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La maison éternelle Broché – Illustré, 28 septembre 2017
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Après la révolution de 1917, le nouveau pouvoir soviétique s'engagea résolument dans la destruction de l'ancien monde et dans la construction du socialisme. Dans le même temps, il construisit à Moscou sa propre maison, sur le site d'un ancien marécage, près de la Moskova. Cet ensemble de 505 appartements équipés, modèle d'" organisation communiste de la vie quotidienne ", offrait aux hauts représentants du pouvoir bolchevique ainsi qu'à leur famille tous les services : une banque, une bibliothèque, un réfectoire, un théâtre, un bureau de poste, un court de tennis, etc.
Ce livre est l'histoire de cette " maison éternelle ", et de tous ceux, hommes, femmes et enfants, qui y ont vécu. Cette grande saga familiale raconte la conversion au bolchevisme des socialistes de la première génération, elle relate l'exécution ou l'emprisonnement de 800 d'entre eux pour trahison pendant les Grandes Purges des années 1937-1938, et s'achève par la foi perdue de leurs enfants, et la fin de l'Union soviétique.
Élaboré à partir de sources largement inédites, de lettres, journaux intimes, mémoires et de centaines de photographies, La Maison éternelle est une épopée qui raconte l'histoire de la révolution russe comme personne ne l'avait fait auparavant. Un texte-fleuve dans la grande tradition de L. Tolstoï, A. Soljenitsyne ou V. Grossman, mais aussi un immense livre d'histoire qui éclaire d'un jour nouveau les rapports complexes entre bolchevisme et millénarisme.
- Nombre de pages de l'édition imprimée1296 pages
- LangueFrançais
- ÉditeurLa Découverte
- Date de publication28 septembre 2017
- Dimensions16.5 x 4.6 x 24 cm
- ISBN-10270719431X
- ISBN-13978-2707194312
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Description du produit
Biographie de l'auteur
Yuri Slezkine est professeur d'histoire et directeur de l'Institut d'études slaves, est-européenes et eurasiennes à l'université de Californie, à Berkeley. Il est l'auteur de Arctic Mirrors : Russia and the Small Peoples of the North (Cornell University Press, 1996) et a codirigé l'ouvrage In the Shadow of Revolution : Life Stories of Russian Women from 1917 to the Second World War (Princeton University Press, 2000).
Détails sur le produit
- Éditeur : La Découverte; Illustrated édition (28 septembre 2017)
- Langue : Français
- Broché : 1296 pages
- ISBN-10 : 270719431X
- ISBN-13 : 978-2707194312
- Poids de l'article : 1.56 kg
- Dimensions : 16.5 x 4.6 x 24 cm
- Classement des meilleures ventes d'Amazon : 192,848 en Livres (Voir les 100 premiers en Livres)
- 302 en Histoire de la Russie
- 1,744 en XXe siècle (Livres)
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La thèse de Yuri Slezkine, qui est né et a longtemps vécu en Russie, c’est que le règne de la Raison hérité des Lumières était lui aussi, en réalité, une religion. Dans une analyse d’une éblouissante érudition, il montre comment les communautés humaines s’enracinent dans des mythes fondateurs d’une même nature transcendante, même s’ils revendiquent des rationalités distinctes voire antagonistes : pour les personnages cités par l’auteur, le bolchevisme était une foi, et le Parti une église d’un nouveau type. On réalise aussi dans cette première partie que la Révolution de 1917 s’est enracinée dans un terreau occidental : dans l’histoire de l’Occident, dans la culture de l’Occident –la littérature en premier lieu, mais aussi les arts plastiques, lyriques, la musique, et les sciences--, cet ancrage occidental matérialisé dès le déplacement de la capitale impériale de Moscou à Petersbourg en 1712 .
Sur cette base –le socle des 400 premières pages-- , Slezkine relate l’aventure révolutionnaire communiste, laquelle est appelée à s’incarner dans la construction de la ville, car « la tâche de l’architecte de demain (…) n’est pas de construire une maison, mais de ‘construire‘ ou d’aménager les rapports sociaux et les fonctions productives sous forme de bâtiments » [p. 436]. La société socialiste développée sera collective, et les structures conçues entre 1920 et juin 1930 doivent traduire cette grammaire sociale : le bâtiment du Narkomfin, la Maison communale des étudiants d’Ivan Nikolaïev et, dans une moindre mesure, la Maison du gouvernement objet de ce livre –la fameuse « Maison du Quai » décrite par Youri Trifonov dans son livre devenu introuvable-- reposaient sur l’hypothèse où l’unité sociale n’était plus la famille nucléaire « bourgeoise » mais l’individu –ainsi exposé sans aucun recul possible aux feux du Parti. Ces édifices étaient conçus comme de véritables « machines à habiter », offrant une gamme de services collectifs étendue et visant en particulier à libérer les femmes des occupations domestiques : laveries, cafétéria, jardins d’enfants complétaient ainsi des bibliothèques, gymnases, centre médical, foyers et clubs à côté de logements ne comportant parfois aucune cuisine. Ainsi, les bâtiments précités sont une concrétisation de la pensée fonctionnaliste : Le bâtiment est autonome . Aux appartements prévus initialement pour la « Maison du quai » se sont ajoutés des logements pour les personnels de service et les domestiques car ô surprise, au pays de l’égalité prolétarienne, les dignitaires du régime se font très bourgeoisement servir…
Le budget est explosé mais, inscrite au programme du premier plan quinquennal, l’inauguration est possible dans le délai prévu pour le XIVe Congrès du Parti. Les 505 appartements reçoivent alors leurs locataires. S’agissant de la « Maison du Gouvernement », construite presqu’en face du Kremlin de l’autre côté de la Moskova, ce sont des dignitaires et amis du régime : ministres, hauts apparatchniks, chefs militaires mais aussi des artistes –écrivains, musiciens--, les « Ingénieurs des âmes » de Staline. Les hauts-gradés de la police politique, organisateurs de la répression et en particulier de la « liquidation des koulaks [les « paysans riches] en tant que classe » à l’origine des famines en Ukraine, Biélorussie, Khazakhstan (dont un tiers de la population meurt de faim) causant au total plus de dix millions de morts (l’Holodomor), côtoient le directeur de la Bibliothèque nationale (« Bibliothèque Lénine » évidemment), des musiciens et compositeurs, ou des autorités culturelles (responsables de presse, de la censure, des organisations du cinéma, du théâtre…), Nikita Khrouchtchev futur successeur de Staline, le mineur Stakhanov, les propres enfants de Staline…
L’on ne voisine pas sans danger avec le soleil rouge du Kremlin : des 2745 Icares du début, un tiers va tomber du paquebot. Dans « Le Fracas du temps », (2016) J. Barnes décrit une scène qui évoque les nuits de la Maison du quai : le compositeur Dmitri Chostakovitch entre brutalement en disgrâce en 1936, et se met alors à passer chaque nuit sur une chaise près de l’ascenseur pour épargner à sa famille le spectacle d’une arrestation qu’il imagine imminente. A l’époque, chaque nuit voit s’arrêter une ou deux voitures noires du NKVD, les « Hirondelles », qui viennent chercher une ou plusieurs personnes pour un périple commençant invariablement par un séjour à la Loubianka ou aux Boutyrki, et s’achèvent par une déportation au Goulag ou plus simplement par un « arrêt du cœur au cours d’un interrogatoire ».
Ainsi vont les jours dans la Maison moderne : on change d’appartement en fonction des promotions ; les familles chassées sont remplacées par d’autres et certains appartements verront se succéder jusqu’à cinq locataires durant la période stalinienne. « Les tâches de Mironov n’avaient pas changé : il fallait mettre en oeuvre la collectivisation, « réprimer » ses adversaires et gérer les conséquences. (…) au cours des deux années suivantes, la province perdit environ 16% de sa population rurale » [p. 560]. Quant à eux, les dignitaires mangent à leur faim, même en villégiature provinciale, et leurs séjours en sanatorium les exposent au constat des conditions locales : « « trois fois par jour, un policier nous apportait un repas préparé dans un sanatorium spécial. (…) Un jour, la femme qui travaillait pour nous nous demanda ‘est-ce que je peux enporter les restes chez moi ? J’ai trois enfants… --bien sûr, dit ma mère. Deux jours plus tard, elle nous fit une nouvelle demande : ‘est-ce que je peux amener mes enfant pour qu’ils jouent avec les vôtres ?’ Elle vint donc chez nous avec son petit garçon et ses deux petites filles. Ils étaient tellement maigres, c’en était choquant. Les côtes du petit garçon, Vassia, saillaient comme celles d’un squelette » [p. 560]. La domestique fait encore venir sa nièce de Kharkov, si faible à son arrivée « que le moindre coup de vent aurait pu l’emporter. Nous étions désormais neuf (…) Le sanatorium commença à livrer des déjeûners pour tout le monde. Ils n’osaient pas nous le refuser. Nous étions une île minuscule au milieu d’un océan de faim. La Maison du Gouvernement était aussi une île (…) » [p. 561] Les enfants du quartier du Marécage où elle est bâtie sont si maigres qu’ils se faufilent entre les barreaux…
Tous ces bourreaux sont aussi des parents, des maris, parfois très sentimentaux et attachés à leurs proches tel Molotov, fidèle bras droit du tyran. Et ces beaucoup de ces bourreaux sont à leur tour des victimes. Est-ce cela, « le mal », ces familles que l’on essaie de protéger, ces honneurs qu’il faut craindre, et puis ces ordres qu’il faut exécuter sans discuter et pour lesquels il faut parfois faire preuve d’inventivité et donc s’atteler réellement à la tâche insoutenable, et en même temps se laisser attendrir et donc prendre conscience du mal commis ? Peut-on invoquer ici la « banalité du mal » de Hannah Arendt, pour qui le mal devient banal lorsqu’on s’arrête de penser ? « Hannah Arendt comprend l'absence de pensée comme étant, non pas une fatalité imposée de l'extérieur par quelque force insurmontable, mais le résultat d'un choix personnel, de l'ordre de la démission. Penser est une faculté humaine, son exercice relève de la responsabilité de chacun. Eichmann, selon elle, a forcément choisi d’arrêter de penser, voilà pourquoi il reste coupable, l'obéissance mécanique n'étant, dans cette situation, pas une excuse. La banalité : ce terme indique aussi que le mal est partout dans la société. Toute une société se met, de façon commune, à accepter une étiquette morale sans entretenir de réflexion à son sujet. La société adhère à un système normatif et cesse de comprendre son contenu. Puis, sous diverses pressions, ce contenu évolue, pouvant même devenir l'inverse de ce qu'il était : "tu tueras ton prochain" pour le IIIe Reich, ou "tu porteras de faux témoignages contre ton prochain" pour l'URSS sous Staline. Cette évolution peut se produire très brutalement : en une nuit, dit Hannah Arendt, et il ne reste plus que l'habitude de tenir fermement à quelque chose » [Wikipedia]. Et donc, que l’on décide de devenir insensible une fois pour toutes, ou que l’on négocie chaque exposition directe aux conséquences en essayant de protéger la sensibilté des proches et de conserver une toute petite parcelle d’humanité, sous contrôle toutefois, n’est finalement que déplacer le problème.
La Maison Éternelle, ce sont ces questions d’hier, d’aujourd’hui et de demain car nous savons maintenant que jamais l’homme ne change ; ce paquebot traversant la nuit, c’est tout cela ; mais c’est plus encore. Il y a quelque chose de puissamment romanesque dans cette saga, un roman maudit où l’on partage la vie de l’élite damnée d’un empire en construction, que l’on dédiait à l’équité sociale ; les photos de famille illustrent les propos tirés de mémoires, d’ouvrages, d’archives et aussi d’interviews avec ceux qui ont survécu à cette époque et aux suivantes, dont les cruelles et méconnues années 1990. Le niveau de réflexion, l’érudition, la gravité absolue des faits, la longueur même de ce livre, ne parviennent pas à compromettre la facilité, la légèreté, la musicalité de cette lecture. C’est pourquoi je considère que ce livre, qui fait tant de place à la Littérature et complète « par l’autre bout » pour ainsi dire l’œuvre de Svetlana Aleksievitch [La fin de l’Homme Rouge], devrait valoir à son auteur le prix Nobel de littérature.


