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le 18 avril 2013
Ce roman m’a profondément ému.

De par sa poésie, sa douce et légère mélancolie, sa profonde réflexion sur les rapports Hommes-femmes et leurs questions existentielles, la question du communisme ou encore le sens de la vie, Milan Kundera nous offre un roman d'amour et de réflexion grandiose.

Ce roman débute à Prague et se déroule dans le contexte de la Tchécoslovaquie du Printemps de Prague, puis de l'invasion du pays par l'URSS.
Ici on suit le parcours de personnages aux caractères diverses ou singulier, qui se croisent dans la "Mitteleuropa", entre amour ou désillusion, grandeur ou bassesse, avec une vérité et une vitalité profonde.

Leurs manières de vivre et de régirent leurs destinées sont posées pour une réflexion sur la condition humaine, la liberté, mais surtout la légèreté ou la pesanteur.
Comme son nom l'indique, le roman place la réflexion centrale sur la "légèreté" et son opposé, "la pesanteur", d'après la définition de Parménide , celle d'une légèreté noble et salvatrice et d'une pesanteur basse.

De plus, par sa structure en chapitres courts, le roman passe d'une scène à l'autre, d'un personnage à l'autre pour faciliter et rendre encore plus agréable la lecture.
Personnellement, la dernière partie, qui tourne autour de la mort du chien m'a particulièrement touchée et la mort plane sur ces Hommes.
Par sa profondeur et son tragique dans la douceur, mais toujours implacable, comme le destin de tous les personnages , mais qui doivent vivre dans la légèreté, vertu si difficile à soutenir et dont les grecs anciens portaient comme une vertu suprême, ce roman fait vivre la théorie de Parménide, le communisme et l'idéologie contre l'empirisme, l'abstraction et le cérébral contre la réalité.
Être tout simplement semble le moyen de la légèreté face à l'alourdissement de concepts, de biens, d’orgueil.

Je conseille donc fortement ce magnifique roman, qui ne vous laissera pas insensible, grâce à une structure narrative réussie, un style agréable et des personnages inoubliables.
Dans ce roman , Milan Kundera a touché la plus belle, la plus noble et la plus difficile des vertu, cette grâce qu'est la légèreté.
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Quel sens donner à son existence ? Faut-il privilégier sa pesanteur ou sa légèreté ? Faut-il la prendre au sérieux ? Ou en rire ?
Kundera oppose Nietzsche et sa théorie de l’éternel retour, selon laquelle l’Histoire est cyclique où tout recommence éternellement, à une vision de l’Histoire unique, où chacun n’a qu’une seule vie à vivre, sans jamais disposer d’une seconde chance ; la légèreté de l’être lancé sans aucune expérience dans l’instant irrévocable, s’opposant à la pesanteur d’un éternel recommencement réversible.
Pour comprendre sa pensée, il faut disposer des clés de lecture. Ces clés, il les fournit dans ses essais « Les testaments trahis » et » L’art du roman » mais aussi dans les digressions du roman (polyphonie, variations et digressions sont monnaie courante chez lui), quand il fait le procès du « kitsch totalitaire ». « Ce mot désigne l’attitude de celui qui veut plaire à tout prix et au plus grand nombre. Pour plaire, il faut confirmer ce que tout le monde veut entendre, être au service des idées reçues. Le kitsch, c’est la traduction de la bêtise des idées reçues dans le langage de la beauté et de l’émotion. »
A cette réalité aseptisée qui nous arrache des larmes d’attendrissement sur nous-mêmes et sur les banalités que nous pensons et sentons, Kundera oppose une réalité beaucoup plus rugueuse. L’amour n’est pas la rencontre prédestinée de deux êtres, elle est complètement accidentelle. Personne n’est prédestiné à personne, et la rencontre de Tereza et de Tomas n’est que le fruit du hasard. Leur première rencontre n’est pas romantique du tout. A la place des violons qui devraient jouer en arrière-plan, il n’y a que le gargouillement de son estomac qui lui rappelle qu’elle n’a rien mangé depuis le matin. A la réalité monolithique du kitsch, Kundera lui oppose une autre plus fragmentée. Aucun des personnages n’a un comportement totalement cohérent avec ses choix, et basculent constamment entre pesanteur et légèreté.
La pesanteur, c’est sa famille que quitte Tomas pour retrouver la légèreté d’une vie indépendante jusqu’à ce qu’il rencontre Tereza, qui est pour lui comme « un enfant qu’on avait mis dans une corbeille et qu’on avait lâché au fil de l’eau » pour échouer devant sa porte. Il se découvre alors un sentiment qui lui est jusqu’alors inconnu : non pas la compassion synonyme de pitié, « ce sentiment de second ordre, cette indulgence condescendante pour la souffrance d’autrui », mais la vraie compassion « la plus haute capacité d’imagination affective, l’art de la télépathie des émotions. Dans la hiérarchie des sentiments, le sentiment suprême. » C’est en écoutant la voix de la pesanteur, celle du dernier quatuor de Beethoven, composé sur ces mots « Es muss sein ! Il le faut ! » qu’il va prendre la « décision gravement pesée» de lier leurs destins. Mais comme la sexualité est pour lui une attitude, il ne renonce pas à sa vie de libertin. Tomas, le chirurgien, dissèque les corps comme les âmes pour chercher dans chacune d’elles le « millionième de dissemblable » qui les différencie. Il ne s’agit pas ici d’une distinction sommaire entre deux types de coureurs de jupons, le coureur lyrique, qui comme Franz, cherche dans chaque femme son propre idéal ; et le coureur épique, qui, comme Tomas, cherche chez la femme la diversité infinie du monde féminin. Elle répond à la distinction classique entre deux formes d’esthétique développé par Hegel : le lyrique est l’expression de la subjectivité qui se confesse ;l’épique vient de la passion de s’emparer de l’objectivité du monde. Mais pour Kundera, le lyrique et l’épique dépassent le domaine de l’esthétique, ils représentent deux attitudes de l’homme à l’égard de lui-même, du monde, des autres.
Sabina fait partie des nombreuses « amitiés érotiques» de Tomas. En révolte contre tout ce qui symbolise la pesanteur- le réalisme socialiste, la pensée monolithique, les défilés du 1er mai - elle incarne la légèreté absolue et se condamne à la fuite perpétuelle en avant, trahissant aujourd’hui l’aimé d’hier, désertant aujourd’hui la cause d’hier, car ce qui hier avait la texture de la légèreté est aujourd’hui alourdi d’une nouvelle pesanteur. Plus complexe est la personnalité de Tereza. A la fois prude et coquette, elle méprise la pesanteur de son corps dont les exigences n’obéissent pas à celles de son âme légère et craintive qui, croit-elle, y est emprisonnée, et qui n’en sera délivrée que par l’amour. Mais elle retombera de nouveau dans la pesanteur de la jalousie. Comme Toma, elle cède à la compassion. Mais sa compassion est encore plus transcendante car c’est l’expression de sa faiblesse, faiblesse qui est en même temps la force de déserter cette humanité qui retient encore les autres : « La vraie bonté de l’homme ne peut se manifester en toute pureté qu’à l’égard de ceux qui ne représentent aucune force. Le vrai test moral de l’humanité, qui se situe à un niveau si profond qu’il échappe à notre regard, ce sont ses relations avec ceux qui sont à sa merci : les animaux. Et c’est ici que s’est produite la faillite fondamentale de l’homme, si fondamentale que toutes les autres en découlent… J’ai toujours devant les yeux Tereza, elle caresse son chien et songe à la faillite de l’humanité. En même temps, une autre image m’apparait : Nietzsche sort d’un hôtel de Turin. Il aperçoit un cheval et un cocher qui le frappe à coup de fouet. Nietzsche s’approche du cheval, il lui prend l’encolure entre les bras sous les yeux du cocher et éclate en sanglots. Cela se passait en 1889 et Nietzsche s’était déjà éloigné, lui aussi, des hommes…Et c’est ce Nietzsche-là que j’aime, de même que j’aime Tereza, qui caresse sur ses genoux la tête d’un chien mortellement malade. Je les vois tous les deux côte à côte : ils s’écartent tous les deux de la route où l’humanité, maître et possesseur de la nature, poursuit sa marche en avant. »
Kundera disait que « le roman n’est pas une confession de l’auteur, mais une exploration de ce qu’est la vie humaine dans le piège qu’est devenu le monde ». Chaque personnage l’explore donc à sa manière, réagissant en fonction de leurs « codes « personnels. Refusant la vérité unique du « kitsch», Kundera le refuse également à ses personnages : aucun n’a le monopole de la vérité absolue. S’il a laissé la parole à chacun, il n’en assume aucune. C’est ce qu’il appelle la polyphonie romanesque. Soulever des questions sans y répondre n’est pas irresponsable de sa part, mais doit être compris comme un discours structuraliste qui privilégie la langue en tant que système autonome par rapport au sujet parlant et qui n’engage aucunement celui qui parle. Quand les personnages parlent, c’est le langage qui parle et non l’auteur. Le récit n’a pas de signification secrète, ni de sens unifié. Il n’y a pas d’héro ou d’héroïne qui exprime exclusivement le point de vue de l’auteur même si chacun en exprime des fragments à travers une multitude de discours. Kundera disait que « toutes les grandes œuvres contiennent une part d’inaccompli. L’inaccompli nous invite à la recherche. » Au lecteur de continuer sa propre investigation.
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le 21 août 2008
Récit de la souffrance qu'engendre la pureté ou même simplement le désir de la pureté. Exploration de l'amour, entre désir physique et attachement plus difficile à cerner : "L'amour ne se manifeste pas par le désir de faire l'amour (ce désir s'applique à une innombrable multitude de femmes) mais par le désir du sommeil partagé (ce désir-là ne concerne qu'une seule femme)".

Kundera nous raconte ainsi la relation de Tomas, qui, dans sa légèreté, cherche "le millionième de dissemblable dans chaque femme", ce que chacune d'elle a "d'inimaginable", et Tereza, prisonnière de sa quête de la pureté. Le tout autour du Printemps de Prague.

L'insoutenable légèreté évoque un croisement entre Nietzsche et Zweig : texte ciselé, capacité à faire d'un rien une histoire, sens de l'observation et de la formule, traitement avec un détachement brillant et parfois caustique, mais toujours avec légèreté. Mon premier Kundera, et certainement pas mon dernier.
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le 6 mai 2004
Etonnant écrivain que Milan Kundera... Surprenante vision que celle de l'auteur tchèque. Déroutantes réflexions que celles contenues dans ses œuvres... A mesure que défilent les pages, on se pose une question : lui qui connaît la Bible sur le bout des doigts n'est-il pas en réalité un suppôt de Satan ? Un fils de Caïn ?
L'Insoutenable Légèreté de l'être semble partir dans tous les sens. Un quatuor infernal s'articule autour de Thomas, chirurgien dans la vie, libertin dans l'âme , Teresa, photographe sur le tard, amoureuse possessive au possible, Sabina, artiste libre et libérée, papillon éphémère dans ses relations sentimentales, et enfin Franz, érudit à la curiosité inlassable, en quête de l'amour fusionnel. Les bases d'un excellent vaudeville pourraient être posées, or, l'œuvre de Kundera ne peut être cataloguée dans le roman d'amour. Ses réflexions se concentrent certes autour du sentiment amoureux, mais elles s'étendent à d'autres sphères, telles que l'homme et l'Histoire (l'invasion soviétique de la Tchécoslovaquie), le kitsch (état transitoire entre la mort et l'oubli) et surtout, la relation entre Homme et Animal. Le chien de Teresa et Thomas, Karenine, donne un échos particulièrement déroutant de ce qu'aurait pu être la relation amoureuse entre Adam et Eve...
Fils de Caïn ? Pourquoi pas... Kundera nous dévoile, avec ce style enfantin qui semble l'amuser au plus haut point (il corrige les traductions lui-même), la plupart de nos contradictions à nu. On se reconnaît dans chacun des personnages, tant dans leurs souffrances que dans leur extase. A noter que la version folio nous offre une réflexion de l'auteur autour de l'idylle particulièrement passionnante. Pas vraiment un roman, pas vraiment un essai, l'insoutenable légèreté de l'être assure à Kundera une place méritée parmi les plus grands du XXème siècle.
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le 28 février 2002
Dès les premières pages, ce livre m'a surpris par son originalité et sa vision de l'existence. L'introduction est un chef d'oeuvre, que j'ai lu 4 fois desuite pour la savourer.
Dans cet ouvrage Kundera pose des questions essentielles et en y repondant, nous assure que toute réponse est discutable mais que les choix sont irréversibles. Les personages sont très proches de nous, bien plus qu'on l'attendrait d'une oeuvre à la limite de l'essai et située en Europe de l'est. L'histoire est si brillamment dirigée, pleine de sens et si riche en surprises qu'a ma plus grande surprise il s'agit d'un roman.
Peut-etre le meilleur livre que j'ai lu. A garder en haut de l'étagère car je le relirai sans doute bientot.
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le 15 janvier 2013
voici un livre qui trainait chez moi depuis longtemps, le titre me rebutait un peu... C'est un livre fin, particulier, qui fait réfléchir sur nous même, notre manière d'interagir avec les autres... L'Amour est décortiqué avec simplicité mais lucidité. Un roman à lire malgré quelques longueurs.
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le 8 janvier 2009
J'ai appris à lire à l'âge de quatre ans. Depuis, je ne fais que dévorer les livres. Je pense qu'inconsciemment, je cherchais LE livre parfait et je l'ai trouvé avec L'Insoutenable légèreté de l'être" de Milan Kundera.

Je croyais que la perfection de l'écriture était un fantasme, un Graal impossible à atteindre. Mais c'est bien ce dont il s'agit ici.

Tout est tellement beau, poétique, génial, bouleversant que je ne me suis autorisée à lire que quelques bribes à chaque fois, de peur de gâcher mon plaisir, d'arriver trop vite à la fin. Comme on le ferait avec une boîte de très bons chocolats (Forrest Gump, sors de ce corps!).

Je me suis reconnue en Tereza, cette femme qui fantasme l'Amour, qui le veut au-dessus de tout. Elle se retrouve confrontée à la réalité, au libertinage de l'homme qu'elle aime,Tomas, mais elle continue à y croire.
J'ai été très touchée par le lien magique qui l'unit à son chien, Karénine. Les dernières pages du livre nous décrivant le trio Tereza-Tomas-Karénine sont extrêmement touchantes.

Beaucoup d'émotion aussi devant le destin de Sabina, une des maîtresses de Tomas. Intelligente, asentimentale, elle quitte Franz, son grand amour genevois, et court après sa liberté, d'Europe en Amérique, pour ne trouver à la fin que «l'insoutenable légèreté de l'être». Mais une fois véritablement installée quelque part, en Californie, elle a peur. Peur d'être enterrée où aucun membre de sa famille ne repose. Si elle mourrait là, elle aurait le sentiment de ne jamais avoir existé...

"L'Insoutenable légèreté de l'être"... Milan Kundera n'a pas écrit de véritable fin comme s'il voulait laisser la liberté à ses personnages d'être véritablement heureux...
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le 26 mars 2012
Une lecture que je recommande à tous, y compris comme porte d'entrée dans l'univers de Kundera.
Un livre qui se lit et se relit et dont certaines phrases et idées vous accompagnent ensuite des années.
A lire !
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le 18 janvier 2016
Citation : "Pour qu'un amour soit inoubliable, il faut que les hasards s'y rejoignent dès le premier instant comme les oiseaux sur les épaules de saint François d'Assise."

"L'insoutenable légèreté de l'être" est un chef d’œuvre de la littérature contemporaine. Incontournable. Un moderne devenu classique. Non seulement il est mon livre de chevet depuis des années, mais il est également l'ouvrage que j'ai le plus offert dans ma vie. J'ai du en acheter plus d'une trentaine d'exemplaire depuis 20 ans que je l'ai lu.

Les raisons qui donnent à cet ouvrage ce rang majestueux dans le paysage littéraire tiennent à trois éléments :

une écriture fluide, simple et aérée;
une analyse profonde et originale des personnages;
une interaction avec la philosophie de Nietzsche et la musique de Beethoven;

Le thème principal de l'ouvrage est l'amour, dans sa réalité la plus complexe, sur le plan psychologique comme philosophique. Au travers des quatre personnages principaux, on étudie les différentes combinaisons amoureuses possibles :

L'homme volage qui tombe amoureux et tente de devenir fidèle;
La femme libre qui s'engage conventionnellement dans une relation amoureuse;
L'homme de la quarantaine qui découvre une femme "libre" et quitte son couple traditionnel;
L'amitié érotique;
La femme, fidèle et amoureuse, qui tente d'aimer un homme volage;

Ce qui rend ce roman incroyablement unique est son absence de linéarité et le fait que l'écrivain a un ostensible rôle de metteur en scène. Ce n'est pas une histoire que vous lisez de bout en bout. Ce sont plutôt des clichés photographiques qui, mis les uns à la suite des autres, vous permettent de reconstituer une image globale des personnages. L'écrivain, chef d'orchestre, vous prend par la main et vous explique - littéralement - les moments importants de leurs histoires. Remarque orthographique: il s'agit bien des histoires de chacun d'entre eux... Vous découvrirez en effet que l'absence de linéarité a cet avantage de pouvoir permettre de réécrire la vie (ou un morceau de celle-ci) de ces derniers dans le cours du roman. Outre une lecture agréable, ce livre offre une leçon d'écriture.

Ayant découvert quelques commentaires de déception et ayant un retour important sur ce livre de la part de mon entourage, voici ce que j'en déduis. D'une part, on oublie parfois que ce roman a défriché un terrain littéraire en matière d'organisation structurelle d'histoire. Cet originalité peut passer inaperçu aux amateurs de littérature contemporaine. D'autre part, l'invocation d'interrogation psychologique et philosophique du romancier sur ces personnages, directement entre lui et le lecteur, est là encore une originalité de Kundera, largement reprise dans la littérature contemporaine. Si Kundera est aussi cité en exemple, c'est notamment pour avoir inventé ces deux procédés qu'on retrouvera mis en œuvre dans "l'immortalité", son autre grand chef d’œuvre. Les amateurs d'histoires linéaires sont parfois décontenancés par l'organisation des chapitres. Qu'on ne s'y trompe pas, il s'agit d'un ouvrage romanesque à vocation philosophique. Le ton léger, l'écriture fluide et l'utilisation de "formules choc" ne doivent pas trompé le lecteur, le(s) histoire(s) ne sont qu'un prétexte pour évoquer cet état d'esprit entre légèreté et sens du sérieux dans lequel l'âme se meut.

Inclassable parmi les inclassables, ce roman se dresse comme une montagne au sommet de laquelle Kundera nous regarde et nous sourit, avec sympathie. Toujours proche de vous, il est pourtant, en tout point, inatteignable. A (re)lire d'urgence!
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le 10 août 2014
Je viens de découvrir Kundera avec ce roman et vraiment je suis tombé sous l'enchantement.

Les destins croisés de ces quatre personnages principaux m'ont captivé. J'ai énormément apprécié le fait que Kundera raconte son(ses) histoire(s) tour à tour du point de vue de chacun de ses personnages (avec des retours en arrière permettant de raconter les mêmes éléments vus par un autre de ses personnages).

Le tout fait de courts chapitres (1 à 4 pages pour la plupart) pour venir enrichir le tableau petit à petit (à la façon des impressionnistes).

Le style est riche avec une tonalité humoristico-philosophique qui m'a convaincu (Ah l'analyse du kitsch...).

Les quatre personnages principaux sont tous différents et intéressants par leur motivations et leurs parcours.

Ce roman présente en toile de fond le Printemps de Prague et ses suites (l'épuration de la société tchèque et la reprise en main par l'URSS). Là également, Kundera a une approche intelligente et sensible absolument dénuée de manichéisme (au passage il se montre critique également envers la société américaine qu'il renvoie dos à dos avec la société soviétique dans son analyse du kitsch).

L'aspect politique , même s'il est quand même important, n'est pas essentiel dans ce roman qui traite avant tout du sens de la vie tel que le perçoivent les 4 principaux protagonistes.

Finalement, en marge de cette lecture, je me suis demandé si, de façon paradoxale, le régime "communiste" décrit par Kundera n'avait pas eu comme effet secondaire (et involontaire) d'amener des talents (ou même des génies) tels que Kundera à réfléchir et à s'exprimer de cette façon. Kundera aurait-il écrit des œuvres aussi importantes, et toujours actuelles, s'il avait vécu dans son pays 50 ans plus tard ?
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