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Ce roman de Hermann Hesse (310 pages en Livre de Poche) remarquablement traduit de l’allemand par Alexandra Cade est sans aucun doute un grand moment de la littérature européenne et même universelle. Inutile de revenir sur la synopsis (« expérience spirituelle, récit initiatique, délire de psychopathe »), Le Loup des steppes dépasse tous ces qualificatifs. Pour moi, c’est une œuvre admirable, celle d’un érudit. Le récit initiatique et presque autobiographique d’un intellectuel qui me semble poser les bonnes questions. Des questions parfois douloureuses mais qui demeurent toujours d’actualité presque un siècle plus tard (le roman fut publié en 1927). Dans un récit haletant, oscillant entre la fable philosophique, la psychanalyse, le conte moral, se terminant sur une vision hallucinatoire aux accents quasi-apocalyptiques (le fameux « théâtre magique » à la toute fin de l’ouvrage semble s’inspirer des visions de l’apôtre Jean…), plusieurs niveaux de lecture s’offrent à nous. Récit initiatique donc, mais surtout une tentative de délivrer le lecteur de la cruelle réalité qui l’entoure (on pourra toujours creuser le sujet en lisant Du trop de réalité, le magnifique essai d’Annie Lebrun, publié par folio en 2004), et de trouver ainsi par l’entremise de l’art, de la musique, etc. (le narrateur, Harry, est un passionné de Mozart et un fervent admirateur de Goethe) une délivrance, une bouffée d’oxygène, un sens à sa vie. C’est aussi une invitation à sortir de la « folie de notre temps », par le rire, par l’humour. Ce livre s’adressera bien entendu à un public mature qui chercherait une échappatoire dans ce monde morcelé… Mais est-ce le monde seulement qui est morcelé ? Ne sommes-nous pas, à maints égards, morcelés nous-aussi ? C’est l’un des messages de ce roman atypique et inoubliable et dont la lecture me paraît vraiment indispensable. Les cent premières pages sont ardues (il faut vraiment s’accrocher), mais la suite est vraiment une récompense. Mieux, une ode à la vie, à la pensée, à la liberté de vivre jusqu’au bout !

Pour Hermann Hesse et ses « doubles » (Harry et Hermine), le but est de sortir de ce manichéisme, de toutes ces visions binaires qui les enferment dans une torpeur mortifère et solitaire, les coupant de leurs semblables, les jugeant, les critiquant... Au fond d’Harry gît en effet un loup, le loup des steppes. Du moins, c’est sa croyance. Tout cela est très imagé, très symbolique. Harry, le personnage principal, voit sa vie comme un combat intérieur entre l’homme et l’animal sauvage. C’est aussi l’occasion pour Hermann Hesse de faire le point sur ses croyances, sur sa vision de la vie. En 1933, il écrira d’ailleurs à son éditeur : « Il ne suffit pas de souligner le peu de valeur que l’on attache à des choses telles que la guerre, la technique, la passion de l’argent, le nationalisme, etc. Il faut pouvoir remplacer le culte des idoles contemporaines par une croyance. C’est ce que j’ai toujours fait ; dans Le Loup des Steppes, cette croyance est représentée par Mozart, par les Immortels et par le théâtre magique ; dans Demian et dans Siddhartha, d’autres noms désignent les mêmes valeurs. » Ce qui m’a plu dans ce roman, c’est que d’une part, on comprend l’extrême solitude du personnage, on le plaint parfois aussi, mais on reconnaît là un esprit atypique, en marge, ayant un regard critique très acéré sur son époque. Sa rencontre déterminante avec Hermine, puis Pablo et Marie, va nous plonger dans les coulisses de sa psyché.

Salué lors de sa parution (entre autres par Thomas Mann, qui déclare : « Ce livre m'a réappris à lire »), le roman de Hermann Hesse est une sacrée réussite. Il fut, comme ça l’est dit ici et là, interdit sous le régime nazi. Et l’on peut aisément comprendre pourquoi : quelques pages font l’éloge de l’homosexualité, voire de la bisexualité. L’appel à l’obéissance à un personnage féminin a dû en surprendre plus d’un, telle cette remarque de Hermine à Harry (Page 132) : « Il en va de l’obéissance comme de la boisson ou de la nourriture. Lorsqu’on n’a pas obéi pendant longtemps, on place cela au-dessus de tout. Tu m’obéis avec plaisir, n’est-ce pas ? ». Je n’en dévoilerai pas davantage, mais disons que Hermine va réellement jouer un rôle déterminant. Un rôle qui va bouleverser Harry le suicidaire. Elle va l’aider à s’en sortir, à se remettre en question, grâce à un regard critique qu’il acceptera. Elle va littéralement le sortir de son bourbier, de son « intelligence stupide » et triste. Il y a des pages vraiment admirables. Avec sa critique de la Technique et de la politique, sa critique du « nihilisme » (les dernières pages sont d’un surréalisme flamboyant !), cette critique de ce « monde absurde » (annonçant les futurs essais d’Albert Camus, notamment L’homme révolté), sa célébration de l’art, de la danse, de la sexualité, du jazz (on n’est pas prêt d’oublier le saxophoniste Pablo, figure emblématique de l’artiste…), ce roman devint très vite après la seconde guerre mondiale un roman « culte », notamment dans les années 1960 et 1970 (il participa certainement à la libération des mœurs en 1968). En tout cas, pour une culture personnelle solide, c'est, je crois, sans l’ombre d’un doute, l’une des œuvres phares de la littérature universelle du XXe siècle. Un ouvrage que l’on se doit de lire (pardon pour l’injonction…) une fois passée sa majorité. Enfin, je tiens à dire que si Le Loup des Steppes fut mon premier roman de Hermann Hesse, il n’en sera pas le dernier. Il m’a permis de découvrir tout un univers, celui de l’Europe de la fin des années 20. Roman visionnaire (Hesse pressentait déjà le prochain conflit…), Le Loup des Steppes est un petit chef-d’œuvre auprès duquel il n’est pas permis de faire l’impasse. Œuvre dense et inclassable, il demande une certaine disponibilité. L’essentiel a été admirablement dit par les autres commentateurs.
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le 21 avril 2016
Une enquête sur soi (les sois), la vie et la réalité qui nous entoure.
C'est un excellent livre que je vous laisse découvrir par vous-mêmes.
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Si l'on veut bien faire cet effort, il faut s'imaginer l'Allemagne de la fin des années 20, date de la parution de ce roman qui n'en est pas vraiment un, tant ses multiples facettes le tirent du côté de la philosophie, du fantastique, de la poésie, de la sociologie ou comme on l'a tant écrit du récit initiatique.
Quel courage a t-il fallut à Hermann Hesse, ou quel désespoir, pour se laisser aller à ce flot ininterrompu d'expressions de son désenchantement, flot qu'il commue en un espoir illimité en la sagesse humaine. Il me vient à l'esprit des phrases musicales de Brückner ou de Schönberg qui viendraient à merveille illustrer le propos, tout comme ces portraits "décadents" d'Otto Dix ou George Grosz.
Certains ont écrit que ce roman était en fait le roman d'une crise existentielle. Celui du reste qu'à du traverser Hesse, tant les évocations autobiographiques sont fréquentes et les allusions nombreuses comme, juste pour taquiner et dérouter le lecteur, ces jeux de mots sur les noms propres (Harry Haller, Hermine, Hermann)
Nous y voilà, dans cette atmosphère germanique, hautement intellectuelle par certains aspects, mais que H.Hesse sent s'étouffer par la montée de courants politiques étranges. Il choisit pour s'exprimer de raconter le chemin d'un cinquantenaire, Harry Haller (Hermann Hesse???), en pension dans une ville charmante, errant au comble du désespoir de l'intellectuel qui a su "lire" le monde, les arts, les vanités humaines, désabusé de ses relations avec les femmes, avec les autres et ne voit comme issue à sa pauvre vie de solitaire, de "loup solitaire", que la mort par la lame d'un rasoir. Le fantastique s'invite dans le roman une première fois, sous la forme de visions étranges qui lui font découvrir que le monde peut être différent. Il rencontre d'autres personnes, une femme Hermine (ou Hermann?) qui l'hypnotise, un joueur de saxophone sud américain (Pablo), sorte de sorcier vaudou manipulant allègrement toutes sortes de substances permettant de quitter le réel pour mieux le retrouver. Il y a aussi la figure du Bal masqué, celle du Théâtre (des Insensés où seuls sont admis les "fous") et les nombreuses images oniriques des couloirs, des portes, des lumières, des musiques de l'au delà, etc....
On l'a compris, ce roman métaphore est une ondulation vertigineuse autour de la question essentielle du sens de la vie. Cette interrogation existentielle trouve sous la plume de Hesse, une solution éblouissante de génie. Le montage du roman parfait, les variations de style, le choix des personnages, la fin du roman, tout fait référence et modèle. On retrouvera dans ce roman de la maturité de Hesse, ses thèmes fétiches : le voyage initiatique et la spiritualité, le tout influencé très fortement par l'éclosion de la compréhension du psyché par la psychanalyse.
Il n'est pas surprenant, tant il dérange et réveille, que cet ouvrage fût classé par les nazis dans une catégorie tout proche de "l'entartete Kunst", l'art dégénéré, et interdit.
Pour finir la traduction est de très haute volée et offre une lecture en français en tous points fidèle à la lettre et à l'esprit.
Pour les séduits par cet ouvrage, le reste de l'oeuvre de Hermann Hesse est de la même qualité...
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le 18 juillet 2010
J'ai acheté ce livre et ai vraiment été séduit par cet auteur.
J'ai poursuivi avec les autres livres de cet auteur,mais sans retrouver l'intensité de celui ci.
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le 1 mars 2003
Le "loup des steppes" est la pierre de touche d'une révélation, le perilleux trajet de la découverte de l'autre, des autres... en clair, de soi-même ! Alors, comment passer à côté ? Les amateurs de Kafka, du "terrier" par exemple, y retrouveront les péripéties d'un être qui tente de se comprendre en ressaisissant sa sphère d'intervention, les lecteurs de Ionesco, de "l'impromptu de l'alma", retrouveront un auteur qui n'hésite pas à se découper, se contredire, s'affronter par le texte pour en faire ressortir une unité inavouée, laissée libre d'interprétation... Mais la richesse du loup des steppes ne s'arrête pas là, il y a une issue, une solution des plus philosophiques en fin de compte : pourquoi donc s'évertuer à s'interroger sur le sens de la vie puisque la question à laquelle on tente de répondre est celle de savoir pourquoi on accepte de vivre... Aussi, je ne peux que vous conseiller de souffir avec ce vieux loup l'apprentissage de la vie et peut-être d'en retirer l'envie de vous replonger en vous-même pour vérifier si vous n'y avez pas oublié quelqu'un !
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le 15 juillet 2008
Le loup des steppes de Hermann Hess, l'auteur m'avait été conseillé pour un autre de ses textes , mais je suis tombé par hasard sur ce dernier avec l'aide des 1001 livres qu'il faut avoir lu ...dont je fais assez régulièrement la publicité.

Un coup de chance pour une oeuvre de maître, un livre d'éducation... Camus disait à peu près que si l'on voulait être philosophe il fallait écrire des romans... Le loup des steppes est une révélation dans le sens où l'on peut se muer entièrement dans le personnage principal : Harry Haller, pour peu qu'on ait un tantinet descillé les yeux...C'est à dire se regarder sans concessions mais en éclatant de rire...

Je ne connais pas le parcours de l'écrivain et cependant il ne doit pas être négligeable dans le sens où il nous mène dans un parcours quasi initiatique...
les idées, la raison, la philosophie, la vie, la mort, le suicide, la thiase dionysiaque, le théatre magique, le rire , tous les ingrédients d'un périple magique comme peuvent le vivre les mystiques ou...les schizophrènes... selon..
.
Harry Haller, cinquantenaire avait tout misé sur le Beau, l'Art, les Idées, en bref, l'Intellect , avant de se donner le coup de rasoir décisif face à un monde devenu absurde, un monde qui ne lui apportait que souffrance et désillusions... il tombe sur le récit du Loup des Steppes et la soirée pour les Insensés où seuls sont admis les Fous... et sa vie prendra une tournant décisif, une quête du graal moderne , une véritable Initiation dans son sens le plus noble avec le rencontre de Hermine, sorte de parèdre amante mystique à la fois contraire et complément indispensable, qui lui montrera la vie d'une manière différente avec ses amusements mais dont l'issue sera d'une manière fatale , sa rencontre aussi avec pablo authentique chamane moderne ...le Fou et le Génie ne déambule-t-il pas sur la même corde raide ?

Le théatre magique, les enfers , l'épi de blé d'Eleusis symbolisé par les multiples "moi", sa rencontre avec de nombreux personnages célèbres, les non-dits, les non-faits enfin réalisés, les psychotropes...

Mieux que Papus, Crowley et Castaneda réunis...

Le livre fut salué dès sa parution en 1927, entre deux guerres mais interdit et pour cause par le régime nazi .
Le loup de steppes nous met un miroir devant les yeux, celui du Loup , des antagonismes des ambiguités de notre âme , des culpabilités, des désirs, des désespoirs... qui portent notre visage et que l'on brise sans concessions...
Un livre culte que viens de découvrir et dont j'ai acheté les autres ouvrages avec Demian et Siddhartha e.a, il fera comprendre je pense beaucoup au lecteur occasionnel mais aussi très certainement à la personne "engagée"...
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Alors que je ne connaissais rien de Hermann Hesse, je suis tombé par hasard sur ce bouquin dans un grenier. Je ne le connaissais que par son titre et sans me poser de questions, je l'ai arraché à la poussière et aux toiles d'araignées. Ce récit quasi autobiographique est vraiment envoûtant. A la fois poétique et philosophique, il se lit comme une quête initiatique, s'accompagnant d'une réflexion passionnante sur certains aspects de la culture occidentale et sa façon d'envisager le monde et l'être humain. Hesse, influencé par le bouddhisme et la culture asiatique, remet en cause le moi occidental qui interdit la multiplicité de notre être en cultivant l'égocentrisme de chacun, se révélant par là même oppressant, source de névroses et de conflits.

Une des particularités de ce livre est d'être assez court (200 pages) mais très dense et très puissant quand à son contenu. C'est quand je lis ce genre d'ouvrage que je sais pourquoi je ne pourrais vivre sans littérature. Je conseille fortement ce chef d'œuvre qui va ainsi directement dans mon top 10. Lors de cette lecture, on se sent littéralement changé à l'intérieur, avec une façon différente d'appréhender la vie, plus zen, plus détaché, plus riche intérieurement. Un livre que je relirai volontiers. D'ailleurs j'en profite au passage pour féliciter mon moi intuitif ! ;-)
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Ce récit en fait se divise en plusieurs parties, avec une introduction, (un faux avant-propos de l'éditeur), qui a son importance car elle nous permet de situer l'histoire. Ensuite commencent les carnets d'Haller avec en incrustation le « traité sur le loup des steppes », texte relativement complexe de nature philosophique. Puis l'histoire proprement dite de Harry Haller reprend avec la rencontre d'Hermine qui va être déterminante dans la vie et la réflexion de Haller.
Ce magnifique roman écrit en 1927 a une valeur prémonitoire : il annonce déjà la deuxième guerre mondiale. Hermann Hesse (Harry Haller) - notez les initiales-, sera d'ailleurs mis au ban de la société allemande pour ses idées pacifistes qui ne sont pas dans l'air du temps. Peut-on y voir une forme d'autobiographie ? Ce n'est pas douteux.
Harry Haller est un drôle de personnage. Un personnage complexe, agoraphobe, et misanthrope apparemment. Il aime cependant la compagnie et joue le jeu des convenances sociales. Sa haine de la foule ne l'empêche pas de se retrouver dans un dancing bruyant et bondé. Désabusé dans un monde qui lui est incompréhensible, il se sent étranger et éprouve une nostalgie sans objet. Son besoin de solitude, d'indépendance et de liberté va de pair avec une dénonciation de l'hypocrisie et du mensonge qui régit la vie en société et caractérise le bourgeoisisme. Alors il se livre à une réflexion sur l'homme et sa dualité : homme et loup, et sa pluralité qui fait qu'un homme peut présenter des centaines de facettes différentes. Effet miroir, antagonisme et schizophrénie, contradictions transparaissent au fil des pages de ce chef d'œuvre où un certain pessimisme et un désespoir aux accents kierkegaardiens et même camusiens nous amène en une situation où l'idée du suicide apparaît comme un refuge pour le cas où cette vie deviendrait insupportable. Cette tendance suicidaire aide Haller à vivre paradoxalement. Cette vie d'écœurement et de souffrance, de désespoir et de fausseté, d'ambiguïté et de cautèle, de perversion et de futilité, dans un univers parfois kafkaïen ne vaut pas la peine d'être vécue semble-t-il. Toutefois, Haller a peur de la mort, du dernier instant précisément.
Et puis c'est la découverte d'un autre monde avec Hermine qui lui apprend à trouver l'indispensable équilibre entre le monde des autres et le soi, et Maria qui « ouvrent des brèches dans l'édifice de ses valeurs esthétiques ». Hesse nous offre une magnifique description de la fête dans la scène du dancing, et nous introduit dans un monde fantastique dans l'évocation du théâtre magique peuplé d' « insensés », où se déroulent des scènes d'une violence inouïe notamment lors de la partie de chasse. C'est un peu l'éloge de la folie.
Un roman riche, en conclusion, et enrichissant assurément, qui nous offre une réflexion saisissante sur le thème de la place de l'Homme sur terre, et dans lequel on peut sentir l'influence de Nietzsche et à un degré moindre de Jung. La multiplicité de la personnalité est mise en évidence dans la scène de la partie d'échec avec les figurines. À noter la très belle traduction de A. Cade. C'est un ouvrage non seulement de philosophie mais encore un chef d'œuvre de la littérature.
Quelques passages forts pour finir :
« L'homme n'est rien d'autre qu'une passerelle étroite, périlleuse, entre la nature et l'esprit. »
« 'la splendeur de l'instant et la misère de son flétrissement' »
« 'l'immense vanité, le caractère aventureux et douloureusement désespéré de l'existence humaine' »
« Réfléchir une heure ; rentrer en soi-même pendant un moment et se demander quelle part on prend personnellement au règne du désordre et de la méchanceté dans le monde, quel est le poids de notre responsabilité ; cela, vois-tu, personne n'en a envie ! »
« Même si tu sais que ton combat ne sera pas victorieux, ton existence n'en est pas banale et absurde pour autant. Elle est bien plus banale lorsque tu luttes pour une bonne cause, pour un idéal, avec la certitude d'atteindre ton but. » ( Cette phrase a des accents très camusiens et Guillaume d'Orange s'y retrouve : « "Point n'est besoin d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer.".
Bien d'autres passages sont dignes d'être mis en exergue . Au demeurant, le mieux reste de lire ce magnifique livre.
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le 23 juin 2016
J'avais adoré le loup des steppes il y a vingt ans, j'ai été extrêmement déçu par cette relecture; je n'ai même pas été jusqu'à la fin : la traduction de cette nouvelle édition est pompeuse dans sa volonté d'être littéraire, bancale et maladroite. Son style (s'il en est) dessert le fond. Pour m'en assurer, j'ai acheté un livre de l'ancienne traduction, de Juliette Pary. Infiniment plus pénétrante. J'ai retrouvé toute la dimension de l'œuvre et, à titre personnel, la réflexion qu'elle m'inspire. Je vous conseille donc l'autre édition; on en trouve encore d'occasion.
Il est vraiment regrettable que pour une œuvre majeure universelle, il n'y ait dans langue française, parmi les éditions récentes, qu'une piètre traduction disponible. Dommage pour les jeunes générations.
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En 1925, dans la Revue de métaphysique et de morale, Vladimir Jankélévitch fustigeait une monstrueuse civilisation faustienne, caractérisée par une hypertrophie de l’intelligence analytique, quand déferlait sur l’Allemagne une vague de mysticisme dont l’irrationalisme suscitait l’adhésion imprudente du jeune philosophe.

Témoigne de ce moment particulier Le Loup des steppes — paru en 1927, comme Metropolis et Sein und Zeit —, véritable miroir d’une époque traumatisée, désenchantée, et en voie d’américanisation rapide, comme emportée par un désir de jouissance n’excluant aucune tentation.

Autant dire qu’il ne faut pas chercher une construction classique dans un roman affranchi de toute logique, où prévaut une grande confusion, ni attendre de ce manifeste antimoderniste un message trop univoque. Son personnage principal, qui dialogue tout bonnement avec Gœthe ou Mozart, s’avère soumis à des humeurs contradictoires, habité par un désir ambigu, miné par la culpabilité (« le péché infini de l’existence »), tenaillé par une récurrente envie de suicide, et confronté à l’épreuve de sa propre folie.

Dans ce livre qui porte la marque de Nietzsche, de Knut Hamsun et de Gide (on assiste à une série d’actes gratuits qui sont autant de scènes d’hyperviolence, pages 260 à 274), Hermann Hesse, qui voit venir la prochaine guerre, ne craint pas d’exprimer un désespoir absolu, devant l’absurde, avant d’en rire (époux d’une schizophrène, il était bipolaire).
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