Cliquez ici Cliquez ici hallogno. CoopPocheEtoilesContraires Cloud Drive Photos Cliquez ici En savoir plus Achetez Kindle Oasis cliquez_ici cliquez_ici Jeux Vidéo

Commentaires client

4,0 sur 5 étoiles
8
4,0 sur 5 étoiles
Paysage de fantaisie
Format: Poche|Modifier
Prix:14,00 €+ Livraison gratuite avec Amazon Prime


le 13 août 2017
il n'y aucune ponctuation ! pas de point, pas de virgule, rien ! ça rend la lecture très difficile. c'est original mais il faut s'accrocher.
0Commentaire|Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 2 novembre 2016
Trouvé blessé, affamé et mourant dans la rue d’un village, un adolescent est conduit dans un bordel où les adultes lui font endurer une gamme variée d’affreux sévices (chap.1). Ses souvenirs amers le ramènent au temps de ses premières brimades au milieu d’une forêt de châtaigniers ; certes, au bordel, il doit apprendre à obéir aux « messieurs », mais au moins les friandises sont distribuées à volonté (2-4). L’enfant-narrateur côtoie bientôt une bande de garçons chapardeurs qui sèment la terreur dans le village et volent des confiseries chez l’épicière (5). Il raconte les tortures infligées par Bernard, le chef de la bande, à « gros Lulu », contraint d’enfiler une robe, pour le plus grand plaisir des membres de la bande. Ces enfants sont plus victimes que bourreaux et Marco, le surveillant du dortoir, se charge à son tour de les torturer (6). L’inspection du directeur du bordel et de sa femme sème le désarroi car ils font descendre chaque nuit un enfant dans la cave et le fouettent à tour de rôle (7-8). Ils cherchent une forme de consolation chez Adorée, un mannequin qu’ils viennent de construire et sur lequel ils peuvent s’acharner (9-10), jouent aux pirates, battent « au moins vingt ennemis », enlèvent le directeur de leur « établissement », improvisent des tribunaux imaginaires et, devenus de vrais guerriers, jugent et torturent de manière arbitraire leurs victimes (11-14).

Les paysages oniriques de Duvert laissent libre cours à la sauvagerie adulte auquel répond celle de l’enfance, qui se lancent mutuellement des défis avant de s’entredévorer. Des organes génitaux tranchés et jetés contre un mur ; un narrateur émasculé ; un bordel pour enfants où le directeur et sa femme « ont des chaises exprès avec des bâtons arrondis plantés dans le siège on reste assis déculotté tout l’après-midi il y a des gros bâtons et d’autres moins gros elle les mouille d’huile à salade » ; des viols en série, des corps pourrissants achèvent de mimer la furia iconoclaste du Sade des 120 Journées. Les dialogues s‘efforcent de transcrire le langage oral de l’enfance (onomatopées, langue phonétique – « d’taleure »-, expressions fautives). Les monologues intérieurs sont imités de l' « écriture du corps » chère aux années 70. L'emprise beckettienne de L’Innommable se fait entendre dans maintes formules (« Tous ces morceaux que je ne sais pas mettre ensemble tous ces morceaux je veux autre chose leur corps pas ces miettes »).

Qu'est-ce qui rend Duvert unique ? d'être le premier et sans doute le seul, de livre en livre, à exhumer le caractère éhontément pédophage de notre société de simagrées, et à montrer sur quelle forme d’abus sexuel repose l’imaginaire collectif. La brutalité des garçons de ce Paysage carrollien inversé peut rappeler celle du Lord of the Flies de William Golding, sauf qu’ici on désassemble la société, et c’est des pulsions animales qu’on part et non à elles qu’on arrive.
Partout Duvert exprime la nostalgie de l’innocence saccagée par d’autres : tel revendique son statut de « petit garçon », tel autre a des accès de tendresse face au visage d’un camarade « lumineux » (« J’ai eu peur de ses beaux yeux gris un gris souris verte comme les chansons des petits dans l’herbe du jardin »). Ces chérubins avancent en meute sanguinaire, hantés de rêves puérils et d’une curiosité sexuelle au pouvoir toujours déformant. Aussi passe-t-on d’un lieu à un autre (d’une salle de classe saccagée à un bordel, d’une geôle à un sous-bois) sans logique apparente, et l’indécision spatiale attise la rêverie autant que les élans lyriques et les envolées poétiques (« Je veux mourir à l’abri des regards et du ciel »). Entre éden ensoleillé et jardin des supplices où l’abject le dispute à l’exquis, ce paysage demeure aussi incertain que le tableau de Francesco Guardi (1712-1793) auquel le texte doit son titre, et où les voiles, le rivage, les arbres sous les rafales de vent, se trouvent auréolés par un ciel animé de songes tourmentés qui surveillent la pauvre vie d’en bas, si gentiment terrestre. Plus que la scénographie sexuelle, c’est l’onirisme de Duvert, l’hégémonie du ciel, qui fait que ce texte ne trouverait sans doute pas d’éditeur aujourd’hui.
L'acharnement à décrire les contradictions pré-adolescentes fait de Duvert le seul authentique héritier de ce qu’on appelait jadis la transgression, parce que le seul à n’avoir pas vécu des subventions de l’état français, à n’être jamais devenu un rebelle nourri par l’institution, le seul à être allé jusqu’au bout de son refus, de son effort pour déplaire, au point de n’avoir plus personne autour de lui pour s’étonner du silence de quelqu’un mort le 2 juillet 2008 et retrouvé seulement le 20 août 2008, au point d'avoir soudain tout le monde pour lui dans un concert énamouré de pleurs de la part même parfois de ceux-là mêmes qui avaient contribué à créer les conditions de son atroce quarantaine. Il y a tant de faux suppliciés en circulation dans la littérature française... Duvert est le seul à avoir payé cash.Rubis sur l'ongle. Direct à l'isolement !

Certains tics d'époque ont vieilli dans le style de Duvert, et la noirceur de la peinture sociale, sa haine anti-mère radicale, font qu’on a tendance à retenir le travail de ce qu’on appelle, après Hegel, la négativité, c’est-à-dire la possibilité, chez l’homme, de secréter un néant qui l’isole. C’est précisément ce qui lui est arrivé.
Au-delà de ce travail du négatif, Duvert aspire à autre chose, à une lumière qui émane d'un lieu sacré, un lieu épargné par toute critique. Ce lieu, c'est le corps du garçon. Le garçon comme caisse de résonance de ce que le monde contient de plus pur. Le garçon érigé en essence absolue. Je ne sais plus où Duvert compare la forme d'une paire de fesses sous le coton d'un slip à une tortue qui remue sous une feuille de salade. Ces images-là sont légion chez lui. Elles ouvrent au versant le plus radieux, qu’on oublie trop vite peut-être, un versant qu'il aperçoit toujours seulement sur le visage d'un garçon, qu'il soit bougon ou souriant. Il y a chez lui beaucoup de trouées de lumière au fond du noir opaque de Thanatos qu’il feint de dépeindre en surface. Cette aspiration à la lumière ne s’incarne jamais mieux que dans le rire du garçon, rire qui peut prendre la forme de la simple dérision, de la moquerie, du rire franc, de l’extase comique et poétique, de la crânerie la plus banale, et qui fait basculer les valeurs, avant de les renverser. L’enfance qu’il orchestre abrite le lieu vers lequel ses rêves ne seraient pas que des lambeaux. Ce sont toujours des rêves de pureté, une pureté obtenue une fois les mères éradiquées. Pour lui, le garçon est le dépositaire d’un trésor dont le rire, déflagration divine, est la clé. Le rire du garçon signale une utopie accessible hors tyrannie matriarcale (Duvert rêvait d’être le seul adulte dans un monde peuplé de garçons rieurs débarrassés de leurs mères). C’est ce rire que Duvert guette derrière la violence et traque au-delà des supplices. C'est avec lui que Duvert veut être seul à seul, il est son thème, son seul motif, il est sa note bleue. Il est le sanctuaire de toute lumière. C’est ce cadeau-là qu’il espère parce que le rire du garçon exprime un bonheur scandaleusement gratuit, et son élan fulgurant est capable de dynamiter et de régénérer les anciennes formes fatiguées. Il est l'évènement radical et c'est autour de la simplicité scandaleuse de ce rire que semblent s'être organisées les affinités de Duvert aussi bien que ses haines, ses rapprochements en société tout autant que ses ruptures. De Duvert il ne sert à rien de ne retenir trop longtemps que la mort et la violence la plus sombre, puisqu'elles se trouvent magiquement éclipsées par les épiphanies. On ne les salue pas assez. Le rire du garçon est cette épiphanie centrale, la récompense de son art : c'est son Graal. Celui-ci ne se pourchasse pas seulement dans le visage du garçon, plaisir purement visuel : il siège au coeur de son rire, étincelle de son esprit. Si Duvert fait de ce rire l’objet radieux d’une quête folle, s'il lui confère l'exorbitant pouvoir de renverser le monde, c'est que ce rire seul ouvre une brèche capable de calmer sa rage. Parce que ce rire aura laissé pénétrer l'apaisement hédoniste trouvé nulle part ailleurs.
0Commentaire| 3 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 8 juin 2011
J'entends piailler sur ce texte. On ferait mieux d'en examiner les résonances, l'étrange onde de nostalgie que cette pierre jetée en nous suscite, son hermétisme, sa vraisemblance terrible. Des auteurs contemporains, Bataille notamment, avaient conceptualisé "l'expérience des limites". Tony n'est pas un conceptuel. C'est dans le domaine du viol, et de la violence en général, qu'il va chercher non pas je ne sais quelle thèse à formuler, mais des matériaux à exhiber. Le viol est toujours une dépense gratuite, non insérable dans une économie, non métabolisable, producteur seulement de rage et de déchets. Au centre de ce livre, et cela depuis le début, un rebut du genre humain évoque son enfance saccagée, son innocence perdue, avec cette solution de continuité qui en fait aussi l'enfance et l'innocence, irrémédiablement, d'un autre. Et cette perte, cette mise au rebut, n'est pas le fait d'une agression accidentelle et isolée, mais d'une machinerie organisée dont quelques rouages sont décrits. Décrits avec un humour dont le seul antécédent se trouve chez Sade, dans les "120 Journées" notamment. Qui est visé dans cette allégorie? Question inopérante: qui était visé dans les "paysages de fantaisies" de certaines peintures bien énigmatiques de la Renaissance italienne? Et plus encore: visé, qui ne l'est pas? La force de Tony est ici de nous donner à voir un impensé, qui est aussi pour partie ce que masquent les récits édulcorés et moralisateurs genre guerre des boutons ou bibliothèque verte, qui propagent impudemment le mythe d'une enfance asexuée et étrangère au mal tout en l'offrant au voyeurisme des adultes. Rien que pour cela, la lecture de ce livre oppressant mais fulgurant est libératrice.
22 commentaires| 4 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 1 février 2007
Il fut un temps où Tony Duvert comptait parmi les écrivains les plus prometteurs de la littérature française. Il a écrit deux chefs d'oeuvre absolus : "L'Île atlantique" et "Paysage de fantaisie". Dans ce dernier livre, qui doit beaucoup au nouveau roman, il est question d'une troupe d'enfants retenus prisonniers dans un château par des tenanciers fort louches. La narration passe d'un enfant à l'autre sans crier gare, construisant cet univers de violence et de camaraderie comme un kaléidoscope vertigineux. Dans sa trame de détail, ce livre est d'une précision acharnée, doté d'un sens du détail qui va au-delà du réalisme : Duvert, comme Tolstoï, fait littéralement exister ce qu'il évoque, avec une densité inouïe. Il convient de dire que ce livre est très dur, très violent, parfois insoutenable. Mais ce n'est en aucun cas un livre complaisant. Ici comme ailleurs, les adultes sont des prédateurs, des manipulateurs, et les enfants sont des fauves en puissance qui ont en partage la camaraderie et l'innocence des choses de l'argent - ce qui ne les dispense pas d'une cruauté inouïe. Le sexe est partout, sous une forme hyper naturaliste, qui pourra choquer. Le sentiment de la nature en est le pendant ainsi dans cet extrait "soft" :

"le bois sous la rivière ou la grande forêt de châtaigniers que traversent des routes blanches on s'y rejoint aux mois d'été on y bâtit des cabanes avec des choses fraîches branches vives feuilles de jonc et longues herbes entassées sur le toît ils volaient des bouteilles de vin chez leurs parents ils les vidaient ensemble dans les cabanes ils causaient se tapaient dessus sortaient courir ou jouaient aux cartes jusqu'au moment des branlées quand le soleil tombait..." (p. 18)

C'est un chef d'oeuvre de la littérature, mais il est difficile d'en extraire un passage édulcoré, tant la violence, le désir, les corps, les odeurs s'entremêlent à tout instant.
22 commentaires| 15 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 11 janvier 2004
Un déchet médite. Normalement, les déchets, ça ne médite pas, et en tout cas ça ne parle pas. Celui-ci parle, parle d'un bordel d'enfants, de sadisme, d'une secte d'enfants sadiques, d'innocence et de révolte. Lecture qui serait insoutenable si elle n'était transcendée par l'humour et la verve de Tony. Une véritable prosodie rythme ce texte. Au total, voici un livre qui en fait plus pour les droits de l'enfant et la dénonciation de la pédophilie que tous les discours moralisateurs.
11 commentaire| 7 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 20 février 2013
Livre dévoré par la substance d'une thématique scandaleuse en irréversibilité permissive et sans aucun contrôle moral établie. Tony explore et racle l'habitacle jonché d'excréments purulents des perversions abominables exhibées en noirceurs des profondeurs exécrables de l'âme. Le narrateur, probablement adulte s'oxyde le cerveaux dans des souvenirs évasifs tenus en procuration par des enfants qui vont avoir les rôles principaux et raviver ainsi l'aigreur de l'horreur qui à lui même vécu au même âge. Puis les images vont progressivement devenir de délinquants subterfuges d'odieux sadismes, perpétrés par des majeurs et sacidifiants dans des carcinones boulimiques et étouffantes. Alternant ces abominations insoutenables dans du laxatif attendrit provisoire, cela n'empêchera nullement ces cauchemars de nous éveiller brusquement, tout en faisant cesser les bourrasques qui balayent tout sur leur passage. Lecture qu'on ne peut interpreter que d'un seul degré. Celui du dégoût et de la condamnation totale de la contamination et l'épuration de l'innocence. Cette pureté devant demeurer vénéré chez l'enfant, condensé en elle seule de la suprême beauté de cette âge absolu. Raremement cette condamnation n'aura été aussi précise et formelle, se statufiant sous la coupelle des esprits saints, affectueux et aimants, délibérement tournées dans le bon sens. Celui qui rejette toutes forme de contraintes et souffrances infligées aux enfants. Coeur sensible et fragile, devront peut être toutefois s'abstenir, d'ou ma notation par préférence et en déférence modérée et "prudente", mais lecture salutaire et édifiante.
0Commentaire| Une personne a trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 5 février 2011
Il convient d'être averti avant de se lancer dans la lecture de ce "roman" écrit comme on vit un rêve. Mais ce rêve là tourne vite au cauchemar, passe de l'exquis à l'exécrable, du délicieux au pernicieux. ah! Tony Duvert, que ton âme soit pardonnée d'avoir rédigé ces textes !
11 commentaire| Une personne a trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 23 août 2005
Ce qui est le plus dérangeant dans cette drôle de "fantaisie", c'est la nostalgie dont elle est imprégnée. Enfants esclaves fous de rage et de haine, lubricité et péril de mort à tous les étages de ce bordel, sinistres figures de notables courtois entrevues, la vie humaine galvaudée dès que survient la laideur... à l'antithèse de tout dixcours rationnel, l'auteur a choisi de restituer le vécu de ces existences saccagées par les folies des adultes. C'est sans doute le meilleur moyen de faire naître une compassion vraie, et de renvoyer aux bonnes consciences adultes un terrible miroir.
0Commentaire| 4 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus

Les client ont également visualisé ces articles

Retour à Duvert
21,00 €

Avez-vous besoin du service clients? Cliquez ici