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Simon Epstein est économiste et historien, auteur de plusieurs ouvrages sur le racisme et l'antisémitisme, vit à Jérusalem depuis 1974. Il a publié en 2001 un ouvrage remarquable sur Les Dreyfusards sous l'Occupation.

"Un paradoxe français" est un livre d'histoire qui détruit plusieurs mythes et autres mensonges.

Mythe n°1 : l'extrême droite française, collaborationniste pendant la seconde guerre mondiale était majoritairement l'extrême droite d'avant la guerre. C'est tout l'inverse. La majorité des premiers résistants était issue de l'Action Française qui prônait le "nationalisme intégral" et était germanophobe.

Mythe n°2 : la gauche pacifiste, antiraciste, philosémite a majoritairement composé la Résistance. C'est tout l'inverse. Les pacifistes ont continué, dans leur majorité (à l'image des dreyfusards) de l'être sous la botte nazie.

"Que le pacifisme fut le vecteur principal de la collaboration, que les pacifistes furent nombreux à collaborer, et qu'ils fournirent de très nombreux collaborateurs, que la gauche fut dominante dans la collaboration parce qu'elle fut dominante dans le pacifisme - toutes ces vérités dérangeantes échapperont aux politiciens, aux polémistes et aux historiens soucieux d'inculper "toutes les droites" et de leur faire porter le chapeau exclusif des erreurs, des trahisons et des crimes qui ont endeuillé, à jamais, les années 1940-1944.

Ils chargeront Maurras (Action Française) de forfaits commis par des gens, qui, pour beaucoup, étaient des antimaurrassiens endurcis. Ils s'acharneront sur La Roque (les Croix de Feu), qui vraiment n'y était pour rien. Ils débusqueront des "fascistes" un peu partout y compris là (et surtout là) où il n'y en avait pas, et ils ignoreront ces pacifistes, intransigeants et candides à la fois, qui se fascinèrent pour l'Allemagne de Hitler (...)".

Simon Epstein expose à l'aide de fiches biographiques précises, de leur mise sous lumière de l'Histoire, dans cet ouvrage dense, exégétique, une réalité historique très éloignée des multiples propagandes et oublis nés dans l'après-guerre.

Les nombreuses sources d'informations puisées notamment chez Bernard Lacache qui fut le président de la LICA (ancêtre de l'actuelle LICRA) qui dénonça tous ces traîtres qui, ayant milité au sein de ce mouvement pacifiste, de gauche, philosémite se convertirent à la collaboration et à son opposé, Henry Coston, l'extrêmiste de droite de toujours, qui dénonça ces "convertis" qui après-guerre quittèrent pour leur carrière politique cette extrême droite collabo, donnent de cette page d'histoire de France à la fois l'image des égoûts les plus puants du racisme, de la honte, du meurtre, et celle des cieux les plus purs de l'héroïsme, de la Liberté, de l'Honneur.

L'auteur enfin explique les raisons qui ont soutenu ces mythes et nous régale par une notice biographique précise de François Mitterrand.

Quelques colles pour les forts en thème :

- Si Brasillach était maurrassien, Drieu-La Rochelle était-il d'extrême droite avant guerre ? Non. Il était de gauche et philosémite.
- Jean Luchaire, Pierre de Brinon, Alphonse de Chateaubriand : idem, de gauche.
- Doriot, Déat ? de gauche
- Cocteau, Aymé, Giono ? de gauche
- Bergery ? radical de gauche
- Bertrand de Jouvenel ? de gauche
- Simon Sabiani, Maurice-Ivan Sicard, Paul Perrin, André Grisoni, Paul Rives, Maurice Levillain, Barthélémy Montagnon, René Chateau, Claude Jamet : de gauche itou
- Robert Jospin (le père de Lionel) pacifiste intégral, munichois, proche de Marcel Déat : SFIO
- Camille Chautemps, Georges Bonnet, Maurice Papon, René Bousquet : de la gauche radicale !
- Robert Hersant : idem
- Charles Spinasse, Georges Monnet : encore
- Georges Suarez qui fut l'ami de Jopseph Kessel dans les années 20, biographe de Clémenceau et de Briand, dont le souci de réconciliation franco-allemande le conduisit sous Vichy au pronazisme le plus effréné, fut le premier journaliste à être jugé pour collaboration : proche de la gauche briandiste.
- Alfred Baudrillart, Marc Augier, Jean Balestre : etc.
- Camille Planche, Léon Emery, René Gérin, déatistes, provenant de la gauche.
- Saint-Loup (alias Marc Augier qui, avant guerre, chantait "Au devant de la vie" avec ses camarades juifs des Auberges), Saint-Paulien (alias Maurice-Ivan Sicard, qui avant guerre vomissait dans son "Huron" le fascisme et les fascistes), Roland Gaucher (ex- Roland Goguillot qui militait aux Etudiants révolutionnaires), François Brigneau (Emmanuel Allot, pacifiste de gauche): ex-antifascistes, anciens de la gauche et de l'extrême gauche, collabos, militants d'extrême droite après la guerre.

- René Bousquet, secrétaire général de la police de Vichy, responsable de la déportation de 54.000 juifs français, l'ami de toujours de François Mitterrand : centre gauche républicain.

Saviez-vous que 12 des 17 ministres SFIO de la fin de la III° République furent exclus de ce parti après guerre pour leur comportement collaborateur pendant ?

Saviez-vous que trois des grands chefs de la collaboration, Pierre Laval (socialiste révolutionnaire avant la première guerre mondiale), l'amiral Darlan (socialiste) et Déat (ex-SFIO) furent victimes de deux nationalistes, d'avant guerre ? Fernand Bonnier de la Chapelle, Action Française, assassina Darland à Alger en 1942 et Paul Collette, ex-Cagoulard, blessa par balle Marcel Déat et Pierre Laval en 1941 lors d'une revue des troupes de la LVF.

Ce livre est riche d'enseignements précis qu'il est impossible de résumer.

Exceptionnel ouvrage qui fait date dans la compréhension de notre Histoire.
3030 commentaires| 116 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 30 mars 2014
Cet ouvrage a un côté dérangeant......

Un paradoxe français de Simon Epstein, historien français résidant à Jérusalem, bouscule nombre d’idées reçues et de clichés sur les années 1920, 1930 et 1940, qui pèsent fortement sur les grands débats de société contemporains. L’auteur s’appuie sur des centaines de parcours individuels, qu’il analyse sans parti pris tout en dénonçant les manipulations de l’histoire officielle depuis 1945.

Il montre l’ambivalence de certains sentiments humanitaires affichés et souligne à quel point les professions de foi humanistes et la bonne conscience antiracistes ne conduisent pas forcément au choix du courage et de la générosité.

A lire sans hésitation pour comprendre ce que veut dire mensonges et manipulations qui ont cours encore de nos jours.

Pour ma part j'ai pu vérifier que le simple fait de citer le titre du livre, met mal à l'aise certains de mes contemporains (réaction épidermiques).
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le 13 mai 2015
Ce livre passionnant et abondamment sourcé, scrute les « positionnements » de plus de 200 personnalités issues du monde politique, journalistique et intellectuel pendant les années 30, la guerre, l’occupation et l’immédiate après-guerre.

Un premier constat : parmi les personnalités du régime de Vichy (Bousquet, Darlan,…) et de la collaboration éhontée au 3ème Reich (Doriot…), nombreux sont ceux qui viennent de la gauche et qui ont milité avant-guerre au sein de la LICA (future LICRA), ou au moins manifesté bruyamment contre l’antisémitisme... Dans l’entre-deux guerres, c’est bien l’ultra gauche pacifiste qui ne cessera de réclamer le désarmement unilatéral de la France se gardant bien de s’alarmer du réarmement massif de l’Allemagne… C’est bien la Chambre des Députés majoritairement socialiste et radical-socialiste qui donne les pouvoirs constituants à Pétain le 10 juillet 1940. Pourquoi donc tant de dreyfusards et d’anciens philosémites gravitent-ils autour de Vichy ? Attraction pétainiste probablement… Qui donc organise les rafles anti-juives de 1942 à la demande de Laval si ce n’est René Bousquet, radical-socialiste qui s’était déjà chargé de la répression des ligues factieuses nationalistes de 1936 sous les ordres de Salengro, Ministre de l’Intérieur du Front Populaire…

A l’opposé, les trajectoires sont tout aussi déroutantes : des factieux de 1936 (La Rocque…), des militants et sympathisants de l’Action Française (Daniel Cordier…), reniant Maurras au moment de la soumission de celui-ci à Pétain, décident d’entrer en résistance dès le début, quand peu répondent à l’appel... Plus tard encore, la tendance se confirme : « par rapport à la résistance non communiste, le poids des originaires de l’extrême droite est considérable » (Epstein). L’un des premiers réseaux clandestins, Alliance, fondé par Loustaunau-Lacau (homme politique d’extrême droite), revendiquera 3000 membres, parmi ceux-ci 300 seront fusillés, plusieurs centaines seront déportés et ne rentreront pas. Ces hommes et femmes, issus de ces milieux nationalistes où prospèrent les préjugés anti-juifs, deviendront résistants et côtoieront ceux qu’ils affrontaient avant la guerre. Parmi eux, certains cesseront d’être antisémites, beaucoup le resteront…

Pour autant, ce livre ne se contente pas d’être un énième who’s who des résistants et collabos. En effet, au-delà des itinéraires singuliers menant à la résistance et des conversions de masse au collaborationnisme, Simon Epstein démontre l’extraordinaire imposture de l’historiographie, encore en vigueur aujourd’hui, qui s’évertue à revisiter le passé à l’aune du bon vieux déterminisme idéologique. Jusqu’à l’absurde : «dire que la collaboration trouve sa source dans le fascisme des années 30 revient à dire que la France aurait secrété un fascisme d’auto asservissement mettant un point d’honneur à se conformer aux exigences de l’ennemi. Le fascisme français aurait été le seul fascisme de l’histoire à prôner l’effacement national et la soumission collective. » (Epstein)

Simon Epstein, la plume alerte et l’ironie vacharde s’amuse des contorsions habituelles de ces historiens et chercheurs, coincés entre les révélations calamiteuses sur les passés des uns et des autres et leurs vocations didactiques. Comment falsifier par omission le passé d’un serviteur zélé de Vichy, quand celui-ci devenu président de la République veut se servir du Front National… comment occulter ces pans entiers de la gauche parlementaire et de la société civile vautrés dans la collaboration… qu’importe l’historien apologète l’affirme : la gauche n’était plus vraiment la gauche etc… bref, il faut sauver « la cohérence idéologique et le pathos du narratif antifasciste de 1936».

A l’image de l’immédiate après-guerre, celle qui a amnistié des Vichystes (Bousquet) et emprisonner des résistants (Loustaunau-Lacau).
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le 8 février 2011
Après l'occupation, très nombreux sont les gens qui, ayant fait toute leur carrière politique dans une gauche antiraciste, durant les années 20 et 30, ont été arbitrairement classés à l'extrême droite après avoir collaboré.

A la même époque, la dite extrême droite, parfois antisémite, a fourni à la résistance de nombreux cadres.

L'image d'Epinal: extrême droite = collabos/ gauche = résistance, ne résiste pas à l'analyse historique.
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le 8 août 2014
Pour ceux qui s'intéressent à cette période de l'histoire française, le livre à lire. L'auteur retrace l'histoire de très nombreuses personnes ayant débuté leur vie dans l'entre-deux-guerre, à gauche de l'échiquier politique (SFIO, Trotskystes, etc), philosémites, et qui ont collaboré au régime de Vichy, dont beaucoup à des postes non-négligeables, et de manière active. Au point que l'auteur affirme que cela ne peut être un hasard. En tout cas, tout autre que la version officielle ("La gauche, ce sont les résistants, la droite, c'est la collaboration."). Inversement, l'auteur refait l'histoire de nombreux résistants, ayant eux fait le chemin inverse, provenant de l'extrême-droite, antisémites dans l'entre-deux-guerres, et ayant rejoint De Gaulle. D'un côtés, ceux qui ont choisi la paix, avec Pétain, de l'autre ceux qui étaient germanophobes, avec De Gaulle... Bref, le livre qui peut déranger, d'autant plus que son auteur est lui-même juif, vivant à Jérusalem depuis de nombreuses années, et semble ainsi, de par son écriture, être "détaché", autant que possible, dudit phénomène: il a le recul nécessaire, pour pouvoir avoir effectué un travail de grande qualité.
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le 27 janvier 2014
Ce livre est vraiment intéressant il retrace une partie de l'histoire de l'occupation dans un contexte inhabituel, une vision une analyse de la situation perspicace et bien documentée elle permet de sortir du moule historique, des idées reçues, des mensonges par omissions sur une période qui est plus complexe qu'il n'y paraît...ce livre devrait être étudié dans toutes les écoles,
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le 13 juin 2014
pour arrêter d'avaler les balivernes de la "droite collabo", voici la seule étude de référence à lire pour ouvrir les yeux. Le pacifisme de la Licra et la veulerie des rad-soc en prennent un coup mais la vérité apparait. Remarquable.
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le 10 mai 2010
Livre intéressant à contre courant du politiquement correct : "La gauche était toute entière dans la résistance, la droite tout entière à Vichy". Analyse subtile et rigoureuse du cas Mitterand.
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le 17 novembre 2013
À lire par tous les sectaires lanceurs d'anathèmes qui sont légion dans la gauche française.
Il faut un peu de réserve aussi dans l'éloge de nos célébrités qui ont souvent fait preuve d'égarement.
Un tel ouvrage de vérité ne pourrait malheureusement, plus être édité en France aujourd'hui
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le 22 juin 2013
Une analyse très riche de trajectoires humaines parfois étonnantes, une mise en perspective très intéressante sur la façon dont l'histoire peut-être écrite. Pays oh combien complexe que la France. Bien écrit en plus.
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