Commentaire client

4 février 2010
Le marketing, "les français lui reprochent de plus en plus ouvertement, non seulement de manipuler les esprits et l'inconscient mais aussi d'influencer la vie politique et d'influer sur celles économique, culturelle et sociale".

Malgré quelques précautions oratoires et recul sur la matière (13), le ton est donné dès la page 8 de La tyrannie du marketing et ne peut être caché par la rhétorique du "s'il est vrai que... il n'empêche que" (31) par ailleurs forcément annonciatrice d'une tempête de truismes.
L'auteur l'avoue : La tyrannie du marketing n'invente rien

"L'ouvrage, qui n'invente rien, n'imagine rien mais dit simplement ce qui se voit, tout en essayant de ne pas trop reproduire les excès qu'il critique..." (15) Ah ! Cela commence comme un bouquin révisionniste !
Et Alain Astouric de continuer : "... nous donne aussi quelques pistes susceptibles d'améliorer les choses". Mais les valises du conseil ont dû être trop lourdes : point de voies d'amélioration dans ce livre, surtout pas dans les deux pages de conclusion générale (125), mais de plates suggestions à l'aune de "apprenons à distinguer l'utile du superflu" (65). Non, pas de conseil. Aucun conseil. Mais un tissu de lieux communs tissés de sombres banalités dont Nathalie Heinich aurait fait ses choux gras.

Charge contre la publicité

La publicité est ainsi responsable (liste non exhaustive) de l'obésité (normal avec une telle tarte à la crème), des SMS surtaxé, du spamming, du diabète, des compléments alimentaires (le lecteur avisé constatera la cohérence du plan), de la surconsommation de médicaments en tous genres (attention, l'auteur connaît peu ce dont il parle ici), des déchets (donc incursion forcée dans le greenwashing), de la complexité et de la sophistication des produits (ah, le mythe du "bon vieux temps" ! Au secours Nathalie !), de l'hyperchoix, du sur-endettement, du cinéma réceptacle du product-placement, de notre abrutissement par les médias (François Brune est n fois plus puissant), du ravalement des hommes politiques à la grande consommation assortie de sur-promesses (101), de notre asservissement, de notre aliénation (bouquet final p. 117 sq. avec Orwell cité plusieurs fois).

Mal à la tête ? C'est aussi l'effet que la lecture de cet opus démagogique, croyant aux arrières-mondes ("l'extrême discrétion entourant les travaux sur le neuromarketing", 121) m'a provoqué.

L'ironique persifleur n'est qu'un joueur de pipeau de plus passant à côté de l'ambition annoncée p. 15 : "notre étude constitue un timide début de rééquilibrage face aux centaines de livres qui prônent tous, peu ou prou, les bienfaits (économiques) du marketing et les saines vertus (commerciales) de la publicité sur nos habitudes de consommation courante, sur nos loisirs, dans les médias, sur internet et en politique" (15).
Comme quoi, même les détracteurs du marketing se laissent aller à de sur-promesses.

Et qu'est venue faire la Région Ile-de-France dans cette galère ?

Serge-Henri Saint-Michel

Lire la suite (et voir la couverture !)sur Marketing-Professionnel.fr
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