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Contenu rédigé par Nicolas
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Commentaires écrits par
Nicolas
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Cembal-Musik Aus Alten Schweizer Tabulaturen
Cembal-Musik Aus Alten Schweizer Tabulaturen
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 48,95

4.0 étoiles sur 5 Faire du neuf avec du vieux, 25 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cembal-Musik Aus Alten Schweizer Tabulaturen (CD)
On associe tellement cette claveciniste aux instruments revival, assez ferraillants, dont elle a mis beaucoup de temps, à l'instar de Rafael Puyana, à se défaire, que cela fait toujours plaisir d'entendre Zuzana Ruzickova jouer des instruments anciens plus authentiques, comme c'est le cas dans sa seconde version du clavier bien tempéré, décriée et criticable mais passionante, ou encore dans son enregistrement des sonates de Sebastian Albero, particulièrement jouissif.

Cet enregistrement, consacré aux tablatures pour clavier suisses du début du XVIe siécle (la région comprenant le sud-est de la france, l'italie du nord, la suisse, l'autriche et l'allemagne du sud fut le centre de gravité du dévelopement du clavier de la fin du moyen âge au début de la renaissance avec la fameuse école de Innsbruck) est une occasion supplémentaire d'entendre la grande Zuzana Ruzickova dans les meilleures conditions techniques, mais aussi dans un répertoire qui convient bien à ses qualités paradoxales de précision et de créativité rythmiques, des qualités qu'elle a su transmettre à ses élèves, dont, le plus célèbre d'entre eux á l'heure actuelle, Mahan Esfahani.

Cela fait d'autant plus plaisir qu'á part les superbes et très différentes réalisations de René Clemencic et David Kinsela, ce répertoire de l'école de Innsbruck, très ingrat, du fait de sources très difficiles à déchiffrer (chaque tablature a pratiquement son propre notation), á jouer correctement (pas grand chose à voir avec la musique baroque) et d'un public potentiel assez (euphémisme!) restreint, a une discographie, au clavecin en tout cas, très maigre.

Par rapport à René Clemencic, vocal et lyrique dans une approche brulante mais au prime abord intransgeante, et à David Kinsela, alternant sévérité et ton ludique, dans une démarche plus organique et instrumentale, Zuzana Ruzickova apporte une touche moderne "XXe siècle" à cette musique en lui donnant une dimension physique, sous forme d'un savant mélange de swing, d'impact sonore (et presque de saturation sonore sur un clavecin -trop?- richement timbré) et de rugosité, dans une esthétique mettant particuliérement les irrégularités de rythmes, les couleurs modales presque atonales, mais aussi la danse.

Cet album fut aussi l'occasion, pour moi, de découvrir des compositeurs comme Fridolin Sicher ou Georg Wiezel.

On peut certainement faire plus chantant et narratif dans le discours et plus doux dans le toucher mais cela fait tellement plaisir d'écouter cette musique si rare au disque, de la part d'une claveciniste qui sait la jouer avec jubilation tout en reliant ce répertoire ancien à la modernité, ce qui est probablement une des meilleures maniéres de l'aborder que l'on se contentera d'écouter et de prendre plaisir.

Espérons que cet album donne envie, à d'autres interprètes de la même trempe, de prendre leur courage à deux mains pour explorer, avec leurs sensibilités particuliéres, ces contrées du tout premier clavier, encore largement vierges et qui ne demandent qu'à être révélées.


Galilei: Sonate da Il Primo Libro d'Intavolatura di Liuto
Galilei: Sonate da Il Primo Libro d'Intavolatura di Liuto
Prix : EUR 8,99

5.0 étoiles sur 5 Michelagnolo Galilei, un luthiste innovant et de talent, 24 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Galilei: Sonate da Il Primo Libro d'Intavolatura di Liuto (Téléchargement MP3)
Né à Florence, fils du luthiste et théoricien d'acoustique, Vincenzo Galilei, et petit frère du célèbre astronome Galileo Galilei, Michelagnolo Galilei fut un grand luthiste du début du XVIIe siècle contemporain de Kapsberger et Piccinini.

Même si sa personnalité n'a pas l'audace, voire le culot, de celle d'un Kapsberger, son oeuvre est très intéréssante, très innovante et captivante:

Elle est clairement en avance sur son temps. Bien avant Corelli, elle utilise la tonalité pour structurer ses pièces, ce qui leur donne une forme de cohérence et de limpidité que n'ont pas toujours les pièces virevoltantes de ses deux fameux contemporains. Cela leur donne aussi une forme de cantabile que l'on associe au style italien baroque que l'on retrouve près de 100 ans plus tard chez un luthiste italien comme Giovanni Zamboni ou encore chez Weiss (il est d'ailleurs intéréssant de constater que Galilei a été beaucoup plus apprécié et demandé en allemagne du sud qu'en Italie).

Ensuite, il y a aussi, un aspect patriculièrement bien mis en valeur par cette captation, quelque chose d'expérimental dans cette facon d'explorer les basses de l'instrument et de soigner les irrégularités rythmiques (comme un prélude ou peut-être une influence du style francais "brisé") et les dissonances pour pimenter son discours musical et le projeter avec un maximum d'efficacité rhétorique. C'est comme du théatre musical, comme des airs à moitié parlés, à moitié chantés (je crois que cela s'appelle arioso) que l'on trouve dans les opéras italiens du milieu du XVIIe siècle et chez Lully.

Enfin, la performance de Paul Beier et la prise de son sont épatantes d'engagement et d'expressivité:

Contrairement peut-être à Anthony Bailes, dans son enregistrement récent, Paul Beier ne cherche ni à noyer les dissonances et les irrégularités, ni à les exalter avec complaisance. Il préfère simplement les prendre à bras le corps, dans le flux naturel du discours expressif, comme autant d'étincelles desquelles il tire de l'énergie expressive.

Ce qui fonctionne particulièrement bien ici, et que l'on doit autant à la prise de son très proche qu'à l'engagement de l'interprète, c'est la présence sonore, la facon dont chaque note claque de manière singulière, avec engagement, vitalité et couleur. C'est toute la sève de cette musique qui est ici restituée par un Paul Beier des grands jours.

En comparant le son de cet enregistrement Nuova Era à celui de Ramée pour l'album concurrent d'Anthony Bailes, je pensais à ce que Leonhardt déclarait à propos des prises de son, qui n'avait pas besoin d'être particulièrement belles mais qui se devait d'être expressive, de transmettre le message musical.

Justement, cette prise de son est justement plus brute, moins colorée et délicate (avec plus de bruits de touche, notamment et des cordes poussés dans leurs limites par Beier) que celle de Ramée, mais son impact expressif est bien supérieur.

Cette prise de son crue, cet engagement de tous les instants, l'inspiration quasi mystique de Paul Beier, c'est cela qui transcende cette musique qui pourrait, sans cela, paraitre, sur la longueur, tantôt répétitive de par certaines figures aux motifs similaires d'une piéce à l'autre, soit déconcertante de par ces dissonantes ou irrégularités rythmiques inattendues.

Un excellent album, d'autant plus précieux que la discographie de ce répertoire pour luth italien vraiment baroque et annoncant Weiss est maigre, et dont la version physique est difficile à trouver donc chère, mais qui se trouve heureusement disponible en format digital sous le label nuova era et/ou magnatune sur certaines plateformes de téléchargement (pas toutes).


Froberger: Keyboard Works
Froberger: Keyboard Works
Prix : EUR 9,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Joyeux anniversaire, monsieur Froberger!, 22 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Froberger: Keyboard Works (Téléchargement MP3)
Pour les 400 ans de la naissance de Froberger, on ne peut pas dire qu'il y ait eu, pour l'instant, une avalanche d'hommages discographiques.

En tout cas, en attendant la sortie de l'intégrale extensive de Simone Stella chez Brilliant Classics et celle sélective et concentrée sur les suites pour clavecin de Glen Wilson chez Naxos, le plus bel hommage que j'ai entendu cette année à la musique de Froberger est peut-être bien cet album de Yannick Varlet publié chez Continuo Records et uniquement disponible en version sur amazon (la version physique est disponible sur stradivarius.it).

La réussite de ce florilège complet tient, à mon avis, d'abord au choix extrêmement judicieux des instruments, choix difficile compte tenu des multiples types d'orgue, clavicorde et clavecin auxquels Froberger à eu à faire lors de ses multiples périples à travers l'Europe.

La réponse de Yannick Varlet à ce problème est remarquable:

- Pour les cordes pincées, plutôt que le "sempiternel" clavecin flamand, qui à mon avis est loin d'être l'instrument idéal (surtout dans leur disposition actuelle, à deux claviers accouplés qui n'existait pas à l'époque de Froberger) pour ce disciple de Frescobaldi qui passa la majeure partie de sa vie au sud de l'europe, Yannick Varlet a choisi une copie d'un instrument Thuringien, à double table d'harmonie et au positionnement de plectre avancée, ce qui donne un son à la fois luthé, rond et chaleureux, qui me parait comme une idéale synthèse des instruments qui ont influencé l'oeuvre pour clavecin de Froberger.

- Concernant le choix de l'orgue, Yannick Varlet a opté pour l'orgue construit en 1754 pour l’église de Goulven (29) par Hubert Waltrain et restauré en 2012 par Hervé Caill à partir de tuyaux retrouvés dans des cartons en 2010 (toujours pittoresques, ces histoires de tuyaux originaux retrouvés parfois miraculeusement), un orgue francais qui présente l'avantage d'être proche de la facture italienne au niveau des registres tout en ayant une "rondeur harmonique" (dixit Yannick Varlet) proche des orgues des flandres et du nord de l'allemagne. Un choix extrêment judicieux et qui aurait été parfait si le tempérament inégal du milieu du XVIIIe siècle ne trahissait pas son date de construction anachonique, ce qui a en pratique tendance á lisser les dissonances frobergiennes expressives.

Quant à l'interprétation:
- Les oeuvres pour clavecin me paraissent excellement jouées et m'ont plongé naturellement et avec déclice dans l'univers sonore et émotif complexe de Froberger. Yannick Varlet me semble trouver pratiquement systématiquement le ton juste, avec un tempo parfait, l'irrégularité stimulante assez imprévisible mais pas chaotique, avec une stylisation raisonnable qui maintient suffisamment le caractère chantant et dansant des pièces tout comme la dimension introspective et méditative, mais aussi tournée vers son prochain et empreint d'une nécessité de vie, de la lamentation et du tombeau.
- D'abord moins convaincu par les pièces pour orgue, jouées de manière assez liée, avec un tempérament un peu lisse, et une prise de son moins nette, je me suis laissé convaincre par la simplicité dans le mouvement de l'expression et la sonorité directe et chaleureuse de cet orgue qui conviennent bien à ces oeuvres plus vivantes, ludiques et réconfortantes que réellement spéculatives on liturgiques malgré leur caractère contrapunctique savant.

Globalement, un excellent florilège consacré au clavier de Froberger.

Peut-être même s'agit-il de la meilleure manière de découvrir (et de rendre hommage) à Froberger l'organiste et claveciniste en un seul disque.


Esaias Reusner:Lute Music
Esaias Reusner:Lute Music
Prix : EUR 17,81

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Simplicité bigarrée et recueillement actif: une première prenante, 19 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Esaias Reusner:Lute Music (CD)
La Silésie semble avoir été une région importante dans l'évolution de la musique pour clavier et pour luth au XVIIe siècle.

Esaias Reusner, enfant prodige d'un père lui aussi luthiste, et qui a suivi les cours d'un luthiste francais inconnu (dont on pense qu'il fut Francois Dufaut) était le luthiste le plus brillant de cette région et il semble qu'il importa en allemagne la suite de luth "à la francaise" (ou "à la Froberger" selon les avis) en Allemagne.

Il publia deux recueils majeurs dans l'histoire du luth: un premier en 1667 intitulé "Testudinis Deliciae" qui contient des suites assez denses, imposantes, virtuoses et versatiles, pas sans rappeler le style de Froberger, et un second en 1676 intitulé "Neue Lauten-früchte" plus épurées et simplement dansantes, qui rappellent plus l'univers de son présumé mentor francais, à savoir celui de Francois Dufaut.

Si les suites du recueil "Testudinis Deliciae" ont eu l'honneur d'être enregistrées, très différemment et très brillamment respectivement par Konrad Junghänel et Paul Beier, les suites du "Neue Lauten-früchte" n'avaient jusqu'alors (à ma connaissance en tout cas) pas été enregistrées au disque.

L'intérêt programmatique de cet album est donc la découverte de ces pièces très attachantes et fascinantes de la part de ce compositeur majeur.

L'intérêt organologique de cette captation c'est l'écoute d'un luth ancien, très ancien même, daté de 1611, signé Greiff et parfaitement adapté à ce répertoire (encore plus qu'á la musique de BACH ou Weiss comme dans son album précédent).

L'autre intérêt est avant tout artistique, à savoir la rencontre et la mise en résonance entre l'univers ZEN de Toyohiko Satoh et celui intrinsèquement introspectif de ces pièces, dont la place accordée au silence ne fait qu'amplifier la singularité de chaque note, pour produire un effet mélangé de stimulation renouvelée et d'hypnotisation permanente.

Comme souvent chez Satoh, il m'a fallu une ou deux écoutes avant de rentrer complètement dans cette musique mais une fois ouvert à la force expressive nue de cette approche, il est difficile de ne pas y retourner, encore et encore.

Le pouvoir expressif de cette interprétation vient probablement en grande partie d'un paradoxe constitué de notes toutes singulières, suprenantes et bigarrées lesquelles semblent renforcer le pouvoir hypnotisant de ce silence, un silence renforcé par la texture légère de ces oeuvres et une prise de son peu réverbérée, un silence habité par un esprit profond et une forme d'abandon minimaliste et contemplatif.

Un album épatant, loin des standards de fluidité établis, qui pourra laisser certains indifférents mais que l'amateur de luth que je suis trouve essentiel.


Zamboni / Sonate d'Intavolatura Di Leuto
Zamboni / Sonate d'Intavolatura Di Leuto
Prix : EUR 11,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Chantant et chaleureux, 18 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Zamboni / Sonate d'Intavolatura Di Leuto (CD)
Hormis Kapsberger et Piccinini, qui sont en fait autant des compositeurs de la renaissance que du début du baroque, la discographie des compositeurs italiens pour luth à l'époque baroque est très maigre.

Pourtant on dit que le génie du maître allemand incontesté du luth du baroque tardif, Sylvius Leopold Weiss, était le résultat d'une synthèse entre la grande école du luth francais et une école de luth italienne (qui ne saurait s'arrêter à la renaissance).

Qui incarnerait donc le mieux, concrètement, cette, fameuse mais apparemment virtuelle, école italienne de luth baroque?

Même si on ne sait que peut de chose sur lui, Giovanni Zamboni, qui a publié deux recueils de musique pour luth au XVIIIe siècle, semble représenter le mieux cette incarnation.

D'abord son statut de romain (indiqué par le suffixe Romano dans son nom), rend probable le fait qu'il ait cotoyé des musiciens italiens originaires de ou en résidence à Rome tels qu'Arcangelo Corelli, Bernardo Pasquini, Alessandro Scarlatti, c'est à dire la fine fleur du "style italien" au tournant du XVIIIe siècle, mais ce qui est tout aussi probable c'est qu'il ait rencontré d'illustres musiciens en visite et formation à Rome comme Haendel et surtout un certain Sylvius Leopold Weiss qui servit à Rome á partir de 1708 jusqu'en 1714.

On ne peut qu'imaginer et spéculer sur les influences croisées entre ces deux luthistes, même s'il est impossible de faire la part des choses sur qui a influencé qui...

Toujours est-il que la musique Zamboni à ces qualités de cantabile limpide, de plénitude de l'harmonie, cet art de la variation arpégée centrée sur la tonalité, que l'on associe à l'influence italienne sur de la musique de Weiss et que c'est la musique de Zamboni qui a eu le plus l'honneur d'être enregistrée parmi celle des luthistes italiens baroques tardifs.

Ainsi, après une anthologie de Toyohiko Satoh partiellement consacrée à Zamboni, on compte pas moins de 3 albums entièrement consacrés à ce compositeur, et en particulier à son opus I de 1718: l'album remarquablement chantant et chaleureux de Luciano Contini reparu chez Glossa (je crois qu'il avait été enregistré pour le label Symphonia) qui inclue les sonates 1, 2, 3, 4 ,6, 7, 9 de ce recueil, celui d'un classicisme limpide de Yavor Genov qui joue les sonates 1, 3, 5, 8, 9, 10, 11 du même recueil et cet album récent de Simone Vallerotonda qui nous en propose, dans une interprétation extrêmement convaincante de raffinement et de fluidité et une prise de son optimale, les sonates 2, 5, 6, 8, 9 et 11, dans une édition uniquement digitale.

Pour découvrir ce compositeur, et son opus I qui reste le seul enregistré, mon conseil se résumerait donc ainsi:

Si vous ne souhaitez qu'un seul récital et que le format digital vous convient, choisissez plutôt l'album récent de Simone Vallerotonda lequel propose l'interprétation peut-être la plus aboutie et la mieux captée de toutes, avec notamment de superbes ornements et un toucher de luth très délicat.

Si vous êtes fauché, l'album de Yavor Genov, très propre mais assez subtil, même si la prise de son ne me parait pas parfaite et s'il manque d'un chouia d'engagement, fera aussi très bien affaire.

Si vous souhaitez une intégrale de cet opus 1, achetez les albums de Luciano Contini et Yavor Genov, aux styles de jeux très complèmentaires.

Mais si vous souhaitez un seul album en version physique, choisissez plutôt ce récital de Luciano Contini (qui avait déjà réalisé un superbe album Piccinini chez Tactus, réédité chez Brilliant), le plus chaleureux, le plus chantant et le plus simplement italien et disponible en version physique.


Giovanni Zamboni
Giovanni Zamboni
Prix : EUR 8,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Giovanni Zamboni: étendard du luth baroque tardif italien dans une approche classique mais assez fine, 18 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Giovanni Zamboni (CD)
Hormis Kapsberger et Piccinini, qui sont en fait autant des compositeurs de la renaissance que du début du baroque, la discographie des compositeurs italiens pour luth à l'époque baroque est très maigre.

Pourtant on dit que le génie du maître allemand incontesté du luth du baroque tardif, Sylvius Leopold Weiss, était le résultat d'une synthèse entre la grande école du luth francais et une école de luth italienne (qui ne saurait s'arrêter à la renaissance).

Qui incarnerait donc le mieux, concrètement, cette, fameuse mais apparemment virtuelle, école italienne de luth baroque?

Même si on ne sait que peut de chose sur lui, Giovanni Zamboni, qui a publié deux recueils de musique pour luth au XVIIIe siècle, semble représenter le mieux cette incarnation.

D'abord son statut de romain (indiqué par le suffixe Romano dans son nom), rend probable le fait qu'il ait cotoyé des musiciens italiens originaires de ou en résidence à Rome tels qu'Arcangelo Corelli, Bernardo Pasquini, Alessandro Scarlatti, c'est à dire la fine fleur du "style italien" au tournant du XVIIIe siècle, mais ce qui est tout aussi probable c'est qu'il ait rencontré d'illustres musiciens en visite et formation à Rome comme Haendel et surtout un certain Sylvius Leopold Weiss qui servit à Rome á partir de 1708 jusqu'en 1714.

On ne peut qu'imaginer et spéculer sur les influences croisées entre ces deux luthistes, même s'il est impossible de faire la part des choses sur qui a influencé qui...

Toujours est-il que la musique Zamboni à ces qualités de cantabile limpide, de plénitude de l'harmonie, cet art de la variation arpégée centrée sur la tonalité, que l'on associe à l'influence italienne sur de la musique de Weiss et que c'est la musique de Zamboni qui a eu le plus l'honneur d'être enregistrée parmi celle des luthistes italiens baroques tardifs.

Ainsi, après une anthologie de Toyohiko Satoh partiellement consacrée à Zamboni, on compte pas moins de 3 albums entièrement consacrés à ce compositeur, et en particulier à son opus I de 1718: l'album remarquablement chantant et chaleureux de Luciano Contini reparu chez Glossa (je crois qu'il avait été enregistré pour le label Symphonia) qui inclue les sonates 1, 2, 3, 4 ,6, 7, 9 de ce recueil, celui d'un classicisme limpide de Yavor Genov qui joue les sonates 1, 3, 5, 8, 9, 10, 11 du même recueil et cet album récent de Simone Vallerotonda qui nous en propose, dans une interprétation extrêmement convaincante de raffinement et de fluidité et une prise de son optimale, les sonates 2, 5, 6, 8, 9 et 11, dans une édition uniquement digitale.

Pour découvrir ce compositeur, et son opus I qui reste le seul enregistré, mon conseil se résumerait donc ainsi:

Si vous souhaitez une intégrale de cet opus 1, achetez les albums de Luciano Contini et Yavor Genov, aux styles de jeux très complèmentaires.

Si vous souhaitez un album en version physique, choisissez plutôt le récital de Luciano Contini, le plus chaleureux et le plus italien, disponible en version physique.

Si vous ne souhaitez qu'un seul récital et que le format digital vous convient, choisissez plutôt l'album récent de Simone Vallerotonda lequel propose l'interprétation peut-être la plus aboutie et la mieux captée de toutes, avec notamment de superbes ornements et un toucher de luth très délicat.

Mais si vous êtes fauché, cet album de Yavor Genov, très propre mais assez subtil, même si la prise de son ne me parait pas parfaite et s'il manque d'un chouia d'engagement, fera aussi très bien affaire.


Zamboni: L'ultimo romano. Sonate d'intavolatura di leuto, 1718
Zamboni: L'ultimo romano. Sonate d'intavolatura di leuto, 1718
Prix : EUR 9,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 S'il n'y avait qu'un album (digital) à choisir pour découvrir le luth de Giovanni Zamboni..., 18 août 2016
Hormis Kapsberger et Piccinini, qui sont en fait autant des compositeurs de la renaissance que du début du baroque, la discographie des compositeurs italiens pour luth à l'époque baroque est très maigre.

Pourtant on dit que le génie du maître allemand incontesté du luth du baroque tardif, Sylvius Leopold Weiss, était le résultat d'une synthèse entre la grande école du luth francais et une école de luth italienne (qui ne saurait s'arrêter à la renaissance).

Qui incarnerait donc le mieux, concrètement, cette, fameuse mais apparemment virtuelle, école italienne de luth baroque?

Même si on ne sait que peut de chose sur lui, Giovanni Zamboni, qui a publié deux recueils de musique pour luth au XVIIIe siècle, semble représenter le mieux cette incarnation.

D'abord son statut de romain (indiqué par le suffixe Romano dans son nom), rend probable le fait qu'il ait cotoyé des musiciens italiens originaires de ou en résidence à Rome tels qu'Arcangelo Corelli, Bernardo Pasquini, Alessandro Scarlatti, c'est à dire la fine fleur du "style italien" au tournant du XVIIIe siècle, mais ce qui est tout aussi probable c'est qu'il ait rencontré d'illustres musiciens en visite et formation à Rome comme Haendel et surtout un certain Sylvius Leopold Weiss qui servit à Rome á partir de 1708 jusqu'en 1714.

On ne peut qu'imaginer et spéculer sur les influences croisées entre ces deux luthistes, même s'il est impossible de faire la part des choses sur qui a influencé qui...

Toujours est-il que la musique Zamboni à ces qualités de cantabile limpide, de plénitude de l'harmonie, cet art de la variation arpégée centrée sur la tonalité, que l'on associe à l'influence italienne sur de la musique de Weiss et que c'est la musique de Zamboni qui a eu le plus l'honneur d'être enregistrée parmi celle des luthistes italiens baroques tardifs.

Ainsi, après une anthologie de Toyohiko Satoh partiellement consacrée à Zamboni, on compte pas moins de 3 albums entièrement consacrés à ce compositeur, et en particulier à son opus I de 1718: l'album remarquablement chantant et chaleureux de Luciano Contini reparu chez Glossa (je crois qu'il avait été enregistré pour le label Symphonia) qui inclue les sonates 1, 2, 3, 4 ,6, 7, 9 de ce recueil, celui d'un classicisme limpide de Yavor Genov qui joue les sonates 1, 3, 5, 8, 9, 10, 11 du même recueil et cet album récent de Simone Vallerotonda qui nous en propose, dans une interprétation extrêmement convaincante de raffinement et de fluidité et une prise de son optimale, les sonates 2, 5, 6, 8, 9 et 11, dans une édition uniquement digitale.

Pour découvrir ce compositeur, et son opus I qui reste le seul enregistré, mon conseil se résumerait donc ainsi:

Si vous souhaitez une intégrale de cet opus 1, achetez les albums de Luciano Contini et Yavor Genov, aux styles de jeux très complèmentaires.

Si vous souhaitez un album en version physique, choisissez plutôt le récital de Luciano Contini, le plus chaleureux et le plus italien, disponible en version physique.

Si vous êtes fauché, l'album de Yavor Genov, très propre mais assez subtil, même si la prise de son ne me parait pas parfaite et s'il manque d'un chouia d'engagement, fera aussi très bien affaire.

Mais, si vous ne souhaitez qu'un seul récital et que le format digital vous convient, choisissez plutôt cet album récent de Simone Vallerotonda lequel propose l'interprétation peut-être la plus aboutie et la mieux captée de toutes, avec notamment de superbes ornements et un toucher de luth très délicat.


Guitar Music
Guitar Music
Prix : EUR 22,47

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 L'évanescence sans la fulgurance, 17 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Guitar Music (CD)
Après les grandes figures du luth italien du XVIIe siècle qu'avaient été Piccinini et Kapsberger, le luth italien a connu, du point de vue de l'histoire de la musique en tout cas, une sorte de trou d'air avec des compositeurs semblant beaucoup moins originaux et beaucoup plus conformistes, même si, en fait, on ne doit pas négliger l'influence des luthistes italiens baroques sur le sommet tardif du luth allemand qui sera incarné par Silvius Leopold Weiss, ni sur les maitres tardifs du luth francais comme Robert de Visée.

Avant notamment Giovanni Zamboni, Francesco Corbetta, fut un des rares compositeurs italiens de luth du milieu et de la fin du XVIIe siècle dont le nom a survécu dans l'histoire de la musique.

Son instrument de prédilection était en fait la guitare, dont il fut probablement le virtuose et le professeur le plus reconnu à l'époque dans toute l'europe (on pense notamment qu'il fut professeur de guitare de Robert de Visée).

De ce point de vue, on peut même le considérer comme le principal fossoyeur du luth, en france, au détriment de la guitare.

Et pourtant, ce que cet enregistrement très fin de Jakob Lindberg nous apprend sur Francesco Corbetta, c'est que sa musique n'est pas simplement guitaristique, mais porte en elle toute cette ambivalence subtile et ce son complexe attachés au monde du luth, elle contient aussi cette forme d'évanescence cultivée par Kapsberger sans forcément la fulgurance de ce dernier, ce qui peut induire l'auditeur à le classer parmi les compositeurs mineurs, moins intéréssants.

A l'écoute de cet album, difficile en tout cas de retrouver une quelconque fièvre guitaristique ibérique dans la musique de ce compositeur italien, mais on y retrouve plutôt un sentiment de plénitude et de consolation pas très éloigné de l'esprit des luthistes francais (qui l'ont de toute évidence influencé) et en particulier proche de l'esprit, à la fois mélancolique et réconfortant, de Robert de Visée.

Un de ces albums que j'aurai hâtivement classé comme "mineur" si je n'essayais pas de parcourir et de commenter ce répertoire pour luth. Mais il est vrai qu'avec Jakob Lindberg, il vaut mieux y réfléchir (ou réécouter) plusieurs fois avant de conclure qu'un de ses albums est inintéréssant, tant l'art de ce luthiste est subtil et ne tolère guère la superficialité de la part de l'auditeur.


Variations Diabelli
Variations Diabelli

4.0 étoiles sur 5 Au chat et à la souris, 16 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Variations Diabelli (CD)
Les variations Diabelli, oeuvre éminemment visionnaire, aussi ludique que scarcastique, fleurtant autant avec l'absurde que défiant la géométrie, aussi proche de de l'atonalité que de la tonalité, demandent, à mon avis, pour être réussies, une dose d'angularité, d'humour, de déraison et/ou de distance pour être réussies.

Elles demandent avant tout à être domptées ou en tout cas elles ne sont jamais aussi belles que lorsque l'on n'y caresse pas le piano dans le sens du poil à base de beau legatos léchés, de cantabile lyrique, de crescendo / descrescendo subtilement contrölés.

Ainsi, les versions "pianistiques" aussi raffinées soient-elles me semblent vaines.

Cette version de Friedrich Gulda, enregistrée pour le label MPS dans la foulée de son intégrale des sonates "Amadeo" enregistrée à la toute fin des années 60, est épatante de par son ton particulièrement ludique et iconoclaste et de par son articulation aussi claire que pleine d'esprit.

Les traits nets de l'articulation et ce jeu permanent entre accélération et décélération me fait penser au trait de pinceau de Tex Avery et à la dynamique, assez binaire et presque absurde, d'un épisode de Tom et Jerry.

Au delà de l'esprit ironique et humoristique, particulièrement délicieux, il y a peut-être quelque baisse d'intensité et il n'y a pas forcément la dimension universelle et transcendentale des réussites de Rudolf Serkin, Sviatoslav Richter ou Maurizio Pollini dans cette version volontairement second degré (même si on sent que le jeu est parfois sérieux et qu'on joue un peu avec le feu), mais cette version singulière fait indéniablement partie des versions réussies autant du point de vue de la technique pianistique diabolique de précision que de l'esprit visionnaire, voire "déjanté" de cette oeuvre hors norme.


Gulda spielt Beethoven Diabelli-Variationen
Gulda spielt Beethoven Diabelli-Variationen

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Au chat et à la souris, 16 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gulda spielt Beethoven Diabelli-Variationen (CD)
Les variations Diabelli, oeuvre éminemment visionnaire, aussi ludique que scarcastique, fleurtant autant avec l'absurde que défiant la géométrie, aussi proche de de l'atonalité que de la tonalité, demandent, à mon avis, pour être réussies, une dose d'angularité, d'humour, de déraison et/ou de distance pour être réussies.

Elles demandent avant tout à être domptées ou en tout cas elles ne sont jamais aussi belles que lorsque l'on n'y caresse pas le piano dans le sens du poil à base de beau legatos léchés, de cantabile lyrique, de crescendo / descrescendo subtilement contrölés.

Ainsi, les versions "pianistiques" aussi raffinées soient-elles me semblent vaines.

Cette version de Friedrich Gulda, enregistrée pour le label MPS dans la foulée de son intégrale des sonates "Amadeo" enregistrée à la toute fin des années 60, est épatante de par son ton particulièrement ludique et iconoclaste et de par son articulation aussi claire que pleine d'esprit.

Les traits nets de l'articulation et ce jeu permanent entre accélération et décélération me fait penser au trait de pinceau de Tex Avery et à la dynamique, assez binaire et presque absurde, d'un épisode de Tom et Jerry.

Au delà de l'esprit ironique et humoristique, particulièrement délicieux, il y a peut-être quelque baisse d'intensité et il n'y a pas forcément la dimension universelle et transcendentale des réussites de Rudolf Serkin, Sviatoslav Richter ou Maurizio Pollini dans cette version volontairement second degré (même si on sent que le jeu est parfois sérieux et qu'on joue un peu avec le feu), mais cette version singulière fait indéniablement partie des versions réussies autant du point de vue de la technique pianistique diabolique de précision que de l'esprit visionnaire, voire "déjanté" de cette oeuvre hors norme.


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