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Sur le fond, très riche, je m'en tiendrai au point de départ présenté dans le premier chapitre : On ne doit pas séparer le libéralisme politique (toutes les idéologies de gauche) du libéralisme économique (le marché et les modes les plus extrêmes dont il s'impose aux hommes). Le libéralisme est un projet radical, et contrairement à l'idée absurde, mais particulièrement répandue à gauche, les politiques libérales ne sont ni conservatrices ni réactionnaires, mais le libéralisme constitue l'idéologie moderne par excellence. Il s'appuie pour cela sur les inventions des sciences expérimentales de la nature qui offrent une assise métaphysique solide à la notion de Progrès. Par ailleurs, cet idéal moderne de Progrès est fortement enraciné dans le désir d'échapper aux horreurs des guerres de religion qui ont ravagé l'Europe aux XVIe et XVIIe siècles. A l'idéal héroïque du guerrier prêt à sacrifier sa vie pour des causes morales s'est peu à peu substitué celui du bourgeois, du marchand aspirant au repos dans la pratique du « doux commerce ». Les composantes du libéralisme philosophique se sont ainsi mises en place : d'un côté la rationalité (le paradigme scientifique), de l'autre le double patronage du Droit et du Marché et la primauté du Juste sur le Bien. Le droit pragmatique viserait ainsi à une pure administration des choses ... et c'est ici que les ennuis du libéralisme politique commencent : il se retrouve confronté à un nombre croissant de « problèmes de société » manifestement impossible à résoudre de manière cohérente et finit par se perdre dans une règlementation massive de tous les problèmes possibles et imaginables.

Sur la forme, le seul défaut -mais ça n'en est pas vraiment un- de cet ouvrage clé de Michéa, est sa densité. On ne peut hélas lire ces 210 pages comme un roman. Il faut prendre le temps d'annoter, de souligner, de sauter aux scholies des fin de chapitres, de disséquer un style précis, jamais verbeux, dont la logique est extrêmement rigoureuse. Les notes bibliographiques donnent souvent envie de lire les auteurs auxquelles elles renvoient.

Sur ce thème, « Impasse Adam Smith », constituait une première ébauche de l'ouvrage alors que « La double pensée. Retour à la question libérale » précise certains points qui auraient pu paraître ambigus. A ne lire qu'un livre de Michéa, je conseille fermement cet « Empire du moindre mal ». La lecture de cet ouvrage permet à mon avis de comprendre de façon très claire la situation calamiteuse de la gauche en France, mais également un peu partout dans le monde. Le lecteur curieux aura certainement envie après cela de découvrir Orwell, Lasch, Caillé et le MAUSS, mais peut-être aussi par antithèse, des références comme Fukuyama ou Friedman, et pourquoi pas, Smith, Hobbes ou Mandeville.
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Après avoir lu "Le complexe d'Orphée" du même Michéa, j'avais saisi l'importance de ce penseur mais il me manquait un fond théorique qui servirait de base pour comprendre ce phénomène qu'est le libéralisme et relier ses multiples conséquences à un socle de départ. Et puis j'ai lu 'L'empire du moindre mal" et j'ai enfin trouvé ce que je cherchais depuis longtemps. C'est pourquoi je conseille la lecture de ce livre comme entrée dans la pensée de Michéa, car c'est précisément cet ouvrage chez lui qui explique les origines de la pensée libérale.
L'auteur nous fait remonter aux guerres de religion du XVIè-XVIIè siècles et nous explique qu'une guerre civile idéologique gangrenait l'Europe entre protestants et catholiques. Pour remédier à cette situation catastrophique, est née l'idée selon laquelle le Bien absolu ne devrait plus exister et qu'il devait se substituer à l'idée d'une société juste où chacun pourrait avoir sa propre définition de la vie bonne à condition de na pas nuire à autrui.

On peut alors se dire : Quelle idée géniale ! et qu'il faut être sacrément ronchon et hargneux pour s'opposer à une telle idée ! Alors pourquoi Michéa est-il antilibéral ? La raison est très simple : en accordant à chacun la liberté de se conduire comme il veut, on a par la même, supprimé les valeurs fondamentales de nos sociétés humaines (les valeurs républicaines dont nous serinent aujourd'hui nos politiciens libéraux, cherchez l'erreur !), loyauté, générosité, esprit du don, amitié, fraternité, confiance etc. Alors pour palier à ce manque nos bons libéraux se sont dits que le lien social détruit pourrait être recrée de toutes pièces grâce à l'idole des temps modernes : l'Economie ! En effet, pour eux, un enrichissement des gens (et en premier lieu des riches) finirait par effet de ruissellement par enrichir toute la société, ce qui la rendrait plus vertueuse. A noter l'équation douteuse : riche = vertueux (cf nos traders, financiers, patrons du CAC 40, directeurs de Hedge funds...)

Nous voici donc au cœur du problème. Car il ne faut jamais oublier que le libéralisme est avant tout une philosophie profondément progressiste et absolument pas réactionnaire comme se plaisent souvent à le dire les gauchistes. Donc, en supprimant les valeurs morales élémentaires à toute société et en les remplaçant par l'égoïsme et l'intérêt privé ( qui devait conduire à faire le bonheur de tous. cf. La fable des abeilles de Mandeville de 1714) on a rétabli la guerre et la compétition économique de tous contre tous, précisément ce que cherchait à contrecarrer l'idéologie libérale au départ. L'autre versant de la philosophie libérale est la place accordé au Droit, car dans une telle société ou chacun à sa propre vision de la vie bonne, inutile de dire que les procès et les situations de jurisprudence sont inépuisables. D'où le fait qu'il faille harmoniser les façons de penser et les comportements ce qui nous mène au politiquement correct actuel (ce que Nietzsche abhorrait le plus : la moraline)

Alors évidemment, plus le temps passe et plus la situation s'aggrave, mais le XXIè siècle sera particulièrement intéressant. Les fanatiques libéraux du Progrès technique et économique (de droite comme de gauche) ne semblent pas vouloir démordre de leur idéologie mortifère. Mais pour la première fois ils vont être confrontés au Mur écologique et à l'épuisement progressif des ressources de la planète. On peut également se demander jusqu'où ils vont vouloir aller dans leurs délires transhumanistes pour faire progresser la Croissance...

Michéa, lui, appelle à en finir avec le libéralisme et le Progrès, il faut recréer une société basée sur les valeurs traditionnelles, la common decency orwellienne et le réenracinement local conte l'individu nomade attalien. Pour l'économie, il propose de fixer un revenu maximum où celui qui le dépasserait pourrait être qualifié d'indécent. Il propose de revenir au concept de monnaie fondante de Silvio Gesell pour éviter l'accumulation excessive du Capital. Pour le reste tout le monde connait ses positions sur la décroissance. En somme, construire une société décente pour tous plutôt qu'une société juste pour quelques uns.
Rassurez vous, cet ouvrage se lit très bien à condition d'être concentré et de prendre quelques notes. On en ressort vraiment enrichi et on dispose d'un argumentaire antilibéral solide ( tous les gauchistes progressistes devraient lire ce livre). L'humour est aussi au rendez-vous et les sociologues d'Etat (ceux là même qui se gargarisent de voir des racailles brûler des voitures ou du niveau scolaire minable) , les lecteurs de Libération ou les téléspectateurs de Canal + en prennent pour leur grade. Le livre présente aussi une belle bibliographie tout au long de la lecture qui invite à aller plus loin sur des points essentiels. Par exemple :

Pierre Manent, Histoire intellectuelle du libéralisme
Frédéric Rouvillois, Les origines du progrès
Serge Latouche, Le pari de la décroissance
Luc Boltanski, Le nouvel esprit du capitalisme
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Voilà un ouvrage salutaire en ces temps de confusion des idées ou les mots de "libéralisme" et "d'anti-libéralisme" sont employés à tort et à travers. Michéa nous montre ce qui était à l'origine du libéralisme: la recherche de la société du moindre mal après les guerres de religion, où sous l'influence de Montesquieu, on s'est mis à penser que le commerce constituait une passion pacifique "gagnant gagnant" capable de remplacer les passions politiques. Cela supposait qu'il existât un ordre économique naturel, ce qui n'est pas le cas. Le libéralisme est devenu une idéologie tout aussi totalitaire que le marxisme et tout aussi déterministe.
Du moindre mal on est passé au meilleur des mondes où la libération des pulsions peut définir la société optimale. Michéa montre bien la contribution de l'extrême-gauche à la construction de l'univers idéologique d'une société (ou de ce qu'il en reste) réduite au marché.
Si vous vous étonnez encore de voir les anciens trostkystes à la tête d'organisations patronales, de voir que la LCR a le même programme que le MEDEF sur nombre de questions "de société", si vous pensez que Cohn-Bendit a changé - alors qu'il est resté exactement le même - alors vous devez lire ce livre pour vous déniaiser.
Michéa fait preuve d'une grande culture, y compris en histoire économique, ce qui est rare chez un philosophe. Le Livre est plein de référence qui sont source de lectures d'approfondissement.
Puisque certains annoncent une nouvelle "culture de civilisation", voilà par où commencer!
22 commentaires| 49 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
Michéa tourne en rond dans son analyse sur le libéralisme. Il se répète au fur et a mesure de ses ouvrages (tous excellent par ailleurs).

Cet ouvrage est néanmoins la meilleur introduction a son oeuvre, trop peu connue.
Qu'est ce que le libéralisme, la droite, la gauche, le progrès?
Comment tous ces idées que nous connaissont tous vaguement s'articulent entre elles?

Essai philosophique, historique et sociologique, il reste abordable à tout lecteur un tant soit peut motivé.

Michéa est inclassable selon les critères modernes, mais est dans la continuité de très grands comme Orwell, Chesterton, Morris, Lash.

Dans 50ans gageons que les petits penseurs actuels seront mit au placard et que comme symbole de la lucidité de l'époque on citeras, parmi d'autre, cet brillant penseur.
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le 12 janvier 2015
Un livre particulièrement clair sur un ton sans ambages, qui explique très bien la logique libérale. Un auteur qui semble l'avoir parfaitement saisie et dont la réalité fait écho sans fausse note à sa thèse.
Vraiment il serait malhonnête de lui faire un procès pour réactionnisme aigri comme certains commentaires, agacé devant la justesse de son discours.
A lire et à offrir!!
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le 20 octobre 2010
Si vous cherchez une critique sérieuse du libéralisme et êtes prêts à consacrer le temps qu'il faut à ses quelque 200 pages plutôt denses, ce livre pourrait bien vous intéresser. En voici un résumé au risque de trop le simplifier :

L'auteur commence par y définir le libéralisme en tant qu'allégeance aux deux « fondamentaux » que sont les lois du marché et la justice qui les accompagne... à l'exclusion de tout autre, en particulier de nature morale et/ou religieuse.
L'idée consiste à expliquer ce choix de la « main invisible du marché » comme seul maître légitime par une approche défensive, visant à éradiquer de la planète entière toute entreprise dominatrice de nature morale ou religieuse, source récurrente d'affrontements dans le passé (d'où le titre bien trouvé de "l'empire du moindre mal").
Pour cela, il se fonde en particulier sur deux tournants historiques dans la droite ligne des « Lumières » :
- Le progrès observé des notions de "juste" et d' "injuste" au détriment de celles de "bien" et de "mal"
- Les progrès observés de la mondialisation de l'économie aux dépens des protectionnismes, notamment nationaux

Ensuite, l'auteur tente de montrer qu'à force de vouloir écarter à priori toute référence morale au bénéfice des seules lois du marché, empiriquement régulées juste autant que nécessaire, la société moderne (l'empire) en vient à transgresser malgré elle son crédo minimaliste :
- D'une part elle pose ainsi une sorte d'acte de foi négationniste de cette générosité humaine sur laquelle se fonde, entre autres, le pacte social
- D'autre part elle est amenée à complexifier toujours plus son arsenal législatif, au risque de rendre illisible ledit pacte social...
Avec pour résultat de nous faire retomber ainsi dans les travers (conflits liés à une absence de consensus sur le modèle à suivre) dont on entendait pourtant se préserver !

Si la démonstration m'a parue quelque peu difficile à suivre par endroits, il semble que l'on tienne là un éclairage très actuel. Il permet en effet de comprendre aussi bien l'animosité observable entre les fondamentalistes du marché et ceux de l'Islam que la révolte des Français devant la complexité des règles auxquelles veulent nous assujettir Bruxelles et Washington ! Une belle piste à creuser pour ceux qui refusent la pensée unique.
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Jean-Claude Michéa est sans doute l'un des philosophes les plus lucides de notre temps. Dans cette ouvrage, il se propose d'étudier la société libérale, de ses fondements philosophiques et politiques à ses "conséquences" contemporaines.

Le libéralisme naît au XVIe-XVIIe, en réaction aux effroyables guerres de religion qui dévastent l'Europe (huit rien qu'en France) ; en effet, c'est la première fois que des guerres sont livrées, non pas pour conquérir un territoire et faire main basse sur des ressources stratégiques, mais pour exterminer "ceux qui ne pensent pas pareil", où "le père se dressait contre le fils et le frère contre le frère". Que l'on songe à La Guerre de Trente Ans : 1618-1648 ; bien qu'en apparence, il puisse s'agir d'un conflit politique qui a vu la France ravir la place de première puissance européenne à l'Espagne dès 1643, on trouve toujours en toile de fond des Etats catholiques et protestants qui se battent à mort ; cette guerre a laissé des régions d'Allemagne privées de soixante à soixante-cinq pour cent de leur population, et l'on comprendra que cette époque ait été marquée par la peur de la mort violente (la naissance de l'art baroque date de cette époque).

Le libéralisme naît d'un constat pessimiste des penseurs de l'époque : l'Homme est mauvais ; "l'Homme est incapable du vrai et du Bien" pour Pascal ; "L'Homme est un loup pour l'Homme", selon Locke ; "Aussi longtemps que les hommes vivent sans un pouvoir commun qui les tient en respect, ils sont dans cette condition qui se nomme guerre, la guerre de chacun contre chacun", pour Hobbes. Cette idée de "pouvoir commun" détournant les Hommes de leurs passions idéologiques (= définir ce qu'est le Bien, et se battre à mort pour lui) voit tout d'abord l'établissement de la monarchie absolue de droit divin, où un seul homme incarne et décide de tout (propos à nuancer par le contre-pouvoir qu'incarnaient les Parlements provinciaux, dans le cas du Roi-Soleil), à la tête d'un Etat qui devra neutraliser les passions idéologiques.

Après le règne pour le moins guerrier de Louis XIV est née l'idée que les seules entités pouvant mettre un terme à l'état de guerre généralisée étaient, d'une part, le Droit, soit les lois garantissant les libertés publiques et prévenant l'arbitraire, et le Marché, censé détourner l'énergie des Hommes de la guerre vers la production de richesses, bénéfique à l'Humanité entière ; ce crédo s'est bien sûr développé avec ceux qu'on a appelé les Lumières, de Montesquieu à Adam Smith. Il faut privatiser les valeurs, de façon à ne jamais définir le Bien, donc à ne jamais être tenté de faire la guerre en son nom, et servir l'intérêt des Hommes, puisque l'Homme est un égoïsme par nature, et seul la préservation de ses "intérêts bien compris" permettra de maintenir la cohésion de toute société. Voilà pour la naissance et le développement du libéralisme.

J.-C. Michéa étudie par la suite le libéralisme contemporain, qui est le découlement logique du libéralisme fondateur, mais qui est aux antipodes de la pensée libérale première ; en effet, le Droit libéral doit refuser de s'inspirer d'une quelconque morale ou de la religion, puisque celles-ci relèvent de la sphère privée, et peuvent heurter une partie de la population, voire déboucher sur des horreurs ; de là découlent, premièrement, la lutte contre tous les "archaïsmes" (= traditions, auxquelles sont encore attachés les gens normaux), et la prolifération de lois pour "garantir des Droits aux opprimés" (je n'en ferai pas la liste ici, il y a trop d'"opprimés" !). Le Droit devient donc une machine glacée, d'une neutralité amorale, chargé de maintenir la cohésion de la société, aidé en cela par le Marché et la Croissance infinie, qui sont supposés mobiliser les Hommes et les rendre heureux (L'argent ne fait pas le bonheur, qui a dit cela ?) à la fin, car bien sûr, comme toute religion, le libéralisme promet aux hommes nouveaux le paradis terrestre, grâce à la Sainte-Trinité Droit-Marché-Science ; de là une fuite en avant perpétuelle : le fameux "Demain sera meilleur qu'aujourd'hui", qui semble être la panacée.

On constate que, sur le plan politique, Gauche et Droite marchent ensemble vers un avenir radieux ; les uns faisant sans cesse évoluer le Droit, tandis que les autres font évoluer le Marché ; parler de "néolibéralisme", d'ultralibéralisme", ou dire qu'être libéral, c'est être un réac facho, comme le font tous les sociologues d'Etat qui ne sont jamais sortis de l'université, est donc un contresens absolu, puisque pour survivre, le libéralisme a toujours besoin de transgresser les règles et lois, de tout bouleverser pour aller de l'avant (on comprend dès lors que soit ne soit fait contre les requins de la finance internationale, ni contre leurs "homologues" du bas de l'échelle sociale : les délinquants et criminels).

Ce qui était au départ un constat intellectuel pessimiste (et faux) s'est transformé peu à peu en idéologie intolérante (que l'on songe au nombre de lois mémorielles et liberticides qui réinstaurent le délit d'opinion, voire le blasphème, pour ne pas "stigmatiser"), et a fait évoluer la société vers un monde froid, procédurier (l'avocat est, avec l'"expert" et le psychologue, le nouveau curé de la société), égoïste, dans lequel la méfiance devient la règle, et le fric l'objectif de tout un chacun, et, disons le mot, stupide, puisque toute idée étant désormais susceptible de heurter la sensibilité de quelqu'un, il faut mieux voir les "people" étaler leurs seins siliconés sur les plateaux de télévision...

De lecture exigeante, mais point trop difficile pour peu que le sujet vous intéresse, cet essai de J.-C. Michéa vous éclairera vraiment sur les origines de la pensée libérale, et surtout sur la vacuité de notre société "merdiatique". Nous avons, hormis cette analyse très fine du Droit et du Marché, quelques passages sur l'enfant-roi, le désintéressement de tout le monde pour tout, et l'immaturité dans laquelle nous baignons maintenant jusqu'à un âge avancé.

A lire, ainsi que tous les autre ouvrages de cet auteur !
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le 12 octobre 2014
L'auteur fait un travail exceptionnel pour montrer le lien intrinsèque entre libéralisme societal et économique, nié aussi bien par l'intelligentsia de gauche que par une certaine droite des valeurs (certes bien moi s représentée dans notre pays). A lire pour ne plus être le dindon du mondialisme déshumanisant.
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le 24 février 2008
Essai passionnant. La thèse (le Medef, les subprimes, et les gros salaires du Cac 40 gîtaient dans les généreuses lumières du libéralisme politique du XVIIIème) est fort documentée et convaincante, jusque dans ses pointes les plus aventureuses : côté gauche surtout, ça tape fort, tout le monde en prend pour son grade : Sarko et Besancenot, même combat.
Mais contre quoi échanger le libéralisme, que mettre à la place de l'ensommeillement trompeur quand (et si) les peuples un jour se réveillent de leur torpeur ? Faut-il faire se lever à nouveau l'astre de la tyrannie ? Car l'anti-libéralisme pourrait nous conduire bien loin. Mais ce n'est pas du goût de l'auteur qui espère dans l'innocence d'une "common decency" orwellienne. Il est permis d'être un peu frustré par une perspective si vaguement moraliste.
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Un ouvrage orienté mais passionnant! L'ouvrage présente les racines du libéralisme qu'il rattache à l'anthropologie pessimiste des lumières. C'est parfois un peu poussé mais souvent enrichissant.
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