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le 27 janvier 2013
C'est TRES intelligemment construit. On y découvre un homme, ses doutes, ses réussites, ses utopies, ses combats. Mais aussi une Europe qui aurait pu déjà s'unir à la Renaissance.
C'est très documenté, entre autre sur le combat entre Erasme et Luther dans une écriture très claire.
Ce livre a une construction qui est à la fois chronologique et thématique.
De plus, Zweig nous tient en haleine. Et l'intolérance humaine a mis fin à ses propres jours, on le sent donc très investi dans ce récit. Excellent.
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le 30 octobre 2017
Ce livre est une invitation à l'apprentissage du latin la seule vraie langue universelle qui permit à Érasme de développer son humanisme
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TEMPLE DE LA RENOMMEE #11000 PREMIERS REDACTEURS D'AVISMEMBRE DU CLUB DES TESTEURSle 24 octobre 2009
1935. Stefan Zweig s'est exilé à Londres, fuyant l'antisémitisme exacerbé en Autriche. Il a publié un an plus tôt le remarquable ouvrage "Vingt-quatre heures de la vie d'une femme". Il n'ose totalement envisager la reprise du combat qu'il avait mené avec quelques intellectuels dont Romain Rolland, pendant la Première Guerre Mondiale, pour réinstaurer un humanisme en Europe (cf. "Le Monde d'hier"). le déchaînement de la violence en Allemagne et en Autriche révèlent de manière certaine les marques de la barbarie, une pénible régression en Europe. Annoncent-ils la prochaine guerre ?

C'est dans ce contexte de prise de conscience dramatique que l'humaniste Stefan Zweig écrit la biographie d'un philosophe, maître de l'humanisme de la Renaissance, Erasme, connu des étudiants pour son chef d'oeuvre "Éloge de la folie" - qu'il me faut relire.

Erasme de Rotterdam (1466 ou 1469 - 1536), enfant bâtard d'un prêtre, très jeune orphelin, recueilli par l'Eglise, devint prêtre, fonction qu'il n'assura jamais, ayant été autorisé à vivre en laïc. Grand lettré, philosophe, il fut admiré des plus grands esprits et politiques en Europe. Il était LA référence intellectuelle de son temps, brillant, oeuvrant pour les progrès de la civilisation :

"Erasme et les siens croyaient la civilisation capable d'améliorer les hommes et ils espéraient que la vulgarisation de l'étude, des belles-lettres, de la science, de la culture développerait les facultés morales de l'individu en même temps que celles des peuples."

Erasme est un chrétien pacifiste ("christianisme n'est pour lui que le synonyme de haute et humaine morale"), très exigeant envers lui-même comme il le déclarait : "où que tu rencontres la vérité, tiens-la pour chrétienne".

Il est gouverné par les deux lois de "la bonne volonté et de la liberté de conscience". C'est l'homme de la concorde, de la tolérance.

Le grand adversaire de Erasme survient dans sa cinquantième année, brutalement, en révolutionnaire : Martin Luther. "Luther, c'est en quelque sorte l'explosion à travers le monde de tout ce qui est allemand". Luther, dont l'honnêteté est soulignée par Zweig, est portraituré comme un guerrier.

"Dans la lutte, le très éminent docteur en théologie devient aussitôt un lansquenet : 'Quand j'arrive, je cogne à coups de massue'; une grossièreté inouïe, une véritable frénésie s'emparent de lui, il saisit indistinctement toutes les armes qui lui tombent sous la main, l'épée étincelante de la dialectique et la fourche pleine de fumier et d'ordures (...)"

Face à l'irruption de l'intolérance, de l'intransigeance, et pire encore, du dévoiement du débat théologique dans le peuple ignorant et brutal, Erasme compose, veut apaiser sans prendre le parti d'un camp ou de l'autre. Erasme est faible. Il craint tellement la confrontation qu'il la fuit. Il ne saura, hélas, jamais s'exposer physiquement pour défendre la position de concorde, de tolérance, qu'il exprime à travers ses nombreux écrits. Aurait-il pu éviter les guerres de religion, les bains de sang s'il était venu à la Diète d'Augsbourg ?

"Rien ne démontre plus clairement que ce n'est pas le blâme d'un abus qui est décisif au point de vue historique, mais bien l'expression donnée à ce blâme."

Stefan Zweig, avec son rare talent de peintre des ombres et lumières de la psychologie humaine, passionné de philosophie, de littérature, d'histoire, saisit sans complaisance le portrait d'un grand humaniste, apôtre de la tolérance, qui ne sut passer aux actes dans les moments critiques de l'Histoire. Zweig nous livre une analyse profonde, à méditer, dont nous retrouverons la teneur chez Marc Bloch ("L'Etrange Défaite") :

"C'est justement l'attitude des humanistes à l'égard du peuple, leur insouciance des réalités qui a enlevé dès l'origine toute possibilité de durée à l'empire d'Erasme et qui a arrêté la force d'action de ses idées ; leur faute fut de vouloir instruire le peuple de haut, au lieu d'essayer de le comprendre et de se laisser enseigner par lui."
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1000 PREMIERS REDACTEURS D'AVISle 25 octobre 2017
J'ai trouvé cet ouvrage d'environ 200 pages vraiment passionnant. Pas seulement pour comprendre qui était Erasme, tant loué dans les histoires littéraires et souvent peu connu, mais aussi pour prendre conscience de ce qu'il a apporté d'universel, tant par ses écrits que par son attitude philosophique et religieuse. Il a su placer la paix au-dessus de tout. Il n'a jamais voulu prendre parti pour les Protestants et pour Luther qui lui a pourtant écrit, ni pour le pape qui voulait le faire cardinal, ce qu'il a refusé. Sa religion: l'indépendance et la liberté, la promotion de la paix contre toute vanité et fanatisme. Il fut contre les guerres de religion qui ravagèrent le XVI ème siècle.

C'est probablement pour cette raison que Stefan Zweig, lui-même pacifique en ces temps de guerre, s'est intéressé à son histoire, parce qu'il l'a vu comme un modèle en 1935, date à laquelle l'ouvrage fut publié.

Il nous présente l'homme comme un citoyen du monde, un cosmopolite, un érudit hors pair, mais surtout comme un homme qui n'a pas seulement écrit, mais fait ce qu'il disait, malgré son côté parfois un peu lâche et froid. Zweig s'attarde également sur ses défauts, même si on retient au final la grandeur de l'homme.

Je conseille cet ouvrage pour comprendre ce qu'est l'humanisme, en saisir le contexte historique et littéraire et pour savoir pourquoi cet homme fut si grand à son époque, admiré de Rabelais par exemple. Il traversa les temps: on comprendra en lisant cet ouvrage pourquoi.

Je laisse à Zweig le mot de la fin:

"Ce qu'Erasme transmettait à la postérité, au milieu du désarroi de la guerre et des dissensions européennes, n'était que l'antique rêve, renouvelé des religions et des mythes d'une future et inévitable humanisation de l'humanité, du triomphe de la lumineuse et équitable raison sur la vanité égoïste des passions."

Une très belle biographie en somme!
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1000 PREMIERS REDACTEURS D'AVISle 9 juin 2011
Stefan Zweig à travers la biographie d'Érasme (1469-1536), nous plonge en plein dans l'atmosphère de la fin du Moyen Âge et du début de la Renaissance en Europe.
Cette biographie est un bouillon de culture passionnant et enrichissant (parfois pour comprendre les personnages cités gardez votre encyclopédie sur votre table de chevet).

Il est vrai que l'on peut reprocher à Zweig de réécrire une histoire de l'intolérance religieuse montante à sa manière...
Certains disent qu'il s'agit d'une autobiographie masquée de Zweig, personnellement je trouve que son ouvrage sur Montaigne est réellement son autobiographie secrète.

En somme, ce livre nous montre un Érasme plein de bonnes intentions "Humanistes", qui en critiquant certains points de la doctrine de l'Église, va laisser une brèche dans laquelle Luther avec beaucoup plus de violence amènera la rupture, puis la guerre. Chose que notre triste Érasme regretta amèrement...

Comme écrivait Bossuet "Dieu rit des gens qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes"; ainsi, la maxime s'appliquait à Érasme...
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le 7 mai 2017
Au delà des portraits d'Erasme et de Luther,un écrit sur le combat des idées et les armes intellectuelles pour les défendre.On retrouve l'humanisme contre l'intolérance, les faiblesses de la tolérance comme principe intangible face à la radicalité.Actuel pour Zweig, actuel pour notre époque,livre empreint de la sensibilité d'un grand auteur,traduit brillamment.
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le 21 janvier 2014
Remarquable ouvrage, mais à lire à la lumière de la montée du nazisme (l'ouvrage est publié en 1935). Zweig y dresse surtout le portrait d'un humaniste internationaliste et pan-européen, qui se trouve malgré lui confronté à la montée en puissance d'un fanatique nationaliste (Luther). Ce livre n'est pas celui d'un historien, certes, mais c'est un pamphlet encore et toujours d'actualité contre l'hystérie des fanatiques de tout poil. Petit bémol : sa vision concernant Machiavel (le "cruel Florentin") dans le dernier chapitre manque singulièrement de recul et de connaissance sur la période de la Renaissance...
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le 9 avril 2007
Erasme, inspirateur de Luther (qui lui reprochera furieusement de ne pas l'avoir rallié en lui disant "tu n'es pas pieux"), Erasme fidèle à sa foi qu'il voulait intériorisée, apaisée, épurée de ses scories passionnelles, mais surtout Erasme "créateur" d'un concept nouveau, la Tolérance (pour paraphraser Saint Just : " la tolérance, une idée neuve en Europe"), c'est cet Erasme là que nous raconte Stefan Zweig. Né pauvre, élevé à la dure dans un siècle dur, il deviendra Conseiller des Princes et donnera à la foi chrétienne une impulsion qu'elle gardera jusqu'à Vatican II (naissance du Protestantisme, contre-Réforme soclée par les décisions du Concile de Trente, violences intereligieuses liées aux abus fanatiques ni voulus, ni espérés ni soutenus par Erasme).

Cette biographie, outre son intérêt propre, est une précieuse introduction aux travaux d'historiens, traitant du XVI ème siècle religieux, et faisant autorité tels que Lucien Febvre, Hugh Trevor-Roper, Pierre Chaunu, Elie Barnavi pour ne citer qu'eux.
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le 27 juillet 2012
C'est la conclusion désabusée à laquelle Stefan Zweig aboutit au travers de l'étude de la vie d'Erasme. L'auteur n'est pas un historien, mais il est d'une grande érudition et son ouvrage est captivant. On comprend vu son parcours et son époque pourquoi S.Z. s'est intéressé à cet humaniste qui prône la tolérance comme vertu absolue. Bien qu'admiratif d'Érasme, l'auteur pointe du doigts ses erreurs, son intellectualisme, son absence physique des débats qui secouent son époque lors des diète de Worms et d'Ausbourg. Il est aussi réaliste. Il sait que la posture humaniste d'Erasme n'est pas la formule gagnante, mais qu'il reste un idéal à atteindre comme l'éthique chrétienne.L'humaniste est toujours en avance sur sont temps.
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le 18 octobre 2013
Remarquable livre de Zweig. Il s'agit davantage d'un essai qu'une biographie, écrit en 1935, l'auteur livre une réflexion sur la pensée et l'homme qu'était Erasme. Le contexte d'écriture est extrêmement important, Zweig écrit quand le nazisme commence à s'installer et montre donc toute sa foi en l'humanisme, la tolérance, l'importance des intellectuels dans le monde. Généralement, on connaît Erasme de nom, ou encore Erasmus (union européenne), mais en lisant cet essai, on comprend davantage l'impact d'Erasme sur la culture et l'histoire de l'Europe, il est le premier véritable intellectuel au sens moderne du terme et anticipe même les actions de Voltaire: lutte contre le fanatisme religieux, engagement sans être un homme de parti, non violence, ironie... Et avant même Voltaire et Rousseau, deux intellectuels qui se sont affrontés: Luther et Erasme. Zweig fait un parallèle avec son temps, à savoir le totalitarisme qui s'empare de l'Europe (Zweig prévoit aussi l'Union Européenne). Quelques citations soulignant la profondeur des sentiments de Zweig:

"Mais lorsque le national et le social s'unissent dans l'ardeur de la foi religieuse, il en résulte toujours des secousses qui ébranlent l'univers; et quand il se trouve un homme pour symboliser les désirs inconscients d'une multitude d'individus, cet homme acquiert une puissance qui tient de la magie"

"C'est d'abord le fanatisme, ce bâtard né de l'esprit et de la brutalité qui veut imposer à l'univers tout entier la dictature d'une idée en ne tolérant aucune autre forme de pensée, aucune autre manière de vivre que celle qu'il a choisie, le fanatisme qui divise la famille humaine en amis et en ennemis, en partisans et en adversaires, en héros et en assassins, en fidèles et en hérétiques; n'admettant que sa vérité, ne reconnaissant que son système, il lui faut recourir à la violence afin d'étouffer tous les autres au sein de cette diversité des choses voulues par Dieu. Les restrictions brutales à la liberté de pensée, à la liberté de conscience, l'inquisition et la censure, le bûcher et l'échafaud, ce n'est pas à la violence qu'il faut les imputer, mais au fanatisme, ce génie de la partialité, cet ennemi héréditaire de l'universalité, ce prisonnier d'une idée unique qui essaye de traîner et d'enfermer dans sa prison l'univers tout entier"

Un livre à méditer en ces temps où les opinions se radicalisent, qu'elles soient religieuses, politiques... Enfin, un livre utile pour comprendre l'extrême importance des intellectuels et de la culture, qui favorisent la liberté de pensée donc le débat et qui rapprochent les gens.
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