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le 25 novembre 2013
Vous l'aurez compris à la lecture des différents commentaires : si vous cherchez ici un roman de "capes et d'épées" épicé de magie et de sortilège, une histoire à la structure narrative simple et efficace comme un scénario d'une série HBO avec un cliff hanger à la fin de chaque chapitre…. alors vous vous êtes gourrés de crémerie.

"Même pas mort" n'est pas "Gagner la guerre" : il n'en a ni le style gouailleur, ni les figures héroïques traditionnelles, ni le décor somme toute assez familier pour tout amateur de Fantasy.

C'est la le premier tour de force de JPJ : ne pas avoir cédé à la facilité et aux amicales pressions de ses lecteurs qui se seraient bien fait resservir une tournée de ce bon Vieux Royaume tant il reste à dire sur le sujet.

Et c'est justement par pure fidélité au papa de Benvenuto que je me suis lancé dans cette aventure Celtique. Ce n'était pas au départ, un imaginaire qui m'évoquait beaucoup de choses et, eut il été écrit par quelqu'un d'autre, j'aurais aisément passé mon tour.

Bien m'a pris de passer outre mes préjugés : Même pas mort est envoutant, onirique, touffu, équivoque à souhait. On plonge avec délice dans un univers celte ou le sacré et le profane, le rationnel et le surnaturel, ne sont pas deux mondes à part mais s'entrechoquent, se chevauchent, se répondent.

Le style narratif répond et fait écho à ce monde ou se côtoient "code du guerrier", valeurs chevaleresques, intrigues "politiques" et magie et rêves par des digressions, des va et vient incessants entre les différentes chronologies des évènements. Une allusion mystérieuse passée inaperçue provoque quelques pages plus tard une révélation jubilatoire au lecteur car, lentement, pièce après pièce, l'auteur lui permet de reconstituer le puzzle de ce prologue magistral.

C'était un pari risqué, mais réussi grâce à la maitrise de l'auteur et à ses qualités de style qui lui permet en toute fin de ce premier tome de boucler la boucle et de poser un cadre alléchant à cette trilogie.

Les dernières pages sont ainsi une délivrance et une récompense car il faut bien le dire, Même pas mort est une lecture exigeante à ne pas mettre entre toutes les mains.

C'est un peu le deuxième effet kiss cool : une fois le livre refermé, on reste habité, songeur, comme en lévitation entre le rêve et la réalité.

Après Janua Vera et Gagner la Guerre, j'étais Jaworsphile. Depuis Même pas mort, je suis devenu Jaworskinomane.
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le 26 février 2015
Après le coup de cœur Gagner la guerre, on repart en compagne de Jaworski, cette fois sur les terres celtes.

Le pitch était très alléchant, je m’attendais à un départ en fanfare comme pour Gagner la guerre, et je dois dire que j’ai eu du mal à démarrer la lecture. Le livre commence par une adresse de Bellovèse, à une autre personne, à qui il va raconter sa vie. J’ai eu du mal à rentrer dans le style et à accrocher à l’histoire.

Et puis, petit à petit, la magie s’est mise à opérer. J’ai beaucoup aimé la structure du livre, qui n’est pas linéaire. On commence avec Bellovèse sur l’île des jeunes, qui attend le jugement des gallicènes, et on repart dans le passé, pour découvrir ce qui a amené le jeune homme jusqu’à ce moment. Sauf que c’est plus compliqué que ça. Les retours en arrière s’entremêlent au présent et aux visions du futur. On pourrait avoir l’impression que le roman se perd, mais au final, toutes ces circonvolutions ont une logique. Le dénouement permet de lever le voile sur nombres de secrets abordés tout au long de l’histoire.

La tonalité du roman reflète aussi cette construction complexe. Le roman un certain réalisme historique (Jaworski a dû faire pas mal de recherches pour arriver à faire exister aussi bien la vie quotidienne de deux garnements en exil au fin fond des terres de leur oncle). Les batailles sont décrites de manière assez sèche, la violence des guerriers est omniprésente. La société celte est dépeinte dans toute sa complexité, avec toutes ses traditions et ses interdits. Mais en parallèle, la magie est présente, par petites touches, qui laissent toujours planer un certain doute : les héros ont-ils rêvé les évènements, ou sont-ils réels ? À ce titre, Même pas mort m’a rappelé deux œuvres : Chien du heaume de Justine Niogret (pour ce mélange d’onirisme et de réalisme) et la forêt des Mythagos, de Robert Holdstock (pour la place réservée à la forêt et à ses habitants).

Côté personnage, le traitement est intéressant. La narration à la première personne permet de voir Bellovèse à plusieurs étapes de sa vie. Le vieux Bellovèse (enfin, on suppose qu’il s’agit d’un homme âgé qui raconte sa vie), le jeune qui n’est pas mort dans la bataille, et le gamin qui passe son temps à arpenter la forêt et jouer des mauvais tours. Selon les époques de sa vie, la tonalité, la manière de percevoir les choses et de raconter n’est pas la même. Les autres personnages vus par Bellovèse sont aussi nuancés. Au fur et à mesure qu’il évolue et grandit, sa vision change. J’aime beaucoup le traitement de la mère, Danissa, princesse en exil, mère implacable, qu’on devine rongée par l’envie de vengeance. Ambigat, l’oncle de Bellovèse est un personnage qu’on devine bien plus ambigu que Danissa ne voudrait le faire croire. À la fin du roman, je me demande toujours dans quelle mesure c’est un monstre assoiffé de sang, et dans quelle mesure il est juste un chef d’État qui a tenté de prendre les moins mauvaises décisions.

Niveau écriture, comme je l’ai dit, j’ai eu du mal à accrocher au début. Gagner la guerre était brillant parce que le style était à la fois recherché et très trivial. Même pas mort est plus verbeux pour moi, il y a beaucoup de mots rares, beaucoup de tournures alambiquées. Au bout d’un moment, on s’y habitue, et ça contribue au charme du livre, mais c’est un roman exigeant à lire. En gros, ne vous y attaquez pas si vous êtes fatigués et que vous voulez une lecture facile et distrayante.

En résumé : Même pas mort n’égale pas le coup de cœur de Gagner la guerre, mais reste un bon roman, magnifiquement écrit, entre rêve et réalité. Vivement la suite !
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Un style splendide au service d'un vrai souffle épique c'est peut-être en passe de devenir la marque du grand Jaworski comme c'est déja celle des plus grands. Je pense à Joseph Conrad pour certains de ses plus beaux romans (Lord Jim ou Nostromo par exemple). Le style que j'aime énormément m'évoque Ishiguro ou Eco. Mais le gateau sous cette cerise c'est le genre: de la Fantaisie. Enfin !! ce sous-genre, admiré surtout des geeks et des ados mais aussi de votre serviteur - qui n'est pas l'un et plus l'autre - trouve un maître. Et il est français ! (et il est de Nancy comme Pierre Pevel que j'adore)

Comme chacun le sait maintenant, le magnifique récit du Vieux Royaume Gagner la guerre  avait révélé un grand auteur. Non seulement une belle plume mais aussi et surtout une imagination et un art de la structure narrative rares. D'aucuns auraient pu craindre qu'il ne déçoive après une ouverture en fanfare telle que les récits du vieux royaume sonnaient aux oreilles de tous.

Qu'ils soient rassurés: la première branche de Rois du Monde est touffue comme une futaie gauloise et parfois tortueuse comme un tatouage celte mais de toute beauté. On est en Gaule et le récit suit les "premiers pas" de Bellovèse, frère de Ségovèse, fils de Sacrovèse et Dennisa et neveu maternel d'Ambigat, l'assasin de Sacrovèse.

je ne crois pas utile de rentrer dans les détails - d'autres s'en chargent mieux que moi. Ce premier tome plante surtout le décor de fort belle façon. Les traditions celtes gauloises, tant de la guerre que de la famille, ou des usages de la plus simple politesse aux plus complexes des rites sociaux, y forment un cadre tès rapidement immergeant. L'empathie avec les personnages est rapide et l'on se prend de passion pour l'évolution des frères de l'enfance à l'age adulte presque sans case adolescence. Les noms sont un peu complexes et quelques notes en bas de page (au moins de repérage géographique) auraient aidé... mais je conçois le caractère initiatique que revêt l'effort d'attention nécéssaire aux 100 premières pages. Il ne m'a pas paru si difficile... pas plus que les 100 premières du Nom de la rose par exemple.

Ce roman m'a passionné de bout en bout. Enthousiasmé même parfois. J'en ai aimé chaque page, chaque situation, chaque digression du narrateur (page 145 "je suis un déplacé" par exemple). Pour ceux qui ont aimé "Gagner la guerre" c'est un must absolu. Pour les autres je le recommande plus que chaudement. A titre personnel c'est une de mes meilleures lectures de ces denières années. En tête cette année devant Haut-Royaume de Pevel et Player One de Cline.

PS sous la savante houlette de Wikipédia: Les rois du Monde ce sont les Bituriges (de Bitu: monde et Rix : rois)- Tribu gauloise proche des Arvernes du Puy-de Dôme actuel. Bellovèse et Sacrovèse sont des chefs gaulois mythiques du 6ème siècle avant JC Le premier étant le supposé fondateur de Milan le second établi dans les Ardennes actuelles.
22 commentaires| 13 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 22 octobre 2013
Pas simple de donner un avis si censé sur le premier roman d'une trilogie. Si l'on m'avait demandé mon opinion après le premier tome du seigneur des anneaux, j'aurais peut etre pensé à 'un peu fastidieux ?!'

Pas simple non plus de lire "Meme pas Mort" apres "Gagner la guerre" : certainement un des meilleurs livres que j'ai lu ces dernières années. J'avoue, je l'ai meme relu plusieurs fois avec plaisir (cela vous arrive t-il souvent ?)

"Meme pas Mort", tout en restant un bon roman (l'avis principal), reste un cran en dessous. Est il normal d'apprécier plus sevèrement un auteur que l'on tient en haute considération, c'est un raccourci que j'ose emprunter.

L'intrigue est bien moins torturée, plus lisible, même sous la (belle) plume de Jaworski.

D'ailleurs y a t-il réellement une intrigue sousjacente, une ambivalance des personnages, ou quelques défis insurmontables à affronter ? L'ascension d'un jeune guerrier vers la royauté (étant lui meme...fils d'un roi vaincu...car trahi) ne saurait endosser le dossard du scenario le plus original. Bellovèse a perdu son père et la royauté, mais il a gardé tout le reste : une famille, une histoire, des compagnons fidèles, une mère et un frère dévoués, des soutiens. Etymologiquement, Bellovèse signifie "celui qui est digne de puissance", un destin tout tracé ?

Peut etre a t'on été trop habitués à la dimension épique mais improbable du Conan d'Howard se taillant une couronne avec sa seule épée, et du Fitz batard palefrenier de Hobb qui s'envole vers la lumière avant de préférer l'ombre au succès. Apres tout, Bellovèse parait peut etre tout simplement humain, et jeune de surcroit, donc vulnérable. Cette fadeur serait elle encore une (bonne surprise) de Jaworski pour la suite ? Une histoire d'homme ou une histoire d'hommes ?

Les personnages du roman, peu complexes, point retors, stéréotypés, sont tous moins jouissifs qu'un quart de podestat ou un dixième de Benvenuto.

"Meme par mort" reste donc agréable à lire mais, si l'univers est parfaitement documenté et cohérent, l'ouvrage semble chercher son ou ses styles (peut etre une volonté de l'auteur). Le récit cahote ainsi au gré des pages et chapitres entre le roman, la fable, le conte (de fée type hansel et gretel version fantasy) en fonction des états du personnage principal.

L'effet ne m'a donc semblé, à l'issue de la lecture, ni totalement manqué ni totalement réussi, me laissant tout de meme sur l'envie de continuer l'aventure car JP Jaworski nous fait passer des moments de lecture d'une grande saveur. Je serai donc du deuxième opus.
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Cette magnifique épopée gauloise est proprement sidérante. Ceux qui connaissent l'auteur, et ceux qui ont lu son précédent ouvrage "gagner la guerre" ont déjà une mesure de son érudition incroyable, de son vocabulaire d'une grande profondeur et de ses capacités à immerger le lecteur dans un univers qu'il maîtrise jusqu'au moindre détail.
C'est à une aventure bien singulière qu'il nous convie avec ce nouvel ouvrage. Féru de culture gauloise, il nous entraîne dans l'histoire mythique d'un puissant chef de clan, d'un roi décidé à raconter ses mémoires sur le tard. L'histoire nous prend à rebours car elle commence pour ainsi dire in media res alors que le jeune guerrier qu'il était doit accomplir une quête purificatrice dont il a de bonnes chances de ne pas revenir vivant. Mais cette quête le plonge dans son passé, et à travers le récit de son enfance, embriqué en 3 chapitres comme autant de poupées russes, nous découvrons tous les mensonges qui forgèrent sa personnalité, toutes les rencontres qui forgèrent son caractère et tous les mythes qui sont la cause de ses croyances. Tout en gardant son caractère romanesque de la première à la dernière ligne, on a parfois l'impression dérangeante d'être face à une encyclopédie de culture celte, heureusement très inspirée, très intégrée, très vivante, captivante, toujours immersive. Et c'est la satisfaction du lecteur comblé qui l'emporte.
Il faut s'accrocher le temps de rentrer dans l'histoire, mais le jeu en vaut la chandelle, une fois terminé, l'envie nous prend déjà de nous replonger dans certaines de ses pages les plus riches.
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Avec son précédent roman, Gagner la guerre, Jean-Philippe Jaworksi s’est imposé comme une figure majeure du paysage littéraire français. Déjà remarqué avec son recueil Janua Vera, l’auteur Nancéien a mis quelques années avant de revenir aux commandes d’un projet d’envergure, à savoir la trilogie des « Rois du Monde », toujours chez les Moutons électriques. Bien évidemment, après de telles œuvres, Jaworski était attendu au tournant et ce premier tome – ou « Première Branche » - intitulé Même pas Mort a la lourde tâche de convaincre en à peine 297 pages (contre 684 pour Gagner la guerre) qu’il est bien l’auteur exceptionnel entrevu auparavant. Outre la différence de pagination, exit la période de la renaissance italienne et bonjour l’ère celtique, une prise de risque évidente qui ajoute à l’impatience de découvrir ce nouvel ouvrage.

Dans Même pas Mort, Bellovèse, fils de Sacrovèse, raconte son histoire à un héros Ionien pour transmettre sa légende. Exilé par son oncle, le roi Ambigat, après la guerre des Sangliers qui coûta la vie à son père, Bellovèse, son frère Segovèse et sa mère Dannissa doivent vivre au fond du royaume du peuple Biturige. Pourtant, l’âge faisant, les deux jeunes hommes se voient rattraper par leur lignage et lorsque la guerre contre les Ambrones éclatent, le haut-roi demande à Sumarios d’emmener Bellovèse et Sacrovèse à la guerre pour qu’ils deviennent des hommes. Embarqué dans un monde brutal et sans pitié, Bellovèse se retrouve en bien mauvaise posture. Le seul problème, c’est que contrairement aux attentes d’Ambigat, Bellovèse n’est pas mort.

La première évidence devant Même pas mort, c’est le style de Jean-Philippe Jaworski. A l’instar de son écriture dans Gagner la guerre, nous avons à faire ici à une nouvelle prouesse. Comme une pierre précieuse, le style de l’auteur français brille de mille feux, ciselé par une plume précise et subtile et qu’on redécouvre à chaque fois sous un angle différent à chaque nouvelle lecture. Derrière chaque phrase, on retrouve une petite musique, une cadence impeccable qui rend la lecture aussi fluide qu’épatante. Dès lors, inutile de dire que l’intro seule, narrée à la seconde personne, immerge le lecteur dans l’univers celtique. Il s’avère indéniable dès les premières pages que la plume du Nancéien n’a fait que s’améliorer et jamais ce talent d’écriture ne se démentira au fil des pages. Elle ira même crescendo, de manière d’autant plus impressionnante que le style se trouve magnifié par l’ambiance et l’histoire de l’auteur.

Même pas Mort, malgré sa taille congrue, s’affirme comme un roman-univers. En mêlant allègrement fantasy et histoire, Jaworski livre une véritable expérience d’immersion. Le lecteur s’introduit par la petite porte, celle de l’histoire familiale de Bellovèse, noble déchu, dans le monde des celtes, de leurs multiples tribus, leurs coutumes, leurs guerres et leurs traditions. On flirte un temps avec la pure culture guerrière, avec la première grande partie qui emmène Bellovèse et Ségovèse dans le sillage de Sumarios et Comargos, deux héros des bituriges, un peuple puissant et fier. C’est d’ailleurs là que se révèle la très grande force de Jaworksi, celle de ne jamais faire dans l’esbroufe. En refusant systématiquement la grandiloquence et l’excès de nombre de romans de fantasy, Même pas mort respire l’authenticité, le réalisme. Le voyage des deux jeunes guerriers s’avère aussi rude que sobre dans sa description. En quelques pages, on vit avec les Celtes, on mange avec les Celtes, on souffre avec les Celtes. Bref, Nous sommes Celtes. A tel point que le cœur se serrera lors de la demande d’Oicos. De même, les traditions et coutumes introduites rapidement par l’auteur fascinent, toujours bien employées, elles servent autant de moteur au récit que de source d’informations au lecteur. Un gage d’intelligence dans la lecture, en même temps qu’un divertissement de haute volée.

Rapidement, on basculera dans la partie essentielle du roman, et donc du récit initiatique guerrier au récit d’enfance entre onirisme et nostalgie. En évitant toujours les exploits invraisemblables e les envolées héroïques, Jaworski investit son énergie dans la description de la vie quotidienne. Ainsi, le lecteur passe les pages suivantes en compagnie des jeunes celtes, au gré du temps, on comprend rapidement toute l’amertume de leur mère et toute l’effronterie des garçons. En immergeant toujours son récit par la culture celtique, on se retrouve face à un fascinant pan de vie, aussi intimiste que sensible. De même, l’auteur aborde le fond des forêts et les légendes attenantes. C’est ici où les éléments les plus fantasy, presque mythologiques, se retrouvent le plus. La rencontre entre le Seigneur des Forts et Taruos est une preuve éclatante non seulement de la maîtrise de Jaworski mais aussi de sa malice. En troublant le jeu, entre épisode délirant et monde onirique, il garde une sensation de rêve éveillé tout du long tout en permettant de découvrir une nouvelle facette des légendes celtes. Nous restons bien loin des canons du genre, pour le meilleur.

Pourtant, soyons franc, Même pas mort n’est pas un roman facile à aborder et à suivre. Se basant sur une trame narrative fluctuante par sa temporalité, Jaworski balade son lecteur dans diverses époques (sans compter les doutes quant à la réalité des choses vécues) et certains se retrouveront rapidement déroutés. Malgré tout, la difficulté reste relative, et la lecture attentive y palliera facilement surtout que ce petit manège se trouve pleinement justifié. La manière de revenir au début de l’intrigue – avant donc l’engagement des garçons pour la guerre – s’avère d’ailleurs adroite, prouvant que la maîtrise de l’auteur lui permet ce genre de procédé de narration. De toute façon, les personnages disséminés dans le roman – il faut un temps pour s’adapter à la profusion de noms étranges – se révèlent assez fouillés et intéressants pour atténuer la relative sensation de désorientation éprouvée. Ainsi Bellovèse, Sumarios, Suobnos ou encore Dannissa deviennent des ancres pour le lecteur, peu importe l’époque. Si l’on devait vraiment pointer un défaut, ce serait la brièveté de Même pas Mort. Un roman d’une telle excellence ne peut que frustrer lorsque l’on arrive au bout, d’autant plus que monsieur Jaworski assène une phrase encore bien plus frustrante en fermeture. Mais comment garder grief à l’auteur de nous faire un roman court quand on voit la tonne de compliments à faire par ailleurs ? Ce sera ici le cœur du lecteur qui parlera, il nous faut d’urgence la suite !

Même pas Mort, premier volume de la trilogie des Rois Du Monde porte Jean-Philippe Jaworski au pinacle de la fantasy française et achève de l’établir en tant que meilleur auteur francophone du genre. En ne parvenant non pas à égaler Gagner la guerre mais bien à le surpasser, Jaworski détone. Certainement le meilleur roman de fantasy depuis très longtemps.
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le 18 janvier 2016
Voilà un petit chef-d'oeuvre que je recommande chaudement ! C'est un livre qui réunit des Celtes, de la mythologie, des guerres, un monde onirique et une prose magnifique.
Monsieur Jaworski, en plus d'écrire magnifiquement bien, a écrit un roman très intéressant. Dès le premier chapitre, le lecteur est happé dans l'histoire avec un premier chapitre assez provocant. Puis on plonge (sans jamais couler) dans l'histoire en elle-même qui s'avère être une mise en abîme de plusieurs époques de la vie de Bellovèse. C'est un vrai puzzle. le lecteur est lâché et doit se dépatouiller entre réalité et onirisme, entre passé et présent. On en vient à se demander quand l'imagination laisse la place à la réalité et inversement. L'écriture est brillante, le tout s'entrecroise merveilleusement bien.
On retrouve aussi de nombreuses références mythologiques celtiques. Pour avoir lu plusieurs ouvrages sur le sujet, je peux dire que l'auteur s'est bien documenté. Ces éléments sont insérés simplement, mais aussi subtilement dans l'histoire. Ce n'est pas un cours théorique sur la vie de l'époque, mais bien une histoire, l'histoire de Bellovèse. Pour une personne ayant quelques connaissances sur le sujet, c'est un vrai plaisir de retrouver moult références.
L'intrigue est passionnante. C'est une époque guerrière et bien que ce soit le premier tome d'une trilogie, le lecteur a son comptant de combats, de dangers et de guets-apens.
Cela a déjà été mentionné, mais je le redis : l'écriture est magnifique. Si certains pourraient être rebutés par le vocabulaire complexe et les tournures de phrases travaillées, il ne faut pas se laisser décourager. Ce livre est un petit bijou qui mérite que l'on s'accroche.
C'est donc un premier tome magnifique, qui est riche sur bien des points. Il est à découvrir et à savourer. Je le recommande chaudement !
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le 9 juillet 2015
C'est le dernier ouvrage de l'auteur que je lis, après tous les précédents déjà largement appréciés. Depuis la découverte il y a 2 ans de Janua Vera, je retrouve à chaque fois le même plaisir à lire la prose de J-PW. C'est un auteur que je recommande toujours à mes connaissances, et j'avais hâte de me plonger dans sa dernière création.

Hâte, et un peu peur à la lecture des commentaires le concernant... "Le moins abouti", "un cran en dessous"... J'espérais ne pas être trop déçue, et les dieux Bituriges ont dû m'entendre, car j'ai été épargnée par ces sentiments mitigés ! J'ai retrouvé le même plaisir à lire ce livre que j'en ai eu pour les autres. On quitte certes les Vieux Royaumes (avec regret, mais on peu comprendre qu'un auteur du talent de J-PW ne souhaite pas être l'auteur d'un seul livre/univers...), pour suivre Bellovese, un héros celte à la destinée pas ordinaire.

Dans un monde largement sous documenté encore de nos jours (en tout cas en France), on ne peut remettre en cause la rigueur historique du monde décrit ; et ce n'est d'ailleurs pas le but, puisqu'au delà de la réalité la magie et l'extraordinaire font partie intégrante des mondes de Jaworski. Pourtant on est aux côtés du héros lorsqu'il parcours le sud de l'Auvergne dans la première partie du récit, parti répondre à l'appel d'un roi luttant contre l'envahisseur ; on visualise parfaitement son périple à travers bois et ruisseaux, avant que l'assaut ne le laisse dans un état qui lui imposera la suite de ses aventures.

L'écriture est toujours aussi géniale, moins truculente que pour Janua Vera ou Gagner la Guerre ; mais l'univers est différent, et davantage ancré dans le terrien et le rapport à la nature.

Aucune raison de ne pas aimer ce titre si vous avez apprécié les autres, et si plonger dans le monde celte, apparemment moins vendeur, ne vous rebute pas. Foncez ! La récompense ainsi que l'assurance de passer de bons moments en compagnie de personnages que l'on a hâte de retrouver dans les prochains tomes sont assurés, comme toujours avec Jaworski.
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le 5 septembre 2014
Le roman de Jean-Philippe Jaworski a été abondamment commenté ici, ce qui ne m'empêche pas de vouloir en dire tout le bien qu'il m'inspire. Comme dans "Gagner la guerre", l'auteur parvient à atteindre l'équilibre entre littérature dite majeure et littérature d'évasion, d'heroic fantasy, genres souvent encore méprisés et relégués dans les basses catégories de la para-littérature. Il parvient à cet équilibre, à cette synthèse d'une belle prose sans ennui, d'une histoire fascinante sans pauvretés ni vulgarités, (à ce niveau atteint par l'anglais d'un Tolkien), sans rien renier de la tradition des romans d'évasion, d'aventures, de divertissement, mais en enracinant son invention dans une Gaule historiquement vérifiable, où personnages et héros sont frères et proches de ceux d'Homère, dans une magie celte où l'on retrouve l'atmosphère des romans médiévaux de chevalerie arthurienne, de Matière de Bretagne. Autrement dit, Jean-Philippe Jaworski court le risque de décevoir des amateurs de SF et de Fantasy trop habitués à une certaine indigence de langage et d'invention, et d'être ignoré d'un lectorat intellectuel pour lequel la création littéraire doit nécessairement prendre le lecteur à rebours de ses goûts et de ses attentes. Pari courageux que le sien, car il écrit pour des lecteurs sans préjugés.
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le 19 septembre 2014
Sans doute est ce la grande culture historique de JP Jaworski qui donne a ce livre sa crédibilité et sa profondeur.Il mêle magie,et réalité avec maestria dans ce récit de guerres sanglantes,de dynastie maudite et de voyages initiatiques.Un melange du Seigneur des anneaux et des Rois maudits.
Je ne suis pas fan du genre,c'était un essai au vu des excellents commentaires et j'attends la suite avec impatience.
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