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le 4 décembre 2012
Un superbe livre, avec de nombreuses photos d'une très belle qualité, qui retrace bien l'histoire et le talent de ce pionnier de la photographie, Felix Thiollier.... il y a plus d'un siècle!
Il accompagne très bien l'exposition 'Felix Thiollier: photographies' au musée d'Orsay
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Pour plus d'un, à n'en pas douter, une découverte majeure. Non pas que Félix Thiollier (1842-1914) vienne d'être découvert, plusieurs musées ayant déjà exposé ses photographies. Mais outre que cela a souvent été le cas dans sa région d'origine, à Saint-Etienne ou alentour, l'exposition que lui consacre le Musée d'Orsay jusqu'en mars 2013 fait office de première rétrospective française de quelque importance. Et comme cette exposition s'accompagne de l'édition d'un ouvrage très complet et particulièrement réussi, beaucoup vont découvrir cette figure majeure de la photographie française du 19ème siècle.

Il faut dire que Thiollier ne fait pas pour autant partie des pères de la photographie française - à commencer par Gustave Le Gray et les membres de son cercle. Comme il n'est pas parisien et n'a jamais pratiqué la photographie qu'en amateur, cela n'aurait sans doute pas changé grand-chose qu'il naisse un peu avant. Stéphanois, fils de rubanier, il commence lui-même sa vie active dans la passementerie ; il décide d'arrêter son activité pour vivre de ses rentes à 35 ans, et surtout se consacrer à ce qui occupait déjà une partie de sa vie : l'érudition, le goût pour l'art et l'archéologie, et plus largement la connaissance et la mise en valeur de la région du Forez. Responsable de l'édition d'ouvrages de qualité dans ces domaines, Thiollier est avant tout épris de peinture et a un maître en la personne du peintre François-Auguste Ravier. Loin des ambitions des photographes pictorialistes, il se dirige vers la photographie sans vouloir rivaliser avec la peinture. Si la volonté de documenter et de garder des traces le mène vers ce mode d'expression qu'il ne juge pas comme étant l'équivalent d'un art à même de transfigurer le réel, son travail excède la photographie strictement documentaire. Son goût jamais démenti pour les évolutions des techniques photographiques - il est un des premiers à essayer l'autochrome des frères Lumière en 1907 - son souci de la composition et de la plastique, le soin qu'il apporte à la captation de la lumière et des textures, le fait qu'il soit porté vers des paysages, scènes et motifs qui sont traditionnels en peinture ou bien ont commencé à préoccuper certains peintres peu avant, vers la fin du 19ème siècle (comme les paysages industriels et miniers), tout cela indique que si Thiollier ne cherche pas à toute force à donner du crédit ou des lettres de noblesse à un art, il prend de toute évidence très au sérieux les possibilités du média photographique.

Ce que donnent à voir l'exposition et le catalogue est évidemment une petite sélection d'un oeuvre énorme : il resterait quelque 20000 négatifs et autochromes. Tout ce que l'on peut se dire, c'est que si ne serait-ce que le dixième de ce qu'il a produit est de la qualité de ce qui est proposé par Orsay, on souhaite voir d'autres photos de Thiollier émerger à l'avenir. En l'état, ce qui nous est montré - toujours superbe - relève de deux grandes catégories : toutes sortes de paysages et scènes bucoliques d'une part, paysages industriels et miniers et scènes du travail de la mine d'autre part. Pour ce qui est de la première catégorie, qu'il s'agisse de paysages de sous-bois, d'étangs ou de monts du Forez, de vaches paissant dans un pré ou de moutons avec berger, ce qui frappe, c'est la capacité qu'a Thiollier à créer une atmosphère. Si cela est évidemment dû à son aptitude à saisir l'environnement, et les variations atmosphériques elles-mêmes - il n'a pas son pareil pour capter des ciels et des intensités lumineuses variés - les nuances de gris et de sépia des tirages sont également pour beaucoup dans l'impression que l'on a de voir des approches différentes de motifs semblables. S'il n'a pas favorisé les portraits - il préfère montrer les travailleurs à la tâche, comme dans d'admirables scènes de pêche ou de vendanges - ceux qui sont présentés émeuvent.

Pour ce qui est de la 2ème catégorie de photos, encore moins de portraits et de volonté d'isoler des travailleurs dans le paysage. Alors que Thiollier n'avait pas particulièrement de goût pour la bourgeoisie mondaine et qu'il ne dédaignait pas la compagnie des gens du peuple, il a consacré beaucoup de temps à réaliser ces photos, sans véritablement avoir de visée pour elles. Elles n'étaient pas censées être publiées, encore moins exposées, et allaient avoir un public restreint d'intimes. Pourquoi tant d'efforts pour documenter une telle réalité si ce n'est pas à des fins d'intervention? Thomas Galifot, dans le texte figurant dans la 1ère partie du catalogue, en dit la chose suivante : "Parce que Thiollier n'a jamais eu d'autre ambition que de tirer parti de la tension, inhérente au médium, entre réalisme et esthétisation, sa vision du monde du travail restera marquée au sceau de l'ambiguïté. Si le projet de dénonciation militante lui est, du moins en tant que photographe, clairement étranger, il faut néanmoins reconnaître à Thiollier de n'avoir jamais cédé à l'idéalisation bien-pensante qui passe alors si souvent, y compris en photographie, par la célébration de la valeur d'un travail héroïquement enduré. Sa photographie tendrait plutôt à témoigner d'une forme de neutralité de point de vue par rapport à la chose sociale." Et Galifot de noter que, si la visée n'était pas strictement documentaire, le fait que les photographies de Thiollier deviennent peu à peu moins élaborées formellement et moins pittoresques contribue en soi à leur donner une valeur documentaire puissante.

D'ailleurs, si l'on peut considérer que certains clichés peuvent au début faire plus que friser le pittoresque ou la vision pastorale idéalisée, ce qui frappe dans toutes ces photos, c'est à quel point le regard de Thiollier semble régénérer tous les motifs sur lesquels son oeil s'est posé. Que ses photographies semblent picturales n'est pas douteux, mais en vertu de ce que je notais plus haut sur les variations de lumière et la qualité des textures, jamais rien ne semble figé ou ressassé. Et rien que pour la beauté intense des ciels... Bref, quelles qu'aient été les visées de Félix Thiollier en ayant recours à la photographie, quelle qu'ait été la portée de ses photographies à l'époque et quelle que soit l'appréhension que nous pouvons en avoir aujourd'hui, je pense qu'il ne faut pas les limiter à une espèce de travail de documentation régionaliste (même si les natifs et les amoureux de la région ne pourront qu'y trouver leur compte, j'imagine). Et l'on ne peut que souscrire à ce propos paru dans un journal de 1895 : Félix Thiollier "n'est pas un photographe-amateur, puisqu'il est un maître (...) C'est surtout un artiste dans toute la force du terme". Même si Thiollier n'a sans doute pas accepté le terme, il apparaît assez évident aujourd'hui que cette figure marginale dans l'histoire de la photographie est un artiste majeur. A plus forte raison parce que, sa pratique étant très différente de celle des autres, elle brille autrement, et peut-être pour cette raison même un peu plus fort.

Le livre concocté par les Editions courtes et longues (sic) est exemplaire. Le texte unique donné avant le portfolio, signé par le commissaire de l'exposition Thomas Galifot est d'une grande pertinence. Le seul reproche que l'on peut lui adresser est de ne pas présenter Thiollier de façon plus simple et directe au début de son propos. Etant donné qu'il mêle tout de suite des considérations d'ordre technique et esthétique et des périodes différentes de la vie de Thiollier, la compréhension de la personne n'est pas tout à fait assez immédiate. Très dense, ce texte d'une cinquantaine de pages couvre énormément de terrain, et donne à comprendre bien des questions qui se posent quant à la pratique de quelqu'un comme Thiollier et au-delà de son cas personnel des photographes français de la 2ème moitié du 19ème siècle. Les reproductions sont excellentes, même si comme souvent l'on ne retrouvera pas tout à fait l'émerveillement ressenti en voyant les tirages de l'exposition (à ne surtout pas rater si vous êtes à Paris ou de passage dans la capitale, vous l'aurez compris). Personnellement, j'ai toujours autant de mal à supporter les photographies reproduites sur deux pages, ce qui exige de casser la tranche si l'on veut les voir correctement. Mais ce n'est le cas que de quelques-unes, et la mise en page est par ailleurs fort bien faite.

Au total, un livre absolument indispensable pour tous ceux qui s'intéressent de près ou de loin à l'histoire de la photographie, aux amateurs de découverte de 'nouveaux' talents, sans parler de ceux qui aiment cette région française en particulier. Un grand livre de photos, tout simplement, que l'on conseille à tous et à chacun.

NB Je mettais en lien ci-dessus l'excellent catalogue dédié à Gustave Le Gray par la Bibliothèque Nationale il y a quelques années. Je le ré-indique d'autant plus volontiers qu'il était très onéreux et que l'éditeur en a baissé le prix récemment (pas encore assez, mais il faut dire que l'ouvrage est imposant et fort bien réalisé) : Gustave Le Gray, 1820-1884.
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le 14 juillet 2013
C'est un très bel ouvrage "à l'ancienne" sur l’œuvre d'un photographe peu connu. Du beau noir et blanc, du sépia un peu de couleur, du grain magnifique et un livre qui "sent" le papier.
Un place d'honneur dans ma bibliothèque photo.
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