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Retiré à Killybegs dans la maison de son père, Tyrone Meehan décide de tenir son journal. Il nous fournira ainsi sa version des motifs de sa trahison.
Dans ce deuxième volet, Sorj Chalandon donne la parole à Tyrone. Les lecteurs qui sont restés frustrés après avoir refermé « Mon traître » (c'est mon cas) trouveront donc ici des réponses aux questions qu'ils se posaient.
Ce récit remonte à l'enfance du héros et se poursuit chronologiquement, montrant son engagement dans l'IRA, puis sa lutte, ses souffrances, ses emprisonnements, enfin, ses contacts avec les services secrets britanniques. Le texte est entrecoupé de chapitres consacrés à Killybegs en 2006 et 2007, relatant sa vie de bête traquée et les quelques visites qu'il a reçues.
Le roman est fort, prenant, âpre. Je l'ai lu presque d'une traite, comme en apnée. L'auteur sait capter immédiatement l'attention et ne pas la relâcher jusqu'à la fin du récit qui laisse l'impression d'un KO debout.
J'ai donc adoré cette lecture. Je n'y mettrais qu'un seul bémol: alors que dans « Mon traître » Antoine nous relate une amitié tellement belle, profonde, absolue, il n'en est pas question ici, comme si ce sentiment avait été à sens unique et qu'Antoine, le « petit Français », comme il le nomme, n'avait pas compté ou presque pour Tyrone. J'ai trouvé cela triste.
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le 20 septembre 2012
Il s'agit d'un roman initiatique. Tyrone Meehan, ancien cadre de l'Ira, retourne en 2006 (à 81 ans) dans la maison de son enfance, celle de ses aïeux, afin d'attendre la mort. Il vient de donner une conférence de presse annonçant qu'il a trahi. Il (s')attend à présent (à ce) que l'on vienne le tuer.

Durant les quelques mois qui séparent son arrivée à Killybegs de son assassinat, il revient dans son journal intime sur son parcours : de son enfance (en Irlande du sud) battue par un père alcoolique intégriste (frustré) jusqu'à sa mort, en passant par son enrôlement et son engagement dans l'IRA, ou encore la misère et la fraternité dans les ghettos catholiques de l'Irlande du nord comme dans les prisons anglaises. Nous goûtons également la lâcheté, la corruption des idéaux et la trahison. Rien de son histoire et de l'Histoire du conflit opposant les résistants irlandais aux brits ne nous est épargné.

L'écriture est confortable (un peu comme un trajet sur autoroute à bord d'une familiale - puissante mais douce), pas divine mais efficace. L'histoire est structurée autour d'un squelette de dates-clés, tandis que le récit est composé de phrases courtes pour servir la voix envoûtante de la résistance. Je devrais dire des résistances : à l'ennemi, à la mort, à la culpabilité, aux systèmes comme aux héritages.
On ne s'ennuie pas. Le personnage est très attachant et le fond historique, contemporain, est passionnant.
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1000 PREMIERS RÉVISEURSle 31 octobre 2011
Sorj Chalandon avait déjà évoqué la vie de son ami, Denis Donaldson dans Mon traître publié en 2008. Ici, l'auteur nous livre une fiction biographique de Tyrone Meehan, membre de l'IRA qui en viendra à trahir en collaborant avec le MI5 et le Special Branch, ce qui évoque bien entendu le destin de Donaldson.
Ce récit alterne la voix de Tyrone à ses derniers jours, reclus en la maison de son père à Killybegs et celle du jeune Tyrone qui s'engage auprès des jeunes républicains comme Tom Williams. Depuis le suicide de son père Pat, homme violent par l'alcoolisme mais engagé, jusqu'à son acte de traîtrise, Tyrone Meehan symbolise les points forts de l'IRA. Les combats entre catholiques et Britanniques, les emprisonnements, la torture, les grèves de la faim pour obtenir le statut de prisonniers politiques, tout traduit l'engagement complet des hommes et des femmes de l'IRA.
Le second volet de ce roman est la réflexion d'un homme obligé de trahir pour garder un secret, pour protéger les siens, pour empêcher la mort des gens qu'il apprécie ou pour éviter des morts violentes suite aux bombes artisanales. Tyrone Meehan semble chercher tous les motifs pour atténuer ou justifier son acte. Cet enchaînement est très bien amené par l'auteur jusqu'au dénouement. J'ai beaucoup apprécié les conversations sur la traîtrise avec le Père Byrne qui compare le rôle de Tyrone à celui de Judas.
" Comme le Christ avait besoin de l'iscariote, ton pays avait besoin de toi."
La discussion avec son fils Jack est elle aussi très forte et émouvante.
Comment les membres de la famille engagée de père en fils peuvent-ils comprendre cet acte ? Les amis ont-ils été manipulés par ce traître?
En plus du témoignage historique, ce roman est une fabuleuse histoire d'homme, histoire d'un engagement qui va jusqu'à l'acceptation de la déchéance humaine.
Ce roman a obtenu le Grand Prix du Roman de l'Académie Française 2011.
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le 12 mars 2013
Ce roman qui a reçu un grand prix de l'Académie Française en 2011 est une belle œuvre.
L'histoire décrite est d'une vraie tristesse, mais l'articulation des tableaux et l'écriture font un livre qu'on est content d'avoir lu…
L'histoire est celle de l'IRA et de l'Irlande entre la deuxième guerre mondiale et l'année 2006. Le héros devient l'un des chefs de l'armée secrète, avant de devenir un traitre pour des raisons qui apparaissent "logiques" au lecteur. Le livre présente alternativement des scènes anciennes et des actuelles, jusqu'à la conclusion du livre qui apparaît vite inéluctable.
La lutte contre les anglais et ce que ceux-ci ont fait subir aux irlandais sont décrits avec sobriété même si les souffrances subies et la pauvreté sont présentes à travers tout le livre.
CHALANDON n'est pas irlandais, mais en tant que grand reporter a bien connu l'Irlande et les évènements qui s'y sont déroulés jusqu'au cessez-le-feu de 1997. Son travail est tellement sérieux que ce livre pourrait apparaître comme ayant été écrit par un des protagonistes de cette période de l'histoire de l'Irlande.
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100 PREMIERS RÉVISEURSle 13 septembre 2012
Dans "the Commitments", Roddy Doyle écrit que : "…les Irlandais sont les nègres de l'Europe, les Dublinois les nègres de l'Irlande et les habitants du Nord de Dublin, les nègres de Dublin."…

Imaginez un peu alors, la vie en Irlande du nord, dans une Belfast déchirée par les luttes politico-religieuses entre républicains majoritairement catholiques et unionistes, majoritairement protestants, milices et IRA.

Fils d'indépendantiste, Tyrone Meehan suit naturellement le chemin tout tracé conduisant à la lutte armée contre "l'occupant Britannique", avec de rares succès et de lourds échecs. Membre de l'IRA, devenu presque malgré lui, un héros, il est rongé par la culpabilité et va choisir de trahir pour donner une chance à la paix.

Ce livre de Sorj Chalandon, est formidable.

Il nous plonge au cœur d'une "guerre" qu'on pourrait aujourd'hui avoir tendance à oublier, alors même qu'elle se déroulait hier, au cœur de l'Europe, menée par des "soldats" aussi déterminés que souvent perdus, emplis de ressentiments empilés au fil des ans en strates de haine. Communautés dressées les unes contre les autres, résistance et terrorisme emmêlés, avec ses "faits d'armes" et sa barbarie d'Etat (les pages sur les conditions de détention dans la prison de Long Kesh sont poignantes).

Chalandon ne cherche pas à glorifier les uns ou les autres. Il nous les montre également victimes et coupables, dressés au sein de leur communauté, à laquelle ils appartiennent par le hasard de la naissance.

Son écriture conjugue la puissance et la sobriété. Même si tous les éléments d'un récit en terre irlandaise sont présents, il ne se laisse jamais aller à la facilité, à un lyrisme de pacotille qui consisterait à nous abreuver de lande sauvage, de cieux déchirés, sous lesquels s'agiteraient des hommes rudes, ivres de bière et noyés sous les pulls de laine torsadée.

Son Irlande est pourtant bien là, dégagée du folklore, juste peuplée d'hommes et de femmes qui cherchent à vivre en dépit de tous les obstacles.

Cette période sombre semble aujourd'hui révolue. Ce livre rend une sorte d'hommage aux hommes qui comme Tyrone Meehan, ont eu, ainsi que le chantait JJ Goldman, "la force envers et contre les miens, de trahir, tendre une main".. (Né en 17 à Leidenstadt).

Très recommandé
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le 31 octobre 2011
Retour à Killybegs raconte la version de Tyrone Meehan, cet homme qui a trahi le narrateur de Mon Traître, en même temps que sa famille, ses amis, son pays. Tyrone nous raconte son enfance, la difficulté d'être catholique en Irlande du Nord où il doit vivre après la mort de son père: "Il rentrait du lycée, en uniforme catholique, avec sa cravate rayée d'ocre et le blason de Saint Comgall. Le trottoir était encombré de gravats. Il avait hésité, puis traversé la rue, passé la frontière invisible qui séparait les deux communautés. Et marché en face sur le trottoir protestant." Je vous laisse découvrir ce qui arrive à cet ado. Voilà un monde où le protestant hait le catholique et le catholique hait le britannique, et cela de génération en génération. Le destin de Tyrone est de servir l'IRA et il y met tout son coeur. Servir l'IRA, c'est découvrir une solidarité impressionnante, mais c'est aussi tuer et accepter d'aller régulièrement en prison. Et pourtant, Tyrone n'est pas une machine: quand il rencontre un britannique, il oublie parfois que "sous ce casque de guerre, il ne pouvait pas y avoir un homme, mais seulement un barbare". C'est un monde où chacun a son rôle: le soldat de l'IRA veille sur les familles (elle punit les violeurs), sur la terre tandis que le curé essaie de ramener son troupeau à l'église, et ce n'est pas facile quand le troupeau a du sang sur les mains. Les Britanniques surveillaient nos gestes, l'IRA surveillait nos engagements, les curés surveillaient notre pensée, les parents surveillaient notre enfance et les fenêtres surveillaient nos amours. Je ne vous dirai pas comment Tyrone Meehan, ce soldat de l'IRA devînt un traitre mais je peux vous le dire, pour la première fois,j'ai aimé un membre de l'IRA.

Ce roman m'a prise à la gorge dès le départ. Je l'ai lu en apnée, happée cette Irlande que Sorj Chalandon aime tant, mais aussi par sa plume, si belle. En voici un exemple: J'ai eu un mouvement du menton, rien du tout. Juste une feuille qui tremble sur son bout de branche. Happée par des rencontres comme celle entre Tyrone et son ami d'enfance devenu curé. J'ai aimé aussi Sheila, ce très beau portrait de femme qui porte en elle toutes les femmes ou mères des membres de l'IRA. Moi qui ai toujours refusé de comprendre tout acte terroriste, Sorj Chalandon a réussi à me faire comprendre comment ces hommes meurtris par la politique britannique en arrivaient à de telles extremités. Et pourtant, ce roman pointe aussi du doigt les failles de l'IRA qui n'hésite pas à soutenir l'Allemagne nazie: "Quel pays pour nous défendre? L'Allemagne d'Hitler? Bravo! Quelle grande leçon de politique! Soutenir tout ce que notre ennemi combat? C'est ça? La danse avec le diable pour le reste des temps?" Voilà un roman où revient régulièrement la comparaison avec les Oiseaux d'Hitchcock car l'Irlande et ce film sont liés par la peur. Mon mari l'a fini hier et l'a aussi adoré
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Retour à Killybegs// Sorj Chalandon// Grand Prix du roman de l’Académie Française 2011
Avant de se plonger dans la lecture de ce récit passionnant et très bien écrit, il convient pour comprendre les tenants et les aboutissants de cette histoire de faire un bref résumé historique concernant l’Irlande.
Dès le début de la période historique (VIè siècle av. J.C.), l’Irlande est une terre celtique dont le peuple parle le gaélique. Les Celtes sont arrivés principalement d’Espagne et ne seront jamais colonisés en Irlande par les Romains.
Au cours du IV é siècle la christianisation s’étend sous l’action de Padraig ( Saint Patrick).
Au IX é siècle ont lieu les invasions des Vikings qui ravagent l’îlet massacrent les habitants.
Puis c’est la conquête anglaise et la couronne anglaise domine toute l’île à partir de 1494. En 1541, Henri VIII, protestant, se proclame roi d’Irlande.
Une première révolte contre l’envahisseur se déclare en 1641 matée par Cromwell. La moitié de la population est massacrée (Drogheda et Wexford).
Les lois anticatholiques de Guillaume III sont promulguées en 1695.
Nouveau soulèvement en 1798 avec la première République de Connaught. La réaction anglaise est terrible et en 1800 l’Acte d’Union rattache totalement l’Irlande au Royaume Uni.
Création en 1905 du front de résistance Sinn Féin.
En 1916, c’est l’insurrection de Pâques à Dublin qui proclame la République avec James Connoly. Les anglais écrasent cette nouvelle révolte mais un nouveau soulèvement survient en 1918 qui va durer trois ans.
Le traité de Londres en 1921 après négociations aboutit à la partition de l’île avec un dominion catholique Irish free state et l’Ulster protestant. Ce traité ratifié par le Dàil Éireann, mais rejeté par la majorité de la population.
D’où une guerre civile irlandaise jusqu’en 1923 opposant les partisans d’une indépendance complète aux adeptes d’un compromis avec la couronne anglaise. Ce sont les premiers, vainqueurs de la guerre civile qui prenne le pouvoir.
Mais en 1932, les opposants du Fianna Fàil, menés par Éamon de Valera remportent les élections et Valera abolit le traité d’allégeance.
C’est en 1949 qu’est proclamée la République d’Irlande qui quitte aussitôt le Commonwealth.
L’Ulster de majorité protestante, reste au sein de la couronne.
Les heurts entre cette majorité et la minorité catholique ne cesseront jamais et prirent particulièrement de l’ampleur de 1960 à 1998, année qui sera marquée par un accord entre les deux communautés. (Accord du Vendredi Saint ou de Belfast qui est signé par les deux Irlandes et le Royaume Uni)
L’histoire de Tyrone Meehan qui est le narrateur, né en 1925, commence peu à près sa naissance quand il doit subir les violences physiques de son père Padraig, gueule cassée et regard de glace, alcoolique invétéré et homme brutal avec son entourage.
« Ancien de l’IRA, vétéran légendaire, grande gueule magnifique, conteur de veillée, chanteur de pub, joueur de hurling, le plus grand buveur de stout jamais né sur cette terre du Donegal… »
Avant de devenir méchant, il fut un poète irlandais. De rares moments d’attention surviennent qui marque nt l’enfance de Tyrone :
« Une fois, sur le chemin du retour de promenade, il a pris ma main. Et moi, j’ai eu mal. Je savais que cette main redeviendrait poing, qu’elle passerait bientôt du tendre au métal. Dans une heure ou demain et sans que je sache pourquoi. Par méchanceté, par orgueil, par colère, par habitude. J’étais prisonnier de la main de mon père. Mais cette nuit-là, mes doigts mêlés aux siens, j’avais profité de sa chaleur ? »
À la mort du père , la famille au complet quitte Killybegs, tout au nord-ouest de l’Irlande, passe la frontière et s’installe chez l’oncle Lawrence Finnegan, frère de sa mère, à Belfast.
Les ennuis pour les catholiques de Belfast commencent en 1941 et n’auront de cesse.
Tyrone va connaître la prison, la liberté puis encore la prison.
Nous sommes en 2006 et Tyrone fait le pèlerinage à Killybegs. Mais ce n’est pas un retour comme on aurait pu s’y attendre. Il a trahi ses compagnons et ses idéaux, et peu à peu le lecteur découvre le piège dans lequel il est pris et dont les mailles se resserrent en une suspense allant crescendo.
Dans un style d’une grande sobriété et parfaitement maitrisé, l’auteur par la bouche de Tyrone nous conte cette histoire chargée d’émotion et de violences. L’horreur atteint des sommets au cours des emprisonnements successifs de Tyrone.
« En mars 1978, battus chaque fois qu’ils allaient à la douche, les gars ont brisé leur mobilier et refusé de sortir des cellules. En représailles, les gardiens ont tout vidé, ne laissant que les matelas sur le sol. Quelques jours plus tard, ils n’ont plus sorti les tinettes. Lorsqu’elles ont débordé, les soldats républicains ont décidé de pisser par terre, de chier dans leurs mains et de répandre leurs excréments sur les murs. Lorsque je suis entré au bloc H4 du camp, le jeudi 1er novembre 1979, cela faisait trois ans que trois cents camarades étaient nus dans leur couvertures (ils refusaient de porter le costume carcéral anglais) et vivaient dans leur m***. » Hallucinant !

L’incompréhension entre Tyrone revenu à Killybegs en 2006 et son fils Jack tout jeune soldat de l’IRA est un moment particulièrement pathétique :
« Il a froncé les sourcils. Il semblait ne pas comprendre. À reculons, il a pris le chemin qui mène à la route. Sans un mot. Il est parti de face. Il quittait la maison, son enfance, le vieux puits, la flamme caressante des bougies, les lutins, la forêt, il quittait le village de ses ancêtres, son père, toute l’Irlande que je lui avais donnée. Il marchait les bras écartés. Il trébuchait sans voir. Mon enfant, mon fils, mon petit soldat. Il pleurait. Il était bouche ouverte en masque de souffrance. Il fuyait. Il se sauvait de moi. »
31 décembre 2006 : Tyrone le « traître » a 81 ans ; il est un homme traqué dans la cabane familial de Killybegs. Il écrit tout ce qui lui passe par la tête, ses mémoires et ses réflexions en quelque sorte ; sa femme Sheila qui réside à distance à Strabane en raison du danger, vient avec le nécessaire pour fêter le réveillon. Un moment de paix et de grande émotion, une cérémonie douloureuse. Avant l’issue inéluctable…
Un grand livre logiquement couronné par l’Académie française.
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le 7 mars 2016
Irlande du Nord. Tyrone Meehan est né dans les années 1920 et comme son père et son grand-père avant lui n'a connu que la guerre. Il est élevé dans le culte des héros de l'IRA comme James Connolly,et c'est tout naturellement qu'il rejoindra ses rangs à l'adolescence ayant pris conscience de l'oppression que les Britanniques font vivre à son peuple et ayant lui -même et sa famille été victimes de leur violence.
Il connaît l'emprisonnement, la torture, les privations comme nombre de ses amis.

Mais comme dans toute guerre, les tragédies changent le cours d'une vie. Aussi, lors d'un affrontement au cours duquel les Britanniques lancent des bombes lacrymogènes, la confusion est telle que les balles de Meehan atteignent mortellement son ami Danniel Finley, figure marquante de l'IRA.
Les services secrets britanniques en profitent et lui proposent de le recruter ou bien de révéler à tous son terrible secret.

Le mensonge et le silence ou la vérité et l'exclusion de sa communauté? voilà les choix auxquels il est confronté. Peut-il réellement se permettre de parler et de se voir exclu lui, sa femme et son fils de la communauté, de l'IRA qui les protège, leur sert de famille, de patrie mais aussi comme tout groupe et communauté les enferme, les étouffe et ne pardonne rien si l'adhésion aux idéaux n'est pas totale.

Comment avouer, et surtout s'avouer, que le rôle qu'il doit jouer désormais lui procure pour la première fois de sa vie l'impression d'être enfin compris, entendu, reconnu et admiré- ironie du sort- non par sa propre communauté mais par l'ennemi de toujours.

Comme dans tous les romans de Sorj Chalandon , le récit est captivant et nous sommes souvent submergés par la souffrance qu'il dépeint, mais c'est aussi la force de son écriture qui convoque toutes les richesses de la langue française afin d'exorciser la souffrance d'un peuple, d'un pays et le traumatisme engendré par celui qui fut si longtemps un héros puis s'effondra dans l'estime de tous.

La langue au secours de la tragédie, du désespoir, celle qui .réussit à dire l'inacceptable, la trahison,et qui permet de raconter la violence du père, de l'ennemi et celle du héros.
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le 27 février 2013
Suite de "mon traitre" du même auteur à lire successivement de préférence mais mais pas obligatoirement
Nous suivons le personnage principal et la complexité humaine. L'histoire nous plonge au coeur de la guerre d'Irlande
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le 5 octobre 2014
Ce livre n’est pas présenté comme la suite, mais comme un complément à Mon traitre et c’est vrai. Ici nous avons l’histoire de Tyrone racontée par Tyrone alors que dans Mon traitre nous avons un aperçu de cette histoire et de l’histoire de l’Irlande déchirée par la guerre vue par les yeux d’Antoine, le luthier Parisien. C’est beau, c’est fort, mais je me demande si je n’ai pas apprécié davantage le premier ouvrage qui pose simplement des questions alors que celui-ci donne des réponses, quelques réponses, car tout n’est pas explicable et tout ne peut pas l’être : « Personne n’a jamais été dans mon ventre, personne » comme le dit Tyrone…
Peut être que j’aurai du attendre un peu entre les deux livres, laisser le temps faire son affaire et me replonger dans Killybegs plus tard… Quoiqu’il en soit j’ai adoré ce livre et je vais sans doute lire d’autres Sorj Chalandon, cet auteur m’a convaincue !
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