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Contenu rédigé par Cetalir
Classement des meilleurs critiques: 78
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Commentaires écrits par
Cetalir "Cetalir" (France)
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La Guerre Et La Paix
La Guerre Et La Paix
DVD ~ Serge Prokofiev
Proposé par L.B.2.A .... ( Envoi de france avec numéro de suivi ! )
Prix : EUR 59,90

5.0 étoiles sur 5 Indispensable, 24 août 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Guerre Et La Paix (DVD)
La Guerre Et La Paix, du fait des moyens qu'elle implique, est une oeuvre rarement montée. Elle nécessite en effet une alchimie rare impliquant un équilibre parfait entre une armée de chanteurs de premier plan maîtrisant la langue russe et capables d'affronter une partition qui ne cesse de naviguer entre tendresse et violence, des choeurs gigantesques (près de 200 choristes) au rôle essentiel et omniprésent pendant près de trois heures, un chef jonglant entre des masses puissantes et une partition aux accents mélodiques délicieusement ourlés ainsi qu'une mise en scène soutenant un livret épique.

Il est peu de dire que cette alchimie est parfaitement rendue dans la captation splendide de cette représentation donnée à l'Opéra de Paris en 2000 ! Quel bonheur et quelle claque musicale justement soulignés par un public acclamant comme jamais un spectacle rare, unique et absolu.

Gloire doit être rendue aux chanteurs tous parfaits, irréprochables, aux choeurs soutenant le défi comme jamais, au chef superbe. Mais, mention spéciale pour la mise en scène de Francesca Zambello dont nous découvrons le travail acharné et titanesque dans un passionnant bonus de près de 80 minutes à visionner absolument. Il faut de la verve et de la poigne pour obtenir exactement le résultat attendu lorsque jusqu'à 250 personnes, chanteurs, choristes et accessoiristes se retrouvent sur scène comme dans les tableaux les plus épiques de la partie Guerre ont lieu. Quant aux scènes de bataille, on se croirait presque à Hollywood : les canons tonnent et crachent le feu, les fusils jettent des éclairs, les boulets éclatent en provoquant des nuées de flammes. Un spectacle total jamais vu jusqu'ici à l'opéra.... Quant au superbe bal de la première partie où l'amour entre le Prince et la jeune Comtesse va se nouer, plusieurs semaines après avoir visionné le DVD, je suis encore sous le charme : un miracle musical et théâtral.

Bref, aucun amateur lyrique ne peut ignorer cette oeuvre honorée à la perfection dans cette captation. Unique !


Sens dessus dessous
Sens dessus dessous
par Milena Agus
Edition : Broché
Prix : EUR 15,00

3.0 étoiles sur 5 Sympathique, sans plus., 23 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sens dessus dessous (Broché)
Comme le titre le suggère, parfois la vie peut se trouver bouleversée, prendre des tours inattendus. C’est ce qui va arriver à Anna qui vit avec sa fille dans l’entresol d’un immeuble, enchaînant les ménages chez les bourgeois, rafistolant les vêtements qu’elle se taille dans de vieilles nappes.

Depuis son appartement, elle peut contempler celui de leurs voisins, un couple aisé qui occupe tout le dernier étage d’un immeuble cossu donnant sur la mer et le port de Calgari. Un appartement qui les fait rêver, inaccessible. Jusqu’au jour où leur voisin, vêtu comme l’as de pique et semblant provenir d’une autre planète tant son comportement semble détonner va s’enquérir de la possibilité de trouver une gouvernante pour s’occuper de lui, sa femme l’ayant quitté en des termes peu amènes.

Une occasion que ne saurait manquer Anna qui va tout lâcher pour se consacrer à ce Mr Johnson, son nouvel employeur, violoniste virtuose donnant des concerts sur des bateaux de croisière. Peu à peu, les rapports entre Anna et Mr Johnson vont évoluer, tous deux entretenant une relation aux questions érotiques et sexuelles quelque peu spéciale.

Depuis son appartement, la jeune femme apprentie écrivain, avatar plus que probable de l’auteur, qui est aussi la meilleure amie de la fille d’Anna, sert à la fois de confidente et d’observatrice à une batterie de personnages rocambolesques dont les rapports ne cessent d’évoluer au fur et à mesure que les situations progressent ou que les coups de théâtre surgissent. Car de théâtre, il est bien question dans ce court roman.

En Sardaigne, on vit beaucoup dehors et les discussions, quand ce ne sont pas les interpellations, fusent entre voisins dans les cages d’escalier qui servent de lieux d’échanges, de rencontres hasardeuses ou provoquées. De ces personnages qui tous possèdent une profonde fêlure, Milena Agus fait alors une sorte de comedia d’el arte contemporaine, chacun devenant le bouffon de l’autre.

C’est assez sympathique, délibérément effronté, un brin amoral et fera passer un agréable moment sans pour autant se révéler un roman indispensable.

Publié aux Editions Liana Levi – 2016 – 153 pages

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Mémoire de fille
Mémoire de fille
par Annie Ernaux
Edition : Broché
Prix : EUR 15,00

4.0 étoiles sur 5 Un douloureux regard en arrière, 10 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mémoire de fille (Broché)
« Explorer le gouffre entre l’effarante réalité de ce qui arrive, au moment où ça arrive et l’étrange irréalité que revêt, des années après, ce qui est arrivé. »

C’est par cette belle phrase que se termine le beau livre-catharsis d’Annie Ernaux. Depuis toujours, l’auteur, à l’image de cette phrase conclusive d’ailleurs, n’a cessé d’être partagée entre la terreur et le besoin d’écrire ce livre en forme de confessions. Peut-être même que sa vocation d’écrivain trouva sa justification profonde dans le besoin d’effectuer un long parcours, avec force détours, pour avoir le courage d’arriver à ce livre, être capable de l’affronter.

Car, ce dont il est question ici c’est du passage du stade de la jeune fille intelligente surprotégée par des parents petits-commerçants certes aimants mais manquant d’allant à celui d’une jeune femme qui allait trouver, difficilement, en franchissant les épreuves une à une, sa place de jeune adulte, émancipée dans la société du début des années soixante.

Devenir femme, c’est affronter la grande question de la sexualité. Coucher avec un garçon est le fantasme chuchoté par toutes les jeunes filles de la fin de ces années cinquante sans qu’elles ne sachent vraiment comment les choses se passeront pour elles comme pour les garçons avec qui elles devront franchir cette épreuve.

Aussi, quand Annie Duchesnes – son nom de jeune fille – se retrouve monitrice d’à peine dix-huit ans dans l’aerium de la ville de Sées dans l’Orne, elle ne sait pas encore que ce mélange d’attente, d’excitation et d’angoisse est à l’aube de trouver une forme de concrétisation.

C’est ce parcours inattendu, brutal, cette première nuit qui ne cesse de tanguer entre cauchemar éveillé et résignation que nous raconte d’emblée une femme, à soixante ans de distance. Un traumatisme tel qu’il va faire vaciller sa personnalité, faisant de la jeune fille discrète une fille prétendument délurée, facile. Une fille qui pense avoir perdu sa virginité sans en être toutefois certaine tellement le mystère de l’acte reste entier. Un être qui, pendant les années qui suivent, va inconsciemment se fabriquer une nouvelle identité, dissimulant une destruction profonde de son soi par une longue période d’aménorrhée et de boulimie.

Toutes ces errances, toutes ces incompréhensions indécodables faute d’expérience ou de parents à même de comprendre et d’accompagner correctement, celle qui est entretemps devenue Annie Ernaux les contemple à distance. Elle mène une sorte de grande enquête sans fausse pudeur, acceptant de se confronter à elle-même, d’affronter ses terreurs refoulées, redécouvrant sans qu’ils le sachent celles et ceux qui jouèrent un rôle essentiel à cette époque, tachant aussi et surtout de comprendre, et d’excuser du moins indirectement et implicitement, cette jeune fille qu’elle fut.

Elle signe du coup un livre profondément touchant, humain, sincère qui nous rappelle que, toutes et tous, nous avons appris à vivre avec des blessures et que nous aurions du mal, nous aussi, à nous reconnaître à des décennies de distance.

Publié aux Editions Gallimard – 2016 – 151 pages

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Landfall
Landfall
par Ellen Urbani
Edition : Broché
Prix : EUR 22,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un premier roman plein de surprises, 30 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Landfall (Broché)
Landfall signifie en anglais le fait pour un bateau de revenir à quai ainsi que le phénomène météorologique grâce auquel une tempête formée en mer se transforme en cyclone une fois arrivée sur les terres. C’est ce phénomène qui a donné lieu, entre autres, à Katrina, plongeant la Nouvelles-Orléans dans une dévastation inégalée jusque-là et dont il sera amplement question dans le roman d’Ellen Urbani.

Un moment d’inattention peut avoir des conséquences insondables. Parce que Gertrude se chamaillait avec sa fille, Rose, qui avait résolu de poser ses pieds nus sur le tableau de bord de la voiture de sa mère, celle-ci va soudainement en perdre le contrôle et heurter de plein fouet un pin, transperçant la conductrice qui va mourir sous les yeux de sa passagère indemne. S’extirpant à grand peine de la voiture fracassée, Rose va mettre les pieds sur un cadavre ensanglanté : le corps d’une jeune femme noire que la voiture accidentée aura malencontreusement percutée à un endroit où elle n’aurait jamais dû se trouver.

Une fois secourue et sa mère enterrée, commence pour Rose un long travail de deuil qui passe par un irrépressible besoin de se faire pardonner en comprenant qui était la jeune femme tuée accidentellement. Un travail délicat puisque la défunte n’avait en tout et pour tout sur elle qu’une carte de visite, le ticket d’un repas pris dans un restaurant et une page arrachée à un annuaire ; ainsi que de nombreuses traces de violence non liée à l’accident témoignant d’une lutte acharnée pour se protéger.

Plus l’enquête de Rose avancera, plus des similitudes troublantes sembleront survenir entre ces deux jeunes femmes, l’une morte, l’autre survivante. Une recherche commencée comme une tentative de réconciliation avec elle-même et qui va peu à peu muer en un besoin de mieux comprendre celle qu’elle est, elle qui fut élevée par sa seule mère sans que celle-ci ne lui ait révélé d’informations substantielles sur celui qui est son père.

La force du roman d’Ellen Urbani est multiple. Tout d’abord, l’auteur parvient brillamment à rendre compte du travail de deuil, mêlant réminiscences de scènes vécues à l’action en cours, celle-ci favorisant celles-là, passant sans qu’on n’y prenne garde de l’un et l’autre ce qui peut d’ailleurs parfois rendre la lecture un peu compliquée si le lecteur ne se montre pas attentif. Ensuite, il y a là la mise en lumière d’un problème endémique aux Etats-Unis, celui d’un racisme plus ou moins larvé, carrément souvent explicite dans les Etats du Sud, maintenant dans une pauvreté extrême toute une partie de la population afro-américaine. On y trouvera ensuite une narration détaillée, directement inspirée de la lecture attentive d’une foultitude de matériaux que l’auteur référence en annexe, de la façon dont Katrina fut annoncé, géré, des graves désordres qu’il engendra et de la façon honteuse dont une foule essentiellement afro-américaine ayant tout perdu, cherchant son salut dans un flux migratoire immense sous l’influence des autorités de la Nouvelle-Orléans se vit traitée par une petite ville à majorité blanche de la banlieue, bien décidée à empêcher ce qu’elle considérait comme de la pure racaille de pénétrer sur son territoire. Tous ces éléments nourrissent de façon logique, sans jamais sembler collées de force, les pièces d’un gigantesque puzzle dont le mystère, inattendu, nous sera révélé en toute dernière page.

La seule réserve importante que l’on pourra formuler tiendra à la relative confusion du début et au fait qu’il faut passer la première centaine de pages pour que le rythme s’installe vraiment et que l’on se sente alors entrer entièrement dans un roman de plus en plus captivant. Sans doute Ellen Urbani et son éditrice ont-elles voulu rendre compte de cette manière hésitante la difficulté d’une enquête et d’une réadaptation à la vie quand on a tout perdu. Mais plus de concision aurait immanquablement conféré plus de force à ce premier roman par ailleurs plutôt réussi et à découvrir. Merci, une fois de plus, à Gallmeister de donner sa chance à une représentante de cette nouvelle génération d’écrivains américains talentueux ainsi qu’il s’en est fait une spécialité.

Publié aux Editions Gallmeister – 2016 – 304 pages

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Trilogie de L'emprise, III : Ultime partie
Trilogie de L'emprise, III : Ultime partie
par Marc Dugain
Edition : Broché
Prix : EUR 19,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Heureusement, cela se termine...., 23 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Trilogie de L'emprise, III : Ultime partie (Broché)
Voici venu le temps de mettre un terme à la trilogie romanesque de Marc Dugain dans laquelle il décortique, sans concession, les combinaisons infinies et nauséabondes dans lesquelles se complaisent d’ambitieux hommes politiques, des hommes d’affaires cupides et des services secrets manœuvrant leur monde tout en tenant un dossier sur chacun.

Le beau pays qui accueille cette sympathique intelligentsia n’est autre que la France et, comme depuis le premier volume d’ailleurs, il ne sera pas très difficile de mettre un nom réel derrière la plupart des protagonistes clairement inspirés de notre histoire politique nationale récente…

Désormais, les institutions arrivées à bout de souffle, l’extrême droite menaçant de plus en plus de s’emparer du pouvoir, le temps est venu pour l’historien et romancier d’imaginer le coup d’état constitutionnel qu’est la mise en place par voie référendaire de la VIème République par celui qui vient d’être fraîchement élu Président de la Vème. Une façon aussi de couper l’herbe sous le pied de son ennemi personnel dont il a fait un Ministre d’Etat pour mieux le tenir à l’œil.

Marc Dugain met en scène dans cet ultime volet l’ensemble des personnages qui n’avaient pas encore disparu, victimes d’assassinats politiques déguisés sous des affaires criminelles. Il nous montre à nouveau en quoi l’ambition personnelle, l’amour des combinaisons, la pratique des coups-fourrés, la mégalomanie, la cupidité s’entremêlent, à des degrés divers, pour pousser des hommes et des femmes que seul l’accaparement du pouvoir politique, économique ou financier guide, au mépris d’un intérêt général qui n’est plus, depuis belle lurette, qu’une marionnette morte qu’on agite de manière bien pratique pour détourner l’attention ou proférer un lot de contre-vérités d’autant plus admissibles qu’elles sont grosses.

Malheureusement, et comme depuis le premier tome de la série, jamais nous n’avons été convaincus par cette incursion de l’auteur derrière le rideau secret de ce petit monde. Non parce que nous ne croyons pas à ce qu’il nous raconte (bien au contraire même…), mais simplement parce que le style d’habitude lyrique et travaillé de celui qui fut l’auteur de « La Chambre des Officiers » entre autres sombre ici dans une pauvreté et une facilité qui fait sans cesse penser à un roman de gare vite et mal écrit. D’autant que le dénouement de cette série de meurtres politiques manque quelque peu de crédibilité et que bien des ficelles pour y parvenir paraissent un peu grosses.

Bref, l’intention louable de dénoncer et d’alerter se trouve appauvrie par un propos faible et indigne de l’auteur. Un ratage de bout en bout.

Publié aux Editions Gallimard – 2016 – 272 pages

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Intégrale des Quatuors a Cordes
Intégrale des Quatuors a Cordes
Prix : EUR 14,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Un regard vers le romantisme allemand, 23 juillet 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Intégrale des Quatuors a Cordes (CD)
Né en Ecosse mais ayant des origines de France, Eugen d'Albert n'eut de cesse que de s'établir en Allemagne dont il apprit la langue très jeune. Enfant surdoué, il fut pris par Liszt sous son aile comme pianiste et comme compositeur. Voulant réussir au plus vite et gagner la renommée en arriviste que son comportement ne fera que confirmer des années plus tard, il choisit de privilégier une carrière de pianiste international, vite acclamé tout en consacrant le peu de son temps libre à la composition (une symphonie, un concerto pour piano et deux quatuors principalement).

Les quatuors que nous découvrons ici regardent explicitement et ouvertement du côté du romantisme allemand. Le premier sonne comme une tentative d'hybridation entre le Beethoven de la maturité et Brahms, tandis que le deuxième fut écrit en hommage explicite à Brahms.Malgré les limites de ces oeuvres que les prestigieux musiciens à qui il les proposa en avant-première afin de recueillir leur assentiment ne manquèrent pas de formuler, l'ambitieux Eugen d'Albert refusa d'en modifier une ligne.

Fort bien écrites et animées de passages particulièrement mélodieux, ces oeuvres possèdent un certain charme mais n'atteignent pas le génie de ceux dont le compositeur tente de s'inspirer. Elles s'écouteront néanmoins agréablement d'autant que l'interprétation du Quatuor Rhienglod est aussi irréprochable que convaincante, bien mise en valeur par une prise de son transparente et sans agressivité.

Un enregistrement qui trouvera toute sa place dans une anthologie du genre ou pour les amateurs de curiosités rares.


Le grand marin
Le grand marin
par Catherine Poulain
Edition : Broché
Prix : EUR 19,00

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une vie pas ordinaire, 19 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le grand marin (Broché)
Il n’y a pas d’âge pour publier son premier roman. C’est à 56 ans que Catherine Poulain connaît ce bonheur, recevant un accueil enthousiaste de la critique comme du public, couronnée de divers prix (Prix des Gens de la Mer, Prix du roman «Ouest-France»- Etonnants Voyageurs, Prix Joseph-Kessel, Prix Compagnie des Pêches, Prix Nicolas-Bouvier et Prix des Lecteurs «L’Express/ BFM TV). Pas mal pour un premier livre !
Il faut dire que la vie de Catherine Poulain n’a rien d’ordinaire. Fuyant sa ville natale de Manosque à vingt ans, elle file vers son obsession : rejoindre l’Alaska pour s’embarquer comme marin-pêcheur ! Un rêve fou parce qu’elle ne supporte pas d’être enfermée, de vivre entre quatre murs, de se conformer aux normes sociales. Son obstination finira par payer.

Une fois embarquée, elle n’aura de cesse que d’être considérée à l’égal des hommes, prenant ses quarts, éventrant morues noires et flétans au point d’en avoir les cheveux poissant de sang, manipulant les caisses dans la glace pilée à fond de cale.

C’est cette vie qu’elle a vécue pendant dix ans de liberté absolue, avant d’être renvoyée par les services de l’immigration américains en France, qu’elle nous conte. Lily, le très évident avatar de sa génitrice littéraire, est une jeune femme à l’apparence frêle mais au physique d’une robustesse à toute épreuve. Une fille éprise de liberté, décidée coûte que coûte à vivre une vie non ordinaire, cherchant à lui donner un sens en affrontant les défis. Auprès de ces pêcheurs tous un peu fous, tous marginaux, tous fuyant quelque chose, elle va trouver dans ce Grand Nord la fraternité dont elle a besoin.

Une chaleur qui compense l’environnement glacial en mer où seuls comptent la survie et le travail acharné, abrutissant, inhumain. Une exaspération vitale qui trouve sa nouvelle outrance une fois revenus à terre, pour une période la plus courte possible, à coup de consommation forcenée d’alcool dans tous les bars du patelin quand ce n’est pas la drogue qui permet d’atténuer la brutalité du monde dans lequel Lily a délibérément choisi de s’inclure.

Et puis, il y aura ce grand marin, tout aussi perdu et ravagé que Lily, ce pêcheur auprès de qui elle pourra redevenir femme, délaissant le temps de courtes escales, les cirés dégoulinants, les bottes percées, les paquets de mer glaciaux pour trouver la chaleur des corps qui s’accouplent passionnément.

Devenue bergère à la tête d’un troupeau de sept-cent brebis, Catherine Poulain n’a rien oublié de l’une de ses vies. Elle livre un roman déchirant de réalisme, qui éclabousse comme l’écume de ces vagues démentielles. Elle a cette capacité à nous plonger au cœur de ces existences à part, extrêmes, d’une dangerosité aussi assumée que désirée et qui ne peuvent convenir qu’à des tempéraments hors du commun et refusant de se soumettre. Un nouvel auteur est certainement né.

Publié aux Editions de l’Olivier – 2016 – 373 pages

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Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 19, 2016 6:13 PM MEST


Parallax
Parallax
Prix : EUR 19,49

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un disque prenant, 12 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Parallax (CD)
La recette du trio britannico-suédois s'appuie sur quelques principes aussi simples (en apparence) qu'efficaces. Au centre, véritable figure de proue qui conduit toute la ligne mélodique, le piano omniprésent. En appui, une contrebasse volontairement lourde, marquant les temps forts, renforçant une atmosphère souvent pesante. En fond, une batterie d'une finesse remarquable, toute en dextérité et en nuances infinies : un vrai régal ! Quant aux partitions, elles jouent sur des staccati constants, un large recours à des séries d'accords qui amènent de brusques changements de rythme ou de style, renouvelant sans cesse l'attention d'un auditeur hyptnotisé par des tempi d'une rapidité extrême, emporté par une maestria instrumentale rare. Voici donc une fabuleuse bande de musiciens qui prend un plaisir extrême à jouer, à repousser ses propres limites techniques pour nous happer dans un voyage musical très personnel et très prenant. Une sacrée réussite !


La Petite Femelle
La Petite Femelle
par Philippe Jaenada
Edition : Broché
Prix : EUR 23,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un admirable plaidoyer, 12 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Petite Femelle (Broché)
De façon un peu surprenante, la figure dramatique de Pauline Dubuisson semble alimenter la création littéraire. Après le très romancé « Je vous écris dans le noir » de Jean-Luc Seigle, c'est Philippe Jaenada qui publie une bibliographie très documentée de celle qui fut considérée et traitée comme la plus grande femme criminelle de son temps, au tout début des années cinquante.

C'est par hasard que l'auteur a croisé son personnage. Au vu de ce qu'il en avait lu, il se disait que cette femme devait avoir été un monstre et que sa condamnation à la perpétuité pour le meurtre de son amant à vingt-quatre ans était largement justifiée.

Mais, au bout d'un an de recherche acharnée, douze mois durant lesquels il éplucha en détail le dossier d'instruction, la presse et tout ce qui pouvait se rattacher à ce drame, sa perception des choses changea. Comme il nous l'explique de façon aussi précise que convaincante, Philippe Jaenada est désormais convaincu que Pauline Dubuisson fut avant tout la victime du jugement moral de son temps.

Jugée par un jury composé de sept hommes et d'une seule femme (qui la sauva de la décapitation), mal défendue par un avocat mystique, vilipendée par des accusateurs d'une violence et d'une outrance qui allèrent jusqu'à choquer le public venu assister en masse au procès, chargée comme jamais dans un dossier d'instruction bâclé, réarrangé et partial, la meurtrière indubitable (bien que très vraisemblablement totalement involontaire comme le démontre l'auteur) fut avant tout jugée parce qu'elle refusait de se conformer aux us de son temps.

Pauline était en effet une femme libre, belle, indépendante, rêvant de devenir médecin. Une femme élevée à la dure par un père qui voulait en faire le fils qu'il ne trouvait pas dans sa mâle descendance. Une fille qui comprit très tôt le pouvoir qu'elle détenait sur les hommes et prit des amants parmi les forces d'occupation allemande avec lesquelles frayait de façon plus ou moins compromettante son père. Une femme qui couchait sans être mariée et qui refusait de se conformer au dogme de l'époque qui voulait qu'une femme ne pût être rien d'autre qu'une bonne épouse et une mère de famille pendant que le mari adoré bossait pour faire vivre sa famille.

Jaenada aurait certainement fait un brillant défenseur de l'accusée. Et comme il est un homme de lettres à part, au style bien particulier, il ne peut s'empêcher de glisser de longues et drolatiques digressions où de nombreux épisodes de sa vie personnelle ou amoureuse, enchâssées dans des séquences de parenthèses dont il a le secret, surgissent comme de puissants miroirs expliquant les déviances, défendant le droit de vivre ou de penser autrement, pardonnant à distance ce que la bonne société refusa délibérément de pardonner à une jeune femme quelque peu égarée et tourmentée.

La vie de Pauline Dubuisson fut aussi courte que dramatique, elle qui finit par se suicider à trente-neuf ans, victime à nouveau d'une presse qui en fit un personnage hystérique alors qu'elle tentait de trouver sa place comme médecin au Maroc et qu'elle pensait avoir trouvé le grand amour.
Jaenada signe là un ouvrage puissant qui, bien que très épais (plus de sept cent pages), se lit avec passion et compassion, arrachant de nombreux rires et sourires lorsque l'auteur semble s'égarer ' de façon très maîtrisée à vrai dire ' dans la contemplation de sa propre existence quelque peu extraordinaire. Un Must.

Publié aux Editions Julliard ' 2015 ' 714 pages

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Lalo / Complete Songs
Lalo / Complete Songs
Prix : EUR 27,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Admirable, 10 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lalo / Complete Songs (CD)
Une fois sorti de la Symphonie Espagnole et de son concerto pour violoncelle, la connaissance qu'ont les amateurs du répertoire pourtant riche de Lalo s'arrête souvent là. Pourtant, Edouard Lalo fut tout au long de sa vie un mélodiste et l'enregistrement de l'intégrale des trente-cinq mélodies proposé ici nous démontre la qualité et l'étendue d'un répertoire où se révèle le goût français.

Puisant son inspiration souvent chez les grands poètes (Musset, Hugo, Chateaubriand entre autres), lolo n'hésite cependant pas à bouleverser l'ordre des strophes, voire à réécrire quelques vers si cela est de nature à servir sa mise en musique. On passe de l'amour exalté au champêtre le plus charmant, de la critique sociale au bucolique dans une invention qui ne cesse de se renouveler.

L'importance de la diction est ici fondamentale et nous savons que c'est l'un des domaines d'excellence de Tassis Christoyannis. Lalo, on le comprend ici, est un peu le pendant français de Schubert. Du coup, la maîtrise absolue du chant et la belle complémentarité pianistique de Jeff Cohen, tout en légèreté et subtilité font de ce coffret une superbe réussite. Mille mercis !


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