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Imaginez une terre désolée, battue par le vent et arrosée copieusement par la pluie ; des côtes déchiquetées, des falaises en à-pic vertigineux fouettées par l'Océan furieux.

Imaginez des habitants taiseux, au rude caractère, à l'abri des éléments dans leurs maisons austères qu'ils ne quittent que pour fréquenter les ports, les églises qui pullulent dans les landes ou ces bars dont ils ne ressortent que profondément imbibés, prêts alors, selon la blague locale, à faire subir les derniers outrages aux moutons qu'ils croisent.

Ecoutez cette langue qu'ils sont les seuls à comprendre et qui forge leur identité profonde.

Non, ce n'est pas la Bretagne (on parle de moutons là, pas de porcs aux algues) : c'est l'île de Lewis, dans les Hébrides extérieures, au large de l’Écosse.

Un habitant y ayant été retrouvé pendu et les tripes à l'air, c'est là que se déroule l'enquête de Fin McLeod un policier originaire de l’île qui retrouve à cette occasion, ses racines et ses traumatismes d'enfance.

Il faut bien reconnaître que si l'histoire est accrocheuse, le suspense raisonnablement entretenu et le style agréable, c'est bien le décor de ce roman policier qui en constitue le principal attrait.

La description de ce microcosme insulaire pétri de tradition et de croyances, accroché à des rites uniques tels que l'expédition initiatique sur l'île de Sula Sgeir pour aller massacrer, dans des conditions dantesques quelques milliers de "Guga" (jeunes Fous de Bassan), est fascinante.

Avec ce roman, Peter May arrive à nous donner envie de découvrir ce coin de terre perdue, un peu comme Nicolas Bouvier parvenait à nous faire rêver de l'île d'Aran, pourtant aussi peu attirante en apparence (Journal d'Aran et d'autres lieux).

Une bonne surprise qui renouvelle un peu le genre et procure un agréable moment de lecture.
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le 3 septembre 2014
Un roman qui ne demande qu’à être lu tant il promet à son lectorat un voyage unique au travers d’une petite île écossaise à l’atmosphère brumeuse et inquiétante.
Fin Macleod est un inspecteur de police ayant perdu son fils unique un mois plus tôt. Il se retrouve, bien malgré lui, envoyé sur son île natale où un meurtre sanglant vient d’être commis et dont le mode opératoire ressemble étrangement au meurtre d’Edimbourg dont il est chargé de l’enquête. A peine arrivé, Fin découvre que le mort n’est autre qu’Ange, l’ancien gamin violent qui lui en a fait bavé et se voit ainsi confronter aux souvenirs douloureux de sa jeunesse ; la perte de ses parents dans un accident de voiture, la perte de son amour d’enfance, Marsaili, aujourd’hui mariée à son ancien meilleur ami, Artair, l’handicap irréversible d’un ami d’enfance, mais surtout, la préparation d’une expédition sanguinaire et cruelle, tradition profondément ancrée dans le coeur des hommes de l’île ; la chasse aux Fous de Bassan sur le rocher d’An Sgeir.
Le roman transporte le lecteur dans les réminiscences de la jeunesse du héros qui a quitté son île natale 18 ans plus tôt. Le meurtre et l’ambiance polar ne sont ici qu’une excuse pour suivre surtout la quête d’identité d’un homme meurtri par la perte de son enfant et du constat de sa vie ratée par ses épreuves passées et ses choix discutables adultes. On est forcément happé dans cette histoire par le charisme du personnage principale d’une part, et l’environnement légendaire et traditionnelle d’une île Ecossaise troublante d’autre part. Fin Macleod fait parti de ces personnages uniques apprécié de tous. Les femmes le trouveront charmant, proche du fantasme sexy, à la fois gentil et intelligent mais traînant aussi une attitude rebelle et une douleur innommable. Les hommes apprécieront sa désinvolture et son attitude suffisamment masculine pour être respectable. On aime suivre le passé, présenté de manière chronologique, de cet homme franchement attachant, comprendre les événements qui ont fait de lui ce qu’il est aujourd’hui et le pourquoi de sa décision de quitter l’île et tous ce qu’il aimait. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la vie ne l’a pas épargné et que les révélations toutes plus tragiques voire cruelles les unes que les autres vous tiendront en haleine. L’ambiance ténébreuse de l’ïle de Lewis, où les hommes travaillent essentiellement à l’usine et se retrouve chaque soir au bar pour un verre de wisky, où les cahutes sommaires sont chauffées à la tourbe, où la pluie s’acharne et le vent souffle, régnant tous deux en maître sur ces terres marines, où la religion et le gaélique sont profondément ancrés dans la culture locale et enfin, où les hommes loin du continent perpétuent des traditions de plusieurs siècles, accentue cet effet troublant de voyage au coeur de ce pays plutôt inhospitalier.
L’auteur manie les mots habilement et ses origines écossaises sont ressenties jusqu’au bout des pages. Il nous livre ainsi une histoire passionnante, sa plume habile et captivante mêlant psychologie du personnage par des actions présentes et des flash back passés, le tout agrémentée d’une enquête policière dont le dénouement est plutôt surprenant. Les mots défilent, décrivant sombrement l’homme et son pays natal, indéniablement on tombe sous le charme de l’un et l’autre, les deux formant un tout indissociable.
En bref, un roman envoûtant, bien écrit et qui ne souffre d’aucune faiblesse. Il s’agit du premier tome d’une trilogie et il me tarde de lire les deux prochains titres ! Un roman sombre vraiment troublant…
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L'ile de Lewis est la plus nordique des Hébrides extérieures, au nord ouest de l'Ecosse.
De retour d'une chasse aux oiseaux (mais photographique !) aux Shetlands (macareux, fous de Bassan = gannets , guillemots..), ce livre s'imposait !
Et c'est vrai, tout y est: la nature sauvage (mais hospitalière aux oiseaux de mer), la rudesse du climat
(encore qu'à la naissance des gugas - poussins des gannets, qui jouent un rôle important dans l'intrigue - le soleil puisse
briller et les températures être assez clémentes), la rudesse aussi des paysages, des gens ... un pays où il semble que la présence humaine
soit plus tolérée qu'admise.
L'intrigue tient la route (pour ceci, voir le bon commentaire de Jay), les personnages, taillés à la hache, aussi.
La traduction (à moins que ce soit l'écriture de l'auteur) est un peu poussive mais c'est un bon polar qui vous aidera
sans doute à supporter la canicule.
Je commande la suite (même si les polars asiatiques de Peter May m'avaient ennuyés.)
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Calédophile dans l'âme, il va sans dire que j'ai littoralement adoré ce roman ( d'ailleurs sur les conseils d'un autre insulaire exilé ). Le seul problème que j'ai rencontré lors de sa lecture fut que je n'avais pas de whisky de l'île de Lewis pour m'hydrater le gosier, fort desséché par les violentes bourrasques hébridéennes.

Il est d'ailleurs étonnant qu'il n'y eut aucun whisky distillé sur l'île de 1840 à 2008, date de la création de la distillerie Abhainn Dearg ( la rivière rouge, en patois local ), dont les premiers commentaires de dégustation sont pour le moins partagés. A près de 150€ la bouteille de 50 cl, je vais patiemment attendre que son prix baisse en vieillissant.

Le principal intérêt de ce polar écossais est la très belle description des paysages et du mode de vie des habitants de l'Ïle de Lewis, on en oublierait presque l'intrigue. Les personnages sont très vrais et souvent attachants. Le style est assez neutre, mais l'histoire est très intelligemment construite et très fluide malgré ( ou grâce ) les très nombreux flash-back. Il est aujourd'hui très appréciable grâce à internet de pouvoir visualiser certains décors ( comme le rocher de Sula Sgeir ), histoire de s'enfoncer un peu plus avec délice dans la tourbe.

A mon goût, ce livre est parfait, mêlant aventure, social, policier, phantasmes et nostalgie. Juste une remarque: il me semble improbable que le héros ayant à peu près 17 ans en 1976 ait pu écouter Golden Brown des Stranglers à cette époque.

(*): jeunes Fous de Bassan tués vivants par certains habitants de Lewis lors d'une expédition ancestrale rituelle et annuelle. La chair du jeune volatile, conservée dans le sel, est parait-il très originale ( entre le poulet et le hareng ).
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le 20 décembre 2012
Premier livre de peter may que je lis,c'est une tres agreable surprise,j'adore les polars scandinaves ,ce roman ecossais est de la meme lignée que indridason,mankell,de la tres grande litterature,les descriptions de l'ile ,des personnages des situations sont formidables,je conseille plus que vivement ce livre
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Que se passe t-il donc dans ces iles du bout du monde? Voilà une intrigue bien ficelée qui puise sa source dans un passé oublié. Chacun des protagonistes est hanté par un passé douloureux. Ces iles battues par les vents offrent un décors à la fois sévère et somptueux à la tragédie qui se noue et finira par ce dénouer devant nos yeux. Je précise que toute la trilogie est passionnante en ce qu'elle précipite dans ce décors parfois apocalyptique un passé que les Anglais préfèrent oublier! Un roman modèle du genre!
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le 23 mai 2013
Si l'on attend d'un polard une lecture dense et captivante, c'est gagné ! Tous les ingrédients sont là pour tenir en haleine le lecteur : c'est compliqué, c'est sordide, cela mélange les sentiments, la description de ce petit coin d'Ecosse est juste et soignée. Il ne manque que l'odeur des pubs. Bref, c'est un bon bouquin.
Pas 5 étoiles parce que c'est un peu lourd, dans le sens de répétitif. Donc bon bouquin, juste pas excellent.
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Peter May né en 1951 à Glasgow, fut journaliste puis scénariste de télévision avant de devenir romancier, auteur de romans policiers. Depuis une dizaine d’années, il habite en France dans le Lot et se consacre à l’écriture. Passionné par la Chine, il est l’auteur d’une série chinoise de romans policiers. L’Île des chasseurs d’oiseaux, bouquin paru en 2009 est le premier volet d’une trilogie se déroulant en Ecosse, mais dont on peut lire les romans séparément.
Fin Macleod - inspecteur de police à Edimbourg - est originaire de l'île de Lewis (partie nord de l'île de Lewis et Harris, la plus grande île de l'archipel des Hébrides extérieures) qu'il a quitté il y a dix-sept ans pour n’y jamais retourner depuis. Or, un meurtre particulièrement crapoteux y ayant été commis selon le même mode opératoire que celui sur lequel il enquêtait à Edimbourg, Fin est envoyé dans l’île pour enquêter.
Si la classification des romans selon des genres prédéterminés a des avantages, faciliter nos choix de lecture par exemple, elle a aussi de gros inconvénients comme ici. L’Île des chasseurs d’oiseaux est identifié comme polar, or et c’est là son gros problème, il s’agit plus d’un excellent roman (tout court) que d’un polar correct ; conséquence, les amateurs de polars seront peut-être déçus tandis que beaucoup d’autres risquent de passer à côté de ce bien beau roman.
La plus grosse partie du bouquin s’attache à nous dépeindre la vie sur cette ile perdue à travers les souvenirs de jeunesse de Fin Macleod par d’incessants flashbacks. Vie difficile et austère, importance pesante des églises protestantes fondamentalistes, poids des traditions comme – point central du roman – cette chasse unique au monde sur un ilot inhospitalier à huit heures de mer, des oisillons des fous de Bassan lors de la saison de la ponte. Epreuve initiatique faisant d’un adolescent un homme. Toute cette partie documentaire est particulièrement instructive.
Peter May y rajoute, les liens amicaux ou non, liés entre Macleod et ses camarades de l’époque ; amitiés, amours, rivalités et secrets bien gardés. Jusqu’à aujourd’hui. Son enquête l’amène à revoir toutes ces figures qu’il voudrait avoir oubliées pour certaines et faire exploser la chape de silence qui maintenait comme faire se peut, un statu quo de rancœurs et de peines enfouies.
Le roman est ponctué de scènes sublimes et très fortes émotionnellement, le plus souvent des chutes, celle de Fin Macleod jeune adolescent manquant mourir dans l’île aux oiseaux, celle de son copain Calum devenant paralysé ou la mort accidentelle de ses parents. Et quand Peter May revient à son polar, proprement dit, le bouquin s’achève sur une fulgurante accélération riche en rebondissements et émotions.
Un excellent roman. Tout court.

« Son retour avorté sur l’île était terminé. Toutes ces rencontres douloureuses avec les fantômes de son passé. C’était presque un soulagement. Et Fionnlagh avait raison. Il ne s’était pas préoccupé d’eux pendant dix-huit ans, il n’avait pas le droit de revenir maintenant et de s’insinuer dans leurs vies. Un homme avait été assassiné, et son meurtrier était encore libre. Mais ce n’était plus son affaire dorénavant. Il allait rentrer chez lui, si « chez lui » existait encore. Si Mona était encore là. Il pourrait à nouveau simplement tirer le rideau, et oublier. Regarder vers l’avenir au lieu de regarder en arrière. Mais alors, pourquoi cette perspective l’effrayait-elle autant ? »
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le 15 octobre 2013
quel dépaysement, quelle vie rude, ce livre est passionnant pour le témoignage de vie dans Les Hébrides, l'intrigue se tient, il faut lire les 3 tomes pour tout comprendre, mais rassurez-vous ils se lisent très facilement et on ne s'ennuie pas
J'ai tellement ét intéressée qu'il a fallu que j'aille dans Google earth pour situe exactement les iles et la région où se situe l'intrigue
quelle vie rude et sauvage ....
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le 24 août 2015
Tout contribue à nous embarquer sur cette île, sauvage, magnifique, qui a marqué à la fois les personnes et leur histoire.
L'intrigue policière est presque secondaire. On est plongé dans un climat âpre, sauvage ; les hommes et leur île se ressemblent et P. May nous offre un voyage très réaliste qui nous permet de ressentir les conditions dures de la vie de certains iliens.
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