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Sbo
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The Cell: A Very Short Introduction
The Cell: A Very Short Introduction
par Terence Allen
Edition : Broché
Prix : EUR 9,92

4.0 étoiles sur 5 Bonne petite introduction., 22 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Cell: A Very Short Introduction (Broché)
Pour ceux qui lisent l'anglais, voici une bonne petite introduction à la cellule qui constitue tout être vivant. Il s'agit ici avant tout de cellules eucaryotes (= à noyau), animales généralement, voire surtout humaines. La présentation est relativement dense, mais reste accessible à qui n'a pas ou que très peu de formation en biologie et biochimie. La terminologie spécifique est utilisée; on l'apprend ou la révise donc au passage. Du fait de la brièveté du livre, certains processus sont peut-être un peu trop rapidement exposés et restent parfois un brin confus pour le néophyte (ex: la transcription de l'ADN). Cependant, l'objectif de cette collection, comme le titre l'indique est d'offrir une "very short introduction". Ce livre y parvient bien.

Sont traités entre autres :
• Les caractéristiques de base d'une cellule (de la membrane cellulaire --et la paroi pour les plantes et unicellulaires-- au cytoplasme et ses organelles et au noyau)
• La production de protéines (ribosomes, le processus de synthèse même),
• Le cytosquelette (les microtubules, filaments intermédiaires et micro filaments, cils et flagelles);
• Le noyau de manière plus détaillée (structure, composants, ADN)
• Cycle de vie de la cellule (division/mitose, méiose, réplication de l'ADN et transcription, manière dont une cellule bouge, mort cellulaire programmée)
• Types et rôles des cellules (l'accent est mis sur les épithéliums-- l'exemple de l'épiderme est particulièrement bien traité et instructif--, les cellules sanguines, les différentes cellules du système immunitaire, les cellules du système nerveux)
• Cellules souches (chez l'embryon et chez l'adulte)
• Thérapie cellulaire : état des recherches
• La transplantation de cellules sanguines (transfusion)
• Thérapie par les cellules souches (bref historique, état de la recherche, espoirs et développements futurs)

Quelques photos et schémas illustrent utilement certains processus. Le livre est bien structuré, accessible malgré l'usage d'une terminologie qui sera nouvelle pour certains et la densité de l'exposé. Heureusement, un EXCELLENT INDEX permet de retourner à l'une ou l'autre information que le lecteur n'aurait pas assimilée à la première mention ou simplement d'utiliser l'ouvrage comme petit outil de référence. La liste bibliographique ("further reading") comprend une demi-douzaine d'ouvrages que les auteurs présentent en quelques mots, ainsi que l'adresse internet de quelques grands magazines scientifiques anglophones.
Comme pour d'autres ouvrages de cette collection, l'éditeur utilise des caractères d'imprimerie que certains trouveront très (trop?) petits.


Plus haut que la mer
Plus haut que la mer
par Francesca Melandri
Edition : Broché
Prix : EUR 7,10

3.0 étoiles sur 5 Un agréable moment de lecture, sans plus, 18 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Plus haut que la mer (Broché)
Les protagonistes n'ont apparemment en commun que de rendre visite au même moment, lui à son fils, elle à son mari, sur une ile carcérale. Le mistral les empêche de reprendre la mer pour rentrer et force la rencontre entre des mondes et vies totalement différents. L'idée est bonne et son traitement très délicat. Dans ce roman, les événements sont infimes; ils relèvent du petit geste, du regard. Des souvenirs refont surface révélant progressivement quelques traits du passé au lecteur, à chaque fois interrompus par un autre petit moment, un pas de plus dans cette rencontre fugace, simple mais intense (et apparemment marquante pour les personnages). Un deuxième thème apparait en filigrane, qui révèle la manière dont la famille peut être presque prisonnière de l'emprisonnement d'un proche, et combien le fait de travailler dans le monde carcéral peut affecter les gardiens, voire la famille de ceux-ci.

J'ai lu le livre d'une traite. Cependant, en le refermant, j'ai eu l'impression qu'à force d'extrême délicatesse, de suggestion et de petites touches, l'auteure me laissait avec un petit objet littéraire évanescent, que j'aurai oublié dans quelques jours. En outre, le dernier chapitre, qui esquisse la situation des deux personnages trente ans plus tard, fait un peu trop "happy end" ("voyez que cette rencontre changea leur vie"). Il me semble que la fin aurait été plus puissante si le livre s'était terminé avec le chapitre précédent.
Un agréable moment de lecture donc, mais sans plus.


Du domaine des murmures - Prix Goncourt des lycéens 2011
Du domaine des murmures - Prix Goncourt des lycéens 2011
par Carole Martinez
Edition : Poche
Prix : EUR 7,10

5.0 étoiles sur 5 Un récit riche, de beaux personnages et un style superbe, 8 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Du domaine des murmures - Prix Goncourt des lycéens 2011 (Poche)
Quel beau récit, et quelle plume superbe! On aurait pu craindre qu'un roman dont le personnage principal est reclus soit excessivement statique, qu'il ne s'y passe pas grand-chose. Ce n'est absolument pas le cas!
Certes, le court prologue surprend par son style aussi dense que la forêt à travers laquelle on accède au domaine des Murmures, mais par la suite, les chapitres agréablement brefs (8-10 pages maximum) s'enchainent sur un bon rythme de narration ponctué de dialogues ciselés.

L'histoire se passe à la fin du au XIIe siècle. La narratrice, Esclarmonde, s'est fait emmurer dans une petite cellule attenante à la chapelle du château familial, pour consacrer le reste de ses jours à la prière plutôt que d'épouser un homme choisi pour elle par son père.
Carole Martinez parvient à créer de l'espace et du mouvement dans et autour de ce réduit de pierre. La jeune femme trouve d'abord un accès à plus vaste qu'elle par la prière intense avant de découvrir qu'elle est enceinte d'un viol subi juste avant sa réclusion. Elle vit pendant trois ans avec cet enfant qui va et vient entre les barreaux de la fenestrelle de la cellule. L'espace et l'action viennent aussi du récit de ce qui se passe durant ce temps, au château et pour certains serfs du domaine, ainsi que pour plusieurs hommes de la famille partis à la Croisade.

L'Ecriture est magnifique : les personnages prennent peu à peu de l'étoffe humaine; la belle prose est soutenue d'un souffle poétique et d'un usage légèrement inhabituel de la langue qui plongent le lecteur dans une ambiance médiévale.


Histoire des peurs alimentaires : Du Moyen Age à l'aube du XXe siècle
Histoire des peurs alimentaires : Du Moyen Age à l'aube du XXe siècle
par Madeleine Ferrières
Edition : Broché
Prix : EUR 11,00

5.0 étoiles sur 5 Excellent, 26 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Histoire des peurs alimentaires : Du Moyen Age à l'aube du XXe siècle (Broché)
Dommage qu'il n'y ait pas encore de commentaires pour attirer l'attention sur cet excellent ouvrage qui couvre un champs bien plus large que le thème central des peurs alimentaires au fil de quelques siècles. Ce livre a déjà connu une édition en format de poche (l'édition originelle datant quant à elle de 2002) et fait l'objet de nombreux échos souvent positifs. Le mien (signé SBO) et les autres peuvent être lus ici : Histoire des peurs alimentaires : Du Moyen Age à l'aube du XXe siècle.


Manger au Moyen Âge: Pratiques et discours alimentaires en Europe au XIVe et XVe siècles
Manger au Moyen Âge: Pratiques et discours alimentaires en Europe au XIVe et XVe siècles
par Bruno Laurioux
Edition : Poche
Prix : EUR 9,00

4.0 étoiles sur 5 Aborde bien de nombreuses facettes du sujet. Mais problèmes avec l'édtion de 2013, 26 juillet 2016
4 **** pour le contenu du livre, mais hélas 1 seule petite étoile pour cette édition Fayard/Pluriel de 2013 dont deux exemplaires successifs ont perdu des pages lors de la lecture. Mieux vaut dès lors essayer de se procurer soit l'édition originale de 2002 (Hachette Littératures), soit un exemplaire de l'édition de poche Fayard/Pluriel de 2006.

L'objectif du livre est de "considérer ensemble et dans leurs interactions" (p.7) les aspects biologique, social et culturel de l'acte de manger aux XIVe et XVe siècles en Europe occidentale. De nombreux sujets sont abordés de manière à la fois étayée et agréable à lire, même si la multiplication des thèmes implique qu'ils ne sont pas toujours fort approfondis. Il s'agit donc surtout d'un bel aperçu de la question.
Les sujets vont des goûts médiévaux (alimentaires mais aussi pour les "entremets" --dont certains constitués de divertissements), aux manières de table, en passant par la dépendance à la nature (saisons, climats), les modes de conservation des aliments (ex: le hareng, base alimentaire des jours "maigres"), la circulation des aliments/ingrédients, la présentation de ceux qui cuisinaient, et les repas comme acte social, voire politique (ex: banquets des Ducs de Bourgogne).

Le chapitre sur les "obligations religieuses" est à mon avis un des plus instructifs. L'auteur y précise très utilement que l'Église n'interdisait aucun aliment dans l'absolu, mais plutôt certains selon un calendrier, qui est présenté (carême, avent, vigiles, jours gras ou maigres). Il traite aussi de la hiérarchie des privations selon le droit canonique et des multiples dispenses. Une petite section amusante mentionne des aliments "ambigus" (queue de castor, oie bernache), tandis qu'une autre aborde un thème rarement traité dans d'autres ouvrages d'histoire médiévale: l'alimentation des juifs au Moyen Age et les conflits alimentaires entre juifs et chrétiens.

Un autre chapitre traite aborde les " normes culturelles" L'auteur y explique bien, entre autres choses, les origines philosophiques de la hiérarchie des aliments (ex: les arbres fruitiers sont plus hauts vers le ciel et vers Dieu que les bulbes enfouis sous terre) et la manière dont elle a été couplée à la hiérarchie sociale au Moyen Age. On voit dans une autre section l'émergence d'une littérature louant la bonne chère de manière détournée (puisque la gourmandise était un péché) et non dénuée d'humour, de laquelle le Gargantua de Rabelais sera héritier.

L'auteur s'appuie sur de nombreux articles et monographies spécialisés d'historiens (dont lui-même), référencés dans une section finale de notes. Certains des travaux listés sont italiens ou plus rarement anglais ou belges, ce qui permet à Mr Laurioux d'illustrer ses propos d'exemples "hors hexagone".

Un index aurait rendu le livre consultable en référence. La table des matières est quant à elle malheureusement trop succincte pour refléter la richesse du contenu ou permettre une navigation précise dans l'ouvrage, puisqu'elle ne liste même pas les titres des sections des chapitres.
La bibliographie est celle de l'édition de 2002, à laquelle s'ajoute une page de publications parues entre 2002 et 2012. Y figure le riche et passionnant Histoire des peurs alimentaires : Du Moyen Age à l'aube du XXe siècle de Madeleine Ferrières.
Ceux qui lisent l'anglais apprécieront peut-être l'excellent Power and Profit: The Merchant in Medieval Europe
de P. Spufford, dont un large chapitre traite du commerce des denrées alimentaires.


Ce que murmurent les collines: Nouvelles rwandaises
Ce que murmurent les collines: Nouvelles rwandaises
par Scholastique Mukasonga
Edition : Poche
Prix : EUR 7,10

2.0 étoiles sur 5 Plus des souvenirs que des nouvelles. Aucun rêve, aucune imagination, aucune poésie, rien de porteur, 8 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ce que murmurent les collines: Nouvelles rwandaises (Poche)
Voyant qu'il s'agissait de "nouvelles rwandaises", j'ai espéré trouver ici des fictions courtes menant en quelques pages à un retournement ou une révélation comme souvent dans ce genre littéraire tel qu'il est pratiqué avec art par les Anglo-saxons ou en Amérique latine. Hélas, il s'agit plutôt de sortes de souvenirs d'enfance racontés par une narratrice qui semble être le double souvent assez amer de l'auteure. Lesdites "nouvelles" finissent souvent de manière lourde, factuelle, voire explicative. On quitte le livre sur quelques lignes qui atteignent carrément un summum de platitude (comment Gallimard a-t-il pu publier cela?).
La nouvelle "Le Malheur" est peut-être un petit peu plus imaginative que les cinq autres, moins engluée dans le souvenir ou le contexte historique d'une période de déliquescence des structures et traditions rwandaises au début du 20e s (quand un grand-père se remémore) ou plus tard dans ce siècle quand il s'agit de l'enfance de la narratrice.

Le Rwanda des nouvelles de Mme Mukasanga est, par le souvenir des ainés, celui de la colonisation, des Belges qui ont mis fin à la royauté traditionnelle qui assurait, semble-t-il, un certain équilibre des forces quoique plutôt favorable aux Tutsis (dont la famille de la narratrice). Epoque aussi de l'évangélisation musclée et des conversions de façade ou ronds de jambes devant les Blancs pour obtenir un accès à l'enseignement pour les enfants (surtout des fils). "Un Pygmée à l'école" révèle que le cadre colonial n'a cependant pas encore mis fin, au temps de l'enfance de la narratrice, au violent mépris traditionnel dont étaient victimes les Pygmées (Mutwa) y compris de la part des Tutsis, pourtant eux-mêmes en perte de vitesse depuis la fin de la royauté.

Bref, l'auteure présente un Rwanda amer, imbibé de violence ancienne (entre ethnies, entre voisins, et ce, bien avant 1994). Un Rwanda bouleversé par la colonisation, certes, mais dont l'auteure, pour une raison que j'ignore, semble prendre beaucoup de soin à faire un portrait peu sympathique. Les quelques passages un peu plus tendres ou qui révèlent de la débrouille ou de l'entraide sont hélas vite assombris.

Le livre pourrait cependant intéresser le lecteur qui a vécu dans la région (Kivu, Burundi et Rwanda) au temps de la colonisation belge. Il y trouvera un autre regard sur la mise en place et les conséquences de celle-ci. A la fin de chaque nouvelle, Mme Mukasonga donne quelques "notes à l'attention du lecteur curieux". Il s'agit souvent de brèves informations historiques.
On devine également au fil des pages quelques usages et traditions (dont les personnages déplorent souvent la perte) qui pourraient servir de fonds à des nouvelles plus colorées, plus nuancées, ouvertes sur un imaginaire plus large abordé avec un peu plus de poésie.
Peut-être Mme Mukasonga pourrait-elle lire Lyonel Trouillot? (Et qui oserait prétendre le contexte historique, économique, politique et social d'Haiti nettement plus paisible, facile et agréable que celui du Rwanda!?).


La Splendeur
La Splendeur
par Régine Detambel
Edition : Broché
Prix : EUR 19,00

4.0 étoiles sur 5 Une plume inventive, brillante. Peut-être un peu trop?, 1 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Splendeur (Broché)
Il serait un peu trompeur de présenter "La Splendeur" comme étant une petite biographie du médecin et savant polymathe italien du 16e siècle Girolamo Cardano (Jérôme Cardan). En effet, le lecteur curieux avant tout de mieux connaitre le personnage pourrait se sentir un brin frustré de n'arriver qu'à l'entrevoir derrière le scintillement parfois presque aveuglant du style, tant la plume de Régine Detambel est créative, riche et ciselée.

La vie et la personnalité de Cardano sont présentés par son "génie", son démon créatif intérieur, celui-là même qui a enflammé l'homme d'un bouillonnement intellectuel intense. Le génie étant immortel et dressant le portrait bien après coup, il ajoute à une gouaille très incarnée assez rabelaisienne, ponctuée de quelques digressions et coups d'humeur, non seulement des allusions aux sages gréco-latins dont étaient férus les intellectuels de la Renaissance italienne, mais aussi des références et un vocabulaire bien ultérieurs au 16e siècle. C'est ainsi que Mendel et Monod apparaissent dans la même phrase (p. 99); ailleurs il est question de George Pérec, d'Hiroshima ou du Cobalt au numéro atomique 27.
Certains s'irriteront devant ce qu'ils percevront comme des anachronismes. D'autres suffoqueront presque devant l'incroyable densité du style. Et c'est vrai que la plume s'impose, parfois excessive, quasi insupportable…. mais d'autant plus fascinante et enivrante pour qui aime les textes vraiment écrits. Régine Detambel fait preuve d'une inventivité infatigable en matière d'assemblage de mots pour asséner au lecteur des images aussi inédites que fortes, souvent à coup de petites phrases à la juxtaposition percutante.

En bref, ce petit récit plaira sans doute plus aux amateurs d'écriture peaufinée et de créativité stylistique qu'à qui chercherait une biographie factuelle de Cardan.


La vie des moines au temps des grandes abbayes
La vie des moines au temps des grandes abbayes
par Eric Palazzo
Edition : Broché
Prix : EUR 9,50

3.0 étoiles sur 5 Pour lecteur averti. Moins concret que le suggère le titre. Quelques choix éditoriaux étranges., 13 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : La vie des moines au temps des grandes abbayes (Broché)
Dans l'introduction, les auteurs précisent qu'ils veulent donner une vision d'ensemble du monachisme médiéval entre le VIIIe et la fin du XIIe s (+ un peu le XIIIe s), en traitant des aspects institutionnels, de la spiritualité et des liens avec la vie sociale. Il s'agit d'abbayes masculines uniquement et bénédictines principalement, même si quelques sources sont cisterciennes. La plupart des exemples concernent de grandes abbayes françaises, probablement du fait du rôle prépondérant qu'elles jouèrent dans le développement du monachisme occidental de l'époque étudiée. En outre, Dom Davril, moine l'abbaye de Fleury (St Benoit- sur-Loire), a bénéficié d'un accès privilégié aux archives de ce monastère, qu'il a partiellement éditées.

Parmi les sujets développés figurent la présentation des divers officiers du monastère (abbé, prieur, circateur, cellérier, infirmier, etc), l'importance de la prière et de la liturgie ou l'office du chapitre et la commémoration des défunts qui s'y est développée. Ailleurs il est question de l'espace du monastère ou des relations économiques et politiques que les abbayes entretenaient avec le pouvoir laïque. Illustrées par de chouettes petits extraits de sources, de courtes sections traitent du vêtement, de l'hygiène corporelle, du logement au dortoir, des repas, de l'infirmerie, du travail. Les attitudes corporelles (bonne manière de marcher, de s'asseoir, de faire une inclinaison en mouvement appelée" ante et retro"…) font l'objet de quelques pages très instructives, de même que le langage de signes simples utilisé dans les lieux où le grand silence doit être respecté.
Par contre, certains chapitres m'ont semblé moins accessibles, entre autres du fait de l'usage abondant de jargon. L'un d'eux présente les divers types de livres ainsi que les usages qui en étaient fait, les lieux où on en conservait et le rôle des abbés dans la constitution des bibliothèques. Voici une phrase extraite de ce chapitre: "chaque péricope est signalée par le numéro qu'elle porte dans la numérotation eusébienne, ainsi que par son incipit et son excipit (…)" (p. 171). Le chapitre "L'œuvre de Dieu" traite quant à lui de manière (très, très) détaillée de l'office et de la liturgie.

A qui ce livre s'adresse-t-il? Les auteurs me semblent en tout cas attendre du lecteur qu'il ait une bonne connaissance préalable de la liturgie catholique et des offices monastiques, de préférence dans la complexité qu'ils connaissaient à l'époque.
A la lecture du titre, je m'attendais à ce le livre traite plus spécifiquement de la vie réellement vécue par les moines, et ce de manière plus "dépouillée" et factuelle. Hélas, ici la forêt, dans sa générosité, cache parfois un peu l'arbre. J'aurais aussi aimé trouver une réflexion critique plus approfondie, une meilleure mise en perspective de ce que révèle et implique la vaste somme d'informations recueillie dans ce livre.

Il est certain que cet ouvrage est le fruit d'un long et sérieux travail de recherche, notamment dans des sources primaires (archives d'abbayes, entre autres), et des publications spécialisées, reprises dans des notes finales. Il est donc regrettable que tout n'ait pas été fait, par l'éditeur entre autres, pour rendre le livre mieux consultable comme référence. L'unique index reprend des noms propres alors qu'un index thématique aurait probablement été plus utile. L'édition inexpliquée en annexe du calendrier liturgique de Fleury au XIIIe siècle, donc après la période étudiée, interpelle également. Rien dans le texte ne marque les termes qui sont repris dans le glossaire… qu'on découvre donc après coup et qui ne comprend par contre pas certains termes-clefs du texte. C'est dommage.
Le livre a été publié initialement en 2000, année à laquelle s'arrête aussi la bibliographie.


20 petites leçons d'astronomie
20 petites leçons d'astronomie
par Joanne Baker
Edition : Poche
Prix : EUR 3,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Très bonne première approche, 30 mai 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : 20 petites leçons d'astronomie (Poche)
Ce petit livre à prix plus que démocratique offre une belle première approche de 23 sujets d'astronomie, en chapitres d'environ cinq pages. Il m'a paru clair et concis, très accessible. La faiblesse de mon bagage en science n'a été une gêne que lors de passages brefs et occasionnels, sans même que cela nuise à l'intérêt de cette lecture. Le livre ne contient pas de formules mathématiques ou chimiques. Par contre des petits schémas illustrent bien certains points.

L'ordre des chapitres est judicieux: ce qui aide à la compréhension d'un chapitre est présenté plus tôt dans le livre, et les choses sont expressément reliées par l'auteure. De plus, Joanne Baker aide le lecteur à percevoir comment les recherches et hypothèses d'un scientifique ont servi de base à celles d'autres chercheurs. Quelques grands astronomes sont présentés dans un petit encadré à la fin du chapitre qui traite de leurs apports.

Ch. 1: définition (et redéfinition récente) des "planètes" et des "étoiles", et encadré sur William Herschel
Ch2: l'héliocentrisme. (Galilée et Kepler, mais surtout Copernic)
Ch 3: les lois de Kepler (orbite elliptique des corps célestes. Focus sur Kepler)
Ch4: La gravitation (note sur Newton)
Ch5 : L'optique de Newton (propriétés physiques de la lumière)
Ch6: Effet Doppler (focus sur Doppler)
Ch7: Le paradoxe d'Olbers (idée clef: l'univers est fini)
Ch8: La loi et la constante de Hubble (l'univers est en expansion. Encadré sur... le télescope spatial Hubble)
Ch9: Le Big Bang
Ch 10: Antimatière (note sur Paul Dirac)
Ch 11: Matière noire
Ch12: Principe de Mach (mouvement relatif. Note sur Ernst Mach)
Ch 13: Relativité restreinte d'Einstein
Ch14: Relativité générale d'Einstein (courbures de l'espace-temps)
Ch15: Trous Noirs
Ch16: Classification des étoiles (note sur un groupe de femmes astronomes de Harward)
Ch17 et 18 : naissance et mort d'étoiles
Ch19: Pulsars
Ch 20: Le soleil
Ch 21: Formation du système solaire
Ch22: Lunes
Ch 23: Exobiologie (recherche de vie ailleurs que sur terre)

Ma seule (très petite) restriction quant à ce livre concerne la traduction. Le traducteur ne me semble pas toujours très à l'aise avec le sujet, ce qui nuit ponctuellement un peu à la fluidité. Ceux qui lisent l'anglais préfèreront peut-être la version originale, qui couvre en outre de plus nombreux thèmes (table des matières accessible sur le site anglais d'Amazon). Sur ce site-ci, voici la version anglaise 50 Ideas You Really Need to Know: Universe


Le divan d'Istanbul : Brêve histoire de l'Empire Ottoman
Le divan d'Istanbul : Brêve histoire de l'Empire Ottoman
par Alessandro Barbero
Edition : Poche
Prix : EUR 9,00

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 instructif, divertissant, mais les intentions de l'auteur me semblent ambigües, 6 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le divan d'Istanbul : Brêve histoire de l'Empire Ottoman (Poche)
Un petit livre instructif et divertissant à la fois. L'auteur y raconte l'histoire de l'empire ottoman tout en présentant quelques facettes de sa culture et de son organisation, principalement du XIVe s à sa chute après la première guerre mondiale.
Même si l'auteur semble historien de formation, il s'agit ici plutôt d'une narration: aucune source n'est citée, il n'y a pas de notes/références ni de bibliographie finale.
En outre, la liste des autres ouvrages de l'auteur révèle que ses centres d'intérêts sont relativement variés. Jusqu'à quel point a-t-il donc véritablement approfondi l'étude des croisades, celle de l'empire romain, de Charlemagne, de Waterloo ET de l'histoire ottomane sur six siècles? "Le divan d'Isanbul" me parait donc être une version de l'histoire ottomane parmi d'autres, un récit que l'auteur raconte (de manière très vivante d'ailleurs), plus d'un ouvrage de référence.

Tout en suivant un fil chronologique, Mr Barbero présente certains aspects de l'empire et de la culture ottomane (les janissaires, l'administration aux mains de chrétiens convertis esclaves du sultan, le retard technologique de l'empire par rapport à l'Europe, la corruption qui finalement profite au sultan, la gestion administrative de la multi-culturalité, Alger comme base des corsaires ottomans, etc).
Le ton divertissant, la présence d'anecdotes et la mention de points de vue très différents sur un événement selon qu'il s'agisse d'un regard ottoman ou de celui des occidentaux, rendent le livre agréable à lire. Le style lui-même est par moments relativement oral, avec des répétitions de vocabulaire (parfois un peu lourdes) et même de contenu. Hélas, la traduction manque un peu de fluidité et connait quelques imprécisions (ex: les chevaliers médiévaux sont ici des "Cavaliers"). Dans mon exemplaire, l'encre d'une page a parfois marqué celle d'en face.
Globalement, je recommande cette lecture mais avec quelques bémols.

L'auteur semble très admiratif de l'empire et de la culture ottomane. C'est en soi positif, car il en met volontiers les atouts en valeur. Cependant, je ne saisis pas très bien pourquoi, alors que le livre se veut visiblement être une première approche du sujet--- et s'adresse donc à des gens peu susceptibles d'avoir développé de solides préjugés sur le sujet, Mr Barbero semble souvent presque prêcher, comme pour contrer une vision négative qui serait répandue. Enseignerait-on l'histoire ottomane, en Italie (pays de l'auteur), et ce d'une manière négative?

L'admiration de l'auteur pour l'empire ottoman me parait parfois presque suspecte, surtout quand, passant du monde ottoman à la naissance de la Turquie au XXe siècle, il semble ne pas vouloir froisser les Turcs actuels en s'interrogeant sur le bienfondé de l'usage du terme "génocide" à propos du sort des Arméniens en 1915. Comme pris d'une prudence soudaine, il se dit incapable de trancher (p. 223-224), alors qu'ailleurs dans le livre il utilise très peu d'adverbes et de formes de prudence (tels que "il semblerait que", "probablement", … ). A deux reprises au moins en quelques pages, l'auteur signale que des Arméniens commettaient des actes de "terrorisme" (comme si cela pouvait justifier la déportation en masse d'une population et un génocide en représailles?!). De plus, il signale que d'autres grands états ont aussi déporté des populations à l'époque (p. 223), comme pour minimiser l'action des Turcs en l'inscrivant dans l'esprit du temps. Dans ces pages finales, Mr Barbero me semble donc se livrer à des contorsions au minimum douteuses. De ce fait, par delà les découvertes que m'ont permises ce livre à la fois riche en informations et très agréablement divertissant, il me reste quelques questions et des doutes sur les objectifs sous-jacents de l'auteur.


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