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le 2 février 2006
Que dire qui ne l’ai déjà été au sujet de ce roman qui aura marqué de par son pouvoir hautement subversif son époque et bien plus encore ?Tout a été dit ou presque et pourtant, oui pourtant, il y a toujours quelque chose à dire quand on vient de lire "American psycho". On a beau être prévenu, avoir vu le film au préalable, l’histoire, les agissements, la narration dépassent tout ce à quoi on s’attendait en termes d’horreur, de cruauté, de froideur.
Que dire du roman ? "American psycho" est le journal d’un golden boy qui vit au cœur de l’Amérique Reaganienne, une Amérique où cynisme, individualisme, matérialisme atteignent des sommet et Bret Easton Ellis nous le fait ressentir à plein. Une Amérique où la solidarité n’est pas ou plus du tout d’actualité. "American psycho" est une critique, par la satire, de cette époque, de cette Amérique. Patrick Bateman donc, le narrateur, se trouve être également un pervers psychopathe tueur en série. Mais est-il qualifiable d’une quelconque manière ? Les mots suffisent-ils pour le définir ?
Que dire de l’écriture de Bret Easton Ellis ? Tout d’abord qu’elle est sévèrement ancrée dans l’époque à laquelle vit Patrick Bateman. Au début du roman, l’écriture est froide, exagérément (et ce n’est pas une critique négative car parfaitement adapté au récit) descriptive et matérialiste. Les meurtres sont évoqués voire relatés rapidement et l’impact physique sur le lecteur est acceptable et puis on avance dans le roman et de plus en plus, l’action se tourne vers les perverses pulsions criminelles qui émanent du cerveau malade de Patrick Bateman. Les scènes, terribles, y sont décrites avec une précision chirurgicale et là, franchement, l’impact physique sur le lecteur est réellement présent. On est au bord de la nausée. La machine s’emballe et devient incontrôlable pour le lecteur, l’auteur et le narrateur. On n’arrive plus à décrocher.
"American psycho" est un roman coup de poing, sulfureux où la plume de Bret Easton Ellis est plus incisive que tous les outils de torture utilisés par Patrick Bateman. L’écrivain a mis son talent au service de l’inimaginable, de l’inique, de l’inqualifiable et ça fonctionne plus que bien mais, au fait, qu’est-il sorti de l’imaginaire "frelaté" de Bateman et qu’elle est la part de vérité dans tout ce qui nous a été narré ? Quelle est la part du fantasme dans tout ça ? Ça donne à réfléchir !
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le 2 septembre 2004
Cette satyre, avec son style brillant, incisif, exhaustif, dresse un portrait de tueur à la fois original et pertinent. Patrick Bateman est l'incarnation d'un nihilisme et d'un matérialisme forcenés qui, incapables de lui apporter satisfaction, le conduisent à une série de meurtres atroces et déjantés.
Et s'il n'est pas cru lorsqu'il avoue ses crimes à son avocat, c'est peut-être parce qu'il est un symbole vivant de la réussite matérielle, à la fois transgresseur et victime d'une société qui refuse de voir en face l'insanité de ses enfants les plus doués. Comment peut-on imaginer qu'un type aussi brillant et conforme que Bateman puisse risquer sa vie pour des actes aussi sordides ?
Ceux qui ont été choqué par American psycho ( même si je peux comprendre, vu les scènes de sexe et de torture extrêmes qui émaillent le roman)n'ont manifestement pas l'humour noir de Bret Easton Ellis. Personnellement, j'ai trouvé certains passages hilarants- notamment la façon dont l'auteur traduit les pensées de Bateman d'après son système de valeur, à la fois sophistiqué et primitif.
Bref, si vous voulez lire un livre à la fois dérangeant et provocateur qui transgresse intelligemment les tabous, ou simplement vous familiariser avec l'écriture d'un des écrivains les plus doués de sa génération, foncez acheter American Psycho.
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Le lecteur boulimique qu'est Alberto Manguel avouait dans son recueil "Dans la forêt du miroir" avoir été mis mal à l'aise par ce roman. L'ayant lu attentivement sur toute sa longueur, je partage ce sentiment qui oscille entre l'horreur, la fascination morbide, le dégoût et la volonté réfrénée à chaque page de laisser tomber l'histoire.

De quoi s'agit-il ? D'une sorte de journal de bord ou de guerre d'un jeune yuppie New-yorkais du début des années 90 qui offre un déséquilibre patent de la personnalité et qui s'ennuie. Quand je dis ennui, ce n'est pas un mot vain mais un constat cruel qu'il fait lui même et qui s'apparente à la fameuse acédie des anciens, celle que l'on peut retrouver chez Baudelaire et qui engendre un trouble comportemental. Le spleen profond de Patrick Bateman appartient à la créature sombre qui remue des dents au fond de sa personnalité schizophrène, alors que la partie "visible" de l'iceberg offre un caractère enjoué, dynamique, entreprenant, riche comme Crésus. Bateman est le Mister Hyde de Manhattan et c'est peu dire que ce roman offre des similitudes avec l'oeuvre de Stevenson, et provoque ce sentiment confus de malaise.

Les monstres sont parmi nous serait-on tenté de dire, et ils sont "normaux". Car comment rendre au lecteur cet ennui profond, répétitif, duquel on ne se tire que par éclats sanglants. L'écrivain a trouvé la technique. D'abord, assommer le lecteur par la description hyper-maniaque de l'environnement matériel de Bateman : vêtements, chaîne HiFi, mobilier, liste des restaurants et menus, tout y passe avec méticulosité, soin, et ce refuge matérialiste offre une voie au malaise car nous nous reflétons dedans par nos choix de consommateurs, nos envies. Par ailleurs, en jouant sur les phantasmes sexuels et Bret Easton Ellis nous offre des scènes pornos très crues qui s'étalent en longueur. Ces dernières ne seraient qu'une énième tentative d'émoustiller le lecteur si la suite de ces scènes ne dérivaient pas dans les atrocités les plus féroces car à ce moment où on bascule du sexe au meurtre, le lecteur suit avec une avidité malsaine. L'auteur ne ménage pas ses effets dans des scènes "gore" qui se répètent avec plus de fréquence au fur et à mesure que le roman avance. Nous voici en présence d'un serial-killer de premier ordre.

Dans les romans classiques, le "méchant" est capturé à la fin et tout rentre dans l'ordre. Or, rien de tout cela ici car cet ordre est perturbé et le lecteur ne perçoit pas de happy end. L'histoire ne finissant pas, elle se continue dans la réalité, dans la vraie vie ! Autre source de malaise.

Le philosophe Guy Coq disait dans son livre "Petits pas vers la barbarie..." que quels que soient les individus et selon les circonstances, il suffisait d'un petit quart d'heure pour basculer dans la barbarie et que le travail de la "civilisation" était de pouvoir reculer ce quart d'heure. Dans le roman de Bret Easton Ellis, ce laps de temps n'existe plus. Nous y sommes, rejoignant par là la prophétie émise par Jean de la Varende dans son Nez-de-Cuir en 1937 : "le cycle est : le moine, le gentihomme, l'ouvrier. Et après, plus rien, les Barbares."
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le 15 janvier 2005
Le mot farce n'est sincèrement pas celui qui me vient à l'esprit après la lecture de ce livre. J'ai été tenté de sauter des pages tant les descriptions morbides des meurtres de Pat Bateman m'inspiraient d'horreur et de dégoût ! Certes il convient de lire celles-ci au second degré comme le signe extérieur d'une détresse ; il n'empêche que ce roman me laisse perplexe. Devait-on en passer par tant de cruautés répétées et de corps décomposés pour dire le malaise de notre société moderne ? Je n'en suis pas certaine... Il n'en reste pas moins que le livre de Bret Easton Ellis interroge, et c'est là sans doute son premier mérite...
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Patrick Bateman vit dans le monde cauchemardesque du New York Yuppie des années 1980 et l'excellent film d'Oliver Stone « Wall Street » semble bien pâle à côté...
Bien que jeune, beau, bien payé, vivant dans le luxe et sexuellement bien membré, il vit entouré d'être humains ennuyeux et sans intérêt, qui se côtoient sans se connaître, dans une société ultra matérialiste jusqu'à l'absurde (l'énoncé des vêtements de luxe fait penser au roman de Georges Perec « Les Choses » sans la tournure romantique et poétique ...).
C'est pourquoi Pat, pour s'évader, s'affirmer, exister :
- boit un peu trop de Scotch et de Champagne
- sniffe quelques grammes de coke
- humilie de malheureux clochards
- mate des vidéos hard ou gore
- s'éclate sexuellement avec de superbes filles qu'il tabasse
- torture des animaux
- tue quelques être humains à la hache ou au couteau
Cette dernière activité tache ses costumes, ce qui lui crée quelques désagréments avec son pressing, mais bon...
Nous en sommes là au 2/3 de ce roman
Puis les crimes s'enchainent, l'horreur s'amplifie pour nous faire arriver à saturation, et on ne sait plus quoi penser :
- admirer l'auteur pour son humour d'un noir si intense, sa maestria à nous surprendre, sa réflexion profonde sur la violence dans notre monde matérialiste, futile, égoïste
- jeter cette manipulation sensationnelle, cette exhibition de violence sordide et dégénérée ...
Le lecteur se retrouve seul avec ces impressions puissantes mais contradictoires, et le roman se termine sur le néant, comme ce que ressent Pat après ces crimes...
Ce livre mérite 5 étoiles pour cette trouble et violente énergie, son exploration effrayante de nouvelles limites littéraires
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le 10 janvier 2016
Coutumier de romans du genre, je m'attendais à une énorme histoire; un truc indescriptible, inoubliable, surtout quand on lit la quatrième de couverture....Or, on assiste à des virées nocturnes interminables (ou plutôt, INTER-MINABLES) dans New York, des beuveries, des attablements fastidieux dans des restaurants luxueux, des reniflages de Coco dans des toilettes publiques et une insupportable litanie de marques de vêtements portés par les personnages ! Tout ce que je déteste, moi qui me promène en short du 1er janvier au 31 décembre. Pas étonnant que Beigbeder en fasse son livre de chevet incontournable duquel il parle comme d'une "apocalypse de notre temps", lui qui ne connait que trop bien ce milieu pourri par la décadence. Qui plus est, pour les avoir vécues, je déteste les années 80 et 90; rien ne va plus, faites vos jeux ! Bref, la couleur de l'époque, le style digressif, l'impunité de ce psychopathe, l'ennui au fil de longues pages m'ont laissé aussi froid que l'appartement épuré et stylisé de Patrick Bateman (prononcez "BAITEMAN" et non "BATMAN", comme je l'ai entendu si souvent !!!) Même si l'aspect clinique de la pathologie du personnage principal est assez bien décrit et correspond, peu ou prou, à une réalité médicale, cela ne suffit pas à sauver l'histoire qui s'enferre dans des méandres tels, qu'on ne sait plus si l'auteur n'est pas aussi par moment, PB et si, à force de trop vouloir insister sur le caractère extrêmement pathologique de son "héros", Ellis, ne tue pas dans l'œuf, une narration qui aurait pu être beaucoup plus pertinente et intelligente ? Difficile de recommander ce roman aux amateurs du genre, si ce n'est, aux coreligionnaires de Beigbeder, qui eux, vont sans doute, l'adorer !
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Par l'un de ces actes manqués dont je suis coutumier, je n'avais toujours pas lu "American Psycho", livre culte entre tous, et le résultat a largement dépassé et l'attente, et la rumeur.

Dans ce roman de l'Apocalypse moderne à la sauce Donald Trump et Ronald Reagan, Bret Easton Ellis nous introduit en enfer en invoquant, fort justement, Dante : "Abandonne tout espoir, toi qui pénètres ici". Absence d'espoir dont on fera vite l'expérience en découvrant le personnage de Patrick Bateman, serial-killer nouvelle version : le psychopathe n'est plus ce paria pauvre, esseulé et délabré, c'est un yuppie pas encore trentenaire, surintégré, voisin de palier de Tom Cruise ; il s'habille désormais en Ralph Lauren, dîne dans les plus grands restaurants et sniffe de la coke dans les toilettes des boîtes les plus huppées de New-York. Il connaît toutes les plus grandes marques de fringues, est capable en un regard d'estimer le coût total de votre habillement, et ne possède aucun accessoire - même un rideau de douche - à moins de 1000 dollars. Grâce à un namedropping impressionnant (souvent imité, jamais égalé) poussé jusqu'au délire mantrique, Ellis nous dessine un monde nouveau, où les marques ont supplanté les âmes. Le personnage de Bateman lui-même est une franche réussite, plus complexe qu'un simple monstre froid, c'est avant tout un possédé, l'incarnation parfaite du nihilisme postmoderne poussé jusqu'à ses plus extrêmes limites.

Avec ses "amis" (les guillemets ne sont pas innocents) du sommet du pinacle de la hiérarchie sociale, le Diable en Prada a beau être le roi de son monde, il s'ennuie ferme, au sens métaphysique du terme. Et quand un roi s'ennuie, il multiplie les distractions, qui n'apaisent jamais le mal. Quand un roi s'ennuie, il devient despote. Restaurants, boîtes, locations vidéos, shopping, restaurants, boîtes, locations vidéos, shopping... et un jour, on se met à assassiner, car c'est la dernière chose à tenter pour essayer de ressentir quelque chose. Et là, tout y passe : SDF, quidams, escort-girls, ennemis, amis, voire des enfants, après tout pourquoi pas. Une boucherie, d'un gore rarement atteint en littérature, à l'effet presque comique si les meurtres n'étaient décrit avec une telle profusion de détails anatomiques. Houellebecq lui-même, dans la seule scène gore de son dernier livre (et de toute son oeuvre) ne parviendra pas à faire autre chose que du Ellis, preuve de l'influence obsédante de ce dernier.

"American Psycho" est plus qu'un livre culte, c'est juste un vrai grand livre. Le livre de la grande folie du post-humain décadent dans une civilisation dégénérée, amputée d'elle-même.

Une lecture indispensable, et marquante.
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le 19 décembre 2010
Patrick Bateman. Une gueule d'ange, des fringues de marque, un boulot de rêve, une vie facile.

Dommage qu'il soit un serial-killer.

Il y aurait des tas de choses négatives à dire sur ce livre. Qu'il est violent, choquant, horrible, dégoûtant, trop long, trop bizarre. Mais n'est-ce pas justement ça qui le rend si hypnotisant ?
Bateman ne se gêne pas. Il est raciste, c'est un violeur, un tueur, un pervers, un drogué. Il est superficiel, se contrefout des gens qu'il fréquente pourvu qu'ils soient riches et beaux, ne jure que par les marques et le luxe. Il est fou et il nous entraîne avec lui dans sa folie.

American Psycho est une réflexion aiguë sur la société de consommation et des monstres qu'elle engendre. Soyez prudent, si vous avez l'estomac fragile évitez de lire ce livre. Mais si vous êtes prêt à affronter la créature Bateman, alors ne vous en privez pas. Vous risquerez de vous poser d'innombrables questions car ce bouquin fait réfléchir et nous envoie des signaux contradictoires qu'on ne sait pas toujours comment interpréter. Où est le 1er degré, où est le 2nd ? Qu'y a-t-il de vrai ou de faux là-dedans ? Peut-on faire confiance à Patrick Bateman, nous dit-il la vérité ? Est-il un serial-killer ou un pauvre type mythomane ? A vous de juger...

Si vous en avez la possibilité, je vous conseille de lire la version originale. J'apprécie beaucoup les traductions en général mais celle-ci ne fait vraiment pas honneur à American Psycho. Dommage...
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le 3 janvier 2004
Passés les premiers rounds d'observation qui voient se dessiner doucement le décor et les personnages de cette incroyable satire (c’est aussi un guide extrêmement pratique pour tous les largués de la mode qui souhaiteraient s’acheter un beau costume ou une cravate branchouille), le combat avance, s’accélérant par à-coups : autrement dit sans vous y attendre le livre vous décroche son premier uppercut alors que vous en êtes encore à noter les références d’une paire de chaussure que vous voudriez offrir à votre femme. Et puis le moment arrive où vous comprenez qu’il est trop tard. Vous ne pouvez plus faire machine arrière, captivé par la violence malsaine de Patrick Bateman ou coincé que vous êtes dans l’angle du ring à prendre une volée de coups en pleine tête, abasourdissants , en plein foie d’où quelques écœurements. Non, vous ne lâchez pourtant pas, attendant avec impatience, maso, votre propre K.O. Et pas de doute celui-ci survient, vous rétamant magistralement. Agacé d’avoir offert aussi peu de résistance, vous pliez vos gaules et partez vous préparez pour le combat Glamorama…
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le 21 février 2002
Jamais un livre n'a paru aussi méchant, voir cruel. Dénonçant tout d'abord une société ou l'argent et l'indifférence envers les autres sont rois, l'ouvrage prend rapidement une tournure de livre d'épouvante à travers les crimes plus ou moins passionnels, mais néanmoins toujours aussi sanglants de Bateman. C'est monstrueux, cauchemardesque, mais aussi terriblement séduisant, les pages se tournant les unes après les autres, et le lecteur se demandera toujours jusqu'où l'auteur ira t'il dans l'ignominie.
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