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Contenu rédigé par Gruz blog EmOtionS
Classement des meilleurs critiques: 926
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Commentaires écrits par
Gruz blog EmOtionS (France)
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Le Calice jusqu'à la Lie
Le Calice jusqu'à la Lie
par Jérôme Camut et Nathalie Hug
Edition : Broché
Prix : EUR 22,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Derrière la violence, une profonde humanité, 25 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Calice jusqu'à la Lie (Broché)
Sincèrement, j’ai été embarqué, comme rarement, dans un grand huit d’émotions. Secoué, ballotté, et surtout ému.
C’est une pure magie que de donner ainsi vie à des êtres de papier, de nous les rendre tangibles et si proches qu’on à l’impression qu’ils font partie intégrante de notre vie. Ne comptez pas sur moi pour vous dire quoi que ce soit concernant ceux qui sont encore debout après l’explosif tome 2. Comptez sur moi, par contre, pour insister sur le fait que nombre de ces personnages sont devenus de vrais proches, qui resteront présents dans un coin de mon esprit, même si la série s’achève ici.
Le calice jusqu’à la lie est l’apothéose qu’on attendait. Un récit prenant et parfois bouleversant. Une intrigue tentaculaire et ancrée dans la réalité, qui part dans tous les sens sans pour autant nous perdre en chemin. Une histoire engagée, qui prouve qu’un thriller peut faire passer des messages forts et nous enchaîner durablement à ceux qui la composent. Une partition orchestrée de mains de maîtres par les deux auteurs qui ont puisé dans leurs tripes, ça se sent. Une capacité étonnante à mettre du liant dans cette histoire où les protagonistes sont liés par le sang.
Un troisième tome qui aura repoussé les limites du genre et où la violence du monde des hommes aura permis de révéler la profonde humanité de certains. C’est sans doute cela le plus important.


Charles repousse la nuit
Charles repousse la nuit
par P.A Thevenet
Edition : Broché
Prix : EUR 12,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Inclassable et humain, 12 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Charles repousse la nuit (Broché)
J’ai découvert l’auteur lorsqu’il a auto-édité son premier recueil de nouvelles en 2013 sous le pseudonyme de François Mulcahy, Four Steps.
Avec son premier roman, lui aussi auto-édité, je peux dire d’emblée qu’il m’aura surpris, tout en confirmant les valeurs humaines entrevues dans ses précédentes nouvelles.
Charles repousse la nuit, un beau et énigmatique titre pour un roman qui lui repousse les limites des genres. « Inclassable » est le premier mot qui me vient à l’esprit pour décrire cette histoire. « Partage » serait le second.
Un roman à la croisée des styles, entre science-fiction et roman plus intimiste, capable de toucher un large public. On y parle en effet de super-héros (sauf que l’auteur les fait tous disparaître dès son prologue…), et qui utilise la thématique du pouvoir comme une métaphore du monde qui nous entoure. Un sujet qui permet à l’auteur de développer une large palette d’émotions, avec la volonté affirmée de mettre en avant les relations humaines.
Dans une ambiance post-apocalyptique, où les hommes ont perdu le goût de vivre et ne trouvent plus de sens à leur vie, P.A. Thevenet déploie une histoire vraiment touchante. Faites donc abstraction de tous vos préjugés, Charles repousse la nuit est un OVNI inclassable, atypique, du genre à donner des maux de tête aux libraires pour le ranger dans leurs rayons. Mais c’est surtout une histoire de rencontres.
Dans cette ambiance de décrépitude intemporelle, l’auteur raconte ces rencontres entre son personnage principal (privé de ses anciens pouvoirs) et le monde qui l’entoure. Entre Paris et Londres, il va croiser d’autres protagonistes, dont un jeune homme particulièrement attendrissant. D’autres personnes aussi, qui se battent pour ne pas perdre leur humanité dans une société où la notion de temps n’a plus de sens.
Voici une histoire prétexte à émotions, que l’auteur maîtrise intelligemment, malgré quelques petits défauts qui auraient pu être gommés par l’œil d’un professionnel. Mais franchement, le tout est tellement attachant que ce ne sont que des détails. Ce roman, à plusieurs niveaux de lecture, possède en tout cas de nombreuses qualités pour rassembler les lecteurs.
P.A. Thevenet a tout l’avenir devant lui, et je suis convaincu qu’avec ses belles valeurs et son écriture à la fois expressive et nostalgique, certaines portes peuvent s’ouvrir à lui. A mon sens, il le mérite véritablement et ce dès cet excellent roman.


Avec tes yeux
Avec tes yeux
par SIRE Cédric
Edition : Broché
Prix : EUR 21,50

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Slasher littéraire, 13 octobre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Avec tes yeux (Broché)
Si vous aimez frémir, je ne peux que vous conseiller de venir passer quelques heures entre quatre yeux avec l’auteur. Un roman gothique, abouti dans le (les) genre(s). Un vrai slasher littéraire


Une putain d'histoire
Une putain d'histoire
par Bernard Minier
Edition : Broché
Prix : EUR 21,90

6 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Magistral, 13 mai 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Une putain d'histoire (Broché)
Ce roman est une mine emplie de pépites, de la première ligne jusqu’à qu’on le termine. Car, mine de rien, Minier réussit ici un tour de force. 520 pages sans temps mort, avec une histoire en béton armé qui va vous mener en bateau. Ambiance, rythme, écriture, tout est là, bien en place.
Une promenade nautique et humide autour et à l’intérieur d’une île qui, très vite, fait office de huis clos, générant une tension qui a de quoi vous rendre asthmatique. Une histoire si géniale et si travaillée, qu’à chaque moment où vous croirez accoster vous serez rejetés au large.
J’ai une admiration sans faille pour les auteurs qui arrivent à faire tenir une intrigue aussi sinueuse sans qu’elle ne prenne l’eau. L’auteur a réalisé un boulot immense pour que le scénario tienne la route, qu’il réserve surprise sur surprise, tout en arrivant à maintenir une fluidité parfaite de l’intrigue. Du grand art, à tel point que j’en attrape mal au crâne à imaginer le plan que Bernard Minier a dû construire. Une complexité à s’arracher les derniers cheveux présents sur la tête.
Mais quel bonheur pour le lecteur, quel pied (marin) de perdre ainsi pied tout au long de ce récit qui pourtant retombera sur ses pattes de manière magistrale. Avec 50 dernières pages absolument : étourdissantes, ahurissantes, démentes, époustouflantes, renversantes, bluffantes (je m’arrête ou je continue encore et encore ?).


LE JOUR DES MORTS
LE JOUR DES MORTS
par Nicolas Lebel
Edition : Broché

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Feux d’artifice, 17 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : LE JOUR DES MORTS (Broché)
1er novembre, Le jour des morts, les cadavres se ramassent à la pelle. Ils tombent comme des mouches sous les coups (tout en finesse) d’une étrange empoisonneuse et d’un Nicolas Lebel vraiment inspiré.

Voilà déjà la première originalité du récit de l’auteur : une empoisonneuse donc, et pas de surenchère dans la violence malgré le côté morbide de l’intrigue. Une histoire toute en suggestions, en émotions diverses et en inspiration. Un récit qui s’étire à travers de longs chapitres, bien loin de la mode actuelle du "plus c’est court, plus c’est bon". Au contraire, Lebel prend le temps de construire son intrigue, de créer une atmosphère et de s’amuser avec nous, sans qu’aucune longueur ne vienne jamais poindre.

Si ce roman sort du lot, c’est aussi grâce à la plume de l’auteur. Une écriture riche, loin d’un basique "sujet-verbe-complément". Et puis, il y a cet humour omniprésent, avec ces joutes verbales proprement jouissives.

Certains passages sont, à ce titre, de véritables feux d’artifice. "Oh Lebel bleue, Oh Lebel rouge !", Des explosions hautes en couleur, du genre à vous coller de grands sourires et vous pousser à relire les passages une seconde fois, par pur plaisir.

Et il y a ces personnages si puissants, d’une vraie épaisseur et d’une réelle profondeur. Un capitaine (Mehrlicht dont le nom rime avec Maastricht, mais dont les frontières mentales sont paradoxalement assez étanches, surtout à la modernité ambiante) et des adjoints assez mémorables (ah, cette manière qu’à l’un d’eux de citer de mémoire les articles du code pénal pour tout et n’importe quoi). Des caractères atypiques et hautement addictifs, humains et touchants (même quand ils font preuve de mauvais caractère).

Le jour des morts est une vraie fiction et un vrai divertissement, il n’empêche que Nicolas Lebel s’amuse également à écorner certains travers de notre société actuelle, que ce soit au niveau des médias ou bien encore de la politique. Quand on y rajoute son propos sur le comportement des humains en réunion, certains passages font carrément froid dans le dos. Une autre dimension du récit qui en accentue sa profondeur.

Le jour des morts prouve admirablement que le polar français est bien vivant, grâce à des textes d’une telle qualité. Pour ça, je lui décerne le Lebel rouge.


SEULS LES VAUTOURS
SEULS LES VAUTOURS
par Nicolas Zeimet
Edition : Broché
Prix : EUR 18,00

11 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 L'ombre du king, 17 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : SEULS LES VAUTOURS (Broché)
Pour contredire le titre du roman (très bien trouvé), il n’y a pas que les vautours qui survolent cette histoire. Il y a aussi une vraie et sombre ambiance qui plane tout au long du récit, tout comme l’ombre d’un auteur bien connu.

A mon tour de ne pas laisser planer le doute : ce roman est une petite merveille, un roman rare, d’autant plus remarquable qu’il est l’œuvre d’un jeune auteur français.

Nicolas Zeimet fait montre d’une maîtrise de la narration tout bonnement exceptionnelle. On pourrait effectivement s’attendre à lire un tel roman venant d’un auteur (américain) bien plus chevronné.

Parce qu’il y a cette description éblouissante de ce coin perdu de l’Amérique où se déroule l’histoire, parce que la peinture des personnages est magnifique de vérité, parce que l’atmosphère générale du roman est plombante et paradoxalement hypnotique.

C’est clairement un roman d’ambiance, tout en finesse de ton et d’analyse. C’est ce qui fait que cette histoire est si crédible et étouffante.

Seuls les vautours nous plonge donc dans l’Amérique profonde, autour d’une disparition d’enfant, au sein d’une communauté où nombres de secrets enveniment passé et présent.

Je parlais au début d’une ombre qui plane sur ce roman. Effectivement, ce récit aurait toute sa place dans l’œuvre (ancienne) de Stephen King. Pour cette manière de rendre si justement une atmosphère, pour cette façon de raconter le quotidien des personnages et leurs secrets, pour brosser si méthodiquement le portrait de ces coins perdu du pays de l’oncle Sam.

Tout y est, le climat lourd (au sens propre comme eu figuré), le Shérif du coin particulièrement antipathique, la sortie brutale de l’enfance, la guerre larvée entre certains protagonistes, l’ambiance si bien rendue des années 80 où se situe l’action…

Mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! Nicolas Zeimet rend peut-être hommage au Maître, mais en aucun cas ne nous propose un banal copié-collé. L’auteur a bien plus de talent et de classe que ça !

Oh oui, Zeimet a un talent fou ! Il a une capacité à suggérer, une habileté à faire passer les émotions et une vraie intelligence pour faire tenir debout un roman aussi dense (475 pages touffues, sans page blanche ou presque).

Et que dire de cette écriture si expressive, si riche, si éclatante, à la fois joliment descriptive et si émotionnelle. Une plume d’une qualité rare qui nous laisse éberlué, médusé devant le fait que ce n’est qu’un deuxième roman.

Seuls les vautours est une énorme réussite dans le genre, de celle qui doit vraiment permettre à l’auteur de se faire une belle place au soleil.

Un roman noir qui mélange avec un vrai bonheur les influences et les genres. Admirable !


Les Larmes de Pancrace
Les Larmes de Pancrace
par MALLOCK
Edition : Broché

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un roman A.O.C. : Amédée d’Origine de grande Classe, 17 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Larmes de Pancrace (Broché)
Après un Cimetière des hirondelles qui a définitivement imposé Amédée Mallock (l’auteur et son personnage homonyme) dans l’univers du thriller, le nouveau roman Les larmes de Pancrace enfonce le clou (que dis-je le pieu !).

Mallock illustre admirablement qu’il est possible de concilier divertissement et ambition. Car rares sont les romans qui à ce point méritent l’appellation de « thriller littéraire ». Littéraire clairement, tant l’auteur impose une plume d’une extrême richesse. Ambitieux assurément avec cette histoire aux multiples ramifications.

Le commissaire Mallock se retrouve délocalisé dans la région de Bordeaux et plongé dans une histoire où le vin prend une place prépondérante, presque un personnage à part entière.

Comme à son habitude, l’auteur laisse décanter son histoire, qui progresse pas à pas, loin du rythme effréné de la plupart des thrillers actuels. Une intrigue sacrément bien charpentée, admirablement construite, audacieuse à souhait, qui nous emmène sur plusieurs siècles (ambitieux, vous dis-je !).

Un récit qui prend donc ses racines dans le lointain passé, mais qui reste profondément contemporain. Mallock en profite pour revisiter le vieux principe du polar qu’est le meurtre en chambre close d’une manière plutôt originale.

Histoire haut de gamme, et surtout un personnage de commissaire particulièrement attachant et atypique. Un flic qui a du corps, tout en rondeur, qui sait être acide lorsqu’il le faut, au caractère corsé et qui n’a pas son pareil pour chambrer ses congénères.

Parce que le commissaire Mallock, n’a pas sa langue dans sa poche (y compris lorsqu’il se lance dans des discussions avec lui-même), rendant les joutes verbales particulièrement épicées. Un « vieil ours atrabilaire » (selon les propres termes de l’auteur) pourtant particulièrement attachant.

Et cette plume ! Unique, étourdissante, capiteuse et tellement riche ! Un écrivain de thriller hors-norme, véritablement.

C’est donc une nouvelle et admirable réussite que ces Larmes de Pancrace (jusqu’à la couverture, magnifique), une cuvée exceptionnelle dont le goût reste en bouche une fois la dernière page tournée.

Un roman A.O.C. : Amédée d’Origine de grande Classe.


L'avocat le nain et la princesse masquée
L'avocat le nain et la princesse masquée
par Paul Colize
Edition : Broché
Prix : EUR 18,90

7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Toute ressemblance..., 8 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'avocat le nain et la princesse masquée (Broché)
« L’écrivain, le géant et le talent démasqué ». Tel pourrait être le titre donné à Paul Colize.

Un auteur, grand par la taille et par son talent, qui une fois de plus nous étonne avec son nouveau roman.

Oubliez les précédents bouquins de Paul Colize le temps de ce livre et profitez du talent multi-facettes de l’auteur, sans chercher une comparaison qui n’a pas lieu d’être.

Alors que le précédent roman (Un long moment de silence) était particulièrement pesant, ce nouvel opus fait, tout au contraire, dans la légèreté. Un grand bonhomme pour un vrai contre-pied.

Oui, on peut toujours classer ce roman dans la catégorie des polars, mais il convient alors de parler de comédie policière. Une vraie Colizion des genres.

Comédie policière ne veut pas dire farce de bas étage. C’est de Paul Colize dont on parle tout de même ! On y retrouve sa finesse, son intelligence de ton, ce côté pince-sans-rire, cynique et ironique qui font mouche. Le tout concilié à une vraie intrigue qui tient la route.

Une lecture sans prise de tête, qui en a dans le ciboulot et qui ne se moque pas de la tronche du lecteur. Du vrai, du pur divertissement donc, caustique et subtil à la fois.

Si on devait vraiment trouver un point commun avec son précédent roman, outre le style tout en sobriété de l’auteur, c’est le caractère du personnage principal. Pas le genre de bonhomme très sympathique au départ de l’histoire.

Alors, que se cache-t-il derrière ce titre énigmatique ? Paul Colize parle mariage (ou plutôt divorce) mais nous détourne très vite du sujet initial pour nous emporter loin à travers le monde, grâce à ses bons mots et à son imagination fertile.

On s’amuse tout autant que l’auteur et les pages défilent comme un rien pour, au final, nous faire passer un joli moment délicieusement déjanté, sans jamais tomber dans les excès.

Et bien sur, toute ressemblance avec des personnes existantes serait fortuite… ou pas ;-).


Carter contre le diable
Carter contre le diable
Prix : EUR 9,99

1 internaute sur 3 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un immense chef d'oeuvre !, 8 juin 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Carter contre le diable (Format Kindle)
Approchez-vous Mesdames et Messieurs et installez-vous confortablement. Le rideau va bientôt s’ouvrir sur le spectacle de Carter le Grand, le magicien !

Il y a des livres qui touchent directement votre âme… cette partie de votre âme qui est encore capable de s’émerveiller.

Carter contre le diable est de ceux-là. Ce n’est pas qu’un simple livre, il est un peu magique. A l’image de son sujet (l’histoire très romancée d’un magicien dans les années 20), il fait appel à notre capacité d’éblouissement et d’optimisme d’une manière incroyablement touchante et ludique.

Carter contre le diable est un très grand roman, inoubliable, de ceux qui laissent des traces indélébiles dans les esprits.

Je donne l’impression d’en faire des tonnes à travers mes mots introductifs, et pourtant aucun de ces mots n’arrivera à vous faire passer toutes les émotions que j’ai pu ressentir durant cette lecture.

Ce roman prouve qu’on peut proposer un pur divertissement tout en ayant une ambition folle. Car cette histoire est totalement unique, mélange de tant de genres : roman historique, polar, chronique sociale, histoire d’amour, roman d’aventure, avec même une toute petite touche de fantastique.

C’est un récit foisonnant, d’une stupéfiante richesse, magnifiquement écrit tout en restant toujours dans l’émotion. On parle bien de spectacle et de magie, non ?

Car Glen David Gold a de l’or dans les mains, à l’image de son personnage. Auteur d’une dextérité inouïe, capable de faire jaillir les émotions de ses mots comme le magicien Carter les foulards de ses poches, de nous inventer des situations inattendues comme Carter fait jaillir des colombes, de nous faire apparaître des images comme Carter fait disparaître des éléphants (oui, oui un éléphant).

L’auteur est un envoûteur, un charmeur, un prestidigitateur des mots, un enchanteur des sens. Ce qui est proprement étonnant c’est que, malgré l’épaisseur du roman (800 pages), jamais Glen David Gold n’en fait trop. Le récit coule tout seul, le tout étant hautement visuel et d’une confondante subtilité.

Parce que les scènes décrites par l’auteur, vous ne les lisez pas, vous les vivez ! Les tours de magie décrits sont si bien rendus que vous semblez les expérimenter par vous-même. Cette capacité de l’écrivain à donner forme et vie aux scènes est un don rare.

Je me suis accroché aux pages, j’ai ri, j’ai frissonné, j’ai eu la larme à l’œil, j’ai viscéralement aimé les personnages. Toutes ces émotions, au point de ressentir de la tristesse, une fois le livre refermé, tristesse de devoir quitter cette ambiance et ce héros des temps anciens si profondément attachant.

L’environnement des années 20 est très bien documenté, mais sans qu’à aucun moment on ne tombe dans une soporifique leçon d’histoire. Le tout reste en arrière-plan et donne une vraie dimension à une histoire où l’humain prend toute sa place. Et puis, ce mélange de personnages inventés et réels est franchement épatant.

Les années 20, période difficile de l’histoire, époque charnière où la technologie du divertissement commence à poindre le bout de son nez. C’est un autre sujet important du roman, nous parler d’une époque où les spectateurs avaient encore toute leur capacité d’émerveillement, où le spectacle vivant ne tenait qu’à un fil et où un grain de sable pouvait tout mettre à terre. L’auteur appelle ça « la magie de l’instant ».

Et puis il est impossible de ne pas parler des personnages. Carter, le magicien, d’une merveilleuse profondeur, et tous les personnages « secondaire » a qui Glen David Gold a su insuffler vie. Émotions à fleur de peau, amour, douleur. Des émotions vraies, simples et fortes.

Je ne remercierai jamais assez le nouvel éditeur Super 8 d’avoir eu l’idée de rééditer ce roman déjà paru en France en 2002, mais qui n’avait pas rencontré le succès qu’il méritait.

Cette histoire sera adaptée au cinéma, Johnny Depp étant pressenti pour interpréter le magicien.

Un dernier mot sur la couverture absolument magnifique, qui classe encore davantage ce livre au rang d’objet à posséder impérativement, à lire et à relire.

Approchez-vous Mesdames et Messieurs et installez-vous confortablement. Le rideau va bientôt s’ouvrir sur le spectacle de Glen David Gold le Grand, le magicien des mots et des émotions !


Ces lieux sont morts
Ces lieux sont morts
Prix : EUR 9,99

13 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Thriller étouffant, 8 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ces lieux sont morts (Format Kindle)
Premières dizaines de pages, les ingrédients du thriller pur et dur sont bien présents, on est parti pour une lecture aiguillée, calé sur des rails bien connus et…

STOP !! Je rembobine ma chronique !

On recommence ! Je me suis bien fourvoyé avec ce début de roman "attendu". Patrick Graham (que je découvre avec ce roman) est bien plus rusé que ça, oh oui, bien plus…

L’intrigue prend très vite des virages totalement inattendus, oui je dis bien DES virages. Pour rester dans la métaphore, c’est plutôt un voyage dans le train de la mine qu’il nous propose, secoués dans tous les sens, avec l’impossibilité d’anticiper le prochain virage.

Sans connaître la nationalité de l’auteur, il est impossible d’imaginer que ce roman n’est pas américain. Par bien des aspects, il m’a fait penser à certains bons romans de Dean Koontz (ce qui est un sacré hommage de ma part). L’immersion dans l’environnement états-unien est totale.

D’immersion il est également question par le sujet même du livre. Un sujet extrêmement fort, le coma, et cette plongée dans les dédales de cet état de "sommeil" si peu connu. Car, Ces lieux sont morts n’est pas qu’un banal thriller d’action (pourtant il n’en manque pas). C’est également une réflexion, toute en sensations, sur les méandres de l’esprit.

Il serait criminel d’en dire davantage concernant l’intrigue. Sachez que le rythme y est étouffant, accentué par une écriture au présent, sèche et particulièrement vive.

Une histoire violente, éprouvante pour le lecteur comme pour les personnages (que l’auteur malmène assidûment), mais qui sait également ménager de vraies plages d’émotions. Certains passages sont, à ce titre, franchement marquants.

D’autres auteurs auraient sans doute délayé cette intrigue. Patrick Graham à, au contraire, privilégié la nervosité du récit, avec 425 pages qui défilent à vitesse grand V. Je regretterais presque que le roman n’en fasse pas 150 de plus, tant la richesse du thème et de l’intrigue le permettait.

Au final, que l’on soit déjà un lecteur de Graham ou qu’on le découvre par ce roman, ce thriller asphyxiant et prenant ne vous laissera certainement pas de marbre.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 14, 2016 12:55 PM MEST


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