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3,5 sur 5 étoiles
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le 10 mars 2014
A ceux qui veulent lire une trame classique ou un roman sur la gym, passez votre chemin.
Ce livre est avant tout un regard porté sur un corps qui change, le passage de la petite lolita des salles à la femme qui s'affirme Il est recommandé à tous ceux qui refusent le vieillissement de leur petite nymphette. Il montre toute la difficulté de grandir et de s'affirmer différente aux yeux des autres à seulement 16 ans (les 14 ans de Montréal sont déjà loin). Et puis il y a ces témoignages pour relativiser le passage de la Roumanie dans la version occidentale et la confrontation est/ouest. En Roumanie, on ne pouvait pas s'exprimer; à l'ouest, on peut tout dire mais qui s'en soucie? En Roumanie, avant les magasins étaient vides; maintenant, ils sont pleins mais personne ne peut acheter.
Lecture hautement recommandé.
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le 15 février 2014
Je ne suis pas passionnée par la gymnastique et même trop jeune pour me souvenir de Nadia Comaneci, et pourtant quel plaisir de lire ce roman! C'est bien sûr le destin individuel d'une personnalité hors du commun, avec en arrière-plan l'histoire de la Roumanie communiste jusqu'à la chute de Ceausescu, les tensions avec l'URSS et l'ouest. Sans oublier: un très beau portrait de femme, pas du tout "à charge" comme on peut le lire dans un commentaire, au contraire un portrait très humain, qui ne juge jamais, mais sait renvoyer sa responsabilité au spectateur et aux médias avides de performances sportives, mais juges impitoyables et inadéquats d'une personne qu'il ne connaît pas.
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le 27 mars 2014
Il n'est pas nécessaire d'avoir un intérêt pour la gymnastique ou l'histoire de la Roumanie pour se passionner pour ce très joli roman, écrit avec subtilité et sobriété. En revanche, je vous mets au défi de ne pas aller revoir, avec un œil nouveau, les exploits de Nadia Comaneci lorsque vous le refermerez !
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500 PREMIERS RÉVISEURSle 9 janvier 2014
Aux Jeux Olympiques d'été de Montréal de 1974, une petite fée de 14 ans affole les ordinateurs car elle vient d'obtenir le note maximale de 10, jamais accordée auparavant. Nadia Comaneci entre dans l'histoire de la gymnastique, devient une star et l'emblème d'un pays communiste: la Roumanie alors sous l'emprise du dictateur Ceausescu.
La narratrice de La petite communiste qui ne souriait jamais imagine un dialogue entre elle-même et celle qui fut un temps l'icône de la planète avant de tomber de son piédestal. L'occasion de balayer les clichés sur un pays alors très fermé mais surtout de brosser le portrait d'une fillette "Puissante et impitoyable" qui semble n'avoir peur de rien , pas même de mettre à mal son corps.
J'ai été happée par l'écriture à la fois poétique et vigoureuse de Lola Lafon. Les échanges instaurés permettent de nuancer les propos (la Nadia du roman regimbe, boude, mais finalement revient toujours, sans pour autant éclairer toutes les zones d'ombre). Il s'agit en effet ici non pas d'écrire une biographie ni une hagiographie mais "d'entendre son parcours non réécrit y compris par elle-même." Un livre tout bruissant de marque-pages qui suscite un enthousiasme comparable à celui qu'avait engendré Nadia Comaneci. Et zou, un beau et grand coup de cœur !
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le 11 janvier 2014
C'est vrai qu'elle avait un côté Buster Keaton, « l'homme qui ne souriait jamais ». Le corps gracile et musclé, capable de se propulser dans les airs comme un cocktail Molotov, et de retomber sur ses pieds, imperturbable, souveraine. Nadia Comaneci a révolutionné le monde de la gymnastique, à 14 ans, aux JO de 1976. Les moins de 40 ans ne peuvent guère s'en souvenir. Lola Lafon a tout juste 40 ans. Et elle s'en souvient comme si elle y était. La preuve que la transmission passe par des canaux mystérieux, des fils invisibles qui relient les êtres. De la poussière de magnésie, tombée des mains de la gymnaste prodige, a dû voler jusqu'à son lit de petite fille de 3 ans, comme une poudre magique. Sinon, comment aurait-elle pu écrire un roman aussi acrobatique, aussi intérieur, au plus près des sensations de la championne roumaine ? Lola Lafon a trouvé son sujet, son double, son miroir, et du choc de cette rencontre jaillit un texte impressionnant de maîtrise et de poésie, comme les numéros de voltige de Comaneci. Cette adéquation de forme est le secret de la réussite du livre. Loin du biopic à l'américaine, le récit prend des risques, ose des apartés imaginaires entre la romancière et l'athlète, s'élève dans les airs avec des descriptions hallucinées des prouesses sportives, enchaîne les figures littéraires les plus personnelles et les plus justes, embrasse la totalité d'une personne hors du commun, avec une économie de moyens et un sens de l'équilibre saisissants.

De Nadia Comaneci, sa grande soeur d'âme, sa compatriote silencieuse, son modèle de force et de fragilité, Lola ­Lafon restitue toute l'ambivalence. A la fois moteur et victime, sujet et objet, l'athlète avance, encore et toujours, « plante carnivore de dangers dont il faut la gaver [...], elle grignote l'impossible, le range de côté pour laisser place à la suite, toujours la suite. » Or, il arriva un jour que la suite soit un grand gouffre. Celle qui ne tombait jamais sombra dans l'anonymat, après avoir été déchiquetée par ceux qui la portèrent aux nues. La force de Lola Lafon est d'introduire d'imperceptibles trous dans son récit, d'y incruster des zones de disparition, de transparence, de vide. Elle titube lentement derrière sa muse, « somnambule de sa propre enfance », et le livre fend la brume de la déché­ance avec une pudeur et une justesse exemplaires. Un destin se dessine, terriblement émouvant, celui d'une adolescente qu'on voulut figer dans l'inno­cence. Mais, Lola Lafon ne cesse de le répéter, Nadia Comaneci était un petit écureuil, incapable de tenir en place. Ecrit comme un livre qu'on se passe sous le manteau, un brûlot de résistance plein de sens cachés, La Petite Communiste qui ne souriait jamais met en regard la dictature communiste d'hier et l'asphyxie capitaliste d'aujourd'hui, dénonce l'absurdité d'avoir quitté une prison pour une autre : avant, les gens « avaient constamment peur, c'est vrai, peur qu'on les entende dire des choses interdites, aujourd'hui, on peut tout dire, félicitations, seulement personne ne nous entend. »

Lola Lafon interroge le silence, donne à entendre les cris étouffés de ceux qui ont troqué un bâillon contre un autre. Sa parole est d'or, et prouve que les langues déliées triompheront toujours, qu'elles tracent leurs lettres dans les airs, du bout des doigts de pieds, ou sur le papier, éprises de liberté.
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Jeux olympiques de 1976. Une petite gymnaste roumaine vient d'effectuer une prestation à la poutre. Le public est ébahi. Comment, elle n'a que quatorze ans ?
Hélas, la note s'affiche : « un virgule zéro zéro . Elle repasse de possibles fautes dans sa tête, l'arrivée du périlleux arrière, éventuellement, pas assez stable, qu'est-ce qu'elle a pu faire pour mériter ça ? » Le public gronde, l'entraîneur se fâche et console l'enfant, les juges s'agitent. Le Suédois se lève, « il ouvre ses deux mains (…) Alors la petite tend ses deux mains vers lui, elle demande confirmation, c'est un... dix ? (…) oui, ce un virgule zéro zéro est un dix. »
Lola Lafon ouvre son récit sur cette inoubliable victoire de Montréal. Elle explique le terrible parcours de Nadia pour en arriver à cette perfection, le rôle ambigu de son entraîneur qui démolit, sans scrupule, ces corps de préadolescentes, recule sans cesse les limites de ses exigences, manie la carotte et le bâton.
Elle nous fait vivre les entraînements de l'intérieur, vivre les souffrances et les doutes des championnes en général, de Nadia en particulier.
Comment encore faire mieux quand, d'entrée de jeu, on a atteint la perfection ?
Les chapitres sont très courts. Ils sont coupés par des échanges entre l'écrivain et Nadia, par courrier électronique ou par téléphone. Ils ont un tel accent de sincérité que, si une note au début du livre ne nous avertissait pas qu'ils sont fictifs et tout droit sortis de l'imagination de l'auteur, on les jurerait authentiques.
Le roman n'est pas centré uniquement sur les performances de la jeune athlète prodige. Il nous montre aussi le terrible règne dictatorial du couple Ceaucescu. La surveillance incessante à laquelle sont soumis les habitants, la police secrète, la menace, partout, latente, angoissante. Et même une « police des menstruations », puisque le tyran a décidé que les femmes devraient avoir le plus d'enfants possible.
Lola Lafon nous explique les recherches minutieuses auxquelles elle s'est livrée, les gens rencontrés, interrogés, les masses de documents épluchés.
Elle étudie aussi les conséquences psychologiques de ce « dressage » sur Nadia. Les ravages de ce battage médiatique. La voilà en pleine lumière, partout, tout le temps. On s'arrache ce petit prodige, cette petite fée, ce petit lutin malicieux. Et puis, du jour au lendemain, plus rien. Ce n'est plus elle. Elle ne séduit plus. Son corps a changé. Elle devient adulte.
Je ne peux pas dire que j'ai aimé ce roman que j'ai trouvé très dur, très choquant. Certains passages sont ambigus, pleins de sous-entendus que je ne suis pas certaine d'avoir toujours correctement décodés.
Mais je l'ai trouvé très intéressant et très réussi, surtout dans la mesure où on se souvient de la grâce de cette délicieuse athlète miniature, sans se rendre compte de toute l'horreur qui se cache par-derrière. Il mérite donc d'être découvert.
22 commentaires| 7 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
On avait connu Lola Lafon côté musique.
Mais la dame rebelle tendance anarcho-féministe est aussi écrivain tendance bobo-parisienne. Cela fait un moment que l'on tournait avec méfiance autour de son roman très en vogue en ce moment : La petite communiste qui ne souriait jamais.
Mais c’est une bio romancée comme on les aime (façon Jean Échenoz ou Patrick Deville).
Et puis mince, ça parle quand même de Nadia Comăneci ! La petite gymnaste roumaine qui en 1976 fit tourner les têtes de presque toute la planète, dont les notres. Allez, c’est parti.
Lola Lafon était à peine née lors des JO de 76 mais elle a grandi quelques années de l'autre côté du rideau de fer, en Roumanie elle aussi. Et dans une interview, on peut lire d'elle :

[...] Quand je suis arrivée en France, ayant été élevée dans un autre système, j’ai été très brutalisée par la consommation.
J’avais 13 ans et je n’avais jamais vu quelqu’un dormir dehors. Ça m’a bouleversée.

Voilà, ça c’est dit. Mais revenons à la petite Nadia.
En 1976 donc, aux JO de Montréal et en pleine guerre froide, la roumaine de 14 ans s'élance sur les barres asymétriques.
Après quelques minutes de sauts et virevoltes, les notes des juges tombent ... et les ordinateurs s'affolent, ils n'arrivent pas à afficher la note. Un 10,0 ? Mais ça n'était pas prévu, impossible avait-on dit, le mieux qu'on puisse faire sur l'écran c'est 1,00 - ça vous va ? Ben non, pas vraiment.
Bien entendu ce bouquin rappelle la bio romancée de Zatopek par Échenoz dans son roman Courir.
Et les parallèles (comme les barres, ah ah) sont nombreux : même époque, même athlétisme venu des pays communistes, même épopée politico-sportive de l'Est contre l'Ouest, mêmes souvenirs … et mêmes désillusions.
Même style d'écriture également : ce n'est pas pour nous déplaire et c'est un sacré compliment pour dame Lola. On retrouve sous sa plume les mêmes petites phrases sèches, d'apparence anodine mais qui font mouche presque à chaque point.
Dans ce genre de bio romancée, peu importe les libertés prises par l'auteure avec la réalité : les événements historiques sont respectés, le reste est imaginé. C'est un roman : ni un reportage ni une thèse. Cette littérature nous permet de rêver à l'histoire de Nadia ou plus exactement de reprendre notre rêve oublié depuis 1976.
Bien sûr il est question des corps.
Des corps de ces très jeunes filles, des corps un peu androgynes, et terriblement désirables quand ils réussissent à s'affranchir des pesanteurs et des contingences qui sont notre lot commun.
Nadia Comăneci avait 14 ans sur la poutre à Montréal en 1976. La même année, Jodie Foster avait 14 ans dans le film de Martin Scorcese. Brooke Shields aura 12 ans en 1978 dans le film de Louis Malle : toute une époque inimaginable aujourd'hui, dans ce monde actuel que l'on croit parfois si débridé mais qui s'avère finalement si bien pensant.
Dans les années 90, l'âge minimum pour participer aux JO sera remonté à 15 puis 16 ans.
Il y a Nadia et il y a son entraîneur et mentor : Béla. Un gros homme fantasque et fantastique qui (tout comme nous) semble vivre son rêve par procuration avec ‘ses filles’.
Contrairement à ce qu’on imagine, on n’est pas du tout (du moins jusqu’aux JO de 76) dans une usine soviétique à sportives boostées aux hormones : du fin fond de sa lointaine province moldave, Béla va même devoir batailler ferme pour réussir à intégrer ‘ses filles’ dans l’équipe nationale. Cette première partie du bouquin (et de l’Histoire) c’est du rêve à l’état pur.
Un entraînement impitoyable, une nourriture spartiate et une volonté inflexible dans un corps d’ange souple. Jusqu’à l’apothéose de Montréal.
Après le succès miraculeux, viendront les temps difficiles et les désillusions : évidemment mais on voulait l’oublier, Nadia grandit, grossit, devient jeune fille (elle a même des règles !).
Béla perd son entregent avec les apparatchiks, la Securității devient pire que la Stasi, Nadia se compromet avec le fils du dictateur éclairé qui devient de plus en plus sombre, … sic transit gloria mundi.
Le bouquin est un peu inégal qui alterne des chapitres au souffle épique et d’autres qui se perdent parfois dans des méandres plus introspectifs. Le récit ne semble pas toujours totalement maîtrisé et c’est tout juste ce qui nous retiendra d’épingler un coup de cœur sur la superbe histoire de Nadia Comăneci.
Mais que cela ne vous serve pas d’excuse pour passer à côté de cette lecture indispensable !
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le 15 juin 2014
Je ne m'attendais sincèrement pas à aimer autant ce livre, qui pullulait partout ces six derniers mois. Et il a fallu que je tente l'expérience du livre audio, merveilleusement rendu par l'interprétation de Chloé Lambert, pour me convaincre définitivement.

Sans m'y attendre, j'ai été conquise par le ton mélodieux, la construction de l'histoire, l'emboîtement des pièces, des dates et du parcours, le contexte politique, la folie inhérente, et le portrait toujours flou, toujours inatteignable de la gymnaste roumaine. C'est foncièrement captivant.

De plus, le récit n'est jamais tout sucre, tout miel. L'auteur met en place un dialogue fantasmé avec l'athlète, qui apparaît pincée, mécontente et boudeuse, mais sans volonté de nuire au personnage. Juste pour recadrer son propos, sans offrir une image trop policée.

Le livre connaît un véritable succès de librairie, tout à fait mérité ! Lola Lafon accorde un entretien très enrichissant pour Audiolib, à conseiller également.
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le 10 février 2014
Nadia avait réussi le 10/10; Lola Lafon a réussi un livre émouvant, où se mêlent des aspects "roman" et des aspects "documentaire". Le drame des enfants sportifs de haut niveau harcelés par leurs entraineurs est bien dessiné . C'est un bon livre mais ce n'est pas parfait..
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le 26 janvier 2016
Réalité ou fiction ? Sans doute un peu des deux sans que l'on sache où s'arrête l'une pour laisser sa place à l'autre. Ni roman, ni témoignage, ni reportage.. on arrivé à s'y perdre. Concernant l'écriture on est loin de la note 10 attribuée à Nadia. Bon, finalement, on reste sur sa faim.. d'autant que le sujet méritait méritait beaucoup mieux.
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