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le 2 octobre 2017
Ce livre pourrait être une carpe car il faut vraiment se le farcir. Disons qu'en l'occurence la carpe servie par Novak est déjà farcie d'erreurs et d'absurdités diverses.
Qu'un mets aussi indigeste passe chez certains pour un festin d'informations sur les "dessous cachés"des affaires du monde en dit long sur le goût vicié de certains de nos contemporains. Ces gens, amateurs de complot juif à la petite semaine, sont ravis de se mettre ce genre de plat sous la dent, croyant y trouver une nourriture substantielle, leur gloutomanie les aveuglant au point de ne pas réaliser que l'auteur se moque du client, à moins que le cuisinier Novak soit un "farceur" spécialiste de carpe pseudo historique, ou un dilettante allumé ou bien un auteur ayant des intentions précises d'écrire une "étude" aussi controuvée, au vu des aspects malsains que véhicule cet ouvrage et que je mentionnerai plus loin.

Le petit mérite, si l'on tient à rester magnanime, de C. Novak est de tenter d'apporter sa contribution à une problématique peu étudiée ( je ne connais, sur ce sujet et en français, que le livre, qui est lui très intéressant, d'Arthur Mandel paru chez Archè : "Le Messie Militant"). Après il y a les études plus générales de Scholem. Cette problématique est celle du frankisme, un messianisme issu du sabbatéisme, particulièrement sinistre et tordu. C'est à peu près tout car cet ouvrage de Novak est d'une consternante médiocrité car structuré et rédigé sans méthode et écrit dans un français affligeant.
L'auteur se présente en 4ème de couverture comme ayant "étudié à HESS"...A-t-Il eu son diplôme ? On espère que non sinon ce serait à désespérer de l'Université française...Le style tarasbicoté et maladroit est très pénible à lire (on a l'impression étrange d'un écrit rédigé en français par un non francophone d'origine) rempli de "coquilles" (c'est le cas de le dire vu le sujet traité) et de fautes de typo constantes (par exemple les virgules sont omniprésentes et saucissonnent les phrases sans raison). L'auteur remercie en début d'ouvrage, "monsieur Jean" son "professeur et tuteur" qui a tenu à "relever les imperfections de son livre" et "l'une de ses lectrices-correctrices, Rebecca". En tant que lecteur, pourtant souvent débonnaire, je ne les félicite pas du tout, vu le résultat, car à part la gabegie typographique et syntaxique, le défaut de méthodologie confine à la débâcle; dans une telle étude, potentiellement explosive, ce dont l'auteur a bien conscience, tout en se proposant d'y remédier, définir précisément les termes employés est essentiel. De même un travail sérieux d'historien et/ou d'essayiste requiert que les affirmations de l'auteur soient étayées: soit par des développements soit par des renvois à des sources vérifiables. Ce qui n'est pas le cas dans la majorité des assertions et considérations de l'auteur qui égrène tout le livre durant un vertigineux chapelet de données (souvent fantaisistes) qui à peine évoquées se bousculent les unes contre les autres sans aboutir à rien de précis: un chaos complet.

Ce livre ne méritant pas une dépense de temps supplémentaire, recenser de A à Z les absurdités de cette étude serait fastidieux et hors de ma compétence, l'auteur évoquant des questions variées partant dans tous les sens; je me limiterai à des remarques en vrac et que même ma compétence bornée m'a permis de relever.

Commençons par un exemple des plus criants, celui du terme "antisémitisme" utilisé par Novak pour qualifier les exactions dont fut l'objet le "peuple juif" (autre terme problématique). Novak emploie ce terme pour différents contextes (débuts du christianisme, "pogroms" divers, nazisme, avatars contemporain de la haine anti juive, par exemple chez les musulmans etc ). L'auteur oublie d'ailleurs de mentionner l' "antisémitisme" (pour user du même mot que lui) romain antique. Mais le terme "antisémitisme" est à l'évidence fautif: il fallait parler d'antijudaïsme en nuançant ce terme selon les contextes évoqués: un romain païen antique ou un chrétien, un cosaque, un nazi, un musulman etc ne détestaient ou ne détestent pas un même objet pour des motifs entièrement similaires.

Toujours à titre d'exemple, cette bizarrerie relevée p 17 : Abraham est qualifié de "juif". Inutile je pense de préciser en quoi cette dénomination est abusive.

Relevé p 17-18: l'auteur s'interroge, de façon rhétorique, mais on ne s'en aperçoit que plus loin, sur la "judaïté" réelle du sabbatéisme et du frankisme. Il aurait été pourtant plus simple de définir d'emblée ces deux mouvements d'emblée pour ce qu'ils furent : non seulement anomistes (pratique d'une inversion totale) et hostiles aux "mondes d'Ismaël et d'Esaù" (je signale en passant que la mention d'"Ismaël" en tant qu'ancêtre des arabes -et par extension de l'Islam est non biblique et absente du Coran; c'est une forgerie tardive) mais également au judaïsme (au sens de l'orthodoxie d'une religion). Ceci peut évidemment donner le vertige : sabbatéisme et frankisme furent en effet deux courants hétérodoxes issus du monde juif mais antijuifs et même sciemment générateurs d'antijudaïsme. Mutatis mutandi un peu comme le protestantisme ou le socialisme sont issus -en partie- du catholicisme ou le wahabisme et le fondamentalisme islamiste issus de l'Islam, avant de se retourner contre leurs géniteurs, mais dans le cas de ces hétérodoxies issues du monde juif les modes d'action et d'influence furent bien plus subtils, secrets et complexes.
Peu après, p 19, Novak affirme que Scholem n'a presque pas mentionné l'épisode frankiste or cela est faux : voir l'ouvrage de Scholem "Du frankisme au jacobinisme" qui évoque l'équipée de Junius Frey et sa fratrie durant la Révolution , auprès entre autres de Chabot. (L'ouvrage de Scholem est non réédité et indisponible en français sauf à des tarifs délirants sur le Web, histoire de vider les escarcelles des obsédés du "complot juif.") Cependant p 37 on peut lire :"Nous lui devons (à Scholem) une synthèse à ce jour non égalée (sic..."inégalée" aurait été plus correct en bon français...) sur le mouvement frankiste".
Etrangement, plus loin encore, il nie que "la clandestinité" multiforme des adeptes frankistes ait servi la réussite de la subversion révolutionnaire et des visées "nihilistes", or cette affirmation de Novak va à l'encontre de la conformité de cette subversion et de ce "nihilisme" avec la "doctrine" du frankisme. Selon lui l'action frankiste, également durant le 1er Empire, visait seulement à établir un "état juif frankiste quelque part en Europe". Il me semble que même si cette dernière hypothèse est vraie (le premier sionisme ne visait pas spécialement la Palestine) elle n'exclue pas les motivations premières, au contraire.

Même page, on lit avec surprise cette perle, toujours rédigée dans un style ineffable : "Si certains auteurs ont posé le postulat (sic) que le mot "jacobin" viendrait non pas du Jacob biblique, mais de Jacob Frank, je pose (resic), quant à moi, qu'il n'en est rien et que les frankistes n'ont comploté en rien pour la révolution française". "Poser" c'est bien joli mais "démontrer" c'est mieux, et surtout on se pince en lisant ça, car qui au juste a pu ignorer que le mot "Jacobin" vient simplement du club républicain, opposé aux "Feuillants", qui siégeait dans l'ancien couvent des Jacobins, rue St-Honoré ?

Page 20, en contradiction avec les faits d'un frankisme subversif, blasphématoire et sulfureux, le frankisme devient alors pour Novak un facteur "d'ouverture à la modernité" et (je cite mot à mot en respectant toujours le style Novakien) "une véritable tentative -réussie?-d'émancipation du peuple juif en particulier et sa mouvance s'est intégrée, via ses descendants, dans de nombreux secteurs de la société européenne, aussi divers les uns que les autres : politique, art, culture, armée, ésotérisme". Plus loin, Novak se propose d'ailleurs, dans un prochain ouvrage ( qui je l'espère aura un correcteur correct!) de traiter plus spécialement de "la diaspora frankiste, tant sur un plan géopgraphique -Pologne, Allemagne, Autriche, Hongrie, Croatie (...) France, Etats-Unis, Canada, Turquie-que sur un plan social -avocats, magnétiseurs, politiciens, ministres, aristocrates, écrivains, fondateurs de sectes, militaires". Novak nous démontrera sans doute dans ce nouvel opus magnum à venir les bienfaits inestimables que ces frankistes ont dispensé aux quatre coins du monde.

Pour en revenir au défaut de son lexique, l'auteur emploie le terme "ésotérisme" à tort et à travers. Outre que ce substantif est tardif (il date du 19ème siècle et provient de milieux socialistes occultisants anti catholiques en tant que désignant un enseignement secret universel opposé à la "croyance" bornée du vulgaire) il ne peut être appliqué au frankisme: à ce compte là, autant qualifier les gnostiques licencieux antiques, les cathares, les nuzairis, les adeptes du vaudous, voire les sectateurs de Ron Hubbard ou de Raël de groupes ésotériques. Les termes "sectaire" ou "hérétique" conviendraient mieux, quoi qu'imparfaitement pour le second car chrétiennement connoté.

Mais cela n'est presque rien comparé à ce summum de confusion, vraiment inacceptable, mais significatif du caractère partial de l'auteur, qui se trouve p 20 : Novak y définit le frankisme comme un "groupe occulte" (je note que Novak n'emploie plus le terme "ésotérique" et semble assimiler celui-ci et celui-là) "profondément antisémite" (Novak use encore de ce mot inadéquat) "n'ayant de juif que son origine" (encore cette imprécision terminologique) et "comme fondement sa mystique" (là , vu le style abscons de Novak j'ai difficulté à comprendre s'il parle de la "mystique" du judaïsme -d'ailleurs variée-ou frankiste). Novak poursuit son propos et atteint le comble avec ce morceau de choix en matière d'absurdité historique en comparant les chrétiens et les frankistes ! : "Finalement (les frankistes furent) tout comme furent les premiers chrétiens d'origine juive qui se retournèrent contre le judaïsme et le peuple juif". Novak accumule là différentes énormités en abusant de nouveau de cette terminologie approximative et en inversant la vérité historique: en effet le "judaïsme", en tant que culte défini organisé sur "rabbinisme" est bien postérieur à la destruction du Temple; en outre, loin d'être "persécuteur" de juifs, ce furent bien les chrétiens qui furent d'abord persécutés" par certains "juifs" (entendons par là, non un "peuple" ou une "ethnie" mais des membres actifs d'une des tendances religieuses du judaïsme multforme de l'époque, sadducéen et pharisien d'abord, puis diasporique, avant de l'être ponctuellement par les autorités du paganisme romain.
Il faut d'ailleurs souligner que bien des juifs non chrétiens furent eux aussi livrés aux supplices ou réduits en esclavage par un paganisme que bien des idéologues "antimonothéistes" (du genre Onfray ou de Benoist pour ne citer qu'eux) considèrent comme un exemple de "tolérance" et de bon-vivre, en oubliant également les jeux du cirques avec leurs tueries et supplices publics, les cultes à mystères souvent répugnants, les enfants abandonnés et voués au bordel dès leur jeune âge, l'esclavage et autres joyeusetés, supprimées, rappelons-le, par le christianisme "obscurantisme" dénoncés par ces Onfray, de Benoist et cie. Par exemple les combats de gladiateurs, chasses, naumachies et autres furent interdits au 5ème siècle,aboutissement des pressions de l'Eglise, par Valentinien III, empereur chrétien; suppression tardive tant la populace païenne subsistante était "accro" à ce genre de spectacles sanglants qui lui servaient d'exutoire et au pouvoir d'instrument de son abrutissement.
Les persécutions de chrétiens par des juifs, elles se poursuivirent d'ailleurs bien au delà de l'Empire Romain; par exemple lors de la prise de Jérusalem par Chosroès en 614, lorsque les juifs alliés aux Perses retrouvent leur prédominance et envisagent même de rebâtir le Temple. Les Perses leur octroient gouvernance sur Jérusalem; une révolte chrétienne suscitée par la brutalité de la gouvernance juive est alors réprimée et se solde par le pillage de la ville, l'incendie des églises, le massacre de dizaine de milliers de chrétiens et la déportation des chrétiens restants hors de Jérusalem. Bref et hélas, il faut le rappeler avec force afin de parer à toute idéologisation de l'histoire: bien que je judaïsme, au sens large, fut objet d'une ampleur dans la haine et la violence rarement comparable sinon par exemple avec l'esclavage européen et musulman des africains noirs ou le génocide des arméniens, il n'y a pas de peuple ou de nation ou d'ethnie persécutée par nature; chacun peut, selon la fortune des temps, de persécuté devenir persécuteur ou vice-versa, l'histoire le montre assez.

On pense toucher le fond avec cette comparaison entre frankisme et christianisme primitif mais on plonge encore plus bas 69-69: Novak y persiste dans cette comparaison en désignant des similitudes entre le dépassement de la Loi judaïque par le christianisme et celui opéré par le frankisme ou par le fait que Frank usait, dans sa phase de pseudo conversion collective au catholicisme d'un groupe de 12 "apôtres" ou d'éléments chrétiens! Cette assertion est particulièrement indigne: nous avons en effet dans le cas du frankisme une secte groupée autour d'un leader autoritaire, débauché, intrigant, objet de "transes" visionnaires délirantes, enseignant une infraction de la Loi mosaïque sulfureuse : orgies, basse magie, dissimulation, volonté de détruire tout ordre établi afin de hâter la venue du "messie"; il est superflu de faire remarquer qu'on ne trouve rien de tel chez Jésus ou S. Paul !
L'une des phrases emblématiques de Jacob Frank : "C'est en violant la Torah qu'on l'accomplit" en dit assez au sujet de l'inversion totale en vigueur dans le frankisme, inversion n'ayant rien à voir, faut-il le préciser avec le "plus grand Commandement" enseigné par le Christ : "Aimer Dieu et son prochain comme soit même"!
Mais la bêtise et les intentions malfaisantes de l'auteur se revèlent dans sa comparaison justifiée par les 12 "apôtres" de Frank ou son utilisation d'éléments chrétiens: en effet il est pourtant évident, sauf pour Novak, que nous sommes là en présence d'une parodie particulièrement sinistre du christianisme, s'exerçant de plus dans des rituels magico-sexuels répugnants: par exemple le rituel orgiaque usant de bougies et d'un crucifix.

Terminons sur un petit florilège d'informations non étayées et d'énormités:
Page 17, M. de Pasqually est ainsi qualifié de Marrane, sans aucune preuve à l'appui; la chose est possible voire probable, vu la nature de son système, mais de preuve Novak n'en apporte point et passe à autre chose; à la même page "Nostradamus" est crédité de "véritable poète et kabbaliste"!

Page 54, allusion à l'influence du sabbatéiste Falk sur la Maçonnerie anglaise. Hélas, là aussi pas l'ombre d'un développement ou de preuve. A ce sujet le pavé de L.de Maistre fait figure de modèle de rigueur et est en tout cas plus sérieux que celui de Novak.

Page 139, affirmation intéressante, au sujet de la dénomination de "Roi du Monde" et de "Melkitsédek" dans le frankisme (le fils de Frey, qui était Naundorff selon Novak, se parait de ces titres) mais le soufflé retombe là encore au paragraphe suivant: aucune preuve ni source fournies.

De même, p 130, selon l'auteur, des ancêtres du fameux baron Ungern-Sternberg ont épousé des filles de Schönfeld (alias Junius Frey, alias Moses Dobruchka) ; le baron "fou" serait donc de descendance frankiste. On n'en saura pas plus. Plus loin allusions au "sawastika", symbole utilisé par Ungern, comme par les frankistes et qui l'on sait. Aucun développement non plus à ce sujet.
Page 198, Saint-Yves d'Alveydre aurait épousé une descendante frankiste: on est intrigué mais là non plus aucun développement de Novak à ce sujet. Même chose sur les Paul Rosen, Max Théon et Frabk-Duquesne, descendants de frankistes.

Page 56 au sujet des débats publics de 1757 et 1759 organisé par les évêques du lieu entre juifs orthodoxes et frankistes, Novak parle de "l'incendie de la Torah" ordonné par un évêque. En fait il faut corriger là aussi et le style et le vocabulaire : il s'agit on l'aura compris d'un autodafé du Talmud...A cette occasion on note, comme dans tous le livre, l'absence d'articulation du texte: Novak évoque par exemple ces "disputations" sans rien préciser. Si le lecteur n'a pas lu le livre de Mandel ou une autre histoire du frankisme, il n'y comprendra rien, tant tout est décousu.

Page 45, info spectaculaire: la tentive d'assassinat de Jean-Paul en 1979 par un turc allumé d'extrême droite serait en connection avec les postérités du frankisme. Lors de la "conversion" en masse de Frank et de ses troupes au catholicisme il est naturel que des descendants de ces frankistes dissimulés aient fini par se fondre vraiment dans la culture dominante polonaise, sans plus conserver leurs pratiques (comme les sabbatéistes "convertis" à l'islam au XVIIème siècle ne devinrent pas tous des "dönmeh"). Mais là Novak nous apprend qu'il faut envisager le fait qu'Ali Agça aurait confondu le Pape avec un frankiste de son entourage...Fait troublant pour Novak: Ali Agça s'est "converti" au catholicisme et se prendrait pour le...Messie. Là j'avoue ne pas bien saisir: Agça est-il un turc "antisémite" désireux d'occire force juifs frankiste ou bien un frankiste lui-même étant donné son comportement ? Là non plus, à part un unique renvoi au journal Die Zeit, on en sait pas plus. A ce compte-là, on pourrait aussi émettre l'hypothèse que Charles Novak soit lui aussi un descendant de frankiste dont le projet pervers est, en publiant un livre aussi tarabiscoté et léger, de discréditer toute vélléité de la part des gens sérieux de s'intéresser à ce genre de sujet...

Page 65, considérations sur une possible influence kabbaliste déviée et du messianisme juif subversif sur divers courants dualistes non juifs: "cathares, groupes satanistes, loges lucifériennes" ou même le Faust revu par Goethe ou le satanisme de l'abbé Boullan (que Novak orthographie "Boulan")...Même topo : on attend un développement et rien n'arrive; l'auteur passe à autre chose et on reste sur ces suggestions non étayées et parfois absurdes : le catharisme a plus sûrement son origine dans le bouillon de culture du gnosticisme moyen-oriental, Faust dans une légende médiévale,et les groupes satanistes et autres "loges" lucifériennes dans des influences multiples.

Rions un peu p 86: Novak nous informe que Clovis , roi des Francs, porte un nom possiblement dérivé de "Lévi" !
"Capet" serait peut-être un "descendant de convertis juifs", car , nous assure Novak, "on peut découvrir une origine juive chez n'importe qui lorsque l'on remonte dans le temps"!
Continuons dans l'humoristique : p 142 Novak évoque "les frères Brutus fondateurs de la république romaine". On ignore pourquoi, pour Novak, ce brave Lucius Junius Brutus s'est dédoublé. Sans doute l'auteur a-t-il mélangé dans sa science d'amateur non éclairé à la fois Lucius Junius Brutus, Remus et Romulus et Marcus Junius Brutus (séparé de plusieurs siècles de Junius) pour aboutir à ce duo de "frères" ? Dans le même genre, Heinrich Heine est qualifié de "philosophe" !
Rions encore p 151: on y apprend que les "deux roses" de la guerre du même nom (les lignées York et Lancastre) sont peut-être à l'origine des...rosicruciens ! Peu avant p 146 on y lit que les "dantonistes sont pour la plupart rosicruciens"!
Plus loin dans le lexique (d'ailleurs illisible et incomplet : des termes signalés par une astérisque dans le livre sont absents du lexique!) on s'amuse encore en lisant que le fait que l'aleph soit absent du mot bereshit et commence par le beith, signifie que "le judaïsme est une religion binaire" fonctionnant par paire dont Novak nous fournit des exemples: "le pain/ le vin, le ciel/ la terre, le sperme/ le sang, l'homme/la femme".
On s'amuse toujours p 81: l'auteur y appelle "dversime" le "devshirmé" ottoman ou p 175 où les Sabéens sont qualifiés de "chrétiens adorateurs des astres" ! Et on meurt de rire p 81 avec cette perlouze doctement assénée (avec encore ce style inimitable) : "Fait méconnu, mais Napoléon en créant la Légion étrangère s'est inspiré du système des janissaires" !!!
Chacun, je l'espère, aura corrigé: la Légion étrangère fut créée sous Louis-Philippe. Mais je suppose que le cerveau embrouillé de Novak a du mélanger l'ordre de la Légion d'Honneur, effectivement créée par l'Empereur et la Légion Etrangère !
Dans la même phrase on est du reste informé que les janissaires étaient tous des "convertis". Novak n'a pas l'air de savoir que les jeunes européens capturés par les Ottomans (système du Devshirmé) pour servir dans ce corps n'avaient pas vraiment le choix : ils étaient élevés dans l'islam sans "conversion" de leur part !

Page 65, le judaïsme est loué comme "première religion monothéiste".Novak n'a semble-t-il jamais entendu parler d'Akhenaton. Quant au terme "monothéisme" (créé par Henry More au XVIIème) il ne signifie pas grand chose pour qualifier une religion: le mormonisme, le cargo culte sont aussi des monothéismes !

Page 69, une horreur de taille . Au sujet des Toledoth Yeshu (les brèves mentions juives médiévales diffamatoires envers Jésus et sa mère) l'auteur se laisse encore aller à ses tendances anti chrétiennes, de façon encore plus pénible: il regrette que ces Toledoth (je rappelle que ces textes juifs accusent Jésus d'avoir été un magicien et un bâtard né de sa mère prostituée) soient victimes d'un "silence" aussi bien côté juif que chrétien ! Là on se pince de nouveau: ou Novak a-t-il vu qu'une omerta existait à ce sujet ? N'importe quel bouquin bien fait sur l'histoire des relations judéo-chrétiennes en parle librement (cf récemment l'édition dans la Pléiade des "Premiers Ecrits Chrétiens") Mais le pire n'est pas là: en effet Novak regrette que ces Toledoth soient "censurés" côté juif car ils prouveraient l'existence de Jésus (ce qui est faux : ce sont des écrits médiévaux !) et soient traités de même côté chrétien par un "refus de mettre en avant la théorie humaine (sic) et non plus divine de Jésus". On est pris entre fou-rire et larmes à la lecture de considérations pareilles; passons sur la syntaxe toujours folklorique de Novak et rappelons pour finir à ce sujet que les bribes d'écrits juifs traitant de Jésus sont bien antérieures au moyen-âge: les propos diffamatoires se trouvent déjà dans des écrits juifs du IIème au IVème siècle (Tosefta, Talmud de Babylone et de Jérusalem).

Annonce spectaculaire page 54: l'auteur affirme mystérieusement avoir découvert la tombe de Sabbataï Tsevi (alias Mehmet Effendi) au Montenegro; on y apprend que son accès est "strictement interdit à tout public et appartient à un particulier" et qu'une famille sabbatéiste albanaise s'occupe de la tombe. Quelques lignes plus loin cela n'empêche pas Novak d'écrire que la "tombe sert de mausolée (sic) à de nombreux pélerins musulmans dont certains savent à peine (sic) qu'il s'agit de Sabbataï Tsevi, un autre nom lui étant attribué".
Donc si je résume bien: la tombe est secrète et interdite au public, mais de nombreux pélerins musulmans y vont, (pour honorer un saint musulman si j'ai bien compris) dont certains savent "à peine" (?) que c'est celle de Tsevi, et la tombe est attribuée à un autre.
Limpide.

Autre information spectaculaire, page 21: Novak affirme avoir retrouvé l'identité véritable du fameux Karl-Whilem Naundorff, prétendant au trône de France en tant qu'"enfant du Temple" perdu et retrouvé: celui-ci ne serait autre que le propre fils du frankiste Junius Frey (alias Thomas Von Schönfeld, alias Moses Dobruchka), un nommé Franz...De manière ridicule, cette "identification" permet à l'auteur de se féliciter de prouver ainsi que les frankistes, loin de s'activer en coulisses en faveur de ces entreprises subversives dénoncées par des "auteurs antisémites", surent aussi s'évertuer à "sauver la monarchie française"!... Page 161 la chose est proclamée sans ambages : Frey, loin d'être un agent subversif attisant le chaos révolutionnaire, fut "un juif envoyé pour sauver la monarchie" (française) ! A la lecture d'une telle affirmation, j'avoue n'avoir pas pu saisir si l'auteur faisait preuve de naïveté ou de cynisme.
Je m'arrêterai là, on aura compris qu'il s'agit d' un livre partisan, très mal fichu et tissé d'assertions allusives dépourvues de preuves : un ouvrage grotesque voire inquiétant, qui, malgré la volonté de l'auteur, fournira aussi bien pâture aux monomiaques de tout poil du complot juif (avec option maçonnique ou pas) qu'au négateurs dogmatiques de tout complot à priori; parmi ces derniers se trouve l'inénarrable "autorité" Pierre-André Taguieff, que Novak étrille brièvement à juste titre, ce qui me permet de conclure au moins sur un point positif et de le créditer d'une part de lucidité certaine sur ce cas précis.
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le 18 juillet 2017
cela n'interesse qu'une tranche tout à fait restreinte de spécialistes de questions judaiques.
Je ne conseille la lecture à personne
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le 17 mai 2014
Livre fort équivoque et ambigu. Les détails historiques semblent vrais mais l'interprétation demeure à mon sens subtilement orientée et subjective. Quelle idéologie défend l'auteur???
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