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le 28 décembre 2000
Derrière un titre clair et un sujet important, Michel Serres dans un entassement de dialogues et de discours plus ou moins oniriques ne fait qu'effleurer les grandes questions que posent l'apparition de la pensée géométrique. Sans véritable considération pour les civilisations précédant la Grèce, ni respect de ses lecteurs, il musarde autour de ses symboles favoris. Au point qu'hypnotisé par son style, il réalise une triste caricature de certains de ses meilleurs ouvrages.
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le 29 décembre 2006
Ouvrage excellent qui termine la réflexion de Michel Serres sur les fondations inaugurée par Rome et Statues. Serres montre la complexité du sujet abordé et explore toutes les implications sociales, politiques, théologiques, morales et scientifiques de la naissance de la géométrie. Les sciences humaines, notamment la sociologie, l'ethnologie et l'anthropologie, ont dénoncé l'européocentrisme des puissances occidentales qui ont imposé pendant près de cinq siècles leur domination économique, technique, militaire et culturelle sur le reste de la planète. Convaincues de porter le fardeau de la civilisation, se sentant investies d'une mission religieuse et civilisatrice, les puissances européennes ont colonisé, envahi, spolié et violé les continents africain, américain, asiatique et océanique. Or l'affirmation de l'universalité des valeurs occidentales a servi à légitimer ce sacrifice des cultures non européennes. Car c'est au nom des valeurs occidentales prétendument universelles que l'Europe coloniale a conquis et soumis le reste du monde. La sociologie, l'ethnologie et l'anthropologie ont permis de prendre conscience de l'illusion dangereuse d'européocentrisme et de la valeur intrinsèque des cultures et des valeurs des sociétés non-européennes. Sous prétexte d'universalité, les puissances européennes ont soumis la différence au principe d'identité, l'autre au même. C'est cette subversion de l'universalité par la glorification du même que révèlent les travaux des sociologues, des ethnologues et des anthropologues. L'apport des sciences humaines est donc considérable, car il a rendu possible le salut de l'Occident par la reconnaissance et par le respect des valeurs des sociétés non-européennes dans leur diversité. Les sciences humaines enseignent ce que Montaigne affirmait déjà dans les Essais : il faut apprendre à respecter les différences culturelles, religieuses, linguistiques qui existent inévitablement entre les diverses sociétés humaines. La différence gît au caeur même de l'être et se manifeste parmi tous les êtres vivants, et notamment chez les êtres humains. Il faut reconnaître l'existence de différences entre les cultures afin de se déprendre de la passion du même qui mène à la folie coloniale, à la violence, à la guerre et à la cruauté. C'est le message fondamental que délivrent les sciences humaines à l'égard de l'homme blanc d'Occident.

Cependant, on peut se demander si la glorification du principe de la différence n'a pas au fond les mêmes effets pervers que la sacralisation du principe d'identité. En effet, si la remise en cause de l'européocentrisme est salutaire, il n'en demeure pas moins que l'affirmation dogmatique de la différence au détriment du principe d'identité engendre également l'absence de dialogue et d'ouverture entre les cultures, le racisme, le nationalisme belliciste, la violence, la guerre et la cruauté entre les hommes aux appartenances différentes. Car c'est au nom du sacro-saint principe de la différence que les guerres communautaires et civiles se développent et que les droits de l'homme et du citoyen sont rejetés, taxés de valeurs occidentales et particulières.

L'affirmation dogmatique du principe d'identité engendre la cruauté coloniale. C'est un faux universel que les sciences humaines ont démasqué. Mais le sacrifice du principe d'identité et la glorification du principe de différence servent à légitimer toutes les guerres civiles, les dictatures et la cruauté raciste. Dans les deux cas, on se trouve confronté à la violence sous toutes ses formes, et l'universel est oublié, nié, insulté. Dans ces conditions, comment penser au sein d'une articulation harmonieuse le principe d'identité et le principe de différence sans pour autant sombrer dans une spéculation dialectique, laquelle appartient à l'arsenal théorique servant à légitimer les colonisations ? C'est ce défi à la pensée que prend en charge Michel Serres dès le début de son ouvrage. Les origines de la géométrie vont justement permettre de penser un universel authentique, qui n'est pas un local caché s'imposant au global. En partant à la recherche des origines de la géométrie, Michel Serres entreprend de découvrir un universel authentique qui rend possible la science, les progrès techniques, et un véritable dialogue entre les cultures permettant une véritable mondialisation culturelle. Ce défi de la pensée est donc décisif, car ses implications sont à la fois et en même temps scientifiques, juridiques, politiques, culturelles, voire religieuses. A travers des analyses magistrales, qui montrent que réflexion philosophique et travail d'écriture sont indissociables, Michel Serres construit un pont entre sciences humaines et sciences dures effectuant ainsi ce qu'il appelle le passage du Nord-Ouest, et révèle que géométrie et monothéisme sont indissociables.
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