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Contenu rédigé par Blue Boy
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Blue Boy (France)
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Les Apparences
Les Apparences
par Gillian Flynn
Edition : Poche
Prix : EUR 22,00

4.0 étoiles sur 5 Passionnément... à la folie..., 17 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Apparences (Poche)
Voilà ce que je qualifierais de thriller réussi. Mais attention, le « thrill » n’est ici que psychologique, l’auteure a évité les clichés propres au genre, avec le sang déversé au litre et autres descriptions sordides. Et ça fonctionne à merveille, car en effet ce « page-turner » ne vous lâche pas jusqu’au bout.

Le scénario est très bien construit et le découpage très habile. Chaque chapitre expose en alternance les points de vue des deux principaux protagonistes, tout en laissant planer le mystère sur la disparition d’Amy jusqu’au tiers du livre. L’empathie que l’on peut ressentir pour Amy ou Nick est constamment remise en question, car au au bout du compte, ni l’un ni l’autre n’attirent vraiment la compassion. Mais impossible d’en dire plus à ce stade.

Gillian Flynn signe ici un subtil et machiavélique jeu de miroirs, où l’humour n’est pas absent, mais ne saurait être décrit autrement que par l’adjectif vachard. Après une telle lecture, vous ne regarderez plus tout à fait de la même façon les couples de votre entourage, surtout peut-être ceux qui renvoient une image parfaite.


Loup-Phoque
Loup-Phoque
par Davy Mourier
Edition : Album
Prix : EUR 17,95

3.0 étoiles sur 5 La banquise en folie, 17 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Loup-Phoque (Album)
Les pôles fondent, on en a maintenant la preuve depuis plusieurs années. Davy Mourier, en bon clown triste du neuvième art, a profité des 24 heures de la BD pour soulager ses inquiétudes quant à l’état de la planète, à l’aide de son humour bien à lui. Sa recette : superposer des textes « adultes » à un graphisme « enfantin ». Le cynisme et le mignon faisant équipe. Une association incongrue, à l’image de ce loup-phoque improbable.

C’est parfois drôle, parfois moins, notamment lorsque les calembours tombent à plat, et le cadre polaire n’est pas toujours justifié, certains des gags pouvant tout à fait avoir lieu ailleurs. Mais si l’on considère que les 24 heures de la BD sont une sorte de challenge, alors on pourra faire preuve d’indulgence pour des blagues dont on sent un certain manque de maturation. D’ailleurs ce n’est pas non plus une BD, mais plutôt une succession de dessins humoristiques, avec des personnages récurrents et un sens accompli du « running gag ». Et comme Davy Mourier est un vrai créatif sachant fignoler l’aspect ludique, ce grand enfant a eu la bonne idée, en guise de clin d’œil, d’adjoindre une planche d’autocollants des animaux à faire « disparaître » à la fin du livre. Cela étant, l’ouvrage n’est pas déplaisant mais loin d’être indispensable. L’auteur (a) fait beaucoup mieux avec sa série « La Petite Mort », dont un quatrième tome doit sortir à la rentrée.


De rien
De rien
par Geoffroy Monde
Edition : Album
Prix : EUR 17,95

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Monde décalé, 17 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : De rien (Album)
Bienvenue au formidable spectacle de Geoffroy Monde ! En vingt sketches, il nous emmène dans son univers absurde, abordant les thèmes les plus éclectiques (le mariage, les soirées parisiennes, le yoga…), mettant en scène des personnages un peu crétins et obstinés, se jouant des situations et des conversations les plus triviales…

Avec ce drôle d’OVNI, Geoffroy Monde a réussi à faire le lien entre deux approches a priori inconciliables, l’humour et le style. On emploie souvent le terme « décalé » pour qualifier un certain type d’humour branché. Ici, le terme s’applique également à la mise en page ainsi qu’au graphisme.

Tout commence avec le tirage. La couverture, elle en jette avec son titre en caractères néo-art nouveau imprimés en embossage. Trois couleurs noir, rouge, jaune, sur fond blanc. La classe. De jolies fioritures pour du « rien ». Mais « De rien », ça n’est pas rien. Une sorte de grand spectacle penchant vers le minimalisme, avec un titre terminatif en guise de présentation, et ce monsieur Loyal saluant le public avant le fermer de rideau. Au dos, une citation de l’auteur lui-même : « C’est par le langage de l’absurde que l’on peut le mieux évaluer et mettre en lumière l’écart tragi-comique séparant la nullité de signification du réel de la géniale boursouflure sémantique de notre monde. » Monsieur Monde use-t-il de ce vocabulaire sociologique un rien pompeux pour se rendre intéressant ou pratique-t-il le 45e degré ? En admettant la seconde hypothèse, c’est très habile et il est probable que les plus snobs tomberont dans le panneau, tout comme ceux qui croient qu’un cépage réputé et une belle étiquette font un bon vin… Autre décalage parmi tant d’autres, le chapitrage. Chaque saynète est introduite par une illustration en noir et blanc du lieu, vide de présence humaine et où est censée se dérouler l’action, avec à chaque fois le titre dans le même style art nouveau, tandis que les personnages, en couleurs, évolueront ensuite sans cases ni décor autour d’eux. Une trouvaille graphique originale, on pourrait presque dire, du grand art.

Le dessin enfin. Geoffroy Monde pratique la peinture digitale avec ce côté un peu lisse et froid, ici complètement assumé. Par un nouvel effet de décalage, ce parti pris arty associé à des dialogues absurdes, parfois triviaux, et des situations incongrues, est aussi amusant qu’inattendu, rappelant Goossens ou Pierre La Police, deux influences lunaires dont il se revendique avec Gotlib, en quelque sorte le père fondateur de ce genre d’humour.

Difficile de savoir si Monde cherche à se prendre au sérieux, mais après tout, peu importe. Cet humour particulier ne plaira pas forcément à tout le monde, mais l’auteur, en marchant sur les traces de ses aînés, réussit en même temps à produire quelque chose de l’ordre du jamais vu. Comme un monsieur Hulot qui viendrait perturber le sage ordonnancement d’une galerie d’art, moderne cela va sans dire.


Stupor Mundi
Stupor Mundi
par Néjib
Edition : Relié
Prix : EUR 26,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Dans les chambres obscures de l’Histoire, 17 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Stupor Mundi (Relié)
L’invention de la photographie pourrait-elle remonter au Moyen-âge ? Tel est le postulat de cette BD construite à la manière d’un polar. Cela peut paraître farfelu, mais d’après Néjib, les moyens techniques existaient pour faire de la photographie à l’époque, du moins en théorie. Le fait qu’elle n’ait pas été inventée avant le XIXe siècle fait partie des mystères de l’Histoire. L’auteur en profite pour avancer une théorie, des plus audacieuses, selon lequel le Saint Suaire serait un faux fabriqué selon les principes chimiques de la « camera oscura » à des fins de propagande.

« Stupor Mundi » (Stupeur du monde), tel était le surnom de Frédéric II, empereur du Saint-Empire romain éclairé et érudit qui eut maille à partir avec la papauté. Celui-ci dût concilier son rôle de chef des croyants dans un monde menacé par l’obscurantisme et sa passion pour les sciences et la philosophie. A cette époque, les principales découvertes venaient d’Orient, là où la civilisation arabe connut un rayonnement majeur, mais malgré cela, les savants n’y étaient pas toujours à l’abri d’un imam intolérant. Frédéric II leur accordait volontiers sa protection pour leur permettre de mener leurs recherches l’esprit tranquille.

S’inspirant librement de la vie du suzerain et de ses contemporains, Néjib a conçu un récit reposant sur l’opposition entre l’ombre et la lumière. Cette fameuse « camera oscura » sert de parabole pour illustrer de façon pertinente la lutte qui se jouait à l’époque entre le pouvoir politico-religieux et le monde des sciences et des arts, quelques siècles avant la philosophie des Lumières. Le personnage du savant Hannibal, en exil, apparaît pour sa part ambigu. S’il est bien du côté du savoir et des sciences, on devine qu’il est prêt à tout pour recevoir les lauriers de la gloire grâce à sa découverte.

Peu engageant au premier abord, le dessin tient d’un minimaliste poussé mais chaque trait est à sa place, les perspectives et les cadrages semblent couler de source, en accord parfait avec l’histoire qui du coup reste d’une bonne fluidité. Les paroles alternent parfaitement avec les silences, ce qui, étant donné la teneur du sujet et une certaine complexité du scénario, est appréciable. Néjib a des choses à dire, il veut que ça se sache et pour cela va droit au but. Et ça fonctionne.

Comment ne pas voir dans l’œuvre de cet auteur né en Tunisie un message adressé aux extrémistes religieux de son pays qui tentent d’avoir la mainmise sur le pouvoir politique ? Mais son message a également une portée universelle. Car c’est actuellement un vent maudit qui souffle sur tous les continents, alimenté par les peurs, la bêtise et l’ignorance. Si « Le Nom de la Rose » devait avoir son équivalent en bande dessinée, « Stupor Mundi » serait celui-là. Une des bonnes surprises de l’année, cela va sans dire.


Buck - La Nuit des trolls
Buck - La Nuit des trolls
par Adrien Demont
Edition : Album
Prix : EUR 17,95

4.0 étoiles sur 5 Demont et merveilles nordiques, 17 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Buck - La Nuit des trolls (Album)
Doté d’une jolie couverture avec effet de relief, où les motifs en impression « bois » semblent se détacher du fond vernis, cette bande dessinée est une très belle surprise des Editions Soleil. L’auteur Adrien Démont s’est inspiré des légendes scandinaves pour produire un conte envoûtant, où l’onirisme côtoie le bizarre, un conte champêtre puisant au plus profond de nos peurs enfantines les plus délicieuses, de celles qui peuplent nos cauchemars et gardent tout leur mystère. Tout comme ces trolls, qui ne pouvaient naître que dans la longue nuit nordique. Des géants irréels, indistincts et fantomatiques, plus inquiétants que véritablement menaçants. Car l’auteur s’est efforcé de les rendre plus humains, ces affreux trolls. Et il faut reconnaître que la petite trolle elle-même, toute griffue et poilue soit-elle, deviendrait presque drôle voire attachante.

Dans des couleurs à dominante marron, le dessin, superbe, dégage une atmosphère ténébreuse mais paradoxalement très chaleureuse, invitant le lecteur à se calfeutrer dans ces grands chalets norvégiens perdus dans la forêt austère et la nuit glacée.

Le récit quant à lui possède la démarche cahotante de son étrange chien « enniché », il grince, patine et trébuche régulièrement. Les amateurs d’histoires spectaculaires et rythmées risquent fort d’être déconcertés, mais pour peu que l’on mette entre parenthèses son esprit logique, on peut succomber facilement au charme lié à cette ambiance insolite qui sort des sentiers battus. Au final, Adrien Demont nous propose une rencontre inattendue entre deux mondes opposés : celui de la lumière représentée par la religion chrétienne, rassurante pour les habitants de ces contrées mais d’où paradoxalement tout mystère a disparu, et celui des ténèbres où s’épanouissent les trolls, au fond pas si méchants, presque un peu patauds (même s’il ne faut pas trop les énerver). Car l’auteur, lui, a préféré apprivoiser ces monstres plutôt que de les diaboliser, des monstres indissociables du monde nocturne et de sa magie.

Voilà un conte qui devrait faire le bonheur de vos chères têtes, blondes ou pas. Et confidence pour confidence, pour l’adulte que je suis, c’est typiquement l’ouvrage que j’aurais adoré conserver de mes premières années. D’ailleurs pour tout dire, j’entends bien le conserver sur mes étagères.


Morgane
Morgane
par Simon Kansara
Edition : Album
Prix : EUR 17,95

4.0 étoiles sur 5 Morgane renverse la table ronde, 17 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Morgane (Album)
Relecture grinçante et poétique de la légende arthurienne, où est mis en avant le personnage de Morgane, ce one-shot s'apparente à une sarabande haute en couleurs faite de fureur, de passions et de trahisons.

Le mythe s'est ici mué en un roman - extrêmement - graphique, à la croisée de la peinture et de la bande dessinée. Certaines scènes évoquent parfois Matisse ou Gauguin, normal quand on sait que ces peintres sont des références pour Stéphane Fert. Ce dernier lui-même possède un trait très stylisé où corps et visages sont davantage des formes, tout comme les paysages, envisagés plutôt comme des motifs, sans prétention à un quelconque réalisme. A l'aide sa vaste palette, Fert sait faire ressortir harmonieusement les couleurs vives et lumineuses des fonds obscurs, créant une atmosphère nimbée de magie, ce qui est la moindre des choses, me direz-vous, quand on raconte l'histoire d'une fée'

Ce dernier, également au scénario, et Simon Kansara se sont attachés à réhabiliter Morgane, souvent perçue comme une fée maléfique. La couverture montre bien ce dont il est question, avec le symbole de la femme apparaissant sur le vêtement de l'héroïne, transformée ici en féministe avant l'heure. Le milieu chevaleresque, décrit ici comme belliqueux et misogyne, ne fait guère la part belle à la gente féminine, invité à jouer les rôles de faire-valoir ou diabolisée en cas de refus... Quant à Merlin, il apparaît comme un personnage retors et peu amène, celui qui aura empêché l'accès de son élève au trône. On comprend mieux ainsi l'attitude de Morgane, minée par le ressentiment et le désir de revanche, qui va la conduire à défier les machistes chevaliers, dont les exploits n'étaient pas, du point de vue de l'auteur, aussi glorieux que la légende veut bien nous le faire croire. Celui-ci se plaît à les tourner en ridicule, notamment lorsqu'ils targuent d'avoir vaincu des « morts-vivants possédés », qui n'étaient en fait que de pauvres villageois affamés.

Globalement, cette adaptation d'un chapitre de la légende arthurienne est autant une féérie picturale qu'une fable féministe, noire, amorale et acerbe, sur l'infatuation tyrannique de la gente mâle. D'une épopée assez touffue, les auteurs sont parvenus à produire une synthèse relativement fluide sur les cent quarante pages que compte ce one-shot, et ce n'est pas la moindre de ses qualités.


La machine à influencer : Une histoire des médias
La machine à influencer : Une histoire des médias
par Brooke Gladstone
Edition : Album
Prix : EUR 22,00

4.0 étoiles sur 5 Welcome to the machine, 17 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : La machine à influencer : Une histoire des médias (Album)
A la simple lecture du titre, on pourrait s’attendre à un démontage en règle du système médiatique. Rien de tout cela, et ceux qui aiment à conspuer le quatrième pouvoir et les « journalistes à la solde des puissants » en seront pour leurs frais. Journaliste de profession, Brooke Gladstone a pour le coup effectué ici un vrai travail de journaliste, se bornant à produire une analyse fouillée à partir de faits concrets. Et pour que les choses soient bien claires, elle envoie d’emblée les complotistes de tous poils dans les cordes en cassant le mythe, affirmant que les journalistes des médias grand public ne sont pas des conspirateurs, mais, et « c’est déjà moins drôle, des lâches. » Selon elle, « les médias n’ont pas peur du gouvernement. Ils ont peur de leur public et de leurs annonceurs. Les médias ne vous contrôlent pas. Ils se plient à vos envies. »

En introduction, l’auteur revient sur cette fameuse « machine à influencer » en rappelant qu’avec l’ère industrielle est né ce fantasme récurrent selon lequel nos esprits seraient contrôlés par des machines. Rien à voir ici avec les médias, Brooke Gladstone se contente de souligner la paranoïa naturelle de l’être humain.

Elle retrace ensuite l’histoire de ces médias depuis l’Antiquité à nos jours, expliquant que l’information est née avec l’invention de l’écriture et le besoin des puissants de communiquer avec le peuple via leurs scribes, puis s’est muée en propagande dès que certains empereurs romains comprirent l’intérêt d’une actualité manipulée, ne serait-ce que pour cimenter un empire aux régions éparpillées. Puis au XVIIe siècle fut inventée l’imprimerie qui facilita la diffusion de l’information et des premiers journaux, suscitant parallèlement la méfiance des puissants qui n’hésitaient pas à fermer les imprimeries. C’est ainsi que naquit en Angleterre le concept de liberté de la presse et d’expression, repris un siècle et demi plus tard dans le Premier Amendement de la Constitution américaine…

De nos jours, avec Internet, l’information est passée à un stade supérieur, évoluant de façon radicale par rapport à tout ce qui s’est fait auparavant. Aujourd’hui, tout citoyen disposant d’un ordinateur est capable à son tour de communiquer à des milliers de personnes sur tout le globe. Ce faisant, il devient à son tour une sorte de journaliste, communiquant, transférant et disséminant l’information, la contestant ou l’approuvant, susceptible d’influencer autrui autant que d’être influencé lui-même. Car c’est bien à une telle question que nous sommes amenés à nous poser par cette lecture. En effet, au final, qui influence qui, qui manipule qui ? Si nous disposons grâce à la technologie actuelle de tant de pouvoir, alors dans ce cas nous avons médias que nous méritons, comme l’affirme hardiment Gladstone en conclusion. Autrement dit, si nous déplorons la qualité de l’information dans notre pays, peut-être ne devons-nous nous en prendre à nous-mêmes.

Quant à l’avenir, que nous réserve-t-il ? Nos cerveaux seront-ils truffés de nano-implants nous transformant en êtres hybrides dans un monde où réel et virtuel ne feront plus qu’un ? Des perspectives inquiétantes pour l’homme d’aujourd’hui redoutant la perte des aspects vitaux de notre humanité. Ce à quoi répond l’inventeur visionnaire Ray Kurzweil : « Pour moi, l’essence de notre humanité ne réside pas dans nos limites. C’est notre capacité à dépasser nos limites… »

Pour renforcer le poids des propos de l’ouvrage, l’auteure s’est adjoint les services et le talent de Josh Neufeld, qui semble avoir parfaitement potassé son petit McCloud illustré. Son trait schématique sait servir le contenu efficacement, sans ostentation. Et il fallait bien ça pour donner une tournure ludique à un ouvrage, très dense textuellement parlant, qui sinon aurait pu en décourager plus d’un. Cela aurait été bien dommage, tant cet essai est passionnant non seulement parce qu’il est richement documenté mais parce qu’il soulève beaucoup de questions, sans pour autant essayer d’orienter le lecteur. Et à tous les pessimistes, Brooke Gladstone rappelle que de tous temps, chaque découverte technologique a suscité peur et méfiance, et conclut que « c’est aux hommes de décider si leurs machines font plus de mal que de bien. ». En somme, nous dit-elle, nos vrais ennemis sont nous-mêmes, lorsque nous laissons libre cours à « ces pulsions neuronales animant nos cerveaux reptiliens », des cerveaux avides de sensationnalisme.

Une lecture enthousiasmante et enrichissante qui tente à sa manière d’éclairer notre époque déboussolée avec une certaine objectivité teintée d’un optimisme bienvenu.


Emprise
Emprise
par Aurélien Rosset
Edition : Album
Prix : EUR 19,00

3.0 étoiles sur 5 L'esprit de Stephen King, 21 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Emprise (Album)
« Emprise » avait reçu un très bon accueil de la critique et du public à sa sortie l’an dernier. La couverture, avec cette chienne possédée en train de dévorer ses petits, dégageait un climat fiévreux et fascinant, recelait une puissance maléfique et terrifiante prête à vous sauter au visage. Après lecture, on peut dire que cette bande dessinée fait son petit effet. Pour sa première production, Aurélien Rosset ne s’en sort pas mal du tout avec cet hommage aux séries B horrifiques dans la lignée de Stephen King. Mais pour tout amateur du genre (dont j’ai fait partie à une époque en particulier dans le domaine du cinéma, car la production cinématographique actuelle, qui continue d’une manière générale à recycler les vieilles recettes jusqu’à la corde, devient sans intérêt à une ou deux exceptions près), la trame de l’histoire donne cette impression de déjà vu : les habitants d’une petite ville sont peu à peu gagnés par une épidémie de folie meurtrière…

La qualité serait plutôt à chercher du côté du traitement graphique. Aurélien Rosset, avec son trait à la fois « sale », nerveux et sommaire, et une mise en page dynamique, imprime à ce thriller une tension permanente. Le tout, allié à des couleurs aux tonalités sombres dissolvant les contours et allongeant les ombres, accentuant une ambiance lourde et poisseuse à la « Seven », laisse le lecteur sur ses gardes, intranquille. De ce point de vue c’est plutôt réussi, si l’on exclut cet effet récurrent et inutile, assez moche, consistant à flouter le dessin numériquement pour donner par exemple une impression de vitesse.

En définitive, le titre de l’ouvrage ne ment pas, car il nous tient en haleine jusqu’à la fin, même si au bout du compte, on ressort avec une vague frustration et cette impression de réchauffé dans le scénario qui ne font pas d’ « Emprise » l’œuvre incontournable que l’on espérait. Une bonne série B correctement exécutée, ce qui n’est déjà pas si mal pour une première production.


Justin
Justin
par Gauthier
Edition : Album
Prix : EUR 14,50

3.0 étoiles sur 5 Just in the wrong body, 21 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Justin (Album)
Justine souffre d’être née dans la peau d’une fille et n’aspire qu’à une chose : devenir Justin. L’auteur raconte la première prise de conscience, fugace et soudaine d’être un garçon, puis le déni de son identité féminine, la souffrance, le regard des autres, et enfin la décision, une fois majeur, de rompre avec son passé et d’entamer sa métamorphose en homme, celui qu’il a toujours été.

Dans cette petite BD en noir et blanc, Gauthier évoque les moments marquants de sa vie, de l’enfance jusqu’à l’âge adulte, l’incompréhension de l’entourage proche, les brimades des camarades et les blessures morales qui en découlent. Il montre comment s’est imposée progressivement la nécessité de recourir aux hormones et enfin à la mammectomie (ablation de la poitrine).

À la fois un peu naïf et étrange, le dessin dans ses maladresses est celui de quelqu’un qui a eu du mal à trouver sa place dans le monde, devant être plus envisagé comme une écriture. Tel un jeu de miroir, il bouscule notre conception de la normalité avec ces êtres vaguement mutants, mi-humains mi-animaux. Ici, l’anormal n’est pas seulement cette fillette qui aurait dû être un garçon, mais nous tous, les soi-disant « normaux », malicieusement affublés par l’auteur d’un drôle de museau, tel un faux nez grotesque servant à masquer notre peur de la différence, notre peur de l’autre qui ne correspond pas à la norme, comme on aimerait qu’il soit.

Si l’ouvrage a probablement servi d’exutoire à son auteur, on peut regretter sa brièveté (104 pages au format comics qui se lisent en à peine dix minutes). J’aurais personnellement apprécié un récit plus étoffé, moins superficiel. L’auteur semble se contenter de survoler cet exercice introspectif, avec des anecdotes à la limite du cliché. Le sujet étant peu traité en BD, le lecteur curieux pourra toutefois y trouver un certain intérêt, mais n’ayant guère le temps de s’installer dans l’histoire, peinera à ressentir véritablement de l’empathie - et a fortiori de l’émotion - pour le personnage de Justin.


Frankenstein Underground
Frankenstein Underground
par Ben Stenbeck
Edition : Relié
Prix : EUR 15,95

Aucun internaute (sur 2) n'a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Le mythe revisité à la sauce comics, 21 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Frankenstein Underground (Relié)
Devenu une icône de la culture populaire, le monstre de Frankenstein, près de 200 ans après le roman de Mary Shelley, continue à fasciner. Personnage maudit, abandonné par son créateur à qui il vouera une haine féroce, rejeté par les humains et même par la mort qui ne veut pas de lui, il ne pourra trouver la paix. Il semble désormais condamné à errer dans les solitudes glacées du grand Nord après avoir échappé au docteur Frankenstein qui veut venger ses proches décimés par la créature. L’enfer sur Terre, en somme.

Et si le salut du monstre passait par l’enfer, le vrai, celui situé dans les entrailles de la Terre ? C’est à partir de cette interrogation que Mike Mignola va établir son scénario… C’est ainsi que l’on retrouve la créature de Frankenstein au Mexique, au milieu des pyramides mayas, en compagnie d’une sorcière qui possède le don de communiquer avec les dieux locaux… Autant le dire, si le point de départ n’est pas dénué d’intérêt, ledit scénario est tout de même tarabiscoté avec de gros morceaux de biscoteaux dedans. Donc une grosse prise de liberté de la part de l’auteur par rapport à l’esprit du roman. Après tout, pourquoi pas, il n’y a rien de sacrilège à transposer le mythe vers les théories de la Terre creuse et l’univers de Jules Verne. Mais là où le bât blesse, c’est que l’accent a été clairement mis sur les scènes de combat aux effets grandiloquents au détriment d’un récit pas suffisamment intelligible pour être marquant. Cela se laisse lire toutefois, mais le lecteur non familier de ce type de comics risque de s’égarer quelque peu dans ces souterrains… Même la fin peut prêter à sourire, mais là impossible d’en dire plus…

Rien à dire de particulier sur le dessin qui reste correct même s’il ne s’éloigne guère de l’académisme propre au style « comics ». De même, la mise en page en respecte scrupuleusement les codes. Bien équilibrées, les couleurs pour leur part n’arrachent pas l’œil.

Tout cela pourra sans doute plaire à l’amateur lambda de comics. Pour les autres, qui espéraient retrouver une profondeur autre que géologique et un esprit « shelleyien », voire une tonalité vraiment « underground », ils en seront pour leur frais, cette BD manquant quelque peu d’envergure. Dès lors, si l’on considère qu’elle n’a d’autre utilité que de distraire son lectorat, elle y réussit plutôt bien.


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