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Tu n'as pas tellement changé (Littérature Française) par [Lambron, Marc]
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Tu n'as pas tellement changé (Littérature Française) Format Kindle

4.3 étoiles sur 5 6 commentaires client

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Longueur : 144 pages Composition améliorée: Activé Page Flip: Activé

Descriptions du produit

Extrait

Mon frère Philippe est mort le 17 juillet 1995, un peu avant midi, dans une chambre de l'hôpital de Villejuif. Il aurait eu trente-quatre ans une semaine plus tard. C'est le seul frère que j'ai connu, le seul que j'aurai jamais. L'image de Philippe allant vers sa fin n'existe en moi que par la brûlure qu'il a entretenue pendant des années, et qui dure encore. Pour parler de lui, pour aller vers lui, je suis contraint de revenir aux zones qu'il a éclairées et calcinées. Si grand soit l'amour, si fort le passé partagé, mon frère, à partir d'un certain moment, ne m'a plus été sensible que par la blessure. C'est à cette aune que je mesure combien je l'ai connu, combien je l'ai méconnu. On peut retracer de l'extérieur la vie d'un autre ; mais le deuil ne renvoie qu'à soi, oblige à retrouver en soi le souvenir de ce qui fut.
Pour la première fois de ma vie, je vais là où il ne faut pas aller. Je sais que la mort des proches s'accommode du silence, parfois jusqu'à la lâcheté. Mais la poisseuse habitude d'écrire me ramenait en décembre 1995 vers les pages où je consignais ces fragments. Un roman était en cours : il n'avançait plus. Au long de ces journées perdues, pleines d'une fatigue désorientée, c'est cela que j'avais besoin d'écrire, par cette nécessité que l'on m'a appris à combattre, et à laquelle je ne résistais plus désormais. Si je trace ces lignes, c'est parce que j'ai peur que l'absence de mon frère - la certitude qu'il ne poussera plus la porte, l'évidence que les silhouettes qui dans la rue lui ressemblent ne sont pas la sienne - ne se redouble d'une amnésie. Philippe m'a été présent par la douleur. En la quittant, en étant abandonné d'elle, je le quitterai lui aussi. Philippe m'était proche et inconnaissable. Pour le retrouver, il me faut toucher, comme dans un miroir brûlant, l'image d'un autre qui a disparu. Et si, contre l'impuissance à comprendre le fond d'un homme, je ne peux répondre qu'en recherchant la trace qu'il a laissée en moi, je n'y peux rien, c'est ma défaite et c'est mon lot.

Je revois cette fin juillet 1987. À l'invitation d'une fondation de Washington, je venais de traverser les États-Unis pendant un mois. La dernière semaine était consacrée à New York. Une chaleur moite, indienne, s'était abattue sur la ville. Un soir où j'appelais Sophie, ma femme, elle me dit au téléphone que quelque chose venait de se passer, qui concernait mon frère. Sa voix me parvenait de l'autre côté de l'Atlantique, comme contrainte, diminuée. Elle refusa de m'en dire plus avant que je ne sois rentré en France. Je n'insistai pas. Il me restait deux jours avant de reprendre l'avion pour Paris.
Une inquiétude me saisit, mais diffuse, sans véritable objet. Le lendemain, je passai l'après-midi dans Central Park. Je venais d'acheter un lecteur de cassettes dans une boutique de Canal Street et une bande de Frank Sinatra - l'album de 1967 avec Antonio Carlos Jobim. J'écoutais cette musique lente, sinueuse, embrumée, couché dans l'herbe du parc, pris sous la touffeur asphyxiante de ce jour d'été, vraiment un climat de New Delhi, comme une île du Pacifique avec ses perroquets verts. Un malaise me serrait la gorge, la poitrine, sans que je puisse lui donner de nom. Un feeling de zone, me disais-je à moi-même. Un feeling, c'est un sentiment. De zone, comme zonard, trouble - entre deux eaux. Peut-être est-ce cela que l'on appelle un pressentiment.

Revue de presse

Face à la disparition prématurée de son frère, l'écrivain Marc Lambron livre une réflexion intime sur l'insupportable effacement d'un être aimé...
L'empreinte laissée en lui par Philippe, Marc Lambron n'a plus que cela. Alors il l'approche, l'ausculte, l'entoure, la caresse, la restitue avec une justesse et une profondeur rares. De l'enfant né six ans après lui, de l'adolescent qu'il devint, Marc Lambron ne fut pas si proche - le portrait de Philippe alors est une ébauche, comme un croquis à la ligne claire, figurant un jeune homme pressé, brillant, rapide, au charme fait d'élégance et de désinvolture. (Nathalie Crom - Télérama du 1er janvier 2014)

Le romancier lève le voile sur son cadet, homosexuel, mort du sida en 1995. Son texte le plus intime. Et le plus poignant. Pourquoi faut-il que les plumes trempées dans une encre noire teintée de souffrances et de douleurs soient les meilleures  ? Celle de Marc Lambron ne manque, certes, jamais de talent. Mais dans « Tu n'as pas tellement changé », l'écrivain met à nu une sensibilité rarement dévoilée à ce point. Le manuscrit était resté dans un tiroir depuis près de vingt ans. Dix-huit ans exactement. Voilà autant d'années que Philippe, vaincu par le sida, a rendu son dernier souffle...
A travers ce récit, Philippe redevient l'unique en même temps que le semblable. Marc cherche à distinguer ce reflet de lui-même que longtemps il n'a perçu que troublé...
Dans ce livre hors du commun, plein de grâce, où le silence tient une place particulière, il glisse par-delà les mots au-dessus de la mort. (Valérie Trierweiler - Paris-Match, janvier 2014)

Voici donc Philippe, feu follet né sous le signe du Lion, rayonnant de vie, qui se rêvait médecin et ne fut que banquier, dont la passion de l'opéra ajouta au destin tragique, courant après les fuseaux horaires et entrant dans la maladie avec une grandeur silencieuse de guerrier indien. Et voici, en creux, le bouleversant autoportrait de Marc, tout plein de cette culpabilité qui ronge, entre la vague des regrets et celle des remords, les rescapés du naufrage, comme sidéré d'être encore en vie... (Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 2 janvier 2014)

On ose à peine qualifier de «poignant» ce récit direct et vibrant, tant le terme recouvre tout ce que Marc et Philippe cherchent à fuir eux-mêmes. Question, peut-être, de génération, comme l'explique Lambron quand il évoque son rejet des noirceurs de l'après-guerre (l'empreinte des camps et d'Hiroshima), sa réaction d'enfant du baby-boom désireux d'épouser une esthétique plus légère... et la façon dont le tragique les a rattrapés, son frère et lui ; l'un partant à trente ans pour le pays d'où l'on ne revient pas, l'autre demeurant à quai dans cette réalité nouvelle «où la mort délave toute chose en un gris désolé». Mais Lambron sait aussi nous montrer comment Philippe, avec une admirable grandeur juvénile, met à profit l'épreuve pour se connaître lui-même, creuser le sens d'une existence trop brève et surmonter les moments d'abattement, puis d'effondrement phy­sique, dans l'espoir de donner à ses dernières années l'intensité d'une vie entière. (Benoît Duteurtre - Le Figaro du 9 janvier 2014)

Peut-on dire d'un livre de deuil qu'il est d'une impressionnante beauté ? Émouvant, poignant, oui, bien sûr. Difficile de ne pas entrer soi-même dans ce drame privé, de ne pas y prendre sa part de révolte et de chagrin. L'écrivain ne cherche pourtant pas à nous tirer des larmes. Son récit n'est pas clinique. C'est l'histoire de deux hommes ayant le même nom, le même sang, sauf que le sang de l'un a été contaminé. C'est une histoire d'aujourd'hui, bien loin d'être unique, sauf que le talent de Marc Lambron la rend unique. (Bernard Pivot - Le Journal du Dimanche du 5 janvier 2014)

Marc Lambron ne force pas les secrets de Philippe. Rien n'est caché - de ses choix de vie, de la manière dont la maladie le ronge -, mais rien n'est pour autant exhibé au fil de ce récit rendu bouleversant par sa pudeur même. L'auteur de L'Impromptu de Madrid (Flammarion, 1988) sonde leurs ressemblances et leurs dissemblances, gardant ainsi encore un peu son frère auprès de lui. " Obsédé par la trace et par l'absence de trace ", il permet à Philippe, avec ce beau tombeau littéraire, de laisser la sienne. (Raphaëlle Leyris - Le Monde du 23 janvier 2014)

L'écrivain publie un livre en hommage à son jeune frère mort à 33 ans. Un livre sans complaisance sur la douleur et le poids de l'absence...
Marc Lambron ne se perd pas dans la recension des petits maux et des grands drames de son puis-né. Il se fixe une tâche plus ambitieuse pour son héros comme pour son auteur : le courage et la dignité avec lesquels il entra prématurément dans l'hiver de sa vie, sachant sa fin inéluctable...
Tu n'as pas tellement changé est un appel au secours et la supplique d'un homme devenu quinquagénaire qui ne s'est jamais vraiment remis de la désertion de son petit frère. Un texte beau comme une tragédie. (Jérôme Béglé - Le Point du 30 janvier 2014)

Détails sur le produit

  • Format : Format Kindle
  • Taille du fichier : 796 KB
  • Nombre de pages de l'édition imprimée : 144 pages
  • Editeur : Grasset (3 janvier 2014)
  • Vendu par : Amazon Media EU S.à r.l.
  • Langue : Français
  • ASIN: B00H44GW9S
  • Word Wise: Non activé
  • Composition améliorée: Activé
  • Moyenne des commentaires client : 4.3 étoiles sur 5 6 commentaires client
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Par traversay TOP 100 COMMENTATEURSMEMBRE DU CLUB DES TESTEURS le 15 janvier 2014
Format: Broché
"Je reste sur la terre. Et toi tu marches dans le soleil". Ainsi se termine le récit de Marc Lambron, écrit à la mort de son frère, en 1995, et qu'il ne publie qu'aujourd'hui. Pourquoi attendre autant ? Parce qu'il n'y avait pas urgence à faire partager une douleur intime que les années, sans l'alléger, lui ont sans doute permis de se muer en un manque moins aigu, quoique sans cesse présent, et il le sera toujours. Tu n'as pas tellement changé, par sa simplicité et l'évocation délicate des rapports, parfois compliqués entre deux frères si différents et pourtant proches, évite toute impudeur et ne sombre dans aucun pathos. Il y a une certaine douceur dans ce texte mêlée à une colère rentrée, celle de voir arraché à soi un frère âgé de 33 ans. Pas une seule fois Lambron n'écrit les mots Sida ou homosexualité. Il décrit la déchéance physique mais lui préfère des souvenirs communs aux deux hommes, depuis l'enfance. Court et d'une élégance délicate et sobre, ce récit procure une émotion vraie sur la plus terrible des choses : la perte d'un être cher.
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Par claudie le 27 mars 2014
Format: Format Kindle Achat vérifié
ce texte est pour moi le plus sensible que j'ai jamais lu pour exprimer l'indicible dans les moments terribles de la disparition annoncée d'un proche, puis de son agonie. l'évolution des comportements des deux frères nous fait ressentir cette incapacité à communier jusqu'au bout. La mort, "instant unique, qu'il a repoussé et subi, mais peut-être aussi accueilli n'appartient qu'à lui, comme il appartiendra à chacun".
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Format: Broché
Franchement, bravo.
Il y a une tenue générale, un ton, un choix des mots, une musique d'âme noble et fine, tellement justes et à tellement d'endroits.
Devant autant d'art, donné comme ça pour presque rien sans tambour ni trompette, j'en ai posé mon livre et j'ai cherché sur le net la biographie de l'auteur, ses photos, ses autres livres, son histoire, avec cette lancinante question : mais qui est donc le bonhomme capable d'aligner les mots de cette manière-là et sur un sujet aussi coriace ???
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