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On le voit mieux dans la version originale que dans la traduction française : Salman Rushdie est un de ces écrivains multilingues qui revendiquent le droit à s'approprier la langue de Shakespeare pour la réinventer en l'enrichissant de toutes ses variantes issues du brassage culturel de l'Empire britannique et de la globalisation, avec en plus cette particularité chez lui d'arriver à ancrer le fantastique dans la réalité pour mieux rendre compte de l'intrication des mythologies avec les problématiques de son temps.
« Ceux qui comptent le plus pour moi sont ceux qui entreprennent des reformulations radicales de la langue, de la forme, des idées, ceux qui essaient ce sur quoi le mot « novel » semble insister : voir le monde à neuf. Je me rends bien compte que cette tentative peut déranger, voire exaspérer » disait-il, et il avait raison de le craindre. Mais c'était moins sur la forme que sur le fond que le public, ceux qui ont lu son livre autant que ceux qui ne l'ont pas lu, va le dénigrer.
Il écrivait : « Si la religion est une réponse, si l'idéologie politique est une réponse, alors la littérature est un questionnement ; la grande littérature, en posant des questions hors de l'ordinaire, ouvre de nouvelles portes .» Et l'une des questions au centre de son livre est :sur quoi se base la personnalité, les croyances de chacun ? Quelle est la nature de la foi religieuse et celle des miracles, qui en seraient les conséquences visibles ?
La foi est-elle celle de Mahomet qui, d'après les hypothétiques Versets Sataniques, aurait par calcul politique, fait concession à l'idolâtrie pour convertir les habitants de la Mecque ?
Ou bien est-elle cette ferveur qui pousse tout un village à réaliser en dépit du bon sens un pèlerinage à pied pour suivre Ayesha, cette mystérieuse jeune femme aux papillons qui leur a promis que la mer d'Arabie s'ouvrira devant eux ? « Tout vous sera demandé. Tout vous sera donné » se borne t-elle à répéter à chaque question. Au lieu de trancher, l'auteur installe le doute en donnant la parole aux pèlerins qui, aux yeux des observateurs, se sont tous noyés: Non, la mer s'est ouverte devant eux et ne les a pas engloutis. Existerait-il alors, semble-t-il suggérer, deux mondes parallèles, celui de la foi qui déplace les montagnes et soulève la mer, et celui des lois physiques de la gravité ?
Ou bien encore, la foi relève-t-elle de la psychiatrie ? Comme celle de Gabriel Faritsha, infantile et mégalomane, projetant avec une ingénuité désarmante ses démons intérieurs vers le monde extérieur, prêtant des intentions à Dieu pour justifier ses actes, obsédé par la pureté au point de se prendre pour l'ange Gabriel investi de la mission de détruire le Mal par le feu. Et comme chacun sait, qui veut faire l'ange fait la bête, il finira en assassin.
La foi ne serait-elle pas plus prosaïque, comme celle de Saladin Chamcha, l'antithèse de Gabriel, qui frotta, malgré son scepticisme notoire, la lampe d'Aladin que lui a légué son père pour faire apparaitre, non pas le Djinn qui exaucera son vœu le plus cher, mais la femme qu'il a quitté et qu'il espère de tout cœur retrouver ? Miracle, hasard ou synchronicité ?
Pour avoir mis en évidence les limites confuses entre le Bien et le Mal, et remis en question les fondements de la foi religieuse, Rushdie va s'attirer les foudres des conservateurs de tous bords ; de l'Establishment représenté par le secrétaire d'État Geoffrey Howe et par l'archevêque de Canterbury qui invoqua les lois anglaises contre le blasphème, en passant par Khomeiny qui, se sentant visé à travers le personnage de l'Iman, lui colla une Fatwa, jusqu'à al Qu'aida qui, ne voulant pas être en reste avec les autres, le mit sur la liste des dix hommes à abattre, à côté du défunt Charb, de Charlie Hebdo. Il est révélateur que tous ces hommes de pouvoir, pour qui la religion doit rester un sujet intouchable, aient ignoré l'aspect philosophique du débat pour ne retenir que l'aspect politique, le voyant avant tout comme une menace contre l'ordre établi. Et pour cause : la religion est l'instrument ultime de domination des masses, bien plus sophistiqué que le bâton et la carotte ; car pour manier le bâton, il aurait fallu mettre un flic derrière chacun, et quant à la carotte, les promesses non tenues sont toujours sanctionnées aux échéances électorales. Avec l'endoctrinement religieux, aucun risque. La censure est installée à demeure dans la conscience de chacun, et si l'intéressé s'aperçoit à sa mort qu'il a été blousé, qu'il n'y a ni enfer ni paradis, eh bien, il n'a qu'à s'en prendre à sa propre crédulité. Pour les censeurs, il est hors de question de décortiquer et d'analyser la foi religieuse, car c'est torpiller sa crédibilité même.
Cette polémique a occulté tous les autres aspects du roman, comme celui non moins important de l'homme translaté, déchiré entre sa culture d'origine et celle de son pays d'accueil, thème repris de son roman de jeunesse, Grimus, qui racontait le désarroi de cet homme caméléon, écartelé entre une multiplicité de visages au point de perdre son identité, l'empêchant de trouver la Voie vers l'Un à travers le multiple, vers le Simurg de la mystique Soufie, admirablement chanté dans le fabuleux « Cantique des Oiseaux » de Farid ud-Din' Attar.
Tout cela est raconté avec forces digressions et figures métaphoriques à travers les pérégrinations de Saladin Chamcha et de Gabriel Faritsha dans un Londres surréaliste, la Babylone moderne, sur fond de racisme, de Paki bashing, d'émeutes raciales et de répression policière, où les mondes parallèles de l'imaginaire et du réel, du passé et du présent, se télescopent.
Semblables à ces arrivants de la première heure, ces grands bourgeois indiens qui n'avaient pas conscience de leur différence, Saladin Chamcha et Gabriel Faritsha ont le même désir, d'autant plus gratuit que les anglais ne l'ont jamais exigé eux-mêmes, de s'approprier les attributs de cette nouvelle Terre Promise qui leur est proche par la langue et la culture. Ici, Rushdie s'inspire de la psychanalyse jungienne pour illustrer métaphoriquement la quête de cette anglicité convoitée, assimilée à leur double féminin (ou anima) et qu'ils croient trouver en la personne de leurs conquêtes féminines, femmes typiquement anglaises, faisant pendant à leur idéal masculin (ou animus), initialement indien musulman.
Ainsi, Gabriel Faritsha, qui a perdu la foi, part en Angleterre à la recherche d'Allie Cone, une jeune femme qu'il a connue auparavant. Déçu de ne pas avoir trouvé en cette « fée des glaciers » la pureté qu'il cherchait, il cèdera à la tentation intégriste, l'emprise de son pathos l'entraînant vers la haine, la maladie et la mort.
Tout autre est le parcours de Saladin Chamcha. Brouillé avec son père (encore une autre référence à la psychanalyse, l'allusion à la révolte contre le Père, et par extension, contre Dieu), il a quitté très tôt son Bombay natal et considère l'Angleterre comme sa seconde patrie. Acteur aux milles voix et mille visages, il lui est aisé de se fabriquer une personnalité d'emprunt, uniquement basé sur des apparences réglées par des codes sociaux et linguistiques. Saladin, plus british qu'un anglais, marié à une anglaise de la upper class, refuse d'être assimilé aux autres immigrés dont il veut se démarquer. Il lui arrive parfois de sentir confusément que ses multiples masques ne cachent que le vide de son moi le plus intime. D'ailleurs, sa femme ne lui a-t-elle pas fait remarquer : « Je peux voir jusqu'au centre de toi... Cet espace vide ». Mais après la traversée du miroir, les masques tombent lorsqu'il se retrouve métamorphosé en bouc repoussant, dans un centre d'accueil pour immigrés où les nouveaux arrivants sont ainsi animalisés : manticores, serpents, buffles. C'est par cette image métaphorique que Rushdie montre comment on pourrait n'exister qu'à travers les yeux des autres. «Ils ont le pouvoir de la description et nous succombons aux images qu'ils décrivent » lui expliquent ses compagnons d'infortune. « Alien » est d'ailleurs le terme officiel utilisé par les bureaux d'immigration pour désigner tout ce qui est autre : étranger, immigré, extraterrestre. Même sa femme, qui ne le reconnait plus, (on pense au personnage de« La Métamorphose » de Kafka qui, comme par hasard, s'appelle Samsa) le vire de chez lui. Impuissant à la reconquérir et à retrouver son anglicité perdue, il finit par comprendre la vanité de son désir d'assimilation, tout en évitant de se résigner à une solidarité imposée avec ces gens de couleur qu'il avait renié et qu'auprès desquels la société l'a maintenant relégué. Car il réalise soudain que l'absolutisme de la pureté, qu'elle soit raciale ou religieuse, piège dans lequel est tombé son alter ego Gabriel, peut être dangereux, que la richesse vient de la diversité et du métissage, et qu'avant d'être athée ou musulman, indien ou anglais, il est avant tout un être humain riche de ses contradictions. Puis il transcende tout cela et comprend enfin, à l'exemple de son ex qu'il a retrouvé et qui, entretemps est devenue médecin dédié à la cause humanitaire, que ce n'est pas dans le ciel ni dans les rêves que l'homme pourra trouver son salut, mais dans le combat quotidien contre l'ignorance, la misère et l'injustice.
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Ne justifie pas la condamnation à mort de son auteur par l'ayatollah machin qui n'a pas du beazucoup se confronter avec d'autres idées que les siennes. On jubile, normal pour un livre jubilatoire, fantasque, dont je ne vous révèlerai pas un mot pour ne pas gâcher votre plaisir. de toute manière, c'est bien écrit par un romancier qui sait manier l'ironie, le double sens, doublé d'un réel sens de la formule. Que du bonheur à tout prendre, merci Monsieur Salman Rushdie, cinq étoiles, pas une de moins.
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le 6 mai 2015
livre a garder comme album
dans sa bibliotheque.
tres bien fait et chacun le
voit a sa manière de le lire.
merci
jcv
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le 18 janvier 2014
Plus de 700 pages d'ennui !! J'ai pas accroché, j'avais hâte de le terminer !! C'est des histoires farfelues qui sortent de nul part. Pourtant en lisant les 3 dernières pages, j'ai eu les larmes aux yeux. Je me suis alors demandé pourquoi tout ce charabia de 700 pages alors que ça aurait pu être une magnifique histoire. Parler de la maladie du protagoniste à travers la caricature d'une histoire vraie n'a fait que salir l'histoire vraie. Quant à cette maladie, j'aurais bien aimé en savoir plus et d'une manière surtout.
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le 2 novembre 2012
Commande répondant à mes attentes. Ce livre à une magnifique histoire et sa lecture est très instructive. Je le conseille vivement!
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le 12 octobre 2014
fouillis idéologique, mal structuré, et peu intelligible ; écriture - ou traduction ? - sans élégance, pénible à déchiffrer; ne mérite pas son incompréhensible renommée
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le 3 décembre 2012
J'ai vu une émission sur lui il y a environ 15 jours, pour son dernier livre, et j'ai voulu en lire d'autres écrits aussi par lui.
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le 4 janvier 2013
Envoi rapide. Par contre, je ne dirais rien du livre vu qu'il n'était pas pour moi. Au dire de la personne qui l'a eu, livre intéressant
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