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Il s'agit d'une histoire complète et indépendante de toute autre, initialement parue sous la forme de 5 épisodes en 2003. Le scénario est de Jason Hall, les dessins et l'encrage de Cliff Chiang, et la mise en couleurs de Dave Stewart.

L'action se déroule en 1925 à Paris, en pleine période du surréalisme. Dans la première scène, un homme de la haute moleste Miette (une prostituée) lors d'une passe. Judith Benoir raconte un rêve à sa sœur, dans lequel elle revit la mort de leurs parents dans une église, puis fait l'amour avec un démon, avant d'avoir la vision du Creeper. Elle est peintre bohème, associée au mouvement du surréalisme. Sa sœur Maddy est une auteure de théâtre qui assume également le rôle de costumière pour essayer de gagner un peu d'argent. L'inspecteur Ric Allain est amoureux de Judith (qui l'ignore) et assigné sur le cas des agressions de prostituées. Mathieu Arbogast est également amoureux de Judith, il appartient à la haute société et essaye désespérément de se faire accepter dans le cercle des surréalistes alors qu'il n'a aucun talent d'artiste. Dans ce contexte, une femme étrangement costumée se faisant appeler le Creeper s'en prend aux possessions de la famille Arbogast et commet des actes de vandalisme relevant d'une provocation artistique vite assimilée au mouvement des surréalistes.

Il est vraisemblable que la réédition de cette histoire en 2013 soit due à la notoriété grandissante de Cliff Chiang, dessinateur principal de la relance réussie de la série Wonder Woman en 2011 dans le cadre de l'opération "New 52", à commencer par Blood. Il s'était déjà fait connaître précédemment pour avoir illustré Tales of the unexpected - Dr. Thirteen de Brian Azzarello (2006). Dès la première scène, le lecteur peut apprécier un trait très élégant, restituant à merveille l'ambiance parisienne, ainsi que l'époque correspondante. Chiang a bien fait son travail de recherches et même un lecteur français aura dû mal à trouver à redire à la représentation des lieux de la capitale. Chiang confère une densité à chaque élément de décors, à chaque façade, grâce à un encrage un peu appuyé, sans tomber dans l'obsession du détail. Il s'agit plutôt de traits un peu gras qui apportent plus de consistance. Le lecteur éprouve la sensation de se déplacer dans Paris (façades et toitures correspondant à l'architecture parisienne, même si chaque bâtiment ne correspond pas forcément à la réalité de l'adresse, le positionnement de la Tour Eiffel est réaliste), de visiter un atelier d'artiste peintre peu aisé (la pièce principale accueillant aussi bien le sofa, que le chevalet, ou encore le mannequin de couture), de pénétrer dans l'intérieur cossu de grands bourgeois (avec service à table réalisé par du personnel de maison), d'assister à la revue de Joséphine Baker dans un grand théâtre parisien, ou encore de prendre un verre au zinc d'un bistro bien de chez nous.

Chaque endroit et chaque scène bénéficie de sa mise en couleurs spécifique, très travaillée par un Dave Stewart au meilleur de sa forme première période, c'est-à-dire avec une palette riche et plus étendue que par la suite (à partir de la fin des années 2000, début des années 2010). Les traits des personnes sont un peu simplifiés, sans qu'ils perdent en personnalité, en spécificité ou en expressivité. Le scénario comprend quelques scènes dénudées et quelques rapports sexuels (tout à fait justifiés) pendant lesquels il est possible d'apercevoir une poitrine nue.

Jason Hall a décidé de situer son récit dans une époque clairement identifiée, et de faire apparaître les personnages historiques de cette période. Il n'y va pas avec le dos de la cuillère puisque défilent André Breton (Manifestes du surréalisme), Kiki de Montparnasse, Ernest Hemingway, Man Ray, Jean Cocteau, Pablo Picasso, Tsugouharu Foujita, Gertrude Stein, Aleister Crowley, et encore une poignée d'autres. Mais alors que Chiang intègre l'action dans l'environnement de Paris, au point que l'histoire en devienne indissociable (elle aurait été différente si elle s'était passée dans un autre endroit), Jason Hall n'effectue pas cette intégration du mouvement surréaliste. Judith et Maddy Benoir n'expriment pas "le fonctionnement réel de la pensée, par automatisme psychique pur, en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale" (André Breton).

Jason Hall raconte une histoire policière, mâtinée de vengeance avec des personnages attachants, sans disposer d'une psychologie très fouillée. Il adapte le concept du superhéros peu commun créé par Steve Ditko (The Creeper by Steve Ditko, 1968/1969) en en retenant le rire de dément, l'apparence inquiétante, et en le recréant dans un contexte différent. Son récit dispose de l'habilité nécessaire pour rendre cette femme et ses actions plausibles, sans exiger un niveau de suspension d'incrédulité trop élevé. L'aspect touristique dans ce Paris des années 1920 est des plus divertissants et le ton de la narration est résolument adulte (principalement pour d'autres raisons que les relations sexuelles), avec quelques sous-entendus peu consensuels (en particulier une relation de nature incestueuse). Hall intègre même 2 personnages de l'univers partagé DC, en toute discrétion, repérables uniquement par les lecteurs avertis, indécelables sinon (Shade de la série Starman et Luigi Zatara, un ancêtre de Zatanna).

Jason Hall, Cliff Chiang et Dave Stewart reprennent le nom du Creeper, réinventent le personnage et racontent une enquête ou un mystère dans le Paris des années 1920. Le récit est savoureux, avec une reconstitution des plus fidèles et des plus séduisantes. Le lecteur pourra juste regretter que les personnages ne soient pas des créations surréalistes.
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