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Contenu rédigé par Pèire Cotó
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Commentaires écrits par
Pèire Cotó (Occitània)
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Haydn: the Complete Masses; Stabat Mater
Haydn: the Complete Masses; Stabat Mater
Prix : EUR 29,99

4.0 étoiles sur 5 Compilation de messes confiées à des chefs différents, 28 septembre 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Haydn: the Complete Masses; Stabat Mater (CD)
Ce coffret Decca contient les messes de Haydn, à l'exception de Hob.XXII:2, Sunt bona mixta malis, qui est fragmentaire, le Stabat Mater et deux compléments, le Te Deum n° 2 e le motet Insanae et vanae curae. Pas moins de quatre chefs sont réunis : George Guest (enregistrements 1966, 1968, 1977), Simon Preston, pour les messes du début de la carrière de Haydn (enregistrements 1977, 1978, 1979), John Eliot Gardiner (enregistrements 1997 et 2001) et László Heltay, pour le Stabat Mater, enregistré en 1979. La notice est traduite en français. Decca n'a réussi ni à mettre vraiment les messes dans l'ordre (il aurait sans doute fallu un CD de plus), ni à éviter que deux chefs voisinent dans le même CD, ni sans doute à économiser sur le nombre de disques (il aurait pu y en avoir un de moins)..

J'ai comparé plusieurs éléments de cette intégrale avec celle de Hickox Haydn: The Complete Mass Edition et j'ai donné globalement la préférence à cette dernière, j'ai aussi fait quelques comparaisons avec quelques messes dirigées par Bernstein, mais tout ça de façon encore superficielle. Il se peut que mon avis sur ce coffret soit modifié dans les prochaines semaines, après d'autres écoutes et comparaisons.

Je ne dirai rien pour l'instant du Stabat Mater et de Heltay, que je connais peu. Parmi les chefs qui restent, j'ai été très heureux de découvrir George Guest, chef "traditionnel", c'est à dire non baroqueux, mais aux conceptions bien plus allégées que certains chefs du passé. Son orchestre est l'Academy of St Martin in the Fields et on pourrait comparer son style avec celui de Marriner pour la musique instrumentale, mis à part qu'il est plus chaleureux et peut-être plus romantique. Romantique, il l'est moins que Bernstein et il donne moins l'impression de puissance, mais il est rigoureux (rien qui bave et qui déborde dans les chœurs), il a du goût et de la finesse, voire une certaine grâce. Quel bonheur que ce début caressant et ample de la Schöpfungsmesse, que le traitement du délicieux Benedictus de la Kleine Orgelmesse (n° 7) est sensuel et optimiste ! Et avec 7'19'', Guest a besoin de presque deux minutes de plus que Hickox, mais la réussite est égale. Et ne parlons pas des solistes, Helen Watts, Joseph Rouleau (que je ne connaissais pas)...

Pour les chefs baroqueux, j'ai quelques réserves. Simon Preston a réalisé des versions très fouillées, claires et contrastées des premières messes, mais pour la Missa Cellensis n° 5 (dite Messe de Ste Cécile), son soin méticuleux ne dégage aucune impression de vigueur et de joie, ce qu'on trouvait non seulement chez Jochum, mais aussi chez le plus obscur Owen Burdick. Je peux respecter ce travail, mais je n'ai pas envie d'écouter cette lecture chafouine. Il y a l'objectivité, mais il y a aussi ce qu'on aime et d'autres aimeront ça davantage que moi. J'ai moins de réserves pour les autres messes. Je trouve tout de même (est-ce une question d'époque, pour ce pionnier ?) que cette musique de la deuxième moitié du XVIIIe siècle sonne parfois un peu archaïsant.

J'ai aussi beaucoup de respect et d'admiration pour la direction de John Eliot Gardiner. Il a certainement plus de rigueur et de régularité que Richard Hickox. Lui sait mettre de l'ordre dans le Credo molto agitato (!) de la Theresienmesse et à nous éviter le mal de mer. Mais il pousse la sobriété jusqu'à gommer tout le pittoresque et le charme sonore dont Haydn avait parsemé ses messes. Si bien que cette austérité (que les personnes pieuses trouveront sans doute "priante") me donne envie d'écouter plutôt d'autres interprètes, enfin certains. C'est subjectif et ça ne prétend pas être autre chose.


Jupitersinfonie/sinfonie 8
Jupitersinfonie/sinfonie 8

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Jochum à Boston, 22 septembre 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jupitersinfonie/sinfonie 8 (CD)
Ce disque se retrouve (avec sa couverture) dans l'édition complète des enregistrements de Jochum chez Deutsche Grammophon. C'est là que je l'ai écouté. Les deux enregistrements datent des 26 et 27 janvier 1973 (Jochum avait alors 70 ans). C'est l'Inachevée que je connais le mieux (couplée autrefois avec une splendide 5e de Beethoven) et d'ailleurs qui fait pour moi le principal intérêt du disque, aussi je commence par elle.

Pour le premier mouvement, Jochum ne fait pas la reprise, alors qu'il l'avait faite avec le Concertgebouw en avril 1952 (Philips, puis Tahra). Les couleurs sont plus claires qu'en 1952, dans la mesure où la différence de technique d'enregistrement permet d'en juger, les basses sont moins privilégiées. La rude virilité de l'enregistrement mono cède la place à plus de douceur et peut-être aussi de spontanéité, d'abandon. Le propos apparemment plus amène laisse pourtant apparaître l'angoisse, de façon non concertée et sans rien de spectaculaire. Si on peut opposer les Inachevées selon un axe qui va des valeurs de volontarisme-grandeur (typiquement Furtwängler) à spontanéité-abandon (typiquement Schuricht), Jochum a légèrement progressé vers le second groupe depuis 1952. Les tempi sont rapides et Jochum respire peu, ce qui tend à souligner le message de fatalité de ce premier mouvement. Mais la mise en place est moins parfaite qu'en 1952, ce qui peut être aggravé par le mixage, qui a stérilisé tant d'enregistrements des années 70.

Comme en 1952, Jochum oppose au maximum les atmosphères de chaque mouvement. Plus de modestie que de grandeur dans cet Andante con moto, mais une grande délicatesse, un abandon et la même sveltesse que dans l'Allegro moderato, ce qui n'empêche pas la mise en valeur des couleurs orchestrales. Il se dégage une émotion très pure de ce mouvement qui nous en dit davantage que d'autres versions dont on admirera davantage la technique de la direction : c'est sur la durée, plus que sur les détails que cette version triomphe, du moins pour qui privilégie l'authenticité, l'adéquation au message de l'Inachevée.

J'ai été déçu d'abord par la Jupiter, mais c'est parce que je l'avais comparée avec la magnifique version de chez Philips (Concertgebouw, 1960, avec la 35 "Haffner"), mais ensuite j'ai apprécié ses qualités, qui sont différentes. La Jupiter de 1960 est pleine de tension, de netteté et, pour certains, de raideur. Ceux qui y entendent une raideur tranchante, ceux qui trouvent péremptoire le discours de Jochum préfèreront l'enregistrement avec Boston, plus détendu, pacifique. Il y a beaucoup de finesse et de grâce et moins de puissance. Jochum met en valeur les timbres sans doute davantage que dans son premier enregistrement, dont la transparence révélait pourtant beaucoup. Il y a certainement une attention aux détails, peut-être accentuée par le fait que Jochum n'était pas habitué à travailler avec l'orchestre. Il faut tout de même constater un inconvénient : le discours n'avance pas autant que dans la version avec le Concertgebouw. Comme pour l'Inachevée, la reprise de l'exposition n'est pas faite dans le premier mouvement (développement 3'12''). Sinon, les minutages indiquent des tempi assez semblables, un peu plus lents.


Schubert:Symphony No.8/Mozarph
Schubert:Symphony No.8/Mozarph

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Jochum à Boston, 22 septembre 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Schubert:Symphony No.8/Mozarph (CD)
J'ai écouté les deux éléments de ce disque SACD avec une simple platine CD, plus exactement avec le nouveau coffret des enregistrements de Jochum chez DGG Complete Orchestral Recordings on Deutsche Grammophon (Coffret 42CD Capbox - Tirage Limité). L'attention portée aux timbres dans l'interprétation de Jochum est probablement mieux mise en valeur en SACD.

Les deux enregistrements datent des 26 et 27 janvier 1973 (Jochum avait alors 70 ans). C'est l'Inachevée que je connais le mieux (couplée autrefois avec une splendide 5e de Beethoven) et d'ailleurs qui fait pour moi le principal intérêt du disque, aussi je commence par elle.

Pour le premier mouvement, Jochum ne fait pas la reprise, alors qu'il l'avait faite avec le Concertgebouw en avril 1952 (Philips, puis Tahra). Les couleurs sont plus claires qu'en 1952, dans la mesure où la différence de technique d'enregistrement permet d'en juger, les basses sont moins privilégiées. La rude virilité de l'enregistrement mono cède la place à plus de douceur et peut-être aussi de spontanéité, d'abandon. Le propos apparemment plus amène laisse pourtant apparaître l'angoisse, de façon non concertée et sans rien de spectaculaire. Si on peut opposer les Inachevées selon un axe qui va des valeurs de volontarisme-grandeur (typiquement Furtwängler) à spontanéité-abandon (typiquement Schuricht), Jochum a légèrement progressé vers le second groupe depuis 1952. Les tempi sont rapides et Jochum respire peu, ce qui tend à souligner le message de fatalité de ce premier mouvement. Mais la mise en place est moins parfaite qu'en 1952, ce qui peut être aggravé par le mixage, qui a stérilisé tant d'enregistrements des années 70.

Comme en 1952, Jochum oppose au maximum les atmosphères de chaque mouvement. Plus de modestie que de grandeur dans cet Andante con moto, mais une grande délicatesse, un abandon et la même sveltesse que dans l'Allegro moderato, ce qui n'empêche pas la mise en valeur des couleurs orchestrales. Il se dégage une émotion très pure de ce mouvement qui nous en dit davantage que d'autres versions dont on admirera davantage la technique de la direction : c'est sur la durée, plus que sur les détails que cette version triomphe, du moins pour qui privilégie l'authenticité, l'adéquation au message de l'Inachevée.

J'ai été déçu d'abord par la Jupiter, mais c'est parce que je l'avais comparée avec la magnifique version de chez Philips (Concertgebouw, 1960 Mozart - Symphonies N 35), mais ensuite j'ai apprécié ses qualités, qui sont différentes. La Jupiter de 1960 est pleine de tension, de netteté et, pour certains, de raideur. Ceux qui y entendent une raideur tranchante, ceux qui trouvent péremptoire le discours de Jochum préfèreront l'enregistrement avec Boston, plus détendu, pacifique. Il y a beaucoup de finesse et de grâce et moins de puissance. Jochum met en valeur les timbres sans doute davantage que dans son premier enregistrement, dont la transparence révélait pourtant beaucoup. Il y a certainement une attention aux détails, peut-être accentuée par le fait que Jochum n'était pas habitué à travailler avec l'orchestre. Il faut tout de même constater un inconvénient : le discours n'avance pas autant que dans la version avec le Concertgebouw. Comme pour l'Inachevée, la reprise de l'exposition n'est pas faite dans le premier mouvement (développement 3'12''). Sinon, les minutages indiquent des tempi assez semblables, un peu plus lents.


Haydn: The Complete Mass Edition by J. Haydn (2007-02-13)
Haydn: The Complete Mass Edition by J. Haydn (2007-02-13)

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un style très délié, 21 septembre 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Haydn: The Complete Mass Edition by J. Haydn (2007-02-13) (CD)
Il existe plusieurs références du même coffret sur le site. Voir aussi Haydn: The Complete Mass Edition.

Ce coffret de 8 CD reprend les disques séparés réalisés par Richard Hickox (1948-2008) et le Collegium Musicum 90 dans le domaine de la musique religieuse de Haydn entre 1995 et 2001 : toutes les messes, plus quelques autres pièces, mais, bien sûr sans les oratorios, qui auraient demandé plus de place. Chaque disque est contenu dans une poche cartonnée, sur laquelle son numéro est indiqué, mais pas les morceaux qui s'y trouvent, ce qui aurait été commode; le nom des morceaux est tout de même écrit sur chaque disque. Sans doute pour des raisons d'économie, l'ordre des disques reprend celui de leur parution, on aurait préféré que les messes soient classées selon leur numéro Hoboken, même approximativement. Il faut donc se reporter à la notice, détaillée mais exclusivement en anglais; cependant les tonalités des œuvres sont traduites en allemand et en français. Les paroles de la messe et des divers hymnes sont fournies avec la traduction anglaise, c'est bien utile de savoir le sens de ce qui est chanté, pour ceux du moins qui ne peuvent pas réciter le Credo par cœur.

Comme on se perd dans les noms et surnoms des messes, certains portant même à confusion, je donne la liste par numéro Hoboken, après quoi, il me sera possible d'insérer un lien chaque fois que je commenterai un disque séparé.
- Hob. XXII :1, Missa brevis, ou Jugendmesse, en fa majeur;
- ...2 : Missa sunt bona mixta malis, en ré mineur (inachevée);
- 3 : Missa "rorate coeli desuper", en sol majeur;
- 4 : Missa in honorem BVM (Beatissimae Virginis Mariae), ou Große Orgelmesse, en mi bémol majeur;
- 5 Missa Cellensis (pour le sanctuaire de MariaZELL) ou Missa Sanctae Caeciliae (Messe de Sainte Cécile, Cäcilienmesse), en ut majeur; comme il y une autre Missa Cellensis, l'avantage de l'appellation traditionnelle qui fait référence à Sainte Cécile, même si cette dénomination provient d'une réutilisation de la messe plusieurs années après, est qu'elle évite la confusion;
- 6 Missa Sancti Nicolai, en sol majeur, ou Nikolaimesse;
- 7 Missa brevis Sancti Joannis de Deo, ou Kleine Orgelmesse, en si bémol majeur;
- 8 Missa Cellensis (n° 2), ou Mariazeller Messe, en ut majeur (voir au n° 5, ne confondez pas);
- 9 Missa in Tempore Belli ou Paukenmesse (Pauken = timbales), en ut majeur;
- 10 Missa Sancti Bernardi von Offida ou Heiligmesse, en si bémol majeur;
- 11 Missa in Angustiis ou Nelsonmesse (Messe Lord Nelson), en ré mineur;
- 12 Theresienmesse, en si bémol majeur;
- 13 Schöpfungsmesse (Messe de La Création), dite rarement Missa solemnis, en si bémol majeur;
- 14 Harmoniemesse, en si bémol majeur.
Le coffret comprend aussi un Gloria de rechange pour la Schöpfungsmesse, deux Te Deum en ut majeur (tonalité courante pour les Te Deum), Hob XXIIIc:1 et 2, le 2 étant le seul vraiment connu, un Salve Regina et un Ave Regina (ne pas confondre !), plus une musique pour "Alfred, König der Angelsachsen".

Le style est très actuel, baroqueux pour être clair. Ce que j'apprécie le plus dans ces interprétations, c'est le dessin fin et net, parfois gracieux, de l'orchestre, qui favorise une grande lisibilité, ce qui contribue à fixer dans la mémoire la personnalité de messes qui sont souvent de la même époque et de style apparenté. Les solistes sont du niveau moyen de l'époque, bons sans nous faire oublier nos souvenirs ni avoir beaucoup de caractère, même si on apprécie Nancy Argenta, présente seulement dans deux disques, hélas. La musique de la langue anglaise n'est pas abusivement insistante, mais enfin, une comparaison nous dirait clairement qu'on n'est ni à Minga (Munich en bavarois), ni à Vienne. La distribution ne cite pas de chœur, mais certains passages pouvant difficilement être le résultat des efforts de quatre solistes seulement, je suppose que le Collegium Musicum ne comprend pas seulement des instrumentistes, si besoin est. On peut se demander si le style interprétatif n'a pas plus de grâce et d'aménité que de grandeur, le choix d'un baryton et pas d'une basse pouvant y contribuer; cependant Hickox oppose nettement les atmosphères des différents passages, de sorte que ceux qui demandent le plus d'énergie, de force et d'intensité sonore semblent pourvus par l'effet du contraste et par eux-mêmes de toute la flamme nécessaire. Les tempi sont rapides, ce qui est conforme aux tendances actuelles, mais dans l'ensemble cette vélocité n'atteint pas la précipitation, le chef faisant toujours preuve d'un goût très sûr. Contrairement à ce que faisait autrefois Bernstein et d'autres chefs romantiques, les oppositions de tempo très marquées ne sont pas le moyen utilisé pour différencier les divers épisodes entre eux.

Pour la Missa in Angustiis "Lord Nelson", j'ai pu comparer cinq versions, dont trois pré-baroqueuses, Bernstein (Sony), Marriner et Willcocks, et une baroqueuse, Harnoncourt. Ce dernier a bien sûr une puissance plus rugueuse, mais la conclusion est que Hickox résiste largement à la comparaison et que son style délié a suffisamment de personnalité pour que sa version me soit nécessaire, le choix final étant affaire de goût, mais je ne veux pas choisir. Il faudrait refaire l'exercice pour chaque œuvre. Le coffret est de toute façon très homogène dans le haut niveau.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 26, 2016 8:44 PM MEST


Eugen Jochum Conducts Beethoven Symphony No. 5 in C minor Op. 67 (recorded May 1951) & Schubert Symphony No. 8 "Unfinished" in B minor (recorded April 1952) by Tahra France
Eugen Jochum Conducts Beethoven Symphony No. 5 in C minor Op. 67 (recorded May 1951) & Schubert Symphony No. 8 "Unfinished" in B minor (recorded April 1952) by Tahra France
Proposé par Mega Bookstore
Prix : EUR 57,96

5.0 étoiles sur 5 Deux grandes versions des années 50, 21 septembre 2016
Ce disque Tahra est devenu rare et cher. Tahra ne produit plus de disques nouveaux depuis la mort de René Trémine et je ne sais pas s'il y aura une reprise du catalogue. On trouve le même CD sous plusieurs références sur le site, en tapant de préférence "Musique : CD et vinyles" plutôt que "Musique Classique".

La 5e symphonie de Beethoven a été enregistrée par Jochum en 1951 avec Berlin et l'Inachevée de Schubert en 1952 avec le Concertgebouw. On les a retrouvées grâce à Tahra qui en a fait une édition honnête, non râclée abusivement. Signalons qu'on retrouvait autrefois le même couplage chez DG, mais il s'agissait d'enregistrements plus récents de Jochum, en stéréo. On y retrouvait les mêmes qualités de rectitude, d'honnêteté et d'humanité, mais les premières versions sont incontestablement plus puissantes.

L'auteur du texte de présentation semble préférer le deuxième mouvement de l'Inachevée, alors qu'à mon avis c'est le premier qui apporte le plus, avec de saisissantes irruptions de l'inconscient - c'est ainsi que je les interprète -, ce qui est le sens le plus profond de ce mouvement et qui ne peut être obtenu qu'en renonçant à toute intention et en suivant le texte, avec un peu d'intuition tout de même ! Pour le deuxième, l'abandon paradisiaque de la fin est bien mieux rendu par Schuricht. Mais nous avons incontestablement une immense version de l'Inachevée.

La 5e est solidement bâtie, sans lourdeur, ni sans la nervosité, le désir de trop bien faire qui gênait dans l'Héroïque, la Pastorale et la 9e de l'intégrale, elle est très directe et équilibrée, rigoureuse et pleine d'exactitude. Sa plénitude, sa tranquille robustesse, à laquelle les Berliner Philharmoniker contribuent, s'oppose à la svelte exaltation qu'y mettra plus tard Carlos Kleiber, ne me demandez pas de choisir.


Eugen Jochum Conducts Beethoven Symphony No. 5 in C minor Op. 67 (recorded May 1951) & Schubert Symphony No. 8 Unfinished in B minor (recorded April 1952)
Eugen Jochum Conducts Beethoven Symphony No. 5 in C minor Op. 67 (recorded May 1951) & Schubert Symphony No. 8 Unfinished in B minor (recorded April 1952)
Proposé par FHL Store
Prix : EUR 89,10

5.0 étoiles sur 5 Deux grandes versions des années 50, 19 septembre 2016
Ce disque Tahra est devenu rare et cher. Tahra ne produit plus de disques nouveaux depuis la mort de René Trémine et je ne sais pas s'il y aura une reprise du catalogue. On trouve le même CD sous plusieurs références sur le site, en tapant de préférence "Musique : CD et vinyles" plutôt que "Musique Classique".

La 5e symphonie de Beethoven a été enregistrée par Jochum en 1951 avec Berlin et l'Inachevée de Schubert en 1952 avec le Concertgebouw. On les a retrouvées grâce à Tahra qui en a fait une édition honnête, non râclée abusivement. Signalons qu'on retrouvait autrefois le même couplage chez DG, mais il s'agissait d'enregistrements plus récents de Jochum, en stéréo. On y retrouvait les mêmes qualités de rectitude, d'honnêteté et d'humanité, mais les premières versions sont incontestablement plus puissantes.

L'auteur du texte de présentation semble préférer le deuxième mouvement de l'Inachevée, alors qu'à mon avis c'est le premier qui apporte le plus, avec de saisissantes irruptions de l'inconscient - c'est ainsi que je les interprète -, ce qui est le sens le plus profond de ce mouvement et qui ne peut être obtenu qu'en renonçant à toute intention et en suivant le texte, avec un peu d'intuition tout de même ! Pour le deuxième, l'abandon paradisiaque de la fin est bien mieux rendu par Schuricht. Mais nous avons incontestablement une immense version de l'Inachevée.

La 5e est solidement bâtie, sans lourdeur, ni sans la nervosité, le désir de trop bien faire qui gênait dans l'Héroïque, la Pastorale et la 9e de l'intégrale, elle est très directe et équilibrée, rigoureuse et pleine d'exactitude. Sa plénitude, sa tranquille robustesse, à laquelle les Berliner Philharmoniker contribuent, s'oppose à la svelte exaltation qu'y mettra plus tard Carlos Kleiber, ne me demandez pas de choisir.


Schubert:Symphonies No.8&9
Schubert:Symphonies No.8&9
Prix : EUR 26,19

5.0 étoiles sur 5 Deux grandes interprétations, 19 septembre 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Schubert:Symphonies No.8&9 (CD)
Ce disque n'a qu'un seul défaut : sa notice en japonais. Le couplage entre la 8 et la 9 ne doit pas se trouver ailleurs. L'Inachevée était autrefois vendue avec une 5e de Beethoven superlative Beethoven/Schubert-Jochum-Symphonies 5-8 et la 9e existe aussi couplée avec la 5e (de Schubert) Schubert : Symphonies n° 5 et ° 9. Et depuis septembre 2016, il existe un coffret reprenant tous les enregistrements de Jochum chez Deutsche Grammophon Complete Orchestral Recordings on Deutsche Grammophon (Coffret 42CD Capbox - Tirage Limité).

L'Inachevée de Schubert, enregistrée avec l'orchestre de Boston en même temps qu'une Jupiter de Mozart est plus récente que la 9e : 26-27 janvier 1973. Pour le premier mouvement, Jochum ne fait pas la reprise, alors qu'il l'avait faite avec le Concertgebouw en avril 1952 (Philips, puis Tahra Eugen Jochum Conducts Beethoven & Schubert). Les couleurs sont plus claires qu'en 1952, dans la mesure où la différence de technique d'enregistrement permet d'en juger, les basses sont moins privilégiées. La rude virilité de l'enregistrement mono cède la place à plus de douceur et peut-être aussi de spontanéité, d'abandon. Le propos apparemment plus amène laisse pourtant apparaître l'angoisse, de façon non concertée et sans rien de spectaculaire. Si on peut opposer les Inachevées selon un axe qui va des valeurs de volontarisme-grandeur (typiquement Furtwängler) à spontanéité-abandon (typiquement Schuricht), Jochum a légèrement progressé vers le second groupe depuis 1952. Les tempi sont rapides et Jochum respire peu, ce qui tend à souligner le message de fatalité de ce premier mouvement. Mais la mise en place est moins parfaite qu'en 1952, ce qui peut être aggravé par le mixage, qui a stérilisé tant d'enregistrements des années 70 (mais ce défaut est moindre ici que pour la Jupiter de Mozart enregistrée à la même époque).

Comme en 1952, Jochum oppose au maximum les atmosphères de chaque mouvement. Plus de modestie que de grandeur dans cet Andante con moto, mais une grande délicatesse, un abandon et la même sveltesse que dans l'Allegro moderato, ce qui n'empêche pas la mise en valeur des couleurs orchestrales. Il se dégage une émotion très pure de ce mouvement qui nous en dit davantage que d'autres versions dont on admirera davantage la technique de la direction : c'est sur la durée, plus que sur les détails que cette version triomphe, du moins pour qui privilégie l'authenticité, l'adéquation au message de l'Inachevée.

Pour la 9e, très bien enregistrée en février 1958 (stéréo) avec l'Orchestre symphonique de la Radio bavaroise dans la Herkulessaal, .j'ai eu besoin de temps avant d'entrer complètement dans cette version, qui au départ m'avait déçu.

Le premier mouvement est rapide, mais il n'a pas la souplesse et l'aisance de Krips (même année) ou de Kertész. Pourtant, on trouve un admirable passage dominé par les vents vers 3'10-3'20. La transition entre l'Andante et l'Allegro est spécialement mystérieuse. L'Allegro est souvent marqué par une véritable allégresse. On remarque l'usage du rubato. Tous les motifs sont bien dessinés, sans aucun à-peu-près. Mais on peut être déçu par une conclusion qui ne respire pas assez, qui finit trop vite : on a normalement l'impression d'une révélation dans la dernière minute, mais ici on ne peut pas la contempler suffisamment.

Le tempo du mouvement lent est dans la moyenne, entre Furtwängler et Sawallisch (autour de 17') et Krips ou Kertész (moins de 14'). Il est bien architecturé et surtout éclairé par les vents, bien détachés, délicieux. Vers 3'30 (4' avec Furtwängler), un motif presque religieux est introduit par les cors : ici, il est particulièrement émouvant. L'ensemble du mouvement est plein de ferveur, d'une spiritualité rayonnante.

Le Scherzo est plus détendu que rythmique et de ce fait privilégie le second sujet, mélodique, au premier; le mouvement se colore de mystère et de chaleur, mais aussi, dans le Trio, d'une certaine amertume. C'est sans doute le mouvement qu'on aime ou qu'on n'aime pas.

Dans le Finale, Jochum commence lentement, mais son usage du rubato (à comparer avec celui de Furtwängler, mais assez différent dans les détails) fera que le mouvement entier sera plutôt rapide. L'autorité de cette conception s'affirme progressivement. C'est passionnant et, à la différence des autres mouvements, perceptible même en écoute distraite. Mais on aura compris que cette version d'une grande originalité demande globalement beaucoup d'attention.


Eugen Jochum: Complete Recordings on Deutsche Grammophon (Coffret 42 CD)
Eugen Jochum: Complete Recordings on Deutsche Grammophon (Coffret 42 CD)
Prix : EUR 74,99

10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Du connu, du devenu rare, de l'oublié, 16 septembre 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Eugen Jochum: Complete Recordings on Deutsche Grammophon (Coffret 42 CD) (CD)
Il s'agit d'un premier gros coffret, consacré aux enregistrements orchestraux, ce qui laisse penser qu'un deuxième sortira, avec les opéras, la musique religieuse, etc. Je donne d'abord la composition du coffret avant de pouvoir la commenter, ce qui demandera sans doute quelques heures de plus...
1-5 Beethoven : les 9 symphonies + 4 ouvertures (Berliner Philharmoniker n° 2-3-4-6-7-8 et ouverture Léonore 2; Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks n° 1, 5, 9 + ouvertures Fidelio, Ruines d'Athènes, Prométhée. Chanteurs de la 9e : Clara Ebers, Gertrude Pitzinger, Walter Ludwig, Ferdinand Frantz)
6-7 Brahms : 4 symphonies (Berliner Philharmoniker)
8-16 Bruckner : 9 symphonies (Berliner Philharmoniker n° 1-4-7-8-9; Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks n° 2-3-5-6)
17-20 Haydn : symphonies n° 93-104, Londoniennes (London Philharmonic Orchestra)
21 Beethoven : Symphonie n° 4 (Berliner Philharmoniker); Mozart: Petite Musique de Nuit (Kammerorchester des Bayerischen Rundfunks); Marche et Fandango des Noces de Figaro (Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks); Weber: Oberon, Ouverture (Berliner Philharmoniker)
22 Bruckner : Symphonie n° 4 (Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks)
23 Bruckner : Symphonie n° 7 (Berliner Philharmoniker)
24-25 Bruckner : Symphonie n° 9 (Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks) et 8 (Philharmonisches Staatsorchester Hamburg)
26 Haydn : Symphonies n° 88 (Berliner Philharmoniker), 91 (Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks), 98 (Berliner Philharmoniker)
27 Haydn : Symphonie n° 103; Mozart: Symphonie n. 40 (Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks)
28 Mozart : Symphonies n° 36, 33, 39 (Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks)
29 Mozart : Sérénade K. 361 "Gran Partita" ( Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks); Haendel : Concerto pour orgue op. 4 n°4 (Michael Schneider, Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks)
30 Karl Höller : Fantaisie symphonique op. 20 sur un thème de Frescobaldi; Variations-Sweelinck op. 56 (Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks)
31 Mahler : Das Lied von der Erde (Merriman, Haefliger, Concertgebouw)
32 Schubert : Symphonies n° 5 et 9 (Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks)
33 Mozart : Symphonie n° 41; Schubert: Symphonie n° 8 (Boston Symphony Orchestra)
34 Sibelius : La Tempête; les Océanides; Chevauchée nocturne et Lever de Soleil (Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks); Wagner : Lohengrin, préludes actes 1 et 3 (Berliner Philharmoniker); Parsifal, Prélude et Enchantement du Vendredi saint (Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks)
35 R. Strauss : Don Juan, Till Eulenspiegel (Concertgebouw); Seconde suite de valses du Chevalier à la Rose (acte III); Schlagobers, Valses (Berliner Philharmoniker)
36 Elgar : Variations Enigma; Brahms: Variations Haydn (London Symphony Orchestra)
37 Mozart : Concerto pour violon n° 4 (Johanna Martzy, Berliner Philharmoniker); Schumann: Concerto op. 54 (Monique Haas, Berliner Philharmoniker)
38 Beethoven : Concerto pour violon (Wolfgang Schneiderhan, Berliner Philharmoniker); version d'avril 1959
38-39 Beethoven : Concerto pour violon (Wolfgang Schneiderhan, Berliner Philharmoniker); version de mai 1962
40-41 Brahms : Les deux concertos pour piano (Emil Gilels, Berliner Philharmoniker); Concerto pour violon (Nathan Milstein, Wiener Philharmoniker)
42 Beethoven : Concertos n° 1 et 2 (Maurizio Pollini, Wiener Philharmoniker)

Du point de vue pratique, chaque CD est enveloppé dans un étui cartonné, illustré avec des reproductions des 33 tours d'origine, parfois seulement de la couverture du coffret de l'intégrale une fois achevée (Beethoven, Bruckner, Haydn) pour chaque CD dont elle fait partie, ce qui enlève un peu de variété. Ce sont les couvertures allemandes des 33 tours qui sont reproduites, ce dont on peut se réjouir, parce que ça contribue à nous mettre dans l'ambiance : Jochum était d'abord un chef allemand, spécialiste de la musique allemande. Hélas, la qualité de la reproduction est vraiment floue et médiocre. La notice contient une intéressante présentation en 5 pages de Nigel Simeone, traduite en français et en allemand. Elle informe en priorité sur la personnalité et sur la carrière, notamment discographique (chez DG, bien sûr), de Jochum. Cette notice est illustrée de photos du chef, dont certaines peu connues. J'aime particulièrement les deux de l'intérieur de la couverture : l'une montre sa personnalité chaleureuse, l'autre sa profondeur et son aptitude au mystère. Il faut tout de même signaler que si ma vue est bonne, DG est extraordinairement discret sur la date des remasterings. On en déduit que sauf pour les quelques rares enregistrements qui n'étaient pas sortis en CD, rien n'a changé depuis la première publication. Le bon marché - actuel - du coffret est une excuse. Les enregistrements sont échelonnés entre 1949 et 1982, mais la plupart sont des années 50, 60 et du début des années 70. Pour le Jochum tardif, voir plutôt le coffret EMI. Les enregistrements Philips des années 60 (dont la deuxième intégrale Beethoven) sont pour l'instant plus rares.

On trouvera davantage de détails dans les commentaires sur les intégrales Beethoven Beethoven - Intégrale des Symphonies (inégale), Brahms Brahms : les 4 Symphonies (un sommet), Bruckner Bruckner : Les 9 symphonies (Coffret 9 CD) et sur certains de ses éléments (taper Bruckner Jochum plus le numéro), Haydn (avec le complément des 88, 91 et 98) Haydn : Symphonies Londoniennes (Coffret 5CD), sur les 8 (édition Haas) et 9 de Bruckner en mono Symphonies Nos 8 & 9, sur le CD Mozart en mono 36, 33 et 39 Mozart : Symphonies n° 33 Kv. 319 & n°36 Kv. 425, sur le concerto pour violon de Beethoven avec Schneiderhan (second enregistrement) Beethoven : Concerto pour violon opus 61 - Mozart : Concerto pour violon n° 5, sur les concertos pour piano de Beethoven avec Pollini (après le décès de Böhm), sur les concertos de Brahms avec Gilels Brahms : Les Concertos pour piano - Fantaisies Op. 116 et Milstein, sur l'Inachevée avec Boston Beethoven/Schubert-Jochum-Symphonies 5-8, etc, mais vous avez besoin d'informations sur les enregistrements plus rares. Je signale une 40e de Mozart vraiment exceptionnelle, une sérénade K 361 sans aucun empois (cependant la Petite Musique de Nuit peut justifier la réputation de raideur du Mozart de Jochum, parce que cette œuvre demande autre chose), un premier enregistrement du concerto de Beethoven, toujours avec Schneiderhan, à l'introduction orchestrale un peu déstabilisante, une 103e de Haydn en 1958 qui me paraît encore meilleure que celle de l'intégrale.

D'ailleurs, on peut souvent préférer les versions mono à celles en stéréo jusqu'ici plus accessibles. C'est le cas pour la 4e de Beethoven (1954), plus riche de nuances. Pour la 7e de Bruckner, la version stéréo est merveilleuse, mais celle en mono est plus vigoureuse, plus nettement et puissamment dessinée (moins de legato), bien qu'elle ne dégage pas tout l'optimisme chaleureux de la version suivante. Il y a aussi une autre 4e de Bruckner, mais la différence est moins nette. Il est à signaler qu' à une dizaine d'années d'écart, Jochum retrouve le même minutage à quelques secondes près, avec pourtant des choix interprétatifs très différents.

Donner des idées générales sur le style de Jochum n'est pas facile, car le chef s'est toujours remis en question, ce qui explique que deux enregistrements d'époques différentes peuvent ne pas tellement se ressembler (grande différence avec Böhm). Dans les années 50, il a tendu à s'éloigner du style romantique hérité de la première moitié du XXe siècle et de ce que l'on suppose une influence de Furtwängler (sa 9e de Bruckner de 1954 ressemble à celle de Furtwängler en 1944, mais par ailleurs d'autres enregistrements de la première moitié de sa carrière ne manifestent pas de points communs avec son aîné). Il en est résulté parfois des choix de tempo plus rigoureux (symphonies de Mozart avec le Concertgebouw comparées avec celles plus anciennes avec l'Orchestre de la Radio bavaroise), mais à aucun moment de sa vie le chef ne s'est interdit un large usage du rubato, d'ailleurs très variable et jamais démonstratif. A partir des années 60, donc avant le grand âge (il était né en 1902), ses tempi ont tendu à s'élargir, mais sans excès et sans qu'on puisse généraliser, sauf dans ses derniers concerts. Il faut préciser que, afin d'assurer un contraste suffisant avec les mouvements rapides, il avait l'habitude dans Bruckner de prendre très lentement les mouvements lents, mais sans que ça provoque d'ennui et sans qu'on en soit gêné (c'est très souvent le minutage qui nous en informe). En partie pour des raisons de tempo, mais pas seulement, ses réussites me semblent un peu moins fréquentes avec son avancée en âge, ce qui fait que la période où il enregistrait surtout pour DG est plus ou moins la meilleure.

Beaucoup de ses enregistrements rendent sensible le fait qu'il avait approfondi le caractère de chaque œuvre afin d'en donner la meilleure traduction sonore : c'est d'ailleurs quelque chose qui ne facilite pas la description de son style, alors que d'autres chefs semblent imposer à chaque compositeur leur propre personnalité musicale. Son usage du rubato, très variable, pouvait dans certains cas perturber la perception de l'architecture des œuvres (dans Bruckner, il faut le comparer avec le stable Günter Wand), mais c'est loin d'être général. En tout cas, il veillait à assurer le maximum de lisibilité des différents étages de l'orchestre et de perception des divers instruments, de sorte qu'il fuyait la fusion des timbres que recherchait Karajan et qu'il ne poussait jamais loin le legato. Il déclarait ne pas rechercher la sensualité sonore, mais il l'obtenait souvent malgré tout. Assez souvent, l'orchestre donne avec lui l'impression d'une certaine finesse et légèreté (ce qui suppose un contrôle du volume des instruments graves, que certains lui reprochent), de sonorités nettes, voire raides dans quelques cas et pour certaines oreilles, mais jamais massives et, pour qui est y sensible, volontiers chaleureuses. Loin d'être un tyran de la direction, simple et modeste dans son comportement, il ne recherchait pas non plus la majesté et le solennel; mais il n'oubliait pas la dignité, ce qui fait qu'on a pu lui reprocher parfois un manque d'humour dans les œuvres où celui-ci paraît utile.


Beethoven: The Complete Piano Sonatas (Coffret 8 CD)
Beethoven: The Complete Piano Sonatas (Coffret 8 CD)
Prix : EUR 14,99

11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Assez bonne édition, 30 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Beethoven: The Complete Piano Sonatas (Coffret 8 CD) (CD)
Cette intégrale des sonates de Beethoven par Schnabel est trop connue et reconnue pour qu'il soit nécessaire de la présenter. La qualité du son est en revanche ce qui interroge d'abord. EMI a été longtemps critiqué parce qu'il filtrait le son à l'excès dans les précédentes éditions. J'ai comparé avec l'édition Icon qui présentait 3 CD des sonates. Il me semble qu'il y a une relative amélioration. Aurait-on pu faire mieux ? Oui, on aurait pu moins filtrer. Du moins, on n'a pas l'impression d'un son recréé électroniquement, avec les déséquilibres que cela suppose. C'est une technique qui avoue ses limites. Mais, quelque soit le traitement, le son des années 30 peut évidemment ne pas convenir à tous.

Dans Beethoven, le style de Schnabel est à la fois solide et subtil. Solide, parce que viril, charnu, bien charpenté et très naturel, ennemi des chichis, et c'est ce qu'il faut à Beethoven. Mais en même temps, à travers les notes, circule un chant intérieur, souple et chaleureux, qui n'appartient qu'à lui, et pas seulement dans les mouvements lents, mais aussi dans la vaillance des Allegros. C'est cette poésie qui nous porte et qui nous fera oublier la vétusté du son. Je ne saurais dire pour l'instant ce que Schnabel a le mieux réussi, tout sans doute, même si l'opus 111 et son Arietta est inoubliable, et même si le premier mouvement de la "Hammerklavier" (opus 106) aurait gagné à moins de rapidité, notamment pour l'aisance des doigts. Commençons par... n'importe laquelle. Et c'est seulement une longue habitude de Schnabel qui vous fera comprendre que sa manière d'interpréter chaque sonate n'est pas seulement celle d'un instinctif (ce qu'il était certainement), mais aussi d'un intellectuel.

8 CD très bien remplis, le plus souvent dans l'ordre des numéros, mais si on avait tenu à le faire systématiquement, on aurait eu sans doute 10 CD au lieu de 8, donc des frais supplémentaires et un format moins compact. Texte de présentation d'André Tubeuf, au style un peu enflé comme d'habitude, mais avec tout de même des informations. On peut compléter par le texte en anglais de Max Harrisson, traduit en allemand.


Le Barbier De Séville
Le Barbier De Séville
Proposé par dodax-online-fr
Prix : EUR 13,82

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 L'inutil precauzione, 24 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Barbier De Séville (CD)
Ecouté dans la première édition. Je ne sais pas si celle-ci a le livret.

L'ouverture de ce Barbier fait bonne impression. Il y a certainement beaucoup de finesse et de plus l'Orchestre du Théâtre Communal de Bologne est parmi les meilleurs d'Italie (ce qui, certes, ne veut pas dire la même chose que parmi les meilleurs d'Allemagne). C'est ensuite qu'on a quelques réserves.

Il faut louer le soin apporté par Giuseppe Patanè, mais ce soin l'amène à ralentir excessivement le tempo, si bien que l'éditeur a eu besoin de 3 CD. Un tempo lent n'est pas un défaut en soi, encore qu'à certains moments ce soit vraiment pesant, mais encore faut-il savoir l'animer. Or, s'il n'y a rien à reprocher au précautionneux Patanè, il ne fait pas assez preuve d'imagination et de variété pour cela. Par précaution, j'ai comparé certains extraits avec une autre version. J'ai évité celle de Vittorio Gui, parce qu'elle l'écraserait totalement, j'ai préféré prendre une autre version de l'ère musicologique (probablement la meilleure), celle d'Abbado. A ses meilleurs moments, la direction d'Abbado est capable d'une vigueur, d'une animation, d'un sens stratégique qui font paraître un peu plate celle de son collègue. Quand la musique semble s'immobiliser comme à la fin du premier acte (Fredda ed immobile...), on ne s'aperçoit pas de grand chose puisque c'était déjà bien lent avant. Ce magnifique finale y perd tout son caractère. Il reste une exactitude dont certains se contenteront, cette version n'est quand même pas médiocre.

La distribution est de très bon niveau. Admettons que William Matteuzi n'a ni le charme dans la voix, ni le rayonnement, qui feraient oublier les nombreux enregistrements de Luigi Alva (qu'on a tant critiqué). Mais Leo Nucci est un bon Figaro et le Basilio de Paata Burchulatze n'a que peu de rivaux vocalement. Le personnage de Bartolo est bien là avec Enrico Fissore. Mentionnons pour mémoire (parce que le rôle est bien court) le Fiorello de luxe de Michele Pertusi.

Mais, bien sûr, l'attraction est la jeune Cecilia Bartoli, 22 ans en 1988. Nuançons. Elle gagnera sans doute en projection, et aussi en lumière dans la voix, dans ses enregistrements ultérieurs. Mais il y a déjà son aisance dans les vocalises. Malgré Bartoli, ce Barbier, qui n'est pas sans qualités, n'est pas tout à fait parmi les meilleurs.


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