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60
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Donald Ray Pollock, né en 1954 à Knockemstiff (Ohio) est un écrivain américain. Après avoir travaillé dans une usine de pâte à papier pendant 32 en tant qu'ouvrier et conducteur de camions, à 50 ans, il s'inscrit à des cours d'écriture créative à l'Université d'État de l'Ohio. En 2008 il publie son premier ouvrage, un recueil de nouvelles intitulé Knockemstiff. Son second bouquin, Le Diable, tout le temps, paraît en France en 2012.
Le roman s’étale entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et surtout les années soixante, de l’Ohio à la Virginie-Occidentale où un ramassis de personnages malfaisants vont voir leurs vies et leurs destins se croiser, en un ballet mortel et répugnant.
Willard Russel, rescapé de la guerre du Pacific, espère sauver de la maladie sa femme Charlotte, en entrainant sont jeune fils Arvin dans des prières au pied de croix aspergées de sang où il cloue des animaux. Roy Laferty le prédicateur halluciné, harangue les foules avec la complicité de Theodore le paralytique pédophile et musicien contre quelques dollars. Carl et Sandy, couple maudit, sillonnent le pays à la recherche d’autostoppeurs qu’ils massacrent et dont Carl garde des photos obscènes. Voici les principaux acteurs de ce roman épouvantable, mais j’aurais pu citer aussi Henry Dunlap, l’avocat véreux et efféminé ou bien le pasteur Preston Teagardin qui s’en prend sexuellement aux jeunes filles de sa paroisse. Mais que fait la police demanderez-vous ? Avec le shérif Bodecker à sa tête, n’espérez aucune aide.
Un roman noir comme l’enfer et rouge comme le sang. Aucune figure de ce bouquin n’est innocente, mêmes celles qui sont les « moins pires » commettent des actes répréhensibles et l’auteur ne lésine pas sur les châtiments qui scellent le sort de cette humanité crasse, on est assassiné à coup de tournevis, on s’égorge, on se pend atrocement…
A vrai dire, ce genre d’horreurs on en a déjà lues dans de fameux thrillers, mais là où Donald Ray Pollock se distingue avec talent, c’est qu’au-delà de ces scènes monstrueuses et de la perversité abominable de ses personnages, il arrive à nous faire lire son roman sans qu’on s’indigne plus que ce que la raison voudrait. On pense un peu à la Flannery O’Connor de Les braves gens ne courent pas les rues.
Oui, ils sont tous à enfermer dare-dare avec une camisole de force, oui, ils sont tous répugnants de bêtise cruelle, mais néanmoins on suit leurs parcours, fascinés par la démesure calme qui les guide par la volonté du magistral écrivain. Nous ne sommes pas vraiment effrayés par ces gens et c’est ce qui est le plus inquiétant, dans cette histoire !
Aucun ou presque n’échappera à la mort et même pour le survivant, les mains tachées de sang, rien ne dit qu’il n’est pas touché par cette malédiction qui semble peser sur l’univers créé par Donald Ray Pollock où le Diable règne en maître. Partout.

« Elle rentrait toujours à la maison avec une nouvelle idiotie qu’un ivrogne lui avait fait gober. La semaine dernière, elle avait parlé à quelqu’un qui avait participé à l’assassinat de Kennedy. Parfois, le fait qu’elle soit aussi crédule l’énervait un maximum, mais, enfin, il savait que c’était sans doute l’une des principales raisons pour lesquelles elle était restée avec lui tout ce temps. »
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Ouch !

Enfin, un roman noir qui prend aux tripes et à la tête pour ne plus vous lâcher avant la dernière page.
(sauf bien sûr, si vous êtes rétif à ce genre de littérature coup de poing, dérangeante et amorale).

Ce livre est tellement foisonnant et immersif qu'il est malvenu de trop en dire sur une histoire qui vous embarque dès le prologue.
Tout juste peut on indiquer que ce roman s'étale sur une période allant de 1945 (fin de la guerre) à 1965 (premiers cheveux longs) et se déroule principalement dans les Etats de l'Ohio (mid-west donc) et de la Virginie occidentale limitrophe.

C'est au cœur de ces territoires ruraux qu'apparaît William Russel. C'est un soldat démobilisé qui revient des îles Salomon où il a côtoyé l'horreur de la guerre contre les Japonais et qui rêve maintenant d'une vie tranquille.
Il pense trouver cette quiétude en s'établissant dans un bled appelé "Knockemstiff" (qu'on pourrait traduire par "étends les raides !). Inutile de préciser que son espoir va rapidement être déçu.

La devise de l'Ohio est "Avec dieu, tout est possible". Certes.
Mais ici, très clairement, Dieu a pris des vacances, abandonnant ces peuplades bigotes, à leur triste sort, tandis que, comme le dit un des personnages : "on dirait que le diable n'abandonne jamais".

Dans ce livre, il n'y a que des coupables et des victimes et les lumières d'espoir sont bien pâles.

Alors, pourquoi s'intéresser à une histoire aussi désespérante ?

Tout simplement parce qu'il y a un formidable écrivain qui tient la plume.

A propos de Donald Ray Pollock, l'éditeur cite Flannery O'Connor, Jim Thompson et Cormac McCarthy. C'est plutôt bien vu.

D'ailleurs, il pourrait sembler paradoxal d'aligner des références pour donner au lecteur potentiel une idée d'un style aussi singulier, mais il s'agit sans doute là, de la façon la plus pertinente d'approcher la nature de ce roman.

Aussi, je rajouterais pour ma part, des "influences" du Truman Capote de "De sang-Froid" et celles du Faulkner de "Sanctuaire" (pour le voyage vers la déchéance et le côté absurde et gratuit qui accompagne certains personnages), du Norman Mailer de la 1ère moitié du "Chant du Bourreau" (pour l'aspect clinique des descriptions sans jugement moral) ou du Tristan Egolf du "Seigneur des porcheries" (pour son portrait d'une Amérique de bouseux, violente, alcoolique et raciste).

En dehors de la littérature, "Le diable tout le temps" évoque aussi le quart-monde où évoluent les personnages d'"Affreux, sales et méchants" d'Ettore Scola (l'humour en moins), voire le cinéma un peu décalé des frères Coen.

Oui, ce qui rend ce roman supportable, c'est bien l'écriture de Pollock.

Le style est cru, rugueux, mais jamais outrancier.
Son récit est maîtrisé, ramassé, efficace de bout en bout et ce qui apparaît comme un procédé chez beaucoup d'autres, coule naturellement chez lui. On se doute bien que les différents fils déroulés vont se rejoindre, mais on est pris par cette logique implacable qui y mène.

La rigueur de la structure n'est pourtant jamais un frein, bien au contraire.

Là où une écriture "hallucinée" tendance, baroque, excessive aurait fini par lasser, celle de Pollock nous conduit vers le dénouement, sans sacrifier à la pénible complaisance pour le sordide et le cruel qui entache tant de romans policiers d'aujourd'hui.

Mieux, Pollock parvient à nous intéresser, voire à plaindre, ces tarés, ces perdants absolus. Sans porter de jugement, de manière distanciée, il nous permet de supporter l'incroyable avalanche qui recouvre ce petit monde de ploucs, de freaks et d'anges déchus.

Rappelez vous l'aphorisme de Pierre Dac : "Quand, durant tout un jour, il est tombé de la pluie, de la neige, de la grêle et du verglas, on est tranquille. Parce que, à part ça, qu'est-ce que vous voulez qu'il tombe ?... Oui, je sais, mais enfin, c'est rare..."

Eh bien non, chez Pollock, ce n'est pas rare, ça tombe. Et tous les jours. Et pendant 20 ans, sans discontinuer.

Voilà un livre qui ne peut pas plaire à tout le monde sans doute, mais que pour ma part, je considère comme une sacrée réussite.

Seule petite réserve : des coquilles occasionnelles.
66 commentaires| 11 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 14 mars 2012
Dire que l'atmosphere de ce roman est "lourde" est un euphémisme!elle est sinistre,désespérante à l'image des protagonistes.Tous.Etalée sur presque vingt ans entre la fin de la deuxième guerre mondiale et le milieu des années 60,c'est l'histoire où plutôt les histoires ,toutes liées entre elles,d'individus que la dureté de la vie va conduire en enfer.
C'est Willard,traumatisé par la guerre du Pacifique et des horreurs qu'il y a vues.Rentré au pays il se réfugie dans la religion.Quand se femme se meure d'un cancer,il réinvente le sacrifice et va faire couler le sang d'animaux sur un autel improvisé dans la forêt.Plus la maladie s'aggrave et plus le sang coule dans l'espoir d'être entendu par Dieu.Et tout ça sous les yeux de son fils...
C'est Roy,fou de dieu qui se lie d'amitié avec Theodore que sa folie identique a poussé à s'empoisonner et qui est devenu paraplégique.Roy prêche pendant que l'autre joue de la guitare.Un jour ,Roy ,au grand dam de Théodore ,se marie.Persuadé qu'il a ,une nuit, reçu un message de Dieu lui disant qu'il pouvait désormais ressusciter les morts,il assassine sa femme avec un tournevis.La tentative de réssucitation échouant,voilà les deux comparses voués à une vie pitoyable d'errance et de vagabondage.
C'est Sandy et Carl qui passent leur vacances sur les routes tuant des autostoppeurs pour pouvoir faire des photos trash.Il se trouve que Sandy est la sœur d.un shérif parfaitement pourri!..cela va avoir son importance.
Bref on nage dans le glauque le plus absolu mais c'est tellement bien écrit,les personnages ont une telle épaisseur,qu'on ne lâche pas ce roman stupéfiant et qu'il ne lâchera pas non plus son lecteur très rapidement!
55 commentaires| 36 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
Meilleur livre de l'année 2012 pour le magazine Lire ce livre est éblouissant et bouleversant .
On est étonné d'apprendre que Donald Ray Pollock a été ouvrier pendant 32 ans avant de se rendre à l'université suivre des cours de "creative writing" !!!Vive ce type d'institution si critiquée en France ( même si apparaissant ici ces derniers mois ) si elles arrivent à accoucher de tels talents !!
On se souviendra longtemps du jeune Arvin Russell transcendant la noirceur des parcours des autres protagonistes de ce grand livre choral. Non ce livre n'est pas uniformément sombre et je ne partage pas là l'avis de beaucoup d'excellents commentateurs.
Années 60, entre Erskine Caldwell, écrivain trop oublié ayant su magnifié les petits cultivateurs du Middle West, et les protagonistes de l'étonnant film les tueurs de la lune de miel Les Tueurs de la lune de miel ce livre se lit en quelques heures enfièvrées.
J'espère que Pollock n'a pas épuisé son génie créatif en ce seul opus, son seul autre livre publié étant un recueil de nouvelles !!!!
Que la littérature américaien est grande quant elle sublime les destins à la recherche d'un humanisme perdu, le décor étant invariablement ce magnifique pays continent.
22 commentaires| 16 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 3 décembre 2013
Il est très difficile de faire un résumé de ce livre. Tout d'abord parce que le lecteur va suivre de nombreux personnages et histoires parallèles qui finiront, à un moment ou à un autre, par se croiser, et qu'il n'y a pas vraiment de personnage principal. Celui que l'on pourrait peut-être considérer comme tel est Arvin Russel, dont on croisera d'abord le père, William qui, revenant traumatisé de la guerre, va rencontrer Charlotte, la future mère d'Arvin. Quand elle tombe malade, William perd la tête, et entraine Arvin dans ses délires sanglants d'arbre à prières qui seul pourrait rendre la santé à la femme de sa vie.
A côté de la famille Russel, dans un patelin proche dans lequel vit la grand-mère d'Arvin, se trouvent deux types complètement cinglés. L'un est handicapé et joue de la guitare pendant que le second fait des sermons allumés parsemés d'araignée, persuadé qu'il est d'être un élu de Dieu capable de ressusciter un être humain. Sandy est la petite sœur du shérif pas très propre de cette région, et qui, pour ses vacances, organise de grands voyages sur des routes un peu désertiques peuplées d'autostoppeurs qui, en dernière extrémité, deviennent les modèles involontaires de son détraqué de compagnon le photographe au chômage.
Voici campés les principaux personnages de cette histoire impitoyable, sordide, violente, sans concession, que nous conte D. Day Pollock. Le livre est cru, sombre, mais le lecteur lambda (moi, quoi) est incapable de s'en détacher. Pourquoi ? Parce que l'histoire vaut le détour déjà. Parce qu'on s'attache à ces personnages plus ou moins fous, qu'il y a des évanescences pures, telles Lénora, petite fille adoptée par la grand-mère d'Arvin, qu'on ne peut laisser seule face à tant d'absurdité et d'injustice. Parce que Pollock fait sans cesse appel à l'empathie du lecteur qui se projette dans les histoires de ces personnages qui sont tellement misérables, engloutis, sans espoir, que les actions qu'ils commettent trouvent non pas une légitimité dans ce qui est inconcevable et impardonnable, mais suivent une certaine logique dans la spirale de la désespérance. Et parce qu'il y a Arvin aussi, personnage attachant, dont aucune action n'est gratuite, mais qui seul tente d'apporter un peu de justice dans ce monde sans issue. Et parce qu’un jour le père d’Arvin a cassé la figure à 2 abrutis qui parlaient mal de sa mère, et que ça, d’un certain côté, c’était juste. Et qui pourrait dire si une lueur d'espoir ne saurait pas naitre au milieu de la nuit la plus sombre ?
Le diable, tout le temps, c'est le roman coup de cœur de mes vacances, un livre fort lu en 24 heures (si, si, je touillais la soupe des filles en tournant les pages !), que j'ai été juste incapable de lâcher avant de le terminer. Certains pourront dire que Pollock ne nous épargne ni les détails sordides, ni le scabreux, et qu'il en fait trop. Et ils auront (probablement) raison. En attendant, je conseille cette lecture forte, qui "remue", une expérience incroyable, à tous ceux qui n'ont pas l'âme sensible !
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Donald Ray Pollock a réussi avec ce livre à devenir un des chouchous tant du public que des médias spécialisés. Il faut dire que son histoire est de celle dont les Etats-Unis adorent : de simple ouvrier, il devient écrivain, la success story est en marche ! Et de surcroît, il a réussi sans vendre son âme à une littérature mercantiliste de bas étage. Tout est donc parfait, le déluge de commentaires élogieux sur Amazon en étant une preuve assez éloquente.

Pourtant, et peut-être car justement une amie m'avait vendu le bouquin comme absolument génial-transcendantal-orbital (et tout le toutim d'adjectifs adéquats) et que j'en attendais trop (avouons-le, c'est un cas qui m'arrive fréquemment !), j'ai trouvé ce roman juste "pas mal". C'est déjà ça. Et je ne me suis pas ennuyé une seconde (même si la mise en route des trente / quarante premières pages est un peu longuette). L'ensemble se lit très vite, Ray Pollock explorant avec délectations ce que l'homme peut avoir de plus sordide et de plus fou, et "régalant" son lectorat avide d'horreurs criminelles.

En choisissant de se placer dans l'Amérique des années 50-60 et dans des contrées assez reculées (on n'est pas au milieu de New-York quoi !), l'auteur se facilité la tâche et empile les horreurs liées tant à la folie des hommes qu'à une religiosité mal maîtrisée (et c'est un euphémisme !). Mais, une fois le décor posé, une fois le schéma bien rodé, l'ensemble sonne à chaque chapitre comme une ritournelle qui, si elle n'est assurément pas déplaisante, ne permet pas de laisser un souvenir impérissable. L'impression de lire toujours la même histoire lasse un peu quand on arrive à la moitié du bouquin et qu'on se rend compte que l'auteur ne semble pas décidé à vraiment faire avancer les choses. Néanmoins, l'écriture simple, précise et incisive permet au lecteur de rester au contact sans aucun déplaisir jusqu'au bout. Mais même là, l'histoire se conclut "gentiment", sans apporter grand-chose. Certes, on opposera aisément que Ray Pollock a seulement voulu montrer la noirceur de l'âme humaine, qu'il ne faut pas s'attarder bêtement sur une histoire avec une fin qu’on veut forcément moralisante, etc. D'accord, mais cela n'aurait pas dû empêcher l'auteur de parfaire sa construction. Car à ce jeu-là, il aurait encore pu écrire 500 pages de rab et rajouter une vingtaine de crimes sordides (pour l'inspiration, pas de souci, les journaux en débordent), ça n'aurait rien changé au rendu final du livre.

En conclusion, sans remettre en cause les qualités de ce jeune-vieux auteur qui a indéniablement du talent pour écrire sur la nature humaine, ce roman ne me semble pas assez abouti, avec une structure narrative trop aléatoire qui frustre quelque peu le lecteur (enfin, encore une fois, pas tous a priori, les déçus semblant même plutôt représenter la minorité). De ce fait, je le conseille quand même très largement à la lecture, histoire que vous puissiez vous forger votre propre avis !
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Ce roman est une véritable toile d'araignée. Outre le fait que le lecteur s'y retrouve rapidement piégé, c'est aussi ce qui représente le mieux le fond et la forme du livre : plus vous progressez vers le centre, vers le futur de l'histoire, plus les cercles diminuent pour ne laisser la place qu'à une seule personne. Plus vous vous éloignez du centre, plus vous découvrez le passé de ces héros/araignées.
« Quand il arriva au sommet de la colline, il frôla une toile d'araignée et sortit des bois obscures. »
On pense aussi aux fameux cercles de l'Enfer imaginé par Dante Alighieri (Franck Thilliez l'évoque très bien dans son nouveau thriller à paraitre, Angor) : les derniers cercles accueillent les êtres responsables des pires atrocités mais ces derniers se trouvent aussi être les plus intelligents et les plus conscients de leurs mauvais actes.
On retrouve dans cet immense filet différent personnages, tous vénéneux à leur manière. Donald Ray Pollock tisse alors des interactions comme autant de points de rencontre entre ces chasseurs sur la même toile.
J'ai été captivé par ce premier roman et je compte bien me replonger dans l'univers de l'auteur avec son premier recueil de nouvelles, Knockemstiff (Buchet Chastel, 2010).
Frédéric Fontès 4decouv
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le 21 février 2013
Le style du livre est particulier, écrit d'une façon brutale avec des phrases courtes mais très agréable à lire. Sans doute l'auteur a t il voulu par ce style collé à une réalité rustre, dure de cette époque. L'histoire d'un homme qui revient de la guerre, qui tombe amoureux d'une jolie serveuse mais non, ce n'est pas la romance qu'on lit c'est la difficulté de vivre , les prédicateurs qui abusent de la crédulité des gens simples, la noirceur et l'horreur. Puis la vie du fils , sous l'autorité d'un père qui se perd dans ses croyances .Les destins des personnages se croisent et sont reliés entre eux. Dur mais profond.
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le 19 janvier 2013
Le diable,tout le temps. Oeuvre somptueuse toute pleine de violence, de déchéance et de lumière noire.Un cauchemar éveillé dans l'Amérique la plus croyante et la plus dépravée que l'on puisse imaginer. Pollock réussit l'improbable projet d'allier une prose dense, précise, incisive avec le langage le plus cru et le plus sénile en utilisant des expressions plus proches du météorite que de la métaphore ("une voiture couleur de bouse en forme de tortue","le soleil apparut dans le ciel comme un gros furoncle suppurant"). Malgré l'inquiétante violence du récit on ne peut être insensible à sa noirceur poétique et aux destins tragiques des personnages souvent attachants malgré leurs itinéraires mortifères et souvent sadiques. Le diable tout le temps, c'est donc que Dieu à l'opposé ne peut pas grand chose.Il n'y a plus de place pour le Seigneur.Jésus, si souvent cité, fait pâle figure. Le roman de Pollock découpé en 7 parties et 55 brefs chapitres a l'avantage de nous laisser respirer un peu entre les pages. Mais difficile de s'en défaire. Une très belle histoire...et un premier roman!Incroyable! Le chassé-croisé des personnages n'est pas sans rappeler le cinéma "choral" des films de Inarritu. Mais attention à lire avec une carte routiére des USA des années 60 car les paysages et les états défilent à une vitesse gran V.Il est aussi recommandé d'avoir une bonne connaissance des marques de voitures et des types d'armes à feu !
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le 17 avril 2015
Des prix littéraires totalement mérités
Le « Petit Robert » attribue plusieurs acceptions à l’adjectif « noir » pris dans un sens abstrait, dont (i) «assombri par la mélancholie » (des idées noires) et (ii) «dont le profit est illégal » (une caisse noire). Joint à « roman », « noir » signifie (iii) « marqué par le mal ».
Rarement un roman « noir » m’est apparu aussi noir, ce qui justifie pleinement le titre, faut-il le dire, tant dans sa version originale (« The devil, all the time »), que dans la traduction.
Tous les personnages (qu’ils soient masculins ou féminins) sont des paumés, des psychopathes, des handicapés sociaux lourds, des malades mentaux, des obsédés graves du sexe sous toutes ses formes, dans toutes les positions et ‘avec tout ce qui est imaginable’, des dévoyés, des meurtriers, et j’en passe. Ainsi, même les pasteurs ne sont certainement pas épargnés. Que du contraire.
L’histoire (les histoires, devrais-je dire) se déroule(nt) aux Etats-Unis (de l’Ohio à la Virginie) entre 1945 et 1965 et l’auteur nous entraîne dans ce qui semble à première vue un labyrinthe où toutes les relations sont moches, conflictuelles, traumatisantes, épouvantables même souvent, mais où toutes les histoires auront leur place comme une pièce particulière dans un puzzle compliqué.
Donald Ray Pollock est incroyablement doué, il tient le lecteur scotché aux différentes péripéties qui vont – in fine – se recouper et offrir une vision apocalyptique des vies racontées. Face à ce qu’on est bien obligé de décrire comme l’horreur (ou le mal : «Le diable, tout le temps »), le style de Pollock est surprenant : il crée une distance salvatrice et subtile entre les faits racontés et la perception qu’en a le lecteur, ce qui permet de continuer à lire, mieux même d’être comme qui dirait, obligé de lire encore et encore et de replonger dans l’infra-monde.
Si vous ne voulez rien connaître de l’histoire, ne lisez pas plus loin, mais sachez que les prix que ce roman a obtenus sont, à mes yeux, totalement mérités (Grand prix de la littérature policière, Prix mystère du meilleur roman étranger, lauréat du trophée 813 – meilleur roman étranger). C’est beaucoup plus qu’un « simple » roman noir, c’est de la grande littérature, quand on accepte que la forme joue – dans le plaisir de la lecture – autant (ou peut-être même plus) que le fond (voir : [...])

Le soldat Willard Russell rentre de l’enfer de la guerre avec les Japs, il a vu l’horreur au quotidien, il a pratiqué l’horreur des combats rapprochés, les ‘découpes’ de boucherie humaine et rentre enfin chez lui à Meade dans l’Ohio. Dans un bar, il rencontre une serveuse (Charlotte) dont il tombe follement amoureux : il sait qu’elle va devenir sa femme, malgré l’espoir d’Emma, sa mère, de le voir épouser quelqu’un qu’elle connaît, une certaine Helen. Trois ans plus tard – on est en 1948 - nait Arvin, un des héros dont on va suivre près de vingt ans d’existence et pour qui l’auteur semble avoir une sympathie qu’il va indirectement transmettre au lecteur. Ils vont croiser deux prédicateurs fous (un avaleur d’insectes – Roy Laferty- et un handicapé qui joue de la guitare, Théodore), deux paumés ‘de la mort qui tue’ vivant de ville en ville et fuyant surtout la Loi. Ils fuient, même si Roy le « prédicateur » trouve le temps d’engrosser Helen, qui va se suicider de désespoir (comment expliquer qu’elle est enceinte du prédicateur ?) Et voilà comment la fille d’Helen (et de Roy), Lénora, va être élevée par la grand-mère d’Arvin, Emma. Heureusement qu’elle existe, Emma, car la mère de Léonora s’est suicidée et son père a disparu ‘sans laisser de trace’.
Charlotte souffre d’un cancer qui la ronge de jour en jour et Willard, complètement « à la ramasse » s’est mis en tête de dresser un autel rudimentaire dans les bois et entraîne son fils Arvin pour la prière, ou pire pour des sacrifices, car il faut que le sang soit répandu pour amadouer Dieu et – qui sait – sauver Charlotte ; il s’attaque d’abord aux oiseaux, puis aux animaux qui croisent son chemin, puis même à un homme (un avocat local minable dont la femme est nymphomane). Rien n’y fera, Charlotte dépérit et meurt, ce que Williard ne peut accepter. Le soir où Willard se suicide, le sherif Lee Bodecker est de service et c’est lui qui « enregistre » les faits et découvre ce que le père d’Arvin avait inventé. (Cela jouera un rôle à la fin du roman). Il a aussi compris, le, shérif, que sa sœur fricote avec un bon-à-rien – Carl - qui joue au maquereau et qui se croit photographe. Mais pas n’importe quel photographe : quand « ça » lui prend, il part avec sa femme qu’il « offre » aux auto-stoppeurs pris en chemin. Alors, il les tue et les photographie dans des poses abjectes tandis que sa femme pose comme une madone.
Un nouvel « apprenti-pasteur » arrive à Lewisburg où vivent maintenant Emma et son frère Earskell, Arvin et Lénora ; c’est un nul obsédé, encore plus vicieux que les ‘raclures’ qu’on avait déjà croisées, parce qu’il fornique avec toutes les jeunes vierges qui croisent sa route de cinglé de pasteur et Arvin se verra obligé de le tuer pour venger l’honneur de sa « demi-sœur » Lénora, enceinte de trois mois, qui s’est suicidée. Il fuit le shérif et part sans destination ; Et pourtant sa route finira par croiser celle du couple cinglé (le photographe et sa fofolle de femme) et il faudra bien que justice soit faite et que tous les auto-stoppeurs soient vengés. Quant à Bodecker, le shérif, qui espère toujours être ré-élu, il aura beau essayer de cacher à quoi s’adonnaient son connard de beau-frère et sa sœur : rien n’y fera.
Quelle imagination, quel style ! C’est soufflant et cela mérite 5 étoiles.
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