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TEMPLE DE LA RENOMMEEle 21 février 2011
Dostoïevski s'attèle à un immense canevas qu'il est difficile de définir en deux mots et dont les limites semblent elles-même assez floues. Une fois n'est pas coutume, je vais commencer par un extrait, issu de la bouche de Stepan agonisant, qui me semble révélateur avant de commenter:

"Ces démons qui quittent (NB: l'auteur vient de citer le passage correspondant dans les évangiles, pour ceux que cela intéresse, il s'agit de l'épisode du démoniaque gérasénien dans les évangiles de Marc, Matthieu ou Luc) le malade pour entrer dans les pourceaux, ce sont tous ces ulcères, ces miasmes, toute cette pourriture, tous ces démons grands et petits, qui s'étaient accumulés dans notre chère et grande malade, notre Russie, depuis des siècles, des siècles. Oui, cette Russie, que j'aimais toujours. Mais une grande pensée, une volonté supérieure descendront d'en haut sur elle comme sur ce possédé, et tous ces démons, cette pourriture, cette plaie qui suppure... la quitteront... et demanderont qu'on leur permette d'entrer dans les pourceaux. Ils se peut même qu'ils y soient déjà entrés! C'est nous, nous et ces autres: Petroucha... et les autres avec lui et moi, peut-être, à leur tête... et nous nous jetterons tous, possédés et insensés, dans la mer et nous seront noyés, et ce sera bien fait, car nous ne sommes bons qu'à cela. Mais la malade guérira et s'assiéra aux pieds de Jésus..."

On comprend bien je pense le message que cherche à faire passer Dostoïevski. En ces années 1870, la Russie connaît des troubles, l'ancien ordre établi vacille (notamment depuis l'abolition du servage en 1861), la religion vit une crise et les ferments de la révolte "à la française" commencent à voir le jour. Des opportunistes de tous poils cherchent à souffler sur les étincelles à coups d'idéologies (socialiste, nihiliste, autres) pour mettre le feu à la Russie et se saisir du pouvoir quitte à s'adonner au bain de sang. L'aristocratie déchue et proche de la ruine (suite au partage des terres) n'y est pas étrangère. C'est donc ce faisceau de craintes et de menaces que l'auteur essaie de dépeindre dans cet étrange ouvrage, mi politique, mi social, mi romantique, mi mystique (les amateurs de Pagnol noteront que comme César, moi aussi j'ai 4 tiers dans mon cocktail). L'auteur bâtit un scénario à échafaudage animé d'une myriade de personnages (les noms russes avec double prénom, à la longue, finissent par tous se ressembler, je vous conseille de mettre un repère à la page de présentation des personnages, ça vous sera utile jusqu'au bout) dont les principaux semblent être Nikolaï Vsévolodovitch Stavroguine et Petr Stépanovitch Verkhovensky. Le premier symbolisant l'aristocratie décadente, le second, les classes supérieures arrivistes semant le trouble, l'ensemble constituant les démons dont le Russie possédée devra se débarrasser pour recouvrer sa sérénité séculaire.
En somme, une lecture un peu alambiquée, mais pas désagréable, on ne sait pas trop où l'auteur nous emmène, mais il nous emmène. Un séjour en apnée dans la demi-folie ambiante de presque tous ses personnages.
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le 22 janvier 2011
Sur le fond d'avènement du socialisme, ce roman inspiré d'une affaire russe de 1870 traite de l'exploitation de la "Cause" par des "possédés". Avec 50 d'avance, Dostoievski nous donne un manuel du totalitarisme. Cela fait froid dans le dos.

Comme d'habitude, le traitement de la folie russe (l'esprit russe) est magistral. Cependant, ce n'est pas le meilleur livre de Dostoievski. Entre autre "défauts" (si tant est que je puisse me permettre), la trame parait parfois bâclée, on se perd aussi dans la pléthore des personnages (les noms russes : quel calvaire !). En outre, les caractères sont vraiment invraisemblables. Malgré cela, le roman vaut la peine d'être lu. Les quelques fulgurances extralucides feront plaisir aux amateurs, elles édifieront ceux qui ne le connaissent pas encore.

Si vous voulez vous initier à cet auteur : l'Idiot, les frères Karamazov et Crime et Châtiments sont à mon avis de meilleures entrée en matière. (ils sont aussi plus confortables à lire), mais ce n'en demeure pas moins un bon roman.
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le 24 mai 2013
Quelle merveille!!!

La vie grouille, là, sous nos yeux, immense et ridicule.

Une très grande oeuvre.

je l'ai lu d'une traite, cela vaut le détour.
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le 25 décembre 2015
Que de grâce ,d'intelligence ,de verve dans ce roman . Très riche parlant de Dieu ,de politique , des classes sociales et qqs beaux portraits de femmes
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le 20 septembre 2016
La note n'est pas pour le roman en soi mais pour l'état dans lequel j'ai reçu le livre.

Pages abîmées, couverture qui donne l'impression que le livre vient d'être lu récemment, taches grisâtres sur la tranche. Bref un livre acheté au prix neuf mais dans un état "seconde main".

Et ne me dites pas que le colis a peut-être été abîmé pendant le transport car le carton d'emballage est intact !

La personne qui l'a lu avant moi l'a-t-il apprécié au moins ?
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le 7 novembre 2001
Ce roman de Dostoïevki, sans doute moins connu que "Crime et châtiment" ou "Les frères Karamazov" est tout simplement génial, plaisant et long et c'est un vrai régal.
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le 11 février 2007
Attention, c'est le même opus selon l'éditeur. Il est appelé "Les démons" chez folio et "Les possédés" en livre de poche !
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