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le 19 juin 2010
Aujourd'hui, Octave Mirbeau est un auteur très peu lu, et par ailleurs très peu connu... ce qui semble injuste à la lecture de ce roman paru alors que le monde basculait du XIXème au XXème siècle, en cette année 1900.
L'ouvrage prend la forme d'un journal écrit par une femme de chambre plutôt jeune, nommée Célestine, qui prend fonction en province, dans un lieu nommé Le Prieuré. Elle s'attache à dépeindre son quotidien, les mœurs des autres domestiques, celles de ses maîtres... avec un regard caustique et désabusé : les uns sont menteurs, hypocrites, voleurs ; les autres considèrent les premiers comme des esclaves, les traitent moins bien que leurs animaux de compagnie. Mais ce qu'on retient encore davantage, c'est le terrible dévergondage de tout ce beau monde. Dépravés, sadiques, adultères, adeptes de la luxure ; tels sont les mots qui pourraient le mieux qualifier les personnages de ce roman, jusques et y compris la narratrice. L'histoire ne se résume pas complètement à cela. Le récit se découpe en effet en chapitres de trois types différents : la vie quotidienne au Prieuré, les souvenirs de Célestine sur ses expériences passées en tant que femme de chambre, et enfin une intrigue sur le meurtre d'une fille de la région, qui est l'occasion pour la jeune femme d'indiquer ses soupçons - et de fantasmer - sur celui qu'elle pense être le coupable.
"Le journal d'une femme de chambre" n'est pas un roman qui se laisse facilement résumer, ainsi qu'on s'en sera probablement rendu compte en me lisant. Mais ce n'est pas un problème pour qui le lira, car le style littéraire est excellent, que ce soit pour la narration ou les dialogues. On se laisse également porter par ce que nous raconte Célestine, même lorsqu'il ne s'agit que d'anecdotes ; il y a cependant, il faut bien l'avouer, quelques longueurs par moments.
Au-delà du plaisir et de l'intérêt littéraires, on peut lire "Le journal", comme beaucoup d'autres œuvres de fiction, pour ce qu'il nous enseigne sur l'époque dans laquelle vivaient et l'écrivain, et son héroïne. Ceci est d'autant plus vrai que Mirbeau était journaliste et critique, c'est-à-dire observateur de la société française. Il a d'ailleurs, selon un procédé courant, tenté de se faire passer pour le découvreur de ce journal, plutôt que comme son auteur. Ainsi, son roman prétend en partie décrire et dénoncer les pratiques de ses contemporains, ainsi que "l'humeur" de ce temps - d'où les références à l'affaire Dreyfus par exemple. Ainsi, on peut pèle-mêle comprendre que selon Mirbeau, les maîtres sont tous pervertis, d'autant plus s'ils sont de richesse récente (car rien n'est pire qu'un parvenu, visiblement : la bourgeoisie décrite s'est chaque fois enrichie par des manœuvres suspectes) ; leurs domestiques, traités tantôt comme de la marchandise, tantôt comme des esclaves, sont eux aussi pervertis par ce mode de vie dégradant, et par leur contact avec leurs maîtres : les voilà hypocrites et insolents. Lorsque l'un d'eux paraît dévoué et juste, comme Joseph, il ne faut rien en croire : tous rêvent de s'émanciper, quittes à s'avilir. Quant à la province, elle n'est qu'une triste parodie de la vie parisienne ; et les gens qui se montrent pieux ne le sont pas tant que ça, les riches sont radins, les enrichis veulent des domestiques pour paraître plus riches encore, les femmes pauvres sont battues, et finissent prostituées ou femmes de chambre. Bref, c'est à se demander pourquoi ces années sont aujourd'hui connues sous le nom de "Belle époque" !
Il y a une raison à cela. Mirbeau est en effet exagérément pessimiste, car il écrit un roman qu'on dira "engagé". Soucieux de dépeindre tout ce qui ne va pas dans son époque, il ne parle pas des progrès techniques, scientifiques, de l'hygiène, de la générosité qui a pu exister, etc. ; tout ce qu'il a écrit possède probablement un fond de vérité, mais cela ne suffit pas à dépeindre les années 1890-1900. Le portrait est très noir parce qu'il a été voulu comme tel ; on doit garder cela à l'esprit en lisant (de toute façon, je ne suis pas certain que quelqu'un puisse se dire qu'il n'y avait rien de positif à un moment de l'Histoire).
Ceci étant dit, parlons maintenant de l'édition Folio. Elle est quelconque, en dehors des notes de fin de volume. Pas de dossier pour aller plus loin. Dommage...
Je recommande donc la lecture de ce livre très bien écrit, et qui nous plonge dans la misère, dans les caniveaux, dans les plus grands défauts humains, dans ce que la société peut engendrer de pire en lui conservant sa caution. Il vous ravira, pour peu que vous acceptiez toute cette noirceur.
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le 27 août 2014
Ce journal d'une femme de chambre est le miroir de la société du XIXème siècle, au travers de leur domesticité. Des domestiques, maltraités, insultés, ignorés, réduits parfois en esclavage, voilà ce que nous confie Célestine avec ses mots simples et souvent crus. Spectateurs passifs, nous sommes confrontés à ce non-respect de la personne humaine. Eh oui, c'était ça la "respectable bourgeoisie" de cette époque qui se prélassait dans la perversion. En bref, de la laideur et de la méchanceté à l'état pur. Un roman bien écrit, qui fait partie des aventures de la vie. A lire pour se souvenir que la vie n'est pas toujours un long fleuve tranquille....
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le 11 janvier 2013
Octave Mirbeau nous entraine dans une histoire à sketches au fil des placements de Célestine chez ses maitres.C'est elle qui raconte, jolie, espiègle,gaie, de l'esprit mais pas toujours assez de bon sens, elle va de place en place , d'aventure en aventure ...
C'est le témoignage d'une époque,l'église, l'armée, larRépublique l'antisémitisme exacerbé,le rapport entre valets et patrons, leur condition..
C'est grivois, bien écrit, intime...Bref ça se lit tout seul, ça n'a pas vieilli...Peut-etre certaines situations sont-elles un peu répétitives?
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Le journal d’une femme de chambre/Octave Mirbeau
Publié en 1900, ce roman remarquable d’Octave Mirbeau est le journal intime de Célestine, femme de chambre en Normandie.
De ce roman furent tirés divers films dont ceux de Jean Renoir et celui plus proche de Luis Bunuel avec une extraordinaire Jeanne Moreau dans le rôle de Célestine.
Après avoir connu des déboires dans la capitale, Célestine trouve une place en Normandie. Elle nous conte le quotidien d’une famille bourgeoise, en toute franchise, avec les contraintes sexuelles à la clé. Monsieur est un homme tranquille, qui a abdiqué toute autorité de maître de maison et toute dignité d’homme au profit de sa femme. Mais ses regards vers Célestine en disent long ! Il est vrai que Monsieur et Madame ne sont plus rien l’un pour l’autre. Madame dirige tout, règle tout, organise tout, administre tout.
Octave Mirbeau se livre dans un style élégant, fluide et raffiné à une violente satire des mœurs provinciales et parisiennes de la Belle Époque, en mettant en relief cet antisémitisme latent et ce nationalisme qui prévalaient alors. L’affaire Dreyfus est dans tous les esprits.
Célestine est une fine et intelligente observatrice qui adore servir à table, car c’est là que l’on surprend ses maîtres dans toute leur saleté et dans toute la bassesse de leur nature intime.
Mais elle connaît des moments de mélancolie et la solitude lui pèse parfois et elle écrit dans son journal :
« La solitude, ce n’est pas de vivre seule, c’est de vivre chez les autres, chez des gens qui ne s’intéressent pas à vous, pour qui vous comptez moins qu’un chien, gavé de pâtée, ou qu’une fleur soignée comme un enfant de riche…des gens dont vous n’avez que les défroques inutiles ou les restes gâtés. »
Cette solitude est autant morale que physique : « Des désirs me persécutaient et faute de les pouvoir satisfaire comme j’eusse voulu, me livraient avec une frénésie sauvage à l’abêtissante, à la morne obsession de mes propres caresses. »
Célestine n’est pas insensible à la poésie et écrit :
« Ce qu’il ya de sublime dans les vers, c’est qu’il n’est point besoin d’être savant pour les comprendre et pour les aimer…au contraire…Les savants ne les comprennent pas et la plupart du temps, ils les méprisent…Pour aimer les vers, il suffit d’avoir une âme…une petite âme toute nue, comme une fleur… »
Les rencontres que fait Célestine, jeune fille naïve et innocente, dans les premiers temps, ne lui laisse pas souvent de beaux souvenirs :
« Rien ne m’était pénible comme de voir que je n’eusse pas laissé la moindre trace d’affection, pas la plus petite tendresse dans le cœur de cet homme, bien que je me pliasse à tous les caprices de sa luxure, que j’acceptasse à l’avance, que je devançasse même toutes ses fantaisies…Et Dieu sait s’il en avait d’extraordinaires, Dieu sait qu’il en avait d’effrayantes ! Ce qu’il était corrompu, ce morveux ! Pire qu’un vieux, plus inventif et plus féroce dans la débauche qu’un sénile impuissant ou un prêtre satanique. »
Un beau jour, le destin sourit à la sympathique Célestine et bien qu’elle affirmât souvent que d’être domestique, on a ça dans le sang, elle sut renoncer sans regret au spectacle du luxe bourgeois pour vivre une belle aventure, avec l’amour, le vrai, en offrande.
Un roman passionnant très bien écrit, en toute simplicité.
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le 3 septembre 2013
Je ne connaissais pas Octave Mirbeau et encore moins ce roman. Après avoir vu l'adaptation faite par Luis Bunel sur ARTE, j'avais envie de connaître la version écrite. Le témoignage de Célestine est poignant !!! Certains passages sont bien crus...
J'adore cette version numérique des éditions Septième Ciel. La mise en page est soignée et les illustrations de Theary Plong sont simplement superbes.
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le 28 juillet 2015
Oh ! l'admirable, le délectable bouquin ! Moi qui chéris depuis longtemps "le Jardin des Supplices", j'avais un peu de mal avec les romans à historiettes de Mirbeau ("les 21 jours d'un neurasthénique", "La 628-E8") qui montrent qu'il est surtout un excellent nouvelliste (voir le parfait "Mémoire pour un avocat"). Mais ce "Journal d'une femme de chambre", sans conteste son autre chef-d’œuvre, combine avec bonheur une vraie trame romanesque, centrée sur un personnage espiègle et attachant de domestique à la fois délurée et fleur bleue (alliance très "mirbellienne"), avec une structure à tiroirs qui enchâsse dans le récit principal les souvenirs variés de la narratrice sur son enfance malheureuse et ses "places" successives, prétextes à une galerie de portrait où la méchanceté n'exclut pas la tendresse. Le tout renouvelle brillamment, dans la forme, le ton et les thèmes, le genre du roman picaresque. Car l'objectif de Mirbeau, dans ce livre comme dans la plupart de ses écrits, est de débusquer les turpitudes, les hypocrisies et la bêtise de la société de son époque (aisément transposables à la nôtre : tout, en effet peut être ramené à l'argent, au pouvoir et au sexe). En ce sens, il est aussi un précurseur de la froide satire houellebecquienne comme de la rage humaniste du "Voyage " de Céline et s'inscrit donc, à mon sens, dans un des courants majeurs de la littérature française qu'on pourrait appeler la "littérature vérité" et que les cuistres taxent volontiers de cynisme parce que l'ironie y joue un rôle majeur. Sans doute aussi parce qu'ils s'y voient trop bien dépeints et leur fatuité démasquée.
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le 18 septembre 2014
C,était super sympa et agréable a lire. Repenser au travail des gens de maisons,les problèmes, les joies,leurs vies, heureusement que la vie a évoluée,mais je suis sur que chez certains riches c'est la même vie que mènent ces pauvres gens a notre époque.Ils ne doivent pas pouvoir ou savoir se défendre.IL vaut mieux être pauvre , mais libre.
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ce journal intime volontairement donné à autrui, donne l'impression que le personnage s'adresse à nous.
Avec un mélange d'argo, de vieilles tournures française, ces confessions sont vivantes.
"gentil" qualifie des objets plutôt que des personnes.
La vie d'une servante, fin du XXe siècle, principalement à Paris est expliquée, dans les moindres détails.
Tout y passe : religion, politique, économie, et des choses plus privées comme le sexe et bien entendu les petits secrets des patrons.
Célestine n'est point sotte, plutôt jolie, spontanée, voire impulsive.
On ne s'ennuie pas.
Son mot favori "épatant" s'applique sans problème à ce livre.
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le 10 juin 2013
J'ai beaucoup aimé. Suivre les commentaires personnels d'une femme de chambre peu banal est justement quelque chose de peu banal.
Elle raconte ses états d'âme au fur et à mesure qu'elle évolue et observe les personnes qu'elles sert.

Un journal intime qui met le lecteur en position "d'observateur".
Lecture recommandée sans problème.
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le 24 août 2015
Sur le fond : très bien ficelé, construit. Le livre est beaucoup moins "osé" que ne l'a interprété Bunuel. La description de la condition des domestiques du début de siècle est passionnante. Par contre, les "patrons" ne sont pas tous des désaxés, bien que le déniaisement du fils de famille soit de tradition : attention ! Il n'est pas question de mettre la bonne enceinte et c'est cette dernière qui est impitoyablement mise à la porte. Mais, en fait, cette conception de la domestique-esclave a perduré jusqu'après la guerre 39/40 dans certains milieux et il en reste des traces encore aujourd'hui , avec les importations de Philippines, de Cambodgiennes ou de Thai, Ces dernières, trop contentes d'avoir un travail et un peu d'argent ne pensent pas à se plaindre.
Pour moi, ce qui justifie particulièrement les 5 étoiles, c'est la langue. Que c'est bien écrit ! Ça fait tellement plaisir quand aujourd'hui tout le monde prétend devenir écrivain avec des fautes de français,de syntaxe, des fautes d'orthographe, de ponctuation des erreurs sur les mots ou les fautes de frappe.
Pour une fois les relecteurs ont fait leur métier et je n'ai pas repéré aucune de ces fautes. C'est rafraîchissant !
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