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le 30 octobre 2015
Je ne répéterai pas tout ce qui a été dit. C'est un récit édifiant sur la Russie, qui a surtout un grand mérite, c'est de défaire les grands récits toujours entendus, constamment répétés. Plutôt que d'insister uniquement sur les horreurs de l'URSS, Alexievitch se propose aussi de déconstruire la grande rupture qu'aurait été la chute de cet empire: la "libéralisation sauvage" de l'économie russe connut aussi son lot d'horreurs et d'absurdité (quelques passages sur les moeurs des nouveaux riches russes sont assez ... "savoureux").
Mais (et j'ignore si d'autres l'ont ressenti) quelque chose me gêne. Par la manière dont les différents témoignages recueillis répondent à des structures relativement identiques, on sent qu'ils ont été "orientés": ce que j'entends par là, ce n'est en aucun cas que l'écrivaine les a manipulés, mais qu'elle ne s'est pas contenté de poser son micro et de "recueillir": elle a posé des questions. C'était nécessaire - il faut bien "faire parler", je ne prétends pas le contraire. Mais alors pourquoi ne pas avoir choisi de retranscrire aussi ses questions - qui dans une certaine mesure fabrique aussi le témoignage ou, tout du moins, l'oriente dans une certaine direction? Il ne me semble pas que cela ne soit qu'un détail: c'est aussi une question d'honnêteté.
Toujours est-il que le livre est édifiant. Un prix nobel mérité pour une littérature pleine d'audace.
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le 16 septembre 2013
Un ouvrage remarquable pour essayer de comprendre les mutations de la société russe depuis 25 ans. L'organisation du livre, faite de "témoignages de cuisine russe" puis de récits plus personnels, est très bonne. Les témoignages sont poignants, émouvants, et démontrent la perte de repères engendrée par la chute du communisme chez les Russes âgés, comme plus jeunes. Même s'il est difficile, au final, de se faire une idée claire et nette du rapport du peuple russe au communisme, tant les itinéraires sont variés, tant les origines des témoins sont différentes.
Un ouvrage essentiel, dénué de tout parti pris. L'auteur essaie de récolter la paroles de ces anonymes, et c'est ensuite à nous, lecteurs, de nous faire notre propre opinion.
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le 7 janvier 2016
Curieux, comme le dit un autre commentateur: "il ne s'agit nullement de littérature...". Pas au sens où nous l'avons compris jusqu'à ce jour mais peut-être au sens où nous le comprendrons dorénavant. La fin de l'homme rouge est d'abord du grand journalisme. De ce journalisme si rare qui laisse vraiment la parole aux autres. De ce journalisme d'exception, capable de la la même empathie, quel que soit le "camp" du sujet interviewé. La fin de l'homme rouge est aussi de la grande littérature; une fresque puissante d'un genre nouveau sur la Russie, sur l'URSS, sur le XXe siècle. Un chef d'oeuvre d'une émotion rare dont je remercie Svetlana Alexievitch.
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Depuis toujours j'éprouve une fascination pour la Russie et surtout pour les russes, à la fois si proches et si loin de nous. Dans ce roman scindé en deux parties " La consolation par l'apocalypse" et "La fascination du vide", l'auteure, Svetlana Alexievitch, s'attache aux transformations de la société russe. Loin, très loin du schéma officiel, après avoir interrogé et étudié l'homme de la rue durant plus de vingt ans, elle apporte un éclairage plus réel de ses contemporains. Servi par une belle écriture fluide c'est un précieux témoignage que je vous encourage à lire.
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le 1 février 2016
Merveilleux et malheureux peuple russe !

Dans son livre « La fin de l’homme rouge », Svetlana Alexiévitch, tout nouveau Prix Nobel de littérature, fait vibrer, à la manière de Dostoiévski ou Gogol, les extraordinaires richesses de l’âme russe en laissant s’exprimer des êtres persécutés sous Staline, pendant les dernières années de l’URSS finissantes ou en Biélorussie, son pays.

« Cet homme rouge condamné à disparaître avec l’implosion de l’Union soviétique qui ne fut suivie d’aucun procès de Nuremberg malgré les millions de morts du régime ».
L’auteur souligne que « l’histoire ne s’intéresse qu’aux faits, les émotions, elles, restent toujours en marge. »

La cruauté du régime soviétique apparaît dès les discours de Lénine « Exécuter par pendaison (et obligatoirement par pendaison, afin que tout le monde le voie bien)… » mais les « océans de sang versés » par le communisme ont été rapidement oubliés.
L’âme russe, à la manière des « Âmes mortes » de Gogol, oblige à l’humanisme plutôt qu’au politique : « Je pose des questions non sur le socialisme, mais sur l’amour, la jalousie, l’enfance, la vieillesse. sur la musique, les danses, les coupes de cheveux… »

Toujours, Svetlana Alexiévitch est « étonnée par l’être humain » et elle écrit : « Nous avons passé toute notre histoire à survivre et non à vivre ». Le peuple russe vit sous la peur alors que « …la liberté, c’est l’absence de peur… » Pour les enfants, « la liberté, c’est l’amour; la liberté intérieure est une valeur absolue ; c’est quand on n’a pas peur de ses propres désirs… »

Les russes ont vécu repliés sur eux-mêmes, comme « des plantes d’intérieur » et puis, soudain, avec Eltsine et Poutine, « …si tu as de l’argent, tu es quelqu’un, si tu n’en n’a pas, tu es personne… » À l’époque soviétique, on avait le droit de posséder beaucoup de livres, les livres remplaçaient la vie « mais pas de voitures chères ni de maisons… » Alors beaucoup estiment qu’on les a trompés : « Et on a quoi, maintenant ? Un ring, la jungle… Le pouvoir des gangsters »… « Ce n’est pas sur la liberté qu’on s’est précipités, mais sur les jeans. »

Ces échanges, à la manière d’un journaliste enquêteur sont criants de vérité et d’humanité. Pour nous, habitants de la France, la compréhension des souffrances incroyables vécues par nos amis russes est essentielle pour vivre ce XXI ème siècle débutant. L’un dit : » Tout est encore soviétique dans ma tête » et un autre : « La vie en Russie, c’est de la littérature. » et cet autre : « …c’est grâce à cela que je vis maintenant. Grâce à l’aumône des souvenirs. »

Mais toujours, c’est la littérature qui revient sous la plume magnifique de Svetlana Alexievitch : » On peut porter le même tailleur pendant vingt ans et ne posséder que deux manteaux dans sa vie, mais on ne peut pas vivre sans Pouchkine ou sans les œuvres complètes de Gorki ».

Les personnes qui s’expriment, à la demande de l’auteur, ont quelque chose de Raskolnikov dans « Crimes et châtiments » et l’on entend : « J’ai épousé l’assassin de mon mari. Je lui ai donné une fille… » « Son père, un cadre haut placé du parti, avait été exécuté, et sa mère était morte gelée dans un tonneau rempli d’eau glacée. »

Ce fût un enchantement que de retrouver cette merveilleuse ambiance russe, à la Dostoiévski, et comme cela avait été le cas avec Alexandre Soljénytsine, dans l’Archipel du Goulag, de mieux connaître la tragédie russe au XX ème siècle mais surtout de lire cette extraordinaire auteur qu’est Svetlana Alexievitch.
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le 27 mars 2014
Cela fait longtemps que je n'ai pas lu un livre aussi triste; La désespérance ou l'absurde du monde présent à chaque page; ces témoignages qui nous montrent que quelque soit, le système, les personnes interrogées ne s'en sortent pas! Un Kafka grandeur nature! A méditer fortement en ces temps où notre système se lézarde de toutes part...Du coup, ce livre ne doit pas seulement être lu comme un documentaire extérieur consacré aux pays de l'est, comme je l'ai compris dans d'autres commentaires mais bien comme une sorte de "pré-vision" d'un système dépassé qui s'effondre et laisse la place , faute de préparation et de réaction à la jungle. Nous pourrions bien être concernés!! A lire avec des yeux ouverts, tournés aussi vers un avenir qu'il nous faudrait préparer dès aujourd’hui!
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le 14 janvier 2014
...mais de là à en faire "le meilleur livre de l'année", il y a un (grand) pas que je ne franchirai pas. La première partie ne nous apprend pas grand-chose ; nous avons pu lire et relire les horreurs du stalinisme et, au fond, la seule bonne question posée dans cette première partie est "pourquoi n'y a-t-il pas eu un Nuremberg du stalinisme ?" et, plus globalement, du communisme, tel qu'il a été mis en place en URSS. Que, dans les années 1990, les Russes se soient répartis en nostalgiques de l'URSS et en ennemis absolus de cet "empire", nous le savions déjà. La suite est plus intéressante même si la narration, trop longue, d'horreurs finit par saturer le lecteur. Trop d'horreur tue l'horreur, pourrait-on dire. Ce qui est plus inquiétant est le fait que Staline soit, aux yeux de certains jeunes, une idole et l'URSS un "pays de Cocagne" ! Est-ce parce que j'avais déjà beaucoup lu sur ces questions ou parce que j'ai eu l'occasion de constater tout cela in situ ? Toujours est-il que ce livre m'a un peu ennuyé, ce qui me conduit à lui accorder trois étoiles du bout des lèvres.
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"La Fin de l’homme rouge" transcrit la fin tragique de l’URSS, les mutations, l’arrivée de la société de consommation. Loin des grands discours, à partir de ces simples voix entendues, l’auteur redonne les paroles intérieures, les effondrements, les questions, les doutes : tout ce qui a changé et fait ressurgir le combat perdu. Le texte est uniquement composé par ces voix, séparées les unes des autres, mais surgissant chaque fois comme des moments intenses, des pépites de vies, témoins du basculement. Pas de surplomb, de leçons à tirer, juste le fait de regarder l’effritement d’une idéologie et l’avènement inéluctable d’autre chose, qui sépare les générations et fait endosser des rôles quand ceux du passé s’effacent douloureusement. Du seul point de vue du quotidien, de l’amour, la jalousie, l’enfance, la vieillesse, la musique, les danses, les coupes de cheveux, de milliers de détails, l’auteur parvient à placer le lecteur au cœur de l’intime, entre renoncements et interrogations. Page après page, la multitude des hommes rouges se reconstitue tandis que l’histoire change de cours, avec ou sans eux.
Marcelline ROUX (CULTURE-CHRONIQUE)
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le 2 octobre 2013
Le livre qui nous fait comprendre plus que tous les autres, y compris les traités de géopolitique et de philosophie, ce qu'était l'URSS, que nous avons aimée ou détestée : un monde qui a disparu, et que nous retracent dans leur chair ces témoins. Grâce soit rendue à Svetlana Alexievitch.
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le 21 novembre 2015
Svetlana Alexievitch a sillonné la Russie pendant des années et s'est mise à l'écoute d'un peuple qu'on n'avait jamais pris la peine d 'entendre jusqu'ici. Elle a recueilli ces témoignages avec un soin extrême. Des témoignages de paysans, de petites gens, d'intellectuels, de managers.
C'est une occasion unique de revisiter et de retraverser, non sans douleur,le vécu de gens nés sous le communisme. On y cotoie leurs peurs légitimes et incessantes d'avoir vécu dans la peur d'être arrêtés, torturés, d'avoir vu leurs proches exécutés sous leurs yeux ou bien d'avoir été eux même arrêtés, dénoncés par un proche, un voisin et le terrible paradoxe qui habitent certains de regretter malgré tout cette époque, ce régime et ce pays, l'URSS ,qui n'existe plus alors qu 'eux continuent de vivre. S'ils appellent de leurs voeux la restauration du communisme, c 'est parce que le nouveau système capitalisme les a balayés et que la seule chose à laquelle ils peuvent se rattacher, qu'ils cultivent et nourrissent c'est cette souffrance qui est la preuve de leur existence.

Et c'est justement ce que souligne Svetlana Alexievitch et les différents intervenants , cette omniprésence dans leur vie de la souffrance qui fait obstacle à tout changement en Russie et surtout le culte de la mort si imbriqué eux eux depuis l'enfance à travers l'éducation soviétique et les récits de guerre.. "La vie ne vaut rien , il faut la sacrifier à un idéal", à la Patrie, au pays...Etre un héros avant tout.Et un héros ça meurt ou ça tue.
Mais comme dans toute dictature, un univers parallèle s'est crée, la vie dans les cuisines où la parole se libère et la "résistance s'organise", une bouffée d'air face à l'oppression.Et la littérature comme moyen de survie mais qui s'avère totalement inutile dans ce nouveau monde capitaliste.

Cependant la perestroika et les espoirs de liberté n'ont pas fait le poids avec l'arrivée d'un capitalisme sauvage. Faire fortune est devenu le crédo et les mafias se sont développées.

C'est un livre bouleversant, souvent insoutenable dans les descriptions des atrocités, mais aussi dans le récit du quotidien des gens. Un monde où chacun est livré à lui-même, où on ne peut rien attendre ni de l'autre, et surtout pas de l'état. Et un constat que partage l'auteur avec de nombreux Russes : cette incapacité à changer les mentalités, cette croyance que les choses changeront sans rien faire.
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