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500 PREMIERS REDACTEURS D'AVIS
Commenté en France le 19 avril 2021
C’est dans l’émission Répliques d’Alain Finkielkraut du 20 mars dernier que j’ai été interpelé par ce thème qui m’intéresse particulièrement : « Y a-t-il place pour la nuance dans la France d’aujourd’hui ? ». Deux invités, dont Eugénie Bastié et Jean Birnbaum. Qui m’ont tous les deux intéressé.
L’essai de la jeune journaliste fait partie de ces ouvrages de réflexion politique traités avec sérieux et profondeur. Une véritable enquête, le mot n’est pas usurpé, puisque cette journaliste de talent établit à la fois une rétrospective des grands affrontements intellectuels passés et dresse un panorama actuel basé notamment sur de nombreuses rencontres et entretiens qu’elle a pu avoir depuis trois ans avec des penseurs de tous bords.

La nature du débat a bien changé au cours des décennies. Et aujourd’hui, difficile de distinguer l’intellectuel de l’expert ou du journaliste que l’on trouve sur les plateaux télé ou dans les interventions sur les réseaux sociaux. Ce sont aussi les rapports qui ont changé. Ce que nous montre Eugénie Bastié en nous remémorant l’histoire des débats intellectuels qui, après la « parenthèse enchantée » des années 1980 – 1990 ont davantage viré vers le combat. A une certaine liberté d’expression ont peu à peu laissé place des oppositions sectaires, voire un militantisme hostile et une hyperspécialisation s’éloignant des visions d’ensemble que pouvaient avoir les intellectuels d’autrefois.

Règne de l’image, de l’instantané et de l’émotion ont bien souvent remplacé le débat pour laisser place aux boycotts, à la censure, ou à la judiciarisation. La cancel culture constituant la dérive ultime que nous connaissons aujourd’hui. Venue des Etats-Unis, elle aboutit à tuer tout débat de manière extrêmement inquiétante.
Et c’est devant les tribunaux que l’on n’hésite plus à traîner des intellectuels à l’image d’un Bruckner, d’un Bensoussan, d’un Houellebecq, ou d’un Zemmour, dont on traque chaque parole pour trouver de quoi les faire condamner, et idéalement les faire taire. Gauche radicale en tête. Le conflit et l’archipellisation des médias aboutissent à tuer le débat en ne s’encombrant plus de la contradiction.

C’est à un tour d’horizon très complet des différents mouvements de pensée actuels que nous convie Eugénie Bastié, dans un paysage intellectuel français qui s’est vivement transformé ces dernières années. Non sans une certaine radicalisation, parfois. De la droitisation à la nouvelle guerre des gauches, des postcoloniaux, intersectionnels et autres mouvements en vogue actuellement, appuyés par la « gauche Mediapart », et souvent qualifiés « d’islamo-gauchistes » aux forces plus traditionnelles, un itinéraire passionnant et très fouillé.

Mais ce sont aussi les nouvelles fractures intellectuelles qui sont ici étudiées, Eugénie Bastié mettant en lumière le véritable combat intellectuel qui règne en matière d’histoire, opposant les tenants du roman national, jouissant depuis quelques années d’un certain succès populaire, aux universitaires de gauche engagés dans la déconstruction et l’émergence d’une histoire postcoloniale à dominante multiculturaliste.
Postmodernisme, radicalisation féministe, déconstruction (héritage de Foucault, Deleuze et Derrida), intersectionnalité, obsession du soi-disant « Privilège blanc » et des rapports dominants/dominés, pensée décoloniale, autant d’éléments d’un fanatisme devenu préoccupant et qui gangrène de plus en plus notre société actuelle, remettant en cause des notions telles que l’universalisme ou même la mixité. Permettant ainsi de mesurer à quel point nous nous trouvons plongés dans une régression intellectuelle inouïe et plus que préoccupante.
Venus des Etats-Unis, le cloisonnement des identités et l’émergence de formations – et même de départements entiers – à l’Université française, consacrés aux études de genres ou de cultural studies prennent des proportions inquiétantes.

De la « guerre des idées », peut-on se demander, ne va-t-on pas passer à la guerre (civile) tout court ? Les faits divers redondants et l’impossibilité du débat laissent parfois penser que nous n’en sommes pas très loin…
Mais Eugénie Bastié se veut plus optimiste et porteuse d’espoir. Tout au moins volontariste. Comme elle, nous pouvons penser que ce sont les idées qui guident le monde, et c’est en ce sens qu’il ne faut jamais baisser les bras et, au contraire, sans cesse se mobiliser pour tenter de faire avancer la connaissance et la réflexion. Car des idées dépend le sort de l’humanité.
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