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  • 1984
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Tout a sans doute été écrit sur ce livre, alors plutôt que de parler de l'histoire elle-même, il est peut être plus démonstratif de vous parler de mon histoire avec ce roman...

Dans ma jeunesse je n'ai que très rarement lu, et avec le collège, le lycée et les classes prépas, les choses ne se sont pas arrangées, étant obligé de lire des romans qui ne me plaisaient pas...

Et puis un beau jour, à l'aube de mes 21 ans, un peu par hasard, j'ai ouvert ce livre et j'ai commencé à lire la première page décrivant ce couloir sentant le choux cuit et le vieux tapis, et puis la deuxième parlant du fameux « Big Brother »... Et je n'ai pas pu m'arrêter. J'ai découvert un univers que je connaissais que très peu : celui du voyage par les livres. Projeté dans un monde si dérangeant et pourtant si peu éloigné du notre, je me suis mis à partager les moments de la vie de Winston, avec un plaisir indéniable. Et lorsque je l'ai enfin refermé sur la dernière page, je me suis rendu compte que j'avais envie d'en ouvrir un autre et puis encore un autre...

Depuis je collectionne les lectures, je ne peux m'endormir sans avoir lu au moins quelques pages d'un roman... De Wolfe à Ellis, de Dostoïevski à Dick, de Le Carré à Littell, je n'ai alors jamais plus m'arrêter...

Pour moi ce livre est le plus beau de tous car c'est celui qui m'a donné l'amour de la lecture...
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le 3 janvier 2003
Tout a été dit sur 1984, la figure de Big Brother est passée dans le vocabulaire courant, l'image d'une police omniprésente alimente notre imaginaire et nos craintes. Pourtant sa lecture et relecture n'est jamais une répétition.
Orwell accomplit avec ce roman politique, l'objectif qu'il s'était fixé, fondre l'art et la politique en un même projet.
Première grande oeuvre sur l'expérience totalitaire, publié avant Les origines du totalitarisme d'Arendt (1951), 1984 met en scène les formes insidieuses de l'emprise du pouvoir sur les consciences, la complicité du résistant avec son tortionnaire, la nécessité de l'échec quand tous les liens sociaux se sont défaits.
Orwell nous montre que l'homme n'a à opposer à la toute-puissance totalitaire que la fragilité des liens humains, familiaux ou amoureux, l'attachement à la simple humanité.
1984 clôt l'oeuvre d'Orwell et a contribué injustement à l'occulter. Nous souhaitons que la lecture du livre, sans doute le roman politique du siècle, contribue à sa redécouverte.
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"1984", c'est de toute époque, le récit de dénonciation du totalitarisme. George Orwell décrit dans ce roman futuriste, avec une minutie quasi-scientifique, le fonctionnement d'une société totalitaire ("Océania").

Le tout est pensé - le tout est agi - le tout est dit. Penser différemment, c'est être un fou. Être un fou, c'est représenter un danger pour la société d'enfermement. Il faut donc soit être emprisonné (variantes : camps de concentration, goulags, prisons etc.), soit être ré-éduqué (rééducations nazies, marxistes etc.) ...

L'homme fou peut être réparé; c'est ainsi que s'exprime la magnanimité de la société d'enfermement (cf. les déviantes maladives de l'auto-critique marxiste).

Penser différemment, c'est commencer à critiquer le langage imposé, cette novlangue (mot créé par Orwell) qui affirmait l'anéantissement de l'ancienne langue ("l'ancilangue"). Education, conditionnement, réflexe, vies définies : dans ce pays, abandonnez tout espoir.

Pour nourrir la réflexion du lecteur sur les systèmes totalitaires, je recommande (liste non exhaustive) "La colonie pénitentiaire" de Kafka, "L'Archipel du Goulag" de Soljénitsyne et "Si c'est un homme" de Primo Levy.

Les déclinaisons "douces" de 1984 sont multiples aujourd'hui:

- Les communications stéréotypes, les conventions d'expression médiatiques imposées et non critiquables (cf. "Les nouveaux chiens de garde" de Serge Halimi),

- l'accent mis sur l'éducation insuffisante "des gens" (en lieu et place des citoyens) pour justifier un vote non conforme aux attentes du Pouvoir (exemple : le "non" au référendum sur le TCE).

"1984" est un chef d'oeuvre a-temporel de saine réflexion sur la liberté.
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le 1 février 2004
On connait tous le classique: "big brother is watching you...", et cela n'a peut-etre jamais ete si vrai a l'heure des nouvelles technologies et d'un monde parfois assez surrealiste.
Ce livre est un must pour deux bonnes raisons: la traduction du livre est parfaite et fait bien ressentir les idees de l'auteur, ainsi que le climat oppressant du livre, et de plus, qui ne peut etre touche par la quete ideologique d'un homme, recherchant les plaisirs simple de la vie sous une dictature?
Ne pas manquer de lire non plus l'appendice a la fin du livre, ou se trouve une grammaire expliquee du novlangue, invention geniale de l'auteur pour aller encore plus loin dans cette idee de totalitarisme.
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le 3 août 2008
George Orwell fait parti de ces visionnaires à l'esprit clair et lucide.
Si le contexte dépeint par l'histoire n'est pas advenu en tant que tel en 1984 ou après, il n'en est pas moins présent depuis avant 1984 et encore aujourd'hui.
Si on veut vraiment s'attacher au message d'Orwell qui dénonce la manipulation des masses et de leurs esprits par un pouvoir central alors nous y sommes en plein dedans : manipulation par les médias, consommation à outrance, manœuvres politiques sont la normalité d'aujourd'hui.
Une question : Puisque aujourd'hui plus personne ne peut se passer de sa TV, lorsqu'on aura trouvé l'argument de consommation ou de "sécurité" qui motivera les gens à avoir chez eux des écrans qui les "regardent", que ferez-vous ?
Lisez donc 1984 avant de répondre ...
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le 23 janvier 2005
Dans ce livre, écrit au lendemain de la seconde guerre mondiale, Orwell dépeint de manière terrifiante un monde totalitaire, où l'emprise "du parti" sur les esprits est (presque) totale. Bâtie autour d'un fonctionnaire en charge de la réécriture de l'histoire (sic), la trame du récit est simple, et le style est facilement accessible. L'interêt du livre réside principalement dans son côté "prophétique" (qui n'a pas entendu parler aujourd'hui de Big brother?).
Orwell a senti la menace et donne avec 1984 une véritable mise en garde, un appel à la vigilance. Contre tous les totalitarismes, contres la centralisation du pouvoir, contre l'ignorance et la manipulation, et en défense de la liberté d'expression. Il ne s'agit pas que d'une dénonciation des totalitarismes du passé (nazisme, stalinisme etc...), mais aussi d'un avertissement aux régimes démocratiques, où,suite à l'anéantissement de l'esprit critique et de la raison, risque de s'installer la servitude "volontaire" des masses. Ecrit par un homme de gauche, c'est un livre à lire par tous, quelque soit votre position sur l'axe politique!
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le 9 novembre 2013
Tout d'abord, ce roman est très bon et dès les premières pages on est plongé dans l'univers de dystopie de 1984, entre l'angoisse de la surveillance totale et une société atone.

On suit le parcours d'un homme, vivant dans un monde où les capacités de surveillance sont totales et totalement dirigées par une oligarchie invisible, qui contrôle la population par la manipulation, comme la "novlangue" par exemple, qui consiste en une réduction du vocabulaire afin de faire disparaitre la subtilité de la pensée raccordée à ces mots, empêchant ainsi la structuration d'une pensée complexe. La réécriture de l'histoire en est un autre exemple.

On retrouve également une dénonciation du terrorisme d'état et de la théorie de la tension à travers Goldsmith, qui est le communiste, l'islamiste, le fasciste, soit l’épouvantail qui maintient la tension dans la population et justifie le pouvoir des élites, ces pompiers intervenant à coup de jerricanes d'essences.
Le terrorisme comme inhérence de la société marchande. (rf. Francis Cousin, l’être contre l'avoir).
On peut relier cette technique aux années de plomb en Italie, ou au terrorisme islamique sponsorisé entre autres.

Ce roman constitue également une mise en forme des mécanismes totalitaires possibles à notre époque de technologies avancées.
La reprogrammation finale du héros achève le roman dans une noirceur terrible, où l'Homme a totalement perdu sa liberté, amis surtout son être le plus empirique, son âme. Par cette fin, on entrevoit un monde sans espoir et où le rêve d'un Homme nouveau et accompagné du début à la fin de sa vie est accomplit.
Si cet épilogue peut être interprété au sens propre, l'allégorie d'un système de totalitarisme mou, basé sur un contrôle des esprits par la manipulation, comme la technique du chien de Pavlov, peut également être envisagé. (rf. La fabrique du consentement Chomsky, Propaganda Bernays etc...)

Ce roman est clairement un roman visionnaire, celui d'un génie politique qui a compris la nature "mauvaise" des systèmes soviétiques, mais également du modèle américain dans une certaine mesure.
Et l'on peut dire que ce monde est une fusion des deux systèmes, qui sont d'ailleurs beaucoup plus proche qu'on le croit.

Si ce roman se révèle être une formidable prophétie apocalyptique politique et une mise en garde contre les dangers du futur, L'histoire d'amour qui compose le roman est émouvante et prend un sens particulier dans ce récit. Ainsi, ce roman puise ses qualités dans un suspens et une atmosphère particulière.

Ce roman reste perturbant, car la mise en place d'une telle société de manière définitive peut être effective et le spectre du nouvel ordre mondial plane sur nos vies.
Ceci est également effrayant, car un tel monde déshumanise au sens le plus éternel, aboli le beau, le vrai, la grâce et tout ce qui fait que la vie mérite d’être vécue.
Un monde sans espérance, sans but, sans spiritualité.

Un roman qu'il ne faut surtout pas manquer au vu de sa qualité et de la clairvoyance de l'auteur.
Ce roman est à coupler avec d'autres livres qui étudient ces possibilités, mais doit également être apprécié pour sa qualité formelle.
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Je vais faire court! (Enfin presque...)

Qui ne connaît pas "1984" ?

Qui ne l'a jamais lu ?

Si de ces deux questions, vous vous dîtes : " Moi...", il faut absolument que vous combliez ce manque et que vous le lisez au plus vite !

Ne pas lire "1984" est une offense pour tout « livrophile » qui se respecte !

Avec l'emprise de google, de facebook et j'en passe... l'espionnage des internautes pour des fins publicitaires etc.

Non sérieusement, ce roman écrit en 1948 sonne comme un livre prophétique! Inquiétant... Orwell nous offre là l'un des meilleurs romans d'anticipation de toute l'histoire littéraire !

Et méfiez-vous "Google" euh... "Big Brother is watching YOU !"
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le 3 août 2004
Vous pensez que notre monde entre dans une décadence ininterrompue? ou tout simplement vous ne voulez pas y croire.... ALORS laissez vous allez vers LE livre culte "1984".Dans sa derniére oeuvre,Orwell n'est plus un écrivain, c'est un génie. Winston Smith,39 ans veut comprendre pourquoi le monde a changé, pourquoi le parti transforme tout, module la pensée.Lui seule possède la raison: big brother leur ment,pour cela,il veut se battre: c'est le début d'une lutte,où la mort et la vie se croisent sans retour en arrière.N'ayez plus peur de succomber ... 1984 va indubitablement vous transformer, mieux vous ouvrir les yeux...QUI SAIT? derrière vous BIG BROTHER CAN WATCHING YOU...
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le 4 août 2015
Chef d’œuvre de la dystopie, 1984 fait partie des incontournables du genre et se doit d’être lu ne serait-ce pour la culture générale étant donné le nombre de clins d’œil en référence à cet univers que l’on peut trouver au quotidien. C’est sûrement le livre qui revient le plus souvent sur le tapis dès qu’on parle de politique. Là où Aldous Huxley dépeignait avant lui un futur basé sur la servitude heureuse dans Le meilleurs des mondes, George Orwell présente un totalitarisme fondé sur la contrainte, la surveillance et le mensonge. Deux visions bien différentes d’un monde totalitaire en somme, et même si je pense que celui d’Huxley est plus effrayant, Orwell est meilleur dans sa narration d’où ma petite préférence pour ce dernier. Cela dit, les deux versions se valent et il me semble impossible de trancher de façon catégorique pour l’une ou l’autre sur la question de savoir lequel d’Orwell ou Huxley a visé le plus juste sur l’avenir de nos sociétés. Sans doute, notre futur se situe quelque part entre ces deux systèmes et sera probablement pire que ce qu’on put imaginer ces deux grands noms.

Résumé

Nous sommes en 1984, dans la ville de Londres tombé sous la coupe d’un régime totalitaire dirigé par Angsoc, le Parti dont le terrible slogan est « LA GUERRE C’EST LA PAIX. LA LIBERTÉ C’EST L’ESCLAVAGE. L’IGNORANCE C’EST LA FORCE ». Le monde est divisé en trois grands blocs : l’Océania dont Londres fait partie, l’Estasia et l’Eurasia, tous sous la férule du même type de régime. Winston Smith, un trentenaire, est employé au Ministère de la Vérité (soit le ministère de la propagande), mais contrairement aux autres, il n’aime pas Big Brother. Il n’aime pas ce grand visage moustachu placardé à chaque coin de rue, il n’aime pas ces patrouilles d’hélicoptères qui surveillent les habitations, il n’aime pas ce télécran qui enregistre chacun de ses faits et gestes dans son appartement tout en diffusant en permanence les nouvelles sans pouvoir l’arrêter, il n’aime pas les deux minutes de la haine qui érige un certain Goldstein, leader de la Fraternité, en bouc émissaire... Pour faire court, il n’aime pas le système pour lequel il travaille, et il n’est pas le seul ; Julia et O’Brien semblent le comprendre et partager son point de vue.

Écriture & narration

L’écriture que certains ont pu trouver monotone me semble au contraire tout à fait approprier pour le sujet concerné et permet à mon sens une immersion optimale dans cet univers froid et lourd. La narration porte principalement sur une description méticuleuse du fonctionnement du système (la forme romancée peut être vue assez vite comme un prétexte pour rendre le tout plus digeste) ; il n’y a pas vraiment d’action, seulement la lente routine de Winston qui parvient difficilement à mettre un peu de piment dans sa vie quotidienne de temps à autre. Découpé en trois parties, le livre s’attache d’abord à retranscrire les activités du personnage principal et ses différents questionnements sur le fonctionnement du système ; il comprend comment, mais ne comprend pas pourquoi. La seconde partie se concentre essentiellement sur la liaison qu’il entretient ensuite avec Julia en cachette (après la « découverte », s’installe ainsi une nouvelle forme de routine). Il entame également un livre interdit qui s’emploie à décrire les rouages du système avec grande précision et qui fonde un espoir de changement grâce au possible réveil des prolétaires. Enfin, dans la dernière partie, tandis qu’il est soumis à rudes épreuves autant physiquement que dans ses convictions, O’Brien lui révèle ce fameux pourquoi. C’est sûrement celle qui se lit le plus rapidement, car un peu moins descriptive et d’autant plus captivante que l’on assiste à la toute-puissance du Parti dans sa réalité la plus terrible. L’histoire s’achève sur une fin des plus sinistres avec le renoncement de Winston et une allusion sur ce qui l’attend au bout du compte. On peut le dire, ce livre est cruel. Le final ne laisse aucune note d’espoir, ce qui est purement jouissif (oui, j’affectionne particulièrement les fins atroces).

Personnages

Il y a très peu de personnages dans l’histoire. On peut dire qu’ils se résument à trois puisque les quelques autres sont assez anecdotiques et servent surtout d’exemples de ce que peut produire le système. Ainsi donc, nous avons le personnage principal qu’est Winston Smith et que l’on suit tout du long, celui de Julia qui occupe pas mal de place dans la seconde partie et enfin O’Brien, la grande vedette de la troisième partie. Winston est un antihéros à la personnalité assez fade, presque transparent, ce qui me gêne d’ordinaire (voire m’insupporte) dans les fictions, mais ici présent, je l’ai trouvé tout indiqué. Impossible d’éprouver une quelconque sympathie pour ce personnage et pourtant, ce n’est pas une souffrance de le suivre jusqu’à la fin du roman. L’absence de personnalité de Winston semble totalement assumée et colle en tout point à l’ambiance générale du livre, transformant ainsi ce qu’on pourrait juger d’ordinaire comme étant une faiblesse en une force. Julia, quant à elle, est la petite rebelle de l’ombre ayant trouvé la « technique » ; faire du zèle en public et se montrer exemplaire aux yeux du parti en participant aux maximums de tâches possibles tandis qu’elle viole allègrement les règles en coulisse. Si Winston, dans son grand optimisme, rêve que le système s’effondre, Julia se positionne de façon inverse. Non pas qu’elle aime le Parti, mais son pessimisme la conduit à penser que la lutte est vaine. Deux formes de dissidence qui vont néanmoins s’accorder par la suite pour rendre visite à O’Brien, grande figure du parti intérieur et dit-on de la résistance que l’on nomme la Fraternité. Ce dernier est incontestablement le personnage le plus intéressant par son côté mystérieux et maniéré, d’autant plus qu’il n’est pas ce qu’il parait. À côté de lui, Winston passe pour une misérable crevette tellement O’Brien dispose d’un charisme époustouflant à en faire crever le papier. À cela, s’ajoutent ses répliques particulièrement délicieuses et horrifiantes qui font de la troisième partie une conclusion qui marque l’esprit pendant longtemps, très longtemps…

Intrigue

On peut le dire, le monde d’Orwell est vraiment bien pensé et certains concepts sont proprement terrifiants. La société est divisée en trois tranches bien distinctes : d’une part la masse de prolétaires stupides et manipulés à laquelle le pouvoir distribue une « culture » avilissante et abjecte (« Il existait tout une suite de départements spéciaux qui s’occupaient, pour les prolétaires, de littérature, de musique, de théâtre, et en général de délassement. Là, on produisait des journaux stupides qui ne traitaient presque entièrement que de sport, de crime et d’astrologie, de petits romans à cinq francs, des films juteux de sexualité, des chansons sentimentales composées par des moyens entièrement mécaniques sur un genre de kaléidoscope spécial appelé versificateur. Il y avait même une sous-section entière – appelée en novlangue Pornosex – occupée à produire le genre le plus bas de pornographies » p.62 Folio). Ensuite, les membres ultra-surveillés du Parti extérieur qui sont les fonctionnaires serviles du pouvoir dont la vie est encore moins enviable que les prolétaires ; ils disposent tous d’un télécran qui les surveillent en permanence et qui leur parasite l’esprit en débitant en continu la propagande du Parti. Et enfin, la petite élite que constitue le Parti intérieur, baignant dans le luxe et veillant à la bonne marche du système. Ce qui est autorisé chez les prolétaires – et même encouragé –, est interdit chez les membres du Parti, notamment la question de la sexualité par exemple. Comme l’affirme un slogan du Parti, « Les prolétaires et les animaux sont libres ». Citer directement le texte ici me semble plus opportun qu’un long discours tellement il parle de lui-même : « On n’essayait pourtant pas de les endoctriner avec l’idéologie du Parti. Il n’était pas désirable que les prolétaires puissent avoir des sentiments politiques profonds. Tout ce qu’on leur demandait, c’était un patriotisme primitif auquel on pouvait faire appel chaque fois qu’il était nécessaire de leur faire accepter plus d’heures de travail ou des rations plus réduites. Ainsi, même quand ils se fâchaient, comme ils le faisaient parfois, leur mécontentement ne menait nulle part, car il n’était pas soutenu par des idées générales » p 100 Folio.

Les prolétaires, maintenus dans la pauvreté et l’ignorance ne sont ainsi pas une menace pour le pouvoir puisque leurs préoccupations se concentrent sur leur survie immédiate et non pas sur le politique. Le pouvoir se charge donc de limiter la production et les richesses du pays avec le paravent de la guerre tantôt contre l’Estasia, tantôt contre l’Eurasia. Une guerre dont on peut douter de l’existence réelle en dépit des quelques raids aériens qui visent parfois la population (Winston soupçonne qu’il s’agit là d’opération menée par le pouvoir lui-même et non pas par l’adversaire désigné). D’ailleurs, le pouvoir change l’identité de l’ennemi à sa guise et sans raison apparente tout en faisant croire qu’il en a toujours été ainsi en falsifiant l’histoire (« Qui commande le passé, commande l’avenir ; qui commande le présent, commande le passé » p.391 Folio). Le Parti se charge de dire ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas ; toute autre pensée est hérétique. Il est en mesure de vous faire croire que 2+2=5. Il est également capable de vous faire croire tout et son contraire sans qu’on y trouve à redire grâce au procédé de la double-pensée (« En pleine conscience et avec une absolue bonne foi, émettre des mensonges soigneusement agencés. Retenir simultanément deux opinions qui s’annulent alors qu’on les sait contradictoires et croire à toutes les deux. Employer la logique contre la logique. Répudier la morale alors qu’on se réclame d’elle. Croire en même temps que la démocratie est impossible et que le Parti est gardien de la démocratie » p.51 Folio). L’autre invention géniale du langage se trouve être dans la novlangue, un nouveau langage particulièrement appauvri, dont un même mot peut être élogieux ou méprisant selon le contexte, dont l’objectif affiché est d’anéantir toute possibilité de formuler une véritable réflexion et d’émettre une pensée hérétique (le concept est d’ailleurs particulièrement développé dans l’annexe du livre).

Les déviants sont rapidement démasqués et emmenés au Ministère de l’Amour par la Police de la pensée où croupissent autant les criminels ordinaires que politiques, même si les premiers sont mieux traités que les seconds. Loin d’exécuter bêtement les dissidents comme le ferait n’importe quel régime totalitaire, le Parti se charge auparavant de les « guérir » en les remettant dans le droit chemin de la pensée afin de ne pas en faire des martyrs. Leur nom n’entre ainsi pas dans l’Histoire et ils finissent « vaporisés », ériger à l’état de « nonêtre » comme s’il n’avait jamais existé. Il y aurait encore quantité de choses à retenir de cet ouvrage et je pourrais citer un nombre incalculable de phrases marquantes, mais je pense que le mieux est encore de le lire dès à présent pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, d’autant plus qu’on est loin d’avoir affaire avec une pure œuvre de science-fiction. À mon sens, c’est le genre de livre qu’on peut également relire aisément, car il est d’une telle richesse qu’on en redécouvre des passages. Je termine par une dernière petite citation qui fait réfléchir :

« Dans notre société, ceux qui ont la connaissance la plus complète de ce qui se passe, sont aussi ceux qui sont les plus éloignés de voir le monde tel qu’il est. En général, plus vaste est la compréhension, plus profonde est l’illusion. Le plus intelligent est le moins normal » p.285 Folio
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