tout çà...)
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La gestation pour autrui : Fictions et réalité (Documents)
La gestation pour autrui : Fictions et réalité (Documents)
Prix : EUR 5,99

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 "on ne pourra pas dire qu'on ne savait pas", 14 juillet 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La gestation pour autrui : Fictions et réalité (Documents) (Format Kindle)
tout est dit dans cette phrase simple et terrible à la fois.
L'auteur a certes un parti pris, à savoir qu'elle est résolument opposée à la "gestation pour autrui" mais elle a l'honnêteté d'annoncer d'emblée la couleur, on sait donc à quoi s'en tenir; et elle se livre à un réquisitoire implacable contre ce qu'il faut bien appeler la marchandisation du corps humain dont cette "gpa" est la forme la plus effarante que des esprits malades ont pu imaginer depuis l'invention de l'esclavage il y a quelques milliers d'années...
son réquisitoire est d'autant plus accablant qu'il est argumenté et basé sur des faits réels survenus dans des pays (USA, Inde, Ukraine) ou la gpa est pratiquée depuis plus ou moins longtemps, autrement dit il ne s'agit pas de fantasmes basés sur la peur de l'inconnu, ni de la stigmatisation de certaines dérives de la gpa, c'est encore pire: il s'agit des conséquences inéluctables, mécaniques pourrait on dire, de cette pratique. C'est tout simplement effarant...
si vous êtes déjà opposé à ce que monsieur Bergé appelle élégamment la "location d'utérus", cette lecture renforcera vos convictions. si vous n'avez pas d'opinion, lisez cet ouvrage et méditez son contenu; et si vous faites partie des "pro-gpa" (c'est votre droit) ayez le courage élémentaire de le lire mais sachez que vous ne pourrez pas dire "je ne savais pas, je n'ai pas voulu celà".


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