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Contenu rédigé par Lingwilocë-Val...
Classement des meilleurs critiques: 2.792
Votes utiles : 210

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Commentaires écrits par
Lingwilocë-Valandur

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Le diable amoureux
Le diable amoureux
par Jacques Cazotte
Edition : Poche
Prix : EUR 2,00

2.0 étoiles sur 5 Le diable assommant, 3 septembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le diable amoureux (Poche)
Le diable amoureux de Jacques Cazotte est l’ouvrage qui a lancé le fantastique français ; c’est précisément pour cette raison que je m’y suis intéressée. Pour faire court, l’histoire raconte comment Don Alvare parvient à soumettre le Diable pour impressionner ses amis. Ce moment passé, le Malin prenant l’apparence d’une femme le suit dans tous ses déplacements et lui fait rapidement oublier sa véritable nature. Cherchant à l’entrainer dans la perdition par ses séductions et sa perversité, Don Alvare se montre bien plus résistant qu’il n’y parait.

Au vu de la note attribuée, je pense que tout le monde aura compris que je n’ai vraiment pas accroché à ce livre. Le fait est qu’il s’agit d’une nouvelle et qu’en principe ce format suggère une certaine rapidité dans l’action et le dénouement ; or j’ai trouvé tout cela bien long et cruellement ennuyeux. Habituellement, je ne suis pas du genre à me plaindre d’une éventuelle longueur dans la narration (je dirais même que c’est plutôt l’inverse) mais là… Je suis forcée d’admettre que j’ai soupiré plus d’une fois à la lecture en désespérant d’en voir le bout. Le début semblait pourtant prometteur (la convocation du Diable et le diner avec ses amis étaient plutôt réjouissants) mais le soufflet retombe bien vite par une succession de scènes relativement froide et sans saveur du quotidien de Don Alvare. Le but est sans doute de nous faire également oublier la véritable identité de Biondetta, mais le malheur est que ça ne prend pas et que cette lenteur excessive ôte totalement le suspens. On finit presque par se demander quel est l’enjeu de l’histoire. D’ailleurs, le dénouement laisse complètement de marbre.

L’ensemble manque de piquant et ça en devient purement assommant, ce qui est tout de même inquiétant pour une nouvelle. Le choix de l’écriture à la première personne rend la chose encore plus lourde avec des états d’âme dont on se moque éperdument au final vu le peu d’attachement qu’on peut éprouver pour le personnage principal (et c’est un euphémisme). Quant au style, hormis quelques tournures ici et là, il ne présente rien d’extraordinaire. En conclusion, il s’agit d’une nouvelle rendue longue par sa fadeur et son absence de rythme dont on peut se passer volontiers.


Le Moine [Blu-ray]
Le Moine [Blu-ray]
DVD ~ Vincent Cassel
Prix : EUR 12,79

3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Comment violer l’œuvre original en 1h40…, 14 août 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Moine [Blu-ray] (Blu-ray)
Dans mon for intérieur, je reste convaincu que rien n’est inadaptable au cinéma, y compris des œuvres rendue plus ou moins complexe par le style de narration comme se présente justement Le moine de M. G. Lewis (1796). Il suffit d’être un peu ingénieux et d’avoir un peu de talent pour l’établissement du scénario. Pour faire très (très) court, l’histoire du film tourne autour d’un moine soumit à la tentation de la chair par le diable (pour l’histoire du livre, elle est multiple et ne se concentre pas uniquement sur cet aspect). On peut dire très honnêtement que le scénario est une véritable boucherie dans ce long métrage ; à tout prendre, ils ont dû retranscrire 1/5 du livre (approximation généreuse) et le peu qu’ils ont fait est proprement à se pendre ; du sacrilège pur et simple avec des choix que rien ne justifie. D’ailleurs l’histoire passe tellement vite qu’il n’y a aucune tension durant tout le film. C’est expéditif au possible et on ne ressent pas cette atmosphère horrifique et malsaine qu’on peut trouver dans le livre. Le casting n’est pas en reste et laisse totalement froid. Impossible d’avoir une quelconque émotion envers l’un des personnages tellement ils sont fades et quasi-transparent. J’ose à peine évoquer Vincent Cassel que je n’aime pas du tout en tant qu’acteur et qui ne correspond en rien à l’image d’Ambrosio. La diction des acteurs est atroce ; on a l’impression d’entendre du théâtre. Quant aux dialogues, le texte d’origine en possédait de magnifiques mais ils sont ici remplacé par d’autres hautement moins brillant. Seuls les décors sont corrects mais ils ne m’inspirent pas suffisamment de pitié pour remonter la note à 2. Mes développements suivants contiennent quelques spoils du film donc pour ceux qui souhaitent le visionner malgré tout… Passer directement à l’avant-dernier paragraphe… Sinon, à vous de voir…

Le scénario, revenons-y. Comme je disais la narration du roman a été sauvagement sabrée pour se concentrer quasi-exclusivement sur le moine Ambrosio. L’histoire d’Agnès est réduite à sa plus simple expression, si bien qu’au stade où on en était, il aurait encore mieux valu n’en rien dire. Les scénaristes l’a font mourir (?), réapparaitre brièvement sous la forme d’un fantôme dans le cimetière (?) et le nom de son amant passe de Raymond à Cristobal (?) sans la moindre raison et sans qu’on le voit à l’écran alors qu’il y avait matière à développer sur le marquis de las Cisternas. Cela aurait permis d’autant plus d’intégrer des éléments bien gothico-fantastique avec entre autres le fantôme de la nonne sanglante et le Juif errant, ou d’autres plus mouvementés avec les bandits dans la forêt. Quelques ellipses auraient pu suffire à certains endroits pour éviter d’alourdir le film puisque retranscrire intégralement le livre aurait sans doute été d’aussi mauvais goût que la production de Moll ici présente, mais traiter Raymond me semblait indispensable pour enrichir le scénario qui parait bien vide avec la seule présence d’Ambrosio qui ne convainc pas. Pour revenir sur Agnès, le peu qu’on la voit ne donne même pas envie de compatir à son sort tellement c’est expédié et le personnage n’est pas particulièrement bouleversé par son malheur ; elle ingurgite la sentence un peu sans réagir et se contente de supplier sans la moindre conviction derrière ses barreaux (mais pas avant ????).

Toujours en parlant d’Agnès, rien n’est dit sur le fait qu’elle soit la fameuse sœur de Lorenzo, l’amoureux transi d’Antonia, alors qu’évidemment, en principe ce n’est pas anodin. D’ailleurs, l’idylle n’est même pas mise en valeur, c’est vide… Les personnages sont insipides au possible et laisse complètement indifférent. Certaines situations prêtent à rire de ridicule et d’incohérence sur des choses pourtant toutes simples. Par exemple, Lorenzo, sans avoir eu l’adresse d’Antonia parvient à se rendre chez elle sans problème. Bon sang ! Mais ça prenait 5 secondes sur la pellicule ! Je pense qu’au point où on en était, on aurait même pu supprimer le personnage tellement il ne sert strictement à rien dans l’intrigue. La tante d’Antonia n’est guère mieux alors qu’il y avait matière à rire dans le livre. Quant à la mère, Elvira, où sont passés ses problèmes financiers ? Ses inquiétudes pour l’avenir de sa fille ? Non, là, ce qu’on nous met en scène est une espèce de repentir débile sur son enfant qu’elle aurait abandonné dans sa fuite pour Caracas (? – dans le bouquin, il s’agit de Cuba, mais passons… là aussi, on ne comprend pas bien pourquoi ce choix) avec son mari. En plus, en partant sur ce choix scénaristique, ils ne font clairement pas dans la subtilité et ôtent toute surprise pour la suite (parce qu’évidemment après avoir sucré une bonne partie des personnages, il ne reste plus grand monde) ; il va sans dire que le roman traite bien plus habilement la question.

Sur le moine et son redoutable complice Valerio (qui est en fait Rosario dans le livre – là encore, on ne comprend pas pourquoi ce subit changement de nom), on a des fautes à la pelle… Le moine qui souffre de maux de tête violents (?), la morsure du serpent remplacé par celle d’un gros scolopendre (?) ôtant ainsi toute la connotation symbolique de la chose… Ambrosio qui commet le pécher de chair avec Valerio sans même qu’il s’en rende compte (?), à moitié inconscient puisqu’il est encore sous l’influence du poison (on dirait bien que la scène de viol n’a pas été placée au même endroit et avec les mêmes personnages, hum…). On a aussi l’un des autres moines qui veut le dénoncer au restant de l’abbaye, car il connait la nature de ses relations avec Valerio (???) : au-delà du fait que ça n’apparait pas dans le bouquin, on ne sait pas comment il en a eu connaissance, ni s’il a découvert que le novice est en réalité une femme. Et là, Ambrosio ne bouge pas du tout alors que son honneur est menacé (pourtant l’une de ses plus grandes angoisses est justement de se faire démasqué et subir l’opprobre public, car il jouit d’un statut privilégier dans le cœur des habitants de Madrid – c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il commet l’homicide). Mais bon… Coup de chance, son rival meurt abattu par un morceau de gargouille… C’est vraiment ce qui s’appelle ne pas en foutre lourd d’un point de vue scénaristique. Parfois, c’est du détail, mais ça interpelle : la chambre de Valerio est ouverte à qui veut alors qu’elle est en train « d’agoniser » dans son lit. N’importe quel moine aurait pu la démasquer. D’ailleurs cette partie est scénaristiquement nulle ! Il y a une réelle puissance dans le livre, mais dans le film, c’est une catastrophe ! Les dialogues sont changés pour un contenu bien plus pauvre et rend bien moins grandiose toute la supercherie du Malin.

Quant à retranscrire la tentation d’Ambrosio… Mais c’est mauvais ! Complètement mauvais ! On a vraiment la sensation qu’il plonge dedans sans vraiment se poser de question alors qu’en réalité, il culpabilise à un point incroyable et refuse très souvent les machinations de sa complice (il la déteste même pendant un moment) dans un premier temps. C’est vraiment sur insistance qu’il cède et rien de cela ne transparait véritablement à l’écran. Il n’y a pas d’émotions ; c’est vide encore une fois. Le diable est tellement risible que je n’ai même pas envie de m’étendre dessus ; il n’a strictement rien d’effrayant et prête davantage à sourire cyniquement plus qu’autre chose. Et la scène avec Antonia… Oh la la ! Ce n’est pas du tout comme ça que c’est censé se passer ! Dans le roman, c’est beaucoup plus effrayant, enfin ! Où est passée l’horreur (celle de l’intrigue de base, et non pas celle bien présente en constatant qu’on vient de perdre 1h40 de sa vie après visionnage) ? En fait, le dénouement du film est sûrement ce qu’il y a de plus atroce ; le sort du moine est réglé en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, mais le pire du pire dans tout ça… C’est la raison pour laquelle il vend son âme au diable. Là… Bordel ! J’ai eu mal !

Au final, on nous a vraiment collé un truc aseptisé pour essayer de plaire à tout le monde pour qu’au bout du compte ça ne plaise à personne (ou presque)… Car non seulement ceux qui auront lu le livre tomberont en dépression et se mettront à chialer devant ce véritable carnage et pour les autres, même en faisant fi du bouquin, ça reste une mauvaise production avec un jeu d’acteur chiant et sans saveur qui entasse un peu plus le scénario qui ne tient déjà pas sur grand-chose. En clair, si vous n’êtes pas masochiste, je vous conseille de passer votre chemin et de plutôt vous plonger dans le livre si vous êtes intéressé par l’univers gothique. Au moins, vous aurez le plaisir de côtoyer une histoire riche, bien mené avec une tension palpable et toujours croissante dans un environnement sombre et sulfureux à souhait. Je terminerais juste sur une citation du texte d’origine faisant la description d’Ambrosio pour que vous constatiez à quel point Cassel n’avait pas le profil (foiré le rôle principal est impardonnable) :

« C’était un homme au port plein de noblesse et à la présence imposante. Il était de haute stature et ses traits étaient d’une rare beauté. Il avait un nez aquilin, de grands yeux noirs qui étincelaient et ses sourcils foncés se rejoignaient presque. Il avait le teint brun, intense, mais clair ; l’étude et la veille avaient entièrement privé ses joues de couleur. La tranquillité régnait sur son front lisse et dépourvu de rides ; quant au contentement qu’exprimait chacun de ses traits, il paraissait annoncer un homme auquel soucis et crimes étaient inconnus. Il s’inclina avec humilité devant l’auditoire ; il y avait pourtant dans son apparence et dans son maintien une certaine sévérité qui inspirait le respect à tous et peu pouvaient soutenir son regard, à la fois ardent et pénétrant. Tel était Ambrosio, abbé des capucins et surnommé l’« homme saint » ».
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : May 18, 2016 3:21 PM MEST


Carmilla
Carmilla
par J.S. Le Fanu
Edition : Poche
Prix : EUR 2,00

3.0 étoiles sur 5 « Je vis de ta vie ardente, et tu mourras avec délices, pour te fondre dans la mienne », 4 août 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Carmilla (Poche)
S’inscrivant dans la mouvance gothique, Carmilla fait partie des incontournables de la littérature vampirique ; la vraie, pas les graillons infâmes relativement récents qui font jaser les incultes et les émotives béotiennes. Si dans le fond, le livre lui-même n’est pas exceptionnel, il est intéressant de se pencher sur ce qui inspira le chef d’œuvre de Bram Stoker qu’est Dracula. De plus, il s’agit du second récit de vampire ayant vu le jour – le premier étant la nouvelle Le vampire de John Polidori – ce qui permet donc de retourner aux origines.

Résumé

En Autriche – plus précisément en Styrie – un père vit tranquillement dans son château avec sa fille. Ne recevant que peu de visite, Laura se montre toujours très enjouée à chaque nouvelle rencontre, et lorsqu’une noble dame laisse son étrange fille aux bons soins de son père suite à un accident qu’on imagine savamment mis en scène, Laura s’empresse de faire sa connaissance. Bien que sujette à des comportements insolites, Laura est à mille lieues de s’imaginer que son adorable Carmilla n’est autre qu’une vile créature démoniaque. Pendant ce temps, une inquiétante maladie semble s’être abattue sur la région, causant plusieurs morts dans le voisinage et plongeant le père de Laura dans une certaine contrariété, jusqu’à ce que cette dernière souffre de symptômes identiques. Malgré l’évidence de la situation, Laura refuse de reconnaitre son mal et se laisse lentement dépérir.

Écriture & narration

Ce roman très court (à peine 123 pages, et je compte la préface avec) se lit véritablement d’une traite. Sa narration à la première personne et son écriture particulièrement fluide et sans fioriture en font une lecture des plus simple. Avec Le Fanu, on va droit à l’essentiel jusque dans les descriptions ; pas de détails ni de perte en rythme. À chaque nouveau chapitre, on fait un petit bon dans le temps pour arriver à un nouvel évènement important, si bien qu’on ne parvient pas à reposer le livre tant qu’on ne l’a pas achevé ; c’est un pur enchainement de péripéties qui tient le lecteur en haleine. Et ce, d’autant plus que nous connaissons la véritable nature de Carmilla et que nous assistons impuissant à la naïveté des autres personnages malgré les éléments plus que troublants entourant sa personne. À chaque page tournée, on se demande s’ils vont enfin démasquer Carmilla ou au contraire, découvrir la supercherie trop tard. Le suspense est réel, car en matière de littérature gothique, les fins « bisounours », ça n’existe pas et il faut s’attendre à tout.

Intrigue

Sans surprise, la trame tourne quasi-exclusivement autour de la relation ambigüe qu’entretiennent Laura et Carmilla. Si la première espère simplement une amitié, la seconde se déverse en déclarations et autres comportements passionnés au point de bouleverser la narratrice. Toutefois, la beauté surnaturelle et le mystère entretenu autour de sa compagne ont vite fait de lui faire oublier ses excès. À titre personnel, je ne vois pas véritablement ici de représentation de l’amour interdit ou de tribadisme comme l’indique la quatrième de couverture chez les éditions Livre de poche ; car même si certaines scènes peuvent poser questions, il n’en demeure pas moins que c’est extrêmement dilué et que la nature diabolique de Carmilla peut facilement expliquer ses écarts. Au pire, c’est davantage de la séduction malsaine que de l’amour, d’autant plus que Laura n’est pas la première à succomber aux charmes du vampire. En tous les cas, si l’auteur a vraiment voulu intégrer une certaine forme d’homosexualité féminine, on ne peut légitimement pas dire que ce soit sous un jour favorable. On peut trouver les vampires fascinants, sombres et mystérieux, mais dans le fond, il n’en ressortira rien de sympathique… Indépendamment de cela, comme je l’ai déjà souligné, l’intrigue avance rapidement, si bien d’ailleurs que l’auteur en oublie d’introduire proprement l’un des personnages et le fait surgir à l’improviste vers la fin du livre ; fin qui se révèle en plus de cela hautement expéditive à mon goût. Malgré un dénouement fort explicatif sur le personnage de Carmilla, Le Fanu laisse tout de même des zones d’ombres qui interpellent l’imagination du lecteur ; c’est notamment le cas s’agissant de l’identité de la dame qui se proclame être la mère de Carmilla et l’étrange femme noire dans la voiture accidentée.

En définitive, je pense que l’œuvre aurait pu être une véritable perle si elle ne souffrait pas d’un manque de développement. L’histoire, beaucoup trop rapide, empêche une certaine immersion et reste en surface des choses. La relation Laura/Carmilla est tout de même réduite à son minium. Quant aux autres personnages, n’en parlons même pas… L’auteur s’est finalement contenté de poser les bases du mythe, cantonnant ainsi son récit en une lecture sympathique, mais sans plus.


Le Vampire
Le Vampire
Prix : EUR 0,99

4.0 étoiles sur 5 Le premier né, 4 août 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Vampire (Format Kindle)
Premier récit mettant en scène un vampire, cette nouvelle vaut la peine de s’y intéresser rien que pour cette raison. Et ce d’autant plus que cette histoire cruelle est servie d’une belle écriture. Initialement l’œuvre du poète britannique Lord Byron – lequel portait d’ailleurs les époux Shelley en amitié, dont la fameuse Mary qui produira plus tard son célèbre Frankenstein –, son secrétaire et médecin John Polidori reprend son brouillon abandonné, le retravaille et le publie à sa place ; d’où une certaine confusion au sujet de la paternité de l’œuvre.

Pour résumer brièvement l’intrigue, celle-ci démarre dans le cercle de la haute société londonienne où le jeune Aubrey fait la connaissance de Lord Ruthven, un homme des plus étranges au teint pâle et au caractère introverti. Alors qu’il l’accompagne durant une partie de ses voyages, Aubrey remarque une série de penchants malsains chez son camarade qui l’effraie au point de se séparer de lui. De plus, le malheur semble s’abattre sur chaque personne l’ayant approché. Cependant, la séparation sera de courte durée et les retrouvailles des plus funestes. Dans son incrédulité, le jeune homme se laisse benoîtement prendre au piège par un serment inviolable qui le conduira à sa perte.

On peut dire que tel qu’il est dépeint, Ruthven est véritablement inquiétant et fascine à tout point de vue ; c’est LE personnage puisque les autres ne sont que des faire-valoir et Aubrey lui-même se révèle peu intéressant. La trame perd un peu de sa saveur du début lorsque l’action se situe en Grèce, mais le retour à Londres fait rapidement oublier ce petit essoufflement et nous plonge dans une tension croissante jusqu’à une fin tragique qui laisse coite. On notera aussi au passage le petit clin d’œil au Château d’Ortrante d’Horace Walpole dans le choix des itinéraires d’Aubrey.

Si Polidori est le premier à inaugurer l’introduction du vampire dans la littérature, il n’en reste pas moins qu’on est encore loin de l’ambiance sombre et mystérieuse entretenu par les décors qu’imposeront les successeurs du genre. C’est donc une nouvelle sans les clichés établis, ce qui peut décevoir ou ravir…

P.S : l'édition Kindle comprends quelques coquilles qui parasitent la lecture ce qui est dommage, surtout au vue du nombre de pages.


1984
1984
par George Orwell
Edition : Poche
Prix : EUR 8,70

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 « Nous nous rencontrerons là où il n’y a pas de ténèbres », 4 août 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : 1984 (Poche)
Chef d’œuvre de la dystopie, 1984 fait partie des incontournables du genre et se doit d’être lu ne serait-ce pour la culture générale étant donné le nombre de clins d’œil en référence à cet univers que l’on peut trouver au quotidien. C’est sûrement le livre qui revient le plus souvent sur le tapis dès qu’on parle de politique. Là où Aldous Huxley dépeignait avant lui un futur basé sur la servitude heureuse dans Le meilleurs des mondes, George Orwell présente un totalitarisme fondé sur la contrainte, la surveillance et le mensonge. Deux visions bien différentes d’un monde totalitaire en somme, et même si je pense que celui d’Huxley est plus effrayant, Orwell est meilleur dans sa narration d’où ma petite préférence pour ce dernier. Cela dit, les deux versions se valent et il me semble impossible de trancher de façon catégorique pour l’une ou l’autre sur la question de savoir lequel d’Orwell ou Huxley a visé le plus juste sur l’avenir de nos sociétés. Sans doute, notre futur se situe quelque part entre ces deux systèmes et sera probablement pire que ce qu’on put imaginer ces deux grands noms.

Résumé

Nous sommes en 1984, dans la ville de Londres tombé sous la coupe d’un régime totalitaire dirigé par Angsoc, le Parti dont le terrible slogan est « LA GUERRE C’EST LA PAIX. LA LIBERTÉ C’EST L’ESCLAVAGE. L’IGNORANCE C’EST LA FORCE ». Le monde est divisé en trois grands blocs : l’Océania dont Londres fait partie, l’Estasia et l’Eurasia, tous sous la férule du même type de régime. Winston Smith, un trentenaire, est employé au Ministère de la Vérité (soit le ministère de la propagande), mais contrairement aux autres, il n’aime pas Big Brother. Il n’aime pas ce grand visage moustachu placardé à chaque coin de rue, il n’aime pas ces patrouilles d’hélicoptères qui surveillent les habitations, il n’aime pas ce télécran qui enregistre chacun de ses faits et gestes dans son appartement tout en diffusant en permanence les nouvelles sans pouvoir l’arrêter, il n’aime pas les deux minutes de la haine qui érige un certain Goldstein, leader de la Fraternité, en bouc émissaire... Pour faire court, il n’aime pas le système pour lequel il travaille, et il n’est pas le seul ; Julia et O’Brien semblent le comprendre et partager son point de vue.

Écriture & narration

L’écriture que certains ont pu trouver monotone me semble au contraire tout à fait approprier pour le sujet concerné et permet à mon sens une immersion optimale dans cet univers froid et lourd. La narration porte principalement sur une description méticuleuse du fonctionnement du système (la forme romancée peut être vue assez vite comme un prétexte pour rendre le tout plus digeste) ; il n’y a pas vraiment d’action, seulement la lente routine de Winston qui parvient difficilement à mettre un peu de piment dans sa vie quotidienne de temps à autre. Découpé en trois parties, le livre s’attache d’abord à retranscrire les activités du personnage principal et ses différents questionnements sur le fonctionnement du système ; il comprend comment, mais ne comprend pas pourquoi. La seconde partie se concentre essentiellement sur la liaison qu’il entretient ensuite avec Julia en cachette (après la « découverte », s’installe ainsi une nouvelle forme de routine). Il entame également un livre interdit qui s’emploie à décrire les rouages du système avec grande précision et qui fonde un espoir de changement grâce au possible réveil des prolétaires. Enfin, dans la dernière partie, tandis qu’il est soumis à rudes épreuves autant physiquement que dans ses convictions, O’Brien lui révèle ce fameux pourquoi. C’est sûrement celle qui se lit le plus rapidement, car un peu moins descriptive et d’autant plus captivante que l’on assiste à la toute-puissance du Parti dans sa réalité la plus terrible. L’histoire s’achève sur une fin des plus sinistres avec le renoncement de Winston et une allusion sur ce qui l’attend au bout du compte. On peut le dire, ce livre est cruel. Le final ne laisse aucune note d’espoir, ce qui est purement jouissif (oui, j’affectionne particulièrement les fins atroces).

Personnages

Il y a très peu de personnages dans l’histoire. On peut dire qu’ils se résument à trois puisque les quelques autres sont assez anecdotiques et servent surtout d’exemples de ce que peut produire le système. Ainsi donc, nous avons le personnage principal qu’est Winston Smith et que l’on suit tout du long, celui de Julia qui occupe pas mal de place dans la seconde partie et enfin O’Brien, la grande vedette de la troisième partie. Winston est un antihéros à la personnalité assez fade, presque transparent, ce qui me gêne d’ordinaire (voire m’insupporte) dans les fictions, mais ici présent, je l’ai trouvé tout indiqué. Impossible d’éprouver une quelconque sympathie pour ce personnage et pourtant, ce n’est pas une souffrance de le suivre jusqu’à la fin du roman. L’absence de personnalité de Winston semble totalement assumée et colle en tout point à l’ambiance générale du livre, transformant ainsi ce qu’on pourrait juger d’ordinaire comme étant une faiblesse en une force. Julia, quant à elle, est la petite rebelle de l’ombre ayant trouvé la « technique » ; faire du zèle en public et se montrer exemplaire aux yeux du parti en participant aux maximums de tâches possibles tandis qu’elle viole allègrement les règles en coulisse. Si Winston, dans son grand optimisme, rêve que le système s’effondre, Julia se positionne de façon inverse. Non pas qu’elle aime le Parti, mais son pessimisme la conduit à penser que la lutte est vaine. Deux formes de dissidence qui vont néanmoins s’accorder par la suite pour rendre visite à O’Brien, grande figure du parti intérieur et dit-on de la résistance que l’on nomme la Fraternité. Ce dernier est incontestablement le personnage le plus intéressant par son côté mystérieux et maniéré, d’autant plus qu’il n’est pas ce qu’il parait. À côté de lui, Winston passe pour une misérable crevette tellement O’Brien dispose d’un charisme époustouflant à en faire crever le papier. À cela, s’ajoutent ses répliques particulièrement délicieuses et horrifiantes qui font de la troisième partie une conclusion qui marque l’esprit pendant longtemps, très longtemps…

Intrigue

On peut le dire, le monde d’Orwell est vraiment bien pensé et certains concepts sont proprement terrifiants. La société est divisée en trois tranches bien distinctes : d’une part la masse de prolétaires stupides et manipulés à laquelle le pouvoir distribue une « culture » avilissante et abjecte (« Il existait tout une suite de départements spéciaux qui s’occupaient, pour les prolétaires, de littérature, de musique, de théâtre, et en général de délassement. Là, on produisait des journaux stupides qui ne traitaient presque entièrement que de sport, de crime et d’astrologie, de petits romans à cinq francs, des films juteux de sexualité, des chansons sentimentales composées par des moyens entièrement mécaniques sur un genre de kaléidoscope spécial appelé versificateur. Il y avait même une sous-section entière – appelée en novlangue Pornosex – occupée à produire le genre le plus bas de pornographies » p.62 Folio). Ensuite, les membres ultra-surveillés du Parti extérieur qui sont les fonctionnaires serviles du pouvoir dont la vie est encore moins enviable que les prolétaires ; ils disposent tous d’un télécran qui les surveillent en permanence et qui leur parasite l’esprit en débitant en continu la propagande du Parti. Et enfin, la petite élite que constitue le Parti intérieur, baignant dans le luxe et veillant à la bonne marche du système. Ce qui est autorisé chez les prolétaires – et même encouragé –, est interdit chez les membres du Parti, notamment la question de la sexualité par exemple. Comme l’affirme un slogan du Parti, « Les prolétaires et les animaux sont libres ». Citer directement le texte ici me semble plus opportun qu’un long discours tellement il parle de lui-même : « On n’essayait pourtant pas de les endoctriner avec l’idéologie du Parti. Il n’était pas désirable que les prolétaires puissent avoir des sentiments politiques profonds. Tout ce qu’on leur demandait, c’était un patriotisme primitif auquel on pouvait faire appel chaque fois qu’il était nécessaire de leur faire accepter plus d’heures de travail ou des rations plus réduites. Ainsi, même quand ils se fâchaient, comme ils le faisaient parfois, leur mécontentement ne menait nulle part, car il n’était pas soutenu par des idées générales » p 100 Folio.

Les prolétaires, maintenus dans la pauvreté et l’ignorance ne sont ainsi pas une menace pour le pouvoir puisque leurs préoccupations se concentrent sur leur survie immédiate et non pas sur le politique. Le pouvoir se charge donc de limiter la production et les richesses du pays avec le paravent de la guerre tantôt contre l’Estasia, tantôt contre l’Eurasia. Une guerre dont on peut douter de l’existence réelle en dépit des quelques raids aériens qui visent parfois la population (Winston soupçonne qu’il s’agit là d’opération menée par le pouvoir lui-même et non pas par l’adversaire désigné). D’ailleurs, le pouvoir change l’identité de l’ennemi à sa guise et sans raison apparente tout en faisant croire qu’il en a toujours été ainsi en falsifiant l’histoire (« Qui commande le passé, commande l’avenir ; qui commande le présent, commande le passé » p.391 Folio). Le Parti se charge de dire ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas ; toute autre pensée est hérétique. Il est en mesure de vous faire croire que 2+2=5. Il est également capable de vous faire croire tout et son contraire sans qu’on y trouve à redire grâce au procédé de la double-pensée (« En pleine conscience et avec une absolue bonne foi, émettre des mensonges soigneusement agencés. Retenir simultanément deux opinions qui s’annulent alors qu’on les sait contradictoires et croire à toutes les deux. Employer la logique contre la logique. Répudier la morale alors qu’on se réclame d’elle. Croire en même temps que la démocratie est impossible et que le Parti est gardien de la démocratie » p.51 Folio). L’autre invention géniale du langage se trouve être dans la novlangue, un nouveau langage particulièrement appauvri, dont un même mot peut être élogieux ou méprisant selon le contexte, dont l’objectif affiché est d’anéantir toute possibilité de formuler une véritable réflexion et d’émettre une pensée hérétique (le concept est d’ailleurs particulièrement développé dans l’annexe du livre).

Les déviants sont rapidement démasqués et emmenés au Ministère de l’Amour par la Police de la pensée où croupissent autant les criminels ordinaires que politiques, même si les premiers sont mieux traités que les seconds. Loin d’exécuter bêtement les dissidents comme le ferait n’importe quel régime totalitaire, le Parti se charge auparavant de les « guérir » en les remettant dans le droit chemin de la pensée afin de ne pas en faire des martyrs. Leur nom n’entre ainsi pas dans l’Histoire et ils finissent « vaporisés », ériger à l’état de « nonêtre » comme s’il n’avait jamais existé. Il y aurait encore quantité de choses à retenir de cet ouvrage et je pourrais citer un nombre incalculable de phrases marquantes, mais je pense que le mieux est encore de le lire dès à présent pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, d’autant plus qu’on est loin d’avoir affaire avec une pure œuvre de science-fiction. À mon sens, c’est le genre de livre qu’on peut également relire aisément, car il est d’une telle richesse qu’on en redécouvre des passages. Je termine par une dernière petite citation qui fait réfléchir :

« Dans notre société, ceux qui ont la connaissance la plus complète de ce qui se passe, sont aussi ceux qui sont les plus éloignés de voir le monde tel qu’il est. En général, plus vaste est la compréhension, plus profonde est l’illusion. Le plus intelligent est le moins normal » p.285 Folio


Sorceleur, Tome : La Saison des orages
Sorceleur, Tome : La Saison des orages
par Andrzej Sapkowski
Edition : Poche
Prix : EUR 7,60

27 internautes sur 27 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Le loup blanc, 5 juin 2015
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Comme quelques autres sûrement, j’ai découvert l’univers fantasy de Sapkowski par l’entremise des jeux vidéo et plus particulièrement par The Witcher 3 sortie en mai 2015 auquel je me suis beaucoup intéressée. Forcément, une fois que j’ai su que la chose était adaptée d’un livre (et non pas l’inverse comme pourrait le laisser supposer les éditions Milady en collant l’image du jeu en couverture et l’étiquette « gaming » sur l’arrête du livre – ce qui relève pratiquement du scandale), je me suis plongée dedans en commençant par La saison des orages puisqu’il s’agit d’un roman isolé ; simple mesure de précaution, car j’ai beau affectionner le genre, il n’en reste pas moins que le niveau de la fantasy reste globalement assez pauvre. Fort heureusement, je n’ai pas été déçue de ma lecture.

Résumé [sans spoil]

Pour résumer sommairement, nous suivons les pérégrinations d’un certain Geralt de Riv, sorceleur (autrement dit, un chasseur de monstre), dont les légendaires épées ont été volées, l’empêchant de ce fait d’exercer sa profession alors même que son aide est ardemment sollicitée, et ce, en particulier par les magiciens de Rissberg et le prince Egmund de Kerack. À Rissberg, on le demande pour enquêter sur une étrange affaire de massacre dans plusieurs hameaux auquel l’un des magiciens serait impliqué tandis que le prince souhaite le voir assurer la sécurité du roi Belohun pour ses énièmes noces, redoutant un régicide de la part de son frère Xander, lequel convoite avidement le trône. Mais à l’évidence, beaucoup de choses se trament dans l’ombre et Geralt se retrouve en plein cœur d’intrigue politique dont il ignorait l’ampleur jusque-là. Jonglant entre la recherche de son voleur et l’accomplissement de ses missions, notre sorceleur verra sa route parsemée d’embûches et de monstres divers qu’il ne sera pas toujours aisé de surmonter.

Écriture & narration

Le style d’écriture est agréable et se lit rapidement sans être simpliste ; certains pourront même apprendre du vocabulaire (maintenant je sais ce qu’est une douelle ! Youhou ! Mais il y en a d’autres – et contrairement à ce que l’on pourrait suggérer, ce n’est pas dit avec ironie). J’émettrais toutefois un point négatif sur la construction du récit qui me semble parfois un peu décousu et donne un ensemble un peu chaotique. Il y a dans certains cas beaucoup trop de saut dans le temps qui hache l’histoire et pour quelques-uns, ça aurait largement pu être évité ; je pense notamment au tout début (ce qui m’a un peu rebuté sur le coup – j’ai bien cru que ça allait se présenter tout le long ainsi, mais heureusement non) ou les deux points de vue auraient clairement pu fusionner au lieu d’aller et venir maladroitement entre le monstre et Geralt puisque le narrateur est omniscient. Mis à part cela, les chapitres sont quelques fois entrecoupés d’interludes intéressants faisant dérouler l’action en d’autres endroits et en d’autres temps avec des personnages différents qui croisent ou vont croiser le chemin du sorceleur. Parmi ces intermèdes, l’auteur adopte à trois reprises le genre épistolaire et j’ai bien regretté qu’il ne s’y soit pas exercé davantage, car cela aurait pu donner plus de profondeur à l’intrigue et une psychologie encore plus avancée au niveau des personnages. C’était vraiment une occasion manquée. Pour en finir sur la forme, il y a un autre point que j’ai apprécié : les citations d’auteurs connues (comme Shakespeare, Dickinson, Sassoon, Pelevine, Castaneda, de Ronsard, etc.), de personnages ou autres à chaque début de chapitre qui donne justement le ton sur son contenu et nous plonge parfois dans le doute.

Personnages

S’agissant des personnages, j’ai été heureuse de constater qu’ils n’étaient ni noirs ni blancs pour la majorité d’entre eux et revêtaient une vraie personnalité et non pas une espèce de coquille sans âme comme j’ai déjà pu en rencontrer ailleurs. Dans ce livre, on croise un peu tous les profils : la séductrice, l’arnaqueuse, la timide, la sans scrupule, le comique, le mafieux, le trouillard, l’entêté, le sadique, le sénile et j’en passe… Ce joyeux mélange conduit parfois à des situations burlesques ou explosives, car il faut l’admettre, certaines scènes sont particulièrement amusantes avec des dialogues incisifs et quelques grossièretés bien senties (et bien dosées puisqu’il y en a finalement assez peu, évitant ainsi de tomber dans le piège de la vulgarité gratuite). Et puis évidemment, il y a Geralt de Riv, le héros volage, charismatique et un peu austère qu’on prend plaisir à suivre et auquel je n’ai pas pu m’empêcher de faire un parallèle avec le fameux personnage de Druss chez l’auteur britannique David Gemmell… La même aura se dégage de ces deux grandes figures et ils partagent certains traits de caractère. Après tout, ce sont des légendes…

Intrigue

Autant le dire tout de suite, l’histoire est prenante, bien ficelée et glauque à certaines occasions. Les actions de Geralt oscillent entre héroïsme et débandade en fonction de ses intérêts et des situations en présence, apportant un juste équilibre à l’ensemble. On constatera d’ailleurs au bout du compte qu’il n’a pas accompli grand-chose avec succès et que les évènements lui échappent à plusieurs reprises. Par ailleurs, l’auteur en profite pour faire quelques piques cocasses à l’égard du système judiciaire ou encore la prétendue philanthropie des magiciens qui les motivent dans leur recherche, rappelant des choses bien réelles cette fois. Je n’ai pas trouvé le dénouement facile à deviner ; plusieurs pistes étaient lancées ce qui conduisait à établir des hypothèses différentes et parfois même sur des personnages un peu à la marge. Sur le fond, le complot n’était pas forcément des plus originaux, mais son déroulement est bien mené et la fin surprend davantage par les liens entre les différents protagonistes ayant conduit à l’objectif final plutôt que l’objectif lui-même. On pourra toutefois regretter qu’il n’y ait pas d’explications sur la motivation de certains personnages. Le dernier chapitre fait un charmant clin d’œil à la belle au bois dormant et à une affaire qui érigera par la suite Geralt sur le piédestal de la célébrité (pour ceux qui connaissent déjà bien l’histoire du sorceleur). L’épilogue est bien travaillé et joliment nostalgique ; au demeurant, il nous laisse plonger dans le trouble (qui est réellement le personnage de la fin qui ne dit pas son nom ?). En bref, l’intrigue est réussie et s’il fallait que je retienne un passage en particulier que j’ai jugé excellent, ce serait sans hésitation celui de la femme-renard dans les marais.

En conclusion, il s’agit d’un bon fantasy qui sort des clichés habituels et je terminerais par une citation éloquente du livre :

« Les ténèbres existent toujours, confirma-t-il. Malgré le progrès qui doit, comme on veut nous le faire croire, éclairer l’obscurité, éliminer les menaces et éloigner les peurs. Jusqu’ici le progrès n’a pas rencontré de grands succès en la matière. Jusqu’ici, le progrès essaie de nous persuader que les ténèbres, ce ne sont que des superstitions qui voilent la lumière, qu’il n’y a pas de quoi avoir peur. Mais c’est faux. Il y a de quoi avoir peur. Parce que les ténèbres existeront toujours ! Toujours ! Et toujours dans les ténèbres se répandra le Mal, toujours les ténèbres seront peuplées de crocs et de serres, de la mort et du sang »
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 17, 2015 4:44 PM MEST


Tous les chevaux du monde : Près de 570 races et types décrits et illustrés
Tous les chevaux du monde : Près de 570 races et types décrits et illustrés
par Elise Rousseau
Edition : Relié
Prix : EUR 49,90

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 L'encyclopédie des Chevaux de Delachaux, 18 décembre 2014
Je ne suis pas une passionnée et une inconditionnelle du milieu équestre et chevalin, mais je dois dire que cet ouvrage de chez Delachaux a immédiatement aiguisé ma curiosité lorsque je l’ai aperçu entreposé sur un étalage de librairie. Comme j’aime beaucoup les parutions de cet éditeur (d’ailleurs spécialisé dans tout ce qui est science et vie) pour leur qualité, je me suis fait un devoir d’y jeter un œil pour finalement en faire ma propriété peu de temps après.

544 pages de pures merveilles équines ! Après une longue introduction sur les chevaux de manière générale qui recouvre un certain nombre de sujets, près de 570 races de chevaux sont répertoriées minutieusement selon leur répartition géographique, soit l’Europe du Nord, du Sud, de l’Ouest, de l’Est et de la Russie, du Proche et du Moyen-Orient, d’Asie Centrale, du sous-continent Indien, d’Extrême-Orient, d’Afrique du Nord, de l’Ouest, de l’Est, d’Afrique Australe, d’Amérique du Nord, du Sud, d’Amérique Centrale et des Caraïbes et pour finir, les chevaux d’Océanie. Chaque partie est subdivisée plus précisément par pays dont le nombre de chevaux est d’ailleurs indiqué dès le sommaire pour se faire une idée. Chaque race dispose d’un bref descriptif clair et simple qui reste très général afin que le néophyte ne se noie pas sous un monticule d’explications techniques. Ainsi, nous avons une description physique du cheval concerné, sa répartition, ses origines et son histoire, son caractère et ses qualités, son utilisation et sa situation actuelle ; il est également précisé s’il s’agit d’un poney, d’un selle, d’un trait, s’il est retourné à l’état sauvage ou encore s’il s’agit d’une race rare. La taille et la robe sont également énoncées. Le livre contient de très nombreuses illustrations ; pratiquement toutes les races disposent de sa représentation par le talentueux dessinateur Yann Le Bris (mais pas toutes ce qui est un peu dommage) et quelques photos se glissent ici et là pour accompagner chaque changement de chapitre.

En conclusion, il s’agit d’un très bel ouvrage assez imposant avec une mise en page vraiment soignée sur papier glacé que je ne saurais que trop conseiller à ceux qui hésiterait encore à en faire l’acquisition.


Le Hobbit - La Bataille des cinq armées. Le Guide officiel du film
Le Hobbit - La Bataille des cinq armées. Le Guide officiel du film
par Brian Sibley
Edition : Broché
Prix : EUR 20,90

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Conception de la Bataille des Cinq Armées, 17 décembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
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À l’image des deux premiers guides, ce troisième tome de la collection de Brian Sibley apporte son lot d’explications et de révélations autour de la trilogie du Hobbit. Pour ce dernier volet, on revient sur le choix de Martin Freeman pour incarner Bilbon, sur ce que les autres pensent de l’interprétation de Ian McKellen dans son rôle de Gandalf, ou encore ce que les acteurs pensent de Peter Jackson et la manière dont il travaille. On fait également connaissance avec le doubleur grande stature de Gandalf qu’est Paul Randall. On repasse certains personnages en revue comme Bilbon en cambrioleur ou Thorin en roi nain torturé par son or. Une interview de Benedict Cumberbatch nous révèle comment il a obtenu le rôle de Smaug et du nécromancien et comment il a fait vivre chacun d’entre eux. On passe par un tas de sujets divers (qui ne concernent d’ailleurs pas uniquement le dernier film) comme la scène de la Forge d’Erebor, le tombeau des rois, la ville de Dale, le retour de Saroumane, la création de l’Arkenstone, le triangle amoureux Legolas/Tauriel/Kili, et biens d’autres. De nouvelles interviews sont à noter comme celle de Cate Blanchett dans son rôle de Galadriel, l’interprète du vilain Azog ou encore Howard Shore qui nous parle de sa magnifique musique. Les dessinateurs John Howe & Alan Lee reviennent aussi nous parler de leur collaboration. Parallèlement, est abordée la technique du montage du film, la production des sons pour les araignées, des cascades d’eaux et de Smaug pour le second film. Évidemment, la bataille des cinq armées est largement traitée avec notamment les chorégraphies de combat, la création des bruitages, etc. pour finir sur le retour à Cul-de-Sac.

S’agissant de l’édition en elle-même, la mise en page est très soignée ; les pages en papier glacé sont toutes colorées avec de belles photos du film et du tournage. Quelques points noirs à noter en revanche, qui sont identiques aux défauts des deux autres tomes : des fautes de frappe, des oublies ou des ajouts de mots surgissent ici et là, parasitant de ce fait la lecture. Par ailleurs, l’usage des noms propres se réfère à la nouvelle traduction du Hobbit qui a eu lieu récemment ; il faut donc penser à l’équation Fendeval = Fondcombe, Bilbo Bessac = Bilbon Sacquet, Thorin Lécudechesne = Thorin Ecu-de-Chène, Forêt de Grand’Peur = Forêt Noire et j’en passe pour les habitués de l’ancienne traduction. C’est assez agaçant et ne revêt d’aucun sens puisque les doublages du film se réfèrent quant à eux, à l’ancienne traduction.


Le Hobbit, la désolation de Smaug : Le guide officiel du film
Le Hobbit, la désolation de Smaug : Le guide officiel du film
par Brian Sibley
Edition : Broché
Prix : EUR 20,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Conception de la Désolation de Smaug, 17 décembre 2014
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Dans la continuité du premier guide pour le Voyage Inattendu, ce deuxième tome de la collection de Brian Sibley démarre par l’avant-première au cinéma du premier film en compagnie des acteurs. On parle également de sa version longue avec notamment la scène du grand-père de Bilbon. On revient, sous un autre angle, sur la conception des costumes, la fabrication des objets, sur le maquillage et les perruques. On aborde les nouveaux décors comme Dol Guldur, Lacville, et la maison de Beorn. On s’attarde plus précisément sur la scène des tonneaux, de la Forêt Noire et celle de Smaug en passant par la création du ce dragon mythique. Sur des questions plus techniques, nous avons des précisions sur les effets spéciaux ainsi que la conception surprenante du son et de l’ambiance. Le livre comprend également de nouvelles interviews d’acteurs, notamment les interprètes de Beorn, de Bilbon, de Bard, ses trois enfants, de Legolas, Tauriel, Thranduil, Alfrid et le Maître de Lacville. En outre, d’autres sujets sont encore considérés comme les accents des différents personnages, les orques, la vedette porcine Pikelet, une interview du graphiste ainsi que le travail gargantuesque autour de la nourriture et des festins que l’on voit dans le film.

S’agissant de l’édition en elle-même, la mise en page déjà très soignée pour le précédent volet, l’est encore davantage avec le changement d’éditeur (on passe de Fetjaine à La Martinière). Les pages en papier glacé sont colorées ou contiennent des dessins en filigranes tout en conservant la même disposition du texte que précédemment avec de belles photos du film et du tournage. Quelques points noirs à noter en revanche, qui sont identiques aux défauts du premier tome : des fautes de frappe, des oublies ou des ajouts de mots surgissent ici et là, parasitant de ce fait la lecture. Par ailleurs, l’usage des noms propres se réfère à la nouvelle traduction du Hobbit qui a eu lieu récemment ; il faut donc penser à l’équation Fendeval = Fondcombe, Bilbo Bessac = Bilbon Sacquet, Thorin Lécudechesne = Thorin Ecu-de-Chène, Forêt de Grand’Peur = Forêt Noire et j’en passe pour les habitués de l’ancienne traduction. C’est assez agaçant et ne revêt d’aucun sens puisque les doublages du film se réfèrent quant à eux, à l’ancienne traduction.


The Hobbit : un voyage inattendu : Le guide officiel du film
The Hobbit : un voyage inattendu : Le guide officiel du film
par Brian Sibley
Edition : Relié
Prix : EUR 20,90

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Conception du Voyage Inattendu, 17 décembre 2014
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Il existe un nombre assez conséquent d’ouvrages sur le film du Hobbit (c’est d’ailleurs à en perdre la tête), mais je pense que ceux de Brian Sibley sont les meilleurs, exceptés bien sûr les magnifiques Artbook de Daniel Falconer. Si vous n’avez qu’une curiosité limitée, ces livres suffiront largement, car ils restent généraux et ne s’embourbent pas dans des détails qui pourraient paraitre inintéressants pour certains (cela dit, vous aurez tout de même votre lot d’anecdotes amusantes). Pour les grands amoureux de l’univers de Tolkien par les films & les livres, le mieux est évidemment de se reporter à la collection d’Artbook.

Pour entrer dans le vif du sujet, ce premier tome traite divers sujets et vous y trouverez donc la genèse du livre de Tolkien ainsi que celle chaotique du film en passant par le SDA, les difficultés du transport du matériel lié au tournage pour les scènes en extérieurs, les inconvénients et avantages du HD, le procédé de la 3D et autres techniques comme la captation numérique de Gollum et des trois Trolls. On nous présente également la création des décors, des costumes, des armes, des perruques & des barbes. On s’attarde sur certaines scènes emblématiques comme celle des énigmes avec Gollum, la ville des Gobelins, Cul-de-Sac. On nous explique le procédé de vieillissement des vêtements pour qu’ils paraissent crédibles dans l’aventure, la façon dont ils se sont pris pour jouer sur les tailles des personnages ainsi que la technique des prothèses et du maquillage. Évidemment, le casting est aussi abordé avec une interview pour chaque acteur de la compagnie des nains, de Bilbon Sacquet, du roi gobelin, du scribe qui nous explique la manière dont ils sont arrivés dans l’aventure et comment ils conçoivent leur personnage, sans oublier bien sûr les participants aux SDA qui font leur grand retour. Le casting des doubleurs est également brièvement abordé. En outre, d’autres sujets sont encore considérés comme les chorégraphies mouvements des personnages, les entrainements sportifs, de combat et à cheval, la conception de Radagast, Sirkis devant mais aussi derrière la caméra pour ses débuts dans la réalisation, et une interview des dessinateurs John Howe & Alan Lee.

S’agissant de l’édition en elle-même, la mise en page sur papier blanc & glacé est très soignée avec de belles photos du film et du tournage. Quelques points noirs à noter en revanche : des fautes de frappe, des oublies ou des ajouts de mots surgissent ici et là, parasitant de ce fait la lecture. Par ailleurs, l’usage des noms propres se réfère à la nouvelle traduction du Hobbit qui a eu lieu récemment ; il faut donc penser à l’équation Fendeval = Fondcombe, Bilbo Bessac = Bilbon Sacquet, Thorin Lécudechesne = Thorin Ecu-de-Chène, Forêt de Grand’Peur = Forêt Noire et j’en passe pour les habitués de l’ancienne traduction. C’est assez agaçant et ne revêt d’aucun sens puisque les doublages du film se réfèrent quant à eux, à l’ancienne traduction.


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