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Contenu rédigé par Emmanuel Gautier
Classement des meilleurs critiques: 596
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Commentaires écrits par
Emmanuel Gautier (Strasbourg, France)
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Fear Itself
Fear Itself
Prix : EUR 15,43

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 "Shock Doctrine", 30 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fear Itself (CD)
Voici le huitième album du discret Criminal qui, mine de rien, sévit depuis le début des années 90. Ce projet est né suite à la séparation de Pentagram (reformé depuis sous le nom de Pentagram Chile), avec à sa tête l’éminent Anton Reisenegger. D’abord basé au Chili, le groupe s’exporte au Royaume-Uni au début des années 2000 et se munit dès lors d’un line-up moitié chilien moitié britannique, qui a été une dernière fois changé récemment avec l’arrivée du guitariste soliste chilien Sergio Klein.

Pour ce huitième jet, Criminal est revenu chez Metal Blade, label qui avait sorti ses albums sur la période 1997-2005. Le disque a été enregistré au studio de leur bassiste Danny Biggin (aussi chez Pentagram Chile), les HVR Studios à Suffolk, tout comme les deux précédents.

Le point fort de la musique de Criminal, c’est qu’elle est assez polyvalente : on a un mélange habile de thrash (principalement), de death et de hardcore. Ce cocktail est le même depuis leurs débuts et a très bien traversé les époques. Aujourd’hui, on peut même l’assimiler à une forme moderne de death metal. Par ailleurs, ils ont toujours mis un point d’honneur à proposer une certaine approche mélodique, notamment grâce à de très bons solos et ils garantissent à chaque album un certain niveau technique avec des riffs dynamiques et bien nerveux.

Tout ce descriptif correspond encore tout à fait à ce qu’on peut entendre sur ce Fear Itself. On reconnaît assez facilement le style de riffs qu’Anton R apprécie, puisqu’il en utilise aussi pour Pentagram Chile, avec une approche plus evil et extrême bien entendu. Carne Molida, excellent final chanté en espagnol, aurait presque pu figurer sur un album de ce dernier.
Le chant d’Anton est relativement similaire à ce qu’il fait dans son autre groupe et s’adapte assez bien à la musique dans les deux cas.

Les compos sont bien pêchues avec des riffs directs et francs. On a pas mal de plans slayeriens (Shock Doctrine, Summoning The Apocalypse, The One Who Speaks At Night) sur cet album - sous-entendu le Slayer moderne – qui sont alternés avec des passages beaucoup plus hardcore et groovy, le tout conservant un savant équilibre tout au long de l’album.
L’approche un peu plus mélodique qu’on avait sur White Hell n’a pas été développée ici, on se situe plutôt sur du gros riff nerveux sans fioriture.

Comme ça n'aura sans doute pas échappé à beaucoup d'entre vous, la couverture a été dessinée par Costin Cioreanu, dont on reconnaît immédiatement le style.

Même si j’ai une nette préférence pour l’autre projet d’Anton R, plus extrême et donc plus dans mes cordes, je ne peux enlever à Criminal qu’ils savent envoyer la sauce thrash à coups de riffs accrocheurs et carrés dans l’écriture et l’exécution. Un groupe qui a bien vieilli et a su s’adapter au fil du temps, toujours porté par de très bons musiciens.

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Cycle of Revenge
Cycle of Revenge
Prix : EUR 19,31

2.0 étoiles sur 5 "Fractured Pieces", 28 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cycle of Revenge (CD)
Pas de nouvelles de Convulse depuis leur grand retour en 2013, marqué par la sortie non seulement d’un nouvel album, mais également d’un EP et d’un split avec Disma.

Cette période de gestation leur a permis d’arriver à une autre ère d’expérimentation.
Ceux qui connaissent leur discographie passée se rappellent sans doute le virage improbable pris avec Reflections, album qui faisait suite à un premier d’un grand classicisme, même parmi les pierres angulaires du death made in Finland (néanmoins surclassé par pas mal de ses homologues et contemporains, à mon goût) : du mélo, du groove, du heavy saupoudrés d’expérimentations électroniques en fin de disque et de chant clair rocailleux. Bizarre et désarçonnant… et surtout moyennement réussi. Ils avaient par contre prouvé qu’ils étaient de très bons musiciens, techniques et versatiles.

Avec Cycle Of Revenge, le contraste en comparaison du précédent est une fois de plus saisissant : l’intro du premier morceau est en son clair, on sent d’emblée la tournure plus mélodique que va prendre ce disque. Mais cet élément n’est finalement pas aussi surprenant que ce qui suit : une mélodie typiquement folk/viking sur un mid tempo, et c’est limite si l’on n’entend pas les instruments qui accompagnent habituellement la guitare dans ces cas-là (pipeaux et grattes de bardes en tous genres).
On n’est pas au bout de nos surprises, puisque le second titre arrive sur un riff de guitare en appel avec un effet dessus presque psychédélique ; et là, ça devient carrément groovy et limite dansant quand la batterie arrive, sur une rythmique qui tient plus de la pop que du metal.

Je ne vais pas rentrer plus dans les détails, mais vous voyez à peu près le tableau : Cycle Of Revenge a dit adieu au death classique sombre et caverneux pour accueillir à bras ouverts une espèce de délire de zicos en phase aiguë de créativité. Si ce n’était pas aussi carré dans les structures, on aurait l’impression qu’ils ont enregistré leurs bœufs lors de ces soirées copieusement enfumées.
Musicalement, c’est intéressant. Le problème, c’est que ça part vraiment dans tous les sens. D’où le terme de bœuf que j’ai utilisé : on ne voit pas vraiment où ils veulent en venir, y a-t-il seulement une trame, une ligne directrice dans tout ce fatras ?
Le metal extrême se limite à peu près au chant, qui fait aussi des incursions vers le côté obscur du chant rocailleux ; et ça, c’est mal.

Du coup, je suis partagé entre l’admiration pour cette prouesse artistique et décontenancé par le manque de cohérence du tout. On va donc dire qu’ils ont eu envie de faire quelque chose de neuf, d’expérimenter pour sortir de leur routine. En cela, ils ont sans doute raison ; cependant, il faudrait sérieusement recadrer tout ça pour livrer un album qui ait du sens et de la cohésion. Pour les vieux metalleux embourbés dans le death que nous sommes, ça manque singulièrement de repères, tout ça.

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Morgue Supplier [Explicit]
Morgue Supplier [Explicit]
Prix : EUR 9,99

4.0 étoiles sur 5 "Mental Slum", 16 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Morgue Supplier [Explicit] (Téléchargement MP3)
En regardant le nom du groupe (et de l’album, par extension) et le graphisme de la pochette (ce qui m'a interpellé), le tout étiqueté “grindcore” par-dessus le marché, il est clair que je m’attendais (ne connaissant pas le groupe, ça va de soi) à du gros Carcass worship bien cadavérico-scato-cochon, et pas forcément le plus passionnant.

Il n’est en absolument rien, Morgue Supplier ne fait pas partie de cette catégorie. Morgue Supplier, c’est presque raffiné, même si le terme n’est pas très approprié quand on parle de grindcore.
D’abord, ce n’est pas le grindcore qui domine dans le musique, mais plutôt un death brutalo-technique et pas le plus stéréotypé. Il faut dire que le groupe a des liens étroits avec le brutal death, ayant eu en son sein des membres anciens et actuels de Gorgasm et Broken Hope.
Morgue Supplier fait indéniablement partie de cette tendance salutaire de grind de vouloir sortir du carcan blast ininterrompu-paroles pipi caca tripes-morceaux torchés en trente secondes. Là, il y a de la construction, de la réflexion, du caractère en somme.

Les riffs sont, et c’est le moins qu’on puisse dire, alambiqués. Les rythmiques vont de pair et on se retrouve plus souvent dans du mid tempo, voire down tempo que sur un tempo effréné classiquement grind. La durée des morceaux est souvent trompeuse, car ce n’est pas parce que c’est court que c’est basique et expéditif : Massive Murder, qui affiche une minutes quarante-trois au compteur, a quatre plans rythmiques et riffiques différents, tous assez perchés et techniques.

Pour le coup, cet album donne vite mal crâne lors de la première écoute, on a parfois du mal à suivre. Ça m’a rappelé les albums les plus pointus d’Antigama, ce genre d’album qui passe très mal en fond sonore et qu’on doit plutôt écouter attentivement au casque en ne faisant rien d’autre. Mais il se bonifie au fur à mesure des écoutes.

Mis en perspective par rapport au reste de la discographie, ce disque me paraît être le moins typé grindcore du lot (surtout par rapport au premier album, super cru et brutal) et limite le plus accessible (par rapport à l’EP Constant Negative, encore plus casse-tête), déjà parce que le son est très correct et également parce que les structures, certes d’une grande complexité, ménagent toujours un espace à une accroche mélodique qui permet de ne pas trop se perdre.

Belle prouesse donc, que cet album, même si on ne se le mettra pas tous les jours (quarante minutes, c’est à la limite du digeste). En tout cas, j’aime bien cet effort déployé pour faire sortir le grind de sa zone de confort. J’ai tellement du mal à m’intéresser à ce qui sort dans le style (dont je suis pourtant habituellement très friand) que je ne peux que saluer un groupe qui fait preuve de créativité au lieu d’user de recettes ultra éculées.

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Sinisterra
Sinisterra
Prix : EUR 20,75

4.0 étoiles sur 5 "Soular Eclipse", 16 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sinisterra (CD)
Encore une entité ancestrale qui finit par sortir un premier album après une longue période de léthargie.
En effet, Mightiest existe depuis 1994 et ne s’est apparemment jamais séparé, malgré pas mal de changements de line-up.
Ils ont bien sorti quelques trucs, EP et démos dans les années 90 (compilés en 2008 sur Bloodyssey 1994-2003, que j’ai récupéré), mais aucun album avant celui-ci.

Il est donc temps de voir ce dont ils sont capables sur un full length, d’autant que les morceaux disponibles sont plutôt intéressants : on a affaire à un black mélodique, symphonique et épique ; il y a des similarités avec leurs compatriotes de Nagelfar, mais Mightiest est bien moins ambitieux. Dans leurs moments les plus sympho, on sent clairement l’influence d’Emperor ou d’un Dimmu Borgir de la fin des années 90.

SinisTerra bénéficie déjà d’une couverture dont on identifie immédiatement le style : celui de Paolo Girardi. Autant j’aime bien ses œuvres en général, autant je trouve qu’à force de bouffer à tous les râteliers (il fait des couvertures aussi bien pour Manilla Road que pour Diocletian ou Lycus) il devient un peu envahissant ; oui, j’aime bien les artistes qu’on peut associer à un style musical particulier.

Musicalement parlant, Mightiest demeure fidèle à son style premier : il s’agit donc bien de black mélo/sympho avec des ambiances épiques.
Le spectre sonore est dense, c’est chargé, c’est très long. C’est donc un gros morceau à avaler, il faut prendre son temps pour le digérer.
Le son est excellent et permet de retranscrire sans problème toute la complexité des compositions.
Il y a des très bons moments, comme Animalevolence qui commence sur un plan groovy (aussi étrange que cela puisse paraître) avant d’enchaîner sur des mélodies épiques de haute volée sur des plans très variés mais qui gardent toujours une certaine accroche.
Le morceau titre aurait pu être excellent, mais il y a ce chant clair à deux voix que je n’aime pas du tout. C’était déjà un défaut sur les anciens morceaux, de mon point de vue. Je pense qu’ils devraient totalement s’en passer. Parce que sur ce titre, il faut se le farcir pendant presque onze minutes… Dommage, parce que les riffs sont très bons.

La grande force de Mightiest, et ça l’a toujours été, c’est la section rythmique. Ils ont toujours eu de très bons batteurs, qui ne se contentent pas de matraquer mécaniquement du blast ou de la double pédale dans les mid tempo. Là, ça joue sur des rythmiques qui changent très souvent, sur des tempos variés, parfois en jouant uniquement sur les tomes ou en utilisant des craches moins conventionnelles. The Purifire en est un bon exemple. Il faut dire aussi que le mix l’avantage.
Ce sont des détails qui se révèlent au fur et à mesure des écoutes et qui expliquent qu’on ait envie d’y revenir malgré sa complexité.

J’aime beaucoup ce disque, mais il manque un titre phare, qui sorte du lot pour en faire un chef-d’œuvre. Mais il y a clairement du niveau, c’est très bien composé et exécuté. Et j’ai toujours un grief contre ce double chant clair, même si mon aversion tend à s’estomper avec le temps.
Un beau premier album en tout cas, en espérant qu’il y en aura d’autres.

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Fuscus: strings of the black lyre
Fuscus: strings of the black lyre
Prix : EUR 17,29

4.0 étoiles sur 5 "Deepwoods Nonesuch", 8 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fuscus: strings of the black lyre (CD)
Cette dernière sortie m’a permis de me replonger dans la discographie de The Wakedead Gathering (TWG), que je n’avais pas encore pris le temps d’approfondir et d’apprécier à sa juste valeur.

TWG est un projet de mec-tout-seul (assez rare en death metal) incarné donc par le seul Andrew Lampe. Cet Américain de l’Ohio a également deux autres projets plus confidentiels : l’obituarien et générique Debauch et le bestial Invultation (bien plus intéressant que le premier).

Avec déjà quelques sorties à son actif, Lampe remet le couvert après trois ans de silence total.
J’étais resté sur le très bon The Gate And The Key : un disque de death metal pur et dur, très inspiré old school et bien caverneux. A l’écoute de cet album, j’ai pensé plusieurs fois aux projets de Wes Weaver (Blaspherian, Infernal Dominion) ; sauf que le death de TWG a une dose de subtilité supplémentaire, notamment dans la construction de l’album et du concept un minimum réfléchi (ce qu’on subodore en visionnant la tracklist).

Pour enfin parler de ce Fuscus, je dirai tout d’abord que la formule n’a pas tellement changé en trois ans. Lampe aime toujours beaucoup le death old school dans sa forme le plus noire et impie. Mais il aime aussi y mettre des nuances blackisantes par-ci par-là, sous forme d’arpèges sur mid tempo le plus souvent et quelques trémolos aigus. Ce qui va très bien avec les textes empreints d’occultisme.
Il y a également une emphase sur le doom sur les deux derniers morceaux ; le titre final rappelle d’ailleurs un peu les fins d’albums d’Incantation : long et agonisant.
J’ai été moins interpellé par les riffs que sur le précédent, plus direct, franc et accrocheur. Cet album nécessite certainement un bon nombre d’écoutes, qui permettront d’apprécier la valeur du travail accompli ici sur les ambiances.
En effet, c’est tout à l’honneur de Lampe d’avoir lui-même tout interprété (ce qu’il fait fort bien, quel que soit l’instrument, sans prise de tête) et de ne pas avoir joué la carte des effets de production outranciers, pour cacher une quelconque faiblesse ou un manque d’inspiration.
Certes, TWG ne fait pas de la musique atmosphérique à proprement parler, mais il y a vraiment quelque chose de prenant sur ce disque, qui opère sur l’ensemble des morceaux et leur donne une certaine homogénéité et un fil conducteur. Bien joué.

Au demeurant, il manque encore quelque chose de plus personnel à TWG pour accéder à un niveau de reconnaissance supérieur. Je reste dans l’attente de ce qui va suivre, car Lampe a certainement d’autres idées à développer.

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Temisto
Temisto
Prix : EUR 17,79

5.0 étoiles sur 5 "Descent Into Madness", 8 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Temisto (CD)
Toute première sortie pour ce nouveau groupe de Stockholm, qui consiste en un duo (Leo & Sebastian). Le groupe s’est initialement formé sous forme de quatuor avec un patronyme tout à fait banal (Chapel) qu’ils ont bien fait de changer.
Apparemment, il existe une démo qui n’a jamais été sortie, le duo ayant préféré directement enregistrer un album complet ; ce d’autant qu’ils ont eu la chance de travailler avec Robert Andersson (ex-frontman du regretté Morbus Chron) épaulé par le jeune mais performant Elias Scharmer pour la production et le célèbre Tore Stjerna pour le mastering. Belle équipe de prod, s’il en est.

Et force est d’admettre que ça valait le coup.
Temisto pratique un swedeath d’approche moderne, qui change un peu des codes traditionnels tout en les intégrant de manière savante.
On a déjà un son qui ne mise pas sur l’ultra caverneux et baveux mais sur la clarté avant tout. Ce qui va bien entendu de pair avec une approche plus mélodique.
Néanmoins, Temisto n’a pas joué immédiatement la carte du heavy/prog/psyché comme quelques-uns de ses congénères : dès le premier morceau, on sent que l’agression garde une belle part dans les compositions. Leur Death Metal est certes très élaboré, rythmiquement varié, avec de fines mélodies en arpèges et pas mal de passages en son clair, il y a quand même des plans bien énervés, avec du blast à gogo.
Par contre, on pourrait s’attendre à un rendu très occulte, mais il n’en est rien. L’interlude instrumental en son clair Ritual ne retranscrit en rien ce genre d’atmosphère. Mais peu importe, au final.

Je trouve qu’ils ont trouvé dès cette première sortie un parfait équilibre entre violence brute et sophistication. Tout au long de cet album plane une ambiance blackisante subtile, qui noircit en finesse leur musique et lui permet de garder un pied dans l’extrême aux moments d'accalmie.
Difficile de tarir d’éloges face à un tel travail de composition et d’interprétation, surtout pour un premier essai. Le coup de cœur est largement mérité.

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From glory towards void
From glory towards void
Prix : EUR 12,82

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 "From Glory Towards Void", 25 mars 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : From glory towards void (CD)
Voilà une sortie française qui va certainement me marquer cette année.
Parce que c''est un excellent album, tout simplement.

On avait déjà noté un net progrès entre la démo (c'est ainsi qu'ils considèrent leur première sortie) 'And Ancestors Still Remain et l'album 'Our Ashes Blown Away : exit les claviers kitsches et la prod pas terrible, bienvenues aux riffs mélodiques de haute volée, au son puissant et clair grâce au travail de Lasse Lammert (qui a aussi produit les albums d'Alestorm, notamment).
La musique de Lutece reste très mélodique et épique sur ce disque, inspirée entre autres de la scène mélodique suédoise.

From Glory Towards Void (produit aussi par Lammert et illustré en couverture par Jean-Emmanuel « Valnoir » Simoulin, appelé Metastazis pour l'occasion) reste dans le même esprit que l'album précédent, mais à un niveau bien supérieur à mon avis.
Les titres sont encore plus accrocheurs, le jeu des musiciens plus technique et plus précis (surtout le batteur, d'une rapidité époustouflante) et Lutece fait montre d'une certaine prestance qui m'a plusieurs fois rappelé la classe d'un Varathron, en particulier sur ce chef-d'œuvre qu'est Stygian Forces Of Scorn. Sans avoir l'aura sombre et occulte de ce dernier, From Glory Towards Void est doté d'une richesse et d'une intensité quasi équivalentes. Lutece excelle autant sur tempo rapide à riffs ingénieux et imposants que sur les mid plus atmosphériques grâce à de fines nappes de clavier en fond.
Le chant, qui est double (caricaturalement un plus death et l'autre plus black), n'est pas en reste et trouve aisément sa place dans le spectre sonore.

L'album démarre en force sur deux morceaux rapides et sur lesquels les riffs de tueur s'enchaînent sans temps mort, et ce sont sans doute ces deux-là que l'on mémorise le plus facilement.
Les deux suivants changent judicieusement la donne avec des mid tempos tout aussi efficaces, alors qu'Architects Of Doom part sur un riff incisif et presque death (sur lequel je comprends mieux la comparaison avec Behemoth qu'on retrouve parfois).
Tout ça pour dire que cet album est remarquablement bien construit dans ses nuances et variations, rien ne semble laissé au hasard.

Lutece livre ce qui est à ce jour son meilleur album, et de loin. Cinquante minutes qui passent à vitesse grand V et tellement jouissives qu'on ne peut que se le remettre une nouvelle fois. Moi qui suis habituellement très exigeant avec les albums mélodiques, la plupart sonnant vraiment fades à mes oreilles, voici un album qui a su me combler. Le fait qu'il s'agisse d'un groupe français est la cerise sur le gâteau.

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Triumvir Foul
Triumvir Foul
Prix : EUR 9,99

4.0 étoiles sur 5 "Pathways To Decay", 25 mars 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Triumvir Foul (Téléchargement MP3)
Nouveau venu sur la scène de Portland, Triumvir Foul est à la base un trio (depuis peu un duo) de musiciens impliqués plutôt dans des groupes de black que de death.
Leur première démo, An Oath Of Blood And Fire (2014), répondait à un certain nombre de critères de l’appellation Portland Death Metal : lourd, gras, sombre, caverneux et rampant. Un death très Autopsyien dans l’esprit (pas un hasard, la reprise d’Embalmed), en somme.

Ce premier album change radicalement la donne. Mais vraiment.
C’est toujours du death metal, mais le son est nettement meilleur et le rendu très différent (encore un travail d’orfèvre de Dan Lowndes). C’est moins lourd et moins caverneux.
On a affaire à un death blackisant et occulte, dans lequel le doom est beaucoup moins prédominant.

Concernant le concept qu’ils élaborent, je vous mets l’explication trouvée sur le site de leur label :

« A vehicle for the worship of hedonism, corruption, and self-destruction, Triumvir Foul is the embodiment of one's depravity and weakness expressed through worship of the three serpents.
As an entity of spiraling dolor, Triumvir Foul abides by the principles of disgust, hatred, and pain as strict tenets of the Vrasubatlat philosophy.

THE CORRUPTION OF FLESH & SPIRIT

Decorate my mind with depravity
Leave me squirming for all to see
Within the tomb of God's placenta
And walls drenched in my foul emanations
Emanations of lust and decay

Hail Vrasubatlat! »

On retrouve tout ça dans les titres des morceaux.
Le label Vrasubatlat regroupe d’ailleurs l’ensemble des entités dans lesquelles les membres de Triumvir Foul participent (à l’exception d’Ash Borer, groupe de chez Profound Lore).

Dès la première écoute, j’ai été happé par l’aura maléfique et occulte de cet album.
Malgré un certain classicisme, l’ambiance est dense et prenante au plus haut point. Les compos sont d’une rare intensité et les riffs sont d’excellente facture pour la plupart.
Je ne me lasse pas d’écouter un titre comme Pathways To Decay : très bien nommé, car on a vraiment l’impression de sombrer lentement dans la décrépitude ; voilà un morceau au feeling doom Frostien hautement délectable, une petite merveille. Il s'enchaîne sans interruption avec un morceau dans le même esprit, et tout aussi réussi. Excellent diptyque.
Les sons de gratte et de basse sont ultra baveux et chargés en reverb’, on est très proche du son swedeath ; on remarque d'ailleurs quelques plans en d-beat par-ci par-là.

Un petit mot sur le graphisme. Déjà leur logo, qui a été dessiné par Suomo Salovaara, frontman de Swallowed, très baveux lui aussi (le logo, banane).
Ensuite la couverture, qui a été dessinée par Timo Ketola. La similitude avec celle du dernier Teitanblood ne vous aura pas échappé, j’espère. Normal, c’est le même bonhomme.

Mine de rien, Triumvir Foul s’est imposé comme une petite révélation à mes oreilles. Je pensais devenir un vieux con blasé, mais il n’en est manifestement rien.
Encore un groupe qui s’est imposé non pas par innovation, mais par une brillante assimilation des codes du death metal, retranscrits sous une forme assez personnelle.
Je pense qu’ils ont encore une petite marge de progression pour le prochain album.

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Krighsu
Krighsu
Prix : EUR 14,87

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 "Neomorph Mindkind", 25 mars 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Krighsu (CD)
Voici sans doute l’album que j’attendais le plus cette année : le dernier Wormed. En effet, ce groupe espagnol représente pour moi l’élite mais aussi l’avenir du brutal death, aux côtés de Defeated Sanity. Un genre balisé et stagnant depuis que les dieux Suffocation, Disgorge ou Deeds Of Flesh en avaient posé les fondements.
Avec Wormed, on arrivait à une approche plus moderne, qui tranchait avec les codes du brutal death old school sans pour autant les renier : plus technique, plus brutal, plus élaboré au niveau du concept.
Même si la science-fiction est un thème souvent abordé dans le style, il l’était de manière très superficielle (souvent, ça se limitait à la couverture) ; en tout cas, personne n’avait poussé la logique comme Wormed. J’ai déjà évoqué ce concept dans la chronique du précédent album.

Krighsu reprend les choses là où Exodromos les avait laissées : le niveau technique est toujours aussi hallucinant, c’est plan technique sur plan technique le tout avec une cohésion et une fluidité effarantes. La production cristalline aide beaucoup à la compréhension et la lisibilité, c’est certain. Mais Wormed s’attache toujours à jouer des riffs un peu plus accrocheurs de temps à autre, histoire de ne pas perdre l’auditoire dans les tortueux méandres de la technicité de haute volée.

Comme pour Exodromos, il y a un fil rouge mélodique sur cet album, qui apparaît sur trois morceaux (vous trouverez aisément lesquels, en écoutant l’album) : je dois dire que je fus un peu décontenancé à première écoute, car il s’agit d’un passage avec du clavier harmoniquement peu avenant, voire un peu confus ; ce alors que celui d’Exodromos brillait par sa simplicité et sa clarté.
Après plusieurs écoutes, on s’y fait. On pourrait assimiler cela à un passage plus ambiancé, en sus des courts interludes à bruitages typiquement SF.

Du reste, Wormed balance du lourd, il n'a plus rien à prouver de ce côté. Krighsu est une nouvelle perle de brutal death, indissociable de son incontournable prédécesseur.

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Nihl
Nihl
Prix : EUR 9,99

5.0 étoiles sur 5 "Vortex Pyramid", 8 mars 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nihl (Téléchargement MP3)
Voici sans doute ce qui sera une de mes plus grosses claques de l’année : Altarage et son premier album NIHL.

J’ai déjà parlé de ce groupe lors de la sortie de leur toute première démo et j’avais (vaguement) évoqué un certain potentiel. Eh bien voilà, ça s’est concrétisé. Et je ne l'ai pas du tout vue venir, celle-là ; du moins, pas à ce point.

Ce qui peut sembler étrange, dans la mesure où le groupe n’a strictement rien changé à sa formule de base. On retrouve d’ailleurs sur cet album les deux titres qui composaient la démo.
Si, le son a franchement plus de relief et de patate. Mais du reste, on retrouve le même death caverneux, avec ce chant bizarre évoquant une voix plaintive au milieu d’un ouragan, étouffée au milieu des riffs de guitare ; elle est encore plus difficile à distinguer du reste sur cet album.
Mais bon, vu la puissance de feu que déballe Altarage, ça ne pose aucun problème.

Ce disque, c’est tout ce que j’aime dans ce style de death metal : les riffs évoquent pas mal Portal avec leur côté bruitiste, mais aussi des références plus confidentielles comme Altars (un autre groupe que j’adore) avec ce côté massif et surpuissant. Leur death est ultra épuré : pas d’intro ni d’outro, pas d’ambient, rien que gros death gras et sombre. En clair, ça déboîte en toute simplicité.
Rythmiquement, rien d’époustouflant ou d’extravagant, mais c’est très varié et les passages plus lents apportent ce surcroît de lourdeur qui leur sied à merveille ; la fin de Batherex avec sa rythmique tribale est un exemple édifiant.
Les deux compos de la démo me sont apparues d’autant plus géniales ici qu’elles sont entourées d’autres de la même qualité. Ce disque n’en finit pas de balancer des riffs à coller au tapis, c’est tuerie sur tuerie pour un ensemble très homogène et qui ne faiblit jamais.

Premier album et déjà au top, en ce qui me concerne.
Peut-être qu’avec le recul, je me dirai que j’ai surnoté cet album. Mais pour le moment, il passe régulièrement dans mes écouteurs et n’en finit pas de me retourner les tripes. C’est un signe qui ne trompe pas.

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