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« En démystifiant la pseudo-supériorité intellectuelle de nos élites et le dogme officiel de la “concurrence libre et non faussée”, ce livre jette un pavé dans la mare salutaire, contre la pensée économique unique propagée par les médias ». (extrait du commentaire d’un lecteur Philippe sur amazon.fr).

♦ François Lenglet est journaliste économique, au déjà long parcours professionnel partagé entre la presse écrite et les médias audiovisuels. Directeur de la rédaction des « Enjeux Les Echos » pendant huit ans pour aller, entre autres, rejoindre « La Tribune », puis « BFM Business » et « BFM TV». Auteur de plusieurs livres, il s’est fait remarquer par son avant-dernier ouvrage « Qui va payer la crise », dans lequel il vulgarise la crise de l’euro et en fait découvrir les ressorts, rassemblant ainsi les éloges de la quasi-totalité de la presse économique.
La dernière étude de François Lenglet à laquelle Jacques Delimoges a consacré la critique ci-après, est une sorte d’alerte. Pour son auteur, la phase actuelle de la mondialisation touche à sa fin. Certains diront qu’elle débouche sur une dichotomie flagrante entre une misère grandissante et la richesse d’une toute petite minorité, mais, malgré tout, elle a permis le développement d’un certain nombre de pays pauvres.
Delimoges qualifie le point de vue de Lenglet de « libéral-protectionnisme ». Voilà un vaste programme mixte qui pourrait être un des fondamentaux annexés par une droite reconstruite.♦
Polémia

Libéralisation et libre-échange tous azimuts

Tout commence sur un air de rock’n’roll : à la fin des années 60, la vague libérale a ses troupes, les baby-boomers, son credo, la prééminence de l’individu sur la société, et son arme, les nouvelles techniques de communication. Le règne de Milton Friedmann commence. En 1979, le libéralisme sociétal investit l’économie, avec l’arrivée au pouvoir de la Dame de Fer, suivie l’année suivante de Ronald Reagan. De l’autre côté du monde, Deng Xiao Ping, le « Petit Timonnier », lance ses réformes libérales en 1978. Les vents sont favorables : libéraliser, dans les années 80, c’est rompre avec la sclérose qui étouffe les économies développées, sous l’effet de réglementations excessives et paralysantes, dont la Grande Bretagne travailliste de Harold Wilson et James Callaghan est une parfaite illustration. Cette conquête libérale prend une dimension et une force accrues avec la chute, le 9 novembre 1989, du Mur de Berlin, et l’extension à l’ex-bloc communiste du modèle américain chantée par Fukuyama. Il s’en suit une politique de plus en plus audacieuse de désarmement tarifaire et de déréglementation financière favorisant « l’ exubérance irrationnelle » des marchés, l’hypertrophie de la finance, la croissance de l’endettement tant public que privé, la création de valeur au profit de l’actionnaire, le développement des fusions-acquisitions, des privatisations, de la titrisation et des stock options, la concurrence fiscale entre Etats, l’essor des paradis fiscaux, la prospérité des multinationales, le règne universel des financiers et le bonheur du consommateur. Au tournant du siècle, l’émergence de la Chine et l’avènement de la zone euro contribuent puissamment à un regain du commerce mondial.

Les résultats sont spectaculaires : la prospérité est quasi générale, le Tiers Monde que l’aide publique au développement avait entretenu dans la médiocrité se mue en Emergents, la pauvreté régresse spectaculairement, et le PIB mondial croît à un rythme inégalé dans l’histoire. Le monde s’uniformise comme jamais. On est en plein dans la mondialisation heureuse, et le rêve d’une planète unifiée par le libre-échange, régie par le marché et régulée par la démocratie paraît en voie de réalisation. La victoire du bonheur économique sans frontières et sans date de péremption est célébrée chaque mois de janvier au Forum annuel de Davos. A l’orée de la crise des subprimes, en 2007, la mondialisation a atteint son point le plus avancé de l’histoire.

Patatras ! La mondialisation en échec

Ce bel édifice sombre brutalement avec la crise des subprimes. La faillite, le 15 septembre 2008, de Lehmann Brothers marque une borne et une rupture. L’histoire commencée quarante ans plus tôt avec les mouvements estudiantins et la grande fête de Woodstock s’achève dans un effondrement retentissant. En quelques jours, un demi-siècle de certitudes économiques libérales s’évanouit. Pour enfoncer le clou, fin 2009, un nouveau choc s’abat sur l’Europe, l’Occident et le monde entier, la crise des dettes publiques en Europe.

On réinterprète dès lors le parcours éblouissant de la planète entre 1990 et 2008. On comprend que la croissance devait beaucoup à l’endettement excessif des particuliers, des entreprises et des Etats, aux Etats-Unis, en Europe, et jusqu’en Chine. On comprend également que la mondialisation ne fait pas que des gagnants : l’élargissement du marché mondial, s’il a eu des conséquences positives pour nombre de pays pauvres de la planète, a bel et bien creusé les inégalités au sein des nations développées et dynamité le système social des classes moyennes et populaires. Les systèmes fiscaux occidentaux fonctionnent dès lors en « Robins des Bois à l’envers », prélevant sur les pauvres et exonérant les riches et les multinationales. Ce phénomène touche notamment la France, qui aggrave son cas en pratiquant une politique d’allègement des charges salariales financée par emprunt. « Plutôt que de creuser l’inégalité entre les classes sociales, la France a préféré développer celle qui sépare les classes d’âge ».

On réalise aussi que la mondialisation n’apporte pas le bonheur, et que l’interdépendance est avant tout une dépendance : la dissuasion économique joue à fond entre partenaires et concurrents, les liens entre causes et effets deviennent plus globaux et plus complexes, et surtout Etats et personnels politiques sont à la merci de forces de marché capricieuses qu’ils ne maîtrisent pas. L’indépendance des banques centrales, justifiée à l’origine (« Les politiques renoncent à financer leurs dépenses en manipulant la monnaie. Tels des alcooliques repentis, ils confient la clé de la cave au curé du coin »), tourne à l’avantage des épargnants avec la complicité de banques centrales, agents doubles passés du côté de l’épargne. Les Etats qui s’étaient crus les plus forts (« Rendre les banques centrales indépendantes, c’était une ruse de la puissance publique pour attirer plus facilement le capital destiné à la financer ») perdent l’initiative, au fur et à mesure qu’ils deviennent plus dépendants des marchés. L’internationalisation financière a donc rétréci la sphère d’intervention du pouvoir politique, même dans ses fonctions régaliennes, et dépossédé les peuples de leur destin. Au point qu’un intellectuel de Harvard a pu énoncer un « trilemme de Rodric » aux termes duquel il n’est pas possible d’avoir simultanément démocratie, indépendance nationale et mondialisation économique. Thèse amusante, intéressante et significative qui, si elle est vraie, ne laisse ouvertes que trois solutions : limiter la démocratie, créer un gouvernement mondial, ou limiter la mondialisation.

Ce désenchantement brutal s’applique aussi, avec une force particulière, à la zone euro : contrairement aux attentes, celle-ci n’a pas apporté comme prévu la convergence des économies des pays membres, mais au contraire leur forte et croissante divergence. Elle a en fait fonctionné comme l’équivalent de l’étalon-or du XIXe siècle et de l’entre-deux-guerres, provoquant de fortes divergences dans les économies réelles. Le taux de change ne pouvant varier, c’est l’économie réelle, la croissance, l’emploi, les salaires, qui au bout du compte doivent subir une forte volatilité. La queue du chien étant bloquée, c’est le corps du chien qui doit bouger tout entier.

Enfin, on constate avec le recul que la mondialisation a créé la crise permanente : crise du SME en 1992, crise mexicaine de 1995, crise asiatique de 1997, crise russe de 1998, éclatement de la bulle internet en 2000, crise des subprimes en 2007, crise des dettes souveraines en Europe en 2010, crise de l’Inde et du Brésil en 2013, on n’en finit pas de répertorier les perturbations du système économique mondial depuis sa libéralisation au long des années 80 et 90.

L’éternel retour

Le chapitre 5, intitulé avec humour « L’éternel retour », référence sans doute à Nietzsche et à Mircea Eliade, est la clé du livre. Son ton bon enfant et léger ne doit pas masquer une certaine profondeur du propos. Quatre idées-forces se dégagent :

en premier lieu, les sociétés fonctionnent selon la loi du perpétuel retour du Même, de l’alternance entre phases libérales/mondialistes et phases protectionnistes/nationalistes, en un mouvement pendulaire fonctionnant dans les deux sens, vérifié par l’histoire au moins depuis le XVIe siècle occidental. La société oscille perpétuellement entre tentations et pulsions contraires mais immuables, chaque génération posant ses pas dans ceux d’une génération précédente, aiguillonnée par les mêmes désirs et se heurtant aux mêmes obstacles,
en second lieu, l’auteur martèle la sympathique thèse, puissamment anti-marxiste et peut-être aussi anti-libérale, selon laquelle ce n’est pas l’économie qui impose sa loi à la société, mais bien le contraire. L’économie ne fait que suivre. « C’est dans la société que… naissent les pulsions premières, libertaires ou protectionnistes, mondialistes ou nationalistes. Ces directives impérieuses transforment peu à peu la vie en société et commandent à l’économie en imposant le système de pensée qui la gouverne. Aussi l’économie est-elle tantôt libérale, tantôt dirigiste, en fonction de l’humeur changeante de la société »,
en troisième lieu, est exposée la thèse de l’alternance contraire des générations comme moteur des grands cycles et du mouvement de balancier idéologique : les générations se structurent sur la base des maux qu’elles ont sous les yeux, prenant régulièrement le contre-pied de la précédente ; chaque cycle se décomposant en deux demi-cycles, l’un montant, l’autre descendant, il faut deux bonnes générations successives pour effectuer une révolution complète, soit environ 70 ans,
enfin, est proposée l’image des deux Sisyphe, l’un libéral, l’autre étatiste, se succédant mécaniquement sans le vouloir ni même le savoir, chacun concentré, plus ou moins aveuglément, à faire remonter sa pierre de son côté. Citons la conclusion, qui tangente, avec des mots simples, la grande sagesse: « L’instabilité que provoquent ces deux géants perpétuellement insatisfaits témoigne d’une difficulté fondamentale de la vie en société, impossible à lever durablement : trouver la juste mesure entre la règle et la liberté, entre le groupe et l’individu. Faute de savoir positionner le curseur à l’endroit idéal, nous voici condamnés à l’errance, au roulis d’un excès à l’autre ». On ne saurait mieux dire.
Et demain ?

Les signes de reflux surabondent, avec des négociations commerciales en panne, une OMC en désarroi, des politiques de rééquilibrage brutales et douloureuses dans l’Europe du Sud.

« Nous sommes à la veille d’un gigantesque retournement idéologique comme il en survient un ou deux par siècle, dont l’ombre portée s’étendra sur les décennies qui viennent ».

Vers un protectionnisme européen intelligent

La troisième partie du livre est intitulée « le protectionnisme, une solution ? ». Après une remarque liminaire sur le caractère quasi-dogmatique du libre-échange dans les élites nées du baby-boom, elle commence au contraire par démonter une à une trois objections classiques faites au protectionnisme :

« Le protectionnisme crée des rentes injustifiées » : exact, mais le libre-échange a aussi ses rentiers et parasites, notamment les financiers, payés de façon absurde pour une activité qui n’a aucune utilité sociale,
« Le protectionnisme déclenche les crises économiques » : argument aussi discutable que répandu ; en réalité, le protectionnisme n’a pas été une cause de la crise de 1929, il l’a au contraire en partie soignée. On constate au contraire un certain effet curatif du protectionnisme en certaines situations historiques. En réalité, ça n’est pas le commerce qui crée la croissance, mais exactement le contraire. De plus, ce sont les pays les moins dépendants des flux de capital international qui ont connu la croissance la plus forte.
« Avec le protectionnisme, la Chine ne se serait jamais développée » : la réponse est foudroyante : « si c’est bien le libre-échange qui a favorisé la croissance chinoise, il s’agit de notre libre-échange, pas du sien ». Au contraire, la Chine a, avec constance, et malgré son adhésion en 2001 à l’OMC, pratiqué la dissymétrie de l’ouverture, l’arnaque d’un taux de change sous-évalué sous contrôle, la copie voire le vol à large échelle de technologie, l’ignorance de la propriété intellectuelle, bref une politique industrielle multisectorielle privilégiant l’intérêt national à tout instant et en toutes circonstances.
Suit un paragraphe intitulé « conversion d’un libéral », qui est un bilan personnel, honnête, nuancé et mesuré des avantages et inconvénients respectifs du libre-échange et du protectionnisme. Il ne peut en être autrement de la part d’un libéral, en raison des liens constitutifs entre mondialisation et libéralisme économique. La conclusion est la suivante : « du strict point de vue économique, le libre-échange commercial n’offre pas d’avantage significatif par rapport au protectionnisme…dans ce système, c’est sur la société que sont reportés tous les efforts d’ajustement : mobilité, flexibilité, baisse des salaires. La mondialisation consacre la domination des mobiles sur les immobiles, des forts sur les faibles, des gros contre les puissants…Aujourd’hui, l’époque n’est plus au libre-échange, et pas davantage à la mondialisation financière. Cette époque est révolue. ».

Trois enjeux pour une protection

Il faut bien comprendre que la mondialisation a partie liée avec les détenteurs de capital, au détriment de plus en plus évident des classes populaires et moyennes, et que les groupes pénalisés par la vague libérale (producteurs, salariés, classes moyennes et populaires, emprunteurs) ont vocation, avec l’alternance, à prendre leur revanche sur les gagnants (riches, financiers et juristes, consommateurs). Dès lors, l’enjeu d’un protectionnisme moderne et tempéré est triple :

Sauver les classes moyennes, groupe social clé pour la stabilité et la prospérité de nos sociétés, en remusclant l’industrie, monde non seulement plus stratégique, mais également plus égalitaire que celui des services,
Rétablir la demande finale en faisant monter les salaires, précisément de l’industrie, au détriment de l’actionnaire et du consommateur,
Laisser filer une inflation de l’ordre de 3 à 4 % par an pour rééquilibrer les échanges entre producteurs et consommateurs, et pour réduire la dette à travers « une faillite partielle, discrète et libératrice ».
En pratique

Le dernier chapitre du livre, assez modeste (20 pages), contient un certain nombre de recommandations pratiques. Comme pour le livre précédent sur la crise, on remarque immédiatement un hiatus considérable entre l’audace des préliminaires et la prudence des recommandations finales. Il faut y voir la coexistence chez l’auteur d’un brillant intellectuel et d’un économiste libéral conscient et responsable, ce qui est tout à son honneur !

On retiendra ce qui suit :

Un relèvement sélectif des droits de douane en fonction des produits et des pays s’impose.
Même au sein de l’Union européenne, le marché unique du travail doit être amendé ; à tout le moins, il conviendrait de prolonger et renforcer la période de transition qui protège certains secteurs, le temps du rattrapage des salaires.
Une grande prudence, voire de la circonspection, s’impose sur le projet de traité de libre-échange UE-Etats-Unis, notamment en raison du différentiel de prix de l’énergie lié au gaz de schiste.
Une politique industrielle européenne est nécessaire, avec élevage de champions nationaux et européens, mais avec prudence et doigté, liés à la plus extrême méfiance envers l’Etat comme acteur économique incompétent.
Redomestication (et non renationalisation) de l’industrie bancaire, c’est-à-dire son confinement plus strict dans les limites de la nation.
Dans les toutes dernières pages, l’auteur précise, ce dont nous lui saurons gré, que « le bon périmètre de protection est donc l’Europe, plutôt que la nation » et qu’il « ne s’agit pas de refermer l’Europe, mais de trouver le bon équilibre entre le marché et la règle, entre l’ouverture et la protection », dans l’esprit du compromis de Bretton Woods.

En conclusion

Ce livre reprend sous une autre forme le thème, très présent dans le précédent opus, de la lutte inégale et injuste du capital contre le travail, des vieux contre la jeunesse, de la finance contre l’économie réelle. Le retour du protectionnisme est une revanche de la classe moyenne vertueuse sur une petite classe dirigeante mondialisée qui a poussé le bouchon un peu trop loin.

Sur le fond, ce point de vue qu’on peut qualifier de « libéral-protectionniste » pourrait servir de référence à une droite européenne et française de conviction, pour deux raisons :

Si l’on s’en tient à l’économie, un homme de droite de conviction ne va pas spontanément vers le protectionnisme, qui souvent traduit un réflexe de défense et une mentalité défaitiste. Il ne s’y rallie que comme solution provisoire en vue d’une offensive ultérieure, vision proche de celle de l’auteur. Il s’y rallie au fond pour des raisons plus hautes, non économiques : le protectionnisme comme condition de l’identité,
Il faut bien réaliser que les propositions de l’auteur, assez raisonnables en théorie, sont extrêmement audacieuses en pratique, et bien plus radicales que celles d’aucun parti institutionnel. Seul grand regret, à titre personnel : l’absence de grand souffle européen.
Jacques Delimoges
8/12/2013

François Lenglet, La fin de la mondialisation, Fayard, Collection Documents, septembre 2013, 264 pages

François Lenglet, Qui va payer la crise ?, Fayard, Collection Pluriel, mai 2013, 224 pages
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le 23 janvier 2014
Le style est clair et vif. L'auteur sait captiver le lecteur – dans le sens retenir prisonnier – pour l'emmener là où il veut l'emmener. Un regret : pas de suspense puisque l'objectif est dans le titre.
Le style convient parfaitement à la méthode : une avalanche de faits, d'idées, un mélange de choses parfois presque évidentes et d'autres très contestables. Mais il sait que le lecteur ne va pas vérifier chaque détail !
Par exemple, il balaye les 35 heures comme s'il était absolument évident que c'était une sottise. En une seule petite phrase ! Peut-être aurait-il pu dire : "À la rigueur, 35 heures payées 35" ! Le chômage aurait baissé sans plomber la compétitivité des entreprises. Mais rien.
Il cite de nombreux économistes et historiens – Stiglitz, Baudel, Krugman, etc. Mais on a vraiment l'impression qu'il fait son "shopping", en prenant ce qui lui va et en laissant le reste.
Il a travaillé aux Echos, à la Tribune, des publications dans le mainstream de l'économie. A-t-il, lui aussi, effectué un virage à 180° ? Et d'ailleurs, dans quelle direction ?
Plus grave, la confusion (volontaire !) entre la volonté de libération en 68 dont la conséquence est, pour lui, un nouveau cycle du libéralisme, est simplement grotesque. Avez-vous jamais entendu quelqu'un dire ça ?
Confusion constante (et volontaire !) chez lui entre libéralisme et libre-échange – c'est l'un ou l'autre, comme ça l'arrange.
Savez-vous combien de fois Adam Smith emploie l'expression "main invisible" dans les 800 pages de La Richesse des Nations ? Une seule fois ! François Lenglet au moins trois fois – en oubliant, comme tous les économistes mainstream de parler de l'autre volet de la pensée d'Adam Smith : le pouvoir politique doit veiller à ce que chacun bénéficie de la prospérité due aux échanges commerciaux.
Au fait, Marx appréciait le travail d'Adam Smith. Et Lenglet ne connaît pas Marx, apparemment. Et parler de "cycles" du capitalisme (mot que Lenglet n'a pas l'air d'aimer) sans inviter Marx ça entraîne nécessairement à dire des sottises. Immanuel Wallerstein, professeur à Yale, directeur du Centre Fernand Baudel, entre autres choses, décrit effectivement ces "cycles" mais il MONTRE qu'ils ne sont pas identiques car le capitalisme aujourd'hui n'est plus du tout dans la même situation qu'au XVIIIe siècle, par exemple. Son expansion, au niveau géographique, a atteint ses limites. Il n'y a plus de nouvelles contrées à conquérir. L'argent ne peut se faire qu'avec de l'argent.
Tout aussi grave, Lenglet "oublie" totalement les contraintes écologiques :
Même les Chinois savent que la croissance à l'occidentale ce n'est plus possible. Pas Lenglet.
Dernier point, à propos du protectionnisme, Lenglet aurait quand même pu mentionner, ne serait-ce que pour tenter de démontrer que c'est faux, que le protectionnisme ne marche que si les autres ne sont pas protectionnistes.
Après avoir lu son livre, je comprends mieux pourquoi ce monsieur m'agacait.
11 commentaire| 9 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 28 septembre 2013
Ce livre est une rétrospective accessible à tous ceux qui ne sont pas férus d'économie de l'évolution du libre-échange en système capitaliste de ses débuts (colonisation anglaise, marché des esclaves, révolution industrielle du coton) jusqu'à la crise contemporaine. Il met en exergue le fait qu'il existe des cycles générationnels d'alternance mondialisation/nationalisation, et que nous entrons dans un nouveau cycle de fermeture au monde.

Soulignons donc l'honnêteté de Mr Lenglet sur la vision du monde économique, comme on dit il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, ou comme il dit lui-même "quand les faits changent, les économistes changent d'avis".

Quelques citations à présent :
"Au 20e siècle, économistes et libres-échangistes deviennent synonymes"
"Pourquoi un tel panurgisme?"
"les forces puissantes qui ont affaibli les frontières ont également corrodé nos systèmes de décision politique"
"l'hypermondialisation entre en conflit avec la démocratie" (Rodrick)
"le fait de commercer n'est pas en soi un moteur"
"le marché est aveugle et sourd aux inégalités et à la vie des peuples"

Si certaines personnes (dont je fais parti) n'ont pas attendu, loin de là, Mr Lenglet pour faire ces constats, ce livre permettra peut-être à la majorité des gens qui ne s'informe qu'à travers les grands médias de commencer à voir la réalité de nos économies modernes.
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le 2 novembre 2013
Excellent livre qui a deux grands torts:

- Il fait de la vulgarisation à destination du grand public, basée sur de nombreux exemples, et permet donc à tout un chacun de remettre la politique économique actuelle en perspective.

- Il aborde des options économiques "tabous", tel que le protectionnisme pourtant défendu par notre Prix Nobel d'économie, le très libéral Maurice Allais.

En démystifiant la pseudo supériorité intellectuelle de nos élites et le dogme officiel de la "concurrence libre et non faussée, ce livre jette un pavé dans la mare salutaire, contre la pensée économique unique propagée par les médias.

A ce titre, il s'agit d'un livre indispensable pour tous les non-spécialistes, ceux qui souhaitent savoir s'il n'y a réellement aucune autre solution que la politique économique actuelle, celle de l'Union Européenne et de l'euro, celle qui nous amène toujours plus de chômage et de misère au profit d'une toute petite minorité.
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le 28 mai 2014
La fin de la mondialisation expliqué avec clareté, rigueur et competence
Concept qui n'est cependant pas partagé par tous les économiste
A lire de toute façon
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le 12 octobre 2014
Très bonne analyse sans polémique et bien réaliste. Cet ouvrage ouvre des perspectives très intéressantes et qui peuvent redonner confiance dans l'économie.
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le 21 septembre 2013
Comme souvent dans les commentaires et l'approche de Lenglet, on reste dans le superficiel. Aborder le thème complexe de la mondialisation, de sa fin ou de son extension, nécessite une véritable approche de chercheur. Mais, le thème est racoleur, politique, galvaudé, discuté et donc mal débattu. Ce livre se contente d'agiter les émotions pour tirer des conclusions définitives et péremptoires (l'affirmatif et souvent préféré au conditionnel dans ce livre) sur la fin de la globalisation. Dans ce livre, les exemples font loi, les signes avant-courreurs justifient des tendances radicales à venir (tel que la relocalisation de l'industrie aux Etats-Unis). C'est grotesque au sens premier du terme. L'approche retenue est donc médiatique et non pas économique. Tout le monde à une opinion sur beaucoup de thèmes traités par la science économique. C'est bien ainsi. Mais, cela ne signifie pas que tout le monde a une opinion informée. Certainement pas Lenglet sur la mondialisation. Si l'économie et le développement de l'économie internationale en particulier vous intéresse alors, passez votre chemin et intéressez-vous à des auteurs solides.
66 commentaires| 29 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 21 octobre 2013
Facile à lire ,bien structuré, très didactique et très intéressant.Vous pouvez aussi aller aux chapitres qui vous intéressent le plus comme le chapitre 5 "L'éternel retour".
0Commentaire| 3 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 3 octobre 2013
Ce qui m'a le plus gêné dans ce livre visiblement vite écrit, c'est que quasiment toutes les analyses présentées — dont beaucoup ne sont pas fautes, même si elles sont simplifiées à l'extrême — sont des redites, de sempiternelles redites de tout ce qui a été avancé — et davantage creusé — depuis une bonne quinzaine d'années, par ceux qu'on appelait avec une pointe de dédain les "altermondialistes" et que les médias n'invitaient pas très souvent. Les gens d'ATTAC, du groupe des économistes atterrés ou quantité d'autres doivent éclater de rire en voyant reprises comme autant de "trouvailles" des choses dix mille fois analysées. On se demande bien à quoi peut servir un livre aussi caricaturalement simplificateur.
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le 19 décembre 2015
La fin de la mondialisation? Absolument pas. Le journaliste va à rebours de toutes les recherches sérieuses sur la question.
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