Cliquez ici undrgrnd Cliquez ici RentreeScolaire Cloud Drive Photos Learn more nav_WSHT16 cliquez_ici Cliquez ici En savoir plus Achetez Kindle Paperwhite cliquez_ici Jeux Vidéo



Un problème s'est produit lors du filtrage des commentaires. Veuillez réessayer ultérieurement.

le 29 mai 2017
Un roman profond, un réel chef d'oeuvre (et il en existe peu de "vrais"!) Par contre, honte à Amazon qui n'a pas mis à jour la biographie de Tournier sur son site. "Depuis 1972, il siège à l’Académie Goncourt, partage son temps entre écriture, articles, essais mais aussi rencontres avec son public, la jeunesse." dit sa bio sur votre site. Michel Tournier est mort le 18 janvier 2016...
0Commentaire|Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 26 mai 2007
Tiffauges.. Le nom du personnage principal est aussi celui du chateau vendéen de Gilles de Rais: le Seigneur de Tiffauges. Le ton est donné. Attention, ce livre est exceptionnel, mais aussi pervers, déroutant, dévoilant les atrocités humaines par le biais de ce personnage repoussant traversant la France, puis l'allemagne nazie. La construction du livre est superbe, l'écriture magique. La thématique et les atrocités de la seconde guerre mondiale prennent forme dans les déviances libérées du personnage. Les horreurs de cette époque sont bel et bien indissociables du genre humain. Epoustouflant !
0Commentaire| 13 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
Couronné à l’unanimité par le prix Goncourt en 1970, le roman Le Roi des aulnes de Michel Tournier, dont le titre fait référence au célèbre poème Erlkönig de Gœthe, nous raconte l’odyssée d’Abel Tiffauges (Tiffauges est le nom d’une ancienne terre de Barbe-Bleue).

Abel est un garagiste de 110 kilos doté d’un sexe minuscule. Il rôde autour des établissements scolaires. Au cours des deux années qui précèdent la débâcle, il tient un journal où il ne néglige pas l’imparfait du subjonctif. Ses souvenirs de collège alternent, sous la plume de l’auteur, avec des considérations sur l’art, la photographie, l’opéra, le transit intestinal, les turpitudes de l’Église, la « vérole patriotique », « l’aberration conjugale », « la diarrhée démographique », les absurdités du code pénal, et la justification plus ou moins claire d’une pédophilie qui ne sera franchement dévoilée que vingt ans plus tard, dans Aventures africaines*. Tournier l’écrit dans Le Vent Paraclet, l’âme de Tiffauges, cet ogre fasciné par les cuisses et les fesses des garçons de douze ans, avant « la catastrophe pubertaire », elle est à l’image de celle de son romancier.

Après ce démarrage de quelque 140 pages, dont certaines il est vrai superbes, direction la Prusse orientale. Tiffauges, qui a été fait prisonnier en Alsace, dit sa joie d’entrer en Allemagne, véritable terre promise. Arrivé au camp, il vit même « dans une grande béatitude fécale », se rendant chaque soir aux feuillées pour le meilleur moment de sa journée :

« Parenthèse de solitude, de calme et de recueillement dans l’acte défécatoire, accompli généreusement et sans effort excessif, par un glissement régulier de l’étron dans le fourreau lubrifié des muqueuses. »

Sans présenter l’ampleur qui sera celle des Bienveillantes, quoique d’une puissance d’évocation comparable — et quelque chose du Prince Éric —, le roman donne libre cours à une germanophilie manifeste (d’un point de vue extramoral, purement esthétique) comme à un certain goût de la provocation.

Fruit d’un travail de documentation à la Flaubert, sur les pigeons voyageurs ou la vénerie, par exemple, avec un débordement du réalisme vers l’onirique et le fantastique, Le Roi des aulnes, où se décèle en filigrane l’influence de Günther Grass comme de Maurice Genevoix, et surtout de Gide et de Nietzsche, est écrit dans une langue classique, savamment descriptive et riche de mots rares, non sans beauté.

* Le Médianoche amoureux, 1989 (Folio)
0Commentaire| 31 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 21 juin 2016
Abel Tiffauges est convaincu qu'il est voué à un destin exceptionnel. Il pense que tout concourt à la réalisation de ses desseins puisque la Providence elle-même semble ne dresser aucun obstacle en travers de sa route. Pour lui, tout est signe dans le monde et il lui incombe de déchiffrer ces signes pour comprendre le monde et le posséder.

C'est en la personne de l'enfant, pense -t-il , que l'explication de tout réside . L'enfant d'avant la chute: celui qui n'a pas encore connu la souillure avec le passage à la puberté, celui qui n'est encore que pureté, innocence qui symbolise l'unité préservée par opposition au monde de l'adulte celui de la séparation du cocon originel, de la puberté et de l'anéantissement du monde de l'enfance. Monde adulte auquel Tiffauges refuse d'adhérer, de participer.

Abel est un ogre, un prédateur d'enfants, un homme dont le monde et inversé et où le salut réside dans la possession de l'enfant, de tous les enfants afin d'essayer de reconstituer son unité première à lui Tiffauges.

Sa nature monstrueuse prend son plein essor au moment de la deuxième guerre mondiale où il est envoyé en Allemagne pour y travailler. Cette rencontre avec un pays en proie lui aussi à une inversion complète de ses valeurs et de ses lois avec l'idéologie nazie est le terreau idéalement propice sur lequel Tiffauges va pouvoir accomplir librement ses forfaits. C'est que dans cette Allemagne un autre Ogre, Hitler, est à l'oeuvre, lui aussi, qui enrôle toute une jeunesse destinée à lui être sacrifiée pour le bien du pays et pour sa plus grande gloire. Ils ont tous deux oublié et dévoyé la signification de la Phorie qui est de porter l'enfant afin de lui faire franchir les obstacles. Ils l'ont au contraire élevé, éduqué dans le seul but de le condamner à mort.

Si Tiffauges agit en toute impunité, c'est parce que le monde autour de lui vacille: la guerre a facilité son travail car elle a renversé les règles, le chaos a remplacé l'ordre. C'est aussi et surtout parce qu'il opère dans un monde obscur comme lorsqu'il s'adonne à la photographie. Un passion qui amplifie ses fantasmes puisqu'elle transforme le réel en mythe: l'enfant photographié est dématérialisé et devient donc une image et de ce fait objet de tous ses fantasmes et le passage à l'acte n'est déjà plus pour lui aussi effrayant puisque l'enfant est déshumanisé comme sanctifié.

D'ailleurs, ce n'est pas une coÏncidence si Abel se réfère aux textes bibliques et si l'éducation religieuse qu'il a reçue a fortement façonné sa personnalité car la religion exalte la pureté, l'innocence de l'enfant et exècre la sexualité adulte ,coupable de tous les péchés donc condamne quelque part ce nécessaire passage à l' âge adulte.

C'est un aveuglement dont semble frapper les adultes qui ne distinguent pas les Tiffauges qui eux sont pourvus d' un oeil profond (c'est le sens de son nom d'ailleurs) et de leur double maléficié (oeil malade) et qui pensent que ces êtres ne sont enfantés que lorsque se présentent des conditions historiques particulières et refusent de s' interroger sur la "part de monstruosité" que chacun recèle et qui resurgit comme un terrible rappel préférant croire qu'il s'agit d'une anomalie extérieure à la condition humaine.

C'est un roman très dense, compact, parfois angoissant du fait de l'extrême lucidité et de l' intelligence dont son héros est pourvu.
Il est plus que difficile de résumer et d'analyser ce roman parce que l'auteur s'y est déjà brillamment livré tout au long du roman .
Ses interprétations bibliques, symboliques et psychanalytiques sont passionnantes. Son style est parfait.
0Commentaire| Une personne a trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 23 février 2016
C'est très documenté, mais glauque et composé bizarrement. ; je suis surpris qu'il ait eu le prix Goncourt; mais je suis peut-être idiot.
0Commentaire| Une personne a trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 2 octobre 2000
C'est l'histoire d'un fou qui lentement, mais sûrement, se promeut dans un système totalitaire: le Troisième Reich. Pour nous raconter cette ascencion, Michel Tournier jongle entre le journal d'Abel Tiffauges et la narration... et le narrateur finit par être contaminé par la folie de son personnage, à tel point que cette dernière devient normalité. Bien que, par la difficulité de son sujet et de certains des mots employés, il ne soit peut-être pas à la portée de tout le monde, ce livre est magnifique, tant dans l'histoire que dans le style mis en oeuvre.
0Commentaire| 31 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 6 juillet 2005
C'est mon préféré de Tournier, j'avoue l'avoir lu plusieurs fois, et il m'arrive souvent, pour un plaisir intense et rare, de reprendre ce livre pour déguster les scènes de légende et leurs mots rares : la nuit de goinfrerie avec Nestor ("un seau de confiture et un bloc de gruyère"), la découverte du vestiare des petites filles ("La vision que j'eus m'obligea à m'appuyer au chambranle de la porte"), la rencontre de l'élan aveugle, le Oberreichjäger Goering ("les laissées")... C'est merveilleux. Le film avec Malkovitch était bon (pour un sujet pour le moins difficile), mais c'est la référence phorique (Christophe-l'ogre-le cheval noir-Nestor) qui emporte tout et laisse rêveur sur le rôle devoué à la virilité dans notre monde en perdition.
0Commentaire| 20 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 24 octobre 2014
Chauffé à blanc par "Vendredi ou les limbes du pacifique", foutu chef d'œuvre qui avait fait l'effet d'une pilule de viagra sur moin cerveau sous-alimenté en produits culturels de qualité, je me suis jeté sur "le roi des Aulnes", du même Michel Tournier, lauréat du prix Goncourt 1970, comme un Biafra sur un steak. Mes attentes ont été récompensées au delà du raisonnable. Tournier signe une fois de plus un roman foisonnant et extrêmement érudit dans lequel la femme est quasiment absente ou rapidement évoquée. Tu me diras, ça nous repose...

Ce récit pétri de philosophie -- je rappelle que Tournier est philosophe de "formation", bien que j'exècre ce terme pour parler de cette discipline... comme si il fallait une formation pour être amoureux ou pacifiste -- ce récit, donc, narre l'épopée d'Abel Tiffauges (le domaine de Tiffauges était le fief du tristement célèbre Gilles de Rais), de son enfance au sein d'un pensionnat de garçons où sa personnalité de gros taré va éclore, jusqu'à son enrôlement forcé dans l'armée française en 1939, puis sa déportation en Prusse orientale, d'abord en tant que prisonnier de guerre, puis façon Eric Zemmour, en tant que, disons-le carrément, collabo sans vergogne qui bouffe à tous les râteliers.

Initié à leur lecture dès son enfance par un camarade joufflu et pervers (dont le prénom, Nestor, est à chercher du coté de la bible), Abel voit dans les moindres aspects de son existence des signes le portant vers un destin grandiose. C'est une sorte de Michael Vendetta microgénitomorphe qui aurait plus de dix mots à son vocabulaire, quoi. Ce qui fait rapidement du héros un personnage inquiétant et malsain, c'est son irrésistible attirance pour les enfants et ses réflexions à leur sujet consignée dans ses "Ecrits Sinistres".

Car Abel Tiffauges est un pédophile, dans son acception la moins courante du terme mais la plus littérale (pédophile : qui aime les enfants). Bien que ce géant d'un mètre quatre-vingt-dix ne soit poussé par aucune pulsion sexuelle, son attitude et ses étranges pensées n'ont de cesse de provoquer le malaise, et on tourne la dernière page du roman sans avoir pu déterminer clairement si "l'ogre de Rominten" est un salopard déviant qui se ment à lui-même ou le véritable protecteur des enfants.

Tout de même, j'avais déjà dans "Vendredi" remarqué quelques relents nauséabonds camouflés par un développement et un style brillant, ainsi qu'on peut déceler l'antisémitisme primaire de Céline dès le début de son œuvre. Cependant, comme j'ai tendance à penser que le talent amende à peu près toutes les outrances de langage (et je ne suis pas le seul ; regarde de quelle manière MJ, grand suceur de queues nubiles devant l'éternel, a été canonisé dans l'opinion publique depuis qu'il a fait une indigestion d'anesthésique), je ne lui en tiens pas rigueur.

Parce que du talent, il en a à revendre, le père Tournier. Si on pouvait mettre en baril l'excédent, je connais quelques auteurs qui feraient bien de lui racheter. A coté, la prose du gazier Modiano, prix Nobel de littérature tout frais émoulu, ressemble à une rédac poussive d'élève de quatrième !... J'ai pas d'actions chez Tournier, je dis ce qui est. Fais-toi ta propre idée, et pense à te munir d'un solide dico avant de t'aventurer dans la jungle touffue du Roi des Aulnes, ça te sera aussi utile qu'une machette en forêt équatoriale ou du lubrifiant anal dans l'arrière-chambre du bar gay où tu as tes habitudes. Moi, j'ai sorti le mien à peu près toutes les cinq minutes. Mon dico, fleur de nave ! pas mon lubrifiant !...
11 commentaire| 21 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 19 juin 2008
D'une richesse symbolique extraordinaire, « Le roi des Aulnes » nous transporte dans un monde rempli de signes que Tiffauges, le personnage central, a la chance de savoir lire. Ce don permet à celui qui se fera appeler Tiefauge (oeil profond) en Allemagne de jouir d'une relation privilégiée avec « le ressort de l'univers ».
Cette conscience d'être mu par un destin extraordinaire donne la possibilité à Tiffauges de participer doublement à l'histoire. Il participe d'abord à l'histoire qui lui est contemporaine, soit la défaite de la France. Loin d'être une débâcle pour lui, cette déroute lui permet de découvrir l'Allemagne, « le pays des essences pures où tout ce qui passe est symbole».
Ce séjour le libérera à plus d'un titre. D'abord prisonnier, il accède progressivement à des fonctions importantes. Mais surtout, sa présence en Prusse orientale, où tout est « constellation d'allégories », lui permet de s'élever à «une puissance supérieure, encore jamais atteinte » : l'histoire éternelle.
Et les liens avec la double histoire sont abondants. Ils se déclinent en de nombreuses figures qui rendent Tiffauges solidaire :
- d'Abel et Caïn, premier meurtre biblique, qui est réactualisé par le génocide des juifs et des tsiganes, les peuples errants, tout comme l'était Abel le nomade (le prénom de Tiffauges est d'ailleurs Abel);
- du roi des Aulnes, cet homme au pouvoir considérable découvert presque intact dans une tourbière en 1942 et dont la mort a pu être datée de manière très précise : « en même temps que la Cène, cet ultime repas pascal qui réunit avant la Passion Jésus et ses disciples. Ainsi au moment même où la religion judéo-méditerranéenne prenait son essor au Proche-Orient, un rite analogue fondait (=disparaître) ici même, peut-être, une religion parallèle, strictement nordique et même germanique. »
On l'a deviné, le nouveau roi des Aulnes, c'est Abel Tiffauges, qui réussit à porter sur ses épaules l'histoire universelle tout comme il porte sur lui des enfants. Grâce à cette figure de la « phorie » (= porter), omniprésente dans le roman, Tiffauges participe aux deux histoires (contemporaine et éternelle) de manière humble et altruiste : porter un jeune sur ses épaules, c'est « se mettre sous la protection de l'enfant, se sauver en sauvant, assumer un poids, mais un poids de lumière, une charge d'innocence ! ».
Prix Goncourt vraiment mérité, « Le roi des Aulnes » ne se contente pas de délivrer des symboles sans que l'on puisse saisir leur sens. Au contraire, il nous fournit également de nombreuses possibilités d'interprétations qui contribuent à donner énormément de profondeur à ce livre « porte-littérature ».
0Commentaire| 10 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
Très cérébral, documenté, riche en images fortes et symboliques. Un éclairage astucieux de l'Allemagne de 39-45. Le personnage principal porte avec lui un malaise (perversité, scatologie, folie) qui peut déplaire à certains lecteurs.
0Commentaire| 6 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus

Les client ont également visualisé ces articles

8,20 €
9,80 €

Avez-vous besoin du service clients? Cliquez ici