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Après la lecture de ce livre, on est tellement "sonné" que l'on a du mal à croire qu'il s'agit d'une histoire vraie. Et après s'être documenté, on s'apercevra que l'auteur a en partie travesti la réalité pour la rendre encore plus sordide.

Le mardi 16 août 1870, Alain de Monéys se rend à la foire de Hautefaye, village voisin de celui où il vient d'être élu conseiller municipal. C'est un jeune homme apprécié, un philanthrope : s'il se rend à la foire, c'est pour acheter une génisse pour une voisine et trouver un couvreur pour réparer le toit brûlé par la foudre de la grange d'un voisin. Ces deux voisins sont sans ressource.

On est en été et la chaleur est forte, la sécheresse intense, pendant la guerre franco-prussienne engagée imprudemment par Napoléon III et dont l'annonce des premières défaites angoisse les Français.

Tout à coup, on apprend qu'Alain de Monéys aurait dit "A bas les Français !" (ou "vive la république" selon les sources). Jamais il n'a prononcé ces paroles mais la rumeur se propage, s'amplifie.

Pour les paysans, profondément attaché à l'empereur et à la patrie, c'est un crime

Alain est poursuivi, torturé, lynché et immolé. Je n'en dirai pas plus pour ne pas dévoiler tout le livre.

Jean Teulé veut dénoncer la folie humaine, la bête immonde qui peut surgir en chacun de nous, comment une foule peut se transformer en horde sauvage pour par pas grand chose, justement parce que c'est une foule.

Dans son oeuvre, Zola avait souvent décrit, comme dans Germinal, ce que l'on peut devenir quand et parce qu'on fait partie dune foule excitée. Mais pas à un tel point d'atrocité. Surtout, chez Zola, il y a des raisons sociales alors que, dans le fait divers relaté par ce livre, il n'y a presque pas de raison, sauf peut-être cette grosse chaleur, pour ce qui est une régression animale.

On peut faire plusieurs reproches à ce livre : Jean Teulé prend comme fait avéré des rumeurs de cannibalisme, dues notamment à des propos attribués au maire du village (« Mangez-le si vous voulez »). Or les sources historiques sont autres :

"Le samedi 20 août, le journal "Le Nontronnais" relate le drame de la façon suivante : "Le 16 de ce mois, jour de foire à Hautefaye, un crime atroce qui nous rapporte d'emblée à la jacquerie du moyen-âge, a été commis dans cette localité, situé à environ douze kilomètres de Nontron. Voici les faits : M. Camille de Maillard, fils du maire de la commune de Beaussac et propriétaire des environs, communiquait à quelques personnes, au milieu du champ de foire, les dépêches publiées par les journaux, relatives à la bataille de Reischoffen, où nous avions été obligés de nous replier.

- Ce n'est pas vrai, dit une voix, vous ne lisez pas ce qu'il y a, les Français ne reculent jamais, vous n'êtes qu'un prussien.

M. de Maillard voulu donner quelques explications, mais inutilement ; on l'entoure, on le bouscule, on s'apprête à lui faire un mauvais parti, lorsque heureusement quelques uns de ses métayers, qui se trouvaient à portée, parviennent à le dégager, et il s'enfuit précipitamment pour se soustraire aux mauvais traitements qu'on lui préparait.

Cinq minutes ne s'étaient pas écoulées qu'un grand tumulte s'élève du champ de foire : c'étaient les mêmes forcenés qui, voyant M. de Maillard leur échapper, avaient porté leur fureur sur M. de Moneys fils, que son caractère sa situation de famille et ses opinions politiques devaient cependant sauvegarder. Après lui avoir fait crier "Vive l'Empereur ! A bas la Prusse !" et cela au milieu des injures et des vociférations d'une foule abrutie, on le frappe de coups de bâton, on le roue de coups, et on le traîne dans les ruelles du village l'espace de 600 mètres.

Le maire de la localité et quelques personnes s'étant interposées, on parvient à l'arracher des mains de ces cannibales et on le dépose dans une étable à porcs, mais dans quel état ! Les vêtements lacérés, n'ayant qu'un reste de pantalon, les favoris arrachés et une plaie béante derrière l'oreille.

Tout était-il donc fini ? Non, cette foule tout à l'heure ivre de vin, était maintenant ivre de sang. Elle redemande sa victime, on écarte les gens qui gardaient la porte, on pénètre dans ce misérable refuge, et puis, qui par un bras, qui par une jambe, on traîne de nouveau ce malheureux jeune homme sur le champ de foire. Mais l'oeuvre n'était pas tout à fait accomplie, le corps que l'on martyrisait ainsi depuis plus de deux heures, donnait encore quelques signes de vie. Alors, qu'imagine-t-on : on le dépose dans une mare desséchée, on accumule sur lui des fagots et de la paille, et ...., oui, il s'est trouvé des êtres à figure humaine qui ont mis le feu !!!

Et pendant que la victime cherchait instinctivement à repousser les atteintes de la flamme qui lui calcinait les membres, la foule hurlait autour de cet autodafé. Un instant après, M. de Moneys, tout à l'heure plein de force et de santé, chéri de sa famille, affectionné de tous ceux qui le connaissaient, n'était plus qu'un cadavre à moitié carbonisé."

Le mercredi 21 décembre 1870, 21 personnes sont condamnées à diverses peines.

Le lundi 6 février 1871, à 8h31 à Hautefaye, quatre des vingt et une personnes condamnées pour l'assassinat d'Alain de Moneys d'Ordières, sont guillotinées."

Ce livre souffre de beaucoup trop de carences.

Jean Teulé n'insiste pas assez sur le contexte économique et social, l'abus d'alcool qui en a découlé et ses effets par forte chaleur. Il ne se penche guère plus sur le contexte historique qui a joué un rôle fondamental dans se drame.

Sa description des tortures est plus que complaisante, ses accusations de cannibalismes pour le moins discutables.

Il ne pousse pas assez la réflexion sur les conséquences que peuvent avoir la rumeur, l'effet de foule. Il stigmatise les habitants d'un village qui existe encore sans laisser entendre que ce drame est lié à des conditions particulières et aurait pu, hélas, arriver dans n'importe quel autre village.

Ce faisant, il perd beaucoup en crédibilité, du moins au niveau de ce livre, et donc sa dénonciation la bête immonde qui peut surgir en CHACUN DE NOUS par effet de foule perd beaucoup de sa force. De plus, à cause de l'insistance sur les tortures, ce livre est formellement déconseillé aux jeunes. Or c'est en partie à eux qu'un tel livre pourrait s'adresser.

A ceux qui n'ont pas lu ce livre, je leur conseille plutôt Le village des «cannibales» d'Alain Cordin. A ceux qui l'ont lu, je conseille le même livre car, beaucoup plus proche de la réalité historique, il leur permettra d'avoir un récit de ce qui s'est réellement passé.

J'ai mis 1* de plus que prévu (et donc 3* au total) car je me félicite d'une édition récente en caractères gras car je suis heureux que l'on pense à ceux qui ont des difficultés de vue, signe que si l'homme peut-être fou, il peut aussi être solidaire et penser aux autres.
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le 19 février 2015
Bangeourre, une petite critique issue de mon blog.

Oh, je viens juste de me rendre compte que j'ai oublié de chroniquer « Mangez-le si vous voulez » de l'excellent Jean Teulé. C'est pourtant un foutu bon bouquin. Oh, attends, j'expie ! Que dis-je ! j'exfour ! je sors mon fouet à clous et je me flagelle ! Ah, ça ne suffit pas, je me lacère les testicules au cutter, je me roule dans le sel, et puis je m'immole au vinaigre balsamique, et je me touille les globes oculaires au compas et je m'enfonce des cotons tiges dans les oreilles (ça ça fait bien mal...), bref je suis tout contrit...

Mais je digresse, une fois de plus. Toi tu t'en tamponnes que j'extravague, t'as atterri sur mon blog comme un poil de cul dans un consommé royal : par erreur, porté par le mage Gougoule qui sait mieux que toi ce qui est bon pour toi. Tu veux juste savoir si ça vaut le coup de mettre cinq balles dans ce très petit court bouquin !... 144 pages seulement... Oui tu peux ! C'est pas un acte aussi pertinent qu'acheter une de mes glorieuses œuvres, mais c'est mieux que de claquer vingt boules dans 50 nuances de Gras !

Bien connu pour son humour noir de bon aloi, Jean Teulé n'aime rien tant que passer à la moulinette du roman les plus ténébreuses anecdotes de l'Histoire française, comme il l'a fait pour la vie de François Villon, poète-assassin, ou une des premières tueuses en série, Hélène Jégado, dite Fleur de Tonnerre. Cette fois, il s'attaque à une page les plus honteuses de notre histoire. En 1870, alors que la sécheresse affame le petit peuple et que la guerre contre les prussiens (ah, ces ongulés de boches, ils nous auront bien saigné en cent ans...) fait rage en Lorraine, une simple foire chez des ploucs périgourdins se meut en carnage. Alain de Monéys, jeune aristocrate de trente deux ans, venu sans doute faire ses emplettes comme tout un chacun, se voit accusé par une foule alcoolisée au vin de messe (un effet secondaire de la religion, ça rend abruti au dernier degré) d'avoir crié « Vive la République » et d'être un pro-prussien. Très vite, la situation dégénère. Dans une atmosphère de folie furieuse, l'homme se voit roué de coups, lardé par des instruments tranchants, crever les noeils, puis finalement rôti comme un cochon.

Pour clore cette joyeuse fiesta, la légende précise que certains enfants se seraient fait des tartines avec la graisse du malheureux en train de couler (c'est sans doute une grosse connerie, mais bien sûr l'auteur ne pouvait pas ne pas en parler). Ah, c'est quand même plus sain que du Nutella, de la graisse humaine ! Garanti sans huile palme !... Enfin bon, c'est pas joli-joli, c'est tout un village perclus de haine qui a procédé au lynchage d'un homme seul, que quelques villageois seulement ont tenté d'aider.

Tu sais quoi ? Ce déchaînement de violence ne m'étonne même pas. J'en suis revenu de l'être humain moi, je lui fais plus crédit, qu'il crève de ses propres miasmes et laisse respirer la planète ! Le plus tôt sera le mieux ! Aux oubliettes de l'histoire l'être humain ! Place aux calamars géants, aux lézards, aux corbeaux, que sais-je ?!

Jean Teulé rend parfaitement compte du ridicule de la situation, de ce quiproquo qui tourne au meurtre collectif. Oh, certes, ce n'est pas l'écrivain du siècle, même si son style n'est pas dépourvu d'élégance, mais il a eu le mérite d'être le premier romancier à s'emparer de ce fait-divers atroce, survenu voici un peu plus d'un siècle à quelques kilomètres de chez moi, pour mettre en exergue, si le besoin en est encore, la connerie fondamentale inscrite dans notre race de sales connards.
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le 27 septembre 2014
dans ce livre, Monsieur Teulé nous relate l'histoire, vraie, d'une crime communautaire. L'histoire d'un homme qui, sur fond de guerre entre la France et la Prusse, sur un quiproquo, passe de l'homme aimé et respecté à la pire ordure qui faut exterminer. Ce récit est fort, violent et révoltant. Révoltant de voir que l'humain se laisse entrainer par la foule, sans savoir pourquoi? comment?
Un livre qui fait réfléchir.
Au passage, j'ai vu la pièce qui est incroyablement bien faite, à voir absolument.
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le 24 juin 2012
Jean Teulé,d'une écritures presque légère et distanciée, relate étape par étape l'épouvantable chemin de croix parcouru par Alain de Monéys, bon et généreux adjoint de mairie du bled d'à-coté, devenu le temps d'une journée de fête, la malheureuse victime expiatoire des habitants d'un obscur village du Périgord, soudain pris de folie.

Ce qui est effrayant dans cette histoire, c'est la facilité presque banale avec laquelle des individus ordinaires, confrontés à des circonstances exceptionnelles, mais sans plus (canicule, alcool, conflit prusso-français) portés par un ahurissant phénomène de meute, ont pu soudain basculer dans la bêtise et dans la cruauté la plus absurde, au point de renier, d'humilier, de torturer et de brûler vif celui qui fut une figure amie, voire un copain d'enfance, propitiatoirement affublé du masque de l'ennemi. Comment cette amnésie fut-elle possible, et quel sens donner à ce simulacre de cannibalisme ?

Le réveil a bien-sûr été douloureux à Hautefaye...mais là encore sans plus !!

On ne sort pas indemne de ce court roman tant il manque de compassion et d'humanité. La sensibilité du lecteur rétablira l'équilibre...Moi j'ai beaucoup aimé.
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le 19 novembre 2012
Au départ je ne voulais pas trop y croire, à ce roman un peu scandaleux, tiré d'une histoire vraie. Surtout que, vu la finesse de l'ouvrage, je n'étais pas persuadé que l'histoire réussisse à être vivante et exhaustive. Pourtant si la lecture en est rapide, son récit chronographié et circonstancié en fait une histoire quasiment banale et tout à la fois abominable. Véritable roman sur la psychologie des foules, un sujet passionnant par ailleurs, il n'a pas été sans me rappeler Le rapport de Brodeck, de Philippe Claudel.
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le 16 août 2009
Lire Jean teulé est toujours pour moi une gourmandise. Pour la première fois, j'ai été plus vite rassasiée avec ce "Mangez-le'". Cette histoire est atroce et inimaginable, mais trop d'insistance sur les tortures subies par le "héros" nuit au plaisir de la mascarade humaine. On se demande comment ce corps supplicié a pu tenir en vie aussi longtemps !
Cela n'enlève rien au fait que je reste une inconditionnelle de Jean Teulé.
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le 13 février 2016
D'abord choquée par cette l'histoire vraie relatée dans ce livre, j'ai apprécié l'écriture et la façon de la raconter. Ce n'est ni violent, ni triste. On nous explique la guerre, la campagne, la sécheresse et la vie de tous les jours de la Dordogne.Celle des pauvres et celle des plus riches...et l'impuissance des amis face à une foule déchaînée.Sans oublier le fond romantique qui vient appuyer la thèse du gâchis
Je suis finalement très contente d'être allée au bout de se livre. Cette histoire devrait être connue de tous.
Je recommande aussi la pièce de théâtre qui se joue en ce moment. Elle vient magnifiquement compléter ce livre
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le 27 octobre 2012
Ce livre est asseez effrayant de la " connerie" humaine.
Jean TEULE a un vrai talent de conteur.
Je suis une inconditionnelle de cet auteur
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après quatre livres audio de cet auteur, je me suis enfin décidée à le lire. J’ai retrouvé le même style original, incomparable, inimitable qui décrit l’époque avec des mots d’autrefois, avec les descriptions de la vie de l’époque- j’en suis toujours fan. Par contre, cette fois –ci, le choix de ce fait historique, tellement dur, cruel m’a vraiment perturbée ! Pendant la lecture, j’ai sauté quelques descriptions qui me donnaient physiquement la nausée et retournaient l’estomac. Âme sensible- s’abstenir !
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Le 16 août 1870, le jeune et sympathique adjoint du maire se rend à la foire du village voisin. Son but: s'amuser, bien sûr, mais il est aussi philanthropique. Il veut aider des indigents en achetant une génisse pour l'une, engageant un charpentier pour la toiture de l'autre. C'est alors qu'il est pris à partie lors d'une querelle à propos des défaites françaises sur le front de la Prusse. Et l'impensable va se produire, bien plus atroce que vous ne pouvez l'imaginer.
L'idée du récit, non pas roman, car le lecteur ne peut même pas se retrancher derrière la fiction, puisque tout ce qui est relaté ici (ou presque) est vrai et historiquement attesté, l'idée de départ, donc, est intéressante et interpelle.Comment des individus gentils, simples, voire bonasses, se transforment-ils en une foule hargneuse, démente, dont la cruauté n'a aucune limite, poussée à la barbarie la plus atroce?
Si j'ai adhéré au propos, je n'ai pas aimé la complaisance de l'auteur pour l'excès d'horreur (déjà présente dans "Je François Villon"), les scènes de sexualité débridée bien inutiles, ni des formulations pour le moins étranges!: "des avalanches au visage, des cratères mieux que fous, pis que hasardeux" ou "Torse nu contrefait en carnage, il palpite entier en sa forme totale". Si quelqu'un comprend, qu'il me fasse signe! Mon avis est donc mitigé.
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