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J'ai beaucoup d'affection pour cet écrivain qui m'aura accompagné toute une décennie... Mais au fil des années, je me dis que l'essentiel, il l'a déjà dit... Avec "Exit le Fantôme" (dont la traduction ne me convient pas tout à fait - "Exit Ghost", le titre original, laisse clairement apparaître une connotation d'exorcisme "esprit sors"...), je crois que ça sent la fin... Lui-même le disait au cours d'une interview qu'il accordait à amazon.com: "avec l'âge, un écrivain n'a plus la force, ni la puissance narrative de la jeunesse". Que l'on se souvienne de Portnoy et Son complexe,Ma vie d'homme ou encore de La contrevie. Le sommet de son oeuvre semblant être atteint avec sa trilogie américaine (Pastorale américaine; J'ai épousé un communiste; La Tache). Ces romans étant pour moi la quintessence de l'oeuvre de l'écrivain qui retrouvait alors Nathan Zuckermann, son double, son alter ego, comme on l'a souvent répété. Dans "Exit le Fantôme", l'on retrouve une dernière fois la voix de Zuckermann, mais elle se fait à la fois proche et lointaine, sentencieuse et plus solennelle aussi, ce qui gâche un certain plaisir de lecture...

A mon avis, s'il est loin d'être un chef-d'oeuvre (terme galvaudé à l'heure actuelle...), ce roman n'en demeure pas moins attachant. Le portrait de l'Amérique, ce portrait que Philip Roth dresse aussi de ses contemporains est assez noir, voire cynique: il est question de thèmes rabâchés tels que le rapport de l'homme à la société, mais aussi la mort, la vieillesse, la maladie (depuis quelques années, ce sont là ses thèmes de prédilection). L'histoire est très simple: L'écrivain Nathan Zuckermann retourne à New-York mais découvre une ville qu'il a du mal à reconnaître (faut dire que ça fait onze ans qu'il n'y avait pas remis les pieds). Motif de ce déplacement? Il veut quitter sa maison de campagne des Berkshires. La solitude finit par lui peser, mais c'est surtout ses retrouvailles avec Amy Bellette dont il avait fait connaissance quarante ans plus tôt chez E.I. Lonoff, grand romancier américain, quasiment oublié (souvenez-vous de Zuckerman enchaîné...), qui le pousse à regagner la Grosse Pomme... On croise plusieurs personnages secondaires, dont un critique littéraire qui veut écrire une biographie sur Lonoff avec maintes révélations croustillantes, ce que Zuckermann trouve grotesque.

Je n'en raconterai pas davantage. Certaines pages sont vraiment savoureuses (comme lorsque le narrateur règle ses comptes avec les nouvelles technologies, notamment cette frénésie qu'ont les gens dans la rue à se parler au téléphone, il raconte cela dans un style truculent, pour ne pas dire jouissif...). Bref, Roth reste un grand écrivain (pas besoin de Prix Nobel pour le savoir..). Il n'a plus rien à prouver. Mais ce roman, ça n'est pas de l'eau de rose... Y a pas mal d'épines... Le monde des critiques littéraires est salement égratigné (à raison?). Enfin, Roth semble nous dire qu'à sa mort, il ne veut surtout pas de biographe. Le message est clair. La politique, les téléphones portables, la télévision, les nouvelles technologies, l'indécence de la grande ville, la vanité de nos sociétés modernes: tout y passe, tout est minutieusement décortiqué sous le regard ironique, cynique et sans complaisance de Nathan Zuckermann. C'est aussi une histoire de désirs et de fantasmes (les dialogues savoureux, imaginés et fantasmés, entre lui et la belle Jamie). Cela dit, Nathan Zuckermann reste très sage, ou disons moins lubrique: il a vieilli et ses heures, ses jours sont comptés, il le sait... En guise de conclusion, le fantasme et l'imaginaire seront ses seuls moyens de sortie, comme pour mieux nous quitter...
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le 11 décembre 2009
Pour qui a suivi le long sillage de Zuckerman (l'alter ego de Philip Roth) dans l'existence, pour qui a avancé en âge avec lui, Exit le fantôme annonce le drame de la fin en une écriture, comme toujours, parfaitement limpide et vraie. Le cancer de la prostate, l'incontinence qui va avec, les couches-culottes et l'espérance en l'amour impossible des jeunes femmes. Le corps vieilli, nous lâche et pourtant l'esprit refuse ce manque brutal, ce sevrage de la passion physique. Que faire de cette rupture entre la carcasse trop humaine et le désir jamais assouvi? Un roman, bien sûr. Un roman qui indique la sortie aux fantômes imparfaits que nous serons devenus.
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le 6 novembre 2009
Philip Roth est dans ce livre et comme toujours, un écrivain d'une lucidité étonnante ,brillante ,et effrayante.Son approche individuelle du social et du politique dans notre vie est epoustouflante de vérité .Bien vu , Zuckerman
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Philip Roth est né à Newark, aux Etats-Unis, en 1933 aujourd'hui il vit dans le Connecticut. Son œuvre a été couronnée de multiples prix à travers le monde, en France il a reçu le Médicis étranger en 2002 pour son roman La tache.
La première fois que j'ai lu un roman de Philip Roth, j'ai bien aimé mais sans plus, heureusement je ne me suis pas arrêté à cette première impression et j'ai poursuivi mon exploration -j'ai chroniqué ici plusieurs de ses livres - avec un plaisir plus intense à chaque fois. Une fois encore je ne suis pas déçu par cet Exit le fantôme paru en 2009 en France.
Nous retrouvons le héros emblématique de Philip Roth, son double littéraire, Zuckerman. Désormais âgé, il a plus de soixante-dix ans et s'est fait opéré d'un cancer de la prostate avec les conséquences qui en découlent, perte du désir sexuel et incontinence. Après onze ans de solitude dans sa maison perdue dans la campagne du Massachusetts, il revient à New York pour une intervention bénigne devant soulager cette incontinence.
Plusieurs rencontres vont remettre en cause son choix de vie et son exil. Il y a Richard Kliman, un jeune homme enthousiaste décidé à écrire une biographie de Lonoff, l'écrivain décédé depuis quarante ans, qui fut un modèle et un mentor pour Zuckerman dans sa jeunesse, sauf que ce bouquin va révéler des faits cachés de la vie de cet écrivain, à savoir un inceste. Il y a aussi Amy Belette, aujourd'hui mourante d'une tumeur au cerveau, c'était la muse de Lonoff et Zuckerman la trouvait particulièrement attractive lui aussi. Enfin, il y a un couple de jeunes écrivains, Jamie Logan et Billy Davidoff avec lesquels il envisage un échange de logement pour une durée déterminée.
Philip Roth fait feu tous bois, après son long exil le retour à New York est déstabilisant comme on peut l'imaginer et sa critique de la société américaine plutôt acerbe. George W. Bush vient d'être réélu à la Maison Blanche au grand désespoir de l'intelligentsia qui voit en lui « Des aptitudes intellectuelles déficientes. Dogmatique. Un illettré notoire qui allait ruiner quelque chose de grand » ; dans les rues, c'est nouveau, tout le monde est pendu à son téléphone portable, ce qui nous vaut des pages savoureuses d'humour.
Mais ce retour dans « sa » ville est aussi l'occasion de ranimer les forces qui lui manquent. La colère et l'indignation face à Kliman qui voudrait détruire la réputation d'un écrivain qui ne peut plus se défendre puisqu'il est décédé. Tout le monde a un cadavre dans son placard, doit-on pour autant tout révéler, l'écrivain Lonoff qui est aussi Zuckerman et donc Roth lui-même, subira-t-il le même traitement après sa mort ? Le vieil homme sent son sang bouillir une fois encore « Quand avais-je connu pour la dernière fois l'excitation de m'en prendre à quelqu'un ? ».
Mais ce sursaut de vitalité n'est pas qu'intellectuel, sa rencontre avec Jamie Logan réveille la pauvre chose qui pendouille entre ses jambes depuis si longtemps, « les pulsions sexuelles stimulées par la rencontre avec Jamie avaient follement ressurgi comme puissant moteur ». Une dernière fois le vieux Casanova tentera de séduire une jeune femme et il y parviendra mais sous une forme que je vous laisse découvrir.
Roman sur la vieillesse et le délabrement des corps, le sexe en berne, la vessie qui fuit, la mémoire qui fait défaut, on dirait une chanson d'Ouvrard, Philip Roth nous décrit sans complaisance, mais non sans humour, la décrépitude de Zuckerman, autant dire qu'il nous livre sa propre vie en pâture, consciemment afin de couper l'herbe sous le pied de ceux qui voudraient plus tard, le faire à sa place ?
Un très beau livre, magistralement écrit, qui nous met face à nos destins à venir.

« Comme si l'incontinence, ça ne suffisait pas, en tant qu'humiliation, il fallait maintenant qu'on s'adresse à vous comme si vous étiez un gosse de huit ans récalcitrant qui refuse de prendre son huile de foie de morue. C'est comme ça que ça se passe, quand un patient âgé refuse de se résigner aux épreuves inévitables et de trottiner bien poliment jusqu'à sa tombe. Les médecins et les infirmières ont sur les bras un enfant qu'il faut calmer et embrigader pour qu'il défende la cause perdue qui est la sienne. C'est en tout cas l'idée que je me faisais quand j'ai raccroché, lessivé de tout orgueil et conscient des limites de mes forces, l'image même de l'homme qui échoue quoi qu'il fasse, soit qu'il résiste, soit qu'il se soumette. »
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J'ai beaucoup d'affection pour cet écrivain qui m'aura accompagné toute une décennie... Mais au fil des années, je me dis que l'essentiel, il l'a déjà dit... Avec "Exit le Fantôme" (dont la traduction ne me convient pas tout à fait - "Exit Ghost", le titre original, laisse clairement apparaître une connotation d'exorcisme "esprit sors"...), je crois que ça sent la fin... Lui-même le disait au cours d'une interview qu'il accordait à amazon.com: "avec l'âge, un écrivain n'a plus la force, ni la puissance narrative de la jeunesse". Que l'on se souvienne de Portnoy et Son complexe,Ma vie d'homme ou encore de La contrevie. Le sommet de son oeuvre semblant être atteint avec sa trilogie américaine (Pastorale américaine; J'ai épousé un communiste; La Tache). Ces romans étant pour moi la quintessence de l'oeuvre de l'écrivain qui retrouvait alors Nathan Zuckermann, son double, son alter ego, comme on l'a souvent répété. Dans "Exit le Fantôme", l'on retrouve une dernière fois la voix de Zuckermann, mais elle se fait à la fois proche et lointaine, sentencieuse et plus solennelle aussi, ce qui gâche un certain plaisir de lecture...

A mon avis, s'il est loin d'être un chef-d'oeuvre (terme galvaudé à l'heure actuelle...), ce roman n'en demeure pas moins attachant. Le portrait de l'Amérique, ce portrait que Philip Roth dresse aussi de ses contemporains est assez noir, voire cynique: il est question de thèmes rabâchés tels que le rapport de l'homme à la société, mais aussi la mort, la vieillesse, la maladie (depuis quelques années, ce sont là ses thèmes de prédilection). L'histoire est très simple: L'écrivain Nathan Zuckermann retourne à New-York mais découvre une ville qu'il a du mal à reconnaître (faut dire que ça fait onze ans qu'il n'y avait pas remis les pieds). Motif de ce déplacement? Il veut quitter sa maison de campagne des Berkshires. La solitude finit par lui peser, mais c'est surtout ses retrouvailles avec Amy Bellette dont il avait fait connaissance quarante ans plus tôt chez E.I. Lonoff, grand romancier américain, quasiment oublié (souvenez-vous de Zuckerman enchaîné...), qui le pousse à regagner la Grosse Pomme... On croise plusieurs personnages secondaires, dont un critique littéraire qui veut écrire une biographie sur Lonoff avec maintes révélations croustillantes, ce que Zuckermann trouve grotesque.

Je n'en raconterai pas davantage. Certaines pages sont vraiment savoureuses (comme lorsque le narrateur règle ses comptes avec les nouvelles technologies, notamment cette frénésie qu'ont les gens dans la rue à se parler au téléphone, il raconte cela dans un style truculent, pour ne pas dire jouissif...). Bref, Roth reste un grand écrivain (pas besoin de Prix Nobel pour le savoir..). Il n'a plus rien à prouver. Mais ce roman, ça n'est pas de l'eau de rose... Y a pas mal d'épines... Le monde des critiques littéraires est salement égratigné (à raison?). Enfin, Roth semble nous dire qu'à sa mort, il ne veut surtout pas de biographe. Le message est clair. La politique, les téléphones portables, la télévision, les nouvelles technologies, l'indécence de la grande ville, la vanité de nos sociétés modernes: tout y passe, tout est minutieusement décortiqué sous le regard ironique, cynique et sans complaisance de Nathan Zuckermann. C'est aussi une histoire de désirs et de fantasmes (les dialogues savoureux, imaginés et fantasmés, entre lui et la belle Jamie). Cela dit, Nathan Zuckermann reste très sage, ou disons moins lubrique: il a vieilli et ses heures, ses jours sont comptés, il le sait... En guise de conclusion, le fantasme et l'imaginaire seront ses seuls moyens de sortie, comme pour mieux nous quitter...
1010 commentaires| 10 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 21 juin 2011
Il y a quelque chose de déchirant, pour un lecteur de Philip Roth, à le voir, dans ce livre, faire ses adieux à tout ce qui aura constitué son univers. Peut-être n'est-ce pas son meilleur roman, peut-être n'a-t-il plus l'énergie, la mobilité d'autrefois, mais cela ne le rend que plus attachant encore pour ses fidèles. Et, après tout, cette forme de déchéance, cet éloignement de soi-même et du monde, en somme (et c'est le mot), cette impuissance sont les sujets mêmes d'Exit le fantôme. Zuckerman reviendra-t-il ? Il est difficile de le croire après une telle danse funèbre. Il ne faut donc pas rater cette occasion de le retrouver, même s'il s'agit d'une expérience mélancolique. Telle est la grandeur d'un écrivain comme Roth, qu'il sait rendre passionnante jusqu'à la perte progressive de ses pouvoirs.
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le 13 septembre 2010
Le titre ne me plaisait pas... Ce serait paraît-il un emprunt à Shakespeare (Hamlet). Quel fantôme disparaît ? l'écrivain narrateur Zuckerman lorsqu'après une retraite de 10 ans, il revient à New York, ou l'inverse, Zuckerman qui quitte New York après un bref retour de quelques jours ?
Est-ce la littérature ? Est-ce la société ? Est-ce la vieille dame qui a une tumeur au cerveau et qui a été la séduisante amante d'un grand écrivain désormais disparu ? Est-ce cet écrivain à propos duquel un journaliste peu scrupuleux souhaite écrire une autobiographie et le faire sortir de l'oubli en écrivant qu'il a commis un inceste avec sa demi-sœur ?
La vieille dame rattache l'écrivain au passé tandis que la jeune femme du couple avec qui il s'engage à un échange de logement (comme cela se fait aujourd'hui pour visiter le monde à moindres frais), et qu'il a déjà croisée à l'université, évoque cette séduction perdue. D'ailleurs, la jeune femme semble sur le point de succomber aux charmes du vieil écrivain comme l'a fait la vieille dame avant elle.
Zuckerman, quant à lui, nous fait part dans les premières pages de ses problèmes d'incontinence et de sa retraite loin de la foule. Il semble sur le point de retrouver une nouvelle jeunesse en se soumettant à une opération chirurgicale, en revenant à New York, en envisageant une liaison avec la belle trentenaire... mais l'illusion ne dure que quelques jours... l'écrivain continue d'écrire, se met en scène dans une pièce « Elle et lui » où il s'imagine avec la belle... le lecteur se perd entre la réalité et la fiction voulue du narrateur... mais tout ceci ne dure pas et Zuckerman va rejoindre sa retraite.
L'auteur en profite aussi pour critiquer la réélection de Bush mais aussi ceux qui s'offusquent de sa réélection, en ridiculisant les pleurs et la dépression de la belle trentenaire à l'annonce des résultats.
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Et voilà le 9ème et dernier épisode "Zukerman" signé Philip Roth...
En effet, après onze années à vivre dans une quasi-autarcie dans un monde reclus à environ 200 km de NY, M.Zukerman y revient pour traiter un cancer de la prostate ; opération de la dernière chance qu'il n'aurait pu effectuer que dans la célèbre "Big Apple". Et ce retour dans la ville qui ne dort jamais va le happer via un passé qu'il croyait à jamais derrière lui, qui refera surface telle une claque en pleine figure...
Après avoir rencontré un couple d'écrivains pour faire un échange de propriétés, il va également rencontrer l'ex-femme de son mentor de la littérature tout en faisant la connaissance d'un jeune journaliste guidé par le succès et la gloire qui souhaite faire une biographie (destructrice) dudit mentor.
Quelle sera la réaction de M.Zukerman face à cet arriviste? Pourquoi un échange de maisons alors que Zukerman souhaitait repartir le plus vite possible après l'opération? Pourquoi ce couple ci? Voilà ce que M.Roth va tenter de nous faire découvrir dans le dernier épisode de la fameuse saga...
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le 22 janvier 2010
Nathan Zuckerman est un vieil homme malade. Après onze ans d'un exil volontaire dans un village perdu, il retrouve New York. Il a 71 ans. En revoyant un ancien amour, affligé comme lui par l'âge et la maladie, il prend conscience, jour après jour de son propre délabrement physique et mental. Il sait que ses jours sont comptés. La « Grosse Pomme », trois ans après le 11 septembre, a beaucoup changé. Comment peut-on vivre dans une société devenue paranoïaque, hystérique, cynique, bruyante et obscène dans sa course à l'argent et aux nouvelles technologies ? Les gens ont-ils encore du temps pour penser, pour voir, pour contempler, pour réfléchir ? Amer, le vieil écrivain en « dé-devenir » finit par repartir vers son paradis perdu, loin de New York et de sa vacuité. « Comme tous ceux, au cimetière, qui avaient connu exploits et tâches, je mourrais moi aussi, mais pas avant d'être assis à mon bureau près de la fenêtre, d'où je peux contempler, à travers la lumière grise d'un matin de novembre, de l'autre côté d'une route saupoudrée de neige, les eaux silencieuses, ridées par le vent, du marais qui commence à geler' et dans ce havre tranquille, tous ceux de New York étant désormais bien loin de ma vue' »
Un regard sans aucune concession, vif et concis, sur ses contemporains, mais où la poésie affleure toujours sous la hargne.
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A lire sans aucune hésitation parce que c'est très bien écrit, parce que l'histoire est belle, parce que Philippe Roth est un très grand écrivain dont il ne faut pas rater une miette même s'il est dit que le souffle est retenu et que la démarche se fait plus lente. Mais il est des livres de la maturité comme des oeuvres des dernières années de nos peintres, ils ont perdu en énergie et en rage ce qu'ils ont gagné en maitrise et en liberté. La contradiction n'est qu'apparente car c'est bien la liberté de l'écriture de Roth qui m'a frappé. Il prend son temps, interrompt le récit, divague, pose quelques invraisamblances au milieu de pages plus sombres, plus tristes.
C'est toujours un bonheur de se retrouver en tête à tête avec un de ces moments de littérature.
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