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VLV "VLV" (France)

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Systémique et entreprise
Systémique et entreprise
par Jacques-antoine Malarewicz
Edition : Broché
Prix : EUR 26,00

3.0 étoiles sur 5 Érudit et instructif, mais déséquilibré entre apports théoriques et applications, 26 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Systémique et entreprise (Broché)
La systémique est une approche d’analyse globale, qui s’intéresse à l’environnement et aux relations, et non pas seulement à l’individu ou l’objet. La communication y joue un grand rôle, pour son contenu verbal bien entendu, mais aussi (et surtout) pour le non verbal, les demandes cachées, le contexte, etc.
J.-A. Malarewicz l’applique dans ce livre au changement en entreprise.
Un observateur modifie toujours l’objet observé (vague souvenir du chat de Schrödinger caressé au cours de mes études). Aussi est-ce dans la peau d’un intervenant externe, dit « le consultant » (amusant gimmick au fil des pages) que nous entamons la lecture des cas pratiques proposés.
Mais avant d’y arriver, il faut passer par de brefs rappels théoriques (les 4/5èmes du livre quand même).
Passionnants quand Malarewicz évoque le « changement réifié », soit l’injonction de changement qui conditionne la vie des entreprises de nos jours. Il décline 20 principes sur le sujet, notamment qu’il est plus facile de changer la position d’une personne en faisant appel aux sentiments qu’à la raison, qu’il est également plus facile de changer un système lorsqu’il est complexe, et que rien n’est jamais acquis (exemple du Minitel qui aurait ralenti en France l’avènement d’Internet).
Attendus, au moment d’évoquer l’homéostasie, état stable d’un système qui survit à un changement et se perpétue.
Instructifs, lorsqu’il passe en revue les personnalités au sein d’un groupe coaché : le bouc émissaire, provocateur qui doit être écouté, pas forcément suivi, le séducteur – qui « endort » la vigilance du consultant, l’anti-conflictuant (frein au changement), le leader.
Pertinents au moment d’évoquer l’évolution du coaching ces dernières années.
Déconcertants et proches de l’artifice lorsqu’il compare les modèles familiaux aux modèles d’entreprises : familles reconstituées et fusion d’entreprises (pourquoi pas), enfants adoptés / franchisés (j’y adhère moins), bandes d’adolescents et entreprises virtuelles (plus du tout).
Et pour finir à rafraîchir lorsqu’il est question de certains aspects sociétaux (l’internet évoqué date de plusieurs années déjà… et évolue vite).
Les exemples sont quant à eux très illustratifs de ce qu’amène l’approche systémique.
Malgré l’indéniable intérêt et l’érudition de ce livre, je n’ai pas retrouvé la verve de l’orateur (animateur de formations au management auxquelles j’ai eu la chance d’assister) ni aucun de ces exemples si parlants de thérapie familiale, rencontrés au cours de sa carrière de psychiatre et psychothérapeute (et qui facilitent la compréhension des concepts).
Une citation pour finir, sur un sujet qui m’a bien surpris : « […] un projet est d’autant mieux reçu qu’il porte en lui-même le plus de nostalgie possible. […] En effet, il n’est rien de plus émotionnel que la nostalgie. Ce facteur est probablement le plus actuel qui soit. »


De beaux lendemains
De beaux lendemains
par Russell Banks
Edition : Poche
Prix : EUR 8,70

4.0 étoiles sur 5 Habilement construit et d'une grande force littéraire, 17 août 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : De beaux lendemains (Poche)
Quel titre ironique pour un livre qui s’ouvre sur une tragédie, l’accident d’un bus scolaire dans une petite ville du nord des Etats-Unis !
Habilement construit, le roman donne successivement la parole à plusieurs des protagonistes de l’événement : la conductrice (survivante), un parent, un avocat, une jeune fille victime de l’accident et devenue invalide, la conductrice à nouveau.
Le début est d’une grande maîtrise littéraire et pourtant trompeur, car irréaliste : on s’imagine mal la conductrice du bus décrire les jeunes victimes avec autant de détachement et de neutralité. Il fallait pourtant à Banks un témoin permettant de décrire l’événement.
Les voix de l’avocat et de la jeune fille sont les plus à vif : l’avocat, porté par la colère (liée à son propre passé), convainc des parents de victimes d’aller en justice ; la jeune fille, paraplégique, se reconstruit un présent très différent de sa vie antérieure, honteuse « d’avoir eu de la chance » (d’être survivante).
Mais la grande force de ce roman est de montrer comment, en dépit du traumatisme subi par la petite communauté, plusieurs personnes s’affairent pour éviter le procès et reprendre une vie routinière (les beaux lendemains ?), afin que ne surgissent pas au grand jour leurs propres turpitudes.
La course de « stock-cars » qui achève le roman en est un beau raccourci : ces véhicules qui se heurtent et s’entrechoquent, finissent rapidement par s’immobiliser, incapables de mener le combat plus avant.
Ce livre a inspiré le beau film éponyme d’Atom Egoyan.


Faites vous-même votre malheur
Faites vous-même votre malheur
par Paul Watzlawick
Edition : Poche
Prix : EUR 7,00

4.0 étoiles sur 5 Simple d'accès, humoristique et cultivé, 13 août 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Faites vous-même votre malheur (Poche)
C’est en ressassant un bête problème de voisinage que m’est venue l’idée de relire ce court manuel de Paul Watzlawick.
Watzlawick, décédé en 2007, était un psychologue (et plein d’autres choses aussi), membre fondateur de l’École de Palo Alto, et spécialiste de la thérapie familiale. Plutôt que d’écrire une de ces nombreuses recettes du bonheur qui paraissent régulièrement, il a l’espièglerie de lister ce qui peut consciencieusement pourrir notre vie au quotidien.
Il distingue le comportement personnel (ruminer un sujet, comme la voiture de mon voisin par exemple) des relations interpersonnelles (se monter le bourrichon à plusieurs).
Dans la première catégorie, plusieurs attitudes contribuent à notre malheur : se fixer un but sublime et inatteignable, glorifier le passé (c’était mieux avant), rendre le passé responsable de ce qui nous arrive (on ne peut rien y faire), insister (entrer dans la névrose)… Watzlawick conseille avec jubilation des exercices visant à recenser tout ce qui ne va pas dans notre environnement quotidien (les bruits parasites, les feux qui passent au rouge, etc.). Enfin, partant de la certitude qu’on est livré sans défense à des pouvoirs échappant à notre maîtrise, il « conseille » l’évitement permanent, qui empêche au final de voir si le danger existe toujours.
Ressasser un sujet est aussi une source de malheur : une idée, pour peu qu’on s’y accroche avec conviction, finit par produire sa propre réalité. Parfois, ce qu’on cherche à tout prix à éviter finit même par arriver.
Dans les relations interpersonnelles, Watzlawick insiste sur les différences de culture (et donc de perceptions distinctes d’un même concept), mais aussi sur les mobiles cachés des actions altruistes et développe avec joie l’injonction paradoxale « Sois spontané ! ».
Le mérite principal de ce court bouquin, simple d’accès, humoristique et cultivé, est de nous faire réfléchir sur certaines de nos conduites. La phrase de Dostoïevski citée en conclusion en est bien la meilleure synthèse : « L’homme est malheureux parce qu’il ne sait pas qu’il est heureux ».


Rien ne s'oppose à la nuit - Grand prix des Lectrices de Elle 2012
Rien ne s'oppose à la nuit - Grand prix des Lectrices de Elle 2012
par Delphine de Vigan
Edition : Poche
Prix : EUR 7,90

3.0 étoiles sur 5 Une vie de souffrance intérieure, 9 août 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Rien ne s'oppose à la nuit - Grand prix des Lectrices de Elle 2012 (Poche)
« Rien ne s’oppose à la nuit » (titre emprunté aux jolis vers d’Alain Bashung) est l’histoire de Lucile, mère de l’auteur, marquée par un traumatisme d’enfance et victime de lourds troubles psychologiques une fois adulte.
Voici un récit à forte dominante féminine (sans être féministe pour autant) : le seul homme qui ne soit pas une ombre ou victime d’un décès précoce est le grand-père Georges, séduisant mais destructeur.
Delphine de Vigan est omniprésente dans son livre, sûrement trop dans la première partie où le portrait le plus réussi est celui de la grand-mère Liane, et plus naturellement dans la suite qui explore la relation mère-fille. Elle ressent le besoin d’expliquer à plusieurs reprises sa démarche d’écriture, éprouvante et courageuse : c’est compréhensible tellement ce récit familial ranime de souvenirs difficiles, et les remords associés.
Une écriture simple et fluide porte ce sujet lourd, heureusement émaillé d’épisodes joyeux, bien rendus. Au rayon des regrets, une promesse non tenue (l’enfance auprès de son père, annoncée et jamais racontée), l’abus de métaphores visant à épargner certains de ses proches (« le père de mes enfants », «l’homme que j’aime »… on se croirait dans les nouvelles estivales de Elle !).
Je me suis surpris à aimer ce livre, touchant et sincère, qui m’a rendu curieux de voir ce que pouvait publier cet auteur, une fois exorcisés par l’écriture les traumatismes familiaux (l’anorexie dans « Jours sans faim », la folie et le suicide dans celui-ci).


Lune sanglante
Lune sanglante
par James Ellroy
Edition : Poche
Prix : EUR 8,65

3.0 étoiles sur 5 Avant-goût du monde torturé et inspiré d'Ellroy, préfigurant le « Quatuor de Los Angeles », autrement plus dense et brillant, 2 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lune sanglante (Poche)
Un des premiers Ellroy et déjà tous les ingrédients de ses futures réussites : mal absolu, quête de la rédemption, sexe et Benzédrine (amphétamines). Côté style, sec comme un coup de trique, sujet – verbe –complément, voire moins.
Avant Connely (« Le poète »), Ellroy avait déjà imaginé un tueur en série amateur de rimes : celui-ci ne se distingue pas par un mode opératoire particulier (toutes les formes de cruauté semblant lui convenir), mais pas l’inspiration de ses crimes, que je ne dévoile pas. Le flic qui s’oppose à lui, doué, idéaliste, amateur de femmes, tient l’enquête de sa vie et la considère comme telle. Plaignons les personnages qui gravitent autour de ces deux-là…
« Lune sanglante » est un avant-goût du monde torturé et inspiré de James Ellroy, préfigurant le « Quatuor de Los Angeles » (les somptueux « Le Dahlia noir », « Le Grand Nulle part », « L.A. Confidential », « White Jazz »), autrement plus dense et brillant.


Sur l'oisiveté et autres Essais en français moderne
Sur l'oisiveté et autres Essais en français moderne
par Michel de Montaigne
Edition : Poche
Prix : EUR 3,50

4.0 étoiles sur 5 Des réflexions en résonance avec notre époque, 1 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sur l'oisiveté et autres Essais en français moderne (Poche)
C’est sûr, Montaigne est un auteur estival moins vendeur que Michel Bussi, mais ce court recueil d’essais se révèle très intéressant à lire, et instructif à plus d’un titre. Il est aussi accessible, grâce à une traduction efficace en français moderne.
Les cinq essais portent sur l’oisiveté, le pédantisme, la cruauté, la colère, et contre la fainéantise.
Ses propos restent d’actualité sur l’accès au savoir et l’utilisation de nos connaissances : « Nous ne travaillons qu’à remplir la mémoire et nous laissons l’intelligence et la conscience vides », précisant ensuite que les « pédants » vont picorer dans les livres pour connaître les réponses à leurs questions sans faire fonctionner leur raisonnement. Analogie avec notre recours fréquent à Google dès qu’un doute survient ? Laquelle utilisation ne fait elle-même que préfigurer l’usage du « persoc » ou de l’implant cérébral imaginés par Dan Simmons dans « Les Cantos d’Hypérion », donnant accès à toute la connaissance de l’univers.
Dans l’enseignement, Montaigne insiste aussi sur le savoir-être, indiquant l’importance d’apprendre « la vaillance, la sagesse et la justice », et pas seulement les sciences. Il fait aussi l’éloge de l’apprentissage, citant un roi de Sparte du 4ème siècle avant J.-C., à qui l’on demandait ce que les enfants doivent apprendre, et qui répondait « ce qu’ils doivent faire, une fois hommes ».
Sa réflexion morale prend aussi une résonance toute particulière dans la période d’attentats que nous vivons en France (il faut avoir en tête que Montaigne a écrit ses essais pendant la période des guerres de religion), citant Plutarque : « c’est une chose très facile et très lâche que de faire de mauvaises actions, et que bien faire là où il n’y a pas de danger, c’est une chose commune, mais que bien faire s’il y a du danger c’est le devoir propre d’un homme de vertu ».


Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens
Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens
par Robert-Vincent Joule
Edition : Broché
Prix : EUR 21,00

3.0 étoiles sur 5 Comprendre la manipulation, dans un style alerte et accessible, 26 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (Broché)
Nous sommes tous des manipulateurs, conscients ou inconscients, et nous sommes tous manipulés : autant comprendre comment, c’est grosso-modo ce que proposent les auteurs de ce livre, dans un style alerte et accessible.
En bons universitaires, ils s’appuient sur des études, dont les leurs, qu’ils citent avec gourmandise.
Le principe de « l’engagement » est particulièrement intéressant : il faut comprendre « être engagé » et non pas « s’engager », ce qui est bien différent. Ainsi, on est plus enclin à accepter une demande qui est une conséquence d’une décision que l’on a soi-même prise. On peut donc être manipulé par une première demande, en apparence anodine, mais qui nous « engage ». Pour le manipulateur, c’est la technique dite du pied-dans-la-porte (chaque méthode se voyant dotée d’un nom imagé) : demander peu avant de demander beaucoup.
Autres techniques : formuler une demande exorbitante, qui sera refusée, avant de demander ce qui nous qui intéresse vraiment et qui paraît bien mineur en comparaison ; toucher notre interlocuteur pour favoriser son accord ; susciter une crainte suivie d’un soulagement (qui rend plus favorable à une acceptation) ; « étiqueter » notre interlocuteur par un qualificatif noble (généreux, loyal, honnête, etc.) ; laisser une apparente liberté de choix (« Vous êtes bien entendu libre de … »)…
Le plus frappant est sans doute l’utilisation de certaines techniques dans le marketing et la publicité, dont notamment le placement de marques qui suscite des influences inconscientes, ou encore le « conditionnement évaluatif » (transfert du contexte favorable et positif sur l’objet de la publicité).
En conclusion, les auteurs donnent trois conseils pour éviter les manipulations, tant que faire se peut :
1/ Apprendre à revenir sur une décision ;
2/ Considérer deux décisions successives comme indépendantes (afin d’éviter l’engagement) ;
3/ Évaluer notre liberté à sa juste valeur, c’est-à-dire ne pas se mettre dans une situation de soumission librement consentie (je crois décider en toute indépendance, mais ce n’est pas le cas, je suis en réalité soumis à une influence).
Je recommande ce livre sur la manipulation, thème que les auteurs, malgré une tendance récurrente à l’autosatisfaction (ou disons l’autopromotion…), traitent avec pédagogie avec humour.


Réparer les vivants
Réparer les vivants
par Maylis de Kerangal
Edition : Poche
Prix : EUR 7,70

4.0 étoiles sur 5 Beau style, un roman réussi malgré quelques passages inutiles, 26 juillet 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Réparer les vivants (Poche)
C’est un mouvement fluide qui débute ce roman, celui des vagues de la côte normande, et c’est un mouvement fluide qui le termine, celui du sang circulant dans le cœur. Car « Réparer les vivants » est le récit d’une transplantation cardiaque, de l’accident qui coûte la vie au « donneur » (jeune homme victime d’un accident de la route au retour d’une séance matinale de surf) à l’implantation de l’organe dans le corps d’une quinquagénaire.
Ce même mouvement rythme aussi les phrases, tantôt longues et découpées pour exprimer l’attente, l’hébétude, ou l’hésitation, tantôt sèches comme le ressac pour dire l’urgence et la rapidité. Un très beau style donc, expressif, au service d’un récit toujours juste, poignant mais jamais larmoyant.
Maylis de Kerangal apprécie les portraits, consacre à juste titre plusieurs pages à celui des parents du jeune homme, mais s’étend aussi sur des descriptions secondaires peu utiles au récit (l’acquisition d’un chardonneret en Algérie est par exemple dispensable…). C’est une manière – habile, mais visible – d’alléger la charge émotionnelle de certains passages, c’est aussi l’occasion de décrire certains des acteurs du processus par leurs passions et non par la seule application stricte et précise de leur métier. Soit.
Un autre parti pris (logique car tout le récit se joue en quelques heures) est de centrer le roman sur l’action, sans accorder de temps à la signification du « don » – pour être exact, le sujet est à peine effleuré par la personne qui reçoit le cœur, déplorant qu’il faille que quelqu’un meure pour qu’elle-même reste en vie.
Faibles réserves car, pour le reste, ce roman est pleinement réussi, alerte, résolument tourné vers la vie. Un grand plaisir de lecture.


Le Sermon sur la chute de Rome - Prix Goncourt 2012
Le Sermon sur la chute de Rome - Prix Goncourt 2012
par Jerome Ferrari
Edition : Poche
Prix : EUR 7,70

3.0 étoiles sur 5 Belle écriture, histoire sans grand intérêt, 22 juillet 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Sermon sur la chute de Rome - Prix Goncourt 2012 (Poche)
Deux récits s’entremêlent dans ce roman, l’histoire contemporaine d’un jeune homme qui s’associe avec un ami d’enfance pour reprendre la gérance d’un bar en Corse, et la vie de son grand-père ; le sermon de St-Augustin, objet du titre, structure quant à lui les chapitres et propose sa morale finale à l’ensemble (exprimant, en résumé, la finitude de toute chose, mais aussi la survie de l’humanité à ses créations).
Un titre aussi beau suscite une forte attente : le roman sera-t-il à la hauteur de l’accroche ?
Oui et non.
L’écriture est belle, élégante, cependant moins réussie quand on quitte le langage soutenu (improbable vulgarité dans certains dialogues…). Le rythme est parfaitement maîtrisé par le tempo des phrases (par exemple, le temps qui s’écoule et la lassitude du grand-père en Afrique suggérée par de longues phrases sans fin).
Je suis moins emballé par l’histoire, sans grand relief. Aucun personnage ne suscite vraiment de sympathie, les lieux et tout particulièrement la Corse sont des décors de carton pâte (qui virent même au cliché : charcuterie, fromage et noms en « i »…). Quant au rapprochement avec le sermon de St Augustin, assez ténu voire artificiel, il ne tient que par le talent d’auteur de Jérôme Ferrari.
Ce roman avait remporté le Goncourt 2012, notamment aux dépens de « La vérité sur l’affaire Harry Québert » de Joël Dicker, moins littéraire mais quand même plus passionnant.
Au final donc, une très belle écriture à laquelle il manque un sujet pour en faire un chef d’œuvre.


La mort du roi Tsongor - Prix Goncourt des Lycéens 2002
La mort du roi Tsongor - Prix Goncourt des Lycéens 2002
par Laurent Gaude
Edition : Poche
Prix : EUR 6,10

4.0 étoiles sur 5 Roman de l'oralité, d’une simplicité universelle, 19 juillet 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La mort du roi Tsongor - Prix Goncourt des Lycéens 2002 (Poche)
Conte mystique inspiré de mythologie, « La mort du roi Tsongor » met en scène la succession d’un royaume imaginaire au décès de son souverain. Ce roman ne dit rien d’autre que des choses mille fois écrites sur la guerre et la folie des hommes. Mais il le fait en donnant à la parole une force hors du commun : toutes les décisions sont exprimées à voix haute, devant témoins, et l’écoute est fondamentale, tout comme le respect de la parole donnée. « Tu dis ce qui est » répète à deux reprises l’un des protagonistes devant son pire ennemi, reconnaissant qu’il exprime tout haut par ses mots la globalité de la situation, sans les non dits et les omissions qui sont notre quotidien.
J’ai apprécié la grâce de ce récit, roman de l’oralité, empli de symboles, d’une simplicité universelle, tout en émotion retenue.


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